polar, thriller

Mercredi 25 septembre 2013 3 25 /09 /Sep /2013 07:00

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Michel BUSSI
Nymphéas noirs
Presses de la Cité
Coll. Terres France, 2011

 

 

 

 









Michel Bussi (né le 29 avril 1965 à Louviers – Haute Normandie) est un auteur français de romans policiers et professeur à l’Université de Rouen.  



Synopsis

Un meurtre a eu lieu ce matin à Giverny, le petit village tranquille où le peintre Monet avait élu domicile. Ce meurtre est celui de Jérôme Morval. L’ophtalmologue du village n’avait rien à se reprocher ou presque… Bien que marié il collectionnait les femmes aussi bien que les tableaux et ne s’en cachait pas. Deux pistes que l’inspecteur Laurenç Sérénac et son adjoint Sylvio Bénavidès vont suivre… À moins que l’explication ne réside dans cette carte postale retrouvée dans la veste de la victime. Une carte d’anniversaire pour un enfant de 11 ans sur laquelle figure un second message : « Le crime de rêver je consens qu’on l’instaure. » Une dernière piste s’offre aux inspecteurs. Un enfant est mort de la même façon que Jérôme Morval, au même endroit et selon le même procédé. Un enfant de 11 ans et quelques mois, Albert Rosalba. Le souci ? Ce meurtre s’est produit en 1937 et notre récit se déroule en 2010.



Les personnages

Il y aurait bien trois personnes qui pourraient aider les inspecteurs à démêler cette histoire.

Fanette est la première. Du haut de ses onze ans c’est aussi la plus jeune. Très douée pour la peinture elle est passionnée par Monet. Elle compte d’ailleurs présenter sa version des Nymphéas au concours « Peintre en herbe » de la Fondation américaine Robinson. Pour cela elle reçoit l’aide de James, un vieux peintre américain qu’elle retrouve en secret et qui la conseille. Fanette rêve de parcourir le monde pour peindre aux côtés de son amoureux Paul. Des rêves de petite fille qui sont pourtant menacés. C’est James qui trouve la menace gravée dans sa boîte un peinture : « Elle est à moi ici, maintenant et pour toujours ». Le message se termine par une croix, telle une épitaphe.

Stéphanie Dupain est la seconde. L’institutrice du village de Giverny fait tourner la tête de bien des hommes par sa beauté. Le premier était Jérôme Morval. Le deuxième s’appelle Sérénac Laurenç, il est l’inspecteur chargé de résoudre le meurtre commis. Le dernier enfin n’est autre que Jacques Dupain, le mari jaloux de Stéphanie. Mais cet amour n’est pas réciproque. Pour l’institutrice, Jacques Dupain « était là. Pas pire qu’un autre. » La belle Stéphanie attend son prince charmant, celui qui viendra la délivrer et lui permettre de quitter Giverny. Dernière la beauté et le sourire de cette femme se cache une personne mélancolique, une femme en détresse, piégée elle aussi.

La sorcière ou la vieille : c’est ainsi que les habitants de Giverny la surnomment. On ignore sa réelle identité, on sait seulement qu’il s’agit d’une vieille femme de plus de 80 ans. Elle est née en 1926 : l’année de la mort de Monet. Elle habite le Moulin des Chennevières, aussi appelé le donjon de la sorcière, une tour de quatre étages qui fait office de point d’observation. Elle est celle qui conduit le récit, les personnages, elle nous conte son histoire. Principale narratrice, elle est omnisciente et sait des choses qu’elle ne devrait pas savoir. C’est elle qui découvre en premier le corps de Jérôme Morval ; elle en connaît d’ailleurs l’assassin. Si elle renonce à se rendre à la police elle confie le nom du tueur à Patricia Morval, la veuve. Bien que d’apparence insignifiante au vu de son physique et de son âge avancé celle vieille femme est au centre de l’histoire. Elle voit tout, connaît tout, même cet enfant assassiné dans les mêmes conditions que Jérôme Morval : Albert Rosalba, dont elle garde une photo…

Ces trois femmes représentent les trois âges de la vie ; à elles trois, elles retracent l’ensemble d’une vie. Elles sont liées par une volonté commune : quitter Giverny. Elles rêvent toutes de partir mais dès les premières pages la vieille femme nous avertit que de ces trois femmes une seule partira tandis que les deux autres devront mourir. Cette menace pèse sur ces femmes dès le commencement du livre et prendra différentes formes au fil des pages. Stéphanie et son mari jaloux, Fanette et celui qui menace le vieux peintre, la vieille femme et ses démons. Ces trois personnages sont également liés par leur goût pour la peinture. Fanette est douée pour la peinture, l’institutrice s’intéresse beaucoup aux artistes et sollicite sa classe pour le concours « Peintres en herbe ». Quant à la vieille femme, elle conserve caché un mystérieux tableau de nymphéas noirs… Toutes trois ont des relations plus ou moins difficiles avec les hommes. Elles ont leurs plaies et leurs romances.

Dans les Nymphéas noirs on jongle entre ces trois femmes, leurs récits se croisent et s’enchaînent. Les vies de ces femmes semblent bien distinctes, cloisonnées à la façon d’un triptyque et pourtant elles se croisent tout au long du roman.


Un autre personnage mérite d’être développé car il est difficile de résoudre un meurtre sans un agent de police.

Inspecteur Laurenç Sérénac : Sérénac est un amateur de peinture qui affiche des tableaux de maîtres dans son bureau. Sa venue ne ressemble en aucun cas à une coïncidence. Avant d’être nommé au commissariat de Vernon en Normandie il a enquêté dans le milieu du trafic d’art. Le hasard semble bien lourd et le confronte dès sa première enquête au meurtre d’un collectionneur à Giverny. Il s’agit là d’une grosse coïncidence, tellement évidente qu’elle sera soulevée par son adjoint. L’inspecteur Sérénac n’est pas un policier très à cheval sur les mesures. Il aime se fier à son instinct et à ses impressions plutôt qu’aux preuves physiques qui lui sont fournies. Ses démarches ne sont pas très morales ; en témoigne son obsession d’accuser Jacques Dupain tout en courtisant sa femme.

Les narrateurs : le narrateur est changeant. Tantôt la vieille femme, tantôt l’inspecteur ou encore Fanette. On a accès à leurs pensées, leurs sentiments. Pour la vieille femme et Fanette, la narration se fait à la première personne du singulier tandis que le récit des autres narrateurs se fait à la troisième personne. Le style d’écriture selon le narrateur. L’utilisation de la troisième personne du singulier donne un effet de distance entre le lecteur et le narrateur alors que Fanette et la vieille femme ont des styles particuliers (enfantin pour l’une, acide et moqueur pour l’autre). Mais la narratrice principale reste la vieille. C’est elle qui nous interpelle, nous questionne, mais aussi répond à nos questions. « Il n’existe aucune coïncidence dans toute cette série d’événements. Rien n’est laissé au hasard dans cette affaire, bien au contraire. »



Giverny

Présentation

 

Le village de Monet est le lieu principal de l’intrigue, il renferme bien des secrets. Mais ce livre est également un moyen de découvrir et de visiter le village du peintre. Les rues, la rivière, les champs, l’étang aux nénuphars, tout y est décrit précisément. Et au fil des pages on voyage dans ce village. L’histoire de Giverny nous est également expliqué. Les personnages nous content les difficultés de Monet à construire son étang, à racheter des terres pour empêcher qu’on en coupe les champs. Les décors de ses peintures Claude Monet les a achetés et à sa mort Giverny s’est vu figé à l’époque de ce peintre disparu. Pendant plus de cinquante ans après la mort de Monet les jardins ont été fermés et délaissés. Leur réouverture a transformé Giverny en un site touristique mondialement connu. Des peintres américains sont venus à Giverny au siècle dernier avant que cela ne devienne cette plate-forme touristique. Ils venaient rechercher le calme et la concentration ce qui n’est plus possible aujourd’hui.

Les sources et le travail d’écriture : pour traiter avec exactitude du village de Monet l’auteur a effectué un travail de pré-écriture et de recherches. La préface mentionne ce travail :

 

« les descriptions de Giverny se veulent les plus exactes possible. Les lieux existent, qu’il s’agisse de l’hôtel Baudy, du ru de Giverny, de l’église Sainte-Radegonde et du cimetière, de la rue Claude-Monet, du chemin du Roy, de l’île aux Orties. Il en est de même pour les lieux voisins, tels le musée de Vernon, celui des Beaux-arts de Rouen, le hameau de Cocherel. »

 

Dans ce roman policier Michel Bussi introduit, en dehors de Monet, les autres artistes qui ont été proches du village. Parmi eux on trouve Louis Aragon. « Le crime de rêver je consens qu’on l’instaure.»  Le vers de la carte d’anniversaire cité plus haut  provient d’un poème de Louis Aragon, « Nymphée ». Aragon était un habitué de Giverny, ce poème y ferait d’ailleurs référence. C’est l’un des premiers poèmes à avoir été censuré en 1942 par Vichy.


Le traitement de Giverny dans l’œuvre

Nymphéas noirs est un huis-clos qui se déroule à Giverny. L’intrigue, les meurtres s’y produisent, faisant du village le centre de l’histoire. Si la beauté des lieux est longuement décrite, tout comme la richesse de son histoire, l’image de Giverny est mise à mal dans ce livre. Sa principale détractrice est la vieille femme qui est l’œil critique du village. Elle en dénonce les idées reçues et démonte ce décor en carton. La vieille femme représente l’évolution du village depuis la mort du peintre. Elle est la mémoire de ce village mais elle n’a pas évolué avec lui, elle ne le comprend plus car ce n’est plus le Giverny du peintre et des impressionnistes mais celui des touristes désormais. Cette vieille femme qualifie le Giverny de 2010 de parc d’attraction mais aussi de « parc d’impressions ». Désormais Giverny c’est quatre gros parkings et la campagne de Monet est comparée à un décor d’hypermarché. Cette impression d’un faux Giverny est accentuée par la création d’une réplique exacte de la maison de Monet au Japon. Dans Nymphéas noirs, les personnages peinent à différencier le vrai du faux quand il s’agit de photographies, de simples images sur Internet. Si le village est si figé c’est parce qu’il s’est arrêté d’évoluer à la mort du peintre. A l’exception des parkings et du musée, le paysage est resté le même pour que les touristes puissent reconnaître les décors des peintures de Monet. C’est un emprisonnement à des fins touristiques, patrimoniales et financières

Dans cet ouvrage le village est associé à une prison. On a le sentiment d’un effet d’inertie autour de Giverny. Ses habitant peinent à en sortir voire sont condamnés à y rester. Il y a un paradoxe avec cette prison dorée qui s’oppose à la forte fréquentation du lieu par les touristes. Seul le va-et-vient des bus perturbe  cette impression de tableau figé dans le temps où les Givernois sont aussi figés que leur village. Des hommes et des femmes du monde entier se déplacent en masse pour venir passer quelques heures à Giverny tandis que les personnages de ce roman ne rêvent que d’en sortir. Pour l’institutrice, Stéphanie Dupain : « Ici, ce sont les pierres et les fleurs qui voyagent… Pas les habitants ! » Ce village-prison est aussi associé à un tableau dont on ne peut franchir le cadre. Plus qu’une prison, Giverny est un piège dans lequel les personnages de ce roman sont enfermés. C’est de l’intérieur que provient la menace qui plane dans ce récit.



Monet

Tout comme le village dans lequel il a passé la moitié de sa vie, Claude Monet est au cœur de ce roman policier. On y apprend des éléments sur la vie de l’artiste et son art. La démarche artistique de l’impressionniste est expliquée par les personnages principaux qui maîtrisent le sujet mais aussi par l’intervention d’un spécialiste du peintre qui est interrogé par l’un des inspecteurs. L’exploration de la piste du trafic d’art sert de prétexte à une meilleure connaissance de l’artiste. Le parallèle entre Monet et Giverny est aussi un élément récurrent dans ce roman. L’œuvre de Claude Monet est née d’une vie contemplative vouée à la nature. Sa série des Nymphéas en est la parfaite illustration.  Monet a peint des nénuphars dans le même étang jouxtant sa maison pendant vingt-sept ans. Toutes ces informations on les trouve au fil des pages de ce livre. Il y a une réelle documentation autour de Monet, des impressionnistes et de la peinture en général. Tout comme pour Giverny, les informations sur Claude Monet sont authentiques, qu’elles concernent sa vie, ses œuvres ou ses héritiers. C’est aussi le cas pour celles qui évoquent d’autres peintres impressionnistes, notamment Theodore Robinson ou Eugène Murer. Les vols d’œuvres d’art évoqués sont des faits divers réels.

Il y a donc une association de faits réels et fictifs. Dans l’affaire du vol de tableaux du 27 novembre 1985, quatre Monet, dont le célèbre Impression soleil levant, et deux Renoir, sont volés au musée Marmottan à Paris. Toutes les toiles seront retrouvées en 1991 à Porto-Vecchio. Dans Nymphéas noirs l'énigme du vol est résolue par le commissaire Laurentin, l’un des personnages du roman.

Le titre de cet ouvrage est directement lié à Claude Monet. La légende raconte que dans ses derniers tableaux l’artiste impressionniste lutte contre sa propre mort. Début décembre 1926, quand Monet a compris qu’il allait mourir il aurait peint un ultime tableau des nymphéas en utilisant la seule couleur qu’il se refusait à utiliser. L’absence de couleur mais aussi l’union de toutes : le noir. Cette légende aurait pu rester au titre de simple mystère, mais voilà dans ce livre on apprend très tôt que la vieille femme possède un tableau qu’elle cache tout en haut de sa tour. Un tableau de nymphéas, les Nymphéas noirs. Comme exergue à ce roman policier on trouve une citation qui fait étrangement écho à ce titre : « Non ! Non ! Pas de noir pour Monet, voyons ! Le noir n’est pas une couleur ! », mots prononcés par Georges Clemenceau, au pied du cercueil de Claude Monet.



Thématiques

Nous avons commencé à le voir, la peinture est un thème clé dans ce roman. Omniprésente, on la retrouve jusque dans les descriptions qui renvoient souvent à la peinture, notamment la peinture impressionniste. Ainsi le sang du cadavre de Jérôme Morval qui se dilue dans l’eau d’une rivière est comparé à un pinceau que l’on nettoie. « L’eau claire de la rivière se colore de rose, par petits filets, comme l’éphémère teinte pastel d’un jet d’eau dans lequel on rince un pinceau. » Le traitement des couleurs est important dans les descriptions mais aussi dans leurs significations (noir de la mort, les couleurs vives des peintures et de la maison de Claude Monet etc.).

Les personnages principaux ont tous un lien très fort avec la peinture, tout comme la victime Jérôme Morval qui collectionnait les tableaux. L’ophtalmologue avait une préférence pour l’impressionnisme. Son rêve était de posséder un Monet et plus particulièrement un Nymphéas.

Le temps qui passe, qui se fige, les âges qui se croisent jouent un rôle important dans ce roman policier. En dehors de Giverny, un autre lieu cher à Monet est abordé dans cet ouvrage. Il s’agit de la ville de Rouen où Monet a peint pas moins de 28 «  cathédrales ». Ces cathédrales sont toutes différentes selon l’heure de la journée ou le temps, tout comme les personnages de ce livre qui deviennent plus ou moins suspects selon la façon dont ils sont perçus à un instant précis.

Le dernier thème important à mon sens est celui du secret. Il n’est pas surprenant de trouver un tel thème dans un roman policier mais il est toutefois intéressant de le mentionner. Chaque personnage a ses secrets, ceux-ci font partie de la nature humaine mais ces secrets sont plus ou moins lourds. Le poids d’un meurtre n’est pas le même que le secret d’une petite fille qui se cache de ses amis pour aller peindre après l’école. La vieille femme a des remords, non pas d’avoir tué son mari, mais des secrets et informations qu’elle détient. Elle hésite à aller parler à la police.

Au cours du roman, une hypothèse survient : et si tous les Givernois protégeaient un même secret ? Ce secret renverrait en partie à des tableaux d’impressionnistes et de Monet cachés dans la maison de ce dernier et qui constitueraient le secret des Givernois. Les habitants du village seraient au courant des trésors dissimulés dans cette maison.



