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16 février 2013 6 16 /02 /février /2013 07:00

Steve-Tesich-Karoo.gif
 

 

 

 

 

Steve TESICH
Karoo
traduit de l’anglais (États-Unis)
par Anne Wicke
Monsieur Toussaint Louverture, 2012


 

 

« Quand je craignais que quelque chose arrive à mon fils, à mes amis, à mon père, à ma mère, à ma femme, aux femmes que j’emmenais dans mon lit, à tout le monde et à n’importe qui, cela venait forcément de l’extérieur. Mais maintenant, il me semblait que le danger que quelque chose n’arrive était un danger qui venait de l’intérieur. » (p. 84).


 

 

 

 

Biographie

 http://fr.wikipedia.org/wiki/Steve_Tesich

 

 

Résumé

Jusqu’à présent, Saul Karoo veut oublier ses problèmes et ceux des autres. Il a toutes sortes d’addictions, il est alcoolique et gros fumeur. Tous ses proches lui demandent de prendre plus soin de lui, le critiquent et le sermonnent, mais rien ne change. Sa situation familiale en subit les conséquences puisqu'il est séparé de sa femme, et ne voit plus son fils adoptif de 19 ans. Son métier est paradoxal par rapport à sa propre vie. En effet, il est surnommé « Doc » car il est script doctor pour Hollywood. Il reprend les scénarios des autres, pour en gommer toutes les imperfections. Il dit :

 

« Il me semble de plus en plus évident que ma vie personnelle est maintenant presque exclusivement composée de cette graisse, de ces scènes inutiles que j’ai si habilement éliminées des films et des scénarios des autres » (p. 58).

 

Ce livre nous montre le fonctionnement de l’industrie du spectacle et en fait la critique. Le narrateur gagne beaucoup d’argent grâce à son métier, et approche des femmes grâce à sa célébrité dans le monde du cinéma, et par le profil type du gros transpirant plein aux as. Par le biais de son travail, il réussit à retrouver la mère biologique de son fils, Leila, dans un film du vieil Arthur Houseman, qu’on lui a demandé de retravailler. 

Dès le début du roman on lui découvre une maladie. L’incapacité de se rendre saoul lorsqu’il boit de l’alcool. C’est un drame pour lui, car il est condamné à souffrir et à se rappeler. C’est pour lui un violent retour à la surface. Il se découvre un corps qu’il voyait moins gros et plus grand. Se retrouver dans l’intimité avec ses proches lui est difficile, il préfère avoir un public témoin de ses agissements. Le mot karoo signifie d’ailleurs en khoïkhoï « le pays de la soif ». D’après un article paru dans Le Magazine littéraire, le livre nous expose aussi, de la même manière, une critique de la société américaine « dont le gros Karoo offre un pathétique condensé : obèse, consumériste, égoïste et, au fond, complétement malade ». Je conteste cependant cette présentation de Karoo comme égoïste puisqu’il nous montrera par la suite sa volonté de rendre quelqu’un heureux,  même si sa bonne action n’a pas forcément l’effet escompté.

L’histoire est perçue du point de vue de Karoo. C’est lui le narrateur. Il parle d’une manière détachée mais nous pouvons voir qu’il cherche parfois à se justifier. Il nous fait une sorte de confidence.



La composition du texte

Le livre se découpe en cinq parties (New York, Los Angeles, Sotogrande, Pittsburgh, Ici et là) qui correspondent aux lieux où se déplace le narrateur. La première partie, où on nous fait le récit de la vie citadine et où on pose le contexte, est longue et le lecteur met du temps à comprendre le sens de l’histoire. Les suivantes s’enchaînent plus facilement et nous permettent de nous accrocher davantage. Nous sommes transportés dans un tourbillon d’événements et la chute est vertigineuse.



Mon avis

Ce livre m'a beaucoup touchée. Au début, j’ai eu énormément de difficultés à entrer dans l’œuvre mais plus l’histoire avance plus le personnage devient attachant et nous émeut. Le fait qu’il ne puisse plus ressentir les effets de l’alcool le rend meilleur même si parfois sa manière d’agir peut être perçue comme mauvaise. Il est difficile de vous expliquer clairement ce que l’on peut ressentir à son égard sans vous révéler l’intrigue. Je vous encourage donc à prendre un peu de votre temps pour vous essayer à lire ce chef-d’œuvre.



Émilie M, 1ère année bibliothèques-médiathèques



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15 février 2013 5 15 /02 /février /2013 07:00

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Satyajit RAY
Sunil GANGOPADHYAY
Mahasweta DEVI
Selina HOSSEIN
Amitav GHOSH
Al MAHMUD
Nouvelles du Bengale
éditions Magellan & Cie
Collection : Miniatures
(sous la direction de Laure Pécher pour ce volume)
Prix : 12€


 

 

 

 

 

 

Ce livre est un recueil de nouvelles écrites par des auteurs de langue bengali, certains de ces auteurs ne vivent néanmoins pas au Bengale. Ce recueil compte six nouvelles parmi lesquelles « Le journal de Pikoo », « L’Imam et l’Indien », ou « Grandir au Bengale oriental »…

Dans ce recueil, on peut avoir un aperçu de vies plus ou moins ordinaires ; cela nous donne une idée des mœurs d’un pays différent.

 

Résumés de certaines nouvelles
 
« Le journal de Pikoo » : cette nouvelle se présente sous forme de journal. Il est rédigé par le jeune Pikoo, qui vit dans un pays touché par la guerre, pays dont le nom n’est pas cité. Ce petit garçon vit dans une maison avec ses parents, son frère et son grand père qui est diminué. Il voit sa famille se déchirer petit à petit, et un jour son frère disparaît sans jamais revenir. Afin de compenser l’environnement négatif dans lequel il vit, sa mère lui offre toujours beaucoup de choses, jusqu’au jour où elle va rentrer avec une arme…

« L’adversaire » : c’est une nouvelle de Sunil Gangopadhyay. Siddharta est un jeune étudiant qui doit trouver un travail ; il va donc passer quelques entretiens d’embauche. Il se voit refuser le poste à chaque fois sans que personne lui fournisse d’explication. Il essuie refus sur refus pendant près d’un an. Un jour, il se rend à un entretien un peu particulier ; on ne sait pas de quelle entreprise il s’agit, mais plus de 300 personnes sont là à convoiter le même  poste que Siddharta. À partir du moment où les entretiens commencent, les choses vont devenir de plus en plus étranges et la tension entre les candidats va augmenter. Les conditions d’attente sont misérables, ils sont quelques centaines dans une pièce exiguë, sans climatisation, ni de quoi s’asseoir, les esprits s’échauffent donc assez vite ; d’autant plus que les potentiels employés ne savent pas combien de temps cela va durer. Siddharta essaie de s’insurger contre de telles conditions, pensant être soutenu par les autres, ce qui n’est pas le cas.

La nouvelle que j’ai le plus appréciée est « L’adversaire », car l’ambiance dans laquelle se passe l’entretien paraît totalement irréelle. On se demande quand Siddharta va craquer et commettre un massacre. Il semble totalement à bout de nerfs au fur et  mesure que les entretiens se font et que son tour ne vient toujours pas.

 
L’unité du recueil

Bien que les nouvelles soient d’époques différentes, elles ont toutes une chose en commun : elles sont le reflet d’un pays, de traditions, à un moment donné. Dans ces différentes nouvelles, on peut suivre des héros du quotidien, dans les épreuves que tout un chacun peut vivre. Au-delà de la vie quotidienne, on peut aussi constater des thèmes plus violents comme celui de l’injustice, du monde carcéral, des attentats, de la course à l’armement…
 

L.Y., 1ère année bibliothèques / médiathèques

 

 

 


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14 février 2013 4 14 /02 /février /2013 12:30

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Andrzej STASIUK
L’Hiver
titre original :
Zima, publié en 2001
traduit du polonais
par Maryla Laurent
illustrations de Kamil Targosz
éditions Noir sur Blanc, 2007


 

 

 

 

 

 

Andrzej Stasiuk

Né en 1960 à Varsovie, c’est un écrivain, poète et critique littéraire polonais. Son premier roman, Mury Hebronu (Les Murs d’Hébron, non traduit en français) est inspiré de son expérience carcérale, qu’il vécut après avoir refusé de faire son service militaire et avoir déserté. Il travaille ensuite pour des journaux clandestins avant de se réfugier dans un hameau près de la Slovaquie. Ses écrits se situent entre fiction et reportage ; il y décrit la Pologne comme un monde déglingué par des décennies de communisme. 

En 1994, il est récompensé par le prestigieux prix de la Fondation culturelle de Pologne. L’année d’après, il obtient un nouveau prix polonais prestigieux avant de recevoir en 2005 le Prix Niké, l’équivalent en Pologne du prix Goncourt.


Avec sa femme, Monika Sznajderman, il a créé en 1996 les éditions Wydawinctow Czarne.



Les nouvelles

Le recueil se compose de cinq nouvelles d’une quinzaine de pages chacune :

  • « Pawel »
  • « Mietek »
  • « Grzesiek »
  • « Paris-London-New York »
  • « L’Hiver »




Le point commun de ces nouvelles, ce sont avant tout les personnages, assez semblables : tous de petites gens qui vivent de peu et se contentent de ce qu’ils ont. Ce sont des êtres passifs, un brin nostalgiques, spectateurs de leur propre vie, attachés à leur « ici et maintenant ». Le style très lent, très contemplatif et l’ambiance qui se dégage des textes constitue aussi un aspect similaire de ces cinq nouvelles.


