Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
21 avril 2012 6 21 /04 /avril /2012 07:00

Stephen-Crane-Maggie-fille-des-rues.gif

 

 

 

 

 

 

 

 

Stephen CRANE
Maggie fille des rues
Maggie : A Girl of the Streets, 1893
 

traduit de l'américain

par Jeanne-Marie Santraud

Aubier,
Domaine américain bilingue, 1993.




 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Biographie
 
Stephen Crane est né en 1871 à Newark, dans le New Jersey. Journaliste, il publie des articles, des histoires courtes dans les journaux. Il attrape la tuberculose et meurt à l’âge de 29 ans.

En 1891, il avait composé une première version de Maggie fille des rues mais ne publie ce livre qu’en 1993 sous le nom de Johnston Smith. Il va connaître la notoriété avec La conquête du courage (The Red Badge of Courage) en 1895.



L’œuvre

Ce roman traite de l’histoire d’une famille de prolétaires vivant dans les quartiers déshérités de New York. La famille est composée du père, de la mère, et de de leurs trois enfants : Jimmie, Maggie et Tommy.

Le livre comporte 19 chapitres mais peut être divisé en trois parties :

La première est composée des trois premiers chapitres. Les enfants sont petits. Le récit commence par une bataille entre Jimmie et des garçons d’un autre quartier. L’affrontement finit sur l’intervention du père de Jimmie. De retour chez lui, Jimmie se fait battre par sa mère. Le père intervient car il ne supporte pas les cris puis sort pour aller boire. Plus tard, c’est Maggie qui va se faire battre parce qu’elle a cassé une assiette. Ces trois chapitres présentent l’ambiance dans laquelle sont élevés ces enfants, l’univers dans lequel ils grandissent, celui de la lutte et de l’alcool.

La deuxième partie peut commencer à partir du chapitre quatre ; il y a un saut dans le temps. Maggie et Jimmie sont devenus des adolescents, leur père et leur frère sont morts. Maggie a dû faire un choix entre la prostitution et le travail, elle choisit le travail. Elle tombe sous le charme de Pete, une connaissance de son frère. Ils entament une relation. Pete emmène Maggie dans des « saloons », des « cafés concerts ». Maggie voit en Pete un homme rayonnant, loin de l’ambiance triste dans laquelle elle évolue. Un jour, dans un « café-concert », apparaît Nell, une connaissance de Pete. Ce dernier se désintéresse de Maggie. Il part du « café-concert » pour suivre Nell et laisse Maggie toute seule. Elle décide alors de rentrer chez elle, mais, presque aussitôt, sa mère la met à la porte. Cette dernière crie tellement fort que tous les voisins de l’immeuble viennent regarder la scène. Cela donne l’impression que Maggie est un « phénomène de foire ». Elle décide alors de retourner voir Pete mais celui-ci la repousse.

Le chapitre suivant commence quelques mois plus tard, ce qui peut marquer le début de la dernière partie. Le lecteur découvre que Maggie a été amenée à se prostituer mais rien n’est dit clairement. Le prénom de « Maggie » n’est pas cité une seule fois dans le chapitre ; seul le pronom « elle » est employé, marquant une perte d’identité. Le livre s’achève sur l’annonce de la mort de Maggie à sa mère qui crie qu’elle lui pardonne.



Les personnages

Maggie est la seule fille de la famille. La première fois qu’elle apparaît, c’est une enfant décrite comme « une fillette en haillons ». Elle et ses frères se font battre par la mère. Elle rêve d’un meilleur quotidien, déteste le travail qu’elle a. Elle va finir par s’amouracher de Pete et ne pas revenir chez elle pendant un moment. Au final elle est abandonnée par tous et finit par se prostituer puis se suicider.

La mère de Maggie est une femme imposante. Elle boit et bat ses enfants. Elle met Maggie à la porte parce que cette dernière est allée chez Pete mais lorsque Maggie meurt, elle pleure et crie qu’elle lui pardonne. Or, si elle ne l’avait pas mise dehors, Maggie ne serait sûrement pas morte.

