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23 septembre 2012 7 23 /09 /septembre /2012 07:00

Talence

jeudi 27 septembre

à 18h30


 

Jean-Pierre-Ohl-Redrum.gif

 

 

 

 

 

 

 

 

 

pour son nouveau roman Redrum

éditions L'Arbre vengeur, août 2012

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Dans une île au large de l'Ecosse, Stephen Gray, spécialiste de l'oeuvre de Stanley Kubrick, retrouve d'autres cinéphiles passionnés comme lui par les vieilles  bandes de la Fox ou de la Warner. Et il rencontre le maître des lieux, Onésimos Némos, inventeur de la Sauvegarde, ce troublant procédé informatique qui permet de « stocker » la personnalité des morts pour les ressusciter à la demande... Tout en explorant l'oeuvre de Kubrick, Stephen s'enfonce peu à peu dans un labyrinthe dont la trame semble faite de ses propres hantises. Quelle révélation l'attend dans le village de ses ancêtres ? Quel secret le lie à Némos ? Et quelle expérience indicible ce dernier prépare-t-il ? Subtil roman d'anticipation, rêverie sur le désir et suspense retors, Redrum se referme sur le lecteur comme un piège... dont il n'a pas envie de s'échapper. » (Présentation éditeur)

 

 

 

 

Jean-Pierre OHL sur LITTEXPRESS

 


ohl.jpg

 

 

 

 

 

 Article de Théophile sur Monsieur Dick.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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22 septembre 2012 6 22 /09 /septembre /2012 07:00

vendredi 28 septembre
18h30
Yassaman-Montazami-Le-meilleur-des-jours.gif
pour son livre Le Meilleur des jours

éditions Sabine Wespieser.

« Après la mort de son père, Yassaman Montazami se réfugie dans l’écriture pour tenter de garder vive la mémoire de ce personnage hors norme. La drôlerie et la cocasserie des souvenirs atténuent peu à peu l’immense chagrin causé par sa perte. Né avant terme, condamné puis miraculé, l’enfant adulé par sa mère, qui jamais ne lui refusa rien, fut nommé Behrouz – en persan : « le meilleur des jours » –, un prénom prédestiné pour un futur idéaliste épris de justice et un pitre incapable de prendre la vie au sérieux.


Envoyé en France pour y poursuivre des études qu’il n’achèvera jamais, il participe à sa manière aux événements révolutionnaires de 1979, au cours desquels l’Iran bascule de la monarchie à la République islamique, en faisant de son appartement parisien un refuge pour les Iraniens en exil. Leurs chassés-croisés entre Paris et Téhéran donnent à l’auteur l’occasion de brosser une multitude de personnages improbables et issus des milieux les plus divers : une épouse de colonel en fuite, fanatique d’Autant en emporte le vent, un poète libertin, mystique et interdit de publication, un révolutionnaire maoïste enfermé à la prison d’Evin, et même un ancien chef d’entreprise devenu opiomane.
Évocation d’un monde aujourd’hui disparu, ce premier roman frappe par sa maîtrise et par l’acuité de son trait. »

 

(Présentation éditeur)

 

Yassaman Montazami est née à Téhéran en 1971 et vit en France depuis 1974. Docteur en psychologie, elle a travaillé de nombreuses années auprès de réfugiés politiques et a enseigné à l’université Paris VII. Elle exerce actuellement en milieu hospitalier. Le Meilleur des jours est son premier roman.

« C’est pour garder en vie le souvenir de son père, emporté prématurément par la maladie que Yassaman Montazami a écrit ce bref roman, hommage mélancolique au " meilleur des jours" , traduction du prénom persan, Behrouz, que portait son père et qui coiffe son livre… Un premier roman percutant, délicat. »  (Catherine Simon, Le Monde)

Rencontre animée par Pierre Mazet.

 

 

 

La Machine à lire

8, place du Parlement

33000 Bordeaux

tram : ligne C

Station Place de la Bourse

 

 

 


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21 septembre 2012 5 21 /09 /septembre /2012 07:00

Mana-Neyestani-Une-metamorphose-iranienne-01.jpg






 

 

 

 

 

Mana Neyestani
Une métamorphose iranienne
traduit de l'anglais
par Fanny Soubiran
Çà et Là et Arte Éditions, 2012





 

 

 

 

 

 

 

 

 

Une métamorphose iranienne, publié par Çà et Là et Arte éditions, est un roman graphique de Mana Neyestani, qui retrace les événements qui l'ont obligé à fuir l'Iran et condamné à l'exil.

