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30 janvier 2013 3 30 /01 /janvier /2013 07:00

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Zoyâ PIRZÂD
Le Goût âpre des kakis
titre original
Ta’m-Egas-E Khormâlu
traduction
Christophe Balaÿ
Zulma, 2009
Le Livre de Poche, 2012
Prix Courrier International
du meilleur livre étranger 2009

 

 

 

 

 

 

 

 

L’auteur

Zoyâ Pirzâd est née en Iran en 1952. C’est une novelliste, romancière et traductrice iranienne. Elle publie son premier recueil de nouvelles en 1990. Son premier roman, C’est moi qui éteins les lumières, paraît en 2001 et est salué par de nombreux prix en Iran dont celui de meilleur livre de l’année. Ses origines multiculturelles (un père russe musulman, une mère arménienne) se retrouvent dans la plupart de ses romans comme Un jour avant Pâques. Elle est découverte en France en 2007 par la maison d’édition Zulma qui publie alors tous ses livres.
 
 

La maison d’édition Zulma
 
Les éditions Zulma ont été créées en 1991 dans le Gers. À partir de 2006, la maison d’édition prend un tournant décisif dans sa production éditoriale : elle décide de renouveler son catalogue en ne publiant qu’une dizaine de livres par an. Ainsi, la maison Zulma est constituée d’une équipe réduite où chaque personne s’occupe personnellement de chacun des livres édités. Ces livres sont la plupart du temps des livres « coup de cœur », des livres que les éditeurs ont personnellement aimés et veulent partager avec le public. De plus, Zulma s’associe avec le graphiste anglais David Pearson qui a donné un style particulier à chacune des couvertures. Ces couvertures deviennent facilement identifiables, uniques, avec des motifs géométriques colorés faisant penser à un kaléidoscope. Les livres deviennent des « objets-livres » ce qui entraîne un véritable succès commercial.

 
Zulma-Pirzad.jpg
 
Le recueil
 
« Les taches »

Cette nouvelle montre l’incompréhension grandissante d’un couple. Dès le départ, on remarque le manque d’amour entre Ali et Leïla. Ali ne voulait ni se fiancer, ni se marier, on lui a forcé la main. Au fil de cette nouvelle, on voit que plus le couple va mal, plus Leïla devient maniaque. En effet, cela devient une obsession pour elle de nettoyer. Elle sait comment nettoyer chaque tache et acquiert même une certaine renommée en la matière.  Elle compense le manque d’amour d’Ali envers elle par le ménage. C’est cette incompréhension entre les deux personnages qui est en vérité la véritable tache du couple, celle dont Leïla n’arrive pas à se débarrasser.

 

« L’appartement »
 
Dans cette nouvelle, Zôya Pirzâd nous décrit successivement l’histoire de deux femmes opposées : Mahnaz et Simine.

Mahnaz est une femme indépendante, elle veut gagner sa vie par elle-même et évoluer dans son travail avant d’avoir des enfants. Elle est mariée avec Faramarz, un homme très maniaque, qui pense qu’une femme est faite pour s’occuper de son foyer. Il n’arrête pas de reprendre Mahnaz sur la façon dont elle s’occupe de la maison et sur le fait qu’elle ne pense qu’à son travail.

À l’inverse, Simine a été très jeune promise à un mariage avec son cousin germain, Madjid. Quand Madjid part étudier aux États-Unis pendant cinq ans, Simine arrête ses études afin d’apprendre à être une bonne femme au foyer et de préparer son trousseau. Au retour de Madjid, ils se marient mais Madjid se montre complétement indifférent et froid envers Simine.

Dans le dernier chapitre, les deux femmes se rencontrent et nous voyons le regard que chaque femme porte sur l’autre.

          

« Le père Lachaise »
 
Taraneh est une jeune femme fiancée à M. Naghavi. Ce denier souhaiterait que Taraneh soit une femme au foyer mais celle-ci préfère travailler. Elle rencontre un jour Morad, l’opposé de M. Naghavi. C’est un homme libre, un intellectuel, qui sort tous les soirs avec ses amis. Elle finit par rompre ses fiancailles avec M. Naghavi et se marie avec Morad. Ils mènent une vie simple et sont très heureux. C’est l’un des seuls couples vraiment heureux du recueil. Cependant, Morad n’a pas de notion de l’argent et il est très distrait, ce qui inquiète Taraneh.

