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9 août 2013 5 09 /08 /août /2013 07:00

Chandler Un tueur sous la pluie

 

 

 

Raymond CHANDLER
Un tueur sous la pluie
Titres originaux :
« Killer in the rain »
(paru dans Black Mask en 1935)
« Bay City blues »
(paru dans Dime Detective Magazine en 1937)
et « Try the girl ! »
(paru dans Black Mask en 1937)
Traduction d’Henri Robillot
Gallimard
Série Noire, 1972
Carré Noir, 1980
Folio, 1988
Folio Policier, 2009

 

 

 

 

 

 

 

 



Ce livre est un recueil de trois nouvelles de Chandler, « Un tueur sous la pluie », « Bay City Blues », et « Déniche la fille ». Publiées d’abord séparément, ces nouvelles sont présentes ensemble dans l’édition d’Helga Grenne Litterary Agency (1964) et aux Éditions Gallimard (1972) pour la traduction française de Henri Robillot.

Né en 1888 à Chicago et mort en 1959, Raymond Chandler est un écrivain américain connu et reconnu pour ses polars. Naturalisé britannique à 19 ans, il travaillera comme pigiste avant de reprendre des études de comptable. Il participera à la Première Guerre mondiale, d’où il sortira brisé, seul survivant de son campement, souffrant de l’alcool et d’une dépression qui lui vaudra quelques tentatives de suicide. Marié à Cissy Pascal, il s’installe à Los Angeles et se lance enfin dans le polar suite à ses lectures de pulps publiés dans le magazine de Black Mask qui sert de tremplin à de nombreux autres auteurs. La plupart de ses nouvelles sont réutilisées et réagencées pour donner des romans plus volumineux, comme The Big Sleep, basé sur Killer in the Rain et The Curtain, où l’on retrouve son personnage le plus récurrent, Philip Marlowe, portrait romanesque de l’auteur.

Au cours de sa vie, Chandler fut également scénariste à Hollywood, et est resté très apprécié dans les milieux littéraires malgré sa dépression chronique, son alcoolisme récurrent et ses tentatives de suicide depuis la mort de Cissy en 1954. Il mourra en 1959 d’une pneumonie. Certaines de ses œuvres ont été adaptées au cinéma, ce qui  a contribué à sa reconnaissance actuelle.

« Un tueur sous la pluie » est l’histoire d’un détective anonyme, résolvant les affaires que la police criminelle ne peut pas résoudre. Ici, il est engagé par un homme nommé Dravec, père richissime souhaitant se marier avec sa fille adoptive. Le privé doit donc éloigner les autres prétendants de cette dernière en échange d’une forte rémunération. Cependant, il tombe sur de nombreux trafics souvent évoqués dans le hard-boiled novel au même titre que l’alcool, la violence, le sexe et la mort. Nous retrouvons ces éléments dans les autres nouvelles, «Bay City Blues », où le privé toujours anonyme cherche la preuve du meurtre de madame Austrian, femme d’un médecin un peu dealer, et « Déniche la fille », où nous assistons à un défi entre le détective Carmady et un de ses amis policier à la recherche d’un ex-prisonnier (Steve Skalla) et de la fille qu’il a aimée (Beulah).

Dans chaque nouvelle, nous pouvons remarquer des éléments et des thèmes récurrents : l’alcool consommé à flots, la violence des tortures et des bagarres, la drogue qui apparaît comme nécessaire à la vie citadine, le sexe vu ou fait, les morts qui pleuvent sont autant d’éléments différenciant les perfectionnistes du hard-boiled novel comme Chandler et Hammett d’auteurs moins prestigieux. L’amour et la femme sont également des thèmes omniprésents, et à la base de l’intrigue ; Carmen Dravec pour « Killer in the Rain », Leland Austrian dans « Bay City Blues » et Beulah au cœur de « Déniche la fille ». Il pose ainsi une vision assez biblique de la femme à l’origine du mal.

J’ai apprécié ce livre grâce à ses histoires intéressantes et à son style fluide, bien que les scénarios se ressemblent trop à mon goût, et se mélangent donc dans mes souvenirs. Un tueur sous la pluie reste cependant une œuvre permettant d’aborder le style du hard-boiled novel en évitant les réactions de rejet que pourraient susciter d’autres œuvres plus crues et dures.


