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31 octobre 2009 6 31 /10 /octobre /2009 19:00
Retrouvez l’actualité de la b.d. à Bordeaux,
rencontres, festivals, publications, agenda
et une liste de liens très complète
sur bdbdx (bandes dessinées à Bordeaux):
http://bdbdx.blogspot.com/
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30 octobre 2009 5 30 /10 /octobre /2009 19:00










Antoine VOLODINE
Songes de Mevlido

Le Seuil
Collection Fiction & Cie, 2007.


















On a bientôt ce livre dans les mains ; on s’apprête à l’ouvrir. Pendant les premières pages, on est témoin d’une scène violente, absurde : l’autocritique  publique de Berberoïan, supérieur hiérarchique de  Mevlido dans la police. On ne sait pas s’il faut rire ou s’indigner, tant la liste des fautes politiques dont il s’accuse sous les coups est déroutante. D’ailleurs, on n’est plus sûr de rien, les frontières se brouillent, les contraires s’effacent. On se rend compte que les rôles sont interchangeables, que le bourreau d’aujourd’hui sera la victime de demain, et que la police, censée représenter l’ordre, participe à des actions criminelles contre le pouvoir en place. Et puis, très vite, on se rend compte que cette scène est un cauchemar tout droit sorti d’une des nuits de Mevlido.

D’emblée, le ton est donné, la confrontation est directe. A travers l’histoire de Mevlido, personnage central que l’on va suivre tout le long du livre, on se retrouve plongé dans un univers étrange et singulier, dans un futur indéterminé où le monde est défiguré. Les guerres se sont succédé dans la barbarie la plus totale, les révolutions ont échoué, le totalitarisme règne, l’humanité, en pleine dégénérescence génétique et mentale, vit ses dernières heures.

Que deviennent les Hommes ? Les anciens tortionnaires de guerre sont au pouvoir, les opposants, les vaincus, sont parqués dans d’immenses ghettos à l’air vicié par la folie. Mevlido est de ceux-là. Il vit à Poulailler Quatre avec Maleeya Barlang, une femme traumatisée qui le confond avec son mari mort dans un attentat à la bombe, et côtoie les autres laissés pour compte du ghetto : de vieilles mendiantes bolcheviques insanes, des junkies, des terroristes, des oiseaux mutants doués de parole, des êtres hybrides mi-hommes mi-volatiles et des mudangs, ces chamanes coréennes qui chantent pour les morts.

Mevlido est un agent double : il est chargé de surveiller les activités des vieilles bolchéviques tout en étant espion infiltré dans la police à la solde de Poulailler Quatre.

Tout comme Maleeya, il a perdu Verena Becker, la femme qu’il aimait, torturée et massacrée par des enfants-soldats lors de « la guerre de tous contre tous »1. Son souvenir le hante, mais il s’interdit de penser au passé par peur de sombrer dans la folie déjà latente en lui. Oui, car Mevlido fait des rêves étranges, des rêves qu’il a bien du mal à dissocier de la réalité. Avec lui, on essaye de comprendre, de trouver la frontière séparant vie onirique et vie réelle, de dissiper l’incertitude en captant la nature de ses souvenirs trop furtifs. Puis, avec lui, on est témoin de la mort brutale d’une mudang nommée Linda Siew, répétition du traumatisme lié à la perte de sa femme qu’il ne peut désormais plus contenir.

Dès lors, Mevlido, persuadé par Maleeya que Verena Becker tente de communiquer avec lui à travers la mudang, va s’embarquer dans une quête insensée pour la retrouver, une quête qui se substituera au reste et qui le mènera au Fouillis, cet endroit reculé de Poulailler Quatre à la frontière du monde, où les morts poursuivent leur non-existence. Ainsi, Mevlido meurt. Avec lui, on prend le bus pour atterrir dans le Fouillis ; avec lui, on s’y ancre comme si on y avait toujours vécu ; avec lui, on se perd dans les méandres de cet endroit où le temps et les souvenirs n’ont pas d’emprise. Des noms reviennent en vrac, mais ils ne renvoient à rien, et l’amnésie dans laquelle est plongé Mevlido porte la confusion à son paroxysme. Ainsi, Mevlido poursuit sa mort, jusqu’à ce qu’il rencontre Linda Siew la mudang, qui va lui faire ressurgir ses souvenirs et redonner un semblant de sens à sa non-existence.

Qu’en est-il de ces rêves si étranges ? Il faudra attendre pour en comprendre l"'rigine. On apprend que Mevlido  est un agent envoyé en mission sur terre par les Organes, une organisation perdue dans l’espace-temps qui surveille le devenir de l’humanité, mais qui, lassée par sa bêtise, l’a laissée s’autodétruire et souhaite à présent adoucir son agonie. L’agent Mevlido se fait donc réincarner en Mevlido, habitant de Poulailler Quatre, chargé de collecter des informations qui seront transmises aux Organes par le biais de ses rêves, seul espace de contact avec sa vie antérieure, où les messages concernant sa mission lui parviendront. On comprend à rebours que cette mission est un échec total, et que les messages envoyés en rêve, bien loin d’aiguiller Mevlido, parasitent son esprit et accentuent sa confusion : Mevlido n’a jamais véritablement cerné sa raison d’être sur terre. Comme pour l’humanité, les Organes, lassées par ce ratage, l’abandonnent à son propre sort.

