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3 novembre 2008 1 03 /11 /novembre /2008 00:00














Grégory MACDONALD
Rafael, derniers jours
Editions 10/18, 1991
collection Domaine étranger






















Publié en 1991 sous le titre original The Brave aux éditions 10/18 dans la collection Domaine étranger, ce roman a été adapté au cinéma par Johnny Depp en 1997. Pour ce livre, l’auteur Grégory Macdonald a obtenu le prix « Trophées 813 du meilleur roman étranger » en 1997.


La lecture de ce roman est une plongée étourdissante dans la fulgurance d’un destin. Par une fascination enténébrante et une fureur sourde, on s’accroche au récit de la vie de Rafael, de ce qu’il en reste, de ce qu’il va en rester...

Rafael est un jeune amérindien qui vit dans une communauté, Morgantown, un simulacre de ville qui s’est créé dans une décharge près d’une autoroute, au sein de la brillante Amérique.

Dans ce cloaque désenchanté, il mène une existence minée par la pauvreté, l’alcool et la charge d’une famille composée d’une femme et de trois enfants. Voulant défier sa marginalité, le jeune homme s’intéresse à une proposition de travail qui lui semble alléchante. De cyniques producteurs usent de sa déconcertante naïveté et le convainquent de devenir l’acteur principal d’un snuff movie (film clandestin contenant les images de sévices et de meurtres réels).

Pour ce jeune homme honni par la société et sans ressource intellectuelle, le rêve américain s’accomplit : il va être dans la lumière et « comme un taureau dans l’arène », il va défier la douleur et accepter d’en mourir. Malgré une description atroce des tortures qu’il endurera, Rafael trouve là l’opportunité de prendre son destin en main. L’approche inéluctable de la mort lui accorde une sorte d’illumination : Il va se sacrifier pour sa famille et l’argent de sa mort servira à la survie de celle-ci.

Il lui reste donc 3 jours. Quelques heures dérisoires où il va commencer à vivre, à s’enivrer de cette décision salvatrice. Empreint de la fierté absolue d’avoir enfin un travail, ce n’est pas en écorché vif qu’il appréhende son supplice prochain. C’est là toute l’ironie cruelle de la situation.

Devant cette abnégation du corps et de l’esprit, le lecteur quant à lui se décompose dans une lente agonie. Une violence souterraine se distille, s’insinue et on suffoque jusqu’à la mort du récit.

A travers Rafael c’est toute une communauté démunie qui est décrite, une humanité naufragée, noyée dans une mélasse de misères, broyée par les courants dominants du capitalisme et du rêve américain forcené, ; Rafael en est la plaie béante. Il est amérindien et ce n’est pas un hasard, il a été rendu étranger à tout, même à lui-même.

Ce destin livré en pâture nous est narré sans provocation, sans mélodramatisme mais à la limite du pathétique. Il dénote cependant une vision acérée de la société moderne et des nouvelles formes de violences toujours plus perverses, plus cyniques qu’elle engendre. La sobriété de l’écriture et la pureté superbe du héros en font une force dénonciatrice pertinente, car plus pernicieuse, plus violente. 

Ce roman à la poésie douloureuse, à l’évanescence macabre ne peut laisser indifférent.

Rafael ou les derniers jours d’un martyre anonyme…


Céline Cuny, 1ère année bibliothèques-médiathèques


Biographie de Grégory Macdonald visible sur le lien suivant :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Gregory_Mcdonald

A propos de l’adaptation cinématographique du livre : http://www.commeaucinema.com/film=the-brave,11622.html

A propos des prix littéraires « Trophées 813 » : http://fr.wikipedia.org/wiki/Troph%C3%A9es_813






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1 novembre 2008 6 01 /11 /novembre /2008 07:59









Marie-Louise AUDIBERTI
Stations obligées
éditions de l’Arbre vengeur,
août 2008.


























Pour la biographie de l’auteur voir le site : www.larevuedesressources.org

Ce recueil, à travers dix nouvelles, nous plonge dans l’existence dérisoire d’hommes et de femmes bercés par la solitude, la peur, les rêves et l’angoisse. Pointes d’humour, loufoqueries, fantaisies  nous accompagnent au fil de chaque nouvelle où nous rencontrons des personnages souvent aux prises avec le doute, les souvenirs ou la folie : ainsi Marutchka doit-elle tuer son mari comme le lui demande le fantôme de sa mère ? Grégoire, prisonnier, acceptera-t-il, après une journée passée dehors mais seulement dans son esprit, de retrouver sa liberté ? Est-ce qu’un moucheron, après ingestion, continue à vivre dans l’estomac ? Ou encore est-ce qu’un livre peut réconcilier un père et son fils ?

Marie-Louise Audiberti a réussi à nous transporter, durant 133 pages, dans un voyage surprenant à la frontière entre la réalité et le rêve avec un style simple, des personnages très différents et attachants, dans des lieux aussi banals que des moyens de transports ou plus intimes comme l’esprit.

