Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
4 juillet 2009 6 04 /07 /juillet /2009 23:13















Lázaro
COVADLO,
Trous noirs
,
L’Arbre vengeur, 2009, 214 p. (Forêt invisible)
[Titre original : Agujeros Negros ;
traduit de l’espagnol (Argentine) par Denis Amutio]








Je salue ici la bienheureuse initiative de L’arbre vengeur, la petite mais dynamique maison d’édition talençaise connue pour publier les perles méconnues de la littérature étrangère, qui permet de faire enfin connaître Lázaro Covadlo au public français alors que nos voisins espagnols et portugais reconnaissent depuis plus de dix ans le talent de cet écrivain hors –.norme.

L’auteur

 Eduardo Lázaro Covadlo est né à Buenos Aires en 1937. Après des études universitaires de physique, il devient journaliste scientifique tout en tâtant de l’écriture : il publie en Argentine un recueil de nouvelles, Los Humaneros (1969) puis un roman, La Cámara del Silencio (1973). Le retour au pouvoir du général Juan Domingo Perón suivi du début de la « sale guerre » où les escadrons de la mort servant la junte militaire traquent les dissidents et les démocrates (faisant au total 30 000 « disparus ») incitent Covadlo à s’exiler en Europe. Installé à Barcelone en 1975, il reprend des activités journalistiques dans lesquelles la critique littéraire domine. Ainsi, il collabore au magazine Qué Leer, donne articles et nouvelles pour des revues de littérature (Blanco y Negro, Caleta, Lateral, Turia) et les suppléments des quotidiens El País et El Periódico. A côté de son travail, il continue à écrire de la fiction. Son premier roman publié en Espagne, Conversación con el monstro (1993) ne rencontre d’abord d’écho qu’en Argentine où il remporte le Prix Planeta Sur. C’est avec le recueil de nouvelles Agujeros Negros (1997) qu’il connaît son premier succès d’estime dans son pays d’adoption, grâce aux critiques élogieuses de grands écrivains espagnols contemporains tels que Sergi Pámies, Quim Monzó ou Enrique Vila-Matas. Suivent deux romans, Remington Rand, una infancia extraordinaria (1998) et le très gothique La Casa de Patrick Chillers (1999), un recueil de nouvelles, Animalitos de Dios (2000) puis l’essai satirique, La Bodrioteca de Covadlo (2000) où l’auteur commente avec génie et humour des passages d’oeuvres antiques. En 2001, il s’essaie au roman pour la jeunesse avec El Mundo de Condela avant de revenir au thème du monstre exploitée dans Conversación…, dans Creaturas de la Noche (2004), roman où il revisite l’histoire d’Elisabeth Báthory pour mieux cerner les dérives de la société actuelle et qui lui vaut le prix Café Gijón. Sa dernière oeuvre en date, Las Salvajes muchachas del partido (2008) adapte avec bonhe(ur l’histoire du Juif errant aux XXe siècle en contant les aventures de Baruj Kowenski fuyant les pogroms de son Ukraine natale en 1905 pour l’Argentine où il se fait contrebandier, brigand et côtoie les chefs des mouvements indépendantistes, avant de revenir en Europe participer à la Révolution bolchévique ( pendant laquelle il rencontre Trotski et Félix Djerzhinsky, le fondateur de la tristement célèbre Tcheka, police politique) puis à la guerre civile espagnole dans les rangs des Brigades Internationales. Il est à noter qu’outre Agujeros Negros, aucune autre oeuvre de Covadlo n’est traduite en français.

Parmi ses inspirateurs, Lázaro Covadlo cite volontiers Isaac Babel, Franz Kafka, Roland Barthes, Jean-Paul Sartre, Marcel Camus et Friedrich Nietzsche.  L’œuvre Trous noirs rassemble douze nouvelles de longueur, de ton et de genre d’inspiration très divers où pointent l’humour ou l’ironie pour décrire des personnages flirtant avec le vide existentiel.

L'œuvre

En apéritif, Covadlo nous livre « Pour vos bons et loyaux services », une féroce satire des moeurs politiques des régimes dictatoriaux sud-américains. L’auteur, membre gouvernemental, évoque l’élimination successive de ses collègues ministres qui ont eu le malheur de déplaire au Président - à qui on présente les têtes décapitées sur un support de métal plus ou moins noble selon la valeur reconnue de son vivant au condamné. Avec une stupide fébrilité, il attend lui-même le bourreau et s’extasie à la confirmation de son élimination : « Voici environ deux heures, j’ai reçu mon plateau. Je n’ai pu dissimuler ma joie en voyant qu’il était en platine et or, avec des incrustations de pierres précieuses et une phrase gravée dans le métal : « Pour vos bons et loyaux services ». Dans quelques instants mon assistant va descendre avec la hache. J’ai décidé d’être décapité sans anesthésie, bien sûr » (p.12 – 13).


Il enchaîne avec « Quand l’après-midi décline », une parodie de récit policier où l’aveu, même tardif, d’un crime monstrueux ne paie pas : tout au contraire !

« Mon autre papa » entraîne un brutal changement de ton : Angel, un enfant qui a connu une gloire éphémère en jouant dans des publicités télévisées, doit affronter, outre la mort de son père, l’entrée dans la vie de sa mère du présentateur vedette qui un jour dans le secret des studios de tournage a abusé sexuellement de lui.

