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24 décembre 2010 5 24 /12 /décembre /2010 07:00

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Thomas PYNCHON
Vice caché
Titre  original :
Inherent Vice
Traduction française :
Nicolas Richard
Première parution aux États-Unis en 2009
Seuil, collection Fiction & Cie, 2010

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Thomas Pynchon

Biographie : http://fr.wikipedia.org/wiki/Thomas_Pynchon#Biographie


Bibliographie

V, roman,  1985
L’Homme qui apprenait lentement, nouvelles, 1985
 Vente à la criée du lot 49, roman, 1987
L’Arc-en-ciel de la gravité, 1988
Vineland, roman, 1991
Mason & Dixon, roman 2001
Contre-jour, roman, 2008
Vice caché, roman, 2009

 

Vice caché

 

Vice caché était un roman très attendu. Septième œuvre de Thomas Pynchon, après les très remarqués V, Vente à la criée du lot 49, Vineland, Maxon & Dixon, il s’essaie ici au polar.  

 

Vice caché est le récit des pérégrinations de Doc Sportello, détective privé à Los Angeles dans les années 70. Le surf rock a le vent en poupe, Charles Manson vient de faire des ravages, on roule dans de grosses voitures, internet en est encore à l’ARPANET, et la ville se construit peu à peu. C’est une époque charnière que vit Los Angeles, et Doc Sportello est un peu perdu. Surtout égaré dans des nuages de fumées illicites.

 

Comme tout bon privé, il n’aime pas traîner avec la police, et bizarrement, son meilleur ami, meilleur ennemi, n’est autre que le flic Bigfoot qui aime fracasser des portes à coups de pied, et enfermer les hippies comme Doc. Mais c’est ensemble qu’ils vont devoir résoudre le mystère de la disparition de Mickey Wolfmann, promoteur véreux et douteux, mais également de Shasta, l’ancienne petite amie de Doc, du garde du corps de Wolfmann qui faisait par ailleurs partie d’un gang néo-nazi, et d’un saxophoniste junkie revenu d’entre les morts. Doc va ainsi avoir le loisir de croiser diverses gens vraiment louches, surtout peu fréquentables, repris de justice, néo-nazis, mafieux… On suivra Doc des rues de Los Angeles jusqu’à Las Vegas, entre crises de paranoïa, drogues, rock’n’roll, ses divers déguisements et ses conquêtes, mais on suivra surtout les digressions de Pynchon dans une époque, les seventies, et une ville, Los Angeles. car Vice caché est un récit riche et foisonnant.

 

Et il est là le vice caché, dans cette ville entre deux époques, remplie de paumés junkies, extrémistes de tous poils, et dirigée par une mafia peu conciliante. Sans parler des petites frappes à qui Doc est plus enclin à accorder sa confiance qu’à la police. Peut-être encore un éclair de paranoïa, ou un délire de drogué, ou bien alors des restes de santé mentale et d’auto-défense. Assurément, la faune de personnages plus excentriques et typiques les uns que les autres vaut le coup d’œil. Mais rien n’est dit, et c’est là le talent de Pynchon. On sent bien qu’il y a un malaise, que quelque chose cloche, sans pouvoir mettre le doigt dessus. On a bien une idée avec toutes les références à Charles Manson et aux émeutes de Watts, tous ces gars qui ne croient qu’en la surf musique, la drogue, ou le surf. Mais cette ville embrumée, plongée dans un smog lourd et moite n’est que le reflet d’une Amérique passée. Le récit oscille donc entre nostalgie et regrets.

 

Car c’était une époque magnifique, de liberté, musique, insouciance, mais ça c’est ce qu’on veut bien voir, et en dessous du vernis, en dessous de sa ressemblance avec un polar, et de ses références au genre, ou de ses allures de fiction rock’n’roll, c’est une critique acerbe de l’illusion des seventies qu’on lit. Et c’est avec un arrière-goût qu’on le referme, comme si en fait, ce n’était pas si fun que ça, et que ça ne devait pas être si marrant que ça de se retrouver là-bas.

Enfin, un mot sur l’écriture de Pynchon. Assurément, c’est dense, très dense. Pas toujours évident de suivre le fil de l’histoire, qui n’est d’ailleurs souvent là que parce qu’il faut une histoire. On se raccroche à ce qu’on peut et il faut accepter de  se laisser aller aux délires de l’auteur, ou aux élucubrations des différents protagonistes. Car l’enquête en elle-même n’a que peu d’intérêt, le vrai intérêt comme on l’a vu plus tôt se trouve dans les personnages, et la ville. Ça n’a donc rien d’un polar traditionnel, et ça en fait une œuvre complexe, bourrée de références à la culture underground, mais pas toujours accessible si l’on n’est pas habitué.

Florian, 2e année Éd.-Lib.

 

Thomas PYNCHON sur LITTEXPRESS

 

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 Article de Delphine sur V.

 

 

 

 

 

 


 

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 Article de Maïlys sur Vente à la criée du lot 49.

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