La structure du texte

L’intrigue se déroule dans un cadre d’espace-temps très précis. L’histoire débute le 13 mai 2010 et finit le 25 mai, soit une durée de treize jours. Chaque chapitre représente un jour de cette période, à l’exception de rares ellipses (le récit du 16 mai ne figure pas dans le roman et il y a un retour au 13 mai 2010 entre le 24 et le 25 mai 2010). En plus de représenter un jour précis, les chapitres sont classés par thématiques, chaque jour est rattaché à un ou plusieurs éléments forts qui se traduisent par un mot en titre de chapitre : « raisonnement », « enterrement », « affolement », « affrontement », etc.

Le roman se découpe également en deux tableaux : le premier se nomme « Impressions » et le second « Exposition ». Le titre du premier tableau fait bien évidemment référence à l’impressionnisme et aux impressionnistes. On peut également l’associer au tableau peint par Monet en 1872 et 1873 : Impression soleil levant, un tableau qui marque le commencement d’une journée, ici d’une histoire, d’un livre. L’impression enfin peut se rattacher à une enquête policière et à l’inspecteur Laurenç qui donne de l’importance aux premières impressions dans le déroulement de l’enquête. Dans le deuxième tableau, « Exposition », un basculement s’opère et on retourne au premier jour. Ce fameux 13 mai 2010 où tout a commencé ; c‘est ici que l’exposition commence réellement. C’est là que l’on commence à comprendre, l’histoire se déroule à nouveau et tous les éléments se dénouent.

Durant la première lecture les indices s’accumulent et on se pose de nombreuses questions alors que les mystères et les personnages s’accumulent sans que l’on arrive à en cerner les liens. Ce n’est qu’à la toute fin qu’un fil rouge viendra tout relier. Les explications sont simples, dramatiquement plus simples mais ce dénouement va venir remettre en question tout ce que l’on sait sur nos personnages.

 

C’est un roman qui joue beaucoup sur les impressions et nous pousse à tirer des conclusions trop hâtives. J’ai longtemps hésité à dévoiler la fin de cet ouvrage, non pas pour en révéler l’assassin mais pour mettre en lumière la structure du texte. En effet ce n’est qu’à la toute fin que l’on perçoit le travail d’écriture, de composition et de recomposition de l’auteur. Une écriture qui n’est pas si simple. Un livre est l’objet final, il découle de versions antérieures et différentes, un travail où chaque élément a du sens.


Marie, 1ère année bibliothèques 2012-2013


Par Marie - Publié dans : polar, thriller
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Samedi 14 septembre 2013 6 14 /09 /Sep /2013 07:00

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Harlan COBEN
Promets-moi
Titre original
Promise me (2006)
Traduction
de Roxane Azimi
Belfond
Romans étrangers, 2007
Pocket, 2011


 

 

 

 

 

 

 

 

Harlan Coben est né en 1962. C’est un écrivain américain de roman policier. Il est le premier auteur à avoir reçu trois des prix les plus importants dans le domaine du roman policier en Amérique : le prix Edgar Allan Poe, le Shamus Award et l'Anthony Award. Il est traduit dans une quarantaine de langues et occupe la tête des best-sellers dans le monde entier.

Promets-moi est le huitième roman d'Harlan Coben à mettre en scène Myron Bolitar, le héros. En effet, celui-ci est un personnage tellement récurrent que Coben a créé la « série Myron Bolitar » qui comporte 10 romans.


Promets-moi tourne autour de promesses et de la confiance. Myron Bolitar, ancien joueur de basket-ball de haut niveau et aujourd'hui devenu agent pour célébrités a fait une promesse à Aimee, la fille de Claire, sa meilleure amie : il serait toujours là pour elle, n'importe où, n'importe quand et pour n'importe quelle raison. Il ne poserait pas de question, il serait juste là pour l'aider. Quelques jours plus tard, Aimee disparaît et Myron est le dernier à l'avoir vue. Tout de suite soupçonné, il fait la promesse à Claire de retrouver sa fille. Et il tient à la tenir.



Les personnages :

Myron Bolitar : ancienne star du basket-ball, il est fondateur de MB Reps une agence pour sportifs et stars de cinéma. Il a arrêté sa carrière à cause d'une blessure au genou. C'est un ancien agent du FBI qui a pour principal trait de caractère de toujours vouloir aider les gens qu'il connaît. Si l'un de ses proches ou de ses clients rencontre un problème, il n'hésite pas à faire justice lui-même. Il est souvent aidé de son ami Windsor Horne Lockwood, dit Win, et de sa secrétaire Esperanza Diaz, ancienne catcheuse.

Win : il est ami depuis l'université avec Myron. Il est très doué dans les arts martiaux ; d'un tempérament glacial, il aide souvent Myron à faire justice et peut parfois se montrer d'une très grande violence. Très malin et sans pitié, il n'a peur de rien.

Esperanza Diaz : c'est une ancienne catcheuse professionnelle dont le surnom était « Petite Pocahontas ». Elle vient de se marier et d'avoir un enfant. Elle est associée avec Myron.

Nous retrouvons également la policière Loren Muse, déjà présente dans Innocent, un autre roman de Coben. Elle enquête sur la disparition d'Aimee.

Claire Biel : amie de Myron depuis le lycée, maintenant avocate. Myron et elle ont eu une petite aventure d'un soir pendant leur jeunesse mais leur histoire n'a pas duré. Cependant, ils ont toujours eu une réelle attirance l'un envers l'autre et une confiance aveugle.

Erik Biel : mari de Claire.

Aimee Biel : adolescente, fille de Claire et Erik.

Edna Skylar : femme médecin exerçant dans le domaine de la génétique. Elle a un certain talent pour étudier les visages.

Katie Rochester : première jeune fille disparue.



Le roman débute en nous mettant au cœur de l'intrigue. Nous suivons dans les rues de Manhattan Edna Skylar qui pense avoir reconnu Katie Rochester, une jeune fille disparue depuis quelque temps :

 

«  La fille disparue – on en a parlé aux actualités, entre deux diffusions d'une photo scolaire banale à pleurer, vous savez, sur fond bariolé, cheveux trop raides, sourire trop gêné, là-dessus on enchaîne sur les parents inquiets devant la maison, des micros partout, maman pleure en silence, papa lit une déclaration, la lèvre tremblante –, cette fille-là, la fille disparue, venait de passer à l'instant devant Edna Skylar. »

 

La disparition de Katie va être rapidement liée à celle d'Aimee quelques jours plus tard : elles sont du même lycée, à peu prés du même âge et ont retiré toutes les deux de l’argent dans le même distributeur, au même endroit et à la même heure juste avant leur disparition. Trop de coïncidences pour que cela soit ignoré. L'enquête va donc prendre une double tournure.

Dans ce roman, nous avons deux « points de vue » : l'enquête policière et l'enquête personnelle de Myron. Il n'est pas difficile de se rendre compte que Myron avance beaucoup plus vite que les autorités. Aidé de ses associés, il va enquêter de son côté tout en étant le suspect n°1 dans cette affaire puisqu'il est le dernier à avoir vu Aimee. En effet, lui ayant fait la promesse de toujours être là pour elle quoi qu'il arrive, et de ne pas poser de questions, il n'hésite pas à aller la secourir lorsqu'elle l'appelle une nuit à 2h17 pour lui dire qu'elle a besoin de lui.

 

« – Allô ? a-t-il croassé.

Il a entendu le sanglot d'abord.

– Allô ? a-t-il répété.

– Myron ? C'est Aimee.

– Aimee !

Il s'est dressé sur son lit.

– Qu'est-ce qui se passe ? Où es-tu ?

– Tu m'as dit que je pouvais t'appeler. (Nouveau sanglot.)  À n'importe quelle heure, pas vrai ?

– Absolument. Où es-tu Aimee ?

– J'ai besoin d'aide.

– OK, pas de problème. Dis-moi seulement où tu es.

– Oh, mon Dieu...

– Aimee ?

– Tu ne le diras à personne ?

Il a hésité. Il a revu Claire, la mère d'Aimee, au même âge et a ressenti un drôle de pincement au cœur.

– Tu as promis. Tu as promis de ne rien dire à mes parents.

– Je sais. Où es-tu ?

– Tu promets de ne pas le dire ?

– Je te le promets, Aimee. Maintenant, dis-moi où tu es. »

 

Il va donc la chercher et la dépose à l'endroit où elle lui demande : chez sa copine Stacy. Or elle n'est jamais rentrée chez elle et l'on découvre par la suite que cette maison où Myron l'a conduite n'a jamais été celle de Stacy....



Les thèmes

L'enquête

C'est un thème présent dans la plupart des œuvres d'Harlan Coben puisqu'il s'agit de thrillers. Dans Promets-moi nous pouvons assister à deux enquêtes en parallèle : celle de la police et celle, privée, de Myron Bolitar. Ces enquêtes nous donnent vraiment une impression de réalisme puisqu'elles suivent le schéma parfait d'une enquête à savoir : un élément déclencheur, un crime est commis, puis l'enquête est lancée, ensuite des indices sont trouvés, des suspects apparaissent, le coupable est ensuite trouvé et cela va donner lieu à une traque. Le coupable est finalement arrêté et on assiste à son procès (ou non).
 
Le lecteur est complètement investi dans l'enquête de Myron Bolitar puisqu'il ne dispose d'aucun élément pour résoudre l'énigme de la disparition des deux jeunes filles. Il découvre les indices en même temps que les personnages. Cela permet de garder un suspens insoutenable et une tension constante.


La promesse

Le titre du roman nous l'annonce dés le début : Myron Bolitar est un « homme à promesse ». En effet il fait la promesse à Aimee de toujours être là pour elle juste avant qu'elle disparaisse et il fait ensuite la promesse à Claire de retrouver sa fille coûte que coûte. Tout au long du roman, le lecteur est donc dans l'attente de voir cette promesse tenue. Tout le récit tourne autour de celle-ci, elle en est le fil conducteur. Myron ne s'arrêtera pas avant de l'avoir tenue.


Le héros

Myron Bolitar est un peu considéré comme un « héros » surtout aux yeux de Claire, son amie, qui a une confiance aveugle en lui. Nous retrouvons toutes les caractéristiques propres au héros traditionnel en Myron Bolitar : il porte des valeurs qui lui sont chères, il se distingue par des qualités exceptionnelles (physiques ou morales) et le lecteur est incité à s'identifier à lui.

C'est un personnage attachant auquel on ne souhaite que de la réussite dans sa mission.



L'écriture

Le roman est écrit d'un point de vue externe à l'histoire. Le caractère particulier de cette œuvre est que, tout au long du roman, nous n'avons aucune nouvelle d'Aimee, la disparue. En effet, dans la plupart des romans policiers, certains passages nous décrivent ce qu'il arrive à la victime. Or, dans ce roman, le lecteur est autant dans le doute que les personnages qui mènent l'enquête. Aucun élément ne permettrait de résoudre l'enquête avant de lire le dénouement. Cela donne lieu à une certaine tension permanente puisque l'on peut se demander si Aimee est encore vivante ou non, si elle a fait une fugue ou si elle a été enlevée...

Le style est très spontané, notamment au niveau des dialogues : Harlan Coben écrit comme s’il relatait une conversation dont il serait spectateur. Les interjections, les mots familiers, tout est rapporté tel quel.

De plus, Harlan Coben s'attache à enlever toutes les phrases inutiles. Il va à l'essentiel de sorte que, chaque mot, chaque phrase qu'on lit nous permet d'avancer dans l'enquête. Il n'y a pas de tournure de phrase compliquée, ni de détails sans importance. Le roman entier est important et nous ne pourrions pas enlever une phrase sans enlever du sens à celui-ci.



Le cadre

Contrairement à beaucoup d'auteurs de romans policiers, Harlan Coben ne donne pas comme lieu d'action à ses romans la ville, particulièrement New-York, mais plutôt la banlieue. En effet, pour l'auteur, la banlieue est devenue ces dernières années « la manifestation la plus flagrante du rêve américain ». Tout le monde veut pouvoir s'acheter une petite maison identique à toutes les autres. Harlan Coben a vécu lui-même en banlieue. Il ne voulait pas faire comme la plupart des auteurs de polars et montrer sa propre vision de ce lieu qu'il trouve « romantique et oblique ».



Quelques critiques :

 

« Grâce à une écriture et une intrigue (toujours) excellentes, il nous fait passer (encore) une nuit blanche ! »
Delphine Peras, Lire

« On est entraîné dès la première phrase du roman. Harlan Coben est passé maître dans l'art de l'intrigue et ses personnages sont denses et attachants. »
Femme actuelle

« Les fans de Coben vont adorer ce roman au suspense diabolique, dont le dénouement nous entraîne dans un ultime retournement de situation hallucinant. »
Publishers Weekly

 

 

Avis personnel

Ce roman est ma première « expérience Coben » et j'ai totalement adhéré. Je l'ai lu à l'occasion des « Quais du polar » à Lyon auxquels il était invité (certaines de mes camarades de classe s'y étant rendues et m'ayant conseillé de le découvrir). N'étant pas une grande lectrice de roman policier j'avais des critères d'appréciation bien précis en commençant ce livre et j'appréhendais un peu le résultat. Mais mes espérances ont été largement dépassées ! Ce roman est un bijou du polar américain que j'ai lu en à peine quelques jours. Nous sommes pris dans l'action du début à la fin, il n'y a pas un seul moment où je me suis ennuyée, l'auteur va droit au but et n’encombre pas son roman de détails inutiles. L'écriture est simple et facile à lire, la lecture est fluide. Les personnages sont très attachants et ont tous une très grande profondeur. Ils participent tous, de manière plus ou moins importante, à l'intrigue. Le rythme est toujours haletant et lorsque je l'ai lu, un véritable film d'action prenait place dans mon imagination.

Je conseille ce roman à toute personne qui n'a jamais lu de polar ou qui a une mauvaise opinion sur ceux-ci ; Harlan Coben réussira sûrement à la faire changer d'avis.


Célie, 1ère année bibliothèques 2012-2013

 

 

 


Par Célie - Publié dans : polar, thriller
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Mercredi 14 août 2013 3 14 /08 /Août /2013 07:00

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Jean-François PAROT
L’Enquête russe
Éditions 10/18
Coll. Grands détectives, 2013















Biographie

Jean-François Parot est né à Paris en 1946. C’est un diplomate et un auteur de romans policiers. Conseiller à l’ambassade de France à Sofia, en Bulgarie, il prend sa retraite en 2010.

Dès l’enfance il côtoie le monde cinématographique avec des personnalités telles que Jean Gabin, Marcel Carné et Abel Gance. Jean-François Parot est licencié de lettres, mais également titulaire d'une maîtrise en histoire et a obtenu un diplôme d'études supérieures d'ethnologie. C’est aussi un spécialiste des techniques de momification égyptiennes, des mythes des sociétés océaniennes et du Paris du XVIIIème siècle. Des connaissances qu’il utilisera par la suite dans la conception de ses ouvrages.

On le connaît essentiellement pour sa série de romans policiers Les Enquêtes de Nicolas Le Floch, commissaire au Châtelet. Elle compte aujourd’hui onze tomes, dont le dernier est sorti cette année (2013) et se nomme L’année du volcan. Il reçoit en 2006 le prix de l’Académie de Bretagne pour Le Sang des farines et en 2007 celui du Lion’s club pour le même ouvrage. Ses livres ont été traduits dans diverses langues (italien, espagnol, anglais, russe, japonais et coréen). Il est également l’auteur d’un essai : Structures sociales des quartiers de Grève, Saint-Avoye et Saint-Antoine : 1780-1785.



Bibliographie concernant les enquêtes de  Nicolas Le Floch :

1) L'Énigme des Blancs-Manteaux (2000)
2) L’Homme au ventre de plomb (2000)
3) Le Fantôme de la rue Royale (2001)
4) L'Affaire Nicolas Le Floch (2002)
5) Le Crime de l'hôtel Saint-Florentin (2004)
6) Le Sang des farines (2005)
7) Le Cadavre anglais (2007)
8) Le Noyé du grand canal (2009)
9) L'Honneur de Sartine (2010)
10) L'Enquête russe (2012)
11) L'Année du volcan (2013)

Ils sont tous sortis en grand format aux éditions Jean-Claude Lattès et au format poche aux éditions 10/18.