Après ce récit grave et feutré, les montagnes russes « covadliennes » nous conduisent au sommet de la farce kafkaïenne dans « Personne ne disparaît jamais tout à fait ». Pour ne pas être séparé de sa fiancée pendant son service militaire, Adalberto Arismandi décide de gruger le conseil de réformation militaire, en demandant à un ami étudiant en médecine de l’amputer d’un gros orteil et en expliquant cette mutilation par une ancienne gangrène. Hélas, le sacrifice de son orteil ne suffit pas à lui éviter la conscription. Affecté à l’intendance, il mène une vie routinière jusqu’au moment où des chatouillis dans ses orteils signalent le départ d’une réelle gangrène et de nouvelles amputations. Ce n’est qu’après avoir perdu son pied droit qu’il est rendu à la vie civile et que son supérieur, conscient de son handicap, le fait embaucher à « CENTRAGEN, la compagnie spécialisée dans la centralisation des compagnies de centralisation » (p. 57). Là, on le place devant « un ordinateur sur l’écran duquel s’affichaient les données provenant du module de contrôle N° 00465, lequel contrôlait le N° 00290. Son travail consistait à contrôler minutieusement ces données (celles du N° 00465) et vérifier le contenu dans les moindres détails, pour ensuite transmettre les résultats au module de contrôle N° 00328, en ayant spécifié son nom, prénom et module de contrôle […] A son tour le N° 00328 (son contrôleur) était contrôlé par le N° 00871, qui était lui-même contrôlé par le N° 00654. Celui-ci était contrôlé par un autre module, qui était contrôlé par un autre, lui-même contrôlé par un autre, et celui -là par un autre encore, ainsi de suite jusqu’au N° 00106 contrôlé par le N° 00290, contrôlé, comme on l’a déjà dit (la réitération est indispensable pour éviter d’inutiles confusions) par le N° 00465, celui-là même qu’Adalberto contrôlait » (p.63). Le jeune homme semble s’adapter à cette tâche lénifiante jusqu’au jour où la gangrène qu’il croyait enrayée se manifeste à nouveau. A mesure qu’on lui coupe des morceaux de son corps, il rétrograde dans la hiérarchie et on ampute son nom de lettres en proportion de sa diminution physique. Mais Centragen ne veut pas laisser s’échapper un si docile et utile employé en dépit de son pourrissement qui s'étend…

« Je n’éteignais jamais la lumière » évoque les terreurs enfantines. Le narrateur se rappelle avoir été empêché enfant de s’endormir par la vision d’un homme à sa fenêtre, un couteau au poing. Il pense que le cycle de la peur a cessé en grandissant mais quand son fils se plaint de la même vision nocturne, il court vérifier, lame en main, la présence d’un rôdeur sous la fenêtre de son garçon…

« Rouge satin » illustre le thème de la femme qui s’ennuie dans la routine de son couple et qui prend un amant. Tout va bien pour Délia jusqu’au jour où l’exotique et attentionné Vladimir l’abandonne pour sa partenaire de cabaret Katiushka, ne lui laissant comme souvenir de leurs  féeriques étreintes qu’une chemise de nuit en satin rouge. Alors, le soir, Délia revêt le.sous-vêtement, se glisse au côté de son mari, supplie de se faire appeler Katiushka tandis qu’elle lui susurre sa ferveur pour son Vladimir….

« Modetsonges » conte le quotidien d’Emilio, un garçon qui, pour fuir l’école qu’il n’aime pas et un père tyrannique, décide de se réfugier dans le monde onirique peuplé des personnages de contes de fées et des histoires de Lewis Carroll peints sur les murs de sa chambre par son excentrique tante Elisa.

Encore une histoire d’être qui fuit la réalité dans le fantasme et ne veut pas grandir dans « Beaucoup de cuir ». Le héros, enfant, développe une fascination pour les forces de l’ordre et, devenu adulte, postule, sans succès, pour entrer dans la police. Les agences de sécurité ne veulent pas plus l’embaucher. En désespoir de cause, son frère, propriétaire d’un commerce de vêtements en cuir, lui confie la sinécure de veiller sur son magasin. Mais bientôt le déguisement de shérif et l’attitude inquisitrice du héros qui prend sa tâche au pied de la lettre font fuir la clientèle et conduisent l’entreprise à la faillite. Abandonné par son frère, il se marginalise sans démordre de sa vocation insensée de justicier : « L’homme tout de cuir vêtu commença à surveiller les transports en commun. Il remit son étoile de shérif sur sa poitrine. Il portait dans un étui, passé à un gros ceinturon, un revolver en plastique qui ne cachait pas sa qualité de jouet. Il prenait le métro, les bus. Il ne cessait de scruter la présence d’éventuels délinquants, qu’ils fassent gaffe, avec lui on ne s’amuse pas […] Certains rient, et quand cela arrive, il les fixe en prenant l’air menaçant. Il est très connu dans les transports en commun et les rues de la ville » (p.121 – 122).

« Herren Krishna, Fischer Kampf, Golden Ravioli » constitue à mon sens la plus réussie mais aussi la plus dérangeante des nouvelles du recueil. Covadlo y campe Silas Rodgers, écrivain raté, illuminé et polygame, qui, pour fuir l’incompréhension de ses concitoyens devant la mission divine que lui confie Mussolini par le biais de sa radio, s’enfonce avec sa « tribu » dans les solitudes du désert de l’Utah, un beau matin de 1938. Arrivé au milieu d’un nulle part hostile, il le décrète lieu de sa future illumination : « C’est ici que nous bâtirons notre règne, estima Silas Rodgers » (p.125). Mais bien vite la question de la nourriture devient primordiale ; le prophète la règle en déclarant : « La vie se nourrit de la vie. Les chevaux pour commencer seront notre principal aliment car nous ne bougerons pas d’ici jusqu’à ce que notre fiancé, notre Grand Seigneur, vienne à notre rencontre dans son char de feu et nous apporte l’avenir » (p.125 – 126). Silas retourne à ses méditations et ses séances d’écoute de la radio pour s’informer des progrès de l’Axe dans la guerre et d’éventuels messages du Führer et du Duce à son attention ; et s’emploie à accroître le nombre de ses disciples à sa manière tordue :«  Entre temps, Silas Rodgers continuait à semer sa semence dans le ventre des femmes, et quatre des plus grandes filles ainsi qu’une petite-fille récemment nubile furent incluses dans le harem » (p.127). La tribu croît alors que la viande de cheval se tarit : Silas trouve à nouveau une solution à sa manière à la menace de famine : « Enfin est arrivée l’heure glorieuse de nourrir notre chair avec notre chair, notre sang avec notre sang, et nos os avec nos os. Celui ou celle dont l’être sera distribué aux autres continuera à vivre dans le groupe, car nous sommes tous un et chacun de nous est tous. D’ailleurs, dès la première ingestion, le niveau de conscience de notre peuple s’approchera de celui du surhomme. » (p.130 – 131). A l’inceste, la secte ajoute donc le cannibalisme. Le temps passe, le nombre des élus et la batterie de la radio faiblissent jusqu’au jour où Silas décide d’envoyer son fils Benito répandre la « bonne parole » à San Francisco. « Quand on le retrouva errant dans un coin perdu des alentours d’un village du désert, il ne cessait de marmonner des incohérences : " Herren Krisna, Bertha Krupp, Ezra raza, maine herren, maine Heidegger… ". Il avait sur lui trois mille feuillets manuscrits de Silas Rodgers et jurait qu’il se chargerait de les faire passer à la postérité. On l’interna dans un hôpital d'Oakland, là il raconta aux médecins les principaux épisodes de l’incursion dans le désert et de la fin de la famille Rodgers6Coobs. - Ils sont tous à l’intérieur de moi, disait-il, sauf quelques morceaux de mon père que j’ai laissé aux vautours. » (p.135).