Voilà un livre qui  nous fait rire et réfléchir sur la nature humaine et qu’on lit d’une traite en passant un très bon moment. Un conseil : ne ratez pas ce train !



Julie, 1ère année bibliothèques
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1 novembre 2008 6 01 /11 /novembre /2008 01:15
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31 octobre 2008 5 31 /10 /octobre /2008 12:20
  A LA POURSUITE D’UN GRAIN DE SABLE. 



 
La ligne de fuite
, bande dessinée
de Christophe Dabitch et Benjamin Flao.














 

« L’autre »,
nouvelle de Philippe Claudel
in Les petites mécaniques,
Mercure de France, 2003
Réed folio 2007
 


Le recueil des Petites mécaniques  est composé de 13 nouvelles, de longueurs assez inégales, de 5 à 40 pages. Ce sont de courtes fictions, qui illustrent chacune le thème cher à l’auteur du moment où la vie d’un personnage bascule. Dans « Le voleur et le marchand », un meurtrier rencontre le personnage de la mort, qui lui laisse la vie sauve à condition de mener une vie « droite et honnête », et de porter « secours à son prochain ». Le criminel va ensuite racheter ses crimes en sauvant successivement la vie de plusieurs personnages. Dans « Les confidents », une comtesse, Beata Désidério, fait un rêve qui va profondément la marquer, et que de façon obsessionnelle, elle va essayer de retrouver. Ce rêve troublant, où deux hommes détruisent une église, procure à la comtesse une sorte de vertige, de plaisir. Elle ne pense plus qu’à ce rêve, et la façon de se replonger dedans, jusqu’à ne plus manger, ne plus sortir, jusqu’à ce qu’elle parvienne  à le revivre. Philippe Claudel évoque cette idée sur le site du Mercure de France : « M'a toujours intimement touché la fragilité de nos vies ; ou plutôt, la fragilité de leur tracé qui, parfois, s'égare, se brise, alors même que rien, ou si peu de choses, laissent prévoir ces accidents le plus souvent secrets. La vie est donc bien cette petite mécanique, que l'on pense impeccablement réglée, infaillible, sûre d'elle-même et qui pourtant soudain se dérègle et se grippe. L'abandon, le doute, la folie, le silence, le retrait, la mort bien sûr sont ces grains de sable, minces mais aussi incontestables qu'indestructibles, qui parviennent à bloquer les rouages et les jeux. »



    A travers le recueil, Claudel crée une atmosphère étrange, il introduit des éléments fantastiques, irréels, comme la limite floue entre songe et réalité, l’apparition de la mort… Cet aspect est renforcé par le flou relatif qui demeure quant aux périodes où se déroulent les actions. L’auteur ne donne que très peu de repères temporels ; certaines nouvelles se déroulent au Moyen Age, d’autres à l’époque de la Renaissance, ou encore dans une période plus actuelle. Ce sont les descriptions qui permettent principalement d’identifier l’époque : une foire dans un bourg nous plonge plutôt dans une ambiance moyenâgeuse, l’évocation de « grands et beaux » livres d’architecture fait davantage penser à la période de la Renaissance, une pétition pour installer un siphon dans les WC par contre, nous rapproche de l’époque contemporaine. Le recueil est en fait composé selon un ordre chronologique, qui, même s’il balaye les siècles, repose toujours sur ce thème de la fragilité intemporelle et universelle de la vie. L’auteur explique que c’est « la forme de la nouvelle [qui lui] a permis de mettre en scène cela, car la nouvelle, les nouvelles - parfois ici teintées de fantastique - autorisent une variété de juxtaposition, de tons, d'époques, d'humeurs, de couleurs que ne permet pas vraiment le roman. Grâce à elles, on peut passer d'un univers à un autre, aller, comme c'est le cas ici, de l'ambiance d'une foire moyenâgeuse à celle d'un palais baroque italien dans lequel, enfermée, une comtesse tente de faire peindre un rêve qu'elle a fait, passer de la vie étriquée d'un gardien de musée indifférent aux œuvres qu'il surveille à celle d'une jeune femme que l'on séquestre afin qu'elle devienne la Reproductrice de toute l'espèce humaine. Suivre un boutiquier du Second Empire délaisser sa famille pour retrouver la trace d'un poète. Surveiller la rédemption d'un criminel, qui finira assassiné par celui qu'il avait été ».
   

