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13 août 2012 1 13 /08 /août /2012 07:00

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Thierry JONQUET
Mygale
Gallimard
Série Noire, 1984
Folio, 1995
Folio policier, 1999


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le livre est découpé en trois parties : « L'Araignée », « Le Venin », « La Proie ». Le premier chapitre s'ouvre sur le docteur Richard Lafargue et la description de son immense propriété près de Paris où est installée sa clinique de chirurgie esthétique. C'est la fin de l'après-midi et Richard Lafargue se promène dans le parc de son manoir, il semble mélancolique et calme. En revenant dans la maison, il s'approche d'un interphone et hurle, à l'attention d'une certaine Ève, de se dépêcher car ce soir, ils sortent. Richard Lafargue est devenu odieux et agressif.

Les relations entre cet homme et cette femme semblent compliquées, il est difficile de savoir ce qu'il se passe entre eux : sont-ils mari et femme ? Y a-t-il une once d'amour entre eux ?

Visiblement, non. Le couple n'est pas resté longtemps à la soirée et ils se sont retrouvés dans un appartement où arrive un homme venu pour faire d' Ève sa chose. On comprend alors que ce qu'il se passe entre eux n'a rien d'une relation de couple habituelle.

Peu après, Ève et Richard se retrouvent un dimanche dans une clinique en Normandie. C'est Ève qui rappelle à Richard qu'ils doivent s'y rendre. Ils rendent visite à une jeune malade qui vraisemblablement est dans un état de choc permanent. Richard est différent, la jeune fille qu'ils viennent voir semble lui être très chère. Ève, quant à elle, semble pressée de partir. À ce stade, il manque beaucoup d'informations sur les personnages et leur passé.

Dans le même temps, un narrateur externe s'adresse à un autre personnage en le tutoyant. Ces passages sont différents du reste du texte, ils sont en italique. Un narrateur externe s'adresse à un autre personnage, Vincent Moreau, il lui remémore ce qu'il lui est arrivé. Vincent est enfermé dans une cave, réduit à l'état d'animal. Il est retenu prisonnier par le maître, qu'il appelle la Mygale. Il est resté enfermé pendant plusieurs années : au début, Mygale lui a retiré toute dignité, lui donnant à peine de quoi se nourrir, le laissant sale après sa capture avec juste un seau pour faire ses besoins et ne lui adressant même pas la parole. Mais peu à peu, Mygale change de comportement : il apporte de la nourriture correcte, des vêtements. Une salle d'eau d'appoint fait son apparition dans la cave, au même titre qu'un piano et les deux hommes discutent souvent, comme dans une cordiale relation d'amitié. Vincent commence à s'habituer à cette vie, il a même confiance en Mygale. Ce qui va lui coûter sa virilité.

Alex est un braqueur de banque et un ami d'enfance de Vincent, qui vient d'être repéré suite à un braquage qui a mal tourné. Il se cache en banlieue parisienne et cherche une idée pour fuir. Il tombe alors sur un reportage sur la chirurgie esthétique dans lequel Richard Lafargue est interrogé et décide de l'obliger à modifier son visage pour passer les douanes dans un aéroport. Pour cela, il enlève Ève. Mais Alex n'est pas assez méfiant et sur la table d'opération, Lafargue lui administre une forte dose d'anesthésiant et l'enferme à son tour dans sa cave.

Toutefois, il y a un lien autre que l'amitié d'enfance entre Alex et Vincent : Richard Lafargue et sa fille Viviane participent à une soirée à laquelle Alex et Vincent sont présents aussi. Ils profitent du fait que Viviane soit seule pour la coincer à l'écart des autres invités et la violent. Quand Richard retrouve sa fille, elle est mutique, complètement choquée et ne supporte plus la proximité des hommes, même celle de son père. Voyant la vie de sa fille réduite à néant, Lafargue décide de se venger. Sa fille est envoyée dans un hôpital psychiatrique et il retrouve l'homme qui a détruit Viviane. Il parvient à lui mettre la main dessus ; dans son immense souffrance et le désir de vengeance qui l'aveuglent, il fait subir à Vincent Moreau le pire châtiment imaginable pour lui : un changement de sexe. Et comme si cela ne suffisait pas, Lafargue le garde avec lui, l'enfermant dans une sorte de cage dorée, une grande chambre avec tout le confort nécessaire et avec des hauts-parleurs dans lesquels il aboie des ordres et lui intime de s'habiller lorsqu'ils sortent. Ces sorties sont très particulières : elles ont lieu dans un petit studio avec une vitre teintée qui donne sur une autre chambre depuis laquelle Lafargue peut voir ce que les hommes les plus monstrueux infligent à Ève. Ce qui le fait infiniment jubiler.

Quand Alex est enfermé dans la cave, Ève révèle à Lafargue qu'ils étaient deux à agresser sa fille, ce qui pousse Lafargue à abattre Alex. Ève aurait l'occasion de s'enfuir, Lafargue lui laissant l'opportunité de partir mais, sachant sa vie brisée, elle ramasse Lafargue, recroquevillé par terre, comme une araignée ayant reçu de l'insecticide. Il est anéanti après tant de cruauté infligée, de vengeance et toutes ces vies brisées.



Le lecteur quant à lui, ne peut qu'être profondément choqué par l'extrême punition infligée par Lafargue, son intelligence reste inégalée pour infliger tant de souffrance mais, d'un autre côté, cette vengeance semble presque normale pour un père qui élève seul sa fille chérie. N'importe qui aurait basculé après une telle épreuve.

Thierry Jonquet parvient à nous tenir en haleine dans ce milieu bourgeois où rien n'est dit mais tout semble malsain. Et c'est le cas. Il conserve le mystère quant aux personnages de Vincent et d'Ève jusque tard dans le livre et cela rend l'action très excitante ; le lecteur veut comprendre et savoir à tout prix comment fonctionne Lafargue et quel est son but. C'est tout bonnement fascinant. Je ne peux que le conseiller. Bonne lecture.


E.A., 2ème année éd.-lib.

 

 

Thierry JONQUET sur LITTEXPRESS

 

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 Article d'Hélène sur La Bête et la Belle.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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commentaires

dasola 06/12/2012 20:55

Bonsoir, j'ai découvert Jonquet avec Moloch et Les orpailleurs. Depuis j'ai pratiquement lu tous ses romans dont Mygale et La Bête et la belle: je suis une fan inconditionnelle de cet écrivain trop
tôt disparu. Bonne soirée.

cyruliszin 13/08/2012 10:31

merci pour cette chronique qui me rappelle que j'ai dans ma pile à lire Mygale que j'ai acheté il y a quelques mois, je connaissais TH. Jonquet en tant qu'auteur pour la jeunesse. Comme j'ai été
surprise de découvrir qu'il était décédé depuis 2009, j'ai donc acheté ce roman : il va falloir que je le mette en haut de la pile.

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