Enfin, dans chacune des nouvelles, on sent un occidentalisme latent mais de plus en plus présent, souvent évoqué (ainsi, Pawel commande un « Pepsi-Cola » à un bar, des « Samsung » sont évoqués dans la troisième nouvelle, il est question de Michael Jackson dans « l’Hiver », etc.).

Les trois premières nouvelles portent les noms de leur protagoniste, Pawel, Mietek et Grzesiek. Dans le premier texte, Pawel, déambule dans le village et observe les marchandises sans jamais rien acheter, les offres d’emploi sans jamais y répondre, les petites annonces sans y avoir recours...

 

« Pawel se promène entre les meubles, il touche leur recouvrement, s’assied sur les canapés, apprécie la profondeur confortable des fauteuils et tourne son visage vers le soleil, les yeux mi-clos. Sous ses doigts, il sent le crissement subtil du similicuir. Les eaux vertes de la rivière Ropa clapotent non loin de là et Pawel a l’impression fugace de savourer des vacances lointaines. Une étincelle d’espoir apparaît alors dans l’œil du vendeur.

— Vous voulez l’acheter ? demande-t-il.

Pawel ouvre les yeux, il sourit et répond :

— Qui irait acheter un objet aussi grand sur un coup de tête ? » (page 11)

 

 

 Mietek rêve de partir rejoindre son frère à Katowice mais chaque jour, il ne va pas plus loin que le troquet du coin.Il sait au fond qu’il ne verra jamais la Silésie, même si sa maisonnette s’effrite et rouille dans « un monde qui se meurt ».

 

« Dehors, le vent raye l’obscurité de marques transversales. Mietek remonte son col. Aucun véhicule n’arrive par la droite, aussi tourne-t-il le dos aux bourrasques et se met-il à marcher vers le sud. » (page 41)

 

Quant à Grzesiek, perdu dans ses réflexions sur la surconsommation, il traverse la montagne pour vendre sa voiture. Dans la quatrième nouvelle, « Paris – London – New York », Heiniek est un vendeur de vêtements d’occasion qui invite ses clientes à voyager à travers les étiquettes de ses marchandises. Enfin, dans le dernier récit, « L’Hiver », les habitants d’un village attendent la déneigeuse pendant que l’hiver, son froid et ses congères prennent peu à peu possession des lieux.

Les nouvelles sont narrées à la troisième personne du singulier ; pourtant, l’on retrouve à chaque fois quelques courtes interventions du « je » sans que l’on sache jamais si c’est un narrateur fictif ou Stasiuk lui-même qui prend la parole ─ sans doute un peu des deux, d’ailleurs.

 

« Notre région commence à faire penser à une maquette de l’éternité. Les formes deviennent idéales, les différences s’estompent, les températures s’égalisent [...]. Les chiens vont et viennent sur le chemin tracé dans la neige. Je rêve de désordre, de bordel, de chaos. » (page 79)

 

 

 

Le recueil

C’est un recueil assez particulier, lent dans son rythme et son développement, comme une image figée par le froid hivernal. Le style de Stasiuk est dense, il enchaîne de longues phrases énumératives ou descriptives, plus tournées vers la contemplation que le geste, l’action, le mouvement. Les personnages sont passifs, portés à une réflexion figée sur les objets ou les êtres. On ressent, à travers leur introspection, une certaines nostalgie tout au long du receuil. Cette passivité d’écriture finit par créer une ambiance brumeuse, maussade qui donne une véritable impression d’immobilité totale sans jamais tomber, malgré tout, dans une atmosphère sinistre ou désespérante. C’est très subtil, posé par petites touches tout au long des textes et appuyé par le choix des phrases qui traînent en longueur comme traînerait la brume un matin d’hiver avant que le soleil ne perce à travers les nuages. Du coup, les nouvelles sont finalement très poétique, très imagées. On sent le froid et la neige, on partage la fatigue et la lassitude des personnages, on se repose en même temps qu’eux au bar principal ou au coin d’une cheminée. Plus que des nouvelles au sens propre du terme (des histoires courtes, brèves, avec une histoire à chute racontée), les textes sont semblables à des tableaux figés.

 

« Une grosse neige est tombée cinq jours durant. Les clôtures et les routes ont disparu. Les hommes creusent des tunnels autour de leur maison. D’épais coussins blancs coiffent les faîtages. Et, venant des profondeurs du monde, le vent souffle et souffle, et souffle encore. Il file, il court, il se hérisse. Il forme des festons, des crêtes et des vagues. Dans les maisons, les fumeurs comptent les cigarettes qui leur restent et attendent que quelqu’un se décide à sortir le premier pour tracer un chemin. […] Le relief devient de plus en plus lisse, il espère parvenir à une forme idéale aux bords arrondis. » (page 73)

 

Et en toile de fond de ces cinq textes, au-delà des hommes, de leur histoire ou du temps qui se fige, l’on trouve un regard critique sur la société actuelle, mais toujours avec cette passivité singulière que Stasiuk maîtrise si bien. D’ailleurs, cette critique se présente plus sous forme de nostalgie du temps écoulé que de critique virulente et agressive.

 

« Désormais, tout se déroule comme lors d’une guerre silencieuse, le front est invisible. Rien ne se passe en apparence, tout est paisible, mais tant de choses sont abandonnées que c’est comme si les gens filaient à tombeau ouvert. Aucun objet n’a le temps de vieillir, il meurt en deux temps trois mouvements. Il est d’abord tout neuf puis, tout d’un coup, il n’est plus bon à rien. Le néant traverse les choses : les briquets vides, les stylos vides, les bouteilles vides, les boîtes vides, mais aussi les ampoules, les piles, les boîtiers des Akai et des Funai privés de leurs entrailles électroniques, les téléviseurs où tout mouvement a cessé, les machines à laver blanches où plus rien ne tournera jamais, et les radios au silence de plomb, les armoires vides et les tiroirs sans aucune odeur, les Sony et les Sanyo morts d’une crise cardiaque électronique, les ballons crevés, les poupées délaissées, les ours en peluche trahis, les gobelets en plastiques qui n’ont vécu que le temps d’une bière […]. Tout cela s’apparente à ce que laisse derrière elle une armée en débandade parce qu’elle a perdu et qu’elle panique […] » (« Grzesiek », pages 55-56)

 

Finalement, ce recueil a surtout une dimension picturale. Une pause dans un monde en perpétuel mouvement. Pause que l’on prend plaisir à savourer au coin du feu tandis qu’au dehors, le vent et la neige cognent aux fenêtres.


Maëlle, 1ère année édition-librairie.

 

 

Andrzej STASIUK sur LITTEXPRESS

 

 

Stasiuk Fado

 

 

 

 

 

 Article d'Élodie sur Fado.

 

 

 

 

 

 

 

 

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14 février 2013 4 14 /02 /février /2013 07:00

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Une table de la librairie bordelaise La Machine à lire sera à votre disposition pour la vente des ouvrages de l'auteur.

 

 

 

 

 

 

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13 février 2013 3 13 /02 /février /2013 07:00

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Emma DONOGHUE
Égarés
titre original : Astray
traduit de l’anglais (Canada)
par Virginie Buhl
La Cosmopolite Nouvelles, Stock
septembre 2012.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Comme elle nous le raconte de manière un peu romanesque dans sa préface, Emma Donoghue est née en Irlande à Dublin en 1969 avant de partir quelques années plus tard pour vivre au Canada dans une ville de «  trois cent mille âmes » (London, Ontario). C’est avec son dernier roman Room également aux éditions Stock, que j’ai connu cet auteur. Son roman qui racontait l’histoire incroyable d’un petit garçon de cinq ans enfermé depuis sa naissance dans une pièce de quelques mètres carrés avec sa mère était écrit de manière particulière et m’avait déjà beaucoup plu. Room avait d’ailleurs reçu le Commonwealth Writers’ Prize en 2011.

 C’est ce qui m’a donné envie de continuer à lire cet auteur et de présenter son dernier livre.

Égarés est un recueil de quatorze nouvelles dont le thème central est le voyage, thème qui m’a particulièrement attiré. Les nouvelles sont réparties en trois sections :

 

– Partir

– En Route

– La Fin du voyage et l’après.

 

 

 

Chaque nouvelle est unique et très particulière puisqu’elles sont toutes tirées de faits réels. En effet Emma Donoghue s’est inspiré pour chacune des nouvelles, d’extraits de journaux de l’époque (Times, The New York Weekly Journal, Tucson Star...), de correspondances, d’archives ou encore de biographies. Tout cela donne bien sûr un effet très authentique aux nouvelles et nous plonge totalement dans un autre monde, une autre époque. Les nouvelles s’étalent du XVIIème au XXème siècle et se déroulent aux États-Unis, au Canada et en Angleterre. Elles sont complètement ancrées dans le réel et on retrouve  des périodes historiques célèbres telles que la guerre de Sécession, la ruée vers l’or ou encore l’esclavage.

Ma section favorite reste la première, « Départ », parce que chaque nouvelle se termine sur une note d’espoir, espoir d’un nouveau départ, d’une vie meilleure, d’un « autre chose » tant espéré qui semble alors si accessible, proche. Dans les autres sections, plusieurs nouvelles peuvent parfois se faire écho, aborder le même thème mais dans cette section, les quatre nouvelles sont bien distinctes.

 

La première nouvelle du recueil, « L’Homme et l’enfant », raconte l’histoire émouvante et attachante d’un homme et de son éléphant dans un zoo. Le lecteur a l’impression d’avoir affaire à une relation père/fils tout au long de la nouvelle. C’est au moment où on apprend que l’animal est sur le point d’être transféré dans un autre zoo que l’on comprend la force de leur relation, ils ne peuvent pas vivre l’un sans l’autre. La nouvelle a un petit côté étrange et est difficile à croire mais montre bien que l’amour dépasse un grand nombre de choses. Le récit se termine donc sur une note d’espoir ; l’homme réussit à se faire embaucher dans le même cirque que l’éléphant et ils s’offrent ainsi un nouveau départ, ensemble.