Né en 1973 à Téhéran, Mana Neyestani est un dessinateur de presse proche du mouvement réformateur. Après l'interdiction de nombreux journaux réformistes au printemps 2000, il se reconvertit dans le dessin pour la jeunesse, et publie régulièrement ses planches dans le supplément jeunesse d'un grand quotidien national.

En 2005, Mahmoud Ahmadinejad est élu Président de la République Islamique d'Iran, le gouvernement se radicalise. A priori hors champ des préoccupations du régime, Mana Neyestani ne se sent pas menacé dans son activité professionnelle.

Mais, en 2006, son destin bascule. Mana Neyestani publie une planche sur la meilleure manière de lutter contre les cafards. Sujet relativement anodin, a priori. À un détail près : Mana Neyestani glisse dans la bouche du cafard un mot couramment utilisé par les Iraniens lorsque, justement, ils ne trouvent pas leurs mots. Mais ce mot vient de la langue azérie, minorité ethnolinguistique la plus importante du pays (25% de la population), qui, après des années d'oppression et d'humiliation du pouvoir central, connaît un regain nationaliste.

Qu'un terme azéri soit placé dans la bouche d'un cafard est considéré comme une profonde humiliation par la communauté azéri. La colère monte, d'abord dans les universités, puis se répand comme une traînée de poudre dans la province d'Azerbaïdjan. Des manifestations gigantesques sont organisées, qui échappent rapidement au contrôle des autorités.


Pour tenter de reprendre la main et calmer les esprits, Mana Nayestani et son rédacteur en chef sont emprisonnés, boucs émissaires désignés à la vindicte populaire comme des agents à la solde d'intérêts étrangers. Le cauchemar atteint son paroxysme lorsque, peu après, les forces de l'ordre ouvrent le feu sur les manifestants, tuant des dizaines de personnes.

 
Mana Neyestani et son compagnon d'infortune resteront deux mois dans les geôles de la prison 209, section non officielle de la prison d'Evin, placée sous l'administration de la VEVAK, les services de renseignement du régime qui fonctionnent comme un ministère autonome. Ils se retrouvent alors aux prises avec un système sourd, absurde, qui cherche à les asservir en les obligeant à devenir des espions. Neyestani joue d'ailleurs avec nos préjugés sur ces espaces de non-droit, en mettant en scène une violence physique qu'il n'a, pour sa part, pas subie.Mana-Neyestani-Une-metamorphose-iranienne-02.jpg

 
La violence à laquelle est soumis Neyestani est d'ordre psychologique. Elle peut prend la forme d'un brusque changement d'itinéraire entre le bureau du procureur et la prison ; ou le placement en détention, sous une fausse identité, avec des manifestants nationalistes azéris.


Mana-Neyestani-Une-metamorphose-iranienne-03.jpg 


Mana Nayestani décrit avec précision le désespoir absolu de ces jours vides, totalement retranchés du monde.


Mana-Neyestani-Une-metamorphose-iranienne-04.jpg
 
Et le cauchemar ne s'arrête pas aux frontières de l'Iran. Lorsque, enfin libérés, mais toujours harcelés par le régime, Mana Neyestani et sa femme choisissent l'exil, ils se heurtent à un autre cauchemar kafkaïen : les politiques migratoires des pays occidentaux. En quête d'un impossible exil, ils fuient par Dubaï, via la Turquie puis sont arrêtés en Chine, où ils tentent d'entrer clandestinement. Jetés en prison, ils sont ensuite extradés vers la Malaisie.



Auteur d'un récit d'une noirceur absolue, Mana Neyestani réussit cependant le tour de force de ne jamais s'abandonner au pathos, et cultive constamment une veine tragi-comique assez jubilatoire. Son dessin, un noir et blanc hachuré, précis, nerveux, porte parfaitement le récit. D'une grande inventivité, il s'autorise toutes les libertés graphiques pour exprimer une idée, une émotion, et rappelle le dessin de presse. On peut aussi penser, en lisant cet album, au travail de Claude Serres ou de Robert Crumb.


Mana-Neyestani-Une-metamorphose-iranienne-05.jpg
Et, bien sûr, la référence à Kafka est omniprésente. Réflexion sur la solitude et le désespoir d'une mise à l'écart, nous assistons également à la résistance d'un citoyen pris dans les rouages d'un système totalitaire qui cherche à l'écraser. Témoignage extrêmement poignant et dénonciation implacable du régime qui sévit aujourd'hui en Iran, Une métamorphose iranienne est un album d'une grande puissance narrative et réflexive, à découvrir d'urgence.


