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9 décembre 2012 7 09 /12 /décembre /2012 07:00

will-eisner-le-reveur.gif

 

 

 

 

 

 

Will EISNER

Le Rêveur

Titre original

The Dreamer

première publication

en 1986 aux États-Unis

Traduction

Anne Capuron

Éditions Delcourt

Collection Contrebande, mars 2009

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L'auteur 


Voir  le site des éditions Delcourt.


 Une vidéo intéressante sur le travail de Will Eisner :  Will Eisner Portrait Of A Sequential  Artist (bande annonce) (en anglais) 

 

 

 

L'ouvrage

 

Le Rêveur est un récit semi-autobiographique qui puise dans la réalité pour mieux raconter, au travers de la fiction, les débuts d’un jeune dessinateur dans le New  York de la fin des années 30.


Il se présente au lecteur à travers le personnage de Billy Eyron. C'est un jeune dessinateur qui travaille en tant que nettoyeur de machine chez l'imprimeur Davis. Un jour, un « éditeur de bande dessinée », ami de son patron,  lui propose un contrat pour dessiner pour lui. Mais Billy refuse, il ne veut pas faire de dessins « osés ». Suite à ce refus, il est licencié de l'imprimerie.


Il part donc à la recherche de magazines qui accepteraient ses planches. Il essuie quelques refus mais réussit tout de même à entrer à SOCKO, un magazine qui publie de jeunes inconnus. Malheureusement, la revue met la clé sous la porte peu de temps après...


Billy décide donc de monter sa propre boîte en s'associant avec Jimmy Samson1, qui travaillait pour SOCKO2. Ils décident d'appeler cette société : Eyron & Samson3. Billy s'occupera du dessin et Jimmy de la vente.

will eisner p 18


Ils décrochent leur premier contrat chez Pulp qui produit des comics. Mais c'est encore un échec.


Pour ne pas sombrer dans la crise, ils décident d’embaucher des illustrateurs. Dans la nouvelle équipe on trouve : Lew Sharp 4, Armand et Andrea Bud (seule femme) 5 , Gar Tooth 6 , Jack King 7 et Bo Bowers8.


Les studios Eyron & Samson commencent donc à s'industrialiser ce qui attriste quelque peu Billy. Mais « il ne faut pas rêver, pour gagner de l'argent, il fut suivre le mouvement », estime Jimmy !


Billy réussit à avoir un contrat avec un certain Vince Reynard9 pour un projet appelé Heroman. Mais il semble que ce soit le plagiat d'une autre bande dessinée, Bighero, créée par Harrifiel10, un concurrent de Eyron & Samson.


C'est Reynard qui a manigancé cette histoire, tout en mettant Billy en porte à faux : il le force à s'accuser de la fraude pour pouvoir gagner 3 000 $. Cette histoire va finir au tribunal, mais la supercherie ne fonctionne pas auprès du juge... Il y a donc perte d'argent.


Un peu plus tard, Billy commence à se lasser de son entreprise avec Jimmy Samson. Il décide de se détacher de l'entreprise et  revend ses parts à son ancien associé pour 20 000 $ en 1939.


Billy se tourne alors vers l'agence Beansy Everett pour des publications de bande dessinée adressées aussi bien aux adultes qu'aux adolescents11. L'ancienne équipe d’ Eyron & Samson décide de suivre Billy dans son aventure en espérant avoir du succès...


C'est ici que prend fin l'histoire du Rêveur.

 

On a ensuite une sorte de postface : « Le jour où je suis devenu pro ». C'est un récit toujours fortement inspiré par la vie de l'auteur. Il raconte comme son titre l'indique quand Billy Eyron/Will Eisner est entré dans le monde de la bande dessinée professionnelle. Ce passage montre en l'espace de trois pages ses envies mais aussi les difficultés à venir. Ce qui forme une morale à la fois paradoxale et ironique.

 

will-eisner-Le-jour-ou-je-suis-devenu-pro.jpg

 

 

 

Analyse


Le Rêveur est une bande dessinée qui se fonde sur l'expérience de Will Eisner ; c'est en cela que l'ouvrage est un récit semi-autobiographique : « Le Rêveur, conçu au départ comme un œuvre de fiction, a finalement pris la forme d'un récit historique »12.


L'auteur y raconte ses propres débuts dans le métier à une époque difficile de dépression économique : la fin des années 30. On y apprend comment est née l’industrie du comic book, comment se sont créées les maisons d’édition et quelles étaient les combines de ce milieu.


Eisner fait aussi l’analyse des moteurs de la création.


Le Rêveur nous conte les joies et les peines de Billy, ses envies de création, de réussite et d’ascension sociale. Il souhaite que la bande dessinée sorte de l'anonymat mais aussi des bas-fonds. Il estime qu'elle est exploitée et décriée. Il veut « industrialiser » la création du milieu de la bande dessinée pour qu'elle soit reconnue comme un genre en tant que tel.