Et puis, dans le Fouillis, un rêve, un dernier pour Mevlido ; peut-être celui qui fera le lien entre ses deux vies, peut-être celui qui, à l’instar de l’humanité, lui permettra une agonie plus douce, peut-être…

Songes de Mevlido, ou l’une des expériences de lecture les plus singulières qu’il m’ait été donnée de connaître. Bien plus qu’un simple roman d’anticipation dénonçant les dérives de notre siècle, ce livre est une œuvre protéiforme tour à tour fantastique, onirique, poétique et non dénuée d’humour. Nul besoin d’être amateur de SF pour en apprécier la valeur ; j'en conseille donc la lecture
à tous.


Julie Légère, AS Éd.-lib.

1 Citation extraite du résumé de la quatrième de couverture.



Antoine Volodine sur Littexpress





article de Julien sur Bardo or not bardo










article d'Hortense sur Des anges mineurs







article de Delphine sur Dondog


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29 octobre 2009 4 29 /10 /octobre /2009 19:30















Alice MUNRO
Fugitives

Éditions de l'Olivier, 2008
Points 2009


 














A travers huit nouvelles, Alice Munro nous plonge dans la vie de cinq femmes que tout semble opposer de prime abord, mais petit à petit, leurs ressemblances s'imposent à nous.

Ces héroïnes ont toutes ce que l'on pourrait qualifier de « vies banales ». Qu'elles soient adolescentes, jeunes femmes ou vieilles dames, elles ont toutes les cinq une vie monotone, bien réglée, presque ennuyeuse.
« Elle espère comme les gens espèrent sans se faire d'illusions des aubaines imméritées, des rémissions spontanées, des choses comme ça » (p. 182).
   
Toutes pourtant vont se retrouver face à elles-mêmes, face à un choix qu'elles devront faire, et ont chacune une réaction différente  : Carla commence par tout quitter pour épouser un quasi-inconnu et se retrouve des années plus tard face au même choix : partir ou rester ?
« Il lui suffisait de lever les yeux, il lui suffisait de regarder dans une certaine direction, pour savoir où elle pourrait aller » (p. 57-58).

Juliet part rejoindre un homme rencontré dans un train et ne rentrera jamais, même après la mort de cet homme et la fugue de leur enfant. Grace quitte son fiancé sans aucune raison alors que Lauren rencontre celle qui se prétend sa mère biologique, que Robin passe sa vie à attendre un homme avec lequel elle n'échangea qu'un seul baiser, et que Nancy épouse un homme juste parce qu'il le lui a demandé et qu'elle n'a pas osé lui dire non.

 La particularité d'Alice Munro, c'est qu'elle nous plonge dans les pensées de ses personnages rêvant d'un ailleurs qui semble inatteignable, ou dont elles ont trop peur. Avec elles, on hésite, on rêve, on tergiverse, pour finalement se rendre compte que ce Canada-là n'est pas celui que connaissent les touristes, c'est celui de femmes résignées, trop sages ou qui culpabilisent, prises dans les carcans d'un autre monde. D'ailleurs les titres de ses nouvelles sont édifiants : « Hasard », « Silence », « Passion », « Offenses », « Subterfuges »...


« Une chose étrange et terrible devenait claire pour elle : dans ce monde à venir, tel qu'elle se le représentait à présent, elle n'existerait pas. [...]Elle ne serait pas vraiment là. Et l'étrangeté était qu'elle faisait tout cela, qu'elle avait pris ce car dans l'espoir de se retrouver elle-même. Comme Mme Jamieson aurait pu dire – et comme elle-même aurait pu dire avec satisfaction – prendre en charge sa propre vie. [...]
Mais qu'est-ce qui compterait pour elle ? Comment saurait-elle qu'elle était vivante ?[...]
Quand elle aurait fini de le fuir, quand elle continuerait simplement d'exister, par quoi le remplacerait-elle ? »
(p. 44)

 Alice Munro nous plonge au cœur de ces vies qui pourraient paraître fades ou juste banales, mais elle arrive grâce à son écriture dépouillée à nous faire ressentir les sentiments de ses héroïnes : cœur qui bat, peur, angoisse ou même simplement ennui.

L'auteur mélange beauté et dureté du paysage aux caractères de ses personnages : on retrouve l'amour des grands espaces, les silences et le temps suspendu dans les traits des femmes de Munro.

  L'auteure a nommé ce recueil Fugitives, Runaway en anglais, et on pourrait croire qu'il s'agit de femmes prenant la fuite, or leur seule échappatoire est bien souvent leur seule pensée. Toutes se retrouvent à un moment charnière de leurs vies, et par hasard, lâcheté ou culpabilité, toutes vont réagir de manière différente à cet événement inattendu.

Née en 1931 au Canada, Alice Munro a été lauréate de plusieurs prix littéraires, dont le Man Booker International Prize en 2009 pour l'ensemble de sa carrière.


Camille, A.S. Éd.-Lib.