C’est ce qui m’a particulièrement plu dans ces nouvelles : avoir la possibilité de connaître la fin, car même si la nouvelle finit comme presque toute les nouvelles de manière évasive, l’auteur nous raconte la fin à travers ses notes après chaque nouvelle, elle nous raconte ce qu’elle a pu retrouver dans les archives et nous donne donc un aperçu de ce qui s’est passé après.

 

La seconde nouvelle, qui s’intitule « De l’avant », relate l’histoire de Fred et Caroline, frère et sœur, et de la fille de Caroline : Pet. Tous trois ont du mal à joindre les deux bouts, mais font leur possible pour se rendre la vie plus facile, et surtout pour que la petite fille ne manque de rien. Pour cela Caroline est prête à tout, elle se prostitue, pendant que son frère fait un métier qui ne lui plaît pas. Mais ce n’est pas une vie, ils ne peuvent pas continuer comme cela. Caroline a de plus en plus de mal à supporter tous ces va-et-vient et à voir son frère malheureux. Mais comment faire pour survivre sans ça, pour gagner de l’argent autrement ? Elle a bien essayé autre chose, mais en vain, elle n’a jamais réussi à gagner autant d’argent que maintenant. Eh oui, elle a honte, mais c’est le seul moyen. Alors quand son frère rentre de sa journée de travail, en lui annonçant qu’il a peut-être une solution, elle se met à rêver naïvement que sa vie pourrait changer, qu’elle pourrait peut-être même s’améliorer. Il suffirait de « vendre son histoire au lieu de vendre son corps ». Fred connaît quelqu’un qui pourrait les aider... On apprend ensuite dans la note de l’auteur, que ce serait au Canada qu’ils auraient trouvé refuge en quête d’un nouveau départ.

 

La nouvelle suivante, « La bonne fortune de la veuve », joue moins sur le côté dramatique, et est même plutôt amusante. Le personnage principal est un avocat, romantique, naïf, à la limite de la niaiserie, qui va se faire berner par une femme prétendant que son mari est mort pour obtenir l’héritage. Tout au long de la nouvelle, l’homme est persuadé que cette cliente ressent quelque chose pour lui et il se met à imaginer des scénarios un peu fous dans lesquels il se voit déjà l’épouser. C’est la manière dont les pensées du personnage sont retranscrites que j’ai particulièrement appréciée ; il est dans un autre monde et passe complètement à côté de la réalité. La femme, elle, réussit son coup, obtient ce qu’elle désirait, et s’enfuit, loin de tous ces gens qu’elle ne pouvait supporter, vers d’autres horizons, pour encore une fois prendre un nouveau départ. L’homme, lui, perd tout espoir de retomber amoureux mais on ne se fait pas trop de soucis pour lui...

 

Enfin la dernière nouvelle de cette section qui s’intitule « Le Dernier repas de Brown » raconte l’histoire touchante d’un esclave en 1864 au Texas. Ce dernier, bon cuisinier, s’entend bien avec la maîtresse de maison mais il apprend par elle que son maître souhaite le vendre. L’esclave et l’épouse malheureuse se lancent alors dans un périple pour trouver une solution. Mais la seule solution est la fuite. Tous deux espérant poursuivre leurs rêves, décident de faire un dernier repas. L’esclave en profite pour empoisonner le plat de son maître et ils réussissent à s’enfuir tout les deux d’abord ensemble puis plus tard dans des directions différentes...

 

À travers ces quatre nouvelles, l’auteur parvient à nous faire ressentir les sentiments des personnages, le lecteur arrive à les comprendre et à se mettre à leur place. Les nouvelles sont fluides, entraÏnantes et surtout elles redonnent de l’espoir, on y croit vraiment. Je dirais même un peu naïvement que ces nouvelles sont comme un courant d’air frais en pleine chaleur d’été. Pour quelque instants, l’auteur arrive à nous faire prendre confiance en nous, à nous faire croire en nos rêves, à la possibilité d’un nouveau départ, à l’existence d’une échappatoire si la vie que l’on mène n’est pas celle que l’on veut.

La suite du recueil est tout aussi étonnante, les nouvelles mettent très souvent en scène des couples – un homme et une femme, deux hommes ou deux femmes – et abordent de nombreux sujets dont certains qui reviennent un peu plus comme les chercheurs d’or, l’ambiance Far West, la guerre...

Enfin je pense que cet extrait de la préface du recueil, résume bien (s’il est possible de le faire) les nouvelles et la façon de penser de l’auteur :

 

« Malaise. Émerveillement. Mélancolie. Irritation. Soulagement. Honte. Distraction. Nostalgie. Indignation morale. Culpabilité. Les voyageurs sont confrontés à un concentré de sentiments confus qui font la condition humaine. La migration est une forme de mort, une démangeaison que l’on ne peut pas soulager. Peut-être parce que l’éloignement d’un lieu donné souligne simplement à quel point être né quelque part, dans un corps bien particulier constitue un point de départ arbitraire, tout comme notre identité et la contingence de notre existence.

Écrire est ma façon de soulager cette démangeaison, d’échapper à la claustrophobie de mon individualité. Cela me permet, au moins pour un temps, de vivre plus d’une vie, d’explorer plusieurs chemins.

Lire, bien sûr, peut aussi servir à cela. »

 

 

Estelle, 1ère année éd-lib.

 

 

Autres œuvres d’Emma Donoghue

 

Room

Long Courrier

Cara et moi


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12 février 2013 2 12 /02 /février /2013 07:00

Chuck-Palahniuk-Snuff.gif

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Chuck Palahniuk

Snuff

traduction Christophe Claro

éditions Sonatine, 2012

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



Chuck-Palahniuk.jpeg

 

L’auteur
 
Charles Michael « Chuck » Palahniuk (21 février 1962 – ) est un journaliste et romancier satirique américain. Son premier roman, Monstres invisibles, est refusé par les éditeurs car trop provocant. Il ne sera publié qu'en 1999, lorsque David Fincher réalise Fight Club, le film tiré du premier roman à succès du même nom, publié en 1996. Il est assimilé au mouvement dit d' anticipation sociale, genre apparenté à la science-fiction mais qui s'en distingue car le mouvement traite de notre monde contemporain.

 


Snuff

Sorti en 2008 aux États-Unis, Snuff est le dixième roman de Chuck Palahniuk.


Il faut souligner le fait que les maisons d'édition françaises ne nous font découvrir ses oeuvres que quelques années après leur sortie aux États-Unis.

Après les clubs de combat (Fight Club), les adolescents terroristes (Pigmy), la biofiction du serial killer Buster Casey (Peste), l'auteur continue son parcours littéraire autour de la société américaine, qu'il se propose d'étudier par les marges, en s'intéressant cette fois-ci à l'univers pornographique.

La rentrée littéraire de 2012 nous offre donc cet ouvrage édité chez Sonatine. Auparavant, les romans de Chuck Palahniuk étaient édités par Denoël et Gallimard (pour les rééditions).

Le livre a été traduit par Claro, écrivain et traducteur talentueux, qui apporte une grande qualité à cette traduction.



Explication du titre

Le titre trouve son origine dans les snuff movies, des films courts en un unique plan-séquence mal filmé et instable qui mettent en scène un meurtre réel, parfois précédé de pornographie avec viols de femmes ou d'enfants. Il faut préciser qu'il s'agit là d'un concept, d'une sorte de légende urbaine dont on ne trouve pas d'exemples véritables.



L’histoire

Le roman se passe dans la salle d'attente du tournage du dernier film de Cassie Wright, une star du porno sur la fin, qui pour son « départ en retraite » a souhaité battre le record du monde en matière de gang-bang. Les six cents hommes attendent leur tour en sous-vêtements dans cette salle moite, puant la sueur et les confiseries, dans une ambiance pesante qui laisse présumer la mort l'actrice.

« Le porno […] c'est un métier qu'on fait quand on n'a plus d'espoir ». (Cassie Wright)

Le lecteur qui s'attendrait à un enchaînement de scènes pornographiques serait déçu : à part les scènes des films de Cassie passant sur des écrans dans la salle d'attente, l'auteur ne nous décrit que quelques passages se déroulant dans la pièce où se trouve l'actrice. Le roman se concentre surtout sur la vie et le parcours de ses protagonistes, aussi divers soient-ils.

Le roman est découpé en 35 chapitres, où quatre personnages prennent tour à tour la parole : trois des acteurs, que l'on ne connaît au début que par leur numéro inscrit au feutre indélébile sur leurs bras – le 137, Dan Banyan, un acteur dont la série a été annulée et qui se bourre de pilules de Viagra pour entrer dans la légende et prouver qu'il n'est pas homosexuel ; le 72, un jeune homme qui prétend être l'enfant caché de Cassie Wright et qui se tient là avec un bouquet de fleurs pour rencontrer sa mère ; le 600, Branch Bacardi, star vieillissante du porno, ancien partenaire et « agent » de Cassie –, ainsi que la régisseuse, Sheila.

Au travers des chapitres où cette dernière est le narrateur, c'est surtout la voix de Cassie Wright qui nous parvient, nous offrant des histoires et des anecdotes non seulement sur le monde pornographique, mais avant tout sur le cinéma en général. Le lecteur est d'ailleurs étonné d'observer la culture cinématographique impressionnante d'une femme qui souhaite finir sa carrière de star du porno par un snuff. De plus, la voix de Cassie fait entrer les films pornographiques dans le septième art.