Résumé

Dans le Paris du XVIIIème siècle, Paul, le fils de la tsarine Catherine II, a prévu un voyage incognito à la cour du roi Louis XVI. Il se fait pour cela appeler Comte du Nord. Cependant, le mercredi 22 mai 1782, le comte Rowski, ancien favori de la tsarine, est retrouvé assassiné dans un hôtel rue Richelieu. Nicolas Le Floch, marquis de Ranreuil, est le commissaire du roi aux affaires extraordinaires. Il est mis sur l’affaire, qui doit rester secrète pour ne pas alarmer le Comte du Nord qui doit arriver. Le jour suivant, le corps du commis de l’hôtel est découvert dans le filet de Saint Cloud. Peu de jours plus tard, le comte arrive avec sa femme pour loger chez le ministre russe à Paris.

 Parallèlement aux affaires de meurtres un conflit politique oppose les Anglais et les Américains. En effet, l’indépendance de l’Amérique se précise, les Américains avec l’aide des Français tentent de chasser les Anglais. Louis XVI pense qu’en faisant gagner les Américains la Russie fera régner la paix. Elle pourrait par ce stratagème s’en attribuer les mérites. Il recherche donc un homme de confiance qui enquêtera quant aux réelles intentions des Russes. Sartine, un ancien ministre de la marine, confie au marquis de Ranreuil cette mission autant secrète que délicate. Pour que le comte du Nord demande leurs services, ils ont pour projet de dérober une broche d’une très grande valeur appartenant à la comtesse du Nord. Le but de cette manœuvre étant que Nicolas se rapproche du tsarévitch et qu’il se fasse accepter de lui.

L’affaire va se compliquer le 27 mai 1782. C’est ce jour-là que l’un des collaborateurs de Nicolas le Floch est sur le point de voler le bijou. Un accroc se produit et le commissaire est appelé de toute urgence au Châtelet alors qu’il est à une représentation théâtrale tout comme que le comte du Nord. Deux meurtres ont été commis au logement dans lequel a été accueilli le comte du Nord. Les victimes sont une mouche (espion) que Nicolas Le Floch avait placée en observation comme frotteur et un serviteur du comte. La broche de la comtesse reste introuvable…



Portrait de Nicolas Le Floch

Il est né aux alentours de 1740 en Bretagne. Il est ce qu’on appelle un « enfant trouvé ». Il a été recueilli par le chanoine Le Floch, dont il portera le nom par la suite. Il a reçu une éducation de gentilhomme humaniste par son oncle le marquis de Ranreuil. Il est donc bien instruit : il sait parler anglais, monter à cheval, connaît l’art de l’escrime. Il commence sa carrière en tant que secrétaire du commissaire Lardin et fera sa première enquête sur la disparition de ce commissaire.

Son fils Louis est né de son union avec Antoinette Godelet, une femme de chambre. Dans L’Enquête russe, Antoinette est en mission pour la couronne à Londres. Il vacille entre son amour pour Antoinette et la passion qu’il éprouve pour Aimée d’Arranet, une suivante de Madame Elizabeth (une des sœurs du roi). Il ne veut pas se demander s’il ressent réellement de l’amour pour elle ou uniquement une passion physique.

 

 « Comment pouvait-il concilier sa fidélité amoureuse envers Antoinette avec la passion inspirée par Aimée d’Arranet ? Il n’avait pas la réponse à cette question et n’en cherchait pas. Le fait s’imposait à lui sans détour. C’était la lutte entre le lilas et le jasmin, il sourit à cette pensée.» (p. 261). 

 

Nous pouvons voir qu’il met plus de distance entre lui et Aimée puisqu’il cite le nom de famille de cette dernière. Alors qu’il cite uniquement le prénom d’Antoinette. Les femmes sont liées au parfum qu’elles portent. Nicolas voit ces deux femmes comme des fleurs qui luttent pour trouver une place dans son esprit. La « fidélité amoureuse » qu’inspire Antoinette semble plus noble que la simple passion inspirée par Aimée. Nicolas Le Floch est un homme simple qui ne veut pas souffrir de débats intérieurs. Il a d’autres mystères à résoudre que de savoir laquelle des deux femmes a le plus de place dans son cœur et dans son esprit. Nous pouvons penser qu’il a l’âme poétique lorsqu’il compare les femmes à des fleurs. C’est un séducteur qui sait jouer de ses charmes : « Le pouvoir de séduction de Nicolas était tel qu’elle finit par sourire, se leva et rajusta sa tenue. »(p. 280).  Il en use pour obtenir des informations d’une servante au sujet du double meurtre dans le logement du comte du Nord.

Il aura aussi une aventure d’une nuit avec une prostituée. Elle a le même parfum qu’Antoinette. La question de la tromperie ne s’est pas imposée à son esprit puisqu’il n’a fait que revivre en quelque sorte un épisode de sa jeunesse. Il voyait en cette prostituée l’image d’Antoinette. Cette aventure montre sa générosité puisqu’il offre de l’argent à cette prostituée dans le but de l’aider à subvenir aux besoins de son fils. De plus il lui laisse une adresse à laquelle elle pourra se rendre pour avoir des louis d’or supplémentaires. Il avait promis aussi à Dangeville dit La Fouine, la mouche assassinée au début de l’histoire, de subvenir aux besoins de sa fille et de la protéger, s’il venait à mourir.

Ce qui nous amène à parler du sentiment qu’il éprouve lorsqu’il découvre le cadavre de La Fouine. La citation qui suit nous permet d’analyser ce qu’il a ressenti :

 

 « Nicolas serra les dents de pitié devant le pauvre corps de celui qui lui avait fait confiance. Il avait beau se dire qu’un destin fatal attendait le voleur, il n’en éprouvait pas moins ce regret qui s’était emparé de lui et lui poignait l’âme depuis qu’il lui avait fermé les yeux. » (p. 237)

 

Nous voyons que cette perte l’a profondément touché et n’était pas uniquement un dommage collatéral comme on pourrait le penser. Cette mort va motiver Nicolas plus que jamais à retrouver le tueur pour venger son indicateur. C’est une question d’honneur pour lui. Il se sent responsable de sa mort car c’est lui qui a fortement insisté en le menaçant  pour qu’il fasse partie du complot. Cet événement a fait douter notre personnage quant à son activité professionnelle. Plus d’une fois il a voulu quitter sa profession et se retirer sur ses terres à Ranreuil. Cependant la réalité l’a vite rattrapé et il s’est raisonné. En effet s’il quittait la police reverrait-il Bourdeau, ses amis ?

Nous pouvons constater au fil de l’ouvrage que Nicolas demande des conseils à ses amis pour avancer dans son enquête. Lorsqu’il est invité à la table de Noblecourt, un de ses amis qui est magistrat, notre héros n’hésite pas à parler de l’enquête avec lui. Il désire avoir son avis sur l’affaire en cours puisque son aide est précieuse et ses réflexions, pertinentes. Il semble intéressant pour notre personnage d’avoir un avis extérieur à l’affaire pour pouvoir porter un nouveau regard critique sur les différents meurtres auxquels il est confronté.

 Nicolas n’est pas orgueilleux : « Cet accès de l’orgueil de leur nom ne correspondait pas à ce qu’il éprouvait lui-même.» Lorsqu’il était  plus jeune, il a refusé le titre de marquis de Ranreuil. Cela nous prouve que son nom lui importe moins que le fait de servir la famille royale. Tout au long de la saga, il aura servi deux rois : Louis XV et Louis XVI, qui est sur le trône dans L’Enquête russe. La comtesse du Barry, favorite du roi lui a offert la tabatière de Louis XV, dont il ne se sépare jamais.

Il travaille sans relâche corps et âme pour résoudre les affaires que lui a confiées le roi : « C’est le roi. Je lui obéis et le vénère. » (p 202). Il n’y a pas d’autre explication à sa fidélité.  De plus, quand le comte du Nord lui propose d’entrer à son service pour devenir son fidèle limier, il reste sur ses gardes et ne s’engage pas. Il demeure le fidèle serviteur du roi et uniquement le sien. Mais cela ne l’empêche pas d’aider le comte à résoudre une affaire de meurtre.

Nous pouvons conclure que Nicolas est très lié à la famille royale tant par ses sentiments, que par son devoir.



Un univers : la cour

Le roi Louis XVI
portrait_loui_XVI.jpg L’histoire se déroule comme nous l’avons vu en 1782, sous le règne de Louis XVI et de Marie-Antoinette.  Le couple a eu deux enfants : une fille surnommée Madame Royale, dont le véritable prénom est Marie-Thérèse, et un fils, le Dauphin.  À cette époque une cour se composait des deux souverains du royaume et de courtisans qui faisaient tout pour leur plaire. La vie à la cour était ponctuée de différents divertissements tels que les bals, les promenades organisées dans les jardins du château de Versailles, les soirées dites en appartement...  Au cours de ces soirées, les souverains et leur cour pouvaient danser et jouer à divers jeux de société. Les courtisans perdaient beaucoup d’argent à ces jeux, ce qui avait pour effet d’augmenter le montant de la cassette royale.


La reine Marie-Antoinette
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À l’époque où se déroule l’action, l’impopularité de la reine commence à poindre. Maître Vachon est le tailleur de Nicolas Le Floch et de Sartine. Il appelle la reine «  Madame Déficit ». Ce surnom vient du fait que le peuple reproche à la reine ses dépenses au montant scandaleux. La reine est passionnée par le billard et les jeux de cartes. Ces passions sont à l’origine de certaines augmentations d’impôts qui servent à renflouer la cassette royale. Il lui est également reproché d’être trop frivole, et de constamment s’amuser sans se préoccuper du bien-être du royaume et de son peuple. Cela explique la fureur du peuple à son encontre.

Cette impopularité de la reine auprès du peuple surprend Nicolas car il est très attaché au couple royal. De plus il imagine mal que d’autres personnes ne ressentent pas la même chose que lui sur ce sujet. Pour en revenir à Maître Vachon, il reproche à la reine de ne plus commander autant de vêtements luxueux qu’avant. Elle se plaîl à s’habiller comme une bergère, lorsqu’elle se rend au Trianon en compagnie d’intimes. Selon Michelle Sapori, auteur d’un ouvrage consacré à Rose Bertin, c’était « une bergère propre et coquette, villageoise de satin ». Mme Bertin était la couturière attitrée de la reine tout au long de son règne. L’industrie du vêtement de luxe a souffert  de cette mode épurée privilégiant la simplicité, puisque la cour l’a adoptée. À cette époque, les courtisans calquaient leur mode de vie et leurs habitudes sur celles de leurs souverains. Il semblait impensable qu’une reine se vêtît comme une simple bergère alors qu’elle devait montrer l’exemple et représenter la grandeur et la magnificence de la cour de France. Des scandales ont éclaté suite à cette nouvelle tendance qui désacralisait totalement la reine, en faisant d'elle aux yeux de tous une femme comme les autres. Nous pensons que cette mode,  tout comme ce qu’il se passait au Trianon,  a eu pour conséquence le déclin de la monarchie.

Le Trianon faisait bien des envieux, puisque la reine n’y conviait que certaines personnes triées sur le volet. Elle s’y rendait quand elle voulait fuir la cour. Elle y donnait des fêtes somptueuses,  jouait des pièces de théâtre avec ses proches, donnait à manger aux animaux... Une fois de plus, elle agissait comme une simple femme et non comme une souveraine. Les courtisans se démenaient pour se faire apprécier de la reine dans le but d’obtenir le privilège d’assister à ces événements festifs. Cela créait des tensions entre eux et suscitait beaucoup de médisances à propos de la reine. De plus, la cour se sentait totalement délaissée lorsqu'elle y partait pour quelques jours.

L’impopularité du couple royal, et en particulier celle  de la reine, était notable : beaucoup de pamphlets et de caricatures circulaient. Ils présentaient la reine comme un monstre ou bien une poule. Pour le peuple, elle restera l’Autrichienne et ne sera jamais acceptée comme une Française.

Dans L’Enquête russe, un bal est donné par la reine le 8 juin 1782 à Versailles en l’honneur du comte du Nord et de sa femme. Nicolas y est convié avec son fils par la reine, ce qui est un immense privilège. Lors de ce bal, la reine danse avec Nicolas, ce qui suscite la jalousie de plus d’un courtisan comme en témoigne cette réflexion d’un personnage :

 

 « Qu’éprouvait-il pendant cette danse ? Orgueil ?  Non, plutôt une sorte de détachement qui le menait à être, comme dans tant d’occasions le spectateur de lui-même » (p. 347).

 

C’est son humilité qui distingue Nicolas des autres nobles. Il parvient toujours à prendre du recul par rapport à la position qu’il occupe, ainsi qu’aux privilèges qui lui sont accordés par le roi et la reine. Ce recul lui permet de mesurer la chance qu’il a et de ne pas en abuser.

 

 « – Le cavalier de Compiègne est bien rêveur ce soir, dit Marie-Antoinette, alors qu’ils étaient rapprochés dans la formation d’une figure.
 
– Madame, Sa Majesté doit croire qu’on le serait à moins quand l’honneur insigne d’être son cavalier vous échoit.

– Je vous ai connu moins fin courtisan, monsieur.

– La vérité que je dois à Votre Majesté c’est que je compte mes pas, n’ayant guère l’occasion de danser pour le service du roi !

Elle jeta la tête en arrière en riant.

– Merci, monsieur,  je vous retrouve ; la vérité n’est pas courtisane. »  (p. 347)

 

Ce dialogue dévoile bien la simplicité et la sincérité de notre personnage, ce qui plaît à la reine, qui rappelons-le ne porte pas les courtisans dans son cœur. La dernière réplique de la reine montre bien qu’elle sait pertinemment que les courtisans ne disent que ce qu’elle ou son mari veulent bien entendre. Ils représentent à ses yeux tout ce qu’il peut exister de plus faux, de plus cupide et de plus hypocrite qui soit. Ce qui explique pourquoi elle cherche autant à trouver une sorte d’authenticité quand elle part pour Trianon.

Les courtisans ne comprennent pas comment Nicolas, surgi de nulle part à la cour de feu le roi Louis XV, a pu en si peu de temps gravir l’échelle sociale et se faire une place auprès des personnalités les plus puissantes de la cour de France. Le marquis de Ranreuil est redouté à la cour à cause de ses relations privilégiées et du respect qu’il impose. Il ne trouve pas sa place dans le milieu des courtisans et se sent différent d’eux : « […] non vraiment il n’appartenait pas à ce monde-là qu’il servait. » (p. 349).  Il ne peut pas se sentir à sa place chez les hommes et femmes du peuple puisqu’il a les « mêmes privilèges et habitudes de vie » (p. 348) que les courtisans.
  
Une autre différence est notable entre Nicolas et la cour ; pour expliquer cela, prenons deux exemples.

Sartine se moque de la mort de Dangeville car pour lui ce n’était qu’un pion, à la différence de Nicolas, qui ressent un profond regret suite à cette disparition, et des remords qui le poursuivront tout au long de l’ouvrage. Nous observons également que le comte du Nord n’éprouve rien quand il apprend la mort de Pavel. Cet homme était un serviteur envoyé par sa mère, la tsarine de Russie, pour le surveiller, selon lui.

Concluons donc que les serviteurs représentent peu de choses aux yeux des puissants. Cela contraste avec le fait que le père de Nicolas traitait les siens avec beaucoup de considération et qu’ils le lui rendaient au centuple.

Nous pouvons voir une nette scission entre les deux mondes. Nicolas, ayant commencé au bas de l’échelle sociale, peut mieux comprendre ce que les serviteurs peuvent ressentir. 



La police au XVIIIème siècle

En 1667, Louis XIV créa la charge de lieutenant de police à Paris. Le premier à exercer cette charge fut Gabriel Nicolas de La Reynie. Puis, en 1708, La Reynie mit en place la charge d’inspecteur pour seconder le commissaire. Au niveau hiérarchique, en-dessous des postes cités précédemment, se trouvent les guets puis la garde de Paris. Au XVIIIème siècle, cette hiérarchie connaît quelques petits changements, puisque les exempts et les sergents prennent la place des guets.

Pour résumer, en haut de la hiérarchie se place le  lieutenant général de police ; dans le roman il s’appelle Le Noir. Selon A. Gazier « un lieutenant de police doit prévenir les crimes, les malheurs [….] qui peuvent menacer les citoyens ». Il pense également qu’il y avait très peu de policiers à l’époque. Le lieutenant général  dépend du Roi.

Leurs seconds sont les commissaires, par exemple Nicolas Le Floch. Selon Sartine, qui a réellement existé, les commissaires servent d’intermédiaires entre le peuple et les souverains.

