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14 septembre 2012 5 14 /09 /septembre /2012 07:00


 Quelles questions les traductions et les différentes éditions posent-elles sur la nature de l’œuvre et son auteur ?


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« Une question insoluble » : la nationalité de l’œuvre

Une question insoluble : à qui, à quel corpus ou à quelle littérature cette œuvre, écrite pour moitié en tchèque et pour moitié en français, et cet auteur, qui a vécu la moitié de sa vie en Tchécoslovaquie et l’autre moitié en France, appartiennent-ils ?



Une œuvre tchèque ?

Kundera est né en Tchécoslovaquie où il a commencé à écrire et où sont nés ses huit premiers livres. On ne peut donc pas nier l’importance et l’influence de ce pays à l’Histoire si particulière. Le contexte politique fort a forcément touché Milan Kundera qui n’a pu ignorer dans ses romans  la situation d’après la Seconde Guerre mondiale avec la révolution communiste de 1948, le printemps de Prague soldé par l’invasion russe de 1968. De même, il ne faut pas minorer l’histoire culturelle du pays. François Ricard fait état d’un « climat d’effervescence et de créativité » dans l’entre deux-guerres puis après la guerre. Sa vision du monde mais aussi du roman porte la marque consciente ou non de ce pays. Il ne paraît donc pas faux d’affirmer que, par-là, Kundera est tchèque et que la littérature et la culture tchèques du XXe siècle se trouvent dans son œuvre comme le dit François Ricard dans la préface à l’édition de La Pléiade.



Une œuvre qui devient française ?

Kundera a d’abord vécu en Tchécoslovaquie jusqu’en 1975 où il arrive en France. Il y écrit alors toujours en tchèque sans pouvoir être édité dans cette langue.

Son départ pour le France est loin d’être la volonté pure de l’auteur. François Ricard parle d’un « déracinement brusque et progressif » ; en effet, un peu avant l’entrée des chars russes à Prague, Kundera est interdit de publication dans son pays. Pendant un vingtaine d’années, l’œuvre de Kundera « n’existe plus » en Tchécoslovaquie, « autant dire une éternité » comme l’écrit François Ricard.

Le renoncement au tchèque va donc d’abord être dû à l’actualité politique. « Le tchèque lui a été enlevé par l’Histoire ». D’où le fait que le tchèque cède peu à peu la place au français. Depuis les années 70, le français est la langue de la plupart des premières éditions de ses livres et les traductions françaises de ses œuvres tchèques sont revues et corrigés par lui. Il veut qu’elles « soient tenues pour aussi authentiques, aussi originales, en quelque sorte, que les originaux eux-mêmes ». Enfin, dès les années 1980 pour les essais et 90 pour les romans, le français devient l’unique langue d’écriture. De ce point de vue, on peut donc effectivement considérer Kundera comme un auteur français.

Mais l’œuvre n’appartient pas vraiment à l’Histoire et à la littérature françaises ; on ressent très peu voire pas du tout pour certains, l’influence du contexte sociologique, politique ou culturel dans les livres de Milan Kundera.

« Par rapport à la production littéraire française qui lui est contemporaine ou immédiatement antérieure, l’œuvre de Kundera, en effet, a quelque chose d’inexplicable, de complètement « étranger » », écrit François Ricard.

N’est-il donc pas réducteur de considérer Kundera comme un auteur tchèque ou français ? Est-il pertinent de considérer son œuvre sous l’angle de la nationalité ?

Kundera a été édité à partir de 1979 à Toronto dans une petite maison d’édition, 68 Publishers ; pour autant personne n’a dit ou écrit que cet auteur était canadien. La nationalité de la maison d’édition n’est-elle prise en compte que si l’œuvre connaît un grand succès ?



Un auteur universel ?

Lorsque Kundera quitte la Tchécoslovaquie pour la France, François Ricard parle d’un certain besoin de l’écrivain de dépasser les frontières, de trouver son espace, « de refuser les limites – et le confort – de son milieu national ou linguistique particulier – de son « petit contexte », comme dira l’auteur du Rideau ». L’œuvre de Kundera s’inscrirait donc dans un « espace transnational, translinguistique et transhistorique ».

L’influence du contexte socio-culturel tchèque n’est donc pas à négliger, comme nous venons de le voir, mais celui-ci est lui-même influencé par un mouvement européen. Le dynamisme artistique de l’entre deux-guerres est aussi dû à des artistes « férus de modernité et de cosmopolitisme et passionnément attachés à l’ « occidentalité » de leur pays, c’est-à-dire à son appartenance européenne et, par là, à sa vocation universelle ».

L’Europe comme berceau de l’œuvre de Kundera est une idée plaisante mais que l’auteur écarte plus ou moins quand il ne revendique qu’un seul titre, celui de « romancier ».



Finalement, François Ricard écrit que pour Kundera, son édition de la Pléiade confirme l’importance que l’auteur accorde à « l’existence française de son Œuvre », car c’est la publication d’une édition de référence qui serait acceptée. Cette notion d’« existence » pourrait être un bon qualificatif pour l’œuvre de Kundera, à condition que l’on accepte qu’une œuvre puisse avoir des existences multiples.



Une œuvre sans cesse remise en question et retravaillé par l’auteur lui-même

Le retour de Kundera sur son œuvre :
L’exemple de La Plaisanterie, une première « republication »

En 91, après la fin de l’occupation russe en Tchécoslovaquie, La Plaisanterie  est rééditée en Tchécoslovaquie. Pour renouer le contact avec ses lecteurs qui l’avaient « oublié » pendant vingt années, Kundera y ajoute une longue « Note de l’auteur ».

Dans cette note, Kundera précise quels écrits il ne veut plus republier : « ce qui est immature » (sa poésie, sa monographie sur Vladislav Vancura ou encore sa pièce Les Propriétaires des clés) et en second lieu, « ce qui n’est pas réussi » (sa pièce de 1966, Ptakovina, qu’il aime mais juge intraduisible, et trois nouvelles éliminées de Risibles amours), enfin « ce qui est seulement de circonstance » (« tous ses articles à l’exception de ceux qu’il a repris dans ses quatre livres d’essais ; il y a pourtant des textes connus – et applaudis – comme « Un Occident kidnappé ou la Tragédie de l’Europe centrale »). Milan Kundera restera intraitable sur ce point : il n’y aura pas de nouvelles publications de ces textes qu’il ne juge même plus comme partie intégrante de son œuvre.



La Pléiade : l’œuvre  de Kundera, une œuvre aboutie ?

Finalement, dans la Pléiade, ce ne sont pas les œuvres complètes de Kundera mais son Œuvre complète, au singulier, que l’on peut retrouver. L’œuvre qu’il a choisi de construire et de présenter au public. La mention « édition définitive » sur la couverture nous laisse penser que Kundera nous livre ici l’aboutissement de ses années d’écriture.

Le premier volume rassemble, dans l’ordre chronologique, son recueil de nouvelles et ses cinq premiers romans publiés entre 1967 et 2003. Dans le second sont rassemblés ses quatre derniers romans, sa pièce de théâtre et ses quatre derniers essais édités entre 1986 et 2009.



