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5 juillet 2010 1 05 /07 /juillet /2010 07:20

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Thierry MAUGENEST

Les Rillettes de Proust

JBZ et Cie, 2010


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Voici un livre pour les fins gourmets littéraires, …Nous, futurs bibliothécaires, éditeurs ou libraires étudions durement pour savoir mettre en valeur un écrivain…mais serions-nous capables d’embrasser nous-mêmes ce destin ? Si ce fantasme est le vôtre, ce petit livre risquerait bien de vous inspirer !

Thierry Maugenest nous livre pléthore de conseils facétieux, à travers des fiches pratiques savamment illustrées de textes connus ou inédits. Ses précieuses recommandations aideront ainsi le futur auteur à obtenir le label « Grantécrivain », une estampille approuvée par l’Académie française !


 Le sage écrivain évoque ainsi la tragédie de l’inspiration en donnant quelques exemples concrets de plagiat et même d’autoplagiat, commis par des auteurs sans vergogne. Autre crime littéraire potentiel : le choix des mots. En effet, il ne faut guère faire l’impasse sur la stratégie stylistique, au risque de mettre à mal la crédibilité d’un texte. Exemple poignant de l’auteur qui parodie Flaubert en changeant le nom des personnages de Madame Bovary : Emma devient Loana et son amant Ricky. A la lecture du texte, vous verrez que la défiguration est funeste pour le chef-d’œuvre…


Autres exemples probants avec le poète Henri Michaux qui assume parfaitement ses tendances au néologisme aigu. Ou encore au travers d’un texte inédit, dans lequel l’auteur use de termes savoureusement ambigus :
« Que nycthémère ! Cette chevauchée m’a épuisée. »


Quelques autres méfaits littéraires dénoncés par l’auteur, comme ces étourderies malheureuses, à l’instar de Montesquieu dans Les Lettres persanes qui osa commettre : « [...] au milieu d’un nombre innombrable
[...] » ou encore des pléonasmes perpétrés par des auteurs classiques tel Boileau dans Épître IV : « Pégase s’effarouche et recule en arrière ».


Autres contrariétés formelles qui prouvent que les auteurs n’ont pas relu leur texte à voix haute, occasionnant à la phrase un sens fâcheux : « L’amour a vaincu Loth »,  ainsi que l’écrit Abbé Pellegrin dans Loth. Voilà de quoi décomplexer un apprenti-écrivain !


Après moult délations de cet acabit, l’auteur poursuit en nous proposant des exercices pratiques censés aguerrir notre style et notre culture littéraire.

En bref, ce petit recueil non massicoté (éditions  JBZ & Cie !) est tranchant pour la réputation de certains illustres écrivains, mais se lit avant tout au second degré. Les amoureux de la langue française et des bons mots pourront ainsi se délecter de ses rillettes de Proust, humoristiquement appétissantes.


Mais trêve de plaisanterie : si Proust avait eu la fantaisie littéraire de choisir des rillettes plutôt que des madeleines, la littérature ne s’en serait pas remise…


Céline C., 2e année Bib-Med-Pat

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