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27 janvier 2013 7 27 /01 /janvier /2013 07:00

Thomas-duranteau-des-miettes-et-des-etoiles.gif 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Thomas DURANTEAU

Des miettes et des étoiles

édition Elytis, 2012

Collection Grafik

 

       

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Petit mot sur l’éditeur et l’auteur

 

La maison d’édition Elytis a été créée en 1992. Elle est située en Aquitaine. Cette maison est particulièrement diversifiée, puisqu’elle publie aussi bien de la littérature que des beaux-livres d’arts ou encore des essais. Elle s’intéresse beaucoup aux récits de voyage comme en témoigne la collection Grands Voyageurs ou encore la collection Petits Passeports pour le monde. Depuis peu, sa politique éditoriale est orientée vers quelque chose de plus artistique, notamment avec la collection Grafik. Les éditions Elytis possèdent un catalogue intéressant, riche d’environ 200 titres. Pour plus d’informations consulter ce site : http://www.elytis-edition.com/index.htm.

 

Thomas Duranteau est professeur d’histoire et géographie dans un collège de Nexon. Et il est également peintre et poète. Il possède un blog où il publie ses poésies et où il parle de ses expositions : http://thomasduranteau.blogspot.fr/. Récemment, il a reçu le prix du Club de la Presse 2012 pour Des miettes et des étoiles. Cette publication, qui porte sur les camps de concentration et d’extermination, reste unique en son genre. En effet, Thomas Duranteau retrace son voyage de cinq jours dans les camps. D’abord Auschwitz I et Auschwitz II Birkenau, puis Majdanek et Treblinka.

 

 

 

Un voyage pas comme les autres

 

L’idée de ce roman est née  en 2009 suite à un voyage des camps organisé par l’Union des déportés d’Auschwitz. Cette association organise régulièrement des voyages de formation pour les enseignants, qui ont pour but de perpétuer la mémoire des camps et des personnes disparues. Retourner sur ces lieux, c’est un moyen de ne pas oublier le génocide et de « former des citoyens conscients des risques engendrés par les totalitarismes » (p. 11). Thomas Duranteau a également rencontré, durant son voyage, d’anciens déportés dont Raphaël Esrail, Jules Fainzang et Ida Grinspan. Ce sont des personnes qu’il admire et dont il nous conseille de lire les témoignages. Ces rencontres l’ont ainsi amené à de nouvelles réflexions sur le génocide.

 

Pour illustrer ce voyage qu’on pourrait qualifier d’ « initiatique », Thomas Duranteau cite un guide israélien dans lequel il est dit que :

 

« À Auschwitz on voit

À Majdanek on touche

À Treblinka on imagine » (p. 182).

 

Pour comprendre cette citation, il faut reconstituer l’histoire de ces camps de concentration et d’extermination. Les camps d’Auschwitz ont été abandonnés par les nazis lors de l’avancée des Russes. Et à partir de novembre 1944, Himmler avait ordonné la destruction des fours crématoires. En effet, les nazis voulaient à tout prix dissimuler les traces qui auraient pu les impliquer dans ce massacre. Il reste à Auschwitz de nombreux baraquements. Les camps de Majdanek, quant à eux, ont été préservés. C’est ainsi qu’on a pu retracer le système d’extermination nazi. Enfin, il ne reste plus rien à Treblinka. C’est pour cela que nous ne pouvons qu’imaginer à quoi cela pouvait ressembler. C’est, en effet, un lieu totalement désert où il ne reste plus qu’un monument commémoratif. 

  Thomas-Duranteau-Des-miettes-et-des-etoiles-02.jpg

 Ces camps ont donc chacun leurs caractéristiques. Ce voyage est ainsi composé d’étapes complémentaires, qui ont permis à l’auteur d’interpréter de différentes manières le destin des victimes du régime nazi. 

 

 

 

Des miettes et des étoiles

           

Ce titre revêt de nombreux sens. L’auteur, dans l’avant-propos, explique son choix. Tout d’abord, les étoiles évoquent l’étoile de David, symbole du judaïsme, ainsi que toutes les étoiles de la galaxie qui représentent l’infini et l’intemporalité. Les miettes, quant à elles, peuvent faire référence au terme stücke utilisé par les Allemands pour parler des détenus.