Cependant, Kundera a toujours défendu l’idée que la maturité d’un écrivain consiste aussi en sa capacité à revenir sur ses anciens écrits, à corriger et même à « renier » certains d’entre eux. En effet, Kundera est un auteur adepte de la correction et du retour critique sur ses œuvres. Même après sa publication, il considère que chaque roman est perfectible. François Ricard, dans sa préface, explique que l’auteur fait souvent des retouches concernant le vocabulaire, la syntaxe, mais aussi la ponctuation et parfois la suppression d’une phrase ou d’un paragraphe. Les ajouts sont rares. Le but de ces corrections serait pour l’écrivain de rendre l’œuvre « exacte ». On ne peut pas réellement parler de réécritures puisque les corrections n’affectent ni le contenu ni la signification, ni même le style des textes.

Mais la publication de la Pléiade se veut aussi définitive que possible : Kundera ne pourra pas revenir sur la table des matières ni sur la disposition des chapitres et paragraphes.

Pour les huit livres d’abord écrits en tchèque, c’est la traduction des éditions Gallimard que Kundera a révisée et qu’il tient pour tout aussi « authentique » que leurs versions originales, sinon davantage comme il le dit parfois. Ce sont donc les réimpressions les plus récentes qui sont ici rassemblées sauf pour Une Rencontre (collection « Blanche » 2009),  Jacques et son maître (Folio, 2008), Les Testaments trahis (2009) et Le Rideau (2006)] mais relues et parfois amendées par l’auteur lui-même en vue de cette édition de la Pléiade.



À propos des variantes :

« La volonté esthétique se manifeste aussi bien par ce que l’auteur a écrit que par ce qu’il a supprimé ».

 « Publier ce que l’auteur a supprimé est donc le même acte de viol que censurer ce qu’il a décidé de garder », Les Testaments trahis.



Pas d’apparat critique, pas de relevé de variantes, pas de notes explicatives parce que cette édition n’est pas destinée aux spécialistes mais aux simples lecteurs et parce que c’est la volonté de l’auteur.



À propos des notes et du paratexte :

Pour Kundera, tout ce qui doit éclairer l’œuvre est dans l’œuvre elle-même : il a un réel souci de précision dans son texte. C’est pourquoi il interdit explicitement toute édition « annotée » de ses livres.

L’auteur a aussi refusé une biographie ou même une chronologie de sa vie par pudeur mais aussi par hostilité « envers des biographies réductrices et inexactes ».

À la fin de chaque œuvre, dans La Pléiade, on peut trouver une « biographie de l’œuvre » : cela traduit l’idée que les livres ont chacun une histoire et un destin.

Ces trajectoires d’œuvres ont un triple but : relater les circonstances (historiques, littéraires ou même personnelles) de la naissance du livre à sa fixation définitive dans la Pléiade, « éclairer la signification du livre dans l’évolution de son esthétique romanesque et le situer dans l’ensemble de son Œuvre », mais aussi retracer l’Histoire éditoriale des ouvrages avec ses traductions, ses critiques, les débats et les influences.



Conclusion

La Pléiade ne permet pas de répondre à la question de la nationalité de l’œuvre ni de prétendre, à mon avis, qu’il s’agit de l’œuvre définitive de Kundera. Il paraît un peu aberrant de dire : « voilà, c’est l’œuvre française de Kundera ». Cet auteur a toujours eu une œuvre en mouvance avec son lot de suppressions, de reniements et d’ajouts. La Pléiade ne semble être que l’œuvre de Kundera aujourd’hui. La richesse de l’histoire éditoriale de l’auteur mais aussi de ses œuvres montre l’évolution et la reconnaissance de Kundera mais aussi son intransigeance et sa conception précise de ce qu’est une œuvre. À ce titre, ces deux ouvrages de la Pléiade ont une saveur particulière mais sera-t-elle durable ?


Émilie, 2ème année Éd.-Lib 2011-2012

 

 

Milan KUNDERA sur LITTEXPRESS

 

  Milan Kundera Risibles amours

 

 

 

 

Articles d'E. Maréchal et  de Leslie sur Risibles amours.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Kundera La Plaisanterie

 

 

 

 

 

Article d'Élodie sur La Plaisanterie.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Kundera La vie est ailleurs

 

 

 

 

 

 Article de Marie sur La Vie est ailleurs

 

 

 

 

 

 

 

 

Milan Kundera La valse aux adoeux

 

 

Article de Roxane sur La Valse aux adieux

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Milan Kundera Jacques et son maître

 

 

 

 Article d'Alicia sur Jacques et son maître

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  Milan Kundera L'insoutenable légèreté de l'être

 

 

 

Articles de Mado et d'Aloïs sur L'Insoutenable légèreté de l'être.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Milan Kundera La Lenteur

 

 

 

 

Article de Margaux sur La Lenteur.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Milan Kundera L'Ignorance

 

 

 

 

 Article d'Anne-Laure sur L'Ignorance.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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13 septembre 2012 4 13 /09 /septembre /2012 07:00

Milan Kundera Risibles amours

 

 

 

 

 

 

 

Milan KUNDERA
Risibles Amours
Titre original
« Smesne Lasky », 1968
Première publication en France
Traduction François Kérel
Gallimard, 1970
édition revue en 1986 par l’auteur
Folio, 1994


 

 

 

 

 

 

 

 

 

Difficile pour un auteur d’échapper à son histoire qui détermine son écriture et les thématiques abordées dans ses œuvres. Alors que Risibles Amours s’intéresse comme le titre l’indique avant tout à l’expérimentation du sentiment amoureux ou de ce qui y est apparenté, Kundera rend nécessaire le rappel de son vécu. L’auteur est né en Tchécoslovaquie en 1929. En premier lieu fidèle au parti communiste qu’il a intégré, il suivra néanmoins la vague d’émancipation des écrivains et intellectuels tchèques cherchant à échapper à la ligne politique des dirigeants du Parti pendant la seconde moitié des années 1960. C’est dans ce contexte que s’inscrit l’écriture de Risibles Amours, alors qu’approche ce qui sera le Printemps de Prague en 1968, date de publication du recueil. On y retrouve dès lors des problématiques s’inscrivant dans cette période comme celles de la liberté, de l’affirmation identitaire et une nette envie de sortir du chemin préétabli à la recherche d’une aventure, même minime.

En premier lieu, le recueil s’intéresse à l’essence de ce qui constitue une relation amoureuse. Kundera focalise dès lors sur la femme, l’homme et l’amour lui-même. Concernant la femme, il la présente avant tout comme un objet de convoitise. Objet est par ailleurs bien le mot tant la femme est instrumentalisée par les protagonistes masculins à quelques exceptions près. Elle est une forme d’ornement dont on est accompagné uniquement pour le paraître. Une marchandise que l’on exige de voir et de jauger avant d’imaginer une quelconque relation. Hiérarchisée à l’aide d’un classement fondé sur la beauté. Jeune surtout, car la femme doit pour ces hommes incarner la pureté, la candeur et l’innocence et jamais la liberté et l’indépendance. Au contraire, ces femmes-là dérangent, ces femmes qui choisissent ce qu’elles veulent faire de leur corps, qui se l’approprient. Kundera dépeint clairement cette volonté de l’homme de garder une emprise totale sur la femme.

