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9 décembre 2011 5 09 /12 /décembre /2011 07:00

William-Faulkner-Treize-Histoires.JPG

 

 

 

 

 

William FAULKNER    
Treize histoires
Titre original
These thirteen, 1931
Traduction de R.N. Raimbault
et Ch.-P. Vorce
avec la collaboration de
M.-E. Coindreau
Gallimard,1939
Collection Folio


 

 

 

 

 

 

 

William-Faulkner.jpgQuelques éléments biographiques

Né William Cuthbert Falkner en 1897 à New Albany dans l’état du Mississippi, le futur écrivain est issu d’une famille comme seul sait en produire le Sud des États-Unis.


Tout débute avec son grand-père. Colonel confédéré durant la guerre de Sécession, avocat, entrepreneur de chemin de fer, donateur public et possesseur d’une banque, il incarne à la perfection les valeurs du white social status.

Ce lien intime qu’entretient la famille Falkner avec l’histoire des États-Unis marquera profondément le romancier qui cherchera à participer au premier conflit mondial. Réformé du fait de sa taille, il se tourne vers le Canada qui lui offre sa chance. Pour son grand malheur, il est encore en formation à la fin du conflit. C’est peut-être pour ne pas faillir à la réputation de la dynastie que celui qui ne s’appelle encore que William affecte un boitillement à son retour et abreuve ses proches de mensonges quant à ses prétendus exploits guerriers.

Sa vie privée est à l’image de ce mensonge initial : il joue double jeu avec les femmes qu’il consomme aussi bien que les bouteilles. Les petits boulots s’enchaînent également jusqu’à ce qu’il rencontre son premier succès littéraire en 1925 avec son roman Soldier’s Pay (Monnaie de singe) qui lui ouvrira les portes de la reconnaissance nationale mais également mondiale.



Sa carrière

1929 voit sa carrière prendre un formidable essor puisqu’il publie successivement Mosquitoes (Moustiques) et l’un de ses chefs-d’œuvre, The Sound and the Fury (Le Bruit et la Fureur). Il expérimente dans ce dernier ouvrage la multiplicité des points de vue et le stream of consciousness, technique narrative qui consiste en un flux de pensées ininterrompu. C’est également le départ de la saga de la Yoknapatawpha, comté inventé dans lequel certains de ses plus fameux romans sont situés : As I Lay Dying (Tandis que j’agonise, 1930), Light in August (Lumière d’Août, 1932), Absalom, Absalom ! (Absalon, Absalon !, 1936). À l’image de Zola, il fait évoluer les familles Snopes et Sutpen dans un Mississippi où l’apartheid racial et la cruauté sentimentale sont le pain quotidien.

Outrepassant les limites de son pays, son œuvre atteint une renommée mondiale qui lui permet d’accéder au prix Nobel de littérature en 1949, à deux prix Pulitzer en 1955 et 1963 ainsi que deux prix nationaux en 1951 et 1955.



Le recueil

Les treize histoires qui constituent ce recueil ont la particularité d’être organisées en trois parties au travers desquelles Faulkner développe d’une manière obsédante le thème du cercle.

Temporalité en dehors du monde, fermée sur elle-même, la guerre est le thème central de la première partie. Il n’est pas ici question des grandes batailles ni de leur bestialité mais de la haine quotidienne et pernicieuse qui s’insinue entre les soldats, telle cette rivalité qui oppose deux gradés amoureux de la même prostituée (« Tous les pilotes morts »). Ou bien encore de la violence des officiers envers les subordonnés. Lesquels ne manqueront pas de se rebeller par l’intermédiaire du soldat Matthew Gray qui, promu au rang de capitaine, reproduira ce cercle vicieux de maltraitance injustifiée. Cette période apocalyptique est également l’occasion de voir les anciens ennemis partager la même table et scander tel un refrain que « tous les hommes sont frères » (« Ad Astra ») ne serait-ce que le temps d’une nuit.

Dans cette temporalité si particulière, il n’est plus question de passé ni de présent dans la société civile abordée dans la seconde partie. Tout s’entremêle et les souvenirs sont susceptibles de ressurgir à tout instant. Ainsi, dans « Feuilles rouges », les Amérindiens, exterminés par les Blancs, se font les bourreaux injustes et stupides des esclaves noirs. Cette rencontre aura pour conséquence de donner un être inédit en la personne de Sam Fathers (« Un juste»). Ni Noir, ni Indien son métissage le lie à deux cultures plus anciennes que les États-Unis, deux mondes quasi mythologiques. Les légendes prennent une place importante avec « Soleil Couchant » où Nancy, esclave alcoolique et simple d’esprit, doit faire face à ses terreurs nocturnes lors du départ de son compagnon, Jésus. Victime de ses croyances entre religion vaudou et terreurs enfantines, Nancy transforme son ancien amant en un croquemitaine assoiffé de sang, vivant dans les fossés, le couteau entre les dents. Version moderne de ces récits oubliés, la rumeur populaire et la cruauté sont l’objet d’ « Une Rose pour Emily ». Fille de bonne famille, épiée par toute la communauté dans laquelle elle évolue, Emily Grierson est mise au ban de cette société qui médit dans son dos. Le poids du regard condescendant de ses concitoyens la conduira jusqu’au meurtre. Jouet de la cruelle médisance populaire, la « pauvre Emily » mourra dans la demeure familiale aux côtés du cadavre momifié de son ancien amant, tel un sacrifice à l’ogre « Opinion » que constituent les bourgeois bien-pensants de la petite communauté.

Dans la troisième partie, le cercle matérialise la limite au-delà de laquelle les narrateurs ne peuvent pas aller. Les deux personnages de « Mistral » ne sauront jamais quelle est l’issue du drame qui se joue dans le petit village italien où ils résident quelques jours. Tout comme le narrateur, le lecteur reprendra la route à la recherche d’un troisième homme perdu dans la campagne. Le silence est aussi gardé quant à la suite de l’histoire d’amour entre les deux marins Carl et Georges. Le secret ne réside pas dans leur homosexualité que tout le monde connaît mais bien dans la suite de leur histoire entachée par la tromperie de Carl qui a passé la nuit avec une prostituée.

Au travers de ces Treize histoires, il y a bien plus que des nouvelles. Ce sont les germes de véritables romans qui ne demandent qu’à surgir. Tout comme l’esthétique circulaire dont ils sont issus, ces récits ne se définissent pas par leur genre, pas plus que par leurs personnages. Seuls les contours peuvent arriver à cerner leur sujet sans jamais l’aborder de front. Ainsi, la délicatesse apparaît-elle chez les protagonistes les plus frustes tout comme la violence se fait jour dans les milieux prétendument civilisés. Dans cette ambiance crépusculaire, l’homme n’échappe aux cercles de l’enfer que par ce qu’il possède d’indéfinissable qui le distingue de la primitivité : il doit son salut à son âme.


Romain, AS Bib

 

 

William FAULKNER sur LITTEXPRESS

 

  William Faulkner Sanctuaire

 

 

 

 

 

Article de Benjamin sur Sanctuaire.

 

 

 

 

 

 

 

 

William Faulkner Lumiere d aout

 

 

 

 

 

 

 

Article de Florent sur Lumière d'août 


 

 

 

 

 

 

Faulkner le caid 

 

 

 

 

 

 

Fiche d'Angélique sur Le Caïd et autres nouvelles.

 

 

 

 

 

 

 



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Published by Romain - dans Nouvelle
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