Bernardo Aguado, le héros de « Trou noir », s’est embarqué sur le Neptune II pour faire une croisière au cours de laquelle il essaie d’oublier Clara Luz, son amour de jeunesse qui, au lieu de l’attendre pendant qu’il s’exilait faire fortune pour demander sa main à ses riches parents, a épousé un joaillier aux moeurs grossières et volages. Au cours d’une escale, dans un bar, Aguado retrouve une Clara quittée par son mari. Elle n’est plus la blanche colombe du passé, mais ils peuvent rattraper le temps perdu : Clara réembarque avec Bernardo et la croisière prend des allures de lune de miel passionnée. Jusqu’au jour où Aguado, descendu seul à terre, entre par erreur dans un cinéma porno qui diffuse le film de ses ébats avec Clara réalisé par ….l’ancien mari de cette dernière. A mesure que la caméra se focalise sur l’oeil noir de l’escroc déguisé en marin du Neptune II, Aguado sombre dans la folie comme une étoile s’effondrant sur elle-même pour former un « trou noir ». « Préparation pour l’abîme » nous fait retrouver le héros de « Mondetsonges ». Emilio, à force de rêvasser, a raté sa vie : il a assisté impuissant à la désintégration de sa famille et à la montée de la folie de son père, désormais interné. Squattant la maison familiale qui sera bientôt vendue, vautré sur un matelas dans son ancienne chambre et imbibé de vodka, il essaie de retrouver la clé de ses rêves d’enfants où il croit que se cache l’explication de la faillite de sa vie. Mais la magie des peintures de tante Elisa semble impuissante à lutter contre l’alcool qui nourrit ses mensonges et son auto-destruction.

Enfin, « Le courant du mal » rappelle les contes d’E.T.A. Hoffmann. Aristides Sterni s’est rendu pour un séminaire professionnel dans une petite station balnéaire argentine où, en une soirée, il s’est ruiné au casino. Sans un sou et assuré d’être bientôt licencié, il décide d’en finir en se noyant dans la mer. Alors qu’il va se jeter dans les flots, survient un personnage avec des cornes sur la tête et une queue pointue qui l’invite à prendre un dernier verre. N’ayant plus rien à perdre, il suit l’inconnu qui lui avoue vivre luxueusement en servant le Diable comme Agent du mal et l’invite à le rejoindre dans ses rangs. Rien de plus facile : mettant son âme en gage, il connaitra la réussite s’il commet une mauvaise action par jour. Croyant à une plaisanterie, Aristides accepte et aussitôt il regagne ses pertes au casino et apprend qu’il est le seul héritier d’un richissime oncle de Buenos Aires qui vient de décéder ! Il est alors convaincu de l’efficacité du pacte passé et toute sa vie s’acquitte consciencieusement de sa mission. Arrivé à la fin de sa vie passée, il fait le bilan : certes, il nage dans le luxe mais sa femme a finie internée et ses enfants se sont éloignés de lui. Avant de passer l’arme à gauche, ne pourrait-il pas faire pour une fois le bien autour de lui ? Il en est là de ses réflexion quand on lui annonce une visite impromptue : celle de son agent du mal tentateur qui lui aussi a vieilli et est en mauvaise santé. Arguant d’une mauvaise blague initiale, il mendie à Aristides l’argent pour se soigner. Le richard cède mais « Le vieil homme fit un mouvement de remerciement en recevant le chèque. Il le plia avant de le ranger dans sa poche, alors son visage commença à se transformer : un éclat nouveau apparut dans son regard, et Aristides découvrait avec frayeur que dans les yeux de son visiteur brillait la même lueur rougeâtre qui l’avait fait frémir lors de cette lointaine nuit. » (p.215).

Mon avis

Avec Trous noirs, Covadlo nous convie à une immersion sans tabou mais non dénuée d’humour, d’ironie et d’espoir dans les failles de la vie moderne : solitude des individus, fragilité des couples et des familles, pulsions inavouables, bureaucratie absurdement tracassière, peurs irrationnelles (viol, meurtre, différence) comme justifiée (ne pas être aimé, perdre son emploi), maladie, folie, dérives sectaires, etc. Avec la justesse d’un Dostoïevski, Covadlo décrit la profondeur psychologie d’êtres en proie au doute et à la tentation de s’évader dans le rêve ou la folie. Tel Borges ou Kafka, il pointe l’absurdité d’un monde privé de repères moraux et livré aux abus de pouvoir. Enfin, comme Hitchcock ou Fredric Brown, il construit des intrigues simples et originales mais à la chute toujours inattendue. Au total, à travers des histoires de rien, il ressuscite la fable philosophique avec un réel succès. Trous noirs possède en cela ce qui signe pour moi un grand livre  – donc un auteur à suivre : la capacité de fasciner au point qu’il est impossible de le refermer une fois ouvert, avec un supplément d’âme pour le lecteur. Personnellement, je n’ai qu’une hâte (qui pourrait être une invite aux grands pontes de l’édition française), celle de voir traduites en français les autres œuvres  de cet auteur unique et indispensable. Je signale en dernier lieu que Trous noirs a fait l’objet d’une pertinente critique de Camille Decivier dans le numéro 100 (février 2009) du Matricule des anges (disponible en ligne à l’adresse www.lmda/din/tit_lmda.php?Id=60852) et que Lázaro Covadlo possède son propre site internet (www.covadlo.com) où, si vous lisez l’espagnol, vous pourrez trouver des extraits et des critiques de ses oeuvres.