 

« L’harmonica »
 
Cette nouvelle est tout d’abord une histoire d’amitié entre Hassan et M. Kamali. Les deux hommes se sont rencontrés à la pêche et une amitié s’est très vite liée entre eux. Hassan est célibataire, il vit encore chez sa mère. Les deux hommes décident d’ouvrir un restaurant ensemble. Tout se passe bien mais le mariage de M. Kamali avec une femme beaucoup plus jeune que lui agit comme un élément perturbateur. En effet, M. Kamali est de plus en plus souvent absent du restaurant, il répond à tous les caprices de sa femme.

M. Inanlou, un Iranien qui a vécu aux États-Unis, vient tous les jours au restaurant et décrit la vie en Amérique. Ces histoires intéressent de plus en plus Soheila, la femme de M. Kamali qui se rapproche de M. Inanlou et commence à aborder le projet de partir ouvrir un restaurant en Amérique.

 

« Le goût âpre des kakis »
 
« Le Goût âpre des kakis » nous relate l’histoire d’un couple. On ne connaît pas leur nom, ils sont simplement désignés comme « Madame » et « Le Prince ». C’est le seul couple de l’histoire dont on ne connaisse pas le nom, ce qui nous fait comprendre qu’ils sont d’un rang social élevé.

Madame et Le Prince vivent une vie tranquille : ils se marient et s’installent ensemble dans la maison que la femme a reçue en dot. Ils voyagent à travers l’Europe et malgré la découverte de la stérilité de Madame, ils restent ensemble. Une certaine routine s’installe dans leur vie. À la mort du Prince, la femme continue à vivre dans la grande maison, avec leurs deux domestiques, Golbanou et Ebrahim. Elle est très attachée à cette maison et en prend grand soin, notamment du jardin, des fleurs qu’elle avait plantées avec son père. Elle ne sort presque pas de chez elle sauf pour offrir des kakis, venant du plaqueminier du jardin, à ses voisins. Recevoir des kakis de ce jardin est perçu comme un honneur :

 

« Recevoir un panier de kakis de la « maison verte » était un événement dans la famille et parmi toutes leurs connaissances, tant ces fruits étaient succulents ; ou peut-être parce qu’un jour une lointaine parente avait prétendu que son fils atteint d’une grave maladie, avait recouvré la santé en en mangeant un. »


Au bout de plusieurs années, Madame décide louer le sous-sol de sa maison à un jeune homme.

 

L’unité du recueil
 
Dans ces nouvelles, Zoyâ Pirzâd évoque la vie de couple en Iran. Elle ne dénonce rien, c’est une simple observation. On voit l’indépendance certaine acquise par les femmes mais cette indépendance reste tout de même limitée dans certaines familles où les femmes ne font pas beaucoup d’études et doivent apprendre à s’occuper du foyer.

De plus, dans plusieurs des nouvelles, on voit le poids que les familles ont sur le couple. La mère est très présente, elle a une forte influence sur le couple, notamment dans « L’appartement » avec Simine et Madjid. Le fait d’avoir un descendant semble un élément déterminant pour les parents.

Il y a une certaine similarité dans la forme des nouvelles : Zoyâ Pirzâd a écrit ce texte en utilisant principalement des analepses. Cette technique nous permet de connaître à la fois la situation actuelle des personnages mais également leur passé. L’auteure a également construit trois de ces nouvelles (« Les Taches », « Le Père Lachaise », « Le Goût âpre des kakis ») avec des ellipses narratives, permettant de connaître les moments essentiels de la vie du couple.

 
Margot, 1ère année bibliothèques 2012-2013

 

 

 

Zoyâ PIRZÄD sur LITTEXPRESS

 

Zoya Pirzad Un jour avant Paques

 

 

Article de Karine sur Un jour avant Pâques.

 

 

 

 

 

 

 

Zoya Pirzad Comme tous les après-midiMarjane Satrapi Broderies

 

 

États d'âmes en Iran : Zôya Pirzâd et Marjane Satrapi, article de Claire

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La littérature iranienne sur LITTEXPRESS


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 Article d'Adeline sur La Muette de Chahdott Djawann

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

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Published by Margot - dans Nouvelle
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