Fabien, A.S. Bib 2011-2012





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20 septembre 2012 4 20 /09 /septembre /2012 07:00

Marc-Antoine-Mathieu-3-secondes-01.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Marc-Antoine MATHIEU
3"
Delcourt, 2011

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

On qualifie parfois les livres d’univers de poche. Il faut reconnaître à 3", l’œuvre de Marc-Antoine Mathieu, le mérite de donner corps à cet abus de langage en emportant le lecteur au-delà de l’espace et du temps, dans les « 3 secondes » nécessaires à « la lumière pour parcourir 900 000 kilomètres », dans le temps « d'un coup de feu, d'une larme, d'un SMS, d'une explosion... ».
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Le minuscule intervalle dans lequel s’inscrit l’histoire n’en constitue pas moins une véritable narration haletante. Menée dans le monde véreux du football, elle entraîne son lecteur dans une enquête où les faux semblants à combattre seront nombreux. Entre les coups de feu et les infimes indices semés tout au long des pages, il appartient à celui qui lit de remonter à la source de l’information pour trancher entre ce qu’il voit et son intuition.

La multiplicité des points de vue adoptés a de quoi perdre le lecteur et l’itinéraire du rayon de lumière que suit le fil du récit est tentant. Toutefois, il faut s’abstenir de se laisser bercer par la confortable habitude d’une narration linéaire. Il s’agit avant tout de réfléchir tout comme la lumière sur les diverses surfaces pour faire émerger la vérité au grand jour.

Mises en place avec une minutie géniale, les cases virevoltent. À l’esprit de retrouver son chemin dans ce dédale graphique qui lui permettra de décrypter le mystère des événements rapportés dans ces 3 secondes.

Mais, dans cette quête, le livre n’est pas la seule aide dont le lecteur dispose. En effet, outre les questions posées énigmatiquement par Marc-Antoine Mathieu sur la page de titre, une version numérique a été mise en place sur le site de l’éditeur. La lumière se met en mouvement et les images s’animent pour un rendu cinématographique. L’ouvrage n’est plus seulement cantonné à son support de papier mais acquiert une dimension nouvelle, plus proche encore de la rapidité de l’action.
Marc-Antoine-Mathieu-3-secondes-03.jpg
3 " apporte véritablement une nouvelle vision de la bande dessinée. L’ambition du projet ne peut être résumée à une pâle copie du cinéma. L’implication forte du lecteur dans l’histoire, la splendeur des images et la complémentarité des versions papier et numérique font de ce livre hybride une ouverture vers un autre monde où le temps et l’espace n’ont que l’importance qu’on leur accorde.


Romain, AS Bibliothèques 2011-2012

 

 

Marc-Antoine MATHIEU sur LITTEXPRESS

 

Marc-Antoine-Mathieu-Dieu-en-personne.jpg

 

 

Article d'Eloi sur Dieu en personne.

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

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19 septembre 2012 3 19 /09 /septembre /2012 07:00

rosa-candida-01.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

Audur Ava Audur Ava ÓLAFSDÓTTIR
Rosa Candida
traduit de l'islandais
par Catherine Eyjólfsson
Points, 2012
Zulma, 2010


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Rosa Candida, publié par les éditions Zulma en 2010, est le premier livre de l’Islandaise Audur Ava Ólafsdóttir. Paru en livre de poche chez Points en 2012, ce livre, consacré par la critique, a reçu de nombreuses distinctions comme le prix Page des libraires…



Il met en scène un jeune homme du nom d’Arnljótur qui décide de quitter le cocon familial et de se rendre à l’étranger, dans un monastère, pour réaliser son rêve, restaurer la plus belle roseraie du monde. Il souhaite également, en réalisant cette tâche, retrouver une certaine paix intérieure, réfléchir plus largement à ce qu’est devenue sa vie au cours des dernières années ainsi que répondre aux questions qui le taraudent.

« De quoi avez-vous envie ? demande-t-elle. C’est la pire question qu’on puisse me poser car elle touche au tréfonds de mon être ; je ne sais pas encore ce que je veux, il me reste tant de choses à expérimenter et à comprendre. »

Il quitte alors son père très protecteur pour qui il demeurera toujours « son petit Lobbi », son frère jumeau et autiste Josef mais aussi sa petite fille qu’il a conçue au cours d’une unique nuit avec Anna, une jeune femme avec laquelle il n’a plus de contact depuis. Le récit commence donc bien sûr par un voyage du héros, plutôt initiatique, car il aura à surmonter le vol en avion, l’appendicite ou encore la rencontre avec la mort qui a fauché un couple sur le bord de la route avant d’arriver à destination : un endroit dont on ne connaît pas énormément de détails.