Parmi ces nouvelles, « L’autre » met en scène un homme, Eugène Frolon, commerçant, père de famille, qui découvre par hasard les poèmes de Rimbaud – on retrouve là l’élément perturbateur, le « grain de sable » dont parle Claudel – et qui reste complètement sonné par la vérité de ces vers, par la façon dont ils semblent sonder sa vie en profondeur. Frolon cherche à se procurer d’autres poèmes, puis il laisse tomber son commerce, et décide de partir à la recherche de Rimbaud. Il se rend à Marseille, pour prendre le bateau qui le mènera jusqu’à Tunis. Arrivé là-bas, il n’a plus d’argent, et doit pendant trois ans travailler pour vivre. Tous les soirs pourtant, il va dans les cafés et il récite des poèmes de Rimbaud. Les gens commencent à le connaître, et tous l’appellent « Reïmbo ». Et puis un jour, il peut enfin partir vers Aden, en compagnie de trois missionnaires allemands, et pendant six semaines, ils voyagent. Puis les missionnaires abandonnent et décident de rentrer. Frolon, lui, continue la route et erre dans le désert, jusqu’à perdre la notion du temps et la conscience de soi-même. Il se blesse à la jambe, et demeure presque inconscient. Il est amené dans la maison d’un négociant, où, à l’annonce de son nom, « Reïmbo », il perçoit les paroles de l’un des hommes qui remarque que c’est presque son nom. Il est rapatrié à Marseille. Alors qu’il est à l’agonie, il se réveille et demande où est Rimbaud. Le médecin, surpris, lui répond : « Mais…Rimbaud, c’est vous !! ». On retrouve cette atmosphère étrange, irréelle, où Frolon va devenir Rimbaud en quelque sorte. A la fin de la nouvelle, le lecteur reste un peu perplexe face à cette chute, improbable. Que faut-il comprendre ? Le lecteur perçoit d’abord le récit comme une fable, comme une invention de l’auteur, mais se demande si finalement le Rimbaud qui est retourné à Marseille, et qui selon sa sœur, se serait repenti, s’en serait remis à Dieu dans une sorte de revirement étonnant, n’était pas Rimbaud ?


Ce thème du personnage qui part à la recherche de Rimbaud jusqu’au Harar et à Aden se retrouve dans la bande dessinée La ligne de fuite, de Christophe Dabitch et Benjamin Flao. Adrien, le personnage principal est un faussaire qui imite les textes de Rimbaud. Lorsqu’un de ses textes est publié (contre sa volonté), il décide de quitter Paris et de se rendre à Charleville, afin d’essayer d’oublier la honte et la culpabilité qu’il a ressenties lors de la publication du faux. A son retour, il est agressé par des bandits. Inconscient, et sujet à des hallucinations, il prend la décision de partir en Afrique sur les traces de Rimbaud. Arrivé à Aden, il cherche en vain le poète. Après une longue attente dans la ville, il part dans le désert, accompagnant une caravane. Puis il s’arrête, se retrouve seul dans le désert, parle avec Verlaine (en hallucination), et décide de repartir. La fin de la narration imaginée par les auteurs demeure, ici aussi, énigmatique. Christophe Dabitch,  journaliste et écrivain, est né à Bordeaux en 1968. Il a notamment écrit plusieurs scénarios de bande dessinée, dont Abdallahi, et Jéronimus, avec Jean-Denis Pendanx. Benjamin Flao est né à Nantes en 75. Après une école de graphiste, il a publié plusieurs carnets de voyages, réalisés lors de séjours en Afrique, en Atlantique, en Sibérie. La ligne de fuite est la première bande dessinée qu’il réalise.
  

Comme la nouvelle de Claudel, cette bande dessinée ne constitue pas une énième illustration de la vie de Rimbaud. Pour le scénariste comme pour Claudel, il s’agit bien sûr d’évoquer aussi Rimbaud , mais de façon subtile, par le biais de figures aussi complexes que celle du poète. Dans les deux livres, les références à la ressemblance du héros à la figure de Rimbaud sont nombreuses : « méfiez-vous, vous allez lui ressembler » , « vous êtes comme mon frère » , « excuse-moi Rimbaud… - je ne m’appelle pas Rimbaud ». Dans les deux cas le lecteur se trouve confronté à des personnages qui, fascinés par le poète, décident de partir à sa recherche, et qui finalement vont vivre eux aussi la violence du départ et le bouleversement qu’entraîne le voyage. Les deux auteurs ont d’ailleurs choisi les mêmes vers de Rimbaud lorsque les personnages annoncent leur départ :

 « Assez vu. La vision, s’est rencontrée à tous les airs.
Assez eu. Rumeurs des villes, le soir, et au soleil, et toujours.
Assez connu. Les arrêts de la vie. – Ô Rumeurs et Visions !
Départ dans l’affection et le bruit neufs ! »

    La même dimension fantastique, ou plutôt irréelle se retrouve également dans les deux livres. Adrien, dans La ligne de fuite voit Verlaine, Anatole Baju (poète décadent), ou encore Duplessy en hallucination, écrivains avec qui il tient de nombreuses discussions sur son identité notamment. Dans « L’Autre », l’auteur aborde aussi la question de l’identité et de la conscience en mêlant les figures de Frolon et de Rimbaud. Il évoque au départ « l’ombre d’un frère » , ombre dans laquelle Frolon va s’immerger, jusqu’à la scène finale où il deviendra vraiment le poète, l’Autre. Cette notion d’ombre, de double un peu flou se retrouve, selon moi, dans le caractère inachevé que Benjamin Flao, le dessinateur, va donner aux figures. Sa formation de carnétiste se retrouve un peu dans le dessin.