 

« Dans Chantons sous la pluie, le film de 1952, l'acteur Gene Kelly dansa la chanson titre, prise après prise, pendant des jours, en ayant 39,5 de fièvre. Pour que la pluie paraisse réelle à l'écran, la production utilisait de l'eau mélangée à du lait, et voilà notre Gene Kelly, malade comme un chien, mais bondissant et trempé dans du lait tourné, souriant et jovial comme si c'était le meilleur jour de sa vie » (chapitre 12, p. 80).

Le fil conducteur du roman est avant tout la mort « attendue » de Cassie, plongeant le lecteur dans une situation délicate. Car le lecteur comprend que nombre des personnages attendent cette mort : les acteurs, pour entrer dans la légende, un personnage inconnu (l'enfant caché de Cassie qui héritera de la fortune que représente son assurance), mais également la production qui ne voit que les bénéfices qu'elle pourrait tirer de la vente illégale du film.

Comment ce roman va-t-il se terminer ? Seule la fin lèvera la tension insupportable qui règne dans cette salle d'attente, une fin qui relève du talent manipulateur de Palahniuk qui nous offre un final spectaculaire auquel on ne s'attend pas.



Avec son style brut et incisif, Chuck Palahniuk conduit habilement son lecteur là où il veut l'emmener, le tenant d'un bout à l'autre du roman. On reste là, haletant, dans une attente fébrile de réponses à toutes les questions que l'auteur soulève (Le 72 est-il l'enfant de Cassie ? La mort sera-t-elle au rendez-vous et pour qui ?). L'écriture orale et sans détours de Palahniuk se prête parfaitement au thème qu'il a choisi ici d'aborder, analysant et critiquant ce monde tabou tout en nous proposant différents regards, celui des acteurs, celui des producteurs, celui des spectateurs.

Tout le talent de l'auteur réside dans son habileté à passer du dégoût, de l’incompréhension face au désir de Cassie Wright de relever un tel record en y risquant sa vie, à une sorte d'admiration, comme face à un exploit sportif, mais surtout un exploit délibéré et conscient.

 

« Est-ce qu'on respecte le droit d'une personne à se lancer des défis pour découvrir son véritable potentiel ? En quoi un gang bang est-il moins risqué que tenter l'ascension de l'Everest ? Accepte-t-on le sexe comme forme de thérapie émotionnelle viable ? »  (chapitre 4, p. 30).

 

Roman exceptionnel de la rentrée littéraire, Snuff trouvera ses admirateurs dans les partisans de Palahniuk qui reste fidèle à lui-même et à son style d'écriture. Ses détracteurs pourront dire que l'écrivain ne fait que réchauffer une recette qui marche, mais il n'en reste pas moins qu'au travers de son exploration de la société, Palahniuk pose à ses lecteurs de véritables questions.

Pour retrouver cet humour si spécial et la description des marges de la société, je ne peux que conseiller de lire Le festival de la couille et autres histoires vraies ( article de Nawal), recueil de nouvelles hilarant et explosif.
 

Louna, AS bib.     

 

 

Chuck Palahniuk sur Littexpress 

 

Chuck Palahniuk Choke

 

 

 

 

Article de Sandra sur Choke.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Palahniuk Le Festival de la couille

 

 

 

 

 

 Article de Nawal sur Le Festival de la couille.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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 Article d'Estelle sur Peste.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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11 février 2013 1 11 /02 /février /2013 07:00

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PARK Hee Jung
Fever
traduit du coréen par Kang Heeseok,
Choi Juhyun et Kette Amoruso
Seoul Cultural et Éditions Paquet
Tome 1, 2005
Tome 2, 2006
Tome 3, 2006
Tome 4, 2007











L'auteur
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Park Hee Jung est un auteur de manhwa né le 6 octobre 1970 en Corée. Comme tout mangaka ou manhwaga, elle fait ses débuts dans un magazine. C'est ainsi qu'en 1993, sa carrière démarre avec le manhwa Summer Time dans le magazine féminin Wink édité par Seoul Cultural. Il sera ensuite suivi par I can’t stop. Entre 1995 et 1997, elle dessineraFever-03.JPG Hotel Africa, l’une de ses séries les plus célèbres. Fever est également une de ses  réalisations pour Wink et c'est ainsi que le premier tome fut publié en 2000 par Seoul Cultural. Mais Park Hee Jung est également l’auteur de one-shots (publication dont la trame se résout en un seul volume) tels que The Stupid ou Secret. Et sa dernière série est une série de douze volumes appelée Martin and John

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Bien que, en Corée, le travail de Park Hee Jung soit très apprécié, en France les œuvres de cet auteur restent assez méconnues. De plus, les éditions Paquet ont arrêté la publication de Fever et également celle de Hotel Africa après le deuxième tome (la série en comporte cinq). Quant au manhwa Martin & John la publication s'est arrêtée au cinquième tome à cause de la fermeture de la maison Samji. Pourtant, le style de Park Hee Jung, bien qu'il soit particulier, est également séduisant notamment dans la narration où elle excelle grâce à de nombreux changements d’angles et un subtil découpage.



L'histoire

Fever est l'histoire d'une rencontre ; la rencontre de trois adolescents confrontés aux difficultés de la vie. Dans une société où la pression scolaire et les espérances des parents sont trop grandes, ces jeunes sont enfermés dans une spirale de mal-être, de souffrance et d'interrogations quant à leur avenir. Tout commence dans un simple bus. Un jour, alors qu' Heon In est dans le bus, elle rencontre par hasard un jeune garçon à l'étrange accent, Gangdae. Il va lui remettre un papier avec des indications géographiques et ces quelques phrases : « La vie c'est merdique, n'est ce pas ? Ainsi va le monde. Il faut vivre. ». Il va lui faire découvrir un nouveau genre d'école, l'institut Fever.

Fever, c’est une école de la vie, où ces adolescents oppressés par leur famille et par la société coréenne peuvent être eux-mêmes et, après un long parcours, se comprendre. Que ce soit par une prise de conscience immédiate ou une profonde remise en question, chacun emprunte le chemin du passage à l’âge adulte, dont Fever est l’allégorie. Tout au long de ce manhwa nous découvrons le passé, les blessures, les rêves, les liens qui se créent et les attentes de chacun.

Nous suivons leur quête avec beaucoup de poésie et d'humour. Les scènes de vie sont amenées par épisodes, et l’on suit les personnages dans un ordre chronologique bouleversé. Cependant, le récit n’est jamais précipité ou brouillon tant l’histoire de l’auteur peut se permettre de telles distorsions surtout que finalement les membres de Fever sont liés d’une façon ou d’une autre …



Les personnages

Dans Fever nous faisons la connaissance de nombreux personnages qui ont un lourd passé et dont  les caractères sont difficilement déchiffrables. Les trois protagonistes effectuent leur quête vers le bonheur accompagnés de ces personnes toutes différentes les unes des autres. Mais voici un portrait des trois personnages principaux :

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Heon In : C'est une lycéenne qui, après avoir été le souffre-douleur de sa classe en primaire, décide de se forger une carapace et de rejeter toute relation humaine. Puis elle apprend à connaître Bo-Ram, une camarade qui prend le même bus qu'elle. Cependant, cette dernière est persécutée par leurs camarades de classe. Ce n’est pas pour autant que Heon-In va prendre la défense de cette amie qu’elle ne considère comme telle que dans les trajets scolaires, et la jeune fille ne réagira que lorsque Bo-Ram changera d’école et lui enverra un « Sois heureuse » avant de se suicider. Elle choisit d'abord d'ignorer la douleur causée par la mort de son unique amie. Mais, sous ce poids, elle va finalement abandonner le système scolaire, devenu trop étouffant. Sa vie va prendre un nouveau tournant après sa rencontre avec Gangdae.


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Gangdae : Gangdae est le neveu de Peter, l'homme qui a créé l'institut Fever. C'est un jeune homme simple et très sensible à qui Heon-In se confiera facilement. Nous savons très peu de choses de son passé, seulement qu'il vient de la campagne et qu'il s'est toujours senti seul jusqu'au moment où il est arrivé à Fever. Au premier abord les gens le voient comme un garçon à l'air innocent et benêt mais il est bien plus que cela. C'est une personne toujours présente pour venir en aide aux pensionnaires de Fever et dont le rêve est de devenir auteur de manhwa.

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Jijunn : Jijunn est un jeune homme rebelle et coléreux qui semble souffrir de ne pas trouver sa place et se sent rejeté par tous. Son passé reste assez flou mais nous savons qu'il a été adopté par un moine et élevé dans un temple. La seule vraie relation qu'il a est avec son meilleur ami au caractère indéchiffrable, Ahine. Jijunn tombe très souvent amoureux mais il va finir par s'éprendre de la sœur d' Ahine avec qui ce dernier entretient une relation très compliquée. Ahine et sa sœur Ahlip sont de parfaits antagonistes mais ils possèdent tous deux une grande souffrance intérieure. Jijunn va se trouver déchiré entre ces deux personnes auxquelles il tient énormément. 


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Le graphisme

Le graphisme donne toute sa dimension à l'histoire. En effet, les dessins de Park Hee Jung retranscrivent parfaitement les sentiments éprouvés. La manhwaga insiste donc beaucoup sur ses personnages, sur l'expression de leur visage afin de permettre au lecteur de se plonger dans leur vie. Les trames sont d'ailleurs souvent utilisées pour mettre en valeur les sentiments éprouvés,  pour souligner le comportement ou la réaction d'un personnage. Pour leur part, les décors restent assez simples mais appréciables.