En dessous des commissaires se trouvent les inspecteurs, comme Bourdeau. Il est l’adjoint de Nicolas et a noué une grande amitié avec lui. Il remet Nicolas dans le droit chemin en l’aidant et en lui remontant le moral. Il le soutient quand il doute, pour lui prouver qu’il a eu raison d’agir comme il l’a fait. Nous pouvons donc dire qu’il a un rôle important dans la résolution des affaires sur lesquelles ils enquêtent.

Ensuite, les exempts et sergents étaient aux renseignements et servaient d’intermédiaires entre leurs supérieurs et les indicateurs.

Puis, tout en bas dans la hiérarchie, nous retrouvons les mouches et les différents indicateurs de la police. Les mouches étaient les espions engagés par la police pour filer ou surveiller des suspects. Ce pouvait être des  tenancières de maisons closes, d’anciens voleurs ou des personnes ayant eu un lourd passé judiciaire. Leur rôle était d’être les yeux et les oreilles de la police. Elles pouvaient ainsi avoir connaissance de tout ce qui se passait dans le royaume. Les mouches étaient obligées de coopérer car la police avait des informations compromettantes sur elles. Si elles étaient divulguées, ces personnes pouvaient aller en prison, ou être punies de mort. Dans le roman, les mouches sont Piquadieu, dit La Jeunesse, La Paulet une maquerelle, Dangeville… 

D’autres personnes aident aussi la police comme des ambassadeurs, des traducteurs et des médecins légistes. Les médecins légistes apparaissant dans le roman sont deux. Leurs noms sont Semacgus, qui est un bourreau, et Sanson, un ancien chirurgien de la marine. Ils sont d’une grande aide pour la police lorsqu’il s’agit de déterminer les circonstances de la mort des victimes. Le premier assiste le second pour l’ouverture des corps à la Basse Geôle, qui se trouve au Châtelet. Historiquement, l’identification des cadavres était effectuée à cet endroit.

Le Grand Châtelet était le lieu de réunion de la police. Nicolas Le Floch y retrouve ses collègues pour faire le point sur l’enquête en cours et pour qu’ils réunissent les informations qu’ils ont collectées individuellement. Au-dessous du bureau de permanence se trouvent des  geôles. Y sont  enfermés les potentiels suspects ou les mouches que la police désire avoir à portée de main, de peur qu’elles ne se volatilisent avec des informations confidentielles ou d’une grande importance.

Dans l’œuvre de Parot la police française est considérée comme « la meilleure police d’Europe […] Celle qui retrouvait les montres qu’elle faisait elle-même dérober pour mieux les restituer, si vite que l’honneur en rejaillissait », selon les dires de Sartine dans le roman (p. 27-28). C’était vrai puisque l’histoire nous prouve que la police française était admirée par les souverains des autres pays et décrite comme très efficace.

Sartine (1729-1801) a réellement existé : « l’histoire vante avec raison sa prodigieuse habilité à découvrir les malfaiteurs. Rien ne lui échappait, dit-on. ». Il a rédigé un mémoire en 1768 qu’il achevé en 1771. Il expliquait  le fonctionnement de la police française. Ce mémoire a été rédigé à la demande de Catherine II, la tsarine de Russie.  Selon son mémoire la police avait pour rôle de maintenir les règles et d’appliquer les peines. Elle intervenait dans les affaires concernant

 

« la religion ; la discipline des mœurs (désordres causés par l’ivrognerie par exemple) ; la santé ; les vivres ; la voirie (par rapport aux bâtiments); la sûreté et la tranquillité publiques (homicides, vols…) ; les sciences et les arts libéraux ; le commerce ; les manufactures et les arts mécaniques ; les serviteurs, domestiques, et ouvriers ; les pauvres (mendicité) »

 

Sartine distingue deux types de police : la police simple ou ordinaire et la police criminelle qui s’occupe des crimes et des délits. Dans l’œuvre nous avons une vision de ce deuxième type de police.

Concluons que la police du XVIIIème siècle se faisait respecter par la crainte qu’elle inspirait. Elle est vue comme un réseau de plusieurs personnes qui travaillent à la protection et à la sauvegarde des nobles, du clergé et du peuple.



La série télé
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Les Enquêtes de Nicolas Le Floch ont été adaptées au petit écran à partir de 2008. Cette série télévisée est diffusée sur France 2. À ce jour nous pouvons compter dix épisodes, répartis en cinq saisons. Ce sont des épisodes longs de 90 minutes.


Cependant la série ne respecte pas l’ordre chronologique de parution des ouvrages puisque L’Homme au ventre de plomb (2ème tome) est diffusé avant  L'Énigme des Blancs-manteaux (1er tome). Si la série ne suit pas cet ordre elle respecte néanmoins l’esprit de livres et reste le plus proche possible de leur contenu. À l’exception des épisodes La Larme de Varsovie et Le Grand Veneur diffusés en 2010 qui s’écartent totalement du roman car ils ont été imaginés par Hugues Pagan. Hugues Pagan est un auteur de romans policiers mais également un scénariste de films et de séries télévisées.

Le comédien Jérôme Robart a été choisi pour incarner le personnage du marquis de Ranreuil. Pour en savoir plus : une interview de Jérôme Robart réalisée en 2008 par Esther Bay et Baptiste Jacquiau :

 http://www.serieslive.com/article/516/jerome-robart-le-tournage-de-nicolas-le-floch-etait-une-course-contre-la-montre/



Mon avis

J’aime beaucoup la langue du XVIIIème siècle, car elle est très riche d’expressions qu’on n’utilise plus aujourd’hui. Cette noble langue est également pleine de musicalité.

Beaucoup de détails nous permettent d’entrer dans l’histoire et enrichissent l’intrigue. Nous avons ainsi des descriptions de repas entre amis avec les recettes détaillées, des descriptions du mobilier, mais également le nom des rues de Paris et l’ambiance qui y règne.

Je conseillerais aux lecteurs de commencer par le premier tome des enquêtes de Nicolas Le Floch. Il est difficile de lire le dixème sans avoir lu les autres, car des allusions sont faites aux tomes précédents. De plus l’histoire étant déjà mise en place, les personnages ont connu maintes péripéties ce qui va plus ou moins renforcer leurs liens. Pour bien comprendre l’histoire et le caractère de chaque personnage, le mieux est donc de commencer par le premier roman.

J’aime beaucoup les romans historiques car je pense que les époques passées ont plus de charme que la nôtre. À côté de ses costumes, ses coutumes, sa langue, le présent semble bien pauvre. Selon moi c’est un magnifique roman, qui fait découvrir des personnages à la psychologie très intéressante. L’auteur nous immerge totalement dans le Paris du XVIIIème siècle, ce qui fait le charme de l’œuvre.


Marina, 1ère année Bibliothèques


Sources

PAROT, Jean-François. L’enquête russe. 2013
 

 

Marie-Antoinette, une jeune fille dans l’arène. Télérama hors série, 2008
 

 

LEVER, Evelyne. Marie-Antoinette, un destin brisé. Le Grand livre du mois.

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/1782

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Fran%C3%A7ois_Parot

 

http://www.nicolaslefloch.fr/

 

http://www.wat.tv/video/jean-francois-parot-l-enquete-4utq5_2iynl_.html

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_d%27ind%C3%A9pendance_des_%C3%89tats-Unis

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Nicolas_Le_Floch

 

http://rives.revues.org/3962

 

http://www.bmlisieux.com/litterature/gambier/gambie23.htm

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Lieutenant-g%C3%A9n%C3%A9ral_de_police_en_France_sous_l%27Ancien_R%C3%A9gime

 

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k94412w/f8.image

 

http://www.nicolaslefloch.fr/Histoires/chronologie.html

 

http://www.serieslive.com/article/516/jerome-robart-le-tournage-de-nicolas-le-floch-etait-une-course-contre-la-montre/

 

www.france2.fr/serie-fiction/nicolas-le-floch/videos/interview-de-jerome-robart 

 

http://www.france2.fr/serie-fiction/nicolas-le-floch/videos/les-costumes  

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Nicolas_Le_Floch_%28s%C3%A9rie_t%C3%A9l%C3%A9vis%C3%A9e%29#.C3.89pisode_1_:_L.27Homme_au_ventre_de_plomb

 

http://www.babelio.com/auteur/Jean-Francois-Parot/5454

 

 

 

Jean-François PAROT sur LITTEXPRESS

 

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Article d'Astrid sur L'Énigme des Blancs-Manteaux

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Par Marina - Publié dans : polar, thriller
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Jeudi 8 août 2013 4 08 /08 /Août /2013 07:00


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Dashiell HAMMETT
L’Introuvable
The Thin Man (1934)


Traduction
Henri Robillot
Gallimard
Série Noire, 1950
La Poche noire, 1968
Carré noir, 1976
Folio, 1987
Folio policier, 2005
 

 

Nouvelle traduction
Nathalie Beunat et Pierre Bondil
Quarto, 2009
et Folio Policier, 2012



 

 

Dashiell Hammett

Dashiell Hammett est né à Baltimore en 1894 et mort à New York en 1961.

Il est considéré comme le fondateur du roman noir américain, la hard boiled school. Les personnages de ses romans sont violents et sans sensibilité. C’est ce qui caractérise ce type d’écriture. Il est vu comme l’inspirateur d’Hemigway et de Chandler.

Dashiell Hammett est parti de chez ses parents très tôt, vers 14 ans. Il a vécu dans la rue et y serait devenu alcoolique. Après plusieurs petits boulots, il devient détective privé pendant six ans au sein de l’agence Pinkerton. C’est d’ailleurs de cette expérience qu’il tirera son inspiration pour ses romans.

Ensuite, à Hollywood, il rencontre sa femme Lilian, qui vient d’une famille riche. Elle va l’entretenir ce qui lui permet de se consacrer à son métier d’écrivain. Mais il aura des problèmes avec la justice pendant la période du mccarthysme et il ira en prison, ce qui mettra fin à son mariage car il est considéré comme communiste et vu comme un hors la loi.

L’Introuvable sera son dernier roman puisque sa carrière d’écrivain prend fin en 1934. Il mourra en 1961 d’une overdose.

Au départ le roman est publié sous une forme condensée dans le Redbook Magazine en 1933. Puis il sera publié  en texte intégral sous le titre The Thin Man en 1934. Il y aura aussi en 1934 une adaptation cinématographique qui rencontrera un franc succès.

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Histoire

Clyde Wynant est un inventeur fou et il a disparu. Nick Charles revient pour les fêtes de fin d’année à New York. Dorothy, la fille de Clyde Wynant, Mimi, son ex-femme, Gilbert, son fils, le cherchent. La secrétaire de Clyde est retrouvée morte. Clyde Wynant est donc le premier suspect.

Nick Charles est un ancien détective privé, au service de Wynant avec Macaulay, un avocat, qui le seconde pour les affaires administratives. Nick Charles est marié à Nora qui vient d’une famille aisée et a hérité d’une scierie. Sans le vouloir, Nick Charles va être obligé de reprendre du service car toutes les personnes qui cherchent Clyde Wynant s’adressent à lui, même la police. Macaulay ne compte que sur lui pour le retrouver et pour prouver qu’il est innocent. Les seules choses qui indiquent que Clyde Wynant soit encore vivant sont les lettres que son avocat reçoit de lui. Tous les membres de la famille Wynant mentent. Mais qui a pu tuer la secrétaire ? Pourquoi Clyde Wynant est-il parti ? Pourquoi sa famille le cherche-t-elle alors qu’ils l’ont toujours rejeté ?
 


Les personnages

Mimi : elle court après les hommes et l’argent. Elle a peur que son nouveau mari, Jorgensen, la quitte si elle n’a plus d’argent.

Dorothy : elle est perturbée. Elle pleurniche tout le temps. Elle est séduite par le personnage de Nick.

Gilbert : c’est un personnage étrange qui s’intéresse à tout et veut tout savoir. Il passe des après-midi entiers à la bibliothèque pour étudier. Il est admiré par sa sœur mais éprouve une certaine jalousie lorsqu’elle admire plus Nick que lui.

Nick : c’est un ancien détective. Il est alcoolique et un peu désagréable, mais il tient au soutien de sa femme.

Nora : elle est la femme de Nick. C’est une riche héritière et l’ancien métier de son mari la fait rêver, elle adore se mettre en danger.

Macaulay : c’est l’avocat de Clyde Wynant ; il n’a pas une grosse personnalité et il est un peu perdu face à l’affaire.
 


Analyse

Le rythme du livre est rapide et intense. Les phrases sont sèches. Il n’y a pas de description, on sait juste qu’on se trouve dans New York dans les années 30. De plus l’action se passe essentiellement le soir ou la nuit ou bien dans des endroits sombres comme dans les speakeasy (bars où l’on servait de l’alcool malgré la prohibition). Ce qui donne un côté mystérieux, très ouvert et montre une autre facette de la population. De plus c’est une autre manière de vivre ; c’est pourquoi toute l’action s’y passe.

On ne connaît pas les sentiments des personnages car il n’y a pas de voix omnisciente ; le narrateur est le personnage de Nick Charles. Le roman dénonce également la violence « gratuite » ; il y a des bagarres et les policiers qui sont censés faire respecter la loi ne la respectent même pas ; ils tabassent les suspects sans que cela dérange personne. De plus ils se rendent eux-mêmes dans les speakeasy alors que ces bars ne devraient pas exister. Cela montre la corruption de la police.

Hammett dénonce aussi le comportement de la haute société de New York dans ces années-là ; c’est une société qui veut tout savoir, avoir l’information avant les autres et les journaux, qui parle beaucoup et se fie aux rumeurs. Elle tient à son luxe mais n’est pas irréprochable et ne vit que pour les apparences.

On peut voir quelques similitudes entre Nick Charles et Dashiell Hammett. Tous les deux sont d’anciens détectives, mariés à de riches héritières. Les deux couples ont des relations complexes et parfois dures. Et le livre est dédié à Lilian, son ex-femme.



Mon avis

J’ai bien aimé ce livre. Parce qu’il n’y a pas de descriptions. En tant que lectrice, j’ai pu m’imaginer dans la ville de New York à ma façon, ce qui m’a fait « entrer » dans l’histoire facilement. De plus les phrases sont courtes et sèches ce qui facilite la compréhension. Ce n’est pas un roman qui veut faire l’apologie du New York des années 30 donc on voit tout et surtout ce qu’il ne faut pas montrer de cette époque. Et il y a de beaucoup d’action ce qui donne du rythme à l’histoire.

Clémence, 1ère année Bibliothèques 2012-2013

 

 

Dashiell Hammett sur Littexpress

 

HAMMETT moisson rouge couv

 

 

 

 

 

 Article de Thomas sur Moisson rouge.

 

 

 

 

 

 

 

 

Dashiell Hammett Le Faucon de Malte

 

 

 

 

 

 

 

Article de Chloé sur Le Faucon de Malte.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dashiell-Hammett-la-cle-de-verre.gif






Article de Lucie sur La Clé de verre.

 

 

 

 

 

 

 

  Dashiell Hammett Meurtres a Chinatown

 

 

 

 

 

 Article de Loïk sur Meurtres à Chinatown.

 

 

 

 

 

 

 

 

Dashiell Hammett Le grand braquage

 

 

 

 

 

 

Article de Laurette sur Le Grand Braquage.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par Clémence - Publié dans : polar, thriller
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Lundi 29 juillet 2013 1 29 /07 /Juil /2013 07:00

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Ed McBAIN
Jouez Violons
Fiddlers
traduit de l’anglais
par Jacques Martinache
Presses de la cité
Sang d’encre, 2006

 
 

 

 

 

 

 

 

 


L’auteur
 
Ed McBain est un écrivain, nouvelliste, et scénariste américain, né le 15 octobre 1926 à New York et mort le 6 juillet 2005. Ed McBain – son vrai nom est Salvatore Lombino – est un pseudonyme qu’il a utilisé pour écrire la plupart de ses romans. Il a utilisé également des pseudonymes comme Evan Hunter, Richard Marsten, Hunt Collins, Curt Cannon et Ezra Hannon. Il fut un scénariste remarqué, notamment celui des Oiseaux d'Alfred Hitchcock, et a participé à l'écriture de plusieurs séries TV comme Columbo. Quelques ouvrages littéraires et des textes de science-fiction ont été écrits par cet auteur, mais cela reste marginal. En effet, il est principalement connu pour le nombre ahurissant de romans noirs qu’il a publiés.



Le 87e District
 
Ed McBain est l'auteur d’une série qui s’intitule Le 87e District composée de cinquante-cinq romans et trois nouvelles écrits entre 1956 et 2005. Il a connu le succès grâce à cette série. Ce sont des romans noirs, de procédure criminelle, le lecteur suivant pas à pas le déroulement de l'enquête. Jouez violons est le dernier roman de cette longue série, laissé par l’auteur avant de mourir.