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28 octobre 2009 3 28 /10 /octobre /2009 19:30










Georges PEREC
Un homme qui dort
Gallimard, Folio, 1990






















S’il existe des auteurs inclassables, Georges Perec est l’un d’eux. Né en 1936, il est marqué très tôt par la mort de ses parents, événement qui laissera en lui une marque indélébile, repérable en chacun de ses écrits. A sa mort en 1982, il nous laisse une œuvre variée, faite entre autres de fiction, de récits autobiographiques, de jeux littéraires, de réalisations cinématographiques. Un homme qui dort est le troisième roman sociologique de Georges Perec, paru aux éditions Denoël dans la collection « Lettres nouvelles » en 1967.

L’auteur y décrit la volonté du personnage d’être la pièce manquante de ce puzzle qu’est la société. Le jeune homme, étudiant en sociologie à la Sorbonne va progressivement s’isoler, refuser toute forme de communication, d’engouement pour ce qui l’entoure ou ce qu’il vit. Ainsi, il va tendre vers l’indifférence de manière méthodique. En ne répondant pas aux messages que lui adressent ses amis, en marchant des heures durant à travers les rues parisiennes, en s’efforçant de n’accorder aucune considération aux repas qu’il prend, aux rubriques du Monde qu’il décortique… Il se dévitalise au fur et à mesure que le récit progresse, et seuls les bruits de la rue Saint Honoré, du clocher de l’église Saint Roch, ceux produits par son voisin le relient à la vie. Il y aura un sursaut, un réveil difficile certes, mais inévitable.

Ce roman s’illustre par son objet mais aussi par les contraintes littéraires qui sont les siennes. Ainsi, il est entièrement composé à la deuxième personne du singulier, les passages d’entrée dans le sommeil sont construits à base d’hypotaxe, les inventaires y sont nombreux et exhaustifs. Mais le plus remarquable est sans conteste la contrainte intertextuelle. Les références aux œuvres, aux auteurs sont explicites ou implicites. Les intertextes les plus importants sont ceux qui renvoient à Kafka, Aron, Defoe, Sartre, Roussel, Blanchot, Flaubert, Céline, Melville. La liste dressée à l’instant est longue et pourtant incomplète. En effet, les références présentes dans Un homme qui dort sont tellement nombreuses que l’on ignore si le récit n’est pas uniquement bâti à partir de celles-ci.

On notera que si les teintes dominantes de l’œuvre sont le noir et le gris, on remarque à plusieurs reprises la présence d’une « bassine de matière plastique rose » qui ne laisse pas de marbre.

Un roman singulier à lire et à relire.


Rachel, A.S. BIB-MED-PAT

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27 octobre 2009 2 27 /10 /octobre /2009 19:00










Catherine MILLOT
La vie parfaite,

Gallimard, « L'Infini », 2006
















Catherine Millot s’était déjà penchée sur Gide, Genet, Mishima et sur la perversion. Dans La vie parfaite, l’écrivain décrit les chemins spirituels de trois femmes : Jeanne Guyon, Simone Weil et Etty Hillesum. Le talent de l’écrivain (et psychanalyste) est de nous conduire dans des contrées plus aventureuses qu’elles n’en ont l’air : vers Dieu, le mysticisme et partant, vers le détachement de soi qui aboutit à une liberté dépassant l’entendement.










Jeanne Guyon, Simone Weil, Etty Hillesum

Trois femmes, trois parcours semés d’embûches, certaines choisies (pénitences, abstinences), d’autres subies, liées au contexte historique : Jeanne Guyon, au cœur de la querelle du quiétisme, a été emprisonnée sur lettre de cachet du roi Louis XIV. Elle ignorait le mobile de l’accusation et ne savait pas quand elle sortirait de prison. Simone Weil et Etty Hillesum sont contemporaines : elles sont mortes la même année en 1943. Simone Weil s’est pour ainsi dire laissée mourir de faim en Angleterre parce qu’on ne lui confiait pas la mission de résistance qu’elle attendait. Touchée par le sort des Français, par solidarité, elle a refusé soins et nourriture alors qu’elle avait la tuberculose. Etty Hillesum, juive, a été déportée avec sa famille. Juste avant, elle a connu la détresse et la souffrance humaine en travaillant dans un camp de transit près d’Amsterdam d’où partaient les convois vers Auschwitz, Sobibor. Détail de taille : Toutes les trois ont en commun l’écriture qu’elles ont pratiquée à des fins différentes.

En dépit de circonstances aujourd’hui difficiles à se figurer, ces femmes vont rechercher et trouver en elles-mêmes quelque chose de grand et généreux : Dieu, une présence, un amour inédit, comment l’appeler ? Le terme importe peu au final.