Au fil des 76 courts chapitres de ce livre et de ses 330 pages, on rencontre donc un personnage assez simple, naturel, aux réactions parfois surprenantes et désarmantes, parfois amusantes. Très spontané, il nous étonne souvent lorsqu’il pleure ou encore se déshabille aux moments les plus inattendus. Et dans cette œuvre, il nous fait part de ses angoisses, de ses questionnements, de ses doutes et de ses obsessions. Et c’est autour de ces dernières qu’est centré le récit.

Premièrement, c’est la mort qui est très importante dans le livre car elle est omniprésente dans la vie du héros. En effet, c’est l’une de ses préoccupations car il y songe de « sept à onze fois par jour ». De plus,elle a emporté sa mère, dont il était très proche puisqu’ils partageaient la même passion pour les fleurs et la même façon de penser. L’autre idée fixe du protagoniste, c’est le corps d’où cette étonnante manie qu’il a de considérer une personne par l’étude de celui-ci. Enfin, il s’intéresse également à la végétation et « pense autant aux plantes qu’au sexe et à la mort ». Les fleurs vont l’accompagner tout au long du roman et en particulier deux boutures de roses, des roses à huit pétales appelées Rosa Candida.

À toutes ses interrogations, c’est aux côtés de frère Thomas et grâce à ses films en toutes langues, ses passages de la Bible et ses liqueurs variées qu’il réussit à trouver des réponses.

L’écriture, limpide et fluide, l’emploi de phrases assez simples et l’humour permettent d’aborder des thèmes comme la mort, la sexualité mais aussi la complexité des rapports humains et des sentiments, le hasard, l’amitié et l’amour…

Ce livre sans prétention traite de la perte d’un être aimé sans développer le côté pathétique, sans appuyer sur la douleur extrême qu’elle provoque. Il montre, tout en douceur, comment les personnages font face à cette épreuve et donc le personnage de la mère est ici puissant. Il est lié à un univers quelque peu magique car elle semble dotée de qualités extraordinaires : « Et à la fin tout se mit à pousser dans le jardin de maman, tout croissait entre ses mains » et parvient à dompter un univers hostile fait de « lave noire », « d’herbe sèche »… Qui plus est, cette figure maternelle  reste au centre de la vie familiale et semble influencer les choix de ses membres par exemple lorsque ceux-ci cherchent à tester une nouvelle recette de cuisine. Elle est le lien qui permet au père et au fils de communiquer plus aisément.

Malgré la mort, persiste une note d’espoir avec la vie et notamment la naissance de l’enfant du héros : Flora Sol. La paternité est  par conséquent un des thèmes phares de cet ouvrage et on perçoit toute sa complexité. Arnljótur voit son rôle de père évoluer au fur à mesure. L’existence de sa fille qui est d’abord pour lui causée par une « conception intempestive », « un accident », change lorsqu’il la rencontre et qu’Anna lui demande de la garder pendant la fin de ses études. Ce petit être, souvent illuminé et rayonnant est une figure centrale car il guérit les maux de son père et lui fait découvrir une autre facette de sa personnalité, réunit ses parents pour une courte période, s’attire l’affection des religieux en quelques secondes et soigne même les maladies du voisinage.

Finalement, Rosa Candida est un livre qui traite de manière assez poétique des sujets divers,qui reflète les obstacles qu’il nous est possible de rencontrer dans notre existence. C’est un miroir de notre société qui nous plonge dans les réflexions d’un jeune homme à qui il reste tant de choses à vivre.
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Jugement personnel

J’ai trouvé qu’il était facile et agréable de se plonger dans ce texte car il est en quelque sorte réaliste et qu’il n’est pas difficile de s’identifier au héros. C’est un ouvrage nous tient aussi en intérêt jusqu’au bout car ce n’est qu’à la fin que nous capprenons la réussite ou l’échec de la vie sentimentale du personnage. Je vous le conseille vivement !


Marie D., première année édition-librairie 2011-2012.

 

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18 septembre 2012 2 18 /09 /septembre /2012 14:00

jeudi 20 septembre

18 heures

 

 

Florian-Zeller-La-Jouissance.gif

 

 

 

 

 

 

 

 

 

pour La Jouissance

éditions Gallimard.