Le 87e District met en scène plusieurs inspecteurs, dont Steve Carella et Meyer que l’on retrouve aussi bien que dans le premier roman que dans le 44ème par exemple. L’auteur a introduit un élément nouveau avec cette série. En effet, nous suivons la vie privée des inspecteurs tout au long des romans et découvrons leur famille, leur travail et leur situation financière. Ainsi, l’approche des policiers dans leur globalité est une invention de cet auteur. Par ailleurs, ses romans se caractérisent par un travail remarquable sur le temps romanesque et l'imbrication des intrigues.
 


Le roman noir
 
Le roman noir peut être considéré comme un sous-genre appartenant au roman policier, qui naît véritablement aux États-Unis dans les années 1920 et connaît son essor après la Seconde Guerre mondiale. Le terme roman noir désigne aujourd'hui un roman policier inscrit dans une réalité sociale précise, porteur d'un discours critique. On peut relever certains éléments récurrents qui le caractérisent : un univers violent, un cadre très souvent urbain, un regard tragique et pessimiste sur la société, et un engagement politique ou social, ou encore l'usage de l'argot pour être au plus près du milieu social décrit. On constate cela dans Jouez violons :

 

« – Possession et vente. Il a passé un accord avec le proc, il s’en est tiré avec deux ans et une amende de cinq mille.

– Tu l’as rencontré, ce caïd ? »

Ou encore :

« Il avait envie de boucler ce petit chinetoque au crâne chauve pour hausse de prix illicite, ou quelque chose comme ça. »

« Tu crois qu’il la tringlait ? demanda Monroe à son coéquipier.

– Tu la tringlerais, toi ?

– Il tringlerait tout ce qui bouge, intervint Ollie.

– N’importe quoi, marmonna Monroe. »

 

Parmi les précurseurs français du genre, on peut citer Honoré de Balzac : Une ténébreuse affaire (1843). Dans les années 1920, une génération d'écrivains américains, notamment Dashiell Hammett, écrit des romans qui ont pour ambition de rendre compte de la réalité du pays : gangstérisme, corruption politique et policière, toute-puissance de l'argent, utilisation ostensible de la violence... Il  apparaît vraiment comme le représentant de cette littérature populaire naissante appelée « hard-boiled  », dont il créa l'école avec Carroll John Dally. Le roman noir connaît une multitude de formes.
 


L’éditeur
 
Les Presses de la Cité sont une maison d'édition française créée en 1944 par Sven Nielsen. Elle publie de la science-fiction, des romans historiques, d’aventures mais en majeure partie des romans policiers. Sang d’Encre est la collection qui représente le plus cette maison d’édition. On y trouve aussi bien des thrillers que des romans noirs : « Le noir se décline dans une infinité de nuances. Voilà pourquoi la collection Sang d’encre se fait le miroir de cette diversité avec des auteurs très différents les uns des autres ».
 
 

Jouez violons
 
La couverture de Jouez Violons représente une horloge sur laquelle est écrit « Fifth avenue Building » avec un gratte-ciel à l’arrière-plan. Cela représente, bien évidemment, le côté urbain du roman noir. L’histoire débute avec un meurtre, celui d’un violoniste, qui se prénomme Max Sobolov, d’où le titre « Jouez Violons » bien que tout le roman ne soit pas basé sur ce crime.

En effet, le meurtrier va assassiner cinq personnes au total :

 

Helen Reilly


Michael Hopwell


Christine Langdon


Max Sobolov


Alicia Hendricks

 

Il les a tous tués pour une raison précise. Le violoniste est celui qui a un rôle clé dans la vie du meurtrier, plus déterminant que les autres, même si les autres ont aussi joué un rôle relativement important. Les inspecteurs évoqués plus haut, Meyer et Carella et leurs collègues, Ollie, Parker, etc. vont enquêter sur ce crime.

La seconde victime sera la représentante en produits de beauté Alicia Hendricks. Ces deux assassinats ont un lien que vont exploiter les enquêteurs : les deux victimes se fournissaient toutes les deux en drogue chez la même personne. Puis, à partir du troisième meurtre, plus aucun lien ne peut être constaté. Toutes les recherches des policiers s’écroulent. En effet, le troisième meurtre est celui d’un professeur à la retraite et le quatrième, celui d’un un prêtre de 70 ans. Les inspecteurs sont persuadés qu’il s’agit d’un seul et unique assassin étant donné qu’est toujours utilisée la même arme, un Glock.

Une enquête délicate et ardue débute pour les enquêteurs qui se voient obligés de redoubler de stratégie et de subterfuges pour arriver à leurs fins. Dénonçant la drogue, la corruption et les inégalités, ce roman est un concentré d’action et d’énigmes.
 
Ed McBain Fiddlers
 
Mon avis

Je n’ai pas particulièrement apprécié ce roman du fait que l’on connaît le meurtrier dès la quarantième page, car l’on suit en parallèle la vie de ce dernier et la façon dont il tue ses victimes. De toute évidence, ce roman n’est pas un « whodunit », un roman dont le but est de nous faire deviner l’assassin. Ici l’accent est mis sur le pourquoi du crime. En effet, toutes les explications nous sont fournies à la toute fin du roman. Cela aurait pu être intéressant si nous n’avions pas deviné, à la moitié de Jouez Violons, le pourquoi de la moitié des crimes. Manque le suspens, donc, qui aurait pu nous tenir en haleine et rythmer les pages du roman.


Manon, 1ère année édition librairie

 

 

 

Par Manon - Publié dans : polar, thriller
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Dimanche 28 juillet 2013 7 28 /07 /Juil /2013 07:00

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SHIMADA Sōji
島田 荘司
Tokyo Zodiac Murders
占星術殺人事件
Senseijyutsu Satsujin Jiken
Kodansha Press, 1981
traduit du japonais
par Daniel Hadida
éditions Payot et Rivages, 2010


 

 

 

 

 

 

L'auteur
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Il est né le 12 octobre 1948 à Fukuyama (Préfecture d'Hiroshima). Il est d'abord diplômé de l'université  secondaire Seishikan Fukuyama, préfecture d'Hiroshima, et plus tard de l'Université Musashino d' Art, en Commercial Arts.

Il se marie avec Kim Feishan en 1995, puis ils partent s'installer à Los Angeles. Ils ont deux enfants quelques années après. Ils divorcent ensuite, et Shimada repart au Japon.

En 2008, il est nominé pour le prix Edogawa Rampo grâce à son roman Tokyo Zodiac Murder.

En plus d'être écrivain à succès, il est aussi designer, musicien et astrologue.

 Shimada Sōji est l'auteur de nombreux romans à énigmes, dont deux séries consacrées aux détectives Mitarai et Yoshiki. Très apprécié et connu au Japon, il y est précurseur du roman policier. Il a aussi contribué à influencer de nombreux jeunes auteurs de ce genre.

À Taiwan, en 2009, le Soji Shimada Award est créé, qui récompense des auteurs de romans policiers.

Il  est engagé depuis une vingtaine d'années dans un mouvement pour la libération et la réhabilitation de suspects injustement accusés de meurtres. Il est surnommé The Godfather of Shinhonkaku, en français: « Dieu du mystère ».



La maison d'édition et la collection

Les éditions Payot et Rivages

Payot se fait connaître à partir de 1962 dans le domaine des sciences humaines (elle édite Freud) et est surtout connue pour ses collections Petite bibliothèque (collection de poche de sciences humaines) Voyageurs et Rivages (collection de poche en littérature étrangère, dont le catalogue est pour moitié traduit de l'anglais et plutôt à visée grand public.

 Les éditions Rivages sont fondées à Marseille en 1979 et proposent une collection sur le cinéma, ainsi que des romans policiers.

Payot rachète les éditions Rivages en 1991. La fusion donne les éditions Payot et Rivages. Depuis 2012, la maison d'édition Actes Sud détient à 100 % le capital de cette maison d'édition.

 
La collection

À ses débuts, la collection Thriller est surtout tournée vers les auteurs américains, mais d'autres aires sont représentées : latino-américaine avec Paco Ignacio Taibo II, italienne avec par exemple Giorgio Scerbanenco ; allemande avec Wolf Haas… Les auteurs français n’ont pas été oubliés par le créateur de la collection : Claude Amoz, Pascal Dessaint, Jean-Hugues Oppel, Hugues Pagan, Pierre Siniac et Marc Villard s'inscrivent très régulièrement au catalogue.

Cette collection se distingue de ses concurrents par plusieurs caractéristiques.

Un travail particulier sur les couvertures qui contrastent avec celles plus sombres de Fleuve noir (qui a publié notamment San Antonio, Harlan Coben…).

Le suivi d'un auteur durant toute sa carrière, afin de tendre vers une publication de la totalité de son œuvre. C'est le cas par exemple de Jim Thompson qui avait été délaissé par Série Noire, mais aussi de James Ellroy, David Goodis, John Harvey ou Tony Hillerman.

Cette collection se distingue aussi par son souci de traduction intégrale des textes originaux, reprenant parfois d’anciennes traductions, avec notamment un grand travail sur les titres des romans, parfois mal traduits par les précédentes éditions (Série Noire par exemple).

 À partir de 2008, les éditions Casterman éditent des adaptations en bande dessinée de certains titres de la collection, sous le label Rivages/Casterman/Noir.

Voir  ici le compte rendu d’une rencontre avec François Guérif, fondateur et directeur des collections Rivages/Noir et Rivages/Thriller.



Bibliographie

 

Detective Kiyoshi Mitarai Series (Série du détective Mitarai) : Tokyo Zodiac Murders est le premier tome de la série. Le dernier tome est paru en 2009.

Takeshi Yoshiki Series (Série du détective Yoshiki) : une partie de cette série a été adaptée à la télévision. Le premier tome est sorti en 1984, le dernier en 2002.

½ Woman : Account of the Takayama Murders (1985)

 

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L'histoire

À la veille de la Seconde Guerre mondiale, dans un Japon en pleine évolution, mais aussi impérial et étrange, une série de meurtres mobilise la police japonaise et donne lieu à toutes sortes d’hypothèses.

Le meurtre du peintre Heikichi, à moitié fou et reclus dans une chambre close, prend une dimension presque surnaturelle lorsque les cadavres des membres de sa famille sont progressivement retrouvés, chacun amputé d'une partie du corps selon des principes astrologiques et alchimiques, dans le but d'assembler Azoth, une déesse imaginée par le peintre Umezawa Heikichi.

De nombreuses questions font alors réfléchir le lecteur en même temps que le détective Mitarai : qui a assassiné Heikichi  et tué ses filles, sachant que le peintre a été assassiné avant elles ? Des notes retrouvées près du corps du peintre expliquent où chercher chacune des filles et pourquoi une partie du corps a été prélevée... Qui est ce docteur Frankenstein japonais ? Qui a laissé ces documents ? Heikichi pourrait-il être encore vivant afin d'accomplir son œuvre ultime ? Ou avait-il une personne prête à accomplir son projet fou ? Et... où est passé Azoth ?

Quarante ans après, l'astrologue, logicien et détective Mitarai, ainsi que son assistant Ishioka s'attaquent à ce mystère, sollicités par une femme dont le père récemment décédé semble avoir été mêlé à cette affaire. Réussiront-ils à la résoudre ?

 

Les personnages

Umezawa Heikichi : le peintre fou, qui a imaginé Azoth. Il est assassiné dans une chambre close au début de l'intrigue. C'est l'un des premiers mystères à résoudre dans le livre.

Azoth : déesse constituée des parties du corps des filles et nièces du peintre selon des principes alchimiques et astrologiques. Elle disparaît après la série de crimes et est un personnage clef de l'histoire. Existe-t-elle vraiment ? Est-elle seulement le fruit de l'imagination du peintre ?

Umezawa Tae : c'est la première femme d'Heikichi, ils se sont rencontrés en France, à Paris. Elle tenait un stand de cigarettes puis Heikichi l'a quittée, elle est tombée malade, et est morte peu après la série de meurtres.

Umezawa Masako : Heikichi a trompé Tae avec elle, c'est sa seconde femme.

Les deux femmes ont une fille du même père, la même année : Tokiko pour Tae, Yukiko pour Masako.

Les filles retrouvées mortes en différents lieux du Japon : Tokiko (fille de Tae et Heikichi), Yukiko (fille de Masako et Heikichi), Murakami Tomoko, Murakami Akiko (les filles de Masako, issues des précédents mariages), Reiko Heikichi et Nobuyo Heikichi (les nièces d'Heikichi).

Takegoshi Bunjirô : policier en 1936.
 
Kazumi Ishioka : détective en herbe, ami et assistant de l'astrologue et détective privé Mitarai. C'est le narrateur du roman, et l'illustrateur. Il prend soin de Mitarai.

Kiyoshi Mitarai : astrologue, détective, il a des passions qui changent souvent. Il possède un petit cabinet d'astrologie qui sert aussi de base pour sa deuxième « profession ». Il boit souvent et fume. Un sens de la déduction hors du commun, malgré son goût pour la tranquillité. Légèrement excentrique, il a un mode de vie original : moins il travaille, moins il est connu, plus il est content. Il déteste avoir des obligations, devoir se lever alors qu'il veut rester dormir. De plus, gagner de l'argent ne l’intéresse pas. Il préfère rester peu connu, dans l'ombre, et voudrait qu’on l'appelle à l'aide le moins possible.

 

La structure du roman

Les deux premières parties du roman sont consacrées à poser les bases de l'histoire principale : la confession du peintre, les multiples personnages impliqués et les raisons pour lesquelles Mitarai s’occupe de cette affaire. L'énigme est mise en place, et quelques hypothèses sont étouffées. Tout cela, alors que Mitarai est assis dans son canapé, et qu'Ishioka lui explique les faits à voix haute.

Après environ 200 pages, l'action du roman commence à arriver. Les deux acolytes reçoivent un document résolvant un problème majeur de l'énigme, mais elle demeure complexe. Ils décident alors de parcourir le Japon, afin tenter de résoudre l'énigme en une semaine (alors que le Japon entier ne l'a pas résolue en quarante ans), après avoir jeté un défi à une personne de l'histoire (pour plus de détails, lisez le livre !). Cette partie permet de découvrir Tokyo et Kyoto (l'ancienne capitale du Japon), le mode de vie des Japonais, de souligner les différences Occident/Orient. Le duo rencontre d'autres personnages, réfléchit vraiment… et le roman prend vie, alors que la première partie n'est que souvenirs et hypothèses.

 Ainsi, les deux parties s'opposent par leur contenu bien qu'elles se complètent aussi (on ne peut pas ne pas lire l'une des deux, sinon on manque des détails importants).

À ces deux parties viennent s'ajouter l'épilogue où une lettre arrive chez Mitarai, d'une personne inconnue (sauf dans le roman !), et deux défis de l'auteur adressés au lecteur.

 

Thèmes abordés

Le régime politique : dans la présentation du projet fou de Heikichi, ce dernier dit qu'il souhaiterait qu'Azoth gouverne le Japon, comme un empereur l'a fait durant les siècles précédents. On peut voir cela comme un rappel ou une critique du régime japonais : un empereur affaibli par la guerre (le roman a été écrit après la Seconde Guerre mondiale et la défaite cuisante du Japon) et un ministre.

Les différences entre Orient et Occident : astrologie occidentale et orientale se complètent (surtout dans le prologue) et Paris est le lieu de rencontre de Tae et Heikichi.

La paresse et l'alcool : les deux caractéristiques de Mitarai. Elles ne sont pas abordées sous un angle négatif ou critique mais plutôt neutre. Le thème de la paresse est plutôt étonnant, surtout lorsqu'on sait que l'un des préjugés que les Occidentaux peuvent avoir sur les Japonais est qu'ils travaillent sans interruption et que la société japonaise est fondée sur la hiérarchie, que les employés prennent rarement des vacances…

L'astrologie : thème omniprésent dans le roman. Le détective est astrologue, et l'auteur est amateur d'astrologie. Les meurtres ont été commis selon des principes astrologiques. Le titre fait aussi bien sûr penser à ce thème : Zodiac.

L'art : un des personnages principaux est peintre, la sculpture est très présente. La fabrique de mannequins présente un art artisanal et ancestral.

