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6 février 2013 3 06 /02 /février /2013 07:00

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Toni MORRISON
Home
traduit
par Christine Laferrière
Christian Bourgois, 2012



 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’auteure
Toni-Morrison.jpg
Toni Morrison, née Chloe Anthony Wofford le 18 février 1931 aux États-Unis, est  une auteure afro-américaine à qui l’on doit une dizaine de romans. Elle fut élevée dans une famille modeste qui  instilla très tôt chez elle un goût pour la littérature. Jusqu’à son adolescence, Toni Morrison fut protégée du racisme et des conséquences de la ségrégation. Cependant, elle vécut cette période jusqu’à la fin et fera en sorte de ne pas la laisser dans l’oubli. En effet, la condition des Noirs américains pendant la ségrégation est un thème récurrent que Toni Morrison gardera en fil rouge tout au long de son œuvre. Son premier livre, The Bluest Eyes (1970), raconte l’histoire d’une jeune fille noire dont le rêve est d’avoir les yeux bleus. Son travail fut récompensé notamment par un prix Pulitzer en 1988 pour son livre Beloved, puis par le prix Nobel de littérature en 1993. Son dernier livre, Home, se retrouve dans la lignée directe de ses prédécesseurs.




Sa bibliographie

The Bluest Eye, 1970 (L’œil le plus bleu, 1994)
Sula, 1973 (Sula, 1992)
The Song Of Salomon, 1977 (Le chant de Salomon, 1996)
Tar Baby, 1981 (Tar Baby, 1996)
Beloved, 1987 (Beloved, 1989)
Jazz, 1992 (Jazz, 1998)
Paradise, 1994 (Paradis, 1998)
Love, 2003 (Love, 2004)
A Mercy, 2008 (Un don, 2009)
Home, 2012 (Home, 2012)

 

Liens

 http://www.biography.com/people/toni-morrison-9415590?page=1

 http://www.lexpress.fr/culture/livre/home-par-toni-morrison_1139389.html

 http://fr.wikipedia.org/wiki/Toni_Morrison


 
L’œuvre

Résumé

Dans une Amérique ségrégationniste des années 1950, Frank Money, vétéran noir de la guerre de Corée, traverse les États-Unis pour retrouver sa sœur. Elle, de son côté, tente de s’en sortir, cherche puis trouve un travail chez un médecin tortionnaire. Dans ce roman, Toni Morrison nous propose une narration polyphonique ayant pour piliers les frère et sœur Money. Originaires d’une petite communauté noire de Géorgie, chacun des deux, dans sa volonté de la quitter et de voir le monde, va se trouver devant le mur qu’est le racisme. Bien au-delà de cela, les chemins qu’ils emprunteront les forceront à s’endurcir et à passer outre leur traumatisme propre.



Analyse

À travers une peinture des plus réalistes des années 1950 aux États-Unis, Toni Morrison génère une fois encore une œuvre à la fois touchante et dérangeante. Tous les grands thèmes de l’auteure sont présents : le racisme bien sûr, mais aussi l’abandon de son foyer (puis le retour) et la fatalité quasi divine qui s’abat sur les personnages.

En effet, Toni Morrison garde pour thème central le racisme. Comme cela a été dit plus haut, ce roman est fondé sur deux narrations, celles d’un frère et de sa sœur, noirs. Pour le premier, traumatisé par la guerre dont il sort juste, il devra traverser les États-Unis de Seattle jusqu’à Lotus, en Géorgie, pour retrouver sa sœur. Son parcours sera difficile : sa couleur de peau  lui ferme bien des portes et il ne devra sa réussite qu’à l’appui dont il bénéficiera de la part des communautés noires qu’il rencontrera. Alors que Franck court, Ycindra, sa jeune sœur, trouve du travail en tant qu’assistante chez un médecin blanc. Si le décor et les premières impressions sont favorables, les choses se dégradent rapidement. Son histoire raconte comment ce médecin raciste la prend comme cobaye pour de sordides expériences.

Ce roman pourrait faire penser à une fable.  Les personnages partent à l’aventure, loin de chez eux, pour finalement vite déchanter. Ils trouvent alors des compagnons qui les aident dans leur démarche de retour. À la fin, nos personnages sont de retour chez eux, sains et saufs, bien que définitivement traumatisés. Cependant, leurs péripéties leur auront permis de grandir, et ils pourront ramener cette maturité dans leur nouvelle vie, chez eux. Les « méchants », quant à eux, sont punis. On pense par exemple à la grand-mère de Franck et de Ycindra qui a été odieuse toute sa vie  (surtout avec ses petits-enfants), et qui termine finalement gravement handicapée et condamnée au mutisme. Cette résolution a priori manichéenne du récit pourrait en fait traduire un certain fatalisme de la part de Toni Morrison ; comme si tout devait revenir à un équilibre entre le bien et le mal.
Toni-Morrison-Sula.gif
Si nous voulions faire un parallèle avec une de ses œuvres, Sula (Christian Bourgois, Paris, première éd. en 1973, traduit par Pierre Alien) illustrerait bien ces thèmes récurrents. Le roman se situe durant la première moitié du XXe siècle, toujours pendant la ségrégation. Le récit se déroule à Medallion, dans le quartier du fond où se regroupe une petite communauté noire. Le racisme (des Blancs pour les Noirs et inversement) y est omniprésent. Sula, le personnage principal, aspire à la liberté et, une fois adulte, part voir le monde. Des années plus tard, elle revient et tente de faire comprendre à son amie d’enfance, Nel l’enfant modèle, comme il lui a été bénéfique de vivre une vie libre (et sans morale ?). Sula mourra seule dans sa grande maison vide.

Toni Morrison n’est pas de celles qui font des jugements de valeurs à ce point radicaux. Cependant, peut-être par ces « punitions divines », veut-elle nous rappeler d’où nous venons et l’importance de ne pas l’oublier, sous peine de se perdre.


Dylan, AS éd.-lib.

 

 

 

Toni MORRISON sur LITTEXPRESS

 

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Articles de Bénédicte et d'Élise sur Beloved.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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