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5 octobre 2011 3 05 /10 /octobre /2011 08:00

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Les écrivains-voyageurs ont fait une courte halte, le temps d’un week-end, à Gradignan, à l’occasion de Lire en poche. Trois jours pendant lesquels chacun a pu trouver le moyen de s’évader, parmi les nombreuses rencontres avec les auteurs et les éditeurs, autour d’œuvres littéraires issues de voyages en tous genres.

Le salon fêtait cette année, du 30 septembre au 2 octobre, sa septième édition : « Partir », une thématique attirante qui rappelle avant tout la littérature de voyage. Genre développé dès le XIXe siècle en Europe, il ne cesse aujourd’hui de se consolider par de nouvelles voix, et la mise en place de rayons spécialisés au sein de librairies, comme Mollat, atteste l’intérêt qu’il suscite. Mais loin de l’orientalisme romantique et de l’exotisme, les discours s’échangeaient davantage autour de la rencontre avec l’autre, du désir de le comprendre et de l’envie de découvrir sa culture, qu’autour d’une imagerie occidentale et faussée sur l’étranger. Témoignages sur un genre qui se renouvelle.


Rendre hommage

 

À chaque courant ses pères fondateurs. Ici, les noms de Kerouac et de Nicolas Bouvier n’ont cessé de se faire entendre, comme des échos permanents, émis par des écrivains à qui ces nombreuses lectures ont donné l’envie de quitter les frontières d’origine.

Pour son inauguration au Théâtre des Quatre Saisons, le festival a tenu à rendre hommage à Nicolas Bouvier, et ce n’est pas un hasard si la lecture de  L’Usage du monde a été proposée à Marc Roger. Lecteur public, fondateur de la compagnie La Voie des livres, il n’a cessé de multiplier les voyages. Mais si l’on demande à cet étonnant aventurier quelles ont été ses influences, il répond que son envie de partir était davantage due à des raisons politiques et sociales, plutôt qu’à des lectures : « au cœur des villes et des villages, dans l’entreprise, dans les cafés, partout dans les cités, s’inscrire comme passeur. » Son objectif ? Offrir la possibilité d’entendre des textes au plus grand nombre, tout simplement, et cela souvent loin des frontières de l’Europe. Ainsi, Marc Roger a entrepris en 2009 un voyage à pied au départ de Saint-Malo, qui l’a amené à Bamako, au Mali, où il est né. Cette expérience du voyage, loin de tout confort, le rapproche de Nicolas Bouvier, parti pour l’aventure avec une Fiat et son ami Thierry Vernet en 1953, arpentant une longue route de la Yougoslavie à l’Afghanistan. On comprend ainsi comment les émotions et les sensations ont pu être aussi bien transmises au public lors de cette soirée.


« Écrire, pour rendre justice à un pays aimé et à des rencontres »

Le lendemain, dans l’après-midi, quatre auteurs se sont réunis au Café littéraire pour débattre autour du statut d’« écrivain-voyageur ». Parmi eux,  David Fauquemberg, dont le premier livre,  Nullarbor, publié chez Gallimard en 2007, suite à une longue traversée de l’Ouest australien, l’a élevé au premier rang de la nouvelle génération en littérature. Pour lui, écrire et voyager sont deux activités distinctes : « quand je voyage je ne suis pas écrivain », a-t-il expliqué lors de la rencontre. Mais il montre, à travers une citation de Bouvier, que celles-ci ne s’opposent pas pour autant : « L’écriture, tout comme le voyage, est un exercice de disparition ». L’écriture, tout autant que le voyage, nécessite un détachement de soi, afin d’éviter toute subjectivité, toute représentation personnelle qui viendrait fausser la réalité. Mettre de côté les choses inutiles du quotidien et accepter l’érosion que le voyage induit sur soi et sur son environnement. Être ainsi un passeur et « écrire pour rendre justice à un pays aimé et à des rencontres ».


Justine Barbe

 

 

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Published by littexpress - dans EVENEMENTS
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