Laurent, AS BIB

Autres artilces sur
des ouvrages édités par L'Arbre vengeur :

Quatre articles sur Qinzinzinzili, ceux d'Isabel et de Marine, ceux de Maylis et de Marie

Eric Chevillard, L'autofictif, article de Marine

Léon Bloy, Histoires désobligeantes, article d'Adrien

Léo Lipski, Piotrus, article de Marie-Amélie

Marie-Louise AUDIBERTI, Stations obligées : article de Julie.

Repost 0
Published by Laurent - dans Nouvelle
commenter cet article
3 juillet 2009 5 03 /07 /juillet /2009 20:19
La saga Death Note











Death Note
est un manga japonais scénarisé par
ÕbaTsugumi et dessiné par Obata
Takeshi. Il a été publié en douze tankõbon (volumes) par la maison d’édition japonaise Shūeisha (qui publie également l’hebdomadaire Weekly Shõnen Jump dans lequel ont été prépubliés les cent huit chapitres du manga avant d’être compilés). La version française a été publiée par la maison d’édition Kana (qui publie également Naruto, Hunter X Hunter et Détective Conan). Le manga a été adapté en série animée en trente-sept épisodes par le studio japonais Madhouse en 2006 et a connu trois adaptations cinématographiques en 2006 (Death Note et Death Note 2 : The Last Name) et 2008 (L : Change the world).







Les auteurs


Õba Tsugumi est un scénariste de manga dont la bibliographie ne comprend que Death Note et Baku-man. Personne ne connaît son véritable nom, ni son visage, mais il existe plusieurs rumeurs le concernant,  ainsi, ce pseudonyme cacherait en fait un (ou une) célèbre mangaka…

Obata
Takeshi est un dessinateur de manga (11 février 1969 - …). Il a réalisé les planches de mangas tels que Shigaru no go ou Baku-man et le design des personnages du jeu vidéo Castlevania Judgment.

L’histoire

Raito Light Yagami est un étudiant modèle lassé du monde qui l’entoure. Un matin, alors qu’il rêvasse en cours d’anglais, son regard est attiré vers un cahier noir tombant du ciel sur la pelouse de l’université. Il découvre ainsi le Death Note, carnet maudit des Dieux de la Mort (Shinigami).

« La personne dont le nom est écrit dans ce cahier meurt ».

Au début, Light ne croit pas au pouvoir du Carnet de la Mort… La télévision de sa chambre annonce une prise d’otages dans une école maternelle. Raito note sans trop se faire d’illusions, presque comme par jeu, le nom du criminel qui s’affiche à l’écran. 40 secondes plus tard, l’homme est mort d’une crise cardiaque.

Light fait alors la rencontre de Ryukku, le Shinigami à qui appartient le Death Note, qui l’accompagnera comme une ombre tout au long du manga.

Raito Yagami comprend enfin qu’il est de son devoir d’éradiquer tous les criminels de la planète, car les Dieux lui en ont donné le pouvoir. Animé par cette frénésie meurtrière, il devient Kira (dérivé de l’anglais « Killer ») le justicier.

La criminalité baisse, et le monde entier a les yeux rivés sur le Japon. La police de Tokyo, divisée, crée une cellule d’enquête destinée à la capture du Justicier. Pour cela, elle engage un détective privé, « L », dont le nom et  le visage sont inconnus de tous…

Shõnen ? Nekketsu ? Seinen ? Seijin ?

Le nekketsu (« sang bouillant ») est souvent confondu avec le shõnen manga (en japonais : manga pour jeune garçon). Or, alors que le shõnen manga définit juste une ligne éditoriale, c'est-à-dire le public visé par le magazine dans lequel le manga est prépublié, le nekketsu répond à un canevas de critères scénaristiques précis : le héros doit être orphelin, naïf, honnête, dôté de capacités hors-norme et d’esprit de groupe, fatalement conduit à combattre ses meilleurs amis…

Le nekketsu se caractérise par son manichéisme. Le héros est foncièrement bon, et lutte physiquement contre le Mal. Ces deux entités sont clairement définies, même si les personnages se rattachant à l’une ou l’autre ont leurs raisons, les pions du Mal affrontent forcément les pions du Bien. Le héros se relève toujours car il est animé d’une force pure, et le méchant perd.

Le nekketsu déborde de valeurs morales fortes, les jeunes garçons s’identifient au personnage principal qui est souvent un peu gauche et très attachant. Ils vont l’accompagner dans son parcours initiatique et s’en imprégner. Ces mangas rencontrent un franc succès au Japon et en France qui est le premier pays importateur de manga (papier ou animé). Les shõnen manga les plus emblématiques sont Naruto, One Piece, Bleach, Dragon Ball

Le seinen manga s’adresse aux jeunes adultes (15-30 ans). La trame est cette fois plus importante, plus approfondie tout comme le style graphique, il y a moins voire pas de combat. Les personnages sont plus complexes et les sujets sont abordés de façon réaliste, crue et parfois violente. Là encore, il ne s’agit que d’une ligne éditoriale.

Le seijin manga s’adresse à un public d’hommes adultes. Les sujets qui sont abordés sont cette fois complexes (politique, histoire, enquêtes policière) et il peut y être développé une forme d’érotisme.