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Mon avis

La première chose qui m'ait séduite dans Fever ce sont les superbes dessins. Je trouve que le graphisme des manhwa est assez particulier mais ici il est différent de ce qu'on peut voir habituellement et cela le rend sûrement plus accessible à des personnes qui ne connaissent pas. Ce qui est prenant dans ce manhwa c'est la façon dont on s'attache aux personnages et l'impression d'entrer dans la vie des protagonistes sans pour autant tout connaître de leur personnalité.


À la fois passionnant et émouvant, Fever nous en apprend autant qu’aux adolescents mis en scène. De plus, la narration de la manhwaga est aussi drôle que poétique ; toutefois, elle s’inscrit dans une volonté de réalité et d’authenticité. Ce manhwa m'a vraiment marquée et pour ceux qui connaissent les manhwa et qui aiment sortir des sentiers battus, c'est une série parfaite.


Morgane Boubault, 1ère année. éd/lib 2012-2013


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10 février 2013 7 10 /02 /février /2013 07:00

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Guillaume LAPEYRE (dessins)
Rémi GUÉRIN (scénario)
City Hall (tome 1)
éditions Ankama,
tome 1 réimprimé en novembre 2012



 

 

 

 

 

 


 

Biographies

Rémi Guérin

Il est né le 12/10/1979 et est scénariste de plusieurs séries de BD. Il a fait ses études à Paris, la Sorbonne, dans la filière Cinéma & Communication jusqu’en 1988. Il est originaire de Nogent-Sur-Marne, et habite actuellement à Montpellier. Il fait ses débuts à partir de 2007 aux éditions Dargaud, où il publie la série de bandes dessinées (toujours en cours) Les Véritables Légendes urbaines. En parallèle, il publie aux éditions Soleil Kookaburra Universe à partir de 2009, jusqu’en 2011, puis la série Explorers, pour laquelle il collabore avec Guillaume Lapeyre entre 2009 et 2011 (séries terminées). C'est à partir de cette première collaboration que les deux hommes deviennent amis.

En parallèle de ses diverses publications, il travaille à l’Apple store à partir de 2009 jusqu’en 2011. De plus, la même année, il quitte son poste chez Dargaud, pour entrer dans la maison d’édition de mangas française Ankama où il a présenté le projet commun avec Guillaume Lapeyre.


Guillaume Lapeyre

Né le 13/09/1978 et originaire de Sète, il est dessinateur de plusieurs séries de bande-dessinées, aux éditions Soleil (Lanfeust) puis chez Ankama, où il publie avec Rémi Guérin la série Explorers, l'occasion de commencer à faire intervenir Jules Verne.

À partir de 2011, il publie avec Rémi Guérin la série City Hall,  prévue en 3 volumes.

 

L’éditeur : Ankama a notamment révélé Wakfu et Dofus.



Résumé

Le tome 1 commence lorsque le ministre des Finances de Londres se fait assassiner dans le quartier des Affaires. L'inspecteur de la police de Londres fait alors irruption, et découvre sur le cadavre un bout de papier, avec une description que l'on entrevoit. Il semble bouleversé, et fait promettre aux deux hommes qui l'accompagnent de ne rien dire du papier. Il se rend ensuite à City Hall, la mairie de Londres, où il retrouve un personnage bien connu : Malcolm Little X. L'inspecteur arrive dans le bureau du maire et prononce une phrase qui résume bien ce premier tome : « Le monde tel que nous le connaissons a cessé d'exister !! »

Le maire appelle alors Jules Verne et Arthur Conan Doyle à la rescousse, et leur dévoile un secret qui nous emporte ensuite dans une enquête digne d'un film à suspense, sur un secret que Verne semble connaître. Seul Arthur semble bouleversé par la révélation. L'histoire qu'il connaît n'est que mensonge, développé par le gouvernement et tous ceux des autres pays.

S'enchaîne alors une série d'événements dans cet univers à tendance steampunk [c’est-à-dire dans une atmosphère de révolution industrielle. Il peut être traduit par « futur à vapeur ».

 

Les Personnages

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Jules Verne : écrivain numérique de génie et de renom, il consacre sa vie à l'écriture et à la science. Ses inventions seront utiles dans les situations les plus inattendues. Son père, Pierre Verne, lui avait offert pour ses huit ans un cahier de papier et des crayons ; il sait donc écrire et c'est ce qui fait qu'il est l'arme secrète dont parle Malcolm au début du tome.

Il est inspiré de l'auteur qui a vraiment existé.

 City-Hall-Image-3-city-hall-arthur-conan-doyle.jpg

Arthur Conan Doyle : écrivain, historien, médecin, ancien disciple de Joseph Bell (médecin, que l'on voit dans le tome 2).

Il accompagne Jules Verne dans sa quête et au moment où la série se déroule, il n'a pas encore inventé Sherlock Holmes. Lorsqu'il apprend la vérité sur le papier et l'histoire manipulée, il n'arrive pas à y croire, au début. Puis il s'y fait…

Sa capacité à déduire des choses sur une personnalité simplement en observant les personnes est étonnante dès le début début, puis l'on se souvient de qui il a créé et tout de suite, cela devient moins étonnant.

Il craque facilement pour les jolies femmes comme Amalia a pu en faire l'expérience.

Ce personnage est inspiré du vrai romancier homonyme.

 

 

 City-Hall-image-4-Black-Fowl.jpgLord Black Fowl : il est apparemment le responsable de toute l'agitation et on ne sait pas son nom. On ne sait pas grand-chose de lui, et la trame de l'histoire s'organise autour de ce personnage étrange et inconnu. On connaîtra enfin son identité dans le tome 3.

Toutefois les auteurs nous ont laissé quelques indices : il appartient à une classe sociale élevée, il est cultivé, et connait par cœur le poème d'Edgar Allan Poe Le Corbeau. Il sait écrire comme Jules Verne, au vu des deux combats entre les deux brillantes plumes. On suppose que c'est aussi une figure littéraire ou historique connue, de la même époque que les autres personnages.

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Amalia Earheart : la seule figure féminine du tome 1 (un autre personnage féminin apparaît dans le deuxième tome, Mary Shelley). Elle appartient à une organisation mondiale (Culper Ring) qui vise à lutter contre la contrebande de papier, et veut éviter la propagation du secret de l'histoire des pays « développés ». Elle est inspirée de l'aviatrice du même nom, qui a été la première femme à traverser l'Atlantique, et a fait bien d'autres choses marquantes dans l'Histoire.

 

 

 

 

 

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Grü : c'est un Papercut, créature décrite sur du papier qui prend vie quand son créateur l'anime par les mots sur du papier. Il doit pour l'animer décrire ses actions sur du papier, et le garder toujours à portée de vue.

 

 

 

 

 

Le graphisme

La couverture donne un bon aperçu du contenu du manga et laisse présager de l'action avec le pistolet que tient Arthur au second plan. Le papier semble jouer un rôle important, vu le personnage au premier plan qui tient un stylo et un carnet.  L'intrigue n'est pas dévoilée, mais la couverture donne plutôt envie de lire ce manga.
 
Les codes du manga sont d'ailleurs présents dans le dessin, mais aussi le style bd franco-belge qui ressort par moments. Pourquoi City Hall est-il un manga ? D'abord, le format le plus courant pour les mangas est celui qu'a emprunté la série. Ensuite, il respecte les règles qui font d'un manga d'action un succès : un apprenti, un mentor, une femme surentraînée au combat, des inventions délirantes, de l'action, une ambiance d'aventure, créée par le réalisme qui se dégage des dessins. De plus, les auteurs tiennent un rythme « à la japonaise », c'est-à-dire plusieurs planches par jour, à encrer ensuite, rythme assez rare en France et dans le milieu de la BD en général. Enfin, il y a la présentation (fiche ''technique'') des personnages à chaque fin de chapitre.

Les codes de la bd franco-belge sont aussi là : les visages sont clairement influencés par  ce style de dessins (oreilles), les détails sont nombreux et très présents. Les sentiments des personnages sont très marqués sur leur visage et par leurs paroles. On peut presque sentir l'intonation. Le sens de lecture est de gauche à droite, et non pas de droite à gauche comme dans les mangas. Il est plutôt logique qu'il y ait des traces de la bd franco-belge, les auteurs ayant fait leurs débuts avec ce format.

 

Influences principales

City Hall est une symbiose entre plusieurs styles comme dit précédemment. J'ai réussi à déterminer quelles sont les principales influences des auteurs.

Les deux auteurs réunis sont influencés par Takeshi Obata (Bakuman, Death Note) qui travaille lui aussi en collaboration avec un scénariste. De plus, Bakuman est l'histoire d'un jeune dessinateur qui veut devenir mangaka (dessinateur de mangas) pour conquérir la fille dont il est amoureux. Il travaille lui aussi en duo avec un scénariste talentueux…

Rémi et Guillaume sont donc influencés par les graphismes japonais. Ils ont grandi avec le Club Dorothée (émission de télévision dans laquelle étaient diffusés des dessins animés japonais tels que Astro le Petit Robot, Olive et Tom, Albator… mais aussi européens), et font donc partie de la génération qui a regardé les premiers dessins animés japonais à partir des années 80.

Enfin, je voudrais ajouter que la couverture, avec ses couleurs et son écriture dorée m'a rappelé celle des romans de Jules Verne avec la couverture rouge et les titres en couleur or.



 Avis personnel

J'ai adoré lire ce manga. Il m'a au début paru banal, comme la plupart de ceux que je lis d'habitude. Puis au fil de ma lecture, j'ai vraiment accroché à cet univers, ce monde où ce que l'on écrit prend vie. Les personnages sont charismatiques, et dégagent une aura qui fait qu'on l'on a envie de mieux les connaître, de les aider dans leur quête, que ce soit pour Lord Black Fowl (sa quête étant inconnue pour l'instant) ou le trio de Verne. L'histoire est peu banale et l'univers unique en son genre. C'est une série sérieuse qui ne se prend pourtant pas au sérieux (humour), et aux dessins réalistes irréels. Les chapitres débutent par une citation, souvent d'un personnage connu (Oscar Wilde, Einstein…).