L’homme, de son côté, est présenté comme orgueilleux et arrogant. L’homme est imbu de lui-même, de ses qualités intellectuelles. L’homme est intelligent, la femme est belle, ainsi est-ce ce que désirent les hommes de Kundera. L’homme est également sûr de ses qualités physiques, se croyant irrésistible. L’homme chasse et se sent fier de sa carrière érotique, succession de palmarès sans plus de saveur. Difficile dès lors d’imaginer un amour possible entre ces deux êtres quand un principe de domination semble être l’essence même de leurs rapports.

Ainsi Kundera présente-t-il une version du sentiment amoureux entièrement désillusionnée. L’amour n’est jamais véritablement sincère. L’amour n’est rien d’autre qu’une conquête, fondée sur une stratégie demandant un repérage, un abordage... L’amour est victime de la jalousie qui n’a de cesse de le salir, de le pervertir. Pourtant la femme est amoureuse, dans une attitude de don absolu. L’homme l’est également, amoureux de sa femme qu’il trompe outrageusement mais sincèrement amoureux. Kundera montre tout au long du recueil ce paradoxe constant de l’amour qui n’est qu’illogique. Mais il le montre également comme force de vie, d’existence. L’amour est celui que l’on interdit, que l’on s’interdit trop pris au jeu des masques dissimiuant son être, jamais fidèle à son identité que chaque personnage construit, modèle selon les nécessités. Alors ne jamais assouvir un amour devient le seul moyen pour ces personnages de le garder en vie, car lorsqu’on l’obtient, le rêve meurt avec cette envie enfin satisfaite et qui vient se mêler aux exigences du mensonge sur soi-même.

L’œuvre de Kundera, au-delà de son traitement cynique et teinté d’humour de l’amour, s’intéresse à un certain nombre de thèmes que l’on sent avoir une grande importance pour l’auteur. Tout d’abord, Risibles Amours s’inscrit dans un contexte historique et politique qui ressurgit clairement à la lecture de l’ouvrage. Le premier des thèmes émergeant est alors le communisme et la domination soviétique d’alors. Cette présence est exprimée de manière sous-jacente à l’aide de simples mots glissés rappelant une atmosphère réglementée parsemée de « camarades ». Le régime est régulièrement rappelé de manière anodine, à partir de détails indirects. On sent également une aversion pour la Russie à l’approche du Printemps de Prague avec de petites phrases assassines : « La vodka, ça pue l’âme russe ». Tout devient prétexte à s’affirmer pour échapper à cette domination presque coloniale et à cette emprise sur l’esprit. Ainsi, croire en Dieu devient également utilitaire, un moyen de rejet du régime.

De ce désir d’émancipation émerge naturellement la thématique de la liberté exprimée à plusieurs reprises par Kundera dans son recueil. Il met en œuvre une recherche constante de l’aventure, d’un petit quelque chose qui permettra de sortir de l’étau, de la voie tracée de l’uniformisation. Chaque fenêtre dans l’œuvre est symboliquement associée à une idée d’évasion. Les personnages des différentes nouvelles ont en commun d’être obnubilés par la recherche d’un moyen de laisser agir leur libre-arbitre, ce qui rappelle nettement le contexte de la Tchécoslovaquie en plein période de libéralisation.

Enfin, un dernier thème cher à Kundera est sans cesse évoqué comme une trame de fond, à savoir l’éternelle poursuite de la jeunesse. Pour les personnages, on sent que chaque instant est précieux, qu’ils sentent tous la vieillesse approcher ou les submerger, ce qu’ils cherchent à fuir par tous les moyens. La quête constante d’une jeunesse perdue passe alors par la conquête de jeunes filles afin de renouer avec l’enfance, le passé afin de le vivre à nouveau. Ils cherchent ce dernier vestige de la jeunesse en eux par le biais de l’insouciance, ce qui les conduit à des parcours amoureux chaotiques car la vieillesse c’est la stabilité tandis que la jeunesse ne pense pas à plus tard. Tout doit être dans l’immédiateté, sans réflexion, sans retour. Or ce désir d’éternelle jeunesse après laquelle ils courent tous n’est bien sûr jamais assouvi. On ne refait rien, on ne rattrape rien. Cela n’a d’ailleurs aucun sens d’essayer, de s’y épuiser en perdant le temps présent et à venir. La jeunesse de ce que l’on a été ne vit que dans la mémoire. L’unique moyen de la préserver est donc le souvenir, sur lequel il ne faut pas s’attarder.

Risibles Amours joue sans cesse avec un double sens déjà présent dans le titre lui-même. Ces amours sont risibles car les situations sont absurdes et comiques mais également parce que ces amours n’en sont pas et sont au contraire risibles, ridicules, dérisoires. Il est difficile au final de savoir après lecture ce qu’est l’amour ou ce qu’il doit être chez Kundera : un jeu permanent, une insouciance pour mieux se sentir vivre ? On peut également choisir de retenir qu’il n’est jamais acquis, qu’il faut chaque jour reconquérir l’être aimé et ce sans se laisser piéger par cette comédie incessante que la vie nous amène parfois à jouer. Il s’agit donc d’éviter ce piège, de rester maître de son existence, ce qui implique aussi d’accepter qui l’on est et devient, sans jeter de regard vain en arrière.


Leslie, AS bib 2011-2012

 

 

Milan KUNDERA sur LITTEXPRESS

 

  Milan Kundera Risibles amours

 

 

 

 

Article d'E. Maréchal sur Risibles amours.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Kundera La Plaisanterie

 

 

 

 

 

Article d'Élodie sur La Plaisanterie.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Kundera La vie est ailleurs

 

 

 

 

 

 Article de Marie sur La Vie est ailleurs

 

 

 

 

 

 

 

 

Milan Kundera La valse aux adoeux

 

 

Article de Roxane sur La Valse aux adieux

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Milan Kundera Jacques et son maître

 

 

 

 Article d'Alicia sur Jacques et son maître

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  Milan Kundera L'insoutenable légèreté de l'être

 

 

 

Articles de Mado et d'Aloïs sur L'Insoutenable légèreté de l'être.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Milan Kundera La Lenteur

 

 

 

 

Article de Margaux sur La Lenteur.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Milan Kundera L'Ignorance

 

 

 

 

 Article d'Anne-Laure sur L'Ignorance.

 

 

 

 

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12 septembre 2012 3 12 /09 /septembre /2012 07:00

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JI' AN
Niumao

traduction

Ghislaine Yang

éditions Xiao Pan

t1 paru en 2006

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Publié par l'éditeur franco-chinois Xiao Pan en 2006, cet album est l'œuvre du studio Ji’ An, du nom de son fondateur, l’auteur Xia Ji An, scénariste dessinateur de manhua (bandes dessinées chinoises). Il a un style bien particulier et aborde des thèmes différents comme l'aventure, l'humour ou bien les contes traditionnels. Le titre : « Niumao » signifie chat-vache ; en effet, en chinois, « mao » veut dire chat et « niu » vache.
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« Gare au chat chinois ! »   

Voici donc, l'histoire d'un chat au pelage blanc tacheté de noir nommé Niumao.