Certaines planches utilisent l’aquarelle, et Dabitch lui a demandé de conserver le trait au crayon . Cela en fait des figures esquissées, pas tout à fait finies,



ce qui correspond bien à la narration et aux errances de ces personnages.  Certains critiques parlent de dessin de caricature  et cette notion de caricature renvoie effectivement, d’un point de vue technique, au dessin rapide, saisi sur le vif.





Tout comme Claudel va mêler dans son recueil différentes époques, différents styles, différents effets de narration, les auteurs de La ligne de fuite vont errer, voyager, entre différentes techniques, différents traits, du croquis et au tableau poétique. Ainsi le dessin, la composition de la bande dessinée transcrit par exemple l’entrée d’Adrien dans l’hallucination, dans l’imaginaire : il n’y a plus de cadre, plus de case, et parfois même plus de pagination, seul demeure le dessin sur la planche.


Enfin, la grande question, le petit grain de sable que l’on retrouve dans les deux œuvres est également identique. Il s’agit de l’Art, de son usage, ainsi que de son influence dans la vie des hommes.


    « On verra que la peinture et la poésie sont des thèmes qui reviennent dans plusieurs de ces nouvelles. Sans doute parce que le contact avec ces deux formes d'art peut provoquer un éblouissement lui aussi susceptible de faire chanceler les petites mécaniques. Sans doute aussi parce que, si parfois elles amènent l'homme à sa perte, poésie et peinture, le plus souvent, contribuent à le sauver en lui découvrant un autre monde, éternel et immuable. » .

  Notes :
 1.  Claudel Philippe, Les petites mécaniques, Mercure de France, coll. Folio, 2003.
 2.  http://www.mercuredefrance.fr/titres/petitesmecaniques.htm
 3.  http://www.mercuredefrance.fr/titres/petitesmecaniques.htm
 4.  voir le site de l’ARPEL pour davantage de précisions : http://arpel.aquitaine.fr/spip.php?article6193
 5. voir la page : http://www.glenatlivres.com/livres.asp?Id=http%3A//www.glenatlivres.com/benjamin-flao-000000028042-090.htm
 6. Pascal Ory explique dans Lire au sujet de La ligne de fuite, que « l'astuce du scénario est que dudit Arthur on ne verra jamais l'image - alors qu'on aura eu droit, et c'est l'essentiel, à de nombreux extraits de ses oeuvres» (cf. http://www.lire.fr/critique.asp/idC=51832/idR=211/idG=10)
 7.  Dabitch Christophe, Flao Benjamin, La ligne de fuite, Futuropolis, 2007, p. 37.
 8.  Ibid., p. 32.
 9. « Départ », d’Arthur Rimbaud : « L’autre », in Les petites mécaniques, p. 91 ; La ligne de fuite, p. 60.
 10. « L’autre », op. cit., p. 93.
 11.  voir l’interview de Dabitch et Flao sur la page : http://www.atelierbd.com/actu/interview/benjamin-flao-et-christophe-dabitch.html : « c’est vrai que le crayon, je le trouvai très beau donc Benjamin l’a retravaillé et après, ce que j’aime bien avec l’utilisation de la couleur, c’est ce qu’on disait aussi : ce n’est pas plein. Les pages et les cases ne sont pas pleines, ne sont pas parfaites non plus… »
12.  cf. Pascal Ory  dans l’article de Lire au sujet de Benjamin Flao : « un dessinateur en équilibre instable entre le croquis de voyage et la caricature »
 13.
http://www.mercuredefrance.fr/titres/petitesmecaniques.htm

Julie, Année Spéciale Biblothèques-Médiathèques

Voir également :
sur Les Petites mécaniques :

fiche d'Elsa, fiche de Marie-Aude, fiche de Sandrine

sur Christophe Dabitch :
 l'article de Sarah,
L'Afrique et les Africains dans la bande dessinée occidentale
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Published by Julie - dans bande dessinée
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30 octobre 2008 4 30 /10 /octobre /2008 13:18
fictions2.jpg

Jorge Luis Borges,
Fictions, 1956,
traduction de P. Verdevoye et Ibarra,
Gallimard, 1957,
rééd. Folio, s.d., 183 p.












