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10 juin 2011 5 10 /06 /juin /2011 07:00

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Virginie DESPENTES
Apocalypse bébé
Grasset, 2010

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Biographie de l’auteur

Virginie Despentes est née à Nancy en 1969. Romancière, elle est l’auteur de Baise-moi (1993), des Jolies Choses (prix de Flore, 1998), des Chiennes savantes (2001), de Teen Spirit (2002), de Bye bye Blondie (2004) et d’un essai, King Kong théorie (2006). Elle est publiée dans de nombreux pays, certains de ses romans ont été adaptés en films, souvent par elle-même, également réalisatrice.

 

 

Résumé

C’est entre Paris et Barcelone que l’histoire se déroule. Une première partie à Paris, une autre à Barcelone, pour enfin revenir aux racines, à Paris.

Lucie, la Hyène, Valentine Galtan, Jacqueline Galtan, François Galtan, Vanessa, Yacine, Kromag, Claire, Rafik, Zoska, sœur Elisabeth, Carlito, Magali…

Ce sont autant de personnages présents dans ce roman, et plus encore. Fille, grand-mère, cousine, père, amie, petite amie, collègue… Ils se croisent, s’entrecroisent, se cherchent, se trouvent, s’aiment ou se détestent.

Tout commence donc à Paris.

Lucie, une femme posée, au premier abord très froide, travaille dans une entreprise de détectives privés. Alors qu’elle est chargée de suivre Valentine, une adolescente de quinze ans, voilà que celle-ci disparaît. Comment se fait-il que Lucie, qui la surveille et la suit depuis quinze jours, n’ait pas senti que Valentine lui filait entre les mains ?

Aussitôt, la grand-mère de l’ado paye la détective pour la retrouver dans un délai de deux semaines. Bien incapable de réaliser une telle chose, Lucie se trouve une co-équipière qui se fait appeler « la Hyène » et prend immédiatement une place importante dans le roman. Très efficace dans son travail, elle est aussi, et peut-être avant tout lesbienne complètement assumée, violente et attachante. Et, toujours à la recherche de Valentine, elle embarque Lucie dans toutes ses aventures. De Paris à Barcelone, des quartiers chics aux squats d’extrême gauche en passant par les églises ou les mosquées, les deux associées vont s’apprendre et devoir supporter leurs manières, bien trop timides ou au contraire excentriques.

 

Avec Apocalypse bébé, Virginie Despentes nous offre un premier polar dans lequel elle mêle suspens et satire sociale. C’est avec une grande simplicité qu’elle utilise la double narration et qu’elle dresse, chapitre après chapitre, le portrait d’un personnage qui explique et/ou sème l’intrigue. Et c’est au travers de cette succession de portraits que l’on assiste à la description de toute une époque, qui s’avère être très contemporaine.

Une époque où la surveillance est omniprésente surtout par l’intermédiaire de l’informatique et des nouvelles technologies, où les personnes les plus riches ne sont pas les plus heureuses et les plus pauvres pas les moins lucides. Une époque où les jeunes gens sont en perte de repères, où les phénomènes de groupe leur font perdre une partie de leur identité. Où la sexualité se vit de plusieurs manières mais reste toujours dérangeante, tout comme la religion que l’on voit ici comme pervertie par les vices des humains, croyants ou non.

Dans ce roman sont présentes des personnes que nous pouvons croiser tous les jours, dont nous faisons peut-être même partie, toutes en quête d’une vie meilleure, d’un bonheur quelquefois bien trop éloigné.

 

Conclusion et avis personnel

En lisant ces pages peuplées d’une multitude de personnes, on ne peut que se demander : mais qui est le personnage principal, ce fameux héros qui nous émerveille en bravant toutes les situations insurmontables pour le commun des mortels ?

Ce pourrait être Lucie car le roman s’ouvre et se termine sur elle, d’autant plus que pour elle, la recherche de Valentine s’avère être un vrai parcours initiatique. Mais l’on se rend assez vite compte qu’elle n’est que secondaire.

Peut-être Valentine alors, cette adolescente perdue. C’est elle qui disparaît et que l’on cherche.

Ou bien la Hyène… Oui, peut-être bien la Hyène finalement. Aussi mystérieuse qu’imposante, c’est elle qui d’une certaine façon va lier tous les personnages entre eux.

Puis, au fur et à mesure, on sait non pas qui est le héros mais surtout que son existence n’a pas d’importance. Parce que ce roman retrace avant tout des vies et, comme dans la réalité, il n’y a pas de héros. Chacun est libre de s’en créer un, de s’en distancier ou de le suivre.

L’essentiel est que Virginie Despentes ait réussi à brasser diverses opinions et personnalités, et, en les rendant vivantes, porte un regard critique sur de nombreux sujets tels que l’argent, la religion, la sexualité, la politique, le mode de vie occidental…

Pour les amateurs de Despentes, dont je fais partie, on ne peut que souligner le fait que ce roman est en rupture (définitive ?) avec les précédents. En effet, le thème capital des autres tourne autour de la sexualité, des travailleuses du sexe, de filles perdues et droguées qui évoluent tant bien que mal dans une société qui les marginalise encore plus. Bien que le style d’écriture et les sujets abordés soient les mêmes, celui-ci détonne. Comme si Virginie Despentes s’était assagie, qu’elle avait calmé ses ardeurs tout en restant révoltée…

 

Émeline K., 2° année Bib.

 

 

 

 


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