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13 décembre 2009 7 13 /12 /décembre /2009 07:00

Morrow Danslapiecedufond.jpeg

 

 


William Chambers MORROW

Dans la pièce du fond

Nouvelles traduites de l'américain

par Jean-Baptiste Dupin

Finitude, 2004

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Early this mornin', when you knocked upon my door
Early this mornin', ooh, when you knocked upon my door
And I said, "Hello, Satan, I believe it's time to go
" »


Robert Johnson

 

 

 

 

 

 

Avant de faire un bond dans la toute fin du XIXème siècle, présentons la petite maison d'édition qu'est Finitude. Tenant à l'origine une petite librairie de livres anciens du même nom, le couple propriétaire, Emmanuelle et Thierry Boizet, fonde Finitude en 2002. La maison n'a pas vraiment de ligne éditoriale ; le choix des textes se fait au coup de cœur : français, étranger, d'aujourd'hui, d'hier, souvent inédit, mais toujours avec un intérêt littéraire. Les Éditions Finitude apportent un soin particulier à la qualité du livre avec toujours une belle illustration en couverture, du papier de qualité, etc. Il est vrai que je suis particulièrement sensible à ce genre de chose : l'objet livre en ressort ennobli ; on ressent la passion et le respect qui ont été mis en œuvre (tel un artisanat) pour la création du livre.


Finitude : « Caractère de l'existence humaine, marquée par la conscience de la mort inéluctable. »
Pour l'anecdote, le nom Finitude a été trouvé par la technique hautement savante du j'ouvre-au-hasard-le-dico-et-je-choisis-le-premier-mot-que-je-vois, technique qui a fait ses preuves dans l'histoire de l'humanité.


W.C. Morrow est né en Alabama en 1854 ; à l'âge adulte il part s'installer à San Francisco où de nombreux journaux publient ses nouvelles. Il va finalement se détourner de la littérature pour se consacrer au journalisme qui est quand même bien plus lucratif.


Dans la pièce du fond est un recueil de neuf nouvelles dont une éponyme. Chaque nouvelle s'inscrit dans un univers urbain et industriel étasunien, le plus souvent à San Francisco. Leur publication originale s'étale de 1880 à 1897 ; elles sont pour la première fois traduites en français.


Les nouvelles se baladent entre fantastique et étrange : des faits mystérieux, des coïncidences étonnantes ou de curieux crimes horribles. On y rencontre, dans les rues de la ville, tour à tour petites folies meurtrières et autres vengeances assassines. Ces nouvelles s'inscrivent dans les prémices du genre policier avec souvent une démarche d'investigation et une recherche d'explication scientifique des faits. Il est d'ailleurs amusant de voir comment ces nouvelles en raison de l'essence même du genre cherchent à être réalistes et à s'inscrire dans l'air de son temps ; le thème de la psychiatrie, en essor à la fin du XIXème siècle, est abordé ou encore la phrénologie qui est au cœur d'une des nouvelles.

L'écriture quant à elle est délicieuse et rappelle celle des nouvellistes du XIXème siècle. M.C. Morrow affiche d'ailleurs comme influences Edgar Poe, Ambrose Bierce, Eugène-François Vidocq ou encore Émile Gaboriau.


La lecture était agréable mais sans doute la forme a-t-elle influencé ma vision. S'il fallait définir en un seul mot le sentiment que je ressens au souvenir de ma lecture avec la distorsion que cela engendre, mais de toute façon c'est la seule chose qui reste ce mot serait « flegme ».


Je vous propose de faire votre propre avis avec la première nouvelle du recueil disponible à la lecture en ligne ici.




« Achevé d'imprimer une effrayante et glaciale nuit de décembre MMIII sur les mystérieuses presses de Plein Chant à Bassac (Charente) »

Romain, 1ère année Bib.-Méd.-Pat.

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Published by Romain - dans Nouvelle
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