« Elles savaient que la Vie parfaite, c’est maintenant, que la béatitude est un état du cœur et non pas une chose promise pour demain, lorsqu’on rasera gratis. C’est une disposition de l’esprit qui se tourne vers le réel, chacune le dit à sa manière. […] Dès qu’un malheur survient, il faut un responsable, et nous prétendons décider de tout, de notre sexe comme de notre mort. Subir est à nos yeux le pire. Mais elles creusèrent infiniment la passivité jusqu’à ce qu’elle se retourne en liberté. » (p. 252-253)




Catherine Millot explore aussi le mystère de l’écriture qui s’apparente, dit-elle, à la prière, ce retour sur soi. Cette lecture est une promenade spirituelle, en décalage avec « notre époque qui ne croit plus au salut » (p.257), un voyage dans un espace plus grand et prometteur que nos trois dimensions et nos cinq sens… A condition d’accepter ce départ au large…

Delphine, A.S. Bib-Méd-Pat



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25 octobre 2009 7 25 /10 /octobre /2009 19:00











Laurent MAUVIGNIER
Dans la foule

Minuit, 2008
Collection Double, 2009

















Mercredi 29 mai 1985, stade du Heysel, Bruxelles, ils se nomment Jeff, Tonino, Geoff, Tana, Francesco, Gabriel, Virginie, ils ne se connaissent pas tous mais vont affronter chacun à leur manière un seul et même drame…


Vous l'aurez compris, Dans la foule illustre l'effervescence des 60 000 spectateurs venus assister à la finale de la Coupe d'Europe des clubs champions entre Liverpool et la Juventus de Turin, ou plutôt ses différentes strates de supporters souhaitant (ou non) se mélanger plus qu'à la normale.

 Avec sa petite mélodie, Laurent Mauvignier, imagine une mosaïque de communautés qui ne fera plus qu'une lors de ce grand rassemblement. Tout comme un caméraman sur sa nacelle, il nous dévoile quelques supporters choisis au hasard de leurs singularités, pour mieux s'immiscer dans leurs vies, pour mieux être « zoomés ».


...

Lire la suite de l’article de Sarah sur Mollat.com

http://www.mollat.com/livres/laurent-mauvignier-dans-foule-9782707320919.html#fragment-3
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24 octobre 2009 6 24 /10 /octobre /2009 19:00






Douglas KENNEDY,

Quitter le monde,

traduit de l'américain
par Bernard Cohen
Belfond, 2009



















7 mai 2009...

Quitter le monde, le dernier roman en date de Douglas Kennedy, fait irruption sur les tables des librairies!  La sortie du livre ne passe pas inaperçue : une pléthore d'articles dans la presse a déjà mâché le travail de prescription. L'auteur a, dès lors, de multiples séances de dédicaces prévues, un peu partout en France. Bien sûr, il a déjà offert aux Éditions Belfond un beau succès commercial et plus, avec ses incontournables L'homme qui voulait vivre sa vie, À la poursuite du bonheur ou encore Les charmes discrets de la vie conjugale.

Au regard de la production, on peut penser que chaque auteur de littérature, qu'il soit contemporain ou classique, teinte ses pages d'une couleur spécifique. En effet, la subjectivité de l'artiste, nécessairement présente dans toutes tentatives de création, nourrit son œuvre, celle-ci étant souvent traversée par des interrogations récurrentes. Kennedy n'échappe pas à cette règle. Davantage que chez ses confrères, ses romans s'enchaînent toujours dans une même logique : un personnage, issu d'un milieu bourgeois et cultivé, court après ses rêves. Une fois le succès escompté au rendez-vous, le protagoniste voit la tendance s'inverser. À l'argent, la gloire, l'amour, se substitue une longue descente aux Enfers, sous l'influence d'un entourage mal intentionné.. Douglas Kennedy affirme son style au fur et à mesure de ses publications : une expression simple et tonique ; un regard acerbe voire certaines fois désenchanté ; un ton ironique que l'on pourrait aisément prendre pour de la suffisance, à travers la multiplicité de références culturelles dont regorgent les pages.

Quitter le monde s'inscrit dans cette veine : A treize ans, Jane Howard, marquée par la rupture culpabilisante de ses parents, se promet de ne jamais fonder un foyer, par peur de reproduire le schéma familial dans lequel elle a grandi. Des années plus tard, elle s'épanouit dans des études littéraires au cours desquelles elle rencontre un mentor doublé d' un amant.

Malgré tout, Jane ne cesse d'être hantée par ses fantômes. Bien qu'elle veuille apparemment s'en affranchir, ses parents lui rappellent à chaque instant l'enfant qu'elle fut, lui refusant tout dialogue. Comment grandir lorsque notre passé nous rattrape inlassablement ? Chaque nouvelle expérience qu'entreprend Jane se solde par un échec... Contre-coup du sort ou simple conditionnement social ? De désillusion en désillusion, l'héroïne s'empêtre dans une souffrance qui, très vite, ne semble avoir qu'une seule issue : quitter le monde.

Que celui qui se pique d'être fin connaisseur de l'œuvre kennedienne tente des hypothèses... Dans la logique du feuilleton aux multiples rebondissements, s'enchaîne alors une série de drames qui tient en haleine le lecteur à la fin de chaque chapitre. Tout au long du livre, on découvre Jane s'essayant aux métiers de tradeuse, de professeur ou encore de bibliothécaire. On l'accompagne dans ses relations sentimentales tumultueuses ou encore dans ses voyages. Surtout, on fait nôtre le flux constant de ses pensées : Comment survivre à la mort de ses proches, à l'incompréhension des uns, à la trahison des autres ?

Entre drame psychologique et road-movie, entre portrait social de l'Amérique et roman policier, Kennedy convoque différents genres au service d'une question quelque peu simpliste : sommes-nous sujets au destin ? Que l'on se préserve alors d'affronter une existence semblable à celle de l'héroïne : celle-ci, éternelle victime (tant qu'on parvient difficilement à s'y attacher), aurait gagné en relief, si le récit cultivait davantage la complexité qui habite chaque être humain. Si certains apprécient toujours le divertissement qu'offre la lecture de ce dernier opus, on pourrait quand même relever un certain essoufflement chez Kennedy.