Un jeune couple achète ce chaton. Mais ses maîtres s’aperçoivent rapidement que le nouveau venu prend « trop de place » et pour cause, il mange énormément et fait beaucoup de bêtises. Ils décident donc de le confier à une amie : Zuo Daodao. Elle l'accueille chez elle, il prend sa place de « bon gros matou » au sein de l'appartement. En bref, c'est un chat propre et sage, ou presque... Il dort, mais quand il s'agit de s'agiter, il détruit tout sur son passage...

C'est donc un personnage au caractère explosif mais attendrissant. Avis aux amateurs de chats !

Cettebande dessinée reprend des situations que tout propriétaire de chat a vécues. En effet, on pourrait s'attendre à l'histoire d'un chat chinois, typiquement asiatique, mais non, ce chat agit à la manière d'un chat occidental.

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Un livre pour les petits et les grands

Offrant un résultat qui fait plaisir à feuilleter pour la beauté générale de ses planches, cette bande dessinée vise, par son traitement des histoires présentées, un public plutôt jeune qu'adulte. Toutefois, les amoureux des chats ne seront pas insensibles à son humour.

L’album est plein d’attentions pour les lecteurs : à la fin du premier tome, « Gare au chat chinois ! », on peut en savoir plus sur Niumao. On y découvre des photos de l’animal qui a inspiré l'histoire, l’identité de la véritable propriétaire. On y apprend beaucoup de choses comme :

 

Son surnom : « Va t'faire voir. »
Son jouet préféré : un petit rhinocéros en flanelle
Sa couleur préférée : la couleur du soleil

 

Sans oublier :

 

Sa nourriture favorite : les plats cuisinés en sachet de Whiskas et les lamelles de poulet séché
Ce qu'il aime faire en priorité : semer la pagaille !

 

Enfin dans une postface illustrée, on trouve l’interview du chat, sa propriétaire et l'équipe du studio Ji An qui nous raconte toutes les péripéties vécues avec le chat pour réaliser cette bande dessinée.
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Point de vue personnel

C'est une bande dessinée que j'ai découverte lors du festival de la BD à Angoulême où j'ai pu avoir une dédicace de Ji An. C'est un album agréable à lire. Les illustrations sont douces et s'accordent très bien avec l'histoire.  Ces aventures palpitantes seront idéales pour les amoureux de chats et se déclinent sur plusieurs tomes.


Pauline, 1ère année bib.-méd. 2011-2012

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Tome 2 : Le chat chinois fait des siennes









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Tome 3 : Le chat chinois tombe amoureux

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sur la disparition des éditions Xiaopan, lire  ici l'article des éditions Kotoji.

 

 

 


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11 septembre 2012 2 11 /09 /septembre /2012 07:00

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Installé à Bordeaux depuis mars 2011 le collectif des  Requins Marteaux (éditeur de bande dessinée, producteur de cinéma, organisateur d’expositions) nous propose une belle salve de nouveautés et de rééditions. En 2009, à Angoulême, ils obtenaient le prix du meilleur album pour le magnifique Pinocchio de Winshluss. Pour fêter la réédition de cet album et de Super Negra, du même auteur, initialement paru en 2002, ils organisent une « winsh’party » au  Café Pompier  (7, place Renaudel, Bordeaux). le 15 septembre de 17 heures à 2 heures. Grillades, concert des Cannibal Mosquitos ou des Magnetix,



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Winshluss, Super Negra (nouvelle édition)
 « Mickey a découvert un nouvel endroit pour s'adonner aux plaisirs sereins de la pêche. Ravi, il y entraîne son fidèle compagnon, Dingo. Malheureusement, le coin est infesté de militaires peu scrupuleux qui n'hésitent pas à recourir au nucléaire pour éliminer les parasites. Mickey, irradié, devient alors la proie de différentes modifications génétiques qui l'entraînent dans une série de situations et de rencontres délirantes. Bien plus qu'une parodie du héros dont l'auteur s'inspire, Super Negra redonne au Mickey de Winshluss cette part de rêve que l'original a depuis longtemps perdu . En bonus, deux histoires courtes pour la nouvelle édition de ce comix : Caroline, jeune héroïne innocente dont la première surprise party prend un tournant inattendu et La Femme est-elle nuisible au récit d'aventure ? dont le titre évocateur semble se suffire à lui-même. » (présentation éditeur)

 

Winshluss, Super Negra , Les Requins marteaux, collection Minou Minou, 10€, sortie le 20/09/12.

 

 

 

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10 septembre 2012 1 10 /09 /septembre /2012 07:00

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Stéphane POULIN et Carl NORAC
Au pays de la mémoire blanche
éditions Sarbacane, octobre 2011

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Au Pays de la mémoire blanche a été écrit par  Carl Norac, le poète belge, et illustré par le Québécois  Stéphane Poulin. Entre album et bande dessinée, il est le fruit d’un travail de cinq années. Il est paru en octobre 2011 aux éditions Sarbacane en partenariat avec Amnesty International.

Des mains bandées et une phrase pour ouvrir l’œuvre : « Au début, c’est blanc dans ma tête ». Une chambre dans un hôpital rudimentaire, un corps bandé qui laisse deviner un visage animal. Le narrateur interne se nomme Rousseau et ne sait pas qui il est. Nous ne savons rien de lui et il n’en sait pas plus. C’est avec lui que nous découvrons la raison de son amnésie. Un policier lui explique qu’il est un chien qui a été victime d’un attentat. Sorti de cet hôpital sombre et rudimentaire, il doit se découvrir et comprendre la ville dans laquelle il se trouve.

Il reste dans sa solitude et ses questionnements face aux nombreux hauts murs de cette ville aux allures de prison. Qui est-il et quelle est cette ville ? Nous ne connaîtrons pas le nom de cette cité hostile aux murs élevés qui renforcent l’atmosphère oppressante. Le seul élément qui pourrait raccrocher la ville à un territoire réel s’avère être le billet de 300 lei remis par les policiers qui l’ont interrogé à son réveil. Le leu, lei au pluriel, est la monnaie roumaine. Faut-il voir un rapprochement avec son histoire ?

POULAIN-et-NORAC-Au-pays-de-la-memoire-blanche-2.jpgC’est lorsqu’il retrouve son appartement vide qu’il découvre ses instincts et la violence de ce monde auquel il a appartenu : « Bienvenue chez moi ! ». On le voit visiter ce qui a été chez lui et qui doit être de nouveau son domicile. Le courrier, les chaussons, la décoration et toutes ces choses figées le mènent vers un moi qu’il ne connaît pas, en contradiction même avec ce que le policier patibulaire lui a affirmé. Il est une momie sous un bandage. « J’aimerais arrêter d’être invisible. J’observe mon reflet dans un seau d’eau. Ah, me voilà, faciès à la Ramsès ! Assez flou. Flou, c’est déjà ça ». La nuit tombe et les balles fusent. Pas un signe de panique : « Est-ce que les gens jouent à se manquer ? Ou sont-ils éduqués à mourir en silence ? » . Les nuits succèdent aux jours avec leur lot de tueries : les chats perdent leurs rêves. Ce conflit est pesant, oppressant. Il semble être installé dans tous les murs de la ville qui en portent les stigmates. La folie et le mutisme se sont emparés des habitants.