Morgane, 1ère année Édition-Librairie 2012-2013  

 

 

 

Raymond CHANDLER sur LITTEXPRESS

 

Chandler Un tueur sous la pluie

 

 

 

 

Articles de Lola et de Céline sur Un tueur sous la pluie.

 

 

 

 

 

 


 

 

Raymond Chandler sur un air de navaja 1

 

 

 

 

 

Article de Marion sur The Long Good-Bye (Sur un air de navaja).

 

 

 

 

 

 

 

 

Raymond Chandler Les ennuis c'est mon problème

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Article de Lucie sur Les ennuis c'est mon problème.

 

 

 

 

 

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8 août 2013 4 08 /08 /août /2013 07:00


Dashiell-Hammett-L-Introuvable-01.gif



Dashiell HAMMETT
L’Introuvable
The Thin Man (1934)


Traduction
Henri Robillot
Gallimard
Série Noire, 1950
La Poche noire, 1968
Carré noir, 1976
Folio, 1987
Folio policier, 2005
 

 

Nouvelle traduction
Nathalie Beunat et Pierre Bondil
Quarto, 2009
et Folio Policier, 2012



 

 

Dashiell Hammett

Dashiell Hammett est né à Baltimore en 1894 et mort à New York en 1961.

Il est considéré comme le fondateur du roman noir américain, la hard boiled school. Les personnages de ses romans sont violents et sans sensibilité. C’est ce qui caractérise ce type d’écriture. Il est vu comme l’inspirateur d’Hemigway et de Chandler.

Dashiell Hammett est parti de chez ses parents très tôt, vers 14 ans. Il a vécu dans la rue et y serait devenu alcoolique. Après plusieurs petits boulots, il devient détective privé pendant six ans au sein de l’agence Pinkerton. C’est d’ailleurs de cette expérience qu’il tirera son inspiration pour ses romans.

Ensuite, à Hollywood, il rencontre sa femme Lilian, qui vient d’une famille riche. Elle va l’entretenir ce qui lui permet de se consacrer à son métier d’écrivain. Mais il aura des problèmes avec la justice pendant la période du mccarthysme et il ira en prison, ce qui mettra fin à son mariage car il est considéré comme communiste et vu comme un hors la loi.

L’Introuvable sera son dernier roman puisque sa carrière d’écrivain prend fin en 1934. Il mourra en 1961 d’une overdose.

Au départ le roman est publié sous une forme condensée dans le Redbook Magazine en 1933. Puis il sera publié  en texte intégral sous le titre The Thin Man en 1934. Il y aura aussi en 1934 une adaptation cinématographique qui rencontrera un franc succès.

Dashiell-Hammett-L-Introuvable-affiche.jpg

Histoire

Clyde Wynant est un inventeur fou et il a disparu. Nick Charles revient pour les fêtes de fin d’année à New York. Dorothy, la fille de Clyde Wynant, Mimi, son ex-femme, Gilbert, son fils, le cherchent. La secrétaire de Clyde est retrouvée morte. Clyde Wynant est donc le premier suspect.

Nick Charles est un ancien détective privé, au service de Wynant avec Macaulay, un avocat, qui le seconde pour les affaires administratives. Nick Charles est marié à Nora qui vient d’une famille aisée et a hérité d’une scierie. Sans le vouloir, Nick Charles va être obligé de reprendre du service car toutes les personnes qui cherchent Clyde Wynant s’adressent à lui, même la police. Macaulay ne compte que sur lui pour le retrouver et pour prouver qu’il est innocent. Les seules choses qui indiquent que Clyde Wynant soit encore vivant sont les lettres que son avocat reçoit de lui. Tous les membres de la famille Wynant mentent. Mais qui a pu tuer la secrétaire ? Pourquoi Clyde Wynant est-il parti ? Pourquoi sa famille le cherche-t-elle alors qu’ils l’ont toujours rejeté ?
 


Les personnages

Mimi : elle court après les hommes et l’argent. Elle a peur que son nouveau mari, Jorgensen, la quitte si elle n’a plus d’argent.

Dorothy : elle est perturbée. Elle pleurniche tout le temps. Elle est séduite par le personnage de Nick.

Gilbert : c’est un personnage étrange qui s’intéresse à tout et veut tout savoir. Il passe des après-midi entiers à la bibliothèque pour étudier. Il est admiré par sa sœur mais éprouve une certaine jalousie lorsqu’elle admire plus Nick que lui.