Pourtant, l'auteur a su exercer son talent de conteur une fois encore : il sait nous emmener dans son monde, quelques heures durant, en multipliant les intrigues et créant la surprise. Le travail de documentation et de précision qu'il entreprend, quant aux lieux, aux coutumes ou aux structures professionnelles, participe, lui aussi, à nous convaincre. Surtout, on s'amuse à relever, çà et là, des éléments qui semblent outrepasser la fiction. En effet, la figure de Kennedy transparaît à d'innombrables reprises : chaque événement ponctuant la vie de son héroïne est prétexte à faire valoir la culture de l'auteur, que ce soit à travers des citations ou la multiplicité d'œuvres artistiques dont il se fait l'écho. Le lecteur averti peut alors se flatter d'avoir su reconnaître la référence et s'ensuit le sentiment d'une connivence (quelque peu superficielle) que l'on partage avec Kennedy. Quitter le monde se lit vite, certes, et sait divertir son lecteur. Cependant, une fois le livre refermé, il est difficile de le faire sien, ne serait-ce que parce qu'il peine à s'imposer comme une œuvre novatrice, bousculant nos aprioris.

Bien sûr, le succès en librairie de Quitter le monde prouve que Kennedy a su s'attacher un lectorat. Empreint de réalisme, ce roman plaît, notamment, parce qu'il fait directement écho à notre monde et qu'il arrive que l'on se reconnaisse dans la détresse qui atteint ses personnages. Seulement, le lecteur, désireux de retrouver ce qu'il a aimé dans les romans précédents (ces éléments qui participent à la cohérence de l'œuvre kennedienne), peut oublier d'apprécier ce qui fait mystère à la lecture, ce contre quoi il bute au premier abord, ce qu'il ne comprend pas d'emblée.

Il me semble que le véritable artiste est celui qui se renouvelle et s'aventure hors des sentiers battus. Dans cette optique, Douglas Kennedy ne gagnerait-il pas à conquérir de nouveaux mondes ?
Logiquement, ses fidèles lecteurs sont au rendez-vous puisque, très vite, les piles de livres s'amenuisent. Est-ce ce que l'on nomme trivialement un « best-seller » ?

Chloé Samain, A.S. Éd-Lib 2009-2010

Douglas KENNEDY sur LITTEXPRESS




Article d'Eva sur Piège nuptial

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22 octobre 2009 4 22 /10 /octobre /2009 19:00












Georges PEREC
Tentative d’épuisement d’un lieu parisien
Christian Bourgois, 2003
Collection Titres, 2008


 















Paris. Perec  est assis au tabac Saint-Sulpice. Le bus 86 va à Saint Germain-des-Prés. Il  boit un café. Prend des notes sur un calepin. Il est 15h. Perec regarde les passants qui marchent d’un pas rapide. L’horloge sonne 18h. Il note encore. Les pigeons s’envolent. Il est toujours assis à la table du café.

C’est à cela que se résume la démarche de Georges Perec : faire une liste de détails absolument banals mais qui font toute la vie, et sans lesquels la vie ne serait pas. Les livres parlent souvent de réalités diverses mais rarement de celle qui est essentielle et qui régit pourtant le quotidien de chacun d’entre nous. Tentative d’épuisement d’un lieu parisien est une réussite dans ce qu’elle a de révolutionnaire dans son approche des choses. Dépouiller les instants, les gens, les objets de tout ce n’est pas nécessaire relève simplement du génie. N’avoir aucune autre référence que la contrainte du réel, et faire une observation presque sociologique de ce fragment de vie, voilà le tour de force qu’il accomplit.

Phrases courtes, style télégraphique, épuré, dénué d’artifice. En somme, comme la vie qu’il détaille sans commenter. L’écriture n’a aucune importance en elle-même, elle ne répond à aucun critère de qualité, se désengage de toute appartenance à un style littéraire. Elle n’a d’autre objectif que d’exister en elle-même.

Peu importe ce dont il s’agit, le fait que le lieu d’observation soit Saint Sulpice, et qu’il y reste durant trois jours. Celui-ci, un autre... Cette observation n’a de raison d’être qu’en tant que révélateur d’universel. Le rythme saccadé, rapide, nous entraîne au gré du rythme de la vie, elle-même fugace, changeante, insaisissable.

Perec apparait donc comme l’humble porte-parole de notre réalité en réalisant un travail minutieux de transcription. Le temps  passe et la vie nous échappe mais Perec nous oblige à nous asseoir avec lui et à prendre le temps de vivre ces instants en effectuant un arrêt sur image. Il apparaît cependant comme étant extérieur à l’action. En effet, il ne s’implique pas et n’effectue que de rares incursions dans ses descriptions pour signaler la nécessité pour lui de faire une pause dans son travail d’écriture. On peut presque parler ici de démarche sociologique car Perec se sert de l’observation participante pour décrire le réel dans un contexte géographique, une société, un moment donnés. Pourtant il n’en tire aucune conclusion, aucune loi, aucun symbole. Il dit juste ce qui EST. L’objet livre est presque accessoire, autant que ce qui est décrit et la manière dont il est décrit.