Ces trois genres ont évidemment leur pendant féminin ; la fracture générationnelle ou sexuelle, très marquée au Japon, est loin d’être la même en France.

Il est difficile de définir à quel genre de manga appartient Death Note. Il a été prépublié dans le Weekly Shõnen Jump, il est donc censé être lu par des jeunes garçons, adolescents ou pré-adolescents. Or, il est clair que Death Note ne correspond absolument pas à la grille de critères des nekketsu, le genre dominant du shõnen manga.

Death Note traite de notre société actuelle en y ajoutant un aspect magique. Il est clair que le héros est dôté de « super-pouvoirs », mais qui ne sont en aucun cas de son fait, et qui servent encore moins à contrer le Mal absolu… La question du Bien et du Mal est très complexe dans le manga, car elle relève de la subjectivité de chaque personnage, et des éléments de l’intrigue policière (thème récurrent du seijin manga) qu’il a en main… Même le lecteur a du mal a se faire une opinion.

En effet, Kira ne s’attaque qu’aux criminels au départ, il a une vision du monde assez manichéenne et idéaliste (un peu comme s’il avait lu trop de nekketsu…) : les méchants doivent être punis, et je suis le héros à qui le choix du châtiment incombe, car j’en ai le pouvoir.

Raito Yagami est un élève modèle et, comble de l’ironie, le fils du chef de la police locale. Pourtant, il est adulé des foules car il réduit la criminalité grâce à sa solution finale. Mais sa vision idéale va être menacée par des hommes sans casier judiciaire, parfois même des proches, et pour protéger sa geste, il va devoir jouer double-jeu et intégrer la cellule qui le recherche. C’est donc un menteur, et un tueur. Et il prend plaisir à mépriser les autres hommes et à les éliminer…

Le rôle de l’orphelin naïf pourrait donc être joué par le détective qui le poursuit, « L ». Il se pose en unique opposant à la hauteur de Kira, et pourtant, c’est un étudiant assez replié sur lui-même, gourmant et supérieurement intelligent. Il est complètement détaché du monde réel, et malgré sa détermination et ses capacités de déduction, il va perdre. Et mourir.

Car il y a d’autres forces qui entrent en jeu : les Shinigami, qui eux non plus ne se posent pas en maîtres bienveillants, ni en créatures malfaisantes. Ils sont issus des superstitions
japonaises traditionnelles et apparaissent sous d’autres formes dans d’autres manga comme Bleach. Ce sont des personnages fluctuants, animés de sentiments mais pourvus de pouvoirs surnaturels, comme les Dieux de l’Olympe, dont la Terre est le terrain de jeu.

La complexité des personnages et la gravité des sujets traités (la mort, la justice, les croyances religieuses ou les superstitions, la fatalité, l’homosexualité – la relation entre les deux protagonistes et assez ambiguë, et l’un des Shinigami présenté comme femelle est amoureux de la petite amie de Raito au point de se sacrifier pour elle…) font de Death Note un manga extrêmement riche.

Je le conseille à tous ceux qui ont peur des bandes dessinées et du Japon !


Sources

Wikipédia
Article fluctuat.net :
http://livres.fluctuat.net/blog/6421-les-mangas-decollent-en-france.html
Enquète de Jean-Marie Bouissou « Pourquoi aimons-nous le manga ? » : http://www.ceri-sciencespo.com/themes/manga/documents/com4_jmbouissou.pdf


Lila, 2A BIB

Repost 0
2 juillet 2009 4 02 /07 /juillet /2009 19:55









ISHIDA Ira,
Ikebukuro West Gate Park

Traduit du japonais par Anne Bayard-Sakai
éditions Picquier Poche, 2008
.















Biographie de l’auteur
Voir fiche de Julie.


Résumé de l'histoire.

Majima Makoto a dix-neuf ans. Il vit dans le quartier Ikebukuro et a fini ses études au lycée un an auparavant. Il n'a pas l'intention de travailler et préfère passer ses journées à traîner dans le square ouest, avec Mori Masahiro, un de ses amis qui est à l'unversité mais qui n'y va pas, préférant rester avec lui. Un jour où ils n'ont pas d'argent et où ils s'ennuient, ils font la rencontre de Mizuno Shunji, un dessinateur. Le noyau de leur petit groupe est enfin fondé. Dans cette histoire, on peut croiser des filles de riches diplomates, des tueurs de dobermans, des guerres des gangs, une journaliste, des yakuzas et un policier à peu près conciliant.


Ma vision du roman.

Dans ce roman, Ishida Ira dépeint ce qui semble être un Tokyô noir et sombre, où il ne fait pas bon vivre. Dans ce décor quelque peu angoissant, il arrive à dresser les portraits de personnages attachants et bons vivants. Semblant être un ramassis de paresseux, le groupe de Makoto se révèle être un bon noyau de préservation de la paix régnant sur Ikebukuro. On peut voir dans ce livre une sorte d'apologie de l'amitié, de la force et parfois même de l'amour.

Makoto, qui, dans les première pages, est un gamin fraîchement sorti de l'école, grandit avec le temps, devenant enfin un homme et prenant des responsabilités.

Ce livre est presque parfait !

Presque, en effet, car je lui reproche d'être parfois beaucoup trop prévisible. Le premier chapitre ne laisse place à aucun suspense, à mon sens et chaque chapitre possède son lot de stéréotypes.

Toujours est-il que je reste impatiente de lire la suite, qui devrait paraître prochaînement.


Maëva, 1ère année Ed.-Lib.