Sans souvenir, sans identité, l’animal au visage bandé sait que sa nouvelle vie a un but : « Au fond de moi, je sais que je ne reviens pas vers ce monde sombre pour ne rien troubler ». Ce n’est pas une sensation, les murs s’érigent d’eux-mêmes à une vitesse déconcertante. Ils sont étranges, Rousseau ne s’avoue pas vaincu et s’enfonce dans l’un d’eux avec vigueur. Il réussit à le traverser : « Le mur ne peut rien. J’ai passé l’épreuve de la terre ». Cette traversée le mène un peu plus vers son histoire grâce à un passeur au regard blanc qui le fait naviguer sur une barque à la rencontre d’un père qu’il ne reconnaît pas. C’est décidé, il va sauver cette ville, même si désormais il doit compter sur les chiens de meute pour lui rendre la tâche plus impossible qu’elle ne l’est déjà. Il réussit à montrer la voie aux âmes errantes de la ville : « ce mur ne vaut que le poids de la peur ». Le mur est passé et la rumeur enfle, la foi gagne les victimes de cette mascarade et traverse ces obstacles de toutes parts. Rousseau prend le métro vers une nouvelle vie. Il est temps pour lui d’ôter ses bandages.
Poulain-et-Norac-Au-pays-de-la-memoire-blanche-03.jpg
Cet album est le fruit de cinq ans de travail et révèle une palette sombre et une narration grave. L’histoire de Rousseau semble réaliste et tellement lointaine à la fois. D’une part la personnification rend possible la transposition à des situations réelles, actuelles ou passées. C’est un élément qui renforce le caractère tragique de l’histoire. La méconnaissance qu’a le personnage de lui-même est magnifiquement représentée par des détails troublants et le manque de texte. Celui-ci est blanc sur noir à l’image de sa mémoire. La disposition des planches ajoute à l’oppression déjà causée par le peu d’éléments dont dispose le lecteur. En effet, elles révèlent de grands vides et sont encadrées d’un liséré blanc disposé sur un fond noir. Le réel se confronte aussi à l’irréel dans la pensée de Rousseau, ce qui nous plonge dans un sentiment de désarroi. Nous sommes pendus à ses rêves insensés qui forgent pourtant sa foi et le construisent de nouveau.  Les images sont crues et les bandages sur le visage de Rousseau rendent ses expressions énigmatiques rajoutant à l’inquiétude que nous éprouvons.

J’ai été charmée par cet album par la dualité qu’il présente entre concret et abstrait. J’ai aussi trouvé que le sentiment d’oppression était merveilleusement dessiné et que le travail d’écriture s’articulait parfaitement avec le style graphique. Au-delà de son esthétique il nous mène au questionnement comme si, nous aussi, nous avions une « mémoire blanche ».



Laetitia, AS bib.-méd. 2011-2012

 

 


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9 septembre 2012 7 09 /09 /septembre /2012 07:00

knut-hamsun-sous-l-etoile-d-automne-01.jpg



 

 

 

 

 

 

Knut HAMSUN
Sous l'étoile d'automne
Under Høststjærnen (1906)
Traduit du norvégien
par Régis Boyer
Calmann-Lévy, 1978
Livre de Poche
Biblio romans, 1994


Photo 1

 

 

 

 

 

 

Né dans le Sud de la Norvège, c’est au large des îles Lofoten, près du Cercle polaire arctique que grandit Knud Pedersen (le vrai nom de Knut Hamsun). Dans cet univers constitué de fjords et de falaises, il découvre un environnement élémentaire qui sera la toile de fond de ses écrits romanesques. Sa fascination pour la Nature et les éléments qui la composent est issue de ce cadre, dans lequel il assiste, dès son plus jeune âge, à la magie des lumières boréales.

À l’âge de quarante ans, le père de Knud Pedersen, Peder, quitte sa femme et la tranquillité de son foyer pour devenir tailleur, entraînant sa famille dans la précarité. Le jeune garçon, âgé de neuf ans, est alors confié à son oncle Hans Olsen, sévère et puritain, qui n’hésite pas à utiliser la violence pour imposer son autorité.
 knut-hamsun-03.jpg

 


C’est pour échapper à cet oncle tortionnaire que Knud expérimente ses premiers vagabondages et découvre les merveilles du paysage norvégien qui deviendront le socle de son attachement à ce cadre idyllique. À l’âge de quatorze ans, il quitte cette maison. De quinze à dix-sept ans, il pratiquera de nombreux travaux, de shérif assistant à professeur d’école, dans le seul objectif de gagner de quoi survivre et d’échapper à la faim et à la violence qui constituaient son quotidien quelques années plus tôt. C’est ainsi que se forge son caractère de vagabond.

 

 

Knut Hamsun à l'âge de 14 ans


A 23 ans, il s’exile aux États-Unis, où il connaîtra le même style de vie, troquant le travail d’aide-maçon pour celui de porcher, afin d’éviter la misère. Après deux séjours américains, il revient en Scandinavie pour s’installer à Copenhague, où il publie une esquisse de roman, qui paraît dans la revue Ny Jord (Terre Nouvelle). Son premier roman publié, Faim, est un succès et lui permet d’acquérir très rapidement une reconnaissance internationale.

Il commence alors à publier régulièrement. Un essai psychologique, De la vie inconsciente de l’homme, et de nombreux romans, recueils de nouvelles, un récit de voyage en Russie, quelques pièces de théâtre et un recueil de poèmes suivront.

En 1920, alors qu’il publie L’éveil de la glèbe, il reçoit le Prix Nobel de littérature.
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L’image qu’a laissée Knut Hamsun est cependant ternie par ses considérations politiques. Son éternel goût de la provocation le pousse à tenir un certain nombre de conférences, en 1907 par exemple, remettant en question le respect que la jeunesse doit aux générations précédentes.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, il soutient le parti pro-nazi Nasjonal Samling. Il rencontre Adolf Hitler en 1943 et fait don de sa médaille du Prix Nobel à Joseph Goebbels. A la mort du Führer, il rendra hommage, dans un article publié dans l’Aftenposten, à ce « guerrier de l’humanité ».

À la fin de la guerre, on préfère lui attribuer une « personnalité aux facultés mentales affaiblies de façon permanente » pour éviter de perdre l’homme qui, jusqu’alors, était une des fiertés du peuple norvégien. En 1948, il est condamné à verser 325 000 couronnes norvégiennes pour sa collaboration avec le régime nazi.



Sous l’étoile vagabonde (1906) est le premier volet d’une de ses deux trilogies dites du vagabond. Les deux livres qui la complètent sont Un vagabond en sourdine (1909) et La Dernière Joie (1912).

