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14 décembre 2009 1 14 /12 /décembre /2009 07:00
Faulkner le caid









William FAULKNER   
Le Caïd et autres nouvelles

Extraites de Idylle au désert et autres nouvelles
Traduit de l’américain
par Didier Coupaye et Michel Gresset
Gallimard
Collection Folio, avril 2007













Alcools, meurtres, trahisons tel est l’univers funeste qui nous est proposé par William Faulkner dans son œuvre Le Caïd. Recueil de nouvelles inédites et jamais réunies en volume, cet ouvrage extrait d’Idylle au désert et autres nouvelles, fut publié en 1977.
William Faulkner

William Faulkner naquit en 1897. Fils d’une famille aristocratique ruinée par la guerre de Sécession, guerre civile américaine qui se déroula de 1861 à 1865, il s’engagea dans sa jeunesse dans l’aviation canadienne. Il commença à écrire tout en exerçant divers métiers et mena une vie de romancier dont les livres ne se vendaient guère. Néanmoins, en 1949, Faulkner obtint  le prix Nobel de Littérature. Cependant, il sombrera et mourra des suites de son alcoolisme en 1962 au moment où paraîtra son dernier roman, Les Larrons, qui sera un au revoir aux personnages qui auront été ses compagnons durant sa vie.




À la lecture des nouvelles du Caïd nous pouvons nous apercevoir que certains scénarios présents dans ce recueil sont à caractère autobiographique.

L’univers de Faulkner est très pessimiste : « la déchéance, le péché et l’expiation par la souffrance  forment la trame dramatique de l’œuvre ». Les nouvelles présentes au sein de ce recueil, au nombre de six, sont construites de manière très complexe : la description très riche des personnages, des lieux ou encore des mouvements s’oppose à des contenus narratifs parfois flous du fait d’une construction en récits enchâssés et de chutes parfois brutales.

Malgré l’aspect obscur des intrigues, Faulkner est un auteur qui porte un intérêt tout particulier à la psychologie des protagonistes. Pour illustrer ce propos, prenons l’exemple de la nouvelle intitulée « Le prêtre » où la narration décrit avec précision et en seulement quelques pages le mal-être d’un jeune homme qui, sacrifiant sa vie sexuelle à Dieu et à la religion, s’interroge sur ses sentiments et sur la notion de péché.


La nouvelle « L’esprit d’économie » en est l’exemple le plus concret. La vie d’un jeune soldat voulant devenir pilote dans l’armée et qui, en raison de différentes fautes professionnelles, ne parvint jamais à le devenir nous est contée de manière très détaillée par l’auteur. Il est important de noter ici l’effet miroir créé entre la vie personnelle de l'auteur et celle du jeune protagoniste. En effet, rappelons que lorsque qu’il était plus jeune Faulkner s’engagea dans l’aviation canadienne mais que l’armistice intervint avant qu’il ait appris à piloter et qu'il resta simple soldat.

L’atmosphère refroidissante de ses nouvelles décrit une Amérique telle qu’on la retrouve dans certains films américains : rues sombres, fumantes où trafic de drogues et alcool sont présents. Les scénarios qui nous sont proposés dans Le Caïd auraient pour point commun cet aspect tragique causé  par la présence d'un pistolet (1ère nouvelle), de meurtres et de trahisons (2e nouvelle) ou encore de suicide. Cette thématique est tout particulièrement présente dans la dernière nouvelle du recueil, « Mr Acarius ». Cette histoire dresse le portrait d’un homme qui, lassé par sa vie ordinaire, décide se saouler jusqu’à la mort. Une nouvelle riche en détails qui pourrait également relever d'une inspiration autobiographique. On aurait, à travers ce récit, le reflet de l’histoire du père de William Faulkner qui durant sa vie fut un ivrogne et un raté. Cependant, du fait que cette nouvelle est située à la fin du recueil nous aurions éventuellement pu penser que Faulkner évoquait à travers sa narration son propre avenir « semblable à une autodestruction ».

Pour ma part, dire que j'ai apprécié cette œuvre serait excessif. Cette complexité des intrigues aux récits enchâssés et cette vision très pessimiste de la vie m'a rendu la lecture difficile. J’ai eu beaucoup de mal à m’imprégner de l’univers de Faulkner et à me plonger dans la psychologie de cet auteur. Néanmoins, il me semble qu’il faut avoir un certain recul par rapport à la première lecture de cette œuvre pour en comprendre et en dégager les aspects principaux. Une lecture que je conseille vivement à tous les lecteurs mordus de littérature aux ambiances énigmatiques et funèbres.

Angélique B., 1ère année Bib-Med-Pat

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Published by Angélique - dans Nouvelle
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