Fictions de Jorge Luis Borges
Ou quand le langage déborde le réel


On suppose, à tort que le langage correspond à la réalité, à cette chose si mystérieuse que nous appelons la réalité. A vrai dire, le langage est autre chose.
Jorge Luis Borges, La poésie, dans Conférences, p.92

Le bibliothécaire

Jorge Luis Borges est né en 1899 à Buenos Aires, et est mort en 1986 à Genève, ce qui nous dit peu de choses, sinon qu’il vécut longtemps. Il occupa bien cette longue vie : écrivain, bibliothécaire (il fut même directeur de la bibliothèque nationale d’Argentine), professeur d’anglais, conférencier en Amérique du Sud et aux Etats-Unis. Si on ajoute à cela une origine hispano-anglo-portugaise, une éducation en Suisse, et un apprentissage tardif de l’ancien anglais et des langues scandinaves, on en vient vite à l’idée d’un Borges écrivain cosmopolite. C’est oublier son attachement profond à l’Argentine, à la poésie gaucho, aux rues de Buenos Aires. C’est surtout oublier que Borges est l’homme des livres, de la bibliothèque, un amour qui ne sera pas même vaincu par la cécité :

« Si on me demandait ce qui a compté le plus dans ma vie, je répondrais : la bibliothèque de mon père. Il m’arrive de penser que je ne suis jamais sorti de cette bibliothèque, qui devait contenir plusieurs milliers de volumes »
Jorge Luis Borges, cité dans Borges :  fictions, mythe et récit, p.20

Le vrai pays est celui de la fiction. Pas celle du roman, encore moins réaliste, avec un début, un milieu et une fin. Pas même celle de l’innovation. Pour Borges, tout peut se ramener à quelques histoires,  quelques métaphores, et le nouveau prend souvent l’allure de l’ancien. Pas étonnant dès lors que le recueil Fictions ne contienne que peu de nouvelles au style classique, à la chute patiemment préparée.

« Délire laborieux et appauvrissant que de composer de vastes livres, de développer en cinq cents pages une idée que l’on peut très bien exposer oralement en quelques minutes. Mieux vaut feindre que ces livres existent déjà, et en offrir un résumé, un commentaire ».
Jorge Luis Borges Fictions, le jardin aux sentiers qui bifurquent, prologue, p.9

Ainsi, une grande partie des Fictions prend l’allure d’essais tout à fait sérieux. On va pourtant voir, par l’étude des nouvelles : Pierre Ménard, auteur du Quichotte, et Tlòn Uqbar Orbis Tertius, que ces essais sont pure fiction, ancrés dans le langage, et prenant d’assaut le réel.

Pierre Ménard, auteur du Quichotte.

Le propos de cette nouvelle est des plus curieux. Présentée sous la forme d’une note biographique réalisée à l’occasion de la mort d’un certain Pierre Ménard, elle met en lumière une face inconnue de cet écrivain imaginaire. Son opus magnum serait en effet une réécriture de certains chapitres du Don Quichotte, à l’identique qui plus est. Rien de nouveau donc. Et pourtant l’auteur n’est plus le même, par conséquent ses intentions ne le sont plus non plus : ce sont les mêmes mots, ce n’est pas le même livre. La nouvelle se termine sur les possibilités infinies offertes par cette technique : chaque livre, si pensé comme étant le fruit d’un autre auteur, prend une autre signification.

Cette nouvelle met en valeur deux pensées chères à Borges. La première est que, pour reprendre le mot d’Héraclite, on ne se baigne jamais dans le même fleuve. Une même phrase, prononcée avec plusieurs siècles d’écart, n’aura plus le même sens, car le langage aura évolué. La deuxième est qu’un livre n’est pas qu’un simple texte mais l’occasion d’une rencontre avec un lecteur, qui lui donnera une interprétation et, par cette même action, la vie.
Le langage n’est pas un outil univoque, mais un réservoir de sens.

Tlòn Uqbar Orbis Tertius

Ce titre barbare renvoie à une nouvelle encore plus folle que la précédente. Curiouser and curiouser, comme dirait Alice explorant le pays des merveilles. Cette nouvelle nous parle d’un autre pays, celui d’Uqbar, pas moins mystérieux, situé aux abords de l’Asie mineure, peuplé d’habitants parlant une curieuse langue où les substantifs ont disparu, et la relation de cause à effet avec eux, où la pensée est d’autant plus profonde qu’elle ne renvoie pas au réel, et où l’idée d’une continuité temporelle passe pour un dangereux paradoxe. Ce pays bien sûr, n’existe pas, et pourtant cela n’empêchera pas le narrateur d’en trouver la description dans un exemplaire apocryphe d’une encyclopédie des plus banales. La découverte d’un volume, puis de l’entière encyclopédie de Tlòn mettra à jour la société secrète qui en est à l’origine, et déclenchera la fascination du public. A tel point qu’à la fin de la nouvelle, le monde imaginaire de Tlòn s’apprête à faire disparaître le nôtre.