Nick : c’est un ancien détective. Il est alcoolique et un peu désagréable, mais il tient au soutien de sa femme.

Nora : elle est la femme de Nick. C’est une riche héritière et l’ancien métier de son mari la fait rêver, elle adore se mettre en danger.

Macaulay : c’est l’avocat de Clyde Wynant ; il n’a pas une grosse personnalité et il est un peu perdu face à l’affaire.
 


Analyse

Le rythme du livre est rapide et intense. Les phrases sont sèches. Il n’y a pas de description, on sait juste qu’on se trouve dans New York dans les années 30. De plus l’action se passe essentiellement le soir ou la nuit ou bien dans des endroits sombres comme dans les speakeasy (bars où l’on servait de l’alcool malgré la prohibition). Ce qui donne un côté mystérieux, très ouvert et montre une autre facette de la population. De plus c’est une autre manière de vivre ; c’est pourquoi toute l’action s’y passe.

On ne connaît pas les sentiments des personnages car il n’y a pas de voix omnisciente ; le narrateur est le personnage de Nick Charles. Le roman dénonce également la violence « gratuite » ; il y a des bagarres et les policiers qui sont censés faire respecter la loi ne la respectent même pas ; ils tabassent les suspects sans que cela dérange personne. De plus ils se rendent eux-mêmes dans les speakeasy alors que ces bars ne devraient pas exister. Cela montre la corruption de la police.

Hammett dénonce aussi le comportement de la haute société de New York dans ces années-là ; c’est une société qui veut tout savoir, avoir l’information avant les autres et les journaux, qui parle beaucoup et se fie aux rumeurs. Elle tient à son luxe mais n’est pas irréprochable et ne vit que pour les apparences.

On peut voir quelques similitudes entre Nick Charles et Dashiell Hammett. Tous les deux sont d’anciens détectives, mariés à de riches héritières. Les deux couples ont des relations complexes et parfois dures. Et le livre est dédié à Lilian, son ex-femme.



Mon avis

J’ai bien aimé ce livre. Parce qu’il n’y a pas de descriptions. En tant que lectrice, j’ai pu m’imaginer dans la ville de New York à ma façon, ce qui m’a fait « entrer » dans l’histoire facilement. De plus les phrases sont courtes et sèches ce qui facilite la compréhension. Ce n’est pas un roman qui veut faire l’apologie du New York des années 30 donc on voit tout et surtout ce qu’il ne faut pas montrer de cette époque. Et il y a de beaucoup d’action ce qui donne du rythme à l’histoire.

Clémence, 1ère année Bibliothèques 2012-2013

 

 

Dashiell Hammett sur Littexpress

 

HAMMETT moisson rouge couv

 

 

 

 

 

 Article de Thomas sur Moisson rouge.

 

 

 

 

 

 

 

 

Dashiell Hammett Le Faucon de Malte

 

 

 

 

 

 

 

Article de Chloé sur Le Faucon de Malte.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dashiell-Hammett-la-cle-de-verre.gif






Article de Lucie sur La Clé de verre.

 

 

 

 

 

 

 

  Dashiell Hammett Meurtres a Chinatown

 

 

 

 

 

 Article de Loïk sur Meurtres à Chinatown.

 

 

 

 

 

 

 

 

Dashiell Hammett Le grand braquage

 

 

 

 

 

 

Article de Laurette sur Le Grand Braquage.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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7 août 2013 3 07 /08 /août /2013 07:00

claude-ponti-latrijolie1.jpg


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Claude PONTI
La Trijolie 1
« La Pantoufle »
L’École des loisirs, 2006
 





 

 

 

 

 

L’auteur
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Claude Ponti est né en 1948 en Lorraine. Après des études de lettres et d'archéologie, il a fait les Beaux-Arts à Aix. Il s’installe à Paris en 1969 ; il y étudie le dessin, la peinture et la gravure. Il travaille dans la presse, à L'Express, au Monde... Il crée son premier livre pour enfants en 1987.
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L’album d’Adèle est publié chez Gallimard. « J’ai commencé par un livre pour ma fille qui allait naître, et le temps que je le fasse, elle était née »

En 2009, Claude Ponti créé Le Muz. C’est un musée sur internet qui regroupe des oeuvres réalisées par les enfants du monde entier.



