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12 août 2013 1 12 /08 /août /2013 07:00

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Tove JANSSON
Moomin et la comète
Traduction
Emmanuelle Lavoix
Le Petit Lézard, 2008
 






 

 

 

 

 

 

 

 

Petite biographie de l’auteur

Tove Jansson est née à Helsinki en 1914 et décédée le 27 juin 2001. Elle a étudié à la faculté d’art de Stockholm et est devenue peintre. Elle a aussi été illustratrice ; en effet, pendant la Seconde Guerre mondiale, elle a décidé de créer le pays des Moomins, souvent orthographiés « Moumines » en français, pour faire rêver les enfants avec un pays imaginaire. Cette illustratrice est connue pour ses livres sur les Moomins, mais aussi pour des illustrations d’autres œuvres comme par exemple Le Hobbit, de J.R.R. Tolkien, ainsi que Les Aventures d’Alice au pays des merveilles de Lewis Carroll. De nombreux produits dérivés ont découlé de ses comic strips qui avaient d’abord été publiés dans la presse. Et, sur l'île de Kailo (une île qui se situe vers le sud-ouest de la Finlande), se situe un parc d’attraction, Muumimaailma, un nom qui semble quasi imprononçable et qui signifie « Le Monde des Moomins ».

 

La bande dessinée Moomin et la comète regroupe six histoires différentes :

·         Les Moomins citoyens modèles

·         Moomin et la comète

·         Moomin et la queue en or

·         L’hiver des Moomins

·         Moomin fait de la voile

·         Cafouille est amoureux

 

Elle met en scène le personnage principal nommé Moomin, ainsi que son père, sa mère et Snorke, une demoiselle de son âge. Ce sont des trolls, mais ils ressemblent davantage à des hippopotames sans bouche et aux traits assez simples. Il y a aussi d’autres personnages tels que Stinky (une boule de poils assez mauvaise), Snufkin (une sorte de petit lutin) ou Petite May (une petite dame aux allures de sorcière), etc.

 moomin-et-la-comete-pl-01.jpg

Une planche est la plupart du temps composée de quatre bandes, elles-mêmes composées de trois vignettes. Le cadre qui sépare verticalement ces vignettes n’est presque jamais un simple trait mais plutôt un élément du décor, comme des cannes, des balais, des fleurs, etc. Les Moomins sont tous dessinés sur le modèle de Moomin, mais son père est reconnaissable grâce au chapeau qu’il porte toujours sur la tête et à sa canne, sa mère porte toujours un tablier assez long et Snorke est la seule à posséder des cheveux, disposés comme une sorte de frange. Les autres personnages sont tous assez différents. Il existe toutes sortes d’animaux, mais ces derniers ne sont pas toujours reconnaissables et ils portent des vêtements.

 

Cette bande dessinée est bien sûr destinée à la jeunesse, mais pas seulement. Comme le dit Paul Gravett dans la courte préface de l’ouvrage : « Bien écrire la fiction pour les enfants et pour l’enfant qui sommeille en chaque adulte nécessite une variété de dons parmi lesquels une franchise et une lucidité avec les mots et les émotions, et le courage de les maintenir sans prétention. »

Cette bande dessinée, à travers son monde peuplé d’êtres à la fois étranges et merveilleux, nous laisse entrevoir une véritable satire de la société dite « civilisée ».

 

Lorsqu’on lit Moomin pour la première fois, les dialogues sont quelque peu étonnants comparés aux dialogues que l’on peut trouver dans la plupart des bandes dessinées. En effet, le discours des personnages peut paraître parfois assez soutenu et « raffiné ». Par exemple, dans Moomin fait de la voile, le père de Moomin veut changer de chapeau pour adopter un couvre-chef plus approprié à la situation : une casquette de capitaine, car ils sont sur un bateau. La mère de Moomin déclare : « Chéri, personne ne va te reconnaître sans ton haut de forme !! », celui-ci rétorque « La seule chose qui me distingue est mon chapeau, hein ? » et elle répond :  « Oh non, chéri, mais je pense que ton individualité doit s’affirmer… ».

 

Une histoire de cet ouvrage qui représente bien le côté satirique ici décrit de la société est Moomin et la queue en or. Moomin se retrouve tout à coup avec une queue en or. Tous les autres animaux sont époustouflés et il devient une véritable célébrité. Stinky et un autre personnage veulent chacun devenir son agent et se servent de son amitié pour s’enrichir sur son dos. Il est reconnu de tous, passe dans la presse, et est invité à des événements mondains auxquels il n’aurait jamais été invité auparavant. Même s’il le prend comme une bonne chose au départ et aime son statut de célébrité, il se rend vite compte des nombreux désavantages que sa queue aux poils en or lui cause. En effet, pour plaire à la « haute société » à laquelle il appartient désormais, il doit se plier à toutes sortes de règles, et sa famille aussi. Par exemple, lorsqu’il est invité à un dîner mondain, Snorke passe chez la coiffeuse, se faire la dernière coupe à la mode, elle passe ensuite chez la maquilleuse, s’ensuit un dialogue assez comique :

 

Snorke : « Mais ma bouche n’est pas à cet endroit ! »

La maquilleuse : « Paris a décrété hier qu’elle devait être là, madame ».

 

Elle croise ensuite sa rivale, qui a été chez le même coiffeur et la même maquilleuse qu’elle, et elles se lancent des compliments sur un ton plein d’ironie mais toujours raffiné, ce qui fait douter Snorke qui décide d’enlever tout ce maquillage pour aller acheter un chapeau à la mode à la place. Lorsqu’elle arrive à l’événement, au bras de Moomin, elle recroise sa rivale qui porte le même chapeau et a eu la même idée. La mère de Moomin s’ennuie à ce cocktail et ne se sent pas à sa place, elle s’assoit à l’abri des regards et tache son tablier. Comme elle se dit qu’une « dame du monde » doit savoir se tenir, elle décide de partir en se cachant sous un rideau. Son mari a beaucoup trop bu et danse sur une table ; comme elle n’aime pas qu’il se donne en spectacle elle lui demande de partir avec elle. Cette soirée s’est donc révélée être un échec, et ils rentrent tous chez eux, déçus.

Le besoin d’être reconnu, de faire partie de l’élite mondaine est ici tourné en dérision. Cela fait penser aux bourgeois qui voulaient à tout prix devenir des nobles, se rendant ridicules, et rappelle Le bourgeois gentilhomme de Molière.

 moomin-et-la-comete-pl-02.jpg

C’est une bande dessinée à la fois originale et agréable à lire, que l’on soit enfant ou plus grand. Les histoires des Moomins n’ont pas forcément un « happy ending » ou une morale bien définie mais elles peuvent être prises comme des leçons de vie car elles abordent souvent des thèmes de la vie en société, même si ce sont des personnages imaginaires qui vivent dans un monde qui semble un peu fou.


Chloé, 2ème année Bibliothèques 2012-2013

Moomin et la Comète sur lze site du Petit Lézard : http://shop.lezardnoir.com/fr/moomins/308-moomin-et-la-com%C3%A8te-9782353480067.html

Le Petit Lézard : http://shop.lezardnoir.com/fr

 

 


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Published by Chloé - dans jeunesse
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