L'idée que tout ce que l'on écrit prend vie m'a rappelé l'histoire de la trilogie de Cœur d'Encre, de Cornelia Funke où dès lors que l'héroïne et son père lisent à haute voix un texte bien écrit, il prend vie, que ce soient les personnages, les sentiments ou les actions.



Avis de blogs et sites de mangas

Bibliothèque de Glow : http://glowmoonlight.unblog.fr/2012/07/08/japan-expo-2012-les-petites-perles-a-decouvrir/

Le principe de City Hall est que tout ce que l’on écrit prend vie. Mais le jour où quelqu’un se sert de ce pouvoir à de mauvaises fins, la police de City Hall se voit dans l’obligation de demander à deux des meilleurs écrivains disponibles dans la ville : Jules Verne et Sir Arthur Conan Doyle. Une lutte sans merci s’engage alors entre les meilleures plumes, faisant couler beaucoup d’encre… le tout dans un Londres victorien très esthétique qui laisse rêveur…

Critique du blog Sud-Ouest : http://bd.blogs.sudouest.fr/archive/2012/06/18/city-hall-1-par-remi-guerin-et-guillaume-lapeyre-ankama.html

 

Sources

Les auteurs eux-mêmes qui m'ont accompagnée dans ce travail (infos biographiques)

 
Coline PAILLET, 1ère année Bib-Med-Pat



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9 février 2013 6 09 /02 /février /2013 07:00

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Keno Don ROSA,
La Grande Epopée de Picsou
Tome 1 : La Jeunesse de Picsou (1/2)
Scénario et dessins : Keno Don Rosa
Traduction de l’appareil critique
Jean-Paul Jennequin
Glénat
Collection Disney Intégrale, 2012



 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Journal de Mickey existe depuis 1934. Picsou Magazine depuis 1972. Depuis 78 ans, les Français connaissent les publications de Disney. Pourtant il faudra attendre décembre 2010 pour que Glénat offre une édition plus prestigieuse aux histoires considérées comme des classiques par les connaisseurs. La Dynastie Donald Duck (une intégrale des histoires de Donald Duck et Picsou par Carl Barks) ouvre la voie. En 2011, Glénat sort L’Âge d’Or de Mickey Mouse, une intégrale de Gottfredson, et aujourd’hui La Grande Épopée de Picsou, l’intégrale de Don Rosa. Son premier volume est une histoire de référence pour les amateurs de canards doués de parole : La Jeunesse de Picsou.



Picsou, un canard pas comme les autres

Balthazar Picsou, de son nom original Scrooge McDuck, est la création du scénariste et dessinateur Carl Barks. Il l’utilise pour la première fois en 1947 dans une histoire reprenant Un Chant de Noël de Charles Dickens. On comprend aisément la référence au personnage d’Ebenezer Scrooge dans le nom de cet oncle de Donald Duck. Comme lui, Picsou va comprendre que son aigreur doit cesser et qu’il doit s’ouvrir aux autres. Si aux yeux du grand public Picsou n’est que le canard le plus riche au monde (il est d’ailleurs officiellement le personnage de fiction le plus riche du monde d’après Forbes), il est avant tout pour ses fans un aventurier et un personnage dont l’avarice cache un cœur plus gros qu’il ne veut bien l’admettre.


Trois auteurs marqueront l’histoire du personnage : Carl Barks (son créateur), Romano Scarpa (qui individualisera la branche italienne des histoires de canards), et Keno Don Rosa (qui reprendra l’univers de Carl Barks et marquera le personnage pour avoir écrit sa jeunesse). Nous ne parlerons pas ici de Romano Scarpa car les histoires de Don Rosa reposent presque uniquement sur celles de Carl Barks.



Carl Barks

Après avoir travaillé pour Walt Disney sur l’animation de Donald Duck, Carl Barks part chez Western Publishing pour qui il va créer son personnage le plus célèbre, Balthazar Picsou, mais aussi d’autres  figures connues de Donaldville : Gontran Bonheur, Géo Trouvetou, la sorcière Miss Tick, les vilains Rapetou, le voisin Lagrogne, l'organisation des Castors Juniors à laquelle appartiennent les neveux de Donald, Riri, Fifi et Loulou. Barks pose les bases des récits de Picsou avec de grandes aventures, des énigmes, de l’humour et des valeurs morales.



Keno Don Rosa

don-rosa.jpgIngénieur civil de formation, Keno Don Rosa a grandi avec les comics et les films. Scénariste et dessinateur, il propose l’histoire Le Fils du soleil à l’éditeur Gladstone. Cette première  histoire est déjà ancrée dans l’univers de Barks. Elle reprend en effet un personnage apparu dans un comics de Barks, « Perdus dans les Andes ! ». Gladstone ouvre ses portes à Don Rosa en 1987. Mais en 1989, Disney décide de ne plus restituer leurs planches aux auteurs et Don Rosa part travailler chez Egmont, un éditeur qui publie les licences Disney au Danemark. Leur collaboration durera jusqu’à ce qu’un décollement de la rétine oblige Don Rosa à prendre sa retraite en 2008. Don Rosa est connu pour inscrire ses histoires dans la continuité de celles de Carl Barks. En grand fan de ce dernier, il accepta d’écrire La Jeunesse de Picsou pour Egmont et s’en servira de base pour nombre de ses récits.



La Jeunesse de Picsou

Le concept

Pour écrire La Jeunesse de Picsou, Keno Don Rosa a dû faire un travail de fourmi. L’idée était de retrouver toutes les références au passé du richissime canard que Barks avait pu laisser dans ses 600 histoires. Bien sûr, il n’existait à l’époque aucun logiciel de référencement, et c’est donc un travail d’investigation que l’auteur a entrepris. Il fallait réussir à agencer toutes les anecdotes en un récit logique. Or Carl Barks n'a jamais conçu ses bandes dessinées dans l’idée qu’un jour quelqu’un les unifierait et fait allusion au passé de Picsou parfois pour de simples dialogues humoristiques, à la manière dont un vieillard raconterait une histoire abracadabrante qui lui serait arrivée plus jeune. Le tour de force de Don Rosa va être d’intégrer ces récits loufoques mais aussi de faire le tri. Ainsi, l’auteur conçoit une jeunesse qui reprend ce que le créateur du personnage avait dit, mais délaisse quelques éléments incohérents. Mieux encore, la passion de Don Rosa pour le personnage le pousse plus loin : il va non seulement construire le passé du palmipède mais aussi envoyer un message aux auteurs de Picsou à travers le monde. Dans les récits américains, le meilleur adversaire de Picsou est Gripsou alors que pour les Italiens, il s’agit de Flairsou. Ce dernier est une création de Carl Barks mais il ne l’a utilisé qu’une seule fois. En donnant un rôle à un personnage « italien », Don Rosa ne ne se contente pas de conter une histoire, il crée symboliquement un univers partagé. L’apparition de Flairsou sous-entend en effet que toutes les aventures de Picsou se déroulent dans un même monde ; peu importe le pays de publication. Mais cela reste à nuancer, car si c’est vrai pour « les histoires classiques » où les auteurs reprennent les personnages barksiens, c’est en revanche faux pour les Duck Tales (comics adaptés d’un dessin animé éponyme et utilisant des personnages différents des histoires classiques).

Dans le cœur des fans et celui de l’auteur, La Jeunesse de Picsou va prendre une importance de premier ordre. En effet, après la mini-série de douze épisodes pour laquelle Don Rosa a gagné l’Eisner Award de la meilleure série à suivre en 1995 (l’une des récompenses les plus prestigieuses pour un comics), Keno va écrire des épisodes bis, ter et même quarter qui viendront ajouter des éléments à la saga. Nombre de ses histoires reprendront aussi des éléments de la mini-série pour y faire suite, et enfin il écrira des épisodes où Picsou voyage dans ses rêves et voit comment les choses auraient pu se passer s’il avait fait d’autres choix. La Jeunesse de Picsou est donc au cœur du travail de Don Rosa et elle est devenue la référence pour ses fans.



L’histoire
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Écosse, 1877. Le petit Balthazar  n’a qu’une dizaine d’années quand sa vie s’apprête à changer. Son père lui fait découvrir le château des McPicsou, la fierté d’un clan qui n’est plus. Les McPicsou ont été chassés, le clan s’est dispersé, les richesses d’antan ont disparu. À Glasgow,  les McPicsou sont pauvres, et à dix ans, Balthazar va devoir travailler pour aider sa famille. Ce qu’il ignore, c’est que son père ne s’est pas contenté de lui fabriquer un équipement de cireur de chaussures, il a aussi conclu un marché avec un ami pour que ce dernier arnaque l’enfant. Ainsi, pour la première fois qu’il travaille, Balthazar va puiser jusqu’au bout de ses forces pour faire briller les bottes crasseuses d’un cantonnier. Épuisé, il s’évanouit et trouve à son réveil une pièce dans sa main. Ce dime américain, sans valeur en Ecosse donnera à Balthazar une leçon : celle de toujours rester vigilant. Cet événement va forger le caractère du personnage, mais il va aussi guider sa vie. Balthazar va prendre cette pièce pour un signe et partir faire fortune en Amérique pour redorer le blason de son clan. Le sou fétiche est né et la grande épopée de Picsou commence.