La féminité : c'est le thème principal du roman. L’essentiel de l'histoire tourne autour du meurtre des filles d'Heikichi, et de la supposée création d'Azoth la déesse qui représente la femme parfaite, imaginée par le peintre.

 

L’originalité d'un roman policier classique

L’œuvre s'inscrit dans la tradition du roman policier car on trouve des éléments tels qu'un détective brillant, son assistant narrateur, un meurtre en chambre fermée de l'intérieur, des déductions logiques, et un final avec une présentation de la solution devant les intéressés... L'auteur répond aux trois questions du whodunit : qui, comment, pourquoi ?

D'autres éléments font la modernité et l’originalité de ce roman policier : le lieu – l'histoire se passe au Japon – et l'astrologie. On trouve aussi un détective hors normes, qui se démarque de ceux que l'on connaît (moins il  travaille et moins il est connu, mieux il se porte), les défis lancés au lecteur (il y en a 2 : p. 282 et 299); la liberté de ton, surtout dans les dialogues, qui crée un contraste plaisant avec la thématique.

 

Les influences

On perçoit facilement la principale influence anglaise : Arthur Conan Doyle, dont le style d'écriture et les personnages décalés ont été améliorés. L'auteur critique le personnage principal de Doyle :

 

« Holmes nous est présenté comme le roi du déguisement. Une perruque et des sourcils blancs, une ombrelle et le voilà qui traverse la ville déguisé en vieille femme. Tu sais combien mesurait Holmes ? Plus de six pieds, soit quasiment un mètre quatre-vingt-dix ! Tu imagines des gens qui se disent : « Tiens, voilà une petite vieille d’un mètre quatre-vingt-dix » ? Un monstre, oui ! En fait les gens devaient se dire : « Tiens, voilà ce pitre de Holmes, encore déguisé en bonne femme ! » Seul Watson se laissait avoir. »

 

Les autres références sont françaises : Gaston Leroux  avec son Mystère de la chambre jaune qui a visiblement influencé l'auteur pour le meurtre d'Heikichi et La Dame dans l'auto avec des lunettes et un fusil  de Japrisot.



Avis personnel

J'ai vraiment aimé lire ce roman. La couverture et l'histoire donnent envie de connaître le fin mot de l'histoire. J'ai apprécié découvrir le Japon de cette manière, et les personnages décalés m'ont plu, particulièrement Ishioda.

Même si quelques explications sont peu claires, les illustrations facilitent la compréhension des solutions. Des notes du traducteur nous aident  à comprendre des astuces (des changements de noms par exemple).

C'est en vérité surtout un roman de logique, et assez mathématique, avec beaucoup de détails. Il faut aussi retenir que l'ordre des meurtres est important pour comprendre l'intrigue : d'abord meurt Heikichi, puis sa fille aînée Yokiko, puis les autres filles.

 L'auteur s'amuse à ridiculiser un peu le détective londonien auquel on identifie facilement le duo d’enquêteurs, mais il reste un des auteurs classiques japonais dans ce genre. On peut s'attendre à retrouver des traductions de sa série de Mitarai prochainement, peut-être dans la même collection.

 

 

 Coline Paillet, 1ère année Bibliothèques-Médiathèques 2012-2013

 

 

Quelques avis de blogueurs

 http://moisson-noire.over-blog.com/article-tokyo-zodiac-murders-soji-shimada-44156092.html

 http://mes-lectures.over-blog.fr/article-tokyo-zodiac-murders-par-soji-shimada-45115560.html

 

Sources

Wikipédia (page japonaise traduite en français) : page sur l'auteur.

http://www.booksfromjapan.jp/authors/item/125-soji-shimada : traduite en français.

Informations sur la maison d'édition et la collection : http://www.bibliomonde.com/editeur/payot-rivages-115.html

 

Par Coline - Publié dans : polar, thriller
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Dimanche 21 juillet 2013 7 21 /07 /Juil /2013 07:00

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Maurice ATTIA
Alger la Noire
Actes Sud
Collection Actes Noirs, 2006

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Maurice Attia est un écrivain français né à Alger en 1949. Il est également psychanalyste, psychiatre, scénariste et cinéaste. Il a été à l’école primaire à Alger, dans  le quartier de Bâb-el-Oued où se situe le roman. Sa famille, comme beaucoup d'autres à la fin de la guerre d’Algérie, émigre vers la France et s’établit à Marseille. Il garde de bons souvenirs de Marseille où il a vécu et qui l’a accueilli après l’exil d’Algérie. Aujourd’hui il dit qu'elle reste « le symbole de l'exil et de l'accueil... des magouilles et des combines... ». Il y a fait des études de médecine, s’est spécialisé dans la psychiatrie, puis dans la psychanalyse. De cet auteur sont d’abord parues des publications médicales puis des nouvelles noires et enfin plusieurs romans noirs. En 2006, la publication d’Alger la Noire est saluée par le public et par la critique ; il reçoit entre autres les prix Michel Lebrun et Jean Amila-Mecker, ainsi que le prix du polar méditerranéen. Alger la Noire deviendra une série avec le même héros, ce sera une trilogie avec le second livre Pointe rouge en 2007 et enfin Paris blues en 2009. En 2012, Alger la Noire est adaptée en BD par Jacques Ferrandez.

 

L’histoire d’Alger la Noire se déroule à Alger, dans le quartier de Bâb-el-Oued, pendant la guerre d’Algérie, de janvier à juin 1962. C’est bientôt l’indépendance octroyée par le général de Gaulle mais les combats font encore rage entre l’OAS (l’Organisation de l’Armée secrète) qui se bat pour que l’Algérie reste sous la dépendance française et le FLN (Front de Libération Nationale) dont les partisans se battent pour l’indépendance. C’est un contexte violent, de vengeance, qui conduit au sentiment d’insécurité totale pour les Algérois ; ils voient à longueur de journée des bombes qui explosent, des attaques et des attentats très fréquents, ou même des meurtres gratuits entre les opposants des deux groupes. Le climat est celui de la peur générale et de l’envie de fuir vers la métropole pour les habitants, et au milieu de ces événements l’auteur s'attache à décrire les maux des petites gens, dans une Algérie déchirée.

 L’action se déroule dans le quartier de Bâb-el-Oued, à Alger, en 1962. La guerre fait rage entre les militants du FLN et de l’OAS quand, sur la plage, un couple franco-arabe est retrouvé assassiné et positionné de manière obscène. Elle, une jeune fille blanche, s’appelle Estelle Thévenot. Lui, un jeune Arabe, Mouloud Abbas, a le sexe coupé et enfoncé dans sa bouche. Ils sont retrouvés tous deux morts en position du missionnaire. Mais personne ne se soucie de ce meurtre qui semble banal en cette période et qui pourrait très bien n’être qu’un vulgaire règlement de comptes de la part des militants de l’OAS qui ne supportent pas de voir des couples franco-arabes. Paco Martinez est inspecteur de quartier à Bâb-el-Oued et décide de mener l’enquête sur ce double meurtre qui lui paraît hautement suspect. S’ensuit une série d’assassinats tous liés avec ce premier meurtre qui pourtant paraissait un banal crime de l’OAS, comme il y en avait tous les jours en ces années-là. Entre assassinats continuels et tous liés, corruption, sexe et tentative d’homicide sur sa personne, Paco Martinez va dénouer petit à petit, entre Marseille et Alger, les mystères profonds qui entourent l’assassinat des deux jeunes gens.



Paco Martinez est le héros de l’histoire. C’est un inspecteur de police consciencieux et torturé par les événements d’Algérie. Il aime Alger, sa ville et ne veut pas la quitter. Il est l’un des seuls policiers du commissariat où il travaille à encore vouloir enquêter malgré le nombre de meurtres et d’attentats à déplorer par jour. Il ne prend pas de parti, ni pour le FLN ni pour l’OAS, ce qui lui vaut une réputation de traître auprès de ses collègues au commissariat. Il n’a connu ni son père ni sa mère et vit avec sa grand-mère.

 

 

Irène, la compagne de Paco, tient une boutique d’accessoires de mode à Bâb-el-Oued. Elle a perdu une jambe dans un attentat contre le FLN. C’est une femme très indépendante, le couple ne vit d’ailleurs pas ensemble. Elle agit de manière totalement indépendante et ne veut surtout pas qu’on la plaigne pour la perte de sa jambe.

 

 

La grand-mère paternelle de Paco est une vieille femme secrète qui devient sénile mais garde  de lourds secrets de famille. C’est une Espagnole en fuite en Algérie à cause de la guerre civile de son pays d’origine, et elle a élevé Paco dès son plus jeune âge. Elle est très jalouse d’Irène, car Paco partage ses soirées entre sa compagne et sa grand-mère.

 

 

L’inspecteur Maurice Choukroun est le seul inspecteur qui veuille seconder Paco sur l’enquête et continuer à travailler malgré les événements. Comme Paco, il ne prend pas parti pour le FLN ou l’OAS, et est donc aussi considéré comme traître au commissariat. C’est le seul véritable ami de Paco. Il meurt à la fin de la première partie du roman, tué par l’OAS pour avoir voulu fuir les événements à la métropole. Malgré sa mort il reste un personnage central dans le roman puisque, lorsque Paco va jusqu’à Marseille pour enquêter, il logera chez la veuve de ce dernier qui est finalement partie à Marseille.


Estelle Thévenot et sa famille. Il s’agit de la jeune fille que l’on retrouve assassinée au début du roman, c’est de cet assassinat que part l’histoire. La famille Thévenot est une étrange famille, pleine de secrets et de non-dits. Un père handicapé qui ne vient pas à l’enterrement de sa fille et qui fréquente les bordels d’Alger, un frère très hautain qui semble détester au plus haut point sa famille, surprotégeant Estelle et passant pour un malade aux yeux des autres jeunes, et une mère habitant en France avec un autre homme, jamais présente pour ses enfants et qui semble ne pas souffrir de la mort de sa fille.


Mouloud Abbas, le petit ami d’Estelle Thévenot, un jeune homme d’origine arabe mais dont la place dans le roman est moins déterminante que celle d’Estelle et des siens.

 

Ce roman polyphonique alterne les voix des quatre personnages centraux du récit : Paco, Irène, la grand-mère de Paco et l’inspecteur Maurice Choukroun. L’auteur prête à chacun une manière de s’exprimer bien déterminée et différenciée ; la diversité de leurs voix donne du vivant au roman. En effet, on a par exemple pour l’inspecteur un langage plutôt oral, parlé, qui reflète la manière de s’exprimer à Alger à cette période, avec les expressions quotidiennes ainsi que les jurons arabes glissés dans les conversations en français, tandis qu’Irène, la compagne de Paco, s’exprime dans une langue presque soutenue et réfléchie, avec des références culturelles plus légitimes.

Les thèmes abordés sont les suivants : la prostitution et le sexe trouvent une place importante ; il y a en effet beaucoup de scènes d’enquêtes dans un bordel d’Alger et des prostituées sont impliquées volontairement ou non dans les assassinats de l’histoire. On retrouve aussi des scènes d’amour charnel entre Irène et Paco, ces passages ne relèvent pas de descriptions très crues mais ne sont pour autant ni feutrées ni atténuées ; cependant il y a aussi la présence du sexe plus obscène voire malsain avec une situation d’inceste par exemple. Le thème de la corruption par les milices secrètes est aussi abordé ; par exemple, au commissariat, ceux qui ne prennent pas le parti de l’OAS sont considérés comme des traîtres mais surtout les enquêtes et leurs résultats sont parfois très influencés ou mêmes neutralisés à cause de ces groupes qui font pression. On sent également au fil du roman une peur grandissante de l’humain, une angoisse vis-à-vis de l’autre, le narrateur n’a plus confiance en l’homme à cause des événements auxquels il assiste mais cela va plus loin, comme par exemple quand on voit la réticence du héros à engager une vraie relation stable avec sa compagne Irène. L’auteur aborde aussi la question des secrets de famille, car il y en a autant dans la famille Thévenot que dans celle de Paco, secrets que sa grand-mère lui cache soigneusement.

 
Julie, 1ère année édition-librairie.


Par Julie - Publié dans : polar, thriller
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Mardi 9 juillet 2013 2 09 /07 /Juil /2013 07:00

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Charles EXBRAYAT
la série Imogène

Volume 1 : Ne vous fâchez pas, Imogène !, 1959
Volume 2 : Imogène est de retour, 1960
Volume 3 : Encore vous, Imogène ?, 1962
Volume 4 : Imogène, vous êtes impossible, 1963
Volume 5 : Notre Imogène, 1969
Volume 6 : Les Fiançailles d’Imogène, 1971
Volume 7 : Imogène et la veuve blanche, 1975
Éditions du Masque




 

 

 

Un mot sur l’auteur
 

Charles Exbrayat est né à Saint-Étienne en 1906 et décédé en 1989 au même endroit. Écrivain français connu surtout pour ses romans policiers, il a écrit une centaine de romans dont certains sous le pseudonyme de Michael Loggan avec Jacques Dubessy. Destiné à une carrière de médecin, c’est d’abord vers les sciences qu’il se tourne avant de commencer à écrire. Ce n’est qu’après la Seconde Guerre mondiale qu’Exbrayat s’oriente vers le roman policier. En 1958, il obtient le Grand prix du roman d’aventures. Chahuteur incontestable ayant un goût non dissimulé pour le rire, c’est naturellement qu’il mêle roman policier et humour. Par la suite, Il devint directeur des Éditions du Masque. Depuis sa mort, certaines de ses œuvres ont été adaptées au cinéma ou à la télévision, comme récemment Imogène McCarthery avec Catherine Frot et Lambert Wilson ou la série Imogène avec Dominique Lavanant. Dans sa ville natale, le prix Charles-Exbrayat a été créé dans le but de récompenser les romans pouvant correspondre aux attentes de l’écrivain aujourd’hui décédé.



L’éditeur

Les Éditions du Masque ont été fondées en 1925, durant l’entre-deux-guerres, par Albert Pigasse. À l’origine, elles s’appelaient les Éditions des Champs-Élysées. Réputée pour être l’éditeur français d’Agatha Christie, la maison jouit aujourd’hui d’une grande réputation dans le domaine des romans policiers. Depuis, elle fait partie du groupe Jean-Claude Lattés et est diffusée par Hachette.



Les principaux personnages : un cocktail détonnant !

Imogène McCarthery

Écossaise à la crinière rousse et au physique imposant, Imogène est l’héroïne de la série. En patriote convaincue, elle n’a pas peur de considérer la reine d’Angleterre comme une usurpatrice et de le crier haut et fort : elle est en effet une fervente partisane de Marie Stuart. De mauvaise foi, aimant la bouteille (surtout le whisky), et toujours prête à se battre — ce qui est assez fréquent lors des soirées qu’elle passe au pub du Fier Highlander —, son caractère de feu est loin de faire l’unanimité dans le petit village de Callander. Le village est en effet divisé en deux, entre ses fidèles partisans et ses détracteurs virulents. Tous ses amis sont des hommes du village qui la considèrent comme une force de la nature (de la nature écossaise cela va de soi…).

Dans « ses » enquêtes, cette ancienne employée de l’Amirauté est loin de faire preuve des meilleures qualités d’un détective, se trompant souvent, fonçant tête baissée et écartant chaque suspect lui paraissant être trop bon Écossais pour pouvoir être le coupable.

Néanmoins, elle réussit toujours à se tirer d’affaire et, bien qu’elle n’y soit pour rien,  demeure pour ses amies une héroïne incontestée, une bien digne représentante des Highlanders.


Archibald McClostaugh

C’est le sergent du poste de police de Callander. Fort comme un bœuf et ne rechignant pas à se servir à boire, il est littéralement allergique à Imogène qui ne cesse de le taquiner, ne lui concédant aucune autorité. Les folies d’Imogène et les nombreux problèmes qu’elle crée (parfois malgré elle) le mettent hors de lui et il n’est pas rare qu’il se trouve au bord d’une crise de neurasthénie. C’est non sans impatience qu’il attend l’heure de la retraite.

Enfin, bien qu’il fasse des efforts pour maintenir l’ordre dans Callander, il est bien souvent trop têtu pour admettre la vérité et la risée de ses supérieurs qui le considèrent volontiers comme un incapable.


Samuel Tyler

Samuel Tyler est le constable de Callander, et, de ce fait, suppléé souvent McClostaugh dans ses enquêtes. Ami d’Imogène, il se retrouve malgré lui pris dans les disputes et les bagarres du sergent McClostaugh et d’Imogène. Ayant un bon fond, il lui arrive d’aider Imogène et d’arranger certaines situations. De plus, Tyler subit au quotidien les brimades de son supérieur, ce dernier étant avare, arrogant et, comme tous les Écossais, bien trop fier de lui.