Lire également la fiche de Julie.
Repost 0
1 juillet 2009 3 01 /07 /juillet /2009 19:37










TROLLEY, ERROC, DIMBERTON
Le Dessinateur T.1 : Caroline

Ed. Bamboo
Coll. Grand Angle, 2009











Histoire


Ce roman graphique sombre et violent met en scène un homme torturé par la mort de sa fille, qui erre de tribunaux en tribunaux afin d’assister à des procès et de les relater. Son travail : dessinateur judiciaire. Depuis plus de trente ans, cet illustrateur névrosé assiste à des audiences et dessine des assassins en jugement.  Aujourd’hui en fin de carrière, l’artiste est à bout de forces. Enfermé dans sa chambre, il contemple impuissant les portraits des tueurs dont il a suivi les affaires, en repensant au viol et au suicide de sa fille, Caroline, survenus quelques années plus tôt. Hanté par les souvenirs de son enfant et les croquis de psychopathes punaisées à son mur, l’homme décide finalement de se lancer dans une croisade meurtrière et d’abattre un à un les tueurs qu’il a jadis dessinés. A la manière d’un justicier, ce héros des temps modernes exécute de sang froid les anciens malfaiteurs à leur sortie de prison, jusqu’au jour où tout bascule….

Mon avis sur le livre

D’après une idée du scénariste de la série les Profs, cette bande dessinée digne d’un roman noir nous transporte à la rencontre d’un anti-héros rongé par le désir de vengeance et le désespoir qui tue pour l’amour de sa fille. Graphiquement proche de la série XIII, l’ouvrage nous plonge dans les ruelles lugubres de Paris où le lecteur assiste progressivement à la déchéance du personnage principal qui finit par prendre goût à l’horreur et au meurtre. Suivant une trame assez linéaire, ce livre macabre et violent s’achève sur un magnifique coup de théâtre digne d’un grand thriller. Une fin glaciale et inattendue qui donne ainsi la possibilité à l’équipe du Dessinateur d’imaginer une suite qui je l’espère sera aussi réussie que ce premier opus.

Valentin, 1ère année Bib.-Méd.                          

Repost 0
Published by Valentin - dans bande dessinée
commenter cet article
30 juin 2009 2 30 /06 /juin /2009 19:51
Les Soirées Littérature en Jardin proposent pour la troisième année consécutive un moment exceptionnel autour de la poésie et de la musique dans un cadre champêtre et propice à la convivialité.

Vendredi 3 juillet à 19h
Lecture d’Olivier Cadiot suivie d’un DJ-Set de Guillaume Laidain, alias The Garçon
Au Gué de Sénac, sur la commune des Peintures, chez Monsieur Eric Le Collen.

.
Vendredi 10 juillet à 19h
Lecture de Bernard Noël
Suivie d’une performance musicale de Mathieu Immer et Cristian Tyas
Au domaine de Bômale, à Saint-Denis-de-Pile.

Entrée gratuite, places limitées, réservation conseillée
Pour la soirée du 3 juillet : 05 57 69 36 53
Pour la soirée du 10 juillet : 05 57 69 11 48


Permanences de la littérature
05 57 48 44 19
accueil@permanencesdelalitterature.fr

www.permanencesdelalitterature.fr
www.ritournelles.fr

Pour se rendre aux deux soirées :
depuis Bordeaux, prendre l’autoroute A89 (Périgueux).
Prendre la sortie N°10 (Saint-Denis-de-Pile / Libourne-Nord). Prendre la D18 puis la D910.
• Pour la soirée à Saint-Denis-de-Pile, sortie sur la gauche.
• Pour la soirée au Gué de Sénac, continuer tout droit jusqu’à Coutras :
À l’entrée de Coutras, prendre la direction Angoulême – Les Peintures
À Rolland, prendre à gauche après la station-service.
Une signalétique sur place vous conduira jusqu’aux lieux des manifestations
Repost 0
Published by Littexpress - dans EVENEMENTS
commenter cet article
29 juin 2009 1 29 /06 /juin /2009 20:23

















VILLIERS DE L'ISLE-ADAM
Le Bourgeois mis en pièces

Éditions Sao Maï, juin 2009


















Après Tableau de Paris sous la Commune suivi de Désir d'être un homme, de Villiers de l’Isle-Adam, les éditions SAO MAï viennent de faire paraître Le Bourgeois mis en pièces.

Que se cache-t-il vraiment derrière le Bourgeois, cette figure politique et psychologique à première vue transparente, inodore et sans saveur ? Quels mystères inavouables, et terrifiants, recèlent ces gras visages illuminés de bon sens, ces airs bonhommes, innocemment satisfaits ? Y aurait-il d’inquiétants secrets méritant de se voir divulgués, liés à la genèse de cette classe sociale étrange, finalement parvenue au pouvoir total et à l’emprise complète sur l’ensemble du monde moderne ? Pour le savoir, quoi de mieux que d’écouter ce que disait - voilà plus d’un siècle - celui qui, au plan littéraire, fut certainement dudit Bourgeois l’un des ennemis les plus acharnés, et talentueux : l’immense poète Villiers de l’Isle-Adam (1838-1889) dont les contes ici rassemblés, légers, irrésistibles de drôlerie et de fiel, contribueront certainement à l’édification, sur cette douloureuse question scientifique, du plus large des publics ?


LE BOURGEOIS MIS EN PIÈCES, par Villiers de l'Isle-Adam - Éditions SAO MAÏ - 90 pages - 7 Euros. Sortie en librairie le 18 juin 2009


Les éditions Sao Mai sont diffusées par Court-Circuit (A plus d'un titre, Libertalia, Vertige Graphic, etc.)




Repost 0
Published by littexpress
commenter cet article
28 juin 2009 7 28 /06 /juin /2009 19:48









Alain MABANCKOU
Black Bazar

Seuil, janvier 2009














L’auteur


Après la parution de son dernier ouvrage, Black Bazar, en janvier 2009, on le voit beaucoup et on entend parler de lui dans les médias. En effet, présent à la grande librairie sur Arte ou encore sur France O, on a pu le croiser à L’Escale du livre de Bordeaux en avril.

Alain Mabanckou est né en 1966 au Congo Brazzaville. Après le baccalauréat, il entame des études de droit comme le souhaitait sa mère. Puis il travaille à la Lyonnaises des Eaux, pour la quitter afin de s’envoler aux Etats Unis comme professeur de littérature francophone à l’université de Michigan en 2002 puis de Californie-Los Angeles.