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18 septembre 2012 2 18 /09 /septembre /2012 07:00

Queneau-On-est-toujours-trop-bon-avec-les-femmes.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Raymond QUENEAU
On est toujours trop bon avec les femmes
Gallimard 1947
Folio 1981

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Raymond Queneau (1903-1976) est un romancier, poète et dramaturge français, fondateur de l’Oulipo. Son œuvre témoigne d’une volonté d’expérimenter de façon systématique, à la fois mélancolique et humoristique, les possibilités du langage parlé ou écrit.

Pour plus d’éléments biographiques : http://www.oulipo.net/oulipiens/RQ



Le roman On est toujours trop bon avec les femmes, fut publié pour la première fois en 1947 sous le pseudonyme de Sally Marla. En effet, il fut précisé que le livre était traduit par Michel Presle. Il est suivi en 1950 du Journal Intime de Sally Marla.

C’est pourquoi la version Folio comporte toujours une Note du traducteur où il est précisé que les événements décrivant l’insurrection de Dublin, le lundi de Pâques 1916, ne relatent pas les faits réels.



Quatrième de couverture

 « Le lundi de Pâques 1916, à Dublin, une insurrection nationaliste irlandaise éclate. Sept rebelles prennent possession du bureau de poste de Eden Quay, le vident de ses occupants légaux et soutiennent un siège farouche contre les loyaux soldats de Sa Majesté britannique. Mais une jeune fille, Gertie Girdle, est restée, qui va poser de nombreux problèmes aux assiégés — et notamment celui-ci : parviendront-ils à se conduire correctement avec elle, en vrais gentlemen ? Ce n’est qu’à ce prix qu’ils pourront, après leur mort, être considérés comme des héros véritables. »



Ce roman de Raymond Queneau est à la fois particulier et humoristique. Car bien évidemment, le véritable défi de l’histoire n’est pas la réussite de cette insurrection mais bien le comportement de ces hommes face à cette jolie jeune fille, innocente et pure. Enfin… c’est ce que nous laisse supposer le début du récit.

Au fil d’un texte découpé en maints petits chapitres, le lecteur navigue entre les différents personnages, D’une part, nous avons le récit de nos sept hommes, et d’autre part, celui de Gertie, enfermée dans les toilettes du bureau de poste, se demandant ce qu’il peut bien se passer. Au fur et à mesure que l’histoire avance, on découvre un peu plus la personnalité de chacun. La découverte de Gertrude par Caffrey va bouleverser nos gaillards, car ils vont devoir se comporter correctement avec elle. Et par comportement correct, Raymond Queneau sous-entend qu’il va falloir la respecter.

Le lecteur peut donc s’inquiéter du sort de cette jeune pucelle britannique, si jolie et si prude. En effet, elle se réfère beaucoup à dieu lors de ses monologues aux « lavatories ». Mais par un étrange retournement de situation, il s’avère que ce n’est pas elle la victime en danger mais plutôt eux…

Ils vont vite être entourés de Britanniques et se faire bombarder par un navire de la marine, sous l’ordre du commandant Cartwright, qui n’est autre que le fiancé de notre chère demoiselle.



Les personnages

 Mac Comark, Kelleher, Callinan, Dillon, Gallager, Caffrey, O’Rourke sont nos sept rebelles. On remarque un décalage culturel entre tous ces hommes originaires de divers endroits du pays. Certains proviennent de milieux lettrés (O’Rourke est étudiant en médecine) tandis que d’autres vivent dans des endroits plus reculés, où la population peut sembler arriérée. C’est le cas de Gallager, originaire de Inniskea, petite île irlandaise dont les habitants vivent principalement du pillage des bateaux naufragés et vénèrent une pierre enroulée de dentelle, qui ferait tomber la pluie.

John Mac Comark, le leader de la bande est un homme droit, qui veut défendre son pays, il n’a pas peur de mourir pour lui, pour sa liberté. Pourtant, Gertie le déstabilise et il est difficile pour lui d’avoir les idées claires en sa présence. Le comportement de la jeune femme l’étonne.

O’Rourke, étudiant en médecine, est un peu à l’opposé de ses compatriotes. Très respectueux envers Gertrude, il n’imagine pas un instant qu’elle ait pu être à l’initiative d’actes peu catholiques. À ses yeux, elle est forcément victime de ses geôliers. Un contraste très prononcé se dessine entre le jeune homme et la demoiselle, les rôles semblent s’inverser. En effet, les réactions de O’Rourke, ses déclarations enflammées, dévoilent au lecteur un côté très fleur bleue, que l’on attribue plus souvent aux femmes.