Le héros, Knut Pedersen (véritable nom de Knut Hamsun), est entre deux âges. Il vient d’abandonner une vie que l’on suppose aisée, en ville, pour retourner à la vie qu’il a connue dans sa jeunesse, faite de vagabondages et d’errances dans la campagne et les forêts norvégiennes. C’est un retour aux sources. Il redécouvre la pureté de cette vie, au cœur de cette Nature qu’il aime tant. « Mon sang devine que j’ai en moi une fibre nerveuse qui m’unit à l’univers, aux éléments », avait-il écrit, à l’âge de 29 ans.

Quand paraît le livre, en 1906, Knut Hamsun a 47 ans et sort d’un divorce. Il se retrouve seul, plein de questions. Dans sa présentation de la trilogie, Linda Lé écrit : « C’est le triptyque des désillusions, le retable de l’amertume. De livre en livre, tout s’avilit, la moisissure de la civilisation gagne le cœur de la forêt. » On trouve dans ce roman « une adhésion à la Nature, une nostalgie de l’homme originel, de l’homme face à l’élémentaire, une volonté de se libérer de la civilisation moderne d’essence mécaniciste. »

Et pourtant, l’ouverture du roman est porteuse de beaucoup d’espoir :

 

« Me voici loin du vacarme et de la presse de la ville, des journaux et des gens, j’ai fui tout cela parce que, de nouveau, on m’appelait de la campagne et de la solitude dont je suis originaire. […] J’ai pris la ferme résolution d’obtenir la paix à tout prix. »

Le narrateur veut retrouver ce quotidien qu’il a connu et qui l’emplit du calme et de la sérénité dont le chaos de la ville l’a privé. Ici, il n’a pas de surprises, il sait comment fonctionne l’univers et voilà ce qui le rassure, ce qui lui donne un fond de stabilité en cette période de transition qu’il traverse à ce moment de sa vie où tout est remis en question. La première phrase du roman annonce ce cycle immobile : « Hier, la mer luisait comme un miroir et aujourd’hui, elle luit comme un miroir. » La mer est prévisible, elle fournit des repères. Et c’est bien des repères que Knut Pedersen/Hamsun est venu chercher là. Et deux pages plus loin : « – Combien coûte le maquereau aujourd’hui ? – La même chose qu’hier, répond-on. »

Tout est cadré, la frénésie citadine est loin maintenant et c’est en compagnie de son ancien camarade de chantier, Grindhusen, qu’il part « de ferme en ferme », en « nomade solitaire ». Ils proposent leur aide pour toutes sortes de travaux manuels, creuser un puits ou prétendre réaccorder les pianos de la région pour trouver un abri l’espace de quelques nuits.
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Mais dans cette solitude, Knut recherche de la chaleur. Il croise deux femmes dans le roman. Deux amours qui s’imposent à lui, instantanément, comme impossibles. Il ne peut, pourtant, s’empêcher de rêver en pensant à elles. Ces songes l’obsèdent et revêtent les allures d’un idéal fantasmé et toujours déçu. Car ce personnage ne sait jamais vraiment ce qu’il veut et est toujours déçu de ce qu’il a. C’est ce qui fait de lui un homme si mélancolique. Jeune, il a quitté cette vie pour rejoindre la ville et son dynamisme. Maintenant, c’est la ville qu’il quitte pour revenir à la simplicité de cette vie. Il ne sait pas se sentir heureux, partager ni comprendre les autres. Et pourtant, à l’écouter parler de cette Nature divine qu’il vénère et qui le rassure, on sent qu’il est plein de vie, mais d’une vie frustrée qu’il ne parvient à transmettre à personne autour de lui.


Loïk, 2e année éd.-lib. 2011-2012

 

 


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8 septembre 2012 6 08 /09 /septembre /2012 07:00

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Jonathan FRANZEN
Freedom
traduit de l’anglais
par Anne Wicke
éditions de l’Olivier, 2011
Points, 23 août 2012



 

 

 

 

 

« Un grand roman sur l’amour, la famille, le couple, le vieillissement de l’Amérique qui frappe par sa portée universelle. » Livres Hebdo.

 

 

 

 

Cette parution tant attendue, par les lecteurs comme par les libraires, a été à la hauteur des espérances. Neuf ans après Les Corrections, Franzen a désormais acquis le statut de star des lettres américaines et fait partie des écrivains majeurs de la scène internationale. Dès son arrivée en France, il suscite l’intérêt des libraires et devient rapidement le coup de cœur de nombre d’entre eux.

Mais pourquoi cet engouement pour ce pavé de 700 pages qui en effraie pourtant plus d’un ? À dire vrai, les avis sont mitigés. Ennuyeux, sans intérêt, trop fade, trop long pour certains, intriguant, riche, épuré, fluide pour d’autres.

Le titre Freedom choisi par l’auteur a pour but de faire réfléchir sur la notion de liberté. Dans une interview accordée au Point, Franzen explique sa tentative de rétablir la vraie complexité de ce concept. Il cherche à élargir le champ de réflexion de son lecteur. Ce n’est pas une lecture passive puisque ce dernier retrouve un univers qu’il connaît, qui l’entoure et sur lequel il peut enfin prendre du recul.

Franzen cherche à montrer au lecteur la difficulté de grandir dans cette société consumériste dans laquelle il vit. À travers des personnages multiples aux facettes diverses et complémentaires, il nous dépeint la vie d’une famille américaine. J’aime beaucoup ce terme d’« anatomie » qu’utilisent les éditions de l’Olivier pour qualifier l’analyse subtile, mais en même temps poignante de vérité et de profondeur, de cette famille qui a l’air tout à fait paisible et anodine de l’extérieur. C’est en utilisant un style épuré, des phrases simples mais longues car ponctuées de détails et une construction très ingénieuse que Franzen nous permet de comprendre la psychologie de la plupart de ses personnages. C’est ainsi que l’on comprendra leur détresse, leurs difficultés à grandir et surtout à trouver leur place dans ce monde trop complexe. Franzen a ce génie de toucher des sujets délicats et d’en parsemer son récit, cela conférant à son roman cet aspect si réaliste tout en permettant la réflexion. Le lecteur n’est pas lassé par toutes les interrogations que formule Franzen. Les critiques concernant le gouvernement Bush, les questions écologiques comme la surpopulation ou l’avenir des oiseaux sont insérées dans le récit de manière si subtile que l’on prend plaisir à ces petites parenthèses sur des interrogations actuelles parce qu’elles nous concernent. Ce n’est plus seulement de la fiction. On pourrait très bien imaginer cette famille Berglund vivant paisiblement de l’autre côté de l’Atlantique tellement cela semble plausible. Cette histoire pourrait être celle de n’importe quelle famille américaine.