 

 « Bien sûr parler de miettes questionne la trace, ce qu’il reste dans les lieux comme dans les personnes : miettes de corps et miettes de bâtiments, cendres et ruines qui nourrissent ces lieux. » (p. 17).

 

En effet, il reste peu de choses du passage des juifs dans les camps, seulement des objets leur ayant appartenu, des photos et quelques témoignages : des « miettes » de vie. Finalement, les miettes évoquent aussi le travail de Thomas Duranteau. Un travail qui a fait appel à de nombreuses sources et supports qui font la diversité de ce livre.

 

 

L’évocation d’une histoire douloureuse

 

Ce livre n’est pas un livre d’histoire, ni un livre de témoignages. L’auteur, bien que professeur d’histoire, ne souhaitait pas de nouveau réaliser une chronologie de l’extermination des juifs et non-juifs par les nazis. Il a ainsi créé un carnet de voyage, même si le mot voyage semble ici inapproprié. Ce carnet révèle l’émotion qui se dégage de ces lieux de deuil. L’idée de départ qu’avait l’auteur consistait à

 

« se laisser habiter par les espaces traversés et vivre le contact des lieux, des pierres et des photographies […] comme une rencontre véritable avec un endroit et, par ce biais, avec une époque » (p. 9).

 

Thomas Duranteau ne s’exprime pas seulement par l’écrit mais aussi par l’illustration. Ce livre est composé de nombreux croquis qu’il a réalisés lors de sa visite des camps, puis pour certains retravaillés. L’auteur fait beaucoup appel à notre imagination, de nombreuses interprétations sont possibles pour chacun des dessins. La majorité de ceux-ci ont été effectués en noir et blanc. Ses personnages possèdent, pour la plupart, un visage assez inexpressif. Leurs yeux sont vides de toute émotion. Toutes les représentations qu’il a faites des juifs se ressemblent : ils sont décharnés, souvent difformes.

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Un personnage, du nom de Cendres, ressort tout de même. C’est une créature sans visage qui hante les camps. Elle représente tous ces juifs déshumanisés par les nazis.

 

 Thomas-Duranteau-Des-miettes-et-des-etoiles-pl1.jpg

 

Thomas Duranteau ne cherche donc pas à esthétiser la Shoah, seulement à la représenter comme il la ressent. Il fait donc alterner récit, illustrations et témoignages de déportés juifs. À son récit, il a tout de même ajouté des notes documentaires qui nous permettent de nous remémorer les dates importantes qui ont marqué le destin des juifs.

 

En parcourant les pages, on réalise ainsi l’ampleur de ce génocide. Les personnes disparues dans ces camps n’y ont pas seulement perdu la vie, elles y ont aussi perdu leur identité. D’abord oubliées de tous, elles ont obtenu au fil des années une certaine reconnaissance. Ce livre est donc un moyen de ne pas oublier cette période, et peut-être d’éviter si ce n’est de nouveaux massacres au moins de nouvelles exclusions.

 

           

Maud, 1ère année édition-librairie

             

 

ELYTIS sur LITTEXPRESS

 

escale-du-livre-2012

 

 

 Escale du livre 2012. Journal d'une stagiaire sur le stand Elytis.

          

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Les éditions Elytis présentent leur collection "Passeport pour...".

 

 

CatPasseport

Rencontre avec Philippe ROUSSEAU, Gilles MORATON ET Élise NANITÉLAMIO

 

 

Mes pas captent le vent

 

 

 

 

Philippe Rousseau, Mes pas captent le vent. Article de Julie.

 

 

 

 

 

 manut charpentier

 

 

 Article d'Élodie sur Manut et la salle d'attente de Jean-Michel Charpentier.

 

 

 

 

 

 

 

 

bleys bozonnet pilori

 

 

 

 

Article d'Angélique sur Pilori de Bleys et Bozonnet.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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