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7 mars 2012 3 07 /03 /mars /2012 07:07

samedi 21 janvier à 17h30
au TnBA

dans le cadre des rencontres « Horizons/Théâtre - TnBA »

 

 

 

Bernard-Marie Koltès est un auteur dramatique français né à Metz en 1948 et décédé à Paris en 1989. Il a écrit une dizaine de pièces, de récits dont quelques-uns retrouvés par son frère et publiés après sa mort. Une de ses œuvres notables est Roberto Zucco, pièce inspirée de la vie de Roberto Succo, tueur italien qui a sévi en France et en Suisse. Son œuvre est significative du théâtre contemporain et une de ses thématiques est justement le désir de théâtre.

Sa pièce  La nuit juste avant les forêts a été montée par Patrice Chéreau en 2010 avec en vedette Romain Duris.

 

Lectures

 

Une lecture de textes de Bernard-Marie Koltès a été organisée par le TnBA au TnBa'R à 17h30 ; des élèves comédiens de l'ESTBA ont lu « La fuite à cheval très loin dans la ville » (roman), « Prologue » (nouvelle) et « Lettres » (correspondance), tous écrits par Bernard-Marie Koltès.

La lecture a commencé par des extraits de « La fuite à cheval très loin dans la ville ». Dans « Le cimetière de la colline aux crapules » une secte s'est installée et les chats pullulent. « Le cœur de la planque aux anges » évoque l’endroit où, le jour, vont se cacher les amoureux en quête de tranquillité et qui, la nuit, devient le théâtre des pires luxures. « Comment Lidia la maussade accoucha de ses filles » nous expose l'accouchement cauchemardesque, en pleine rue, de Lidia qui refuse de se faire aider par les passants et par un policier à cheval. Enfin nous est lu un passage où Cassius poignarde un chat après avoir trouvé Barba au lit avec Chabanne.

Les étudiants ont ensuite apporté des petits plateaux apéritifs aux spectateurs attablés pour une petite pause musicale, avant de continuer leur lecture.

L'extrait suivant était probablement tiré de « Prologue » ; il racontait comment une jeune fille se rend à l’Hôtel del lago et se fait séduire par un homme noir très intéressé qui lui vante les bienfaits de partager son lit avec un nègre.



Table ronde sur le thème de l'écriture de Koltès et la pièce « La nuit juste avant les forêts »

La table ronde se déroulait à l'éstba . Elle était organisée également par le TnBa. Une revue qui résumera les rencontres organisées sera publiée dans le courant de l’année.

Les intervenants étaient Martine Job, professeur de littérature contemporaine, Pierre Katuszewski, docteur en Études Théâtrales (Paris III) et enseignant à l'Université Bordeaux 3 et François Poujardieu, auteur d'une thèse sur Koltès.

M. Katuszewski a ouvert le débat en présentant le contexte dans lequel ont été publiés la majeure partie des textes de Koltès, c'est-à-dire entre 1970 et 1990. À cette époque, explique-t-il, le texte de théâtre est dédramatisé. Koltès disait lui-même qu'il ne fallait pas chercher de signification dans ses textes. Koltès pensait aussi que le théâtre n'est pas une scène politique mais essentiellement un jeu.

M. Katuszewski a ensuite fait le lien avec le thème du fantôme qu'il traite dans un de ses livres, Ceci n'est pas un fantôme. Il a fait remarquer que dans les œuvres de Koltès les fantômes sont hors de l'histoire. Il a ensuite qualifié la pièce de Patrice Chereau de performance ; en effet, la première question qu'il s'était posée était : « Mais comment l'acteur va t-il s'en sortir pour jouer cette pièce ? »

La nuit juste avant les forêts, c'est l'histoire d'un homme qui tente de retenir par tous les mots qu’il peut trouver un inconnu qu’il a abordé au coin d’une rue, un soir où il est seul. Il lui parle de son univers. Il lui parle de tout, d’amour comme on ne peut jamais en parler, sauf à un inconnu comme celui-là. La pièce commence ainsi par le personnage qui arrive sur scène et commence à parler de ce qui s'est passé avant qu'il n'arrive. Les intervenants le feront remarquer, les récits de Koltès commencent toujours par une action, une histoire qui a déjà commencé.

M. Poujardieu a ensuite pris la relève en exposant la difficulté de ranger l’œuvre de Koltès dans un genre. Cette œuvre commence avec La nuit juste avant les forêts. Il a ensuite raconté une anecdote : en 1987, Koltès interviewé disait ne rien savoir de ses prochains personnages, preuve que c'était un « écrivain artisan » ; il pouvait écrire et avoir l'inspiration n'importe où. M. Poujardieu a ensuite remarqué qu'à travers ses textes Koltès libérait la parole de ses personnages et a mis le doigt sur un autre thème cher à Koltès : la femme énigmatique. En effet dans beaucoup de ses récits, on ne connaît pas la vie de certains personnages féminins. M. Poujardieu considère aussi La nuit juste avant les forêts et Dans la solitude des champs de coton comme les deux piliers de la nouvelle écriture de Koltès car ce sont deux récits digressifs. Digressifs dans le sens « rempli de sujets » dans La nuit juste avant les forêts et digressifs dans le sens « chaque sujet en appelle un autre » dans La solitude des champs de coton. Il a également fait remarquer l'importance du rythme dans La nuit juste avant les forêts, primordial étant donné que le récit ne comporte qu'une seule phrase. Avant de passer au débat et aux questions, M. Poujardieu a enfin évoqué le caractère cyclique de l’œuvre de Koltès.



La rencontre s'est ensuite terminée sur les impressions de chacun sur la pièce de Patrice Chéreau, pièce que M. Poujardieu a trouvé trop morcelée, parce que Chéreau n'a pas compris Koltès. Cependant il a aussi fait remarquer que personne ne comprend Koltès et qu'à force Chéreau, très persévérant, devrait réussir à faire mieux. Il a enfin été fait un parallèle de la pièce avec l'histoire de Shéhérazade – en effet le héros de la pièce essaie de parler sans fin pour retenir l'inconnu et ne pas mourir – mais aussi un parallèle avec la vie de Koltès qui en 1988, sachant qu'il ne lui restait qu'un an à vivre (Koltès a été emporté par le SIDA) écrivait à plein régime dans l'espoir de voir ses œuvres adaptées au théâtre par son ami Patrice Chéreau.


Alexis, 2e année Bib.-Méd.

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Published by Alexis - dans théâtre
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