Analysons cette nouvelle pour voir en quoi son écriture est complexe, créant une véritable fiction tirant toutes les ressources du langage.
Première analyse : le narrateur est l’auteur. Il écrit une critique d’un livre réel parlant d’un monde imaginaire. Le réel semble dominer sous la forme rationnelle de l’essai.
Deuxième analyse : la fiction s’installe dans la nouvelle. Tlòn déchaîne la passion des foules, qui se désintéresse de notre monde. Or, on sait qu’une telle chose n’est jamais arrivée. On a donc un auteur réel, qui découvre fictionnellement un livre parlant d’un monde imaginaire. Si on ajoute à ça que les auteurs de ce livre sont tout ce qu’il y a de plus réels (Berkeley par exemple, philosophe idéaliste affirmant la non-existence du monde empirique), on constate bien vite que la nouvelle tisse de façon inextricable fiction et réalité, telles les mailles d’un tricot.
 
Borges utilise ici toutes les ressources du langage. Les philosophes nous enseignent en effet que le langage peut faire deux choses : 1 – être le miroir du monde, chaque mot représentant un objet. 2 – être le reflet de façons de vivre, s’adaptant aux pratiques d’une communauté. Les deux sont présentes dans cette nouvelle, mais, au lieu que le réel influe sur le langage, c’est le langage qui influe sur le réel. Parce que je parle d’un pays, celui-ci se met à exister et à remplacer mon monde. Parce que je parle des coutumes d’un peuple, celui-ci devient mon peuple. Le langage crée la fiction, et déborde le réel.

Conclusion

Borges devenu progressivement aveugle, devait avoir un rapport complexe au monde. Sous prétexte de le raconter, il l’a recréé, de façon à ce qu’il ne soit ni tout à fait le même, ni tout à fait un autre. C’est bien dans ce trouble que se niche la fiction, quelle que soit la forme narrative prise par Borges, prouvant que, décidément, le langage ne correspond pas à la réalité, qu’il est autre chose : l’objet d’un plaisir aussi bien esthétique qu’intellectuel.

Benjamin Sausin, Année Spéciale Bibliothèques Médiathèques

Voir aussi la fiche de Nathalie.

On peut également lire Benjamin sur
http://guernaouelle.free.fr/spip
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Published by Benjamin - dans Nouvelle
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30 octobre 2008 4 30 /10 /octobre /2008 08:24
Pascal Quignard
présentera son dernier ouvrage, Boutès
le 18 novembre
à la librairie Mollat


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Published by pier - dans EVENEMENTS
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29 octobre 2008 3 29 /10 /octobre /2008 19:47
Ritournelles. Lecture-concert du jeudi 23/10.
Hong Kong Police Terroriste Organisation.
Texte/voix et musique électronique de Mathieu Larnaudie/Pierre-Yves Macé.


"Hong Kong Police terroriste organisation "… quelques secondes de texte comme "un trait de quelques millimètres", voix robotique, grésils … Une voix venue d’autre part, une autre au son de chaos "tournée vers le fond de la pièce". Ces deux parties de l’homme se chevauchent "entre deux peaux, l’original et l’ersatz", se fondent vers le souterrain, aussi obscures, épaisses, poisseuses, grailleuses qu’une "nappe de pétrole". L’homme se divise comme "deux fermetures éclair de sons" et prend enfin toute la forme et la force de son texte, "une face dédoublée". Quelques touches de guitare pour apaiser … la voix reprend comme une litanie, un leitmotiv insaisissable … assène, pénètre, impose … créature ergonomique. Monocordie essentielle … mariage. Tout se superpose. Mort de la guitare, apocalypse électronique … tout accélère, explose, disjoncte. Tout s’éparpille, se libère, surgit … Duels de sons, de voix, tout brûle, fracas …

Stop, virgule, ligne …

Impôt du piano, invasion, touffeur, douceur …

"Sur la peau […] s’ouvre la première pointe d’un filet d’encre noire […] sillons jumeaux […] l’épiderme et son double, l’original et l’ersatz". La voix surcharge, pondère, l’oreille "suit les lignes, perçoit les contours détaillés".

"Songez-vous parfois à planter des arbres ?" Explosion. Superposition. Grésils. Facettes musicales tentant l’évasion. "Il dit salut au premier venu." Batterie. "Comme si tout à droite et à gauche était interchangeable."

La musique bat, ajoute, affronte … accélération du texte, des idées, union. "Lui c’est moi et moi c’est lui."

Batterie déchaînée, télé cassée, bataille, alarme, fax … Rupture. "Ton corps est alors une seule et unique question."

Décomposition, pleurs, tout se brouille, s’impose, se repousse, halète …

"Tes paupières closes par deux doigts gantés de carabiniers" … "Pluralité univoque", "Hypothèses", "conjectures foireuses" … "QU’EST-CE QUE LE CAPITALISME ?"

Laure Ivaskevicius, Année Spéciale Edition-Librairie.

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29 octobre 2008 3 29 /10 /octobre /2008 07:55
Stéphane Nicolet est né à Dijon en 1973. Il est autodidacte en matière de peinture et c’est au cours des années 1997 et 1998 qu’il rencontre des enfants handicapés dans une institution où il anime des ateliers d’arts plastiques. Cette rencontre va être une véritable révélation et c’est à ce moment qu’il décide de se tourner vers l’illustration jeunesse. Peu de temps après, il rencontre l’auteur Jean-Luc Lucciani avec qui il participera à de nombreux ouvrages. Il illustre depuis des romans destinés à la jeunesse pour les éditions Rouge Safran à Marseille.










