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30 octobre 2011 7 30 /10 /octobre /2011 07:00

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Sylvain TESSON,
Dans les forêts de Sibérie
Gallimard, 2011





 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Je pratique un exercice qui consiste à se plonger dans des lectures dont la couleur propulse aux exacts antipodes de ma vie présente. »

C’est ce que nous propose Sylvain Tesson avec son dernier ouvrage : Dans les forêts de Sibérie. Habitué aux récits de voyage, il nous fait vivre son exil volontaire dans une ancienne cabane de géologue, de trois mètres sur trois, posée sur les rives du lac Baïkal, aux confins de la Sibérie et de la Mongolie. Sylvain Tesson emporte avec lui quelques « produits indispensables au bonheur » : des livres, des cigares et de la vodka qui nous accompagnent tout au long de la lecture.

Son expérience est relatée sous la forme d’un journal décrivant ses six mois passé en Sibérie, de février à juillet. Le récit des journées alterne entre descriptions poétiques de la nature, des activités quotidiennes, réflexions philosophiques et absorption de vodka, récurrente tout au long du livre et marquant les moments de solitude comme les moments de partage. Outre cette poétisation et une relation particulière à la nature, quelques thématiques se dégagent.



Une quête d’identité

Dans les forêts de Sibérie est tout d’abord un récit introspectif. Le bandeau apposé sur le livre indiquait la phrase suivante : « connais-toi toi-même ». Cette phrase, mise en exergue, nous donne un avant-goût de l’expérience menée par Sylvain Tesson, celle d’un homme en quête d’identité, de son identité. Rien de tel que d’être confronté à soi-même pour se connaître véritablement.



Une critique de la société

Des bords du lac Baïkal, Sylvain Tesson porte un regard dur et désabusé sur la société qu’il a quittée l’espace de quelques mois, en comparant les hommes à des « chasseurs-cueilleurs d’un monde dénaturé ». Pour s’extraire de cette société, de cette voie tracée d’avance, il prône la retraite comme moyen de révolte, révolte silencieuse à porté de tous : « L’ermite, lui, ne demande rien ni ne donne à l’État. Il s’enfouit dans les bois, en tire subsistance. Son retrait constitue un manque à gagner pour l’État. ».



Une solitude apparente

Cette vie d’ermite, qu’il a choisie pour un temps, lui permet de s’adonner à différentes activités et, quand ces dernières sont terminées, que reste-il à faire ? Lire et écrire. Ce récit nous donne l’impression que le temps s’est arrêté et que l’auteur en dispose à profusion. Le temps est une donnée importante dans cet ouvrage. Si importante que Sylvain Tesson nous invite à penser à un futur où les gens se mettraient en quête de ce temps, comme s’ils étaient à la recherche d’une denrée rare, aussi rare qu’un métal précieux. Fatalement, comme toute denrée rare, le temps et la solitude deviendront un luxe dans un monde de l’immédiat.

La solitude ne semble ici qu’une façade. Même si « la solitude est cette conquête qui vous rend jouissance des choses », il est paradoxal que dans un endroit reculé comme peut l’être le lac Baïkal, les rencontres se multiplient, avec d’autres habitants de ces cabanes qui essaiment sur le pourtour du lac ou avec quelques animaux. La description de ces rencontres nous invite à découvrir ces hommes et ces femmes du froid, au détour de quelques descriptions de leur façon de vivre.

Le propos est riche, poétique et le dépaysement total. Dans les forêts de Sibérie donne l’envie de se nicher dans sa propre cabane, loin des vicissitudes de notre temps en nous proposant un retour aux sources de la condition humaine.


Baptiste P., A.S. Bibliothèques/Médiathèques

 

Sylvain TESSON sur LITTEXPRESS

 

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 Article d'Élise sur Une vie à coucher dehors.

 

 

 

 

 

 

 

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