Il va y faire la rencontre de futurs grands noms de l’âge d’or des comics : Jack Kirby, l'auteur de The X Men, ou  Bob Kane, l'auteur de Batman.


En raison du contexte de crise, les questions existentielles, les désillusions, les réussites, le succès sont des éléments tout aussi craints que souhaités...

 

 

 

Le titre 


La présence du rêve et du rêveur est très forte dans l'histoire. Le personnage principal est d'ailleurs souvent appelé comme cela. Ce surnom trouve son origine dans le tout début de l'histoire, lorsqu’une vendeuse de rêves dit à Billy : « Vous allez devenir célèbre … Oui, un artiste à succès, avec tout ce qui va avec. ». Puis il voit dans la rue une balance pour peser son avenir pour un penny. Il la teste et le résultat est : « Vous réussirez dans la carrière de votre choix. ». Billy va d'ailleurs tester à nouveau cette balance à la toute fin et le résultat reste le même, c'est une réponse qui en dit long...


will-eisner-p-8.jpg

 

 

 

Les notes


Elles sont situées à la fin du livre et sont très utiles. Elles nous permettent de savoir quel pseudonyme correspond à quelle personne et d'avoir des précisions sur la vie de Will Eisner.


→ Site en anglais sur les annotations dans la bande dessinée Le Rêveur :

http://www.hoboes.com/Comics/dreamer/

 

 

 

Une œuvre hybride  


Le graphisme est en noir et blanc. Le dessin d'Eisner est assez fluide, dynamique et quelque peu caricatural. On peut aussi parler de mise en scène dans la théâtralité de certaines scènes où les personnages sont assez expressifs au niveau du visage. Chez Eisner, on ne peut pas parler  de « plans » ou de « cadrages ». En effet on ne retrouve pas la gouttière (terme qui désigne l'espace entre deux cases (ou entre deux images). Selon Scott McCloud, dans son livre L'Art invisible, la gouttière est très importante, car elle est l'espace intericonique où se créent des ellipses de temps, et où intervient l'imagination du lecteur. Les cases ne sont plus présentes, elles se mélangent presque. L'espace intericonique n'est donc pas présent, les transitions sont difficilement perceptibles, mais le contexte aide beaucoup.


Il est intéressant de savoir que Will Eisner a beaucoup réfléchi à son métier. Il a publié deux ouvrages théoriques qui constituent en fait une véritable analyse de son propre art13.

 

will-eisner-p-27.jpg

 

L’album inclut également Crépuscule à Sunshine City, une fable grinçante et désabusée sur les relations familiales.

will-eisner-Crepuscule-a-sunshine-city.jpg

 

Dans cet ouvrage, on peut également se faire une idée des difficultés rencontrées à l’époque par les jeunes dessinateurs grâce à l'introduction, aux notes en fin d’album et à la postface écrite par Scott McCloud.

 

C'est, à mon avis, une bande dessinée à conseiller. Les planches sont réalistes et permettent la plongée dans ce monde de la fin des années 30. Même si Walt Disney a dit : « Rêve ta vie en couleur, c'est le secret du bonheur  », on peut dire que Will Eisner a su rêver, mais aussi réaliser ses aspirations. Le fin mot de ce livre pourrait être : « Si vous croyez très fort à votre rêve il finira très certainement par se réaliser ! ».

 

Pauline J.,  2ème année bibliothèques-médiathèques.

 

 

Notes


1. Samuel « Jerry » Iger.

2. Wow ! What a Magazine !

3. Société Eisner & Iger dans la réalité.

4. Lou Fine.

5. Alex et Toni Blum (père et fille).

6. George Tuska

7. Jack « King » Kirby : Jacob Kurtzberg (co-créateur de Captain America et de nombreux autres super-héros.).

8. Bob Powell (Sheena, Reine de la jungle)

9. Victor Fox

10. Harry Donenfeld

11. « Eisner rêvait de pouvoir créer sa propre bande dessinée pour un public adulte, et être représenté par une agence était une situation bien plus prestigieuse et rémunératrice que le packaging dans le secteur peu considéré de la bande dessinée de presse » ; Eisner n'avait que 22 ans lors de ce contrat avec cette agence. (cf. annotations p.102).

12. Introduction du Rêveur, p.6.

13. La bande dessinée, art séquentiel, éd. Vertige Graphic et Le récit graphique, narration et bande dessinée, éd. Vertige Graphic.

 

 

Will EISNER sur LITTEXPRESS

 

 

 

Eisner New York 1

 

 

Article d'Eloi sur la trilogie New York.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Will Eisner Au coeur de la tempete-copie-1

 

 

 

 

 Article de Gaspard sur Au cœur de la tempête.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Will Eisner Jacob le cafard

 

 

 

 

 Article de Paul sur Jacob le cafard

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Published by pauline - dans bande dessinée
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