On se rend compte que ce ne sont pas de mauvais hommes, ils peuvent sembler parfois simples ou rustres. Seulement, il leur est difficile de savoir quel comportement adopter avec une demoiselle. Les besoins primaires sont présents et c’est leur assouvissement qui pose problème. Vont-ils pouvoir résister à ses charmes et rester corrects avec cette jeune blondinette ?

Gertie Girdle, de son vrai prénom Gertrude, est une jeune Britannique travaillant au bureau de poste de Eden Quay. Avant-gardiste, elle porte les derniers vêtements (et sous-vêtements) à la mode, ce qui va être un atout particulier pour elle face à ses geôliers. Fiancée au commandant Cartwright, elle reste tout de même persuadée que beaucoup d’hommes sont amoureux d’elle. Blonde, avec de grands yeux bleus, nous lui donnerions « le bon dieu sans confession ». Pourtant, on découvre au fil des pages, un aspect de la jeune fille plutôt étonnant. C’est là que réside toute l’ingéniosité du roman car il est difficile de deviner ce qui l’attend à la fin du livre.



L’écriture

Par certains aspects, cet ouvrage semble annoncer les travaux de l’Oulipo*, qui verra le jour une dizaine d'années plus tard. En effet, beaucoup de mots originaires de la langue anglaise sont présents dans le texte. Mais Raymond Queneau s’est amusé à les rédiger de manière phonétique. Ainsi, WC devient vécés ou lavatories ; whiskey se transforme en ouisqui. Cela donne une volonté de rester de ménager une distance avec la langue anglaise même si le thème du récit est un événement historique de l’Irlande.

Le langage utilisé par les rebelles est cru, familier. Ce qui renforce l’image que nous pouvons avoir d’eux, des brutes, des hommes virils, qui n’ont peur de rien et qui contraste avec celle qu'offre la jeune Britannique, polie. C’est peut-être volontaire de la part de Queneau pour marquer cette différence entre les Irlandais et les Britanniques et jouer avec les stéréotypes.

 

Ainsi, On est toujours trop bon avec les femmes est un livre drôle, qu’il faut prendre au seconde degré. Parfois déroutant quant au comportement des personnages, il nous relate les événements qui ont eu, véritablement ou non, lieu ce lundi de Pâques 1916, et nous découvrons ce qui a pu pousser ces hommes à cette insurrection.

Un livre sympathique, qui se lit très rapidement et dont on prend plaisir à découvrir le dénouement.


Hélène, 2e année éd-lib.

 

 

* L’Oulipo (Ouvroir de littérature potentielle) est un groupe d’écrivains fondé par François Le Lionnais, mathématicien et Raymond Queneau en 1960. C’est un atelier de littérature expérimentale qui a eu pour membres importants Italo Calvino, Georges Perec ou encore Jacques Roubaud. Son travail est fondé sur l’utilisation de contraintes formelles afin d’encourager la création littéraire.

 

 


Raymond QUENEAU sur LITTEXPRESS

queneau.jpg





Article de Joséphine sur En passant.

 

 

 

 

Raymond Queneau Le Vol d Icare

 

 

 

 

 

 Article d'Agathe sur Le vol d'Icare.

 

 

 

 

 


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17 septembre 2012 1 17 /09 /septembre /2012 07:00

pour son livre Cinq ciels
éditions Gallmeister
Ron-Carlson-Cinq-ciels.gif
vendredi 21 septembre
18h30

 

 

« Au cœur de l’Idaho et des montagne Rocheuses, trois hommes se trouvent réunis pour réaliser une étrange construction au-dessus d’un canyon. Chacun est muré dans son propre isolement et tente de fuir son passé. Il y a d’abord Arthur Key, colosse taciturne qui a subitement quitté Los Angeles, puis le jeune et indolent Ronnie Panelli, petit voleur à la tire. Tous deux ont été embauchés à la hâte par Darwin Gallegos, lui-même en colère contre Dieu et les hommes après le décès accidentel de sa femme. Sur le site grandiose de ce chantier suspendu entre ciel et terre, une amitié profonde va se tisser entre les trois hommes qui se libèrent peu à peu de leurs obsessions, tandis qu’une ombre funeste plane sur le projet.

À travers une prose lyrique et envoûtante, Ron Carlson impose avec Cinq ciels son incroyable talent à mettre en scène des destins brisés dans des décors éblouissants.