La Pantoufle

Elle fait partie de La Trijolie qui est paru en deux tomes. Dans La Trijolie 1 on trouve « La Pantoufle » et dans La Trijolie 2 on peut lire « Bonjour » et « Où sont les mamans ? ».
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« La Pantoufle », comme « Bonjour » et « Où sont les mamans ? », est une pièce de théâtre. Éditée à  l’École des loisirs en 2006, elle a été sélectionnée par le Ministère de l'Education nationale. Elle est composée de onze scènes jouées par deux personnages : Le Grand Bébé et L’Oreiller.



Prologue

 

« Une grosse pantoufle charentaise à carreaux écossais. Elle est de la taille d’une baignoire au moins et le Grand Bébé doit pouvoir s’y installer un peu comme un coureur automobile dans sa voiture. Bien assis. Et y dormir confortablement si nécessaire. On voit la fourrure à l’intérieur. Quand le Grand Bébé est assis dans la pantoufle, le rabat arrondi devient une tablette-couvercle, mais le rabat, comme son nom l’indique, est rabattable, c’est-à-dire qu’il permet de fermer la pantoufle. Un certain nombre de tiroirs et de portes de placard existent tout autour de la pantoufle, mais ils sont dissimulés par les dessins du tissu extérieur.

Dans l’ombre, une petite porte.

Le Grand Bébé : il est vêtu d’une grenouillère de bébé, bicolore verticalement, bleue devant, rose derrière, elle a de nombreuses poches comme les vestes d’explorateur des panoplies d’enfant. Les pieds et les mains sont nus. Dessous Grand Bébé est habillé d’un faux corps de bébé rose aux fesses rebondies avec un petit sexe de garçon (ou de fille, évidement), qui ne doit pas être apparent sous la grenouillère. Le Grand Bébé est un adulte.

L’Oreiller : à l’intérieur, une jeune femme, actrice, danseuse, chanteuse. Elle peut sortir la tête, à l’occasion, par une ouverture simple comme un rabat ou un scratch. Dans les quatre coins de l’Oreiller, ses pieds et ses mains, non reconnaissables.

Son : battements de cœur doux et feutrés, presque imperceptibles, calmes et apaisants. De temps en temps, des bruits d’eau qui s’écoule dans un tuyau, des pulsations de cœur à l’échographie, des gargouillis de ventre, des rires lointains d’enfants et de femmes tendres, des murmures de voix douces comme au travers d’un voile, des sons de cloches isolées, de gong japonais graves et doux, et contrebasse à l’archet. Attention, il y a deux battements de cœur, celui de la mère et celui de l’enfant. Ils seront distincts ou à l’unisson, ce sera selon. »


 

Résumé

Le grand Bébé a décidé, dès le début de la pièce, dès la première scène que ce serait aujourd’hui qu’aurait lieu sa naissance. « C’est décidé. Aujourd’hui je sors » sont ses premières paroles. En effet pour l’instant il est « dedans le dedans », il vit dans la pantoufle qui se trouve dans le ventre de sa mère. Le Grand Bébé, avant de sortir, va nous raconter tout ce qu’il sait du dehors et tout ce qu’il a expérimenté dans « le dedans du dedans ». « Je sais beaucoup de choses sur le dehors » nous dit-il, « J’ai neuf mois déjà et j’ai beaucoup appris. J’écoute, je sens et j’apprends. ». Il va ainsi raconter comment il a essayé la vieillesse, l’amour, la peur, la vraie et l’authentique peur bleue et même la mort « plusieurs fois ». Le Grand Bébé sera toujours accompagné de L’Oreiller qui lui raconte des histoires mais l’aide aussi dans ses représentations.

Cette pièce de théâtre est destinée à des lecteurs qui ont entre 7 et 10 ans mais peut tout aussi bien être lue par des lecteurs plus âgés car les thèmes abordés font autant rire les enfants qu’ils font réfléchir leurs aînés. C’est une œuvre colorée et animée que propose ici Claude Ponti aux lecteurs de tous les niveaux. Elle amène le lecteur à se poser des questions sur les grands thèmes de la vie mais ce dernier peut aussi choisir de laisser les questions de côté pour simplement se laisser porter par sa poésie.

 

Liens

Pour en savoir plus sur l’auteur :
http://www.claudeponti.com/
http://www.ecoledesloisirs.fr/php-edl/auteurs/fiche-auteur-nvo.php?fAuteur=228