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Douze épisodes, douze époques. Dans chaque histoire, on retrouve Picsou un peu plus vieux de quelques années dans un nouveau lieu. Picsou fait le tour du monde, mais non sans qu’on sache pourquoi. Au début, c’est le besoin de travailler qui le guide. Les années sont dures et forment le jeune garçon. Quand il arrive au Klondike, dans le Grand Nord canadien, Picsou est un jeune homme déjà plein d’expérience. Sous les aurores boréales, il entrevoit un nouveau chemin. Il est en paix avec lui-même et serait prêt à arrêter la course à la richesse qu’il s’est lancé. Et puis, il y a Goldie O’Gilt, cette cane au sale caractère. Cet amour inavoué pourrait tout changer. Mais il faut croire que Balthazar n’a pas droit au bonheur. Un décès va changer sa vie. Au Klondike, Picsou trouve la richesse pour laquelle il a tant travaillé, mais il perd tout le reste. De retour chez lui, le canard a changé. Les années ont passé et il n’est plus l’enfant parti trop tôt du nid. Déjà, l’on sent que Picsou s’est perdu en chemin. Un nouveau décès et c’est le noyau familial qui explose. Balthazar ne voit plus que sa fortune et ce désir incompréhensible d’être le plus riche au monde. Il se détourne de sa famille, de ses principes. Ses sacrifices étaient-ils trop lourds ? Trop nombreux ? L’aventure ne l’intéresse plus. Lui qui ne gardait les pièces qu’il gagnait que pour la valeur sentimentale qu’elles portaient, n’est plus qu’un arnaqueur qui ne vise que le profit. Cette fois, c’est fini. Le peu de famille qui lui restait se détourne de lui. Balthazar est seul et il a tout perdu. Il est trop tard quand il s’en rend compte. Picsou va connaître la solitude.

Mais un jour, alors que Picsou n’est plus qu’un vieillard aigri. Il rencontre réellement pour la première fois son neveu Donald et ses petits neveux Riri, Fifi et Loulou. Ce jour de Noël va faire prendre un tournant à sa vie. Avec cette famille, Picsou retrouve un moteur à sa vie et son goût pour l’aventure. Les enfants sont friands de ses aventures et Picsou découvre qu’il lui  en reste à vivre. La boucle est bouclée, Don Rosa termine sur la première histoire de Picsou par Carl Barks.



Les dessins

Don Rosa ne se contente pas d’écrire une bonne histoire. C’est aussi un dessinateur exceptionnel. Certes, sa mise en page est des plus classiques, mais pour des planches qui comptent en moyenne une dizaine de vignettes, son sens du détail est presque incomparable. Il est en effet très rare qu’une case ne fourmille pas de détails. Chaque revêtement est travaillé, chaque élément du décor est plus vrai que nature. Don Rosa réussi à mettre un nombre effaAent de détails et de gags au second plan sans que les planches paraissent chargées. Avec un sens de la mise en scène qui emprunte à l’animation, les planches de Don Rosa sont d’une grande modernité tout en s’inscrivant dans un schéma narratif barksien. Dernier point fort : les expressions des personnages sont d’une précision impressionnante. Il s’agit peut-être de canards, de chiens et de cochons, mais on sait au premier coup d’œil ce que ressent (voire ce que pensent) tous les personnages visibles dans une image.
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Sans formation de dessinateur, Don Rosa est un autodidacte. Il se sert néanmoins de ses savoirs d’ingénieur civil dans ses planches. Bâtiments, bateaux et autres monuments architecturaux sont plus vrais que nature, et ceux qui ont existé sont quasiment des copies conformes. De plus, Don Rosa s’amuse à cacher de nombreux jeux pour ses lecteurs. Le plus célèbre d’entre eux est celui des D.U.C.K. Ces quatre lettres sont dissimulées dans les couvertures et certaines cases. Elles signifient Dedicated to Uncle Carl from Keno et montrent bien l’attachement de l’auteur pour le maître. Autre célèbre jeu, Don Rosa s’amuse à cacher Mickey Mouse dans ses dessins et souvent le malmène. Ces Hidden Mickey jouent essentiellement sur la forme du personnage (un cactus en forme de Mickey par exemple). Mais beaucoup de jeux ou d’indices laissés par Don Rosa échappent aux lecteurs. Dans la première histoire de La Jeunesse de Picsou, Balthazar croise le fantôme de l’un de ses ancêtres sans le savoir car celui-ci est identique (ou presque !) aux êtres vivants. Don Rosa fait remarquer qu’il avait laissé un indice pour que ces lecteurs devinent qu’il s’agissait d’un fantôme : le personnage est le seul à ne pas avoir d’ombre ! De même, l’auteur s’amuse à faire des gags de répétition visuels subtils avec certains personnages ou encore à utiliser ses outils d’ingénieur pour qu’aucune pièce du coffre de Picsou ne soit de la même taille sans que cela se repère.



Analyse

Inutile de dire que La Jeunesse de Picsou est un exploit technique. Mais au-delà de la performance d’auteur, l’histoire écrite par Don Rosa a bien des qualités. Don Rosa s’inscrit pour ses récits dans la lignée initiée par Carl Barks. Picsou et ses neveux vivent de grandes aventures, voyagent autour du monde, résolvent des mystères et tirent des leçons de leurs périples. À cela, Don Rosa ajoute la construction et l’évolution des personnages. Les relations familiales sont approfondies, les personnages évoluent, et l’on réussirait presque à différencier Riri, Fifi et Loulou. La Jeunesse de Picsou n’échappe pas à ce schéma. Son concept même de raconter la jeunesse d’un personnage est presque un affront à Disney. Les personnages ne sont plus figés dans le temps et dans leur rôle mais naissent, évoluent et meurent. La mort, ce tabou ultime que Don Rosa brisera par un dessin non officiel fait à un fan. Si aucune histoire officielle ne conte la mort de Picsou, Don Rosa a virtuellement fixé celle-ci aux 100 ans du personnage en 1977. Ainsi, on peut facilement deviner si un auteur/dessinateur inscrit son histoire dans l’univers de Barks et Rosa en regardant les décors. Si l’histoire se passe aujourd’hui, elle ne peut s’inscrire dans la logique des maîtres.

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Ainsi, La Jeunesse de Picsou est une petite révolution en soi. L’univers Disney se fait plus réaliste et s’inscrit maintenant dans une continuité. Mais Don Rosa n’en oublie pas pour autant les bases. Son récit combine aventure, humour et drame. Si l’approche de Don Rosa est plus moderne que celle de Barks, elle lui reste néanmoins fidèle.



La publication de La Jeunesse de Picsou en France

Don-Rosa-Picsou_Hors_Serie___La_Jeunesse_De_Picsou.jpgEn France, le premier épisode de La Jeunesse de Picsou est publié pour la première fois en mars 1994 dans le Picsou Magazine #266, soit deux ans après sa première publication originale. Il faudra attendre 1998 pour qu’une première intégrale voie le jour. Reprenant le format des Super Picsou Géant, le Picsou Magazine Hors-Série #1 compile les douze épisodes originaux plus les épisodes 6bis, 8bis et 0. Les épisodes bis sont entremêlés aux originaux, respectant ainsi la chronologie des événements mais rompant avec la structure originale de la mini-série. En effet, les douze épisodes originaux commencent toujours par une image des souvenirs de Picsou que sa sœur accumule et permet de voir une évolution du personnage, alors que les épisodes bis commencent par Picsou contant ses souvenirs à ses neveux. Mis à part son introduction s’adressant à des enfants, cette édition répond à toutes les attentes des adultes. Toutes les couvertures originales sont présentes et les solutions au jeu des D.U.C.K sont données. Cette édition de 1998 marquera les esprits : la colorisation et la traduction choisies restent aujourd’hui encore considérées comme les meilleures. En 2005, une nouvelle intégrale au même format sort, mais cette fois-ci en deux volumes puisque Don Rosa a écrit entretemps de nouveaux épisodes bis, ter et quarter. La nouvelle colorisation de cette édition décevra les fans pour qui l’édition de 1998 restera la référence. Quatorze ans après sa sortie, l’édition de 1998 coûte 50 € sur le marché d’occasion. Pour une revue hors-série arborant fièrement « 292 pages, 29 Francs », il y a de quoi faire sourire le richissime canard.



La Jeunesse de Picsou par Glénat

En décembre 2012, Glénat sort le premier volume de son intégrale Don Rosa avec La Jeunesse de Picsou (1/2). Cette édition reprend les douze épisodes originaux uniquement, tous les autres étant prévus dans le deuxième tome de la collection. Glénat  a fait le choix d’harmoniser ses collections en reprenant le format et la maquette de son intégrale Carl Barks. Mais là où le bât blesse, c’est que le format est plus petit que celui de Picsou Magazine et que si cela n’était pas gênant pour Carl Barks, le dessin de Don Rosa en souffre et l’on ne distingue plus aussi bien les détails qu’à l’origine. De plus, Glénat propose une nouvelle colorisation plus réaliste. L’approche est originale et colle au récit mais on perd un peu le charme enfantin de la bande dessinée et certains paysages y perdent en beauté. Par exemple, dans l’édition de 1998, le Yukon était plein de couleurs éclatantes avec des maisons bigarrées et une forêt verdoyante.  Dans l’édition de Glénat, toutes  les maisons sont de couleur bois et la forêt est blanche de neige. Plus embêtant, certains choix artistiques sont malheureux : une colorisation monochromatique du second plan alors qu’il fourmille de détails et de gags, et une gestion des couchers de soleil qui fait non seulement perdre du détail mais aussi tomber dans le pathos pour des scènes particulièrement touchantes.

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Mais l’édition de Glénat compense ses défauts par un contenu additionnel particulièrement riche. En plus du jeu des D.U.C.K et  de l’arbre généalogique de la famille Duck (et de sa version détachable en poster), Glénat propose des bonus inédits avec des commentaires de Don Rosa sur trois pages après chaque épisode. Ces commentaires sont riches en anecdotes et en détails techniques. Ils font porter un regard nouveau sur l’œuvre et sont véritablement la grande force de cette édition par rapport aux précédentes.



