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27 avril 2013 6 27 /04 /avril /2013 07:00

19-22 mars 2013 au TNBA

texte édité chez P.O.L en 2010
Mise en scène de Valère Novarina

Novarina-L-Atelier-volant.jpg

 

Collaboration artistique Céline Schaeffer / Scénographie Philippe Marioge / Musique Christian Paccoud / Lumières Joël Hourbeigt / Costumes Renato Bianchi / Maquillage Carole Anquetil / Dramaturgie Adélaïde Pralon et Roséliane Goldstein /


Coproduction Théâtre du Rond Point – Paris, Théâtre Vidy-Lausanne, TNP - Villeurbanne
avec l’aide du Ministère de la Culture et de la Communication et avec le soutien du DIESE# Rhône-Alpes
Création au Théâtre du Rond-Point, le 6 septembre 2012

 


L'auteur

Valère Novarina est un écrivain franco-suisse mais également metteur en scène, dramaturge et peintre. Né en 1947 à côté de Genève, il a étudié la philosophie à la Sorbonne. L'Atelier volant est sa première pièce, écrite en 1974. Il est édité chez P.O.L. Ses textes font souvent l'objet de représentations régulières lors du Festival d'Avignon. Son travail a été évoqué par certains critiques littéraires (notamment Pierre Jourde) qui ont lui ont consacré plusieurs ouvrages. Il a été récompensé par plusieurs prix littéraires.

 

L'histoire

Les époux Boucot cherchent du personnel pour leur usine et sélectionnent donc leur équipe afin d'accroître leur production. Voilà le résumé qui pourrait être fait de cette pièce. À partir de cela, des situations cocasses vont s'enchaîner. Les employés doivent être dociles, résistants et productifs. Vêtus de combinaisons beiges, les ouvriers sont donc exploités par un contremaître lunatique et tyrannique. Ils prennent peu à peu conscience de leur condition et décident de se révolter.

 

L'exploitation et la domination

Sous forme de situations absurdes et humoristiques, la pièce soulève la question de l'exploitation des ouvriers dans le monde. En effet, le capitalisme de masse et la conjoncture actuelle montrent que les êtres humains sont à l'image des objets qu'ils produisent, une marchandise. Ils sont soumis à une pression excessive et ne gagnent au final qu'un maigre salaire.

On peut également ressentir une critique du syndicalisme avec des revendications ne servant finalement pas forcément à améliorer le sort des ouvriers. L'exploitation donne donc lieu à un engagement politique, une volonté de ne pas se laisser faire. L'engagement politique semble donc être un thème fort pour Novarina qui explore cela tout au long de la pièce.

Cette exploitation a un impact sur la vie privée des employés, qui sont ainsi mal à l'aise et ne trouvent pas de solution pour allier travail et vie de famille.

La domination est également un autre thème fort de la pièce. En effet, le pouvoir peut être exercé sous plusieurs formes ; ainsi, le pouvoir chez les ouvriers se manifeste par l'ascension sociale de l'un d'entre eux, qui devient secrétaire.

De façon plus générale, les Boucot sont vus comme des patrons tyranniques et dépendent eux-mêmes de quelqu'un. Tout le monde est donc sous l'emprise de quelqu'un d'autre. Cette situation absurde est pourtant le modèle qui régit le marché du travail.

Comme le souligne J..P. Thibaudat sur son blog Rue 89, L'Atelier Volant est une « farce anticapitaliste ».

 

Les jeux sur la langue

Tout comme le théâtre de l'absurde, la pièce insiste beaucoup sur les jeux de mots de la langue française. Les doubles sens et les quiproquos sont particulièrement présents, créant ainsi un effet comique assez immédiat.

Le chef Boucot essaie d'expliquer à ses employés que bien parler est essentiel ; en réalité, il les manipule en employant un vocabulaire volontairement plus recherché.

Valère Novarina introduit même un patois savoyard qu'il affectionne particulièrement et montre son attachement à sa région. Les contrepèteries sont également nombreuses et soulignent le côté grotesque de certains situations. Sans être particulièrement subversif, l'auteur dénonce à sa façon, par des traits d'humour subtils et un vocabulaire calculé, l'absurdité du patronnat.

 

La pièce

La pièce dure exactement 2h20 et est mise en scène par l'auteur lui-même. La fidélité au texte est donc absolue. Les accessoires très colorés captent tout de suite l'attention et met en place le décor d'une usine hors du commun. Valère Novarina a lui même créé le décor et les peintures.

Les acteurs surgissent sur scène de façon très rapide, comme pour transcrire le mouvement perpétuel du monde du travail, le rythme effréné des machines. Les ouvriers sont vêtus de combinaisons informes, ce qui a pour effet de les déshumaniser et de les assimiler aux machines. À travers des bribes de discours décousus parfois, on assiste peu à peu à la prise de conscience générale d'un mal-être dans le travail, qui affecte aussi la vie privée des ouvriers.

Les mouvements du mobilier et des personnages sont souvent circulaires, pour imiter une fois de plus le mouvement répétitif des machines.

Le fait que l'auteur ait lui-même adapté son texte rend compte immédiatement de son univers. Personnellement, je n'avais pas saisi forcément tout le sens des répliques et la mise en scène m'a permis de comprendre tous les enjeux de la pièce.

 

Avis personnel

J'ai beaucoup aimé cette pièce même si certains spectateurs semblaient critiquer sa longueur (plus de deux heures). Cette pièce, influencée par le théâtre de l'absurde, laisse ainsi transparaître les maux d'une société en perpétuel mouvement et focalisée sur le profit coûte que coûte. Cette œuvre est particulièrement intéressante dans la mesure où elle arrive en même temps à divertir et à faire réfléchir sur la société qui nous entoure, à envoyer un message fort et militant.

 

Liens utiles

 http://www.tnba.org/event.php?id=519

 http://blogs.rue89.com/balagan/2013/01/14/valere-novarina-remet-en-jeu-sa-premiere-piece-latelier-volant-229326
 

Maëlle S., AS Bibliothèques 2012/2013.

 

 

 

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Published by Maëlle - dans théâtre
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