Parallèlement, il écrit des romans, des recueils de poèmes, des traductions, des articles et nouvelles parus dans les journaux.

Il obtient de nombreux prix :
1995 : Prix Jean-Christophe de la Société des poètes français pour le recueil de poèmes L’usure des lendemains ;
1998 : Grand Prix littéraire de l’Afrique noire pour le roman Bleu-Blanc-Rouge ;
2005 : Prix Ouest-France/Etonnants Voyageurs, Prix des Cinq Continents de la Francophonie et Prix RFO du livre pour le roman Verre cassé ;
2006 : Prix Renaudot, Prix Aliénor d’Aquitaine et Prix de la Rentrée littéraire pour le roman Mémoires de porc-épic.


Le roman

« Quatre mois se sont écoulés depuis que ma compagne s’est enfuie avec notre fille et L’Hybride, un type qui joue du tam-tam dans un groupe que personne ne connaît en France, y compris à Monaco et en Corse. En fait je cherche maintenant à déménager d’ici. J’en ai assez du comportement de mon voisin monsieur Hippocrate qui ne me fait plus de cadeaux, qui m’épie lorsque je descends au sous-sol dans le local des poubelles et qui m’accuse de tous les maux de la terre. En plus, quand j’entre chez moi je ne supporte plus de deviner la silhouette de mon ex et de celle de L’Hybride qui rôde quelque part. »

Fessologue, adorateur de costumes italiens et de fesses, vient de se faire plaquer. L’Hybride et Couleur d’Origine, sa compagne, ont emmené sa fille Henriette. Il est triste et en colère. Ses amis du Jip’s, un café où ils se retrouvent, essayent de le réconforter, chacun à sa manière et Fessologue n’en ressort pas toujours rassuré. Mais une rencontre va l’aider à surmonter sa peine, Louis-Philippe, un écrivain haïtien va lui proposer d’écrire pour extérioriser ses angoisses. Fessologue achète donc une machine à écrire et se lance dans l’écriture. Ainsi il nous parlera de ce qui l’entoure, de l’Arabe du coin qui l’aide, de monsieur Hippocrate son voisin raciste, de Couleur d’Origine, de Paul du grand Congo, de Roger le Franco-Ivoirien, d’Yves l’Ivoirien tout court qui veut faire payer à la France la dette coloniale, de Vladimir Le Camerounais aux cigares les plus longs de France et de Navarre…

Ainsi, à travers les écrits de Fessologue, Alain Mabanckou nous livre un roman tendre, drôle et réaliste. Chaque personnage défend son point de vue sur la beauté et la noirceur de la condition humaine. Il revient donc à une écriture plus classique mais sa plume est toujours présente par le biais de références littéraires, d’artistes ou encore de chanteurs à qui l’auteur envoie un clin d’œil.

L’auteur, dans une interview de Congopage, nous livre ceci : « Je me laisse aller, je ne force jamais l’inspiration et je n’écris que lorsque « j’entends » la musique d’une phrase, le mot qui me hante, l’image qui revient sans cesse. (…) J’écris donc au kilomètre, sans plan, sans documentation et sans stratégie. Je n’organise ma grande « pagaille » qu’à la fin, une fois que j’ai toute la matière première devant moi. » Ainsi, le Bazar des mots se retrouve aussi dans la vie de Fessologue qui, à eux deux, nous livrent leur Black Bazar.

Élisabeth, 1ère année Ed.-Lib.


Lien

Site officiel d'Alain Mabanckou
Repost 0
27 juin 2009 6 27 /06 /juin /2009 19:05

Sébastien traîne maintenant ses "étranges chaussures" dans les rayons de la librairie Mollat et il nous livre ses impressions sur un roman d'Alain Blottière à paraître en septembre.



Un roman puissant sur une figure oubliée de la Résistance
— Ecrit le Vendredi 26 juin 2009 dans la rubrique “C'est nouveau”.




Nous accueillons régulièrement sur nos échelles de jeunes stagiaires dévorés par l’amour de la littérature (et d’Amélie Nothomb pour les plus inquiétants d’entre eux…) et ces temps-ci le rayon profite des étranges chaussures du jeune Sébastien A. (il porte le nom d’un écrivain qui fut en vogue, nous respecterons son anonymat temporaire) qui s’est familiarisé avec la montée des livres en altitude et va nous offrir aujourd’hui un exemple de ses talents de lecteur. Son choix s’est porté sur un livre à paraître à la rentrée chez Gallimard d’Alain Blottière, un roman déjà porté par une rumeur flatteuse et dont nous aurons peut-être l’occasion de reparler. Voici donc, et sans filet, le résultat de sa lecture :

 

Il est juif, il s’appelle Thomas Elek mais accepte seulement qu’on le nomme Tommy. Il a quinze ans lorsque la Seconde Guerre mondiale commence et s’engage dans la Résistance un an plus tard. Au sein des F.T.P.-M.O.I., il participe à plusieurs attentats et déraillements de trains transportant soldats allemands et ravitaillement à leur destination. Mais quelques mois avant que ne soit signée l’Armistice, le groupe est démantelé petit à petit par les Brigades Spéciales jusqu’à ce que tous ses membres soient arrêtés et fusillés.