Bibliographie :

L'Amphore à la mer, de Anne-Marie Abitan, éditions Rouge Safran, 2007
Panique chez les lève-tôt, de Marie Mélisou, éditions du Griffon Bleu, 2007
Ce matin-là, Anibal, le perroquet de Luis, chante haut et fort..., de Henri Lopez, éditions Rouge Safran, 2007
J'ai effacé la maîtresse, de Sophie Rigal-Goulard, éditions Rouge Safran, 2006 (prix livre mon ami 2007)
Les traces sauvages de l'estelas, de Michel Cosem, éditions Rouge Safran, 2006
J'ai effacé la maîtresse, de Sophie Rigal-Goulard, éditions Rouge Safran, 2005
Aix et terreur !, auteur : Joël Rumello, éditions Rouge Safran, 2005
Lisa et le bobo sucré, auteur : Karine Marchand, éditions Rouge Safran, 2003

Si vous le souhaitez vous pouvez consulter le site Internet de Stéphane Nicolet où vous retrouverez de nombreuses illustrations supplémentaires, des photographies, des meubles pour enfants et son actualité. Site web :
http://www.afondecale.com



Entretien réalisé avec Stéphane Nicolet en Octobre 2008 à la librairie La Colline aux Livres à Bergerac.

Bonjour Stephane Nicolet, tout d'abord parle-nous un peu de toi ?
J’ai 35 ans, je suis papa et plutôt culturellement actif. 

Quelle est ta formation initiale ?
Au départ je suis ingénieur maître en agroalimentaire.
 
Sur quoi travailles-tu en ce moment ?

Je travaille actuellement sur l’illustration de deux polars destinés à la jeunesse (une commande du salon du polar de Montigny les Cormeilles dans le 95).

Quelles sont les différentes techniques que tu utilises, et quelles en sont les spécificités ?

Je travaille énormément avec l’aquarelle, l’acrylique, l’ordinateur, l’encre, la photographie....
Un peu de tout selon la commande en fait. Mes préférées sont l'acrylique pour sa souplesse d'utilisation et sa polyvalence, la photo et l'ordinateur pour l'infinité des possibilités qu’ils offrent.
Je mets toujours beaucoup de temps pour décider quelles techniques je vais utiliser avant de commencer.

Participes-tu à des salons, des expositions, des ateliers ?
Oui, je participe beaucoup à ces événements, cela me permet de rencontrer des personnes intéressantes, de prendre des contacts professionnels et j’aime énormément travailler avec les enfants lors d’ateliers en classe.



Travailles-tu essentiellement pour les adultes ou pour les enfants ?
Essentiellement pour les enfants.
 
Quelles sont tes influences et que t'ont-elles apporté ?
Beaucoup, beaucoup d’illustrateurs m’ont influencé.... j'essaye de recopier ce qui me plaît, en général ça rate, mais de ce ratage je retire des éléments que je greffe son mon propre dessin.

Lorsque tu travailles sur l'illustration d'un livre, comment se passe le partenariat avec l'auteur ? est-ce toujours un travail de commande ? ou démarches-tu les éditeurs ?
Pour l'instant je ne fais que de la commande car je n'assume pas assez mon travail personnel pour le présenter aux éditeurs (qui ne sont pas tous tendres). Je ne rencontre en général jamais les auteurs, sauf après la parution sur les salons, et je trouve que c'est très bien comme ça !

 
Au niveau des droits d'auteurs, comment cela fonctionne-t-il pour un illustrateur ?
Normalement l’illustrateur partage les droits avec l'auteur et reçoit quelquefois des avances sur les droits d'auteurs ou même un cachet. Parfois même certains éditeurs ne payent jamais !
En fait ce n'est jamais la même chose. A lui de défendre ses droits.


Quels éditeurs affectionnes-tu plus particulièrement pour leur travail éditorial ?
J'aime beaucoup « Points de suspension » qui a une production originale mais quand même accessible par le public qu'elle vise. Certains éditeurs ont également une production dont les univers graphiques me plaisent énormément mais je trouve que ce n'est pas "lisible" pour les enfants.
J’aime bien aussi les choix de la « Compagnie Créative », de « Picquier » et aussi de « Thierry Magnier »... en fait je suis assez bon public!

 
Quels sont tes projets ?
J’aimerais réaliser un projet personnel (pas une commande quoi !!) dont je sois fier et le faire éditer !



Merci Stéphane Nicolet, à bientôt !