Patty veut être la mère de famille modèle. N’étant pas très proche de ses parents, elle leur reproche d’avoir fait passer leur travail et ses sœurs avant elle. Son mari, Walter, est un fervent écologiste, très engagé. Son enfance difficile avec un père alcoolique et une mère très effacée lui a permis d’apprendre à se débrouiller seul. Leurs deux enfants, Jessica et Joey, sont très différents. Patty ne peut s’empêcher de préférer son fils au caractère rebelle à sa fille trop parfaite, qui ressemble tant à son père. Leur vie de famille semble bien tranquille dans leur petit quartier résidentiel. Mais voilà qu’on découvre une Patty dépressive, qui étouffe son fils et ne cesse de ressasser son adolescence. Elle ne peut s’empêcher de penser au « bad boy Richard Katz », qui est pourtant le meilleur ami de Walter.

Lorsque le récit commence, nous découvrons grâce à un chapitre court intitulé « 2004 » la vie des Berglund à travers le regard d’une famille voisine. On nous présente une Patty acariâtre, mesquine, qui mène la vie dure à ses voisins comme à sa propre famille. Franzen utilise ici un incipit intéressant, qui nous immerge petit à petit dans la vie des Berglund. L’auteur donne ainsi le ton du livre et nous fait ressentir, dès le départ, le mal-être du personnage de Patty.

Dans un nouveau chapitre, un autre point de vue : Patty écrit sur sa vie dans un but thérapeutique, ce qui nous permet de nous plonger dans son adolescence sur un campus universitaire des années 70 et de faire connaissance avec Walter. C’est ainsi que l’on va découvrir ses soucis d’adolescente et son attirance pour Richard. Qui choisir entre le timide Walter si attentionné, sensible, fou amoureux d’elle, et le ténébreux Richard, mystérieux, instable, et passionné seulement par sa musique. On subit ses échecs, ses doutes, ses réflexions sur l’avenir et une interrogation sur un monde en constante évolution. Elle va évoquer ensuite son choix de mener sa vie avec Walter, son mariage avec lui, la mise au monde de ses enfants et sa vie trop ennuyeuse. Le constat : elle n’est pas heureuse…

Retour au présent, en 2004 : c’est ainsi que commence une alternance dans la prise de parole des protagonistes, ce qui nous permet d’appréhender les pensées de certains personnages comme Joey, Walter, ou encore même Richard, personnages secondaires. L’intrigue est nouée autour du trio amoureux Patty, Richard et Walter. On va connaître leur vision des choses par rapport à leur relation sentimentale, par rapport au monde qui les entoure, tout en découvrant leurs doutes et leurs choix, qu’on les respecte ou non. On s’adapte à leur caractère, on les aime puis les déteste, les juge, mais on subit leurs choix et leur désespoir. Le lecteur se retrouve plongé dans un roman psychologique où se mêlent les récits rétrospectifs de personnages récurrents, enrichis de nouveaux visages qui viennent ponctuer ces vies et leur permettent d’avancer. Je vous parle ici d’Elisa, la meilleure amie de Patty adolescente, junkie, qui lui permettra de rencontrer Richard et Walter, ou encore Lalitha, la secrétaire de Walter, qui deviendra sa compagne durant quelque temps lorsqu’il est séparé de Patty et qui le pousse à défendre ses convictions écologiques. On découvre chaque membre de la grande famille Berglund, un à un, tout au long du livre, jusqu’aux dernières pages. On aborde quand même leurs personnalités et on apprend à les connaître en seulement quelques lignes, parfois… Franzen joue avec ses protagonistes en reprenant les mêmes scènes pour les voir sous différents angles. Il a cette force de « savoir doser l’importance qu’il donne à ses personnages, en effaçant certains, avant de les remettre au premier plan, et leur redonner enfin de l’éclat. »

Ce que Franzen veut accentuer c’est bien cette remise en question de soi, avec des personnages qui cherchent un équilibre dans leur vie, et qui, chaque jour, continuent à en apprendre davantage sur eux-mêmes. Il est évident que tous les personnages, autant qu’ils sont, manquent de confiance en eux, ne se comprennent pas, s’ignorent et se jalousent. C’est comme s’ils avaient besoin de se faire souffrir pour sentir à quel point finalement ils s’aiment.

Il est vrai que certains lecteurs évoquent leur déception quant à la traduction, assez médiocre, qui rend difficile la retranscription du style de Franzen, et peut gâcher cette fresque de l’Amérique moderne. Il ne faut pas nier que cette lecture ne peut être qualifiée de « facile » et certains la déclareront même parfois « indigeste ». C’est pourquoi d’aucuns hésiteront à conseiller ce livre, car il risque de décevoir certains, friands de lectures plus divertissantes qui n’ont pas la prétention d’éveiller leur sens critique ou leur curiosité. Cependant, si vous souhaitez prendre du plaisir à une lecture intéressante et très riche, qui pose des questions sur le monde actuel et les relations familiales, alors ce livre est fait pour vous. Il conviendra seulement de prendre le temps de le savourer en raison de sa densité littéraire…

 

 

Élodie Lapierre, 2e année édition librairie

 

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7 septembre 2012 5 07 /09 /septembre /2012 07:00

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Philip CARTER
Le Secret des glaces
Titre original
The Altar of Bones
Traduction
Dominique Hass
France Loisirs 2011



 

 

 

 

Le roman

Dans ce roman, l'auteur mélange les époques et les intrigues pour nous mener vers son énigme ultime. Il consacre le début de ce texte à la présentation de divers personnages qui n'ont à première vue aucun lien entre eux. Ainsi il nous raconte successivement le meurtre d'une vieille femme sans abri à San Francisco, la mort du père de Ry O'Malley au Texas au XXIe siècle, la fuite d'Elena Orlova d'un camp de prisonniers de Norlisk en Sibérie sous le régime soviétique, en février 1937, et la vie plutôt pathétique de Zoé, une jeune avocate américaine. On découvre un peu plus tard des liens de parenté et des héritages légendaires entre les différents personnages décrits précédemment.



Philip Carter mêle habilement la fiction et la réalité historique. Ainsi les deux héros, Zoé et Ry, sont poursuivis par le passé de leurs parents respectifs et doivent échapper aux hommes ayant participé au meurtre le plus retentissant du XXe siècle, celui de J.F. Kennedy. L'énigme : pourquoi Zoé a-t-elle hérité de l'Autel d'ossements et où se trouve-t-il ?



L'auteur utilise une écriture simple et légère mais nous propose des scènes très imagées et visuelles où se mêlent courses-poursuites dans les rues de Paris, conspirations, énigmes et éléments surnaturels, tensions sexuelles. Le rythme varie selon l'intensité des événements tout en gardant un dynamisme qui laisse le lecteur haletant à chaque fin de chapitre. Malgré cette écriture fondée sur l'action, Philip Carter prend le temps de décrire ses multiples personnages et leurs caractères complexes, les tensions entre les différents personnages qu'ils soient bons, méchants ou, le plus souvent, très ambigus.



Le titre

Les éditeurs de ce roman n'ont pas choisi une traduction littérale du titre original, The Altar Of Bones (soit en français : L'Autel d'ossements). Certains critiques pensent que le titre Le Secret des glaces aurait été choisi pour rappeler l’atmosphère des romans de Dan Brown, qui mêlent aussi les événements avérés avec du surnaturel. Ce qui nous amène à nous questionner sur l'auteur, Philip Carter.