Ron Carlson est né en 1947, en Utah. Il est l’auteur de plusieurs recueils de nouvelles et de quatre romans qui ont reçu de nombreuses distinctions aux États-Unis. Il enseigne la littérature à l’université de Californie, à Irvine, et vit à Huntington Beach. » (Présentation éditeur)

 

Les éditions Gallmeister ont déjà publié en 2011 son roman Le Signal, paru en 2009 aux U.S.A.

Rencontre animée par Bernard Daguerre, avec la participation d’Oliver Gallmeister.

 

 

La Machine à lire

8, place du Parlement

33000 Bordeaux

tram : ligne C

Station Bourse


 

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16 septembre 2012 7 16 /09 /septembre /2012 07:00

Mardi 18 Septembre 2012
 à 18h00

Marie-Helene-Lafon-Album.gifMarie-Helene-Lafon-Les-pays.gif

 

 

 

 

pour Les pays et Album,

éditions Buchet-Chastel




 

 

 

 

 

 

 

Bibliographie


    Le soir du chien, Buchet Chastel, 2001
    Liturgie, Buchet Chastel, 2002
    Sur la photo, Buchet Chastel, 2003
    Mo, Buchet Chastel, 2005
    Organes, Buchet Chastel 2006
    La maison Santoire, Le bleu autour, 2007
    Les derniers indiens, Buchet Chastel, 2008
    L'annonce, Buchet Chastel, 2009 (prix Page des libraires)



Livres photographiques. Rédaction des textes de

    Ma créature is wonderful de Bernard Molins, Filigranes éditions, 2004
    Cantal de Pierre Soissons, Quelque part sur terre, 2005
    L’air du temps de Béatrice Ropers, Husson, 2007


Autoportrait de l'auteur sur le site Écrivains d’aujourd’hui

 

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15 septembre 2012 6 15 /09 /septembre /2012 07:00

Cendrars-Histoires-vraies.gif


 

 

 

 

 

 

 

 

 

Blaise CENDRARS
Histoires vraies
Grasset, 1937
Rééd. Denoël, 2003


 

 

 

 

 

 

 

 

L’auteur

http://www.poesie.net/cendrs2.htm


Le recueil

Publié chez Grasset en 1937, le recueil Histoires vraies est composé de sept nouvelles. Cendrars nous entraîne avec lui dans ses souvenirs d’aventures rocambolesques à travers le globe via cette œuvre qui est à la fois une ode au voyage, une invitation à la découverte et un tour du monde gratuit.

Ce recueil a été composé par l’auteur, ses nouvelles n’ont pas beaucoup de points communs les unes avec les autres si ce n’est le narrateur (toujours Cendrars qui nous raconte ses voyages, fictifs ou non), et le fait qu’elles soient certainement toutes contemporaines de leur situation d’écriture.



« T.P.M.T.R. » : une histoire de marins un peu rustres à bord d’un bateau de plaisance, et de leur ligue qui promet le retour au pays natal du corps d’un copain mort à bord… la T.P.M.T.R.

« L’égoutier de Londres » : où Cendrars raconte sa drôle de guerre. En faction dans un camp où rien ne se passait, il se retrouve en cohabitation forcée sous sa tente avec un étrange personnage, un Anglais agonisant qui lui raconte sa découverte.

« Le cercle du diamant » : en plein voyage au Brésil, l’auteur peint avec subtilité et énergie le monde des chercheurs de diamants, les bagarres de bars, les tueries… mais également les histoires d’amours et de trésors cachés !

« Le Saint inconnu » : Santiago, Chili. Cendrars s’improvise hagiographe en racontant la vie d’un Saint, né métis et handicapé dans une famille pauvre et qui finira adulé par un pays entier pour son don de guérison.

 « Au Bidon de sang » : préfacée et traduite par Cendrars, cette nouvelle d’Al Jennings est une pure histoire de bars, de cow boys, de hors la loi, de western comme on les aime !

« L’Actualité de demain » : réécriture d’un article sur la révolution au Brésil, suivie d’un entretien entre Cendrars et un léniniste sur l’actualité idéologique et politique du monde, déjà bien controversée à cette époque. Entre citations d’auteurs tels que Comte ou Guzman (on a droit a un extrait de L’aigle et le serpent, livre que Cendrars aurait préfacé) et réflexions sur ces « jeunes gens qui s’ennuient dans la vie », l’auteur fait à nouveau montre de son admiration profonde pour l’Amérique du Sud, sa culture et ses mouvements.

