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17 décembre 2009 4 17 /12 /décembre /2009 19:00
Truman-Capote-La-traversee-de-l-ete-2.gif








Truman CAPOTE
La traversée de l’été

traduit de l’américain
par Gabrielle Rolin
Editions Grasset, 2006
Le livre de poche, 2008


 












Truman Capote ou l’enfant terrible de la littérature américaine. Si Truman Capote a connu le succès avec Petit déjeuner chez Tiffany, il a acquis sa légitimité avec De sang froid. Capote a écrit toutes sortes de livres, ne s’enfermant jamais dans un genre prédéfini. Nouvelles, romans, chroniques mondaines, il a excellé dans chacun de ces exercices ; retravaillant sans cesse ses écrits mais conservant toujours son style si particulier. Peut-être est-ce parce qu’il était homosexuel ou parce que sa voix et sa taille ridicule l’ont souvent mis à l’écart qu’il a su développer une sensibilité à fleur de peau étrangement teintée d’un cynisme exécrable. Truman Capote est un écrivain unique, flamboyant et pourtant un peu oublié. Mais, comme s’il était toujours tapi dans l’ombre, prêt à nous surprendre de son rire si reconnaissable, un manuscrit inachevé a resurgi en 2005 lors d’une vente aux enchères. L’écriture de La traversé de l’été a été entreprise en 1943, Capote avait 19 ans. Abandonné dix ans plus tard, le manuscrit aurait dû être brûlé.

Grady McNeil est une jolie jeune fille de 17 ans. Appartenant à la bourgeoisie new-yorkaise des fifties, elle possède tout le charme et le mépris inhérents à sa classe. Flânant avec légèreté de réceptions en  réceptions avec son ami de toujours Peter Bell, la jeune fille est très différente des femmes de sa famille. Elle n’accorde aucune importance aux convenances et aux intérêts de son rang : une nouvelle robe Dior ? Quel ennui... Grady préfère passer son été à New York plutôt que de courir les grands couturiers et les mondanités en Europe. Mais toutes les jeunes femmes ont le don de la dissimulation : si Grady souhaite rester dans ce New York brûlant et déserté, c’est qu’elle est amoureuse. Clyde est gardien de parking et il est juif. Ce sont peut-être les raisons qui ont poussé Grady à s’attacher à lui. Clyde est aussi nonchalant que Grady est capricieuse. Ils s’aiment, oui, mais chacun à leur manière si différente. Cet été changera tout. La traversée de l’été c’est le temps des désillusions ; il faut grandir et laisser l’enfant derrière soi. Mais à quel prix...

 Le temps d’un été, Capote fait de New York un vaste terrain de jeu pour ses deux protagonistes si insaisissables. Cette course folle résonne comme une déclaration pour la ville sublimée. Mais la ville nous révèle à nous-mêmes, elle nous perd et dévoile ce que nous ne voulons pas voir. Sans le savoir nous faisons d’elle notre piège.

« La chaleur ouvre le crâne de la ville, exposant au jour une cervelle blanche et des noeuds de nerfs vibrant comme les fils des ampoules électriques. L’air se charge d’une odeur surnaturelle dont la puissance âcre imbibe les pavés, les recouvrant d’une sorte de toile d’araignée sous laquelle on imagine les battements d’un cœur. »


Marie-Aurélie, 2e année Ed.-Lib.

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