Elle s’appelle Hélène Elek, elle est sa mère…


Lire la suite sur le blog de  la librairie Mollat.
Repost 0
26 juin 2009 5 26 /06 /juin /2009 22:01







Jeff VANDERMEER
La Cité des saints et des fous

Calmann-Lévy,
Collection Interstices, août 2006
Prix du Cafard Cosmique 2007




















Un livre époustouflant, tant dans la forme que dans le contenu ! Ni un roman, ni vraiment un recueil de nouvelles ; comment qualifier cet ouvrage ? Complètement déstabilisant, il se compose de poèmes, d’illustrations, d’un glossaire, de plusieurs nouvelles d’horreur, très lovecraftiennes, d’un précis historique annoté (notes hilarantes d’ailleurs puisque l’historien y règle ses comptes avec ses concurrents et sa femme, tout en multipliant ces dites notes), d’un essai sur les us et coutumes des calmars royaux, d’un rapport médical sur X (un écrivain perdu dans la ville qu’il a créée dans son roman La Cité des Saints et des Fous...). On y trouve également l’histoire d’un homme amoureux d’une femme aperçue un jour à une fenêtre (Dradin amoureux) et qu’il fera tout pour séduire : il fera confiance à un nain tatoué des plus louches, et il ira même jusqu’à sortir le soir de la Fête du Calmar Royal, fête dangereuse et sanglante. On y trouve encore une nouvelle complètement cryptée (L’Homme qui n’avait pas d’yeux par X), amusez-vous à la décrypter ce n’est pas une blague de Jeff Vandermeer, même si l’on peut se demander ce qui l’a poussé à la rédiger ainsi. Pour un premier ouvrage traduit en français, il frappe fort.

La couverture est splendide et l’intérieur n’a rien à lui envier : chaque texte a droit à un traitement particulier, ce qui rend chacun d’entre eux plus réaliste encore.

Ces récits ont pour décor la ville d’Ambregris, cité-monde tentaculaire, fondée par des pêcheurs de calmars ayant décimé le peuple des champigniens, autochtones en forme de champignons, pour asseoir leur colonisation. Ce peuple se vengera plus tard de façon… silencieuse et mémorable. Ambregris est le personnage central de ce livre, elle nous hante et nous terrifie, nous donne envie de la visiter tout autant qu’elle nous invite à la fuir.

En ouvrant ce livre, vous entrerez dans un monde étrange, qui fascine et fait frissonner, vous défierez la mort (Dans les heures après la mort), vous rencontrerez des êtres inquiétants, les champigniens, pas si inoffensifs que leur nom pourrait le faire croire… Vous ne saurez plus si ce monde est imaginaire ou s’il est réel. Vous passerez du rire aux tremblements d’une page à l’autre. Mais entrez donc dans ce monde, découvrez la ville par vous-même, et devenez Ambregrisien. Surtout ne vous perdez pas dans les bas-fonds après la tombée de la nuit, on ne sait pas ce qui pourrait vous arriver… Essayez donc de survivre au Silence.


Au sommaire
 

- Le Véritable Vandermeer, par Michael MOORCOCK, paratexte ;
- Dradin amoureux ;
- Guide Hoegbotton de l’Ambregris des premiers temps par Duncan Hurle ;
- La Transformation de Martin Lac ,en 2000 l'auteur a reçu le World Fantasy Award pour cette novella ;
- L’étrange cas de X ;
- Lettre du Dr.V. au Dr. Eron-Minaudery ;
- Notes de X ;
- La libération de Belacqua ;
- Le Calmar royal : brève monographie de Karl Manfou (complétée par quelques recherches de Candace Avalaarp, bibliothécaire) ;
- Histoire de la famille Hoegbotton par Orem Hoegbotton ;
- La Cage par Sirin ;
- Dans les heures après la mort par Nicolas Pretspor ;
- Notes adressées au Dr. Eron-Minaudery ;
- L’Homme qui n’avait pas d’yeux par X, [crypté] ;
- Pretspor, Verden et L’Echange ;
- Apprendre à quitter la chair ;
- Glossaire d’Ambregris.


Isabel Meynard, 2ème année édition

Repost 0
Published by Isabel - dans fantasy
commenter cet article
25 juin 2009 4 25 /06 /juin /2009 21:30








DUONG Thu Hong,
Itinéraire d'enfance
,
Sabine Wespieser éditeur
, 2007
Livre de poche, janvier 2009




















Biographie de l’auteur

Né en 1947 d'une mère institutrice et d'un père ingénieur en téléphonie mobile, Duong Thu Hong a reçu une éducation stricte. Pendant la guerre du Vietnam, elle s'engage dans une troupe d'artistes qui se produit pour l'armée sur le front le plus bombardé du Vietnam. Elle dirige ensuite une brigade de jeunesse communiste et vante, dans la presse, les mérites de la Révolution. Mais son combat pour la démocratie lui attire les foudres du parti ; en 1990, elle est emprisonnée sans procès ; libérée sept mois plus tard, elle vit alors sous résidence surveillée et ses œuvres sont interdites de publication. Duong Thu Hong est exilée depuis 2006 en France où elle a été traduite à partir des années 1990. Itinéraire d'enfance, qui est paru en 1985 au Vietnam, est publié en 2007 aux éditions Sabine Wespiser éditeur.

Itinéraire d’enfance

Bê est une jeune fille d'une douzaine d'années, intrépide, vive et débrouillarde ; elle vit une vie paisible dans une petite ville du Vietnam des années cinquante. Fille d'une professeure et d'un militaire en garnison sur la frontière nord du pays, Bê est une élève sérieuse et volontaire. Un jour elle est le témoin du comportement peu éthique de son professeur de gymnastique ; suit alors une série d'incidents et un combat entêté et naïf pour dénoncer l'injustice et défendre la vérité. Bê est alors exclue de son école ; devant l'impossibilité de poursuivre ses études, elle décide d'entreprendre un long voyage pour rejoindre son père. Elle part avec Loan Graine-de-Jacquier, sa plus proche amie ; le périple des deux camarades est rythmé par des mésaventures, des rencontres enrichissantes, la découverte d'autres modes de vie comme celui des montagnes. Les deux jeunes filles goûteront aux mets locaux et s'abreuveront des paroles pleines de sagesse des anciens comme : « La tristesse ne se mesure pas et les catastrophes ne s'annoncent jamais » ou « Le mal suit le bien comme l'ombre suit la lumière ». Après avoir chassé le tigre, rencontré un lépreux errant, porté secours à un village en proie à une épidémie, Bê finit par retrouver son père.

Lucie, 2ème année Bib.-Méd.

Liens

Site Sabine Wespieser





Article de Soline sur Terre des oublis ; histoire du Vietnam et de sa littérature.
Repost 0

Recherche

Archives