« Un homme passe : il tire une charrette à bras, rouge. Un 70 passe. Un homme regarde la vitrine de Laffont. En face de « La Demeure » une femme attend, debout près d’un banc. Au milieu de la rue, un homme guette les taxis (il n’y a plus de taxi à l’arrêt des taxis). Un 86 passe. Un 96 passe. Un livreur de Tonygencyl passe. » (p.21).

En effet, qu’y a-t-il de plus difficile à voir que ce qui s’impose à soi ?


Éléa, A.S. Édition-Librairie.

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20 octobre 2009 2 20 /10 /octobre /2009 19:00














Russell BANKS
Histoire de réussir

Titre original : Success Stories.
Traduction française :
Pierre Furlan et Pascale Musette.
Actes Sud, Babel, 1994.


 











Russell Banks est un romancier et nouvelliste américain né en 1940 dans le Massachussetts. Il a douze ans quand a lieu le drame dont on retrouvera souvent les traces dans ses futures œuvres : son père, un homme alcoolique répondant au nom de Earl, quitte le foyer. Plus tard, Russell Banks abandonnera l’université et vivra de petits boulots, se mariera et aura deux filles avant de se voir diplômé de littérature moderne et de devenir professeur d’université. C’est en Jamaïque qu’il écrira son premier roman, Family Life. L’alcoolisme, l’abandon, les relations entre parents et enfants, l’ascension sociale seront autant de thèmes qui habiteront ses écrits.

 
À ce titre, Histoire de réussir est probablement le meilleur exemple puisqu’il ne s’agit pas seulement, comme dans ses autres productions, d’écrits en lien avec son vécu : c’est l’histoire de son vécu. Quelque peu modifié, probablement, mais son vécu quand même, du « traumatisme originel » à la destinée de son père, le tout s’échelonnant sur neuf nouvelles de tailles variables (d’une dizaine à plus d’une quarantaine de pages) dont la particularité est leur semi-indépendance. Le lecteur peut en effet les lire dans l’ordre de son choix mais chacune donnant à voir une partie de la vie du personnage mis en scène, Earl, l’alter ego de Russell Banks auquel il a donné symboliquement le nom de son père, elles finiront par constituer une même histoire. Au cours de celle-ci, la personnalité du personnage
grandement marqué par son passé, encore une fois – est mise au jour.

Dans la première nouvelle, « Reine d’un jour », tout commence par le départ du père alcoolique de Earl qui abandonne à eux-mêmes sa femme et ses trois enfants. À l’image de Russell Banks, le garçon est âgé de douze ans quand survient ce drame (la transposition effectuée par l’auteur est dès lors tout à fait claire). S’ensuit alors un combat pour la vie et surtout pour la fierté car il est immédiatement clair pour Earl que plus rien ne se fera avec son père ; et c’est avec une détermination sans égale qu’il cherchera à récompenser les efforts de sa mère en la faisant « Reine d’un jour », c'est-à-dire l’heureuse élue d’une émission télévisée qui offre une récompense aux femmes les plus malmenées par la vie. Il n’y arrivera pas ; probablement n’était-elle pas assez malheureuse par rapport aux autres
« gens paralysés par la polio et d’autres maladies terribles », mais l’amour et le respect qu’il lui porte dépassent de loin ce couronnement.

Le thème de la relation qu’il entretient avec ses parents reviendra dans la seconde nouvelle,
« Les mémoires de ma mère, les mensonges de mon père et autres histoires véridiques » dans laquelle on apprendra par la même occasion qu’il n’a pas totalement rompu ses liens avec son père, mais c’est dans « Histoire de Réussir » que le personnage de Earl construira réellement sa vie, quittant l’université tout comme l’a fait Russell Banks pour effectuer les petits boulots que l’auteur lui-même a effectués à son âge (déménageur, décorateur), expérimenter des sentiments, être déçu, se relever, croire en l’avenir et en son succès. Earl fera aussi des rencontres, dont Bob, un compagnon de chambre qui lui rappellera son père par son alcoolisme et qu’il encouragera sur la voie des Alcooliques Anonymes mais qui finira malheureusement par le décevoir en replongeant dans la boisson. Finalement, c’est en se démenant pour gravir les échelons sociaux que Earl sera confronté à un échec qui, pourtant, le conduira à l’amour.

Un amour qu’il sacrifiera dans
« Adultère »
, révélant à quel point sa destinée est marquée par le personnage de son père. Earl finit d’ailleurs par se confondre avec lui quand, regardant dans le rétroviseur de sa voiture, il remarque : « Ce n’étaient pas mes yeux mais ceux de mon père, les yeux bleus d’un homme adulte, effrayés et secrets, furieux et hantés par la culpabilité, un regard dont avait disparu toute trace d’innocence ».

