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20 août 2013 2 20 /08 /août /2013 07:00

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Tatiana de ROSNAY
L'appartement témoin
Fayard, 1992
Flammarion, « J'ai Lu », 2010



 

 

 

 

 

 

 

 

L'auteure, Tatiana de Rosnay

Tatiana de Rosnay est née en 1961 de mère anglaise et de père franco-mauricien, d'origine russe. Dès l'âge de onze ans, elle commence à écrire, au rythme d'une histoire par an, en anglais, et ce jusqu'à ses 25 ans. Après des études littéraires en Angleterre, elle a travaillé en tant que journaliste pour plusieurs magazines, tels que Vanity Fair ou ELLE. Elle est également critique littéraire pour le JDD. L’œuvre majeure que l'on retient d'elle est Elle s'appelait Sarah, qui a été traduite dans une trentaine de pays. Dans ce premier roman, L'appartement témoin, Tatiana de Rosnay nous fait part de deux de ses passions : Mozart et Venise.



Le contenu

Le livre débute avec l'emménagement du narrateur dans son nouvel appartement à Paris, rive gauche. Le titre s'explique pratiquement dès les premières pages, car l'on apprend que l'appartement qu'il occupe est ce que l'on appelle dans le langage immobilier l'appartement témoin de l'immeuble qui vient d'être reconstruit, celui que les gens peuvent visiter. Avant, c'était un vieil immeuble de briques rouges, qui a été démoli pour faire place à ce nouveau. L'idée est venue à l'auteure car elle a suivi la démolition d'un immeuble à Paris, et elle s'est alors demandé « qui avait habité là, qui avait aimé, vibré, dormi, pleuré entre ces murs désormais réduits en poussière. » (Préface à la nouvelle édition)

On apprend que le narrateur vient de divorcer, et qu'il a une fille de dix-huit ans, prénommée Camille. Les premiers mois dans cet appartement se passent très mal pour lui, il ne dort presque pas, et une vision commence à lui apparaître, celle d'une femme jouant Mozart au piano, et d'une petite fille, assise par terre. De plus en plus distincte, cette vision l'obsède. Il comprend alors qu'elles ont habité l'ancien immeuble et se met à les chercher.

Petit à petit, au fil des indices, il apprend que la femme qui jouait du piano, Adrienne Duval, épouse Churchward, est morte. En revanche, sa fille, elle, semble être toujours en vie. Il part donc à sa recherche, et entame une véritable quête, qui s'avère longue et compliquée, puisque Pamina Churchward, petite fille de deux ou trois ans au moment de la vision, est aujourd'hui une femme d'une trentaine d'années qui a changé plusieurs fois de prénom et qui n'est jamais là où elle devrait être.

Ainsi, il parcourt dans un premier temps les États-Unis avec sa fille, qui parle parfaitement l'anglais pour l'aider. Il apprend alors que Pamina a été mannequin mais qu'elle est partie du jour au lendemain sans donner ni numéro de téléphone ni adresse. Il contacte alors une de ses amies de l'époque, elle aussi mannequin, Jessica Parker. Elle lui donne une adresse à Londres, il s'y rend, mais de nouveaux propriétaires y habitent. Ils lui donnent une adresse qu'ils trouvent sur le contrat de vente, puis il se met en route. Seulement, en s'y rendant, il apprend qu'elle est à Venise, pour le travail. Il fait néanmoins la connaissance de son fils, et de sa gouvernante, qui est française.

Enfin, il décide de se rendre à Venise, où il met un certain temps à la trouver. Un soir, alors qu'il l'attend à son hôtel, elle est enfin rentrée, et s'est assise à une table, seule, pour boire un verre. Et là, cet homme, qui a fait tant de chemin pour la retrouver, part sans un mot, sans même l'aborder.



Analyse

Dans ce roman, le narrateur s'exprime tantôt à la troisième personne du singulier, tantôt à la première. Cette différence est à peine remarquable, car le texte s'articule plutôt bien, du fait que plusieurs personnages interviennent, tels que sa fille, son ex-femme, ou encore le petit ami de sa fille.

L'importance de la musique est symbolique. Mozart est le musicien que son ex-femme adule et qu'il a toujours détesté, et voilà que grâce ou à cause d'une vision, il se met à l'apprécier. Il assiste à des opéras et l'écoute parfois en boucle, pour trouver l'air exact que joue la vision au piano. On peut imaginer que cette femme lui apparaît pour qu'il fasse tout pour la retrouver, retrouver sa fille, qu'il se mette à apprécier Mozart, et qu'il se rende compte, au bout de cette quête, une fois qu'il est face à Pamina, que sa femme lui manque, et que c'est elle qu'il aime toujours. C'est comme une sorte d'invention psychologique pour qu'il prenne conscience qu'il n'est pas fait pour cette vie-là, et que c'est auprès de sa femme qu'il aurait toujours dû rester, sans jamais la tromper.

Le narrateur se lance dans une véritable poursuite, une course effrénée à travers les trois pays que sont les États-Unis, le Royaume-Uni et l'Italie, sans oublier Paris. Il semble être à la quête d'un idéal, car il le dit lui-même, il tombe amoureux d'une photographie de Pamina. Il tire une conclusion assez drôle après s'être immergé dans ces différents endroits : « Les New-Yorkais se toisent avec sympathie, les Parisiens se scrutent sans pitié et les Anglais s'ignorent ». Il est amusé de voir la différence de comportement d'une population à une autre.



Avis

Une fin qui laisse un peu... sur sa faim. Doit-on comprendre que la recherche du bonheur est vaine ? Ou, tout simplement, qu'il est retombé amoureux de sa femme ? L'auteure nous tient vraiment en haleine, nous faisant parcourir foule d'endroits, mettant toujours des obstacles à la quête du narrateur. Cependant, la première moitié du roman se lit beaucoup plus facilement que la deuxième, qui est beaucoup plus dans le détail, dans les descriptions, parfois un peu trop longues.


Éloïse, 1ère année Édition-Librairie

 

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