Conclusion

La Jeunesse de Picsou est une œuvre majeure dans l’univers des canards Disney. Loin d’être une histoire uniquement pour enfant, ce récit est vraiment « tout public » dans le sens où enfants et adultes y trouveront de l’intérêt. Une véritable édition « en librairie » était attendue des fans depuis des années et Glénat a fini par répondre à l’appel. Cette première édition « de qualité » n’est pas parfaite, notamment à cause d’une colorisation décevante, mais les contenus additionnels mettent en valeur le récit et le travail fait par Don Rosa. Que l’on connaisse ou non l’univers de Donald et Picsou, il serait dommage de passer à côté d’une œuvre aussi magistrale.


Jérome, AS édition-librairie

Pour aller plus loin :

 Comparatif des éditions de Glénat et Picsou Magazine HS #1

Podcast sur la Jeunesse de Picsou (critique avec spoilers)

 

 


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Published by Jérôme - dans bande dessinée
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8 février 2013 5 08 /02 /février /2013 07:00

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Zoyâ PIRZÂD
Le Goût âpre des kakis
Nouvelles traduites du persan (Iran)
par Christophe Balaÿ
Zulma, 2009
Le Livre de poche, 2012












Zoyâ Pirzâd

Elle est romancière, traductrice et nouvelliste.

Elle est née à Abadan en Iran en 1952.

Elle fut découverte par Zulma* en 2007.

« Elle fait partie de ces auteurs iraniens, profondément humanistes qui ouvrent sur le monde l’écriture persane sans rien céder de leur singularité. » Zulma
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Elle a reçu, pour Le Goût âpre des kakis, le prix Courrier international du meilleur livre étranger en 2009.

Pour en savoir plus sur cette auteure, je vous propose le lien ci-dessous qui peut vous amener (si vous le désirez) directement sur une page du site de la maison d’édition Zulma consacrée exclusivement à Zoyâ Pirzâd.

 http://www.zulma.fr/auteur-zoya-pirzad-300.html

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Le livre

« Comme dans ses autres recueils de nouvelles Zoyâ Pirzâd explore avec subtilité, lucidité, tendresse et une certaine nostalgie les chassés-croisés de la vie amoureuse. » Zulma

Ce recueil est composé de cinq nouvelles :

  • Les taches
  • L’appartement
  • Le Père-Lachaise
  • L’harmonica
  • Le goût âpre des kakis


Le thème de ces nouvelles : le couple, « le couple […] écartelé entre modernité et tradition. » (Xavier Lapeyroux dans Le Monde diplomatique).



Petits résumés des nouvelles

« Les taches »

Les couples principaux

  • Leïla, une jeune femme pas très sûre d’elle et assez réservée et Ali un jeune homme volage.
  • Roya, une amie proche de Leïla – elle est la caricature parfaite de la femme moderne ; elle malmène son mari, passe son temps à se peindre les ongles et n’hésite pas à donner son avis – et son mari Hamid.


Tout au long de cette nouvelle, on va voir évoluer Leïla. Elle est forcée de devenir autonome à cause de sa vie de couple qui n’est pas rose mais aussi grâce à Roya qui n’hésite pas à la conseiller et surtout grâce à son don très peu commun...



« L’appartement »

Les couples principaux

  • Manhaz  – elle est forte et sait ce qu’elle veut –, et son mari Faramarz, un homme parfait mais psychorigide.
  •  Simine, une jeune fille élevée dans la tradition, et Madjid, qui a passé plusieurs années aux États-Unis.

   
Simine, depuis qu’elle est toute petite, est éperdument amoureuse de Madjid son cousin germain. Ce sont leurs mères respectives qui ont organisé leur mariage au retour de Madjid. Celui-ci ne semblait pourtant pas être intéressé par sa cousine...

Manhaz quant à elle rencontre Faramarz au travail et bénit le ciel de lui donner un mari aussi exceptionnel. Mais le tempérament de Faramarz et celui de Manhaz ne semblent pas faits pour aller ensemble...

Ces deux couples vont être amenés à la rupture.

Simine vend alors le petit appartement dans lequel elle vivait avec Madjid  pour retourner vivre chez sa mère et Manhaz l’achète car elle ne supporte plus de vivre avec Faramarz.

C’est cet appartement qui fait le lien entre ces deux femmes que tout oppose.



« Le Père-Lachaise »

Les couples principaux

  • Taraneh et Monsieur Naghavi
  • Taraneh et Morad
  • Minouche et Jean
  • Minouche et Shabab


Taraneh est le personnage principal de cette nouvelle. Elle est une femme tout ce qu’il y a de plus normal excepté en ce qui concerne ses cheveux ; ils sont très bouclés (cela déplaît fortement à Monsieur Nagahvi, elle passe donc énormément de temps et gaspille beaucoup d’énergie à les rendre lisses).

Minouche, au coutraire de Taraneh, a des cheveux très lisses et rêve de les avoir bouclés. Elle est décrite comme très maquillée et devient très vite amie avec Taraneh.

Ces deux femmes assez semblables que seule semble distinguer la nature de leurs cheveux vont avoir toutes les deux une vie de couple compliquée. Taraneh qui est fiancée à Monsieur Nagahvi va le quitter pour se marier avec Morad et Minouche qui semblait aimer Jean va épouser Shahab sur un coup de tête.

Cette nouvelle nous  raconte l’histoire de la vie de couple de Taraneh et Morad en la comparant à celle de Minouche et Shahab.



« L’harmonica »

Les personnages

  • Hassan, un jeune homme réservé
  • Monsieur Kamali le patron, associé et camarade de pêche de Hassan
  • La mère de Hassan qui joue le rôle de la conscience de ce dernier
  • Un chauffeur de camion
  • Soheïla Khanom, la jeune et coquette femme de Monsieur Kamali

   
Hassan et Monsieur Kamali se sont rencontrés à la pêche ; Monsieur Kamali a appris à Hassan à jouer de l’harmonica et ils ont ensemble monté un restaurant de kebab. Ils sont amis et leur relation est paisible jusqu’au au jour où Monsieur Kamali se marie. Soeïla Kahnom, sa femme, est coquette. Hassan apprendra du chauffeur de camion qu’au mariage il est recommandé de brider la coquetterie des femmes. Monsieur Kamali lui passera tous ses caprices jusqu’à accepter de déménager aux États-Unis.

 

 

 
« Le goût âpre des kakis »

Les personnages

  • Madame : le personnage principal
  • La maison de Madame : elle va évoluer en même temps que Madame, elle est sa dot et Madame y tient énormément car c’est un cadeau de son regretté père
  • Le Prince : le mari de Madame
  • Ebrahim et Golbanou : un couple de serviteurs qui font partie de la dot de Madame
  • Le Locataire


Madame n’est jamais sortie de sa maison que pour offrir des kakis au voisinage. Elle est complètement coupée de l’extérieur et du temps qui passe.

Elle n’a pas d’enfant car elle est stérile et arrive un moment où Golbanou puis le Prince l’ayant quittée, elle se retrouve seule avec un seul domestique plus vieux qu’elle dans sa grande maison. Elle est déjà vieille mais est décidée à ne pas la quitter même quand la ville subit un bombardemant. Elle consent à prendre un locataire car elle a peur des voleurs et des catastrophes qui pourraient advenir dans sa grande maison.

Une relation se tisse entre Madame et son locataire, elle est troublée par la fiancée du locataire qu'elle n’arrive pas à supporter.

Mais elle va jusqu’à leur proposer de leur donner sa maison pour que celle-ci reste habitée.



C’est dans un style fluide et accessible au plus grand nombre que Zôya Pirzâd a décidé de nous raconter ces cinq nouvelles. Elle nous y décrit les histoires de couples qu’on peut trouver en Iran. On est  immergé dans l’Iran d’aujourd’hui. Ces récits sont en effet rythmés par des noms de plats typiques et des mots aux consonances orientales. Pirzâd nous propose en somme un petit voyage fort sympathique et sans prise de tête dans ce pays tiraillé entre tradition et modernité qu’est l’Iran à l’aube du XXIème siècle.



* Zulma
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Fondées en 1991, les éditions Zulma ont été imaginées par deux passionnés de littérature, Laure Leroy et Serge Safran. Au rythme de douze nouveautés par an dans le domaine de la littérature contemporaine, française et étrangère, Zulma s’impose comme seul critère valable, celui de tout lecteur : être amoureux du texte qu’il faudra défendre.

« Car il s’agit de s’émouvoir, comprendre, s’interroger – bref, se passionner. » Zulma


Son site : http://www.zulma.fr/

PS : La maison d’édition propose sur son site des ateliers d’écritures accessibles à toutes les plumes.


Caroline, 1ère année édition-librairie

 

 

 

Zoyâ PIRZÄD sur LITTEXPRESS

 

Zoya Pirzad Un jour avant Paques

 

 

Article de Karine sur Un jour avant Pâques.

 

 

 

 

 

 

 

Zoya Pirzad Comme tous les après-midiMarjane Satrapi Broderies

 

 

 

États d'âmes en Iran : Zôya Pirzâd et Marjane Satrapi, article de Claire

 

 

 

 

 

 

Zoya Pirzad Le Gout apre des kakis 

 

 

Article de Marine sur Le Goût âpre des kakis.

 

 

 

 

 

 

 

 

La littérature iranienne sur LITTEXPRESS


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 Article d'Adeline sur La Muette de Chahdott Djawann

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 


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Published by Caroline - dans Nouvelle
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