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16 février 2013 6 16 /02 /février /2013 07:00

Steve-Tesich-Karoo.gif
 

 

 

 

 

Steve TESICH
Karoo
traduit de l’anglais (États-Unis)
par Anne Wicke
Monsieur Toussaint Louverture, 2012


 

 

« Quand je craignais que quelque chose arrive à mon fils, à mes amis, à mon père, à ma mère, à ma femme, aux femmes que j’emmenais dans mon lit, à tout le monde et à n’importe qui, cela venait forcément de l’extérieur. Mais maintenant, il me semblait que le danger que quelque chose n’arrive était un danger qui venait de l’intérieur. » (p. 84).


 

 

 

 

Biographie

 http://fr.wikipedia.org/wiki/Steve_Tesich

 

 

Résumé

Jusqu’à présent, Saul Karoo veut oublier ses problèmes et ceux des autres. Il a toutes sortes d’addictions, il est alcoolique et gros fumeur. Tous ses proches lui demandent de prendre plus soin de lui, le critiquent et le sermonnent, mais rien ne change. Sa situation familiale en subit les conséquences puisqu'il est séparé de sa femme, et ne voit plus son fils adoptif de 19 ans. Son métier est paradoxal par rapport à sa propre vie. En effet, il est surnommé « Doc » car il est script doctor pour Hollywood. Il reprend les scénarios des autres, pour en gommer toutes les imperfections. Il dit :

 

« Il me semble de plus en plus évident que ma vie personnelle est maintenant presque exclusivement composée de cette graisse, de ces scènes inutiles que j’ai si habilement éliminées des films et des scénarios des autres » (p. 58).

 

Ce livre nous montre le fonctionnement de l’industrie du spectacle et en fait la critique. Le narrateur gagne beaucoup d’argent grâce à son métier, et approche des femmes grâce à sa célébrité dans le monde du cinéma, et par le profil type du gros transpirant plein aux as. Par le biais de son travail, il réussit à retrouver la mère biologique de son fils, Leila, dans un film du vieil Arthur Houseman, qu’on lui a demandé de retravailler. 

Dès le début du roman on lui découvre une maladie. L’incapacité de se rendre saoul lorsqu’il boit de l’alcool. C’est un drame pour lui, car il est condamné à souffrir et à se rappeler. C’est pour lui un violent retour à la surface. Il se découvre un corps qu’il voyait moins gros et plus grand. Se retrouver dans l’intimité avec ses proches lui est difficile, il préfère avoir un public témoin de ses agissements. Le mot karoo signifie d’ailleurs en khoïkhoï « le pays de la soif ». D’après un article paru dans Le Magazine littéraire, le livre nous expose aussi, de la même manière, une critique de la société américaine « dont le gros Karoo offre un pathétique condensé : obèse, consumériste, égoïste et, au fond, complétement malade ». Je conteste cependant cette présentation de Karoo comme égoïste puisqu’il nous montrera par la suite sa volonté de rendre quelqu’un heureux,  même si sa bonne action n’a pas forcément l’effet escompté.

L’histoire est perçue du point de vue de Karoo. C’est lui le narrateur. Il parle d’une manière détachée mais nous pouvons voir qu’il cherche parfois à se justifier. Il nous fait une sorte de confidence.



La composition du texte

Le livre se découpe en cinq parties (New York, Los Angeles, Sotogrande, Pittsburgh, Ici et là) qui correspondent aux lieux où se déplace le narrateur. La première partie, où on nous fait le récit de la vie citadine et où on pose le contexte, est longue et le lecteur met du temps à comprendre le sens de l’histoire. Les suivantes s’enchaînent plus facilement et nous permettent de nous accrocher davantage. Nous sommes transportés dans un tourbillon d’événements et la chute est vertigineuse.



Mon avis

Ce livre m'a beaucoup touchée. Au début, j’ai eu énormément de difficultés à entrer dans l’œuvre mais plus l’histoire avance plus le personnage devient attachant et nous émeut. Le fait qu’il ne puisse plus ressentir les effets de l’alcool le rend meilleur même si parfois sa manière d’agir peut être perçue comme mauvaise. Il est difficile de vous expliquer clairement ce que l’on peut ressentir à son égard sans vous révéler l’intrigue. Je vous encourage donc à prendre un peu de votre temps pour vous essayer à lire ce chef-d’œuvre.



Émilie M, 1ère année bibliothèques-médiathèques



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