L'auteur

Philip Carter serait un pseudonyme choisi par un « auteur de renommée internationale » (selon son site officiel) pour publier ce roman. La vraie identité de l'auteur reste encore inconnue mais plusieurs critiques ou fans ont proposé quelques pistes. Certains pencheraient pour une œuvre posthume de Robert Ludlum qui avait déjà écrit ses romans d'espionnage sous les pseudonymes de Jonathan Ryder et Michel Shepherd, d'autres reconnaîtraient l'imagination de Dan Brown ou d' Harlan Coben. Certaines personnes y verraient l’œuvre d'une femme qui se serait fait passer pour un homme pour que son livre soit mieux accueilli par le public.

Le mystère est encore aujourd'hui complet sur l'identité de cet auteur.

Voici un article portant sur le pseudonyme Philip Carter :
 http://www.actualitte.com/actualite/monde-edition/international/le-secret-des-glaces-est-bien-garde-31878.htm

Et voici le site officiel de l'auteur :
 http://philipcarterbooks.com/


Aurélie, 2e année bib.-méd. 2011-2012

 

 

 


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6 septembre 2012 4 06 /09 /septembre /2012 07:00

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Linwood BARCLAY
Les voisins d’à côté

titre original

Too Close to Home (2008)

traduction

Marieke Merand-Surtel

Belfond Noir, 2010

J'ai Lu Thriller, 2012

 

 

 

 

 

 

 

 

Biographie
 
Né en 1955 aux Etats-Unis, dans le Connecticut, il en part dès son plus jeune âge lorsque son père, illustrateur publicitaire,  doit s’exiler au Canada pour des raisons professionnelles. Il entame en 1977 une carrière de journaliste et, après avoir passé son diplôme de littérature anglaise, commence à publier dans un journal local, The Peterborough Examiner, puis dans Oakville Journal Record  pour enfin réussir à travailler dans un des journaux les plus distribués au Canada, le Toronto Star. Il va notamment travailler dans l’édition et devenir un des chroniqueurs les plus connus de la page « Vie quotidienne ». Après avoir publié plusieurs livres, il finit par se tourner vers le roman policier.
 
Pour en savoir plus :

 http://fichesauteurs.canalblog.com/archives/2009/11/06/15704766.html
Site de l’auteur (en anglais): http://linwoodbarclay.com/about.html



Résumé
 
Promise Falls, une petite ville apparemment sans histoires qui cache pourtant tellement de choses...

Derek Cutter, 17 ans, un peu bagarreur, dit au revoir à ses voisins, les Langley, dont Adam, son meilleur ami, qui s’apprêtent à partir en vacances pour quelques jours. Jeune, mais pas si innocent que cela, Derek a déjà un idée en tête : il pense avoir la maison pour lui tout seul pour voir sa petite amie Penny. Une fois les Langley partis, Derek s’installe au sous-sol de leur maison et en profite pour appeler Penny, mais elle ne pourra pas le rejoindre ce soir-là. En meublant donc sa solitude, il perçoit un bruit de voiture et se rend compte que les Langley sont de retour. Il essaye tant bien que mal de se cacher, mais quelque chose de bizarre se trame en haut de l’escalier : un visiteur surprise est entré. Après des paroles inaudibles, le mot « honte », puis des coups de feu partent. Les Langley sont assassinés…

Le lendemain, une enquête est ouverte mais le jeune adolescent n’ose pas dire qu’il a assisté à ce massacre, ce qui va lui porter préjudice. Son emploi du temps et ses dires ne tiennent pas, il est arrêté pour meurtre. C’est à partir de là que la vie de Jim et Ellen Cutter, ses parents, va être bouleversée.
 
Des révélations sont faites, ce qu’on croyait être n’est pas, les secrets les mieux gardés sont mis au jour. On entre dans le jardin secret de chacun, découvrant ses moments les plus noirs. Vous n’allez pas finir d’ouvrir de grands yeux, car dès lors que vous penserez être sur une piste, vous vous rendrez compte aussitôt que vous faites erreur. Ce serait trop facile, vous ne pensez pas ? Mais si ce livre ne développait qu’une intrigue… Entremêlées, plusieurs histoires font leur apparition, qui toutes semblent liées. Entre en scène un professeur très réputé qui a publié un livre à succès, La Part manquante, l’histoire d’un homme qui se réveille et découvre qu’il a un vagin au lieu de son sexe ; or ce texte était déjà présent dans l’ordinateur d’un étudiant mort juste avant la publication ; il est aussi question d’un maire qui a eu une relation sexuelle avec une prostitué mineure…



Les personnages
 
Derek Cutter : adolescent de 17 ans qui, tous les étés, aide son père à tondre les pelouses ; travailleur, un peu cancre, il va être accusé de meurtres.
 
Jim Cutter : père de Derek et narrateur de l’histoire ; il a créé sa propre entreprise d’entretien de jardin après avoir démissionné de son poste de chauffeur du maire. La démission est liée au faux pas du maire. C’est lui qui va apporter le plus d’éléments à l’enquête.
 
Ellen Cutter : épouse de Jim, épouse attentionnée, elle travaille à la fac de Thackerey pour Conrad Chase, avec qui elle a trompé son mari. Elle fait les meilleurs pains perdus de la ville.
 
Conrad Chase : président de la fac, il est l’auteur d’un best-seller, La Part manquante ; Jim se demande si c’est vraiment lui qui a écrit cette histoire et l’accuse de plagiat.
 
Barry Duckworth : inspecteur de police ; c’est lui qui mène l’enquête, mais il ne va pas trouver par lui-même les vrais coupables.
 
Randall Finley : maire de la ville, homme détestable, qui se prépare à se présenter au congrès, qui a fait pas mal d’erreur, comme coucher avec une mineure ou vomir sur le tapis d’un foyer pour mères célibataires.
 
Lance Garrick : nouveau chauffeur du Maire ; il est en conflit avec Jim Cutter, et ils vont s’affronter à coups de poing et d’arrosoir.
 
Drew Lockus : sortant de prison où il purgeait une peine pour braquage de banque, il va travailler pour Jim. Il s’occupe de sa mère qui a atteint un certain âge.



Venez découvrir les visages cachés des habitants de Promise Falls dans ce thriller psychologique où l’auteur exprime ses peurs et ses angoisses. On ne connaît jamais vraiment une personne, même si elle nous semble proche. Les gens ont toujours quelque chose à cacher.


Melody S., 2e année bib.-méd.

 

 

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5 septembre 2012 3 05 /09 /septembre /2012 07:00

samedi 8 septembre 2012
à partir de 15h

 

à l’occasion de la sortie du 10e et dernier volume de la série De cape et de crocs.
Ayroles-Masbou-de-cape-et-de-crocs-10.gif

 

&
projection du film Sacré Graal des Monty Python.

sacre-graal.jpg

 

Cinéma Utopia

5, place camille Jullian

Bordeaux

 

 

Réservez vos places à l'avance à l'Utopia au 05 56 52 00 03
La dédicace se fera sur tirage au sort.

Vous pouvez vous inscrire en appelant au 05 56 52 16 60
Projection / rencontre organisée par BD Fugue

 

 


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