Mrs. Elroy

Mrs. Elroy est la vieille nanny d’Imogène. Bien qu’elle n’en soit plus un, elle aime l’appeler « mon bébé » et est prête à tout pour défendre Imogène au village.


Ted Boolit

Ted Boolit est le patron du pub de Callander, le Fier Highlander. Ami d’Imogène, il n’hésite pas à la défendre et cela crée des tensions avec sa femme, qui elle, la déteste.


William McGrew

William McGrew est l’épicier du village. Il est, au début de la série, mené à la baguette par sa femme mais, sur les conseils de son ami Ted Boolit et considérant Imogène comme l’idéal féminin, il a eu tôt fait de ne plus supporter les ordres de sa femme ni ses insultes envers son amie à la crinière rousse.


Margaret Boolit & Mrs. McGrew

Ces deux femmes sont les épouses respectives de Ted Boolit et de William McGrew et détestent presque autant leurs maris que celle qu’elles surnomment Jézabel. Il n’est pas rare qu’elles tentent de se venger d’elle ou de leurs maris bien que cela finisse inévitablement par leur retomber dessus. Elles unissent souvent leurs forces à celles des trois veuves du village, ayant en commun leur haine pour Imogène.


Mrs. Fraser, Mrs. Sharpe & Mrs. Plury

Ce sont les trois veuves du village, amies et commères invétérées. Elles ont une sainte horreur d’Imogène et organisent souvent des complots pour la faire quitter Callander ou lui rendre la monnaie de sa pièce.



Résumé de chaque volume

 

 

 

Volume 1 : Ne vous fâchez pas, Imogène !, 1959

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Dans ce premier volume de la série, Imogène McCarthery, travaillant depuis une vingtaine d’années à l’Amirauté, ne cesse de s’accrocher avec chacun de ses collègues, leur reprochant sans détour de ne pas être écossais. Mais un jour, voilà que le grand patron de l’Amirauté, Sir Woolish, lui confie la mission d’aller transmettre des plans du Campbell 777, un avion à réaction à un contact de l’Amirauté résidant à Callander. Fière d’être investie d’une telle mission — tellement qu’elle claironne à tout le service la tâche qui lui incombe –, voilà notre Écossaise qui part retrouver son village natale, non sans péril. Imogène saura-t-elle déjouer les pièges qui l’attendent ? Pas sûr que l’annonce de son arrivée soit des mieux accueillies : ça risque de swinguer chez nos amis écossais !

 

 

 

 

Volume 2 : Imogène est de retour, 1960

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 « Au plus petit cadavre, je vous boucle ! », lance Archibald McClostaugh lorsque Imogène retourne à Callander car, à 53 ans, elle est en âge de prendre sa retraite et de rejoindre son village natal. Mais à peine vient-elle d’arriver, qu’un homme du nom de Morton se fait assassiner alors que le veille il disait à tout le monde être suivi par un fantôme. Voilà un mystère de taille qui ne manque pas d’intriguer l’indomptable Écossaise. Le sergent McClostaugh n’a pas fini de s’arracher les cheveux…


 

 

 

 

 

 

Volume 3 : Encore vous, Imogène ?, 1962

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Pouvant enfin profiter pleinement de sa retraite, Imogène se repose à Callander, ce qui ne manque pas de déchaîner les ragots : la flamboyante Imogène ne serait plus que l’ombre d’elle-même. Vous savez ce que l’on dit, il ne faut jamais écouter les ragots... Au cours d’un match de rugby, un homme annonce à Imogène qu’il se trame quelque chose de louche au collège Pemberton situé non loin de là. À peine a-t-il confié ses craintes que le voilà découvert pendant le match, mort, aux pieds d’Imogène. Cette dernière est bien décidée à laver son honneur et à enquêter sur place. Qui mieux qu’Imogène pourrait prendre la place de la victime en qualité de professeur remplaçant ?


 

 

 

Volume 4 : Imogène, vous êtes impossible, 1963

 

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Il est de notoriété publique à Callander qu’Imogène aime mettre son nez dans les affaites des autres. Aussi, lorsqu’elle surprend une discussion entre la femme du major Inchbar et le mari de Mme Ardley, deux familles amies, ne fait-il pour elle aucun doute qu’il se trame quelque chose de louche dans son village natal. C’est alors que Mme Ardley est retrouvée morte… Une nouvelle enquête pour la terreur des Highlands ?



 

 

 

 

Volume 5 : Notre Imogène, 1969

 

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Cet opus met en scène une histoire d’amants interdits à la sauce Exbrayat. Lorsque Angus Cumbrae, mécanicien, décide de s’enfuir avec Janet Leadburn, c’est l’oncle de Janet, Hugh Reston, armé, qui se présente au rendez-vous. Quand le corps de Reston est retrouvé sans vie, les soupçons semblent inévitablement s’orienter vers Cumbrae. Mais Imogène est loin d’être de cet avis et compte bien lever le voile sur ce nouveau mystère.


 

 

 

 

 

Volume 6 : Les Fiançailles d’Imogène, 1971

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Imogène fiancée ?! Voilà une nouvelle qui ne va pas manquer de susciter les commérages à Callander. Si ses détracteurs se réjouissent déjà, pensant que le calme reviendra dans leur village, ses amis, eux, sont déçus : comment la réincarnation de Marie Stuart, leur flamboyante Écossaise peut-elle les trahir de la sorte en décidant de se ranger ? Les bagarres n’ont pas fini de se multiplier et alors que le village est plus que jamais divisé, Moira Skateraw, de passage à Callander avec son amant, est retrouvée morte alors qu’elle tentait de fuir un mari sans pitié. Imogène réussira-t-elle à prouver qu’elle n’a rien perdu de sa superbe et à élucider ce crime ?



 

 

Volume 7 : Imogène et la veuve blanche, 1975

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Ken Benalder, disparu sans un mot depuis dix ans, aurait en fait été assassiné et son corps serait enfoui quelque part dans Callander. Une fois encore, c’est Imogène que l’on accuse à tort du meurtre. La vielle Écossaise sera prête à tout pour laver son honneur et pour trouver le coupable. Ne vaudrait-il mieux pas enquêter du côté de la famille Benalder et de la jeune et jolie Joyce ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Thèmes récurrents et intérêt de la série

Dans cette série, Exbrayat utilise plusieurs thèmes et crée ainsi un véritable univers plein d’humour.

Dans un premier temps, c’est sur la fierté écossaise et les tensions entre les différents peuples qui forment le Royaume-Uni que Charles Exbrayat joue. En effet, à travers le personnage d’Imogène mais aussi les habitants de Callander, se dessine le portrait d’une Écosse patriote, fière, aimant le whisky et très attachée à ses ancêtres. En forçant le trait, en insistant davantage sur les tares que sur les qualités des Écossais, Exbrayat nous fait rire aux larmes. Mais cet aspect a, à mon sens, une autre visée, celle de faire rire par le biais d’une culture, d’un pays et de nous pousser, nous, lecteurs, à nous interroger sur notre propre pays et nos propres habitudes.

Les rapports hommes-femmes sont également au cœur de la série. En effet, l’auteur  nous décrit ici des rapports de force, où les hommes doivent avoir l’ascendant sur leurs épouses. Imogène peut sembler être l’exception qui confirme la règle, cependant par les qualités que l’auteur met en avant d’elle, elle se rapproche plus de l’homme que de la femme. L’intérêt de traiter ce thème sous cet angle n’est, pour moi, pas tant un moyen de prôner le machisme (et peut-être même la violence conjugale) qu’ un moyen de faire rire en grossissant les rapports intersexuels qui existaient à l’époque.


L’alcool est aussi un thème récurrent dans la série. Il semble même se poser en caractéristique principale du bon Écossais. Cependant, une fois encore, loin d’inciter à l’alcoolisme ou de se moquer des Écossais, le but est véritablement d’amuser, car qui dit personnes ivres dit situations cocasses et quiproquos en pagaille.

La question de l’autorité est aussi présente et importante dans les Imogène et ce à deux niveaux différents. Premièrement, les rapports entre habitants et policiers du village permettent de montrer une défiance vis-à-vis de l’autorité qui peut peut-être s’inscrire dans le contexte de l’époque : la série Imogène a été écrite de 1959 à 1975 et l’auteur a vécu l’avant mais aussi l’après mai 1968 et a ainsi pu construire une critique par rapport à cet événement. Deuxièmement, la question de l’autorité accordée au pouvoir anglais en la personne de la Reine d’Angleterre est souvent abordée et permet de montrer les tensions et les difficultés pour l’Écosse mais aussi le pays de Galles et l’Irlande de reconnaître en la Couronne une forme de pouvoir étatique.

Enfin, l’intérêt de la série est en premier lieu de divertir et d’amuser le lecteur. De plus, ces intrigues sont un moyen idéal de passer aux cribles les rapports humains et la société de l’époque sans toutefois une volonté d’affirmer quelques pensées fortes et extrémistes.



Opinion personnelle

Cette série est chère à mon cœur car je dois à Exbrayat quelques-uns de mes plus gros fous rires de lecture. Loin de la littérature élitiste, les Imogène sont un moyen de passer un bon moment, de rire, d’avoir le cœur léger. Le style est loin d’être recherché mais Exbrayat a le don de nous rappeler à quel point la simplicité a du bon. En somme, ces sept livres sont à mon sens des remèdes à l’ennui et, tout en utilisant les codes du roman policier, réussissent à dépoussiérer le genre en offrant des scènes truculentes. Si vous avez aimé les Imogène, pensez aussi à lire les aventures du commissaire Tarchinini.



Un petit extrait

 

 

« [...] – Miss McCarthery, je ne tolérerai pas plus longtemps que vous manquiez à votre devoir !

À son tour Imogène prit la mouche et se dressant, furieuse, cria :

– Est-ce que vous vous imagineriez, par hasard, que c’est à un Gallois à demi sauvage de m’indiquer ce qu’est mon devoir ?

Archtaft ne valait rien pour ce genre de joute oratoire. Il ferma les yeux pour murmurer un appel à Dieu, lui demandant de lui donner la force de se contenir pour ne pas frapper son employée. D’une voix crispée, il murmura :

– Miss McCarthery, vous avez de la chance de ne pas être un homme !

– Quand je vous regarde, monsieur Archtaft, j’en suis convaincue ! […] »

 

Manon, 1ère année édition-librairie


Sources


La page Wikipédia de l’auteur : http://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Exbrayat
La page Wikipédia des éditions du Masque : http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89ditions_du_Masque
Le site web des éditions du Masque : http://www.lemasque.com/

Par Manon - Publié dans : polar, thriller
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Vendredi 21 juin 2013 5 21 /06 /Juin /2013 07:00

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Graham HURLEY
Les anges brisés de Somerstown
Titre original
Angels Passing (2002)
traduit de l’anglais
par Philippe Rouard.
éditions du Masque, 2004
Gallimard
Folio policier, 2006


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Graham Hurley est un écrivain britannique né en 1946 au Royaume-Uni, à Clacton-on-Sea, dans l’Essex. Il a vécu pendant trois ans à Portsmouth mais réside actuellement à Exmouth. Il est surtout connu pour sa série de romans policiers mettant en scène Joe Faraday, un inspecteur de police. Il est reconnu comme un grand auteur de romans policiers de procédure, en anglais police procedural.

Graham Hurley décrit avec précision les techniques policières et cela grâce à sa rencontre avec le chef de police de Portsmouth.

Sa série Joe Faraday est composée de 10 romans :

1. Disparu en mer, 2002
2. Coups sur coups, 2003
3. Les Anges brisés de Somerstown, 2004
4. La nuit du naufrage, 2006
5.  Les Quais de la blanche, 2007
6. Du sang et du miel, 2008
7. Sur la mauvaise pente, 2009
8. Beyond Reach, 2010
9. L’Autre Côté de l’ombre, 2011
10. Une si jolie mort, 2012

 

Je vais ici traiter du troisième livre de Graham Hurley publié en 2004.



Portsmouth


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Pour un historique de la ville, voir Wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Portsmouth




Le roman

Joe Faraday est un inspecteur de police de Portsmouth, dans le sud de l’Angleterre. Il est en charge de la police criminelle dans les quartiers nord de la ville.

Helen Bassam, jeune fille de quatorze ans, dont les parents sont divorcés, est retrouvée en bas d’un immeuble de vingt-trois étages, la tour Chuzzlewi. On pense à un suicide mais Doodie, un petit garçon de dix ans dont la mère ne s’occupe pas, a été vu avec Helen peu avant sa mort par Grace, la grand-mère d’une amie d’Helen qui habite dans l’immeuble. Faraday va chercher à découvrir s’il s’agit d’un suicide ou d’un meurtre et où se trouve à présent ce garçon. Après la mort d’Helen Bassam, un autre cadavre est découvert, celui de Bradley Finch, vingt ans, petit dealer de Portsmouth. Il est retrouvé à moitié nu, pendu à un arbre à Hilsea Lines. Il ne porte qu’une culotte de femme. Son corps semble avoir été roué de coups et cela élimine la thèse du suicide.

La ville est confrontée à la violence, à la drogue, aux trafics. On ne fait plus attention aux enfants, même les parents ont baissé les bras. La mère de Gavin Prentice, surnommé Doodie, ne s’occupe pas de son fils ; peu lui importe où il va. Doodie vit dans un cinéma désaffecté qui peut s’effondrer à tout instant. Il déteste l’école et frappe ses professeurs. Même sa mère pense qu’il vaut mieux qu’il n’y aille plus, qu’ils seront mieux sans lui.

Helen Bassam, elle, est enceinte et folle amoureuse d’un Afghan, Niamat Tabibi, marié, qui lui donne des leçons particulières en français et en mathématiques. Son père n’est jamais présent. Il est parti avec une autre femme et pour tout cadeau ne lui envoie que de l’argent de poche. Sa mère et elle ne s’entendent plus et Helen passe tout son temps chez sa meilleure amie, Trudy Gallagher, l’arrière-petite-fille de Grace. C'est donc Niamat Tabibi qui est le premier suspect.

Bradley Finch, que l'on retrouvera pendu, est un petit dealer de peu d’envergure. Il est amoureux de Louise Abeka, serveuse au Happy Stake Café. Mais Kenny Foster, un dealer important, désire Louise. Finch l'a dénoncé un cambriolage chez Brennan et Foster est furieux.

Les jeunes sont livrés à eux-mêmes, les parents baissent les bras, et la police n’a pas assez de moyens pour agir. C’est une ville en pleine déliquescence. Pour les gens de Portsmouth, ville qui a connu de nombreuses guerres, l’ennui est peut-être la raison de toute cette violence. Les gens n’ont plus aucun ennemi pour se battre. De ce fait, ils se battent entre eux.

On découvre aussi la vie de Faraday et de Paul Winter, deux inspecteurs que la vie n’a pas gâtés. La femme de Winter est décédée d’un cancer, de même que celle de Faraday. Faraday a dû élever seul son fils malentendant, J.J., 23 ans, revenu au bercail après que sa femme, Valérie, l’a trompé avec un autre homme. Faraday doit s’occuper à la fois de sa vie familiale et des meurtres qui semblent se multiplier dans la ville. Faraday voit une femme mariée,  Marta. Il ne n’ose pas révéler la véritable nature de sa relation à son fils, de peur que celui-ci ne lui en veuille.  J.J. va se retrouver plus ou moins lié à Doodie car il anime un cours de théâtre au centre culturel de Portsmouth où Doodie se rend régulièrement.

On découvre également les procédures policières. Les forces de l’ordre semblent totalement dépassées par les événements. Ce ne sont plus les gros dealers que l’on poursuit mais des jeunes gens, des adolescents, des enfants totalement perdus qui ne croient plus en rien, ni aux adultes, ni à l’école, ni à la justice, ni même à leur parents. Ils n’ont plus d’espoir en l’avenir. Les policiers n’ont pas assez de moyens ni de personnel pour gérer tous ces problèmes. Les politiciens veulent de la qualité en dépensant le moins possible. Ce sont deux choses incompatibles. Lors de l’intervention chez Brennan, le magasin cambriolé, le superintendant qui gère les comptes hésite à envoyer une équipe sur place le soir même pour prendre les voleurs en flagrant délit. Winter n’a reçu qu’un simple coup de téléphone anonyme et ce n’est pas une preuve suffisante pour envoyer des équipes alors qu’ils ont déjà dépassé leur budget ; cependant Hartigan accepte. Hartigan, le superintendant, négocie et est obligé d’assister à de nombreux séminaires, de jouer sur les mots, de faire de longs discours pompeux dans le seul but d’obtenir un plus large budget annuel. 