L’on retrouvera le père de Earl dans l’ultime nouvelle du recueil,
« Du bois à brûler », sous la forme d’un homme plus tout jeune consumé par l’alcool, un homme qui n’a jamais vraiment atteint le bonheur en dépit du tournant qu’il a fait prendre à sa vie en quittant sa femme et ses enfants. Victime de remords, le peu de complicité qu’il entretient avec ses fils et surtout avec son deuxième enfant, Georges, lui sera douloureux, si bien qu’il finira par affronter la neige pour déterrer le bois destiné à Earl qui s’enlisait dans sa cour. En effet, il se trouvera obsédé par l’idée d’aller dans sa grange « poser une buche par terre douillettement contre la suivante, le début d’une nouvelle rangée », comme un recommencement. Car ce bois, ce n’en est « plus clairement » pour lui, c’est un élément qu’il rattache à son fils et qu’il ne supporte pas de voir enseveli sous la neige.

Il convient cependant de noter que quatre nouvelles du recueil ne s’inscrivent pas dans ce récit de la vie de Earl.
« Histoire d’enfant » met encore une fois en avant le thème de la relation entre parents et enfants en faisant se projeter le lecteur dans la peau de parents effrayés par les attaques de leur progéniture et qui décident de les éliminer avant qu’ils ne les éliminent. « Le Goulet » a pour thème la vengeance suite au meurtre d’un membre de sa famille et amène finalement à se poser la question de la justice. Dans « Sarah Cole : une histoire d’amour d’un certain type », certains voient encore Russell Banks qui décrit sa relation avec une femme laide qu’il finit par aimer mais qu’il n’a pas su garder par égoïsme. Enfin,  « Le Poisson » est la nouvelle qui se démarque le plus des autres, notamment parce qu’elle se déroule dans un cadre exotique. Il s’agit du combat du colonel Tung contre un poisson considéré comme la réincarnation d’un disciple de Bouddha qui engendre de nombreux pèlerinages bouddhistes à l’origine, selon lui, d’opposition politique à son régime autoritaire. Le plus intéressant dans ce récit est que c’est en abandonnant l’idée de tuer le poisson que le colonel parviendra à son but, l’agitation créée autour de l’animal ayant conduit le lac dans lequel il résidait à se vider de toute son eau. La nouvelle se termine donc comme sur une invitation à réfléchir à nos actes afin de ne pas en venir contre notre gré à servir le mal. L’on peut rapprocher cette chute de celle de la nouvelle « Histoire de Réussir » : l’échec apparent amène à un succès, l’amour dans un cas, la mort du poisson dans l’autre.

 

Mon avis

 

Je ne suis pas d’ordinaire une grande lectrice de nouvelles mais Histoire de Réussir est un recueil qui m’a beaucoup plu. Peut-être, précisément, parce que les nouvelles forment à elles toutes une sorte de roman. J’ai apprécié cet art de les imbriquer tout en les rendant indépendantes. De plus, les questions soulevées par les textes amènent à réfléchir sur ces thèmes récurrents dans les écrits de Russell Banks. J’ai tâché d’étudier plus en profondeur ses écrits mais il me semble que les façons de les comprendre sont multiples parce qu’il s’agit d’un recueil sur le thème des sentiments humains ; ces nouvelles peuvent donc être ressenties très différemment d’un individu à un autre. Le style fluide de l’auteur qui intègre dialogues et récit facilite l’immersion du lecteur dans son univers fait pour être proche du sien par son humanité : finalement, le récit se construit au fil des pensées du protagoniste, que la narration se fasse à la première personne ou non. Les échanges avec les autres personnages existent bel et bien mais sont occultés par une intériorité des personnages si intense qu’ils en deviennent accessoires. Dans les romans habituels, les dialogues sont les passages les plus vivants. Dans l’œuvre de Russell Banks, je trouve que c’est exactement le contraire. Ces sensations m’étaient apparues moins évidentes dans l’Ange sur le toit que j’avais également apprécié, mais nettement moins.

Il convient de noter l’aspect majoritairement pessimiste de ces nouvelles qui, quand elles ne se terminent pas complètement « mal » comme dans
« le Poisson », laissent le lecteur sur une note plutôt grave. Les nouvelles n’ont à vrai dire pas de fin définie : elles  mettent en avant la complexité des situations dans lesquelles sont abandonnés les personnages et laissent le lecteur s’interroger sur la suite. J’ai apprécié ces ouvertures finales qui se distinguent de la facilité des conclusions trop bien définies.

  

Marine, Première année Édition-Librairie.


Russell Banks sur Littexpress.



Article de P. Marini sur American Darling












Article d'Aurélie sur La Réserve.
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19 octobre 2009 1 19 /10 /octobre /2009 17:00
Avec l'association Cinéma Africain Promotion
 Octobre Novembre Décembre 2009

Thématique : La diversité culturelle


Lundi 19 octobre à l'UGC Ciné Cité
19H00. concert du groupe MINGARI avec Abdou Sow
20H30. le film L'Absence de Mama Keita, fiction, 1h24, 2009
Adama, après de brillantes études en France, retourne au bout de quinze ans au Sénégal, à la rencontre de sa grand-mère et de sa soeur sourde et muette.
Discussion en présence du réalisateur.

Samedi 7 novembre au musée d'Aquitaine. 18H00
Cérémonie d'ouverture des 11e Rencontres Cinématographiques Africaines - Hommage au cinéaste malien Adama Drabo - Entrée gratuite

KEIBAYNA, FEMMES DU BURKINA FASO de Dragoss Ouedraogo et Maïder Extoan, court métrage documentaire; 10min, 2009
La condition féminine et les luttes des femmes au Burkina Faso
Discussion en présence du co-réalisateur.