« En transatlantique dans la forêt vierge » : en véritable Petit Routard, Cendrars nous livre en une nouvelle un récit, un guide de voyage pour une croisière en Amazonie : points de départ, quel cargo emprunter, par où arriver… Le lecteur a même droit à une description chiffrée du Brésil et de l’Amazonie. Oiseaux, végétation, descriptions des virages et directions à prendre en bateau… Une liste exhaustive de données à prendre en compte pour effectuer une virée amazonienne, à la Cendrars, c'est-à-dire mêlée à une histoire rocambolesque et improbable !

« La sensation subite d’être plongé dans un univers inconnu est une sensation grandiose, au-delà de toute expression, et probablement aussi c’est la sensation la plus forte, la plus inquiétante qui puisse troubler un homme civilisé. »



Les thèmes

Le côté indéniablement autobiographique de ce recueil (Cendrars préface sa traduction d’une nouvelle d’Al Jennings en décrivant leur rencontre) laisse cependant une interrogation au lecteur : autobiographie réelle ou fictive ? Certaines rencontres et destinations de Cendrars sont connues et authentifiées, mais comme nous le savons cet homme a écrit sur des contrées qu’il ne connaissait pas.

Cendrars nous parle de la mer. Ayant navigué sur différents cargos et bateaux, il emploie un vocabulaire de marin et connaît bien le fonctionnement d’un bateau et de sa hiérarchie. Son récit de voyage sur mer est criant de réalité, il est très complet et prenant.

Le thème associé par les marins à la mer, dans la première nouvelle notamment, est la mort. Cet épisode dans lequel le boulanger du cargo meurt et ses amis se battent pour ne pas jeter son corps à la mer mais le ramener chez lui comme il le voulait témoigne d’une solidarité même dans la mort, d’une amitié forte. Nous pourrions le lier, en une référence très anachronique mais amusante, à Georges Brassens et ses « Copains d’abord » : « quand l’un d’entre eux manquait à bord, c’est qu’il était mort, oui mais jamais au grand jamais, son trou dans l’eau n’se refermait, cent ans après coquin de sort, il manquait encore… ».

Un thème prédominant dans toutes les nouvelles est la religion, la majorité des histoires de ce recueil se situent dans les années 20 à 30. Or, Cendrars nous plonge dans une époque où la désacralisation du religieux n’est pas encore de mise. La Seconde Guerre mondiale n’est pas encore là, et même si l’Europe et tout particulièrement sa foi a été affaiblie par la drôle de guerre, le religieux compte encore dans la vie de beaucoup de gens, est encore ancré dans les mentalités. C’est dans la quatrième nouvelle que Cendrars s’improvise hagiographe et raconte la vie d’un saint chilien, désacralisant paradoxalement le rôle des docteurs et des théologiens du Tribunal Sacré (« Mon rôle n’est pas de dresser la liste des innombrables miracles attribués au sacristain de la cathédrale de Santiago, puisque cette liste sera publiée en son temps par la commission compétente de la curie romaine, après enquête contradictoire, critique des faits, audition des témoins… »).

La vie de Cendrars est fondée sur le voyage, il n’est donc pas étonnant qu’il en fasse l’apologie. Il balade son lecteur dans le monde entier, et connaît beaucoup de régions du monde (ou les invente). En partageant son coup de cœur pour l’Amérique du Sud, il ouvre le regard d’un lecteur peu friand de littérature sud-américaine sur ce continent à découvrir, même par les yeux d’un Européen, avec tout ce que la description faite aura de merveilleux et de rocambolesque.

De plus, Cendrars évoque fortement le concept même de départ, déjà illustré par les grands voyageurs de la littérature tels que Ulysse ou Don Quichotte. Les nombreuses descriptions des pays latino-américain (le Chili, le Brésil) transmettent cette ambiance, propre à ces régions, et l’auteur écrit avec un tel enthousiasme que le lecteur ne pourra rester de marbre.



Une ouverture aux autres cultures, à peine crédible pour l’époque, qui ne pouvait intéresser que les bourlingueurs comme Blaise Cendrars : « La plus belle des croisières est certainement celle qui vous dépayse le plus ».

 « Le XXème siècle sera le siècle de l’Amérique latine. C’est pourquoi l’Europe, et tout particulièrement la France et les pays méditerranéens ont tort de se désintéresser complètement des révolutions politiques, économiques, morales, sentimentales, religieuses, du Sud et du Centre Amérique. C’est dans ces régions, aujourd’hui encore aux trois quarts vierges, que vont se jouer leurs prochaines destinées. »


Juliette, 1ère année éd-lib. 2011-2012

 

 

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Published by Juliette - dans Nouvelle
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