Emma, Licence pro Librairie

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Published by Emma - dans Entretiens
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28 octobre 2008 2 28 /10 /octobre /2008 19:54


Philippe CLAUDEL
Les Petites Mécaniques
Mercure de France, 2003
Réed folio 2007
































Philippe Claudel élabore magnifiquement un univers où la simplicité tente de dissimuler la noirceur des drames que nous devons traverser. Le recueil de nouvelles intitulé Les petites mécaniques mêle poésie, désillusions, et espoirs dans une écriture belle et envoûtante. En effet, Les petites mécaniques font référence à la citation de Blaise Pascal mise en exergue au début de l’ouvrage « Nous sommes de bien petites mécaniques égarées par les infinis ». Ainsi, est introduite l’idée que, l’auteur, Philippe Claudel, est fortement touché par la fragilité de nos vies, la fragilité des tracés de la vie et de là émane cette note à la fois belle et sombre qui enveloppe les nouvelles. On apprécie d’abord la diversité des nouvelles, pour évoquer ces destins parfois cruels et destructeurs, car le recueil traverse les époques et  les frontières afin de souligner l’universalité des thèmes. Les ambiances sont à la fois palpables et invraisemblables car les nouvelles touchent parfois le fantastique tout en évoquant des thèmes bien réels.

 
 La mécanique et son bouleversement

Une vie est une mécanique que l’on pense bien réglée ; pourtant les infinis évoqués par Pascal viennent tout bouleverser. Ces infinis sont développés par Claudel comme étant les déclencheurs d’un dérèglement, ou au contraire, comme des facteurs salvateurs de la mécanique.


Le dérèglement : La mécanique d’ « Arcalie » est victime de l’interdiction de pratiquer la poésie. L’absence de poésie est donc le déclencheur du dérèglement d’Arcalie ; à partir de là cette société disparaît petit à petit. Cette  extinction s’explique par le fait que l’esprit humain s’organise autour de l’imaginaire poétique, sans lui, on ne peut rien conceptualiser et la science n’existe pas et ainsi la société s’éteint.
àle bouleversement salvateur : La nouvelle « Le voleur et le marchand » se caractérise par le passage d’une mauvaise mécanique à une bonne mécanique. Il s’agit d’un voleur qui voit son destin bouleversé. Visité par la mort, il décide de devenir vertueux pour voir reculer la fin de sa vie. La morale le sauve et lui permet de connaître une vie meilleure.

 
Le paradoxe : beauté et destruction

La richesse de ce recueil se caractérise surtout par ce surprenant paradoxe : la beauté et la destruction sont étroitement liées dans les nouvelles.


Tous les arts sont convoqués : peinture, poésie, littérature pour comprendre le fonctionnement  des mécaniques. Quellles que soient les mécaniques, elles fonctionnent autour de l’esthétique. « Les confidents »  est la nouvelle la plus paradoxale étant donné qu’elle est d’abord très violente et très poétique. Béata Désidorio, par l’imaginaire onirique, connaît le plaisir de la destruction, de la violence et de la souffrance. Elle souhaite tellement revivre cette violence que par le système de la réminiscence elle voudra la représenter par la peinture. L’art est ici associé à la violence, et ces liens tissent la beauté de l’œuvre.

 La lecture est active car elle fait appel à l’imaginaire et à la suggestion. Philippe Claudel n’a pas peur de la portée des mots et on se tient souvent le ventre pendant la lecture, notamment quand il s’agit de la dernière  nouvelle « Tania Vläsi » : « Sans cesse pénétrée et sans cesse accouchée, Tania était devenue une mécanique  et  n’existait que dans sa propension à recevoir une semence et à la transformer en une chair nouvelle. » Cette souffrance, nous pouvons presque la sentir et pourtant l’écriture de Claudel reste toujours sobre et belle. Finalement, ce paradoxe est donc toujours visible et traduit la fragilité de nos vies : belles mais fragiles !

Enfin, cette fragilité s’exprime également à travers l’architecture du recueil. Ce recueil est circulaire, « panoptique 1 » est en fait la suite de « panoptique 2 », tout se rejoint, même en traversant les nouvelles, les siècles et les frontières.  L’architecture même du recueil traduit la circularité de la mécanique. La dernière page tournée, les paradoxes qui sillonnent les nouvelles tracent une impression elle aussi paradoxale, c'est-à-dire que la beauté s'exprimerait par les désarrois des destins humains.

Elsa Trottet, Année Spéciale Édition-Librairie

Voir aussi

fiche de Marie-Aude

fiche de Sandrine

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Published by Elsa - dans Nouvelle
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27 octobre 2008 1 27 /10 /octobre /2008 22:21
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Peut-être avez-vous rencontré Sophie Poirier à Lire en poche ?
Peut-être avez-vous remarqué le petit commentaire au bas de l’article maintenant enfoui très loin qui annonçait la manifestation ?
Elle nous propose de lui rendre visite sur son blog :
http://lexperiencedudesordre.hautetfort.com/
Elle y raconte avec humour son séjour et ses rencontres à Lire en poche.

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