Jimmie va chercher à se battre souvent, on va aussi le voir en train de boire mais c’est celui dont on voit le moins la déchéance. Il est difficile à cerner car lorsque Maggie ne revient pas, il en veut à Pete ; il va d’ailleurs se battre avec lui mais il veut aussi aller chercher Maggie ; ce qu’il ne fera pas parce que sa mère le lui a interdit. Pourtant, lorsque Maggie revient, il l’ignore et la rejette. Lorsqu'elle est morte, sa mère lui demande d’aller chercher le corps, ce qu’il fait avec une certaine pointe de regret.

Pete est semblable à Maggie. Maggie va s’accrocher à lui parce qu’l est rayonnant, mais lui va aussi s’accrocher à une personne, Nell. Après la mort de Maggie, il y a tout un chapitre sur lui. On le voit entouré de femmes, il est totalement ivre et ne fait que répéter qu’il est « un brave type » ; on remarque qu’il aime être entouré. Les femmes, dont Nell, lui disent qu’elles vont rester près de lui. Au final il tombe de sommeil sous l’effet de l’alcool. Les  femmes le laissent au milieu du « saloon » en prenant son argent. Nell va le regarder en riant et le traiter d’imbécile. Lui aussi est abandonné par la personne à laquelle il s’accrochait.



Analyse

À travers ce livre, Stephen Crane a voulu dénoncer la société et le gouffre qu’elle représente. Il dénonce le regard que les gens portent les uns sur les autres. Effectivement, si la mère de Maggie la rejette, c’est que les autres personnes critiquent et jugent facilement ; or, partir avec un home est mal vu à cette époque. Le regard des autres pèse beaucoup dans cette société.

Je pense que la mort de Maggie ne peut pas être vue comme une fatalité. Effectivement, un seul geste aurait pu la sauver. Si par exemple sa mère ne l’avait pas mise à la porte. Mais cela apparaît encore plus nettement lorsque Pete vient de quitter Maggie ; elle voit un homme d’Église et pense qu’elle peut être aidée car elle a entendu parler de la grâce de Dieu. Or, quand elle s’approche de cet homme, celui-ci préfère partir qu’essayer de comprendre. On voit alors que Stephen Crane dénonce le fait que les hommes ne regardent pas autour d’eux, ne font pas attention à ce qui les entoure.

Je pense aussi qu’il dénonce l’Église car l’homme qui représente Dieu à ce moment-là, l’abandonne. De plus, lorsque Maggie est morte, les voisines ne cessent de répéter à la mère de Maggie : « le Seigneur y nous l’a donné, et le Seigneur y nous l’a reprise ». Elles se réfugient derrière ce lieu commun pour ne pas voir les choses en face. Elles se cachent derrière le Seigneur pour ne pas affronter la réalité.



Quelques mots sur le réalisme américain

Le réalisme américain est un mouvement qui apparait au XIXe siècle ; il met en scène la société américaine. Il montre la mentalité des êtres humains de cette époque, les conséquences qu’a eues la révolution industrielle sur les caractères des hommes. Le roman Maggie fille des rues est considéré aujourd’hui comme l'un des premiers romans du réalisme américain.



Conclusion et avis personnel
 
Je pense que Stephen Crane a voulu dénoncer avec une certaine ironie la société et les gens qu’elle crée. J’ai bien aimé ce livre parce qu’il est facile à lire. Petite remarque sur l’écriture : les dialogues sont écrits en langage familier mais contrastent avec les descriptions qui sont dans un langage courant. Ce livre m’a étonnée car en voyant le titre je m’attendais à lire l’histoire d’une prostituée. C'est effectivement le cas, mais seulement à la fin. Avec ce titre je pensais que toute l’histoire était centrée sur la prostitution. C’est pourquoi, au départ, je me questionnée sur le choix du titre dont je n’ai compris le sens qu’en arrivant à la fin.

 

 

Emmanuelle, 1ère année Bib


Le naturalisme américain sur LITTEXPRESS

Theodore Dreiser Sister Carrie

 

 

 

 

 

 

Article de Joanna sur Sister Carrie de Theodore DREISER.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Partager cet article

Repost 0

commentaires

Recherche

Archives