FANTA FANGA de Adama Drabo et Ladji Diakité, fiction, 88min, 2008
Dans un cour à Bamako, Tanti raconte le pouvoir des pauvres.
Discussion en présence du co-réalisateur

Jeudi 12 novembre. Cinéma Georges Méliès à Pau
18H00. Table ronde: La distribution cinématographique et la visibilité des cinémas d'Afrique (discussion animée par Dragoss Ouedraogo et Thoerno Ibrahima Dia
21H00. TEZA de Haïlé Gérima, fiction, 2H20, 2008
Fresque d'une grande sensibilité sur l'époque de la dictature de Menghistu Haïlé Mariam dans les années 1970 et 1980.
Discussion en présence du réalisateur (sous réserve)




Lundi 16 novembre. Cinéma Utopia
18H00. VICTIMES DE NOS RICHESSES de Kal Touré, documentaire, 60 min, 2008
En septembre 2005, de jeunes migrants d'Afrique trouvent la mort lors de leur tentative de passage à Ceuta et à Melila. Un regard critique sur la violence qui entoure les barrières de la forteresse européenne et les causes profondes des flux migratoires, le déséquilibre entre le Nord et le Sud.


20H15. ALIKER de Guy Deslauriers, fiction, 1H40, 2007
En juillet 1993, André Aliker, rédacteur en chef du journal "Justice", s'empare du dossier Aubery, une affaire de fraude financière dans laquelle est impliquée une grande famille de planteurs. Le 1er janvier 1994, il est kidnappé et assassiné.
Discussion en présence du réalisateur.

Mardi 17 novembre. Cinéma le Grand Ecran (Libourne)
15H00. FARO, REINE DES EAUX de Salif Traoré, fiction, 80min, 2006
Zanga, un enfant adultérin victime d'exclusion, revient au village après plusieurs années d'errance. Son arrivée coïncide avec de brusques manifestations de Faro, l'esprit des eaux.
Discussion en présence du réalisateur (sous réserve)


20H00. LES SAIGNANTES de Jean-Pierre Bekolo, fiction, 1h35, 2005
Yaoundé, le destin de deux jeunes femmes dont la vie bascule au carrefour de la corruption et de la mort.


Cinéma VOG à Bazas
20H30. VICTIMES DE NOS RICHESSES de Kal Touré



En partenariat avec le CRARC

Samedi 21 novembre. Athénée Municipale de Bordeaux
18H00. Cérémonie de clôture des 11èmes Rencontres Cinématographiques Africaines; entrée gratuite
TIMPOKO de Serge Armel Sawadogo, fiction, 14min, 2008
Timpoko qui vit dans la cour familiale de son fils à Ouagadougou se bat pour faire respecter son rôle protecteur de grand-mère. Un film sur les relations entre générations en Afrique de l'Ouest confrontées aux mutations sociales.

Concert
Un cocktail sera proposé après le spectacle.


Dimanche 6 décembre. Cinéma Le Festival (Bègles)
16H00. Spectacle de contes: Adama Traoré
Projection de films d'animation africains (en association avec le 19ème édition du Festival International du Film d'Animation Les Nuits magiques)



28 novembre à 18H00 (sous réserve) au Centre d'Animation du Grand Parc
Musique: concours de Slam par des jeunes Bordelais
Film: Youssou N'Dour: I bring what I love de Elizabeth Chai Vasarhelyi, documentaire musical, 1H42: un vibrant hommage à un artiste hors du commun, à un être exceptionnel qui a su transcender les frontières


Avril 2010. Maison Cantonale Bordeaux Bastide
"47": une adaptation théâtrale du roman 1947, année de la grande insurrection sur l'île natale de Jean-Luc Raharimanana


Troisième samedi de chaque mois
Bibliothèque Municipale de Bordeaux Mériadeck  "Cinépalabres"



Autour des "Rencontres"

Samedi 14 novembre Bibliothèques de Mériadeck


15H00. "Ciné PALABRES" Entrée gratuite
LE RETOUR D'UN AVENTURIER de Mustapha Alassane, fiction, 34min, 1966
De retour d'un voyage aux Etats-Unis, un jeune nigérien offre aux amis de son village des panoplies de cowboys. La petite bande va transformer le village en far west.

LES COWBOYS SONT NOIRS de Serge Moati, documentaire, 15min, 1966
Mustapha Alassane, cinéaste nigérien, tourne Le Retour d'un Aventurier, premier western africain.

GOULILI, DIS MOI SI TU SAIS, de Sabrina Draoui, fiction, 22min, 2008
Dialogue intime entre deux amies si différentes et si proches à la fois.

Les projections seront suivies d'un débat avec le public dans le cadre des Ciné-palabres.

En partenariat avec le CRARC
Projections-débats du film: VICTIMES DE NOS RICHESSES de Kal Touré (en présence du réalisateur)

Mardi 17 novembre. Séance scolaire à 14H30 à l'Amphi du Lycée Agricole de Bazas

Jeudi 19 novembre
à 14H30 à l'Amphi du Lycée Agricole de Libourne Montagne

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