Les policiers sont en difficulté et les gens n’ont plus aucun respect pour eux ni pour leur travail. Les bonnes vieilles règles de la police, les procédures à suivre en cas d’interrogatoire sont totalement caduques. Le monde n’est pas rose, les gens ne disent pas la vérité, ils mentent pour échapper à la justice, pour cacher quelque chose. Sullivan, le jeune nouveau policier que Winter garde sous son aile, sort tout juste de l’école. Il ne comprend pas les méthodes de celui-ci. Winter n’a pas peur de menacer, de jouer avec les sentiments des gens, de faire irruption sans prévenir. Il n’a aucun respect pour les citoyens et leur vie privée. Il pose les questions sans aucune gêne. Sullivan idéalise le métier de policier. Pour lui, être inspecteur c’est chercher à faire le bien, à résoudre des enquêtes. La confiance des citoyens dépend du respect que les policiers ont pour la police et Winter est l’opposé de l’inspecteur modèle. La vie est loin d’être ce qu’on leur apprend à l’école de police. La police a du mal à faire respecter la loi. Derrière une ville en apparence charmante, se cache énormément de violence, de drogue, des mères aux foyers qui ont du mal à joindre les deux bouts et d'autres qui ont abandonné l’éducation de leurs enfants. Il s’agit de ce que les policiers voient tous les jours, la misère, la réalité sociale. Portsmouth est une société malade que les pouvoirs publics préfèrent ignorer. Par exemple, on préfère faire passer la mort de Helen Bassam pour un suicide dû à la drogue plutôt que de mettre au grand jour les difficultés sociales. On ne dévoile que certaines faces de la vérité. Les policiers font le « sale travail ». Ils ne sont pas travailleurs sociaux, et pourtant on leur laisse le « boulot » qui devrait être donné aux politiciens. C’est à eux de changer les choses, de soigner la société, non aux policiers.



Conclusion

Ce roman est la dénonciation parfaite d’une société malade. Les gens souffrent, les enfants sont lâchés sans personne pour les guider, les policiers doivent jouer un rôle qui n’est pas le leur. Les politiciens préfèrent ignorer ces problèmes, se voiler la face. On préfère préserver les apparences que s’attaquer aux réels problèmes.


Les Anges brisés de Somerstown est donc un roman que je conseille fortement. Les descriptions de la ville sont très bien faites et très réalistes. Les lieux sont décrits avec précision. Je trouve que l’histoire est assez proche de ce qui se passe actuellement dans la société. La violence, la drogue, la déchéance sont des faits dont on entend parler régulièrement. L’histoire est vraiment prenante et il est impossible de connaître la vérité avant la fin. Le suspense est garanti.


Stéphanie, 1ère année bibliothèques

 

Graham HURLEY sur LITTEXPRESS

 

 

Hurley les qyais de la blanche

 

 

 

 

 

 Article de Lory sur Les Quais de la blanche.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par Stéphanie - Publié dans : polar, thriller
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Jeudi 20 juin 2013 4 20 /06 /Juin /2013 07:00

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Ian RANKIN
L’étrangleur d’Edimbourg
une enquête de l’inspecteur Rebus
titre original
Knots and Crosses (1987)
traduit de l'anglais (Écosse)
par Frédéric Grellier
Le Livre de poche, 2004


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Présentation de l’auteur

Ian Rankin est né en Écosse en 1960. C’est un auteur de romans policier, d’espionnage mais aussi de critique littéraire.

Sans le soutien de son professeur d’anglais il ne se serait probablement jamais lancé dans l’écriture, car sa famille n’approuvait pas ce choix. Mais il finit par aller à l’université et étudier la littérature. Il obtient son diplôme en littérature anglaise avec une spécialisation en littérature américaine en 1982. Rankin commence à écrire en même temps qu’il rédige sa thèse de doctorat, dans les années 1982 à 1986.

Avant d’être reconnu comme écrivain, il fut musicien, journaliste, chercheur en alcoologie puis professeur de littérature à l’Université d’Édimbourg. Son premier nom de plume est Harvey (du nom de jeune fille de sa femme).

Il a vécu en Angleterre mais aussi dans le Périgord pendant plus de dix ans ; c’est d’ailleurs là qu’il va écrire sept enquêtes de l’inspecteur Rebus ainsi que tous ses romans publiés sous le nom de Jack Harvey. En 2007 on compte 18 enquêtes de l’inspecteur Rebus traduites en 26 langues. Ian Rankin est devenu en quelques années l’auteur de roman policier le plus lu en Angleterre. Sa carrière lui vaut d’être décoré de l’Ordre de l’Empire Britannique en 2002. De plus, certaines de ses œuvres sont étudiées en littérature dans les plus grandes universités du pays.

En 2005, il reçut le Grand Prix de la littérature policière pour son roman La mort dans l’âme. L’auteur français qui a reçu ce prix cette année est Karim Miske pour son livre Arab Jazz. Cette distinction littéraire a été fondée en 1948 par Maurice-Bernard Endrèbe, elle a pour but de récompenser le meilleur roman policier français et étranger,  publié dans l’année. Depuis la création du prix, on a pu voir des lauréats comme Mary Higgins Clark (La Nuit du renard, 1980), Thomas Harris (Le Silence des agneaux, 1991) ; le premier vainqueur français a été Léo Malet en 1948 avec Le Cinquième Procédé.

Il a également reçu le Gold Dagger Award, prix littéraire britannique qui récompense le meilleur roman policier de l’année. Créé en 1969, le prix change de sponsor plusieurs fois ; on retiendra le dernier qui fait changer le nom du prix pour celui de Duncan Lawrie Dagger, il accorde la somme de 20.000€ au vainqueur, ce qui en fait le prix du roman policier le plus richement doté. Parmi les lauréats il y a Fred Vargas (L'homme à l’envers, 2005) ; Ian Rankin a quant à lui obtenu le prix en 1997 pour L’Ombre du tueur.


 
L’Étrangleur d’Edimbourg

L’Étrangleur d’Edimbourg, ou Knots and Crosses, a été publié en 1987 en Angleterre et en 2004 en France.  Les  autres enquêtes de l’inspecteur Rebus seront publiées en France à un rythme soutenu, environ deux par an.

Selon moi, le titre anglais est plus en accord avec l’œuvre en elle-même, car il fait référence au jeu malsain auquel joue le meurtrier. De plus le titre original laisse planer un certain mystère.


Personnages principaux

John Rebus : inspecteur de police, ancien des forces spéciales et des SAS.

Michael Rebus : frère de John, il s’est assuré une vie confortable en faisant le dealer pour un gang.

Jack Morton : collègue de John, qui fait surtout le travail pénible (comme les appels à témoins…).

Gill Templer : chargée des relations publiques dans le commissariat où travaille John ; au fil de l’histoire, ils deviendront amants.

James (Jim) Stevens : journaliste judicaire qui soupçonne les frères Rebus d’être complices dans le trafic du cadet.

L’étrangleur (Gordon Reeve) : ancien membre des forces spéciales, et plus particulièrement des SAS ; il fut le compagnon d’isolement de John, et s’est senti trahi lorsque ce dernier fut choisi pour continuer l’entraînement en le laissant derrière lui ; ils avaient pour l’habitude de jouer au morpion (knots and crosses).


Personnages secondaires

Sammy Rebus : elle est la fille de John, mais aussi l’un des pions de l’étrangleur dans son désir de vengeance.

Rhona : ex-femme de John.

Andrew Anderson : amant de Rhona et jeune poète.

William Anderson : commandant de police, supérieur hiérarchique de John ; son fils est le nouvel amant de l’ex de Rebus.


Résumé

Ce roman policier est basé sur deux enquêtes, l’une menée par la police et l’autre par un journaliste.

La première est menée de front par toute une équipe ; la police est sur le qui-vive dans Édimbourg : un tueur en série sévit dans la ville historique. Ce meurtrier kidnappe des jeunes filles entre huit et douze ans ; ses victimes sont au nombre de quatre : Sandra Adams, Mary Andrews, Nicola Turner et Helen Abbot. Ces kidnappings et meurtres mettent la ville en émoi et les enfants restent prostrés chez eux, une sorte de panique s’installe en ville. L’inspecteur Rebus participe à l’enquête et fait de son mieux pour comprendre le meurtrier ; d’autre part, il reçoit des messages étranges d’un inconnu : « IL Y A DES INDICES PARTOUT » (p.28), « POUR CEUX QUI LISENT ENTRE LES LIGNES » (p. 56), « TU FAIS DU SUR-PLACE. DU SUR-PLACE, HEIN ? SIGNE… » (p. 114), « TU N’AS TOUJOURS PAS DEVINE, HEIN ? TU N’AS PAS LA MOINDRE IDEE, AUCUNE IDEE DANS LE CRANE. ET MAINTENANT ON TOUCHE AU BUT. C’EST PRESQUE TERMINE. NE VIENS PAS DIRE QUE JE NE T’AI PAS DONNE TA CHANCE, TU NE PEUX PAS DIRE CA. » (p. 166). Rebus reçoit ces lettres tant à son travail qu’à son domicile ce qui l’inquiète. Comment celui qui le menace a-t-il trouvé son adresse ? Chacune de lettres contient des nœuds en corde ou bien des croix en allumettes (référence au titre original). L’enquête fait du surplace et la fille de Rebus disparaît.

La seconde enquête est celle menée par le journaliste, Jim Stevens ; il enquête sur le milieu de la drogue à Édimbourg. Il va se rendre compte que le frère de l’inspecteur John Rebus est un trafiquant notoire dans les quartiers chic ; il suppose donc que les deux frères sont complices dans le trafic.


Les jeux de mots

Ils sont très importants dans le roman. Une fois que l’on se rend compte de leur présence, tout prend sens et l’on peut deviner qui en veut réellement à Rebus.

Tout d’abord, il y a le nom du personnage principal : John Rebus ; ce nom fait référence au rebus que l’on trouve dans l’œuvre ; en effet, si on prend chaque première lettre des prénoms et noms des victimes, on obtient le prénom de la fille de Rebus : SAMANTHA. Le meurtrier doit donc connaître personnellement Rebus pour tenter de lui faire deviner que son ultime victime sera sa fille.

Ensuite on a le personnage de Ian Knot : principal suspect dans l’enquête, son nom signifie nœuds ; cela  fait référence aux nœuds que Reeve (=Knot) envoie à Rebus pour le tourmenter.

Enfin, il y a le jeu « naughts and crosses » : c’est notre jeu du morpion,  Reeve envoie des petites croix à Rebus ainsi que des ronds en corde.  Cela renvoie au jeu que les deux hommes pratiquaient quotidiennement lors de leur détention par les SAS.

Reeve joue donc sur le sens des mots mais aussi sur leur écriture.
 


L’œuvre de Rankin

Le cadre des œuvres

Les romans de Rankin se situent principalement dans la ville d’Édimbourg. On suit surtout le personnage de l’inspecteur Rebus ; on peut constater l’évolution de sa vie et de sa carrière dans les différentes œuvres qui le mettent en scène.
 
Rankin décrit une ville d’Édimbourg sombre, que les circuits touristiques ne montrent pas, que les gens refusent de voir et ignorent. Ian Rankin dira d’ailleurs :

 

« Il y a véritablement deux Édimbourg. Il y a la cité que les touristes visitent, avec son château et ses joueurs de cornemuse, vêtus de kilts. Ça, c'est le côté Disneyland. Mais il existe aussi une cité qui vit et qui respire sous cette apparence, et que les gens voient rarement. Dans les années 1980, Édimbourg avait de sérieux problèmes de drogue et le pire taux de Sida de toute l'Europe de l'Ouest. J'ai pensé que quelqu'un devait écrire des romans traitant de ces choses de la vie réelle contemporaine ».

 

C’est d’ailleurs cet intérêt pour la noirceur qui explique qu’il soit plus attiré par la littérature américaine que par les romans policiers britanniques.


Le personnage de John Rebus

John Rebus est un personnage ambivalent, il est quelque peu alcoolique et a un côté très sombre. Rankin dit d’ailleurs qu’il s’est inspiré de Docteur Jekyll and Mister Hide pour créer et donner de la substance à son personnage de Rebus, et tout particulièrement pour son roman L’Etrangleur d’Édimbourg (Knots and Crosses en anglais) ; on voit bien dans ce livre la complexité psychologique des deux personnages principaux, à savoir Rebus et son adversaire.

Rebus travaille dans un commissariat d’un quartier mal famé d’Édimbourg ; c’est un enquêteur d’une cinquantaine d’années qui vieillit au fur et à mesure de la parution des œuvres de Rankin. Il est divorcé et ne voit que peu sa fille Samantha. C’est un homme ambigu auquel il peut arriver de ressentir de l’empathie pour les criminels qu’il traque.

John Rebus est un forcené de travail, c’est sa raison de vivre ; dans une interview pour le magazine Alibi Ian Rankin décrit son personnage principal : « son travail n’a pas de fin car la criminalité n’a pas de fin. Sans ça, il deviendrait fou. Il a besoin de faire quelque chose pour remplir sa vie. Parce qu’il est alcoolique. […] il a besoin de trouver des réponses aux questions pour sa propre satisfaction ».

La carrière d’un policier se terminant à 60 ans, on aurait pu s’attendre à ce que la série « Rebus » prenne fin en 2007 (début en 87, Rebus étant alors âgé d’une quarantaine d’années), les fans de l’inspecteur ont été jusqu’à demander que la loi change pour étendre l’âge de la retraite des policiers à 65 ans. Néanmoins, la série continue encore aujourd’hui.

L’Étrangleur d’Édimbourg est la première enquête de l’inspecteur Rebus et donc le premier des romans où il apparaît. C’est d’ailleurs dans ce roman que se trouve l’explication du nom de l’inspecteur ; en effet, il doit résoudre un rébus dans une affaire. Plus tard, Rankin avouera que c’est un nom « vraiment stupide ». 

Dans tous les roman où l’inspecteur apparaît, on n’a pas de lui une description physique précise, on sait juste qu’il mesure environ 1m90 et qu’il est musclé, vu son passé dans l’armée.

L’inspecteur Rebus en livres : ce sont 18 enquêtes dont la dernière est sortie le 13 novembre en Angleterre.

Rankin signe également une deuxième série avec le personnage de Malcolm Fox que l’on rencontre à plusieurs reprises dans les enquêtes de Rebus.


Les retombées des œuvres de Rankin

Les œuvres de Ian Rankin ont été adaptées à la télévision à douze reprises. Avec cette médiatisation l’inspecteur Rebus est devenu le plus célèbre du Royaume-Uni. De plus, il y  a eu une vraie retombée touristique ; en effet, des tours ont été créés pour faire visiter la ville de Rebus et les lieux qu’il fréquente dans les romans. En Angleterre, Rankin est aussi reconnu que J.K Rowling ou Sir Arthur Conan Doyle ; il a vraiment obtenu la reconnaissance de ses pairs grâce au travail qu’il a fourni pour enrichir et développer le personnage de Rebus.



Conclusion

Je pense que c’est un livre qu’il faut lire deux fois. La première pour le plaisir, et pour la découverte. Mais une seconde fois pour approfondir. Lorsqu’on connaît l’histoire, on comprend une multitude d’autres petits détails qui nous on échappé, on est plus attentif à ce qui est écrit. On se demande si on aurait pu, dès le départ, savoir ce qui allait se passer. Cela dit, lorsque Rebus revient sur son passé dans les SAS on commence à se douter du fin mot de l’histoire.

J’ai trouvé que c’était un excellent roman car il y a un grand travail fait sur les personnages, ils sont vraiment complexes et torturés ; je pense également que c’est un roman policier vraiment original à cause de l’histoire que Rankin propose, car bien qu’il décrive l’une des villes les plus touristiques d’Europe, on en découvre un aspect que personne ne connaît ; cette réelle noirceur est vraiment intéressante, car on peut se dire que dans toute grande ville, il y en a en quelque sorte une seconde, que personne (à part les malfrats et les plus pauvres) ne veut voir, ni accepter.


Léa, 1ère année bibliothèques-médiathèques

 

 

 

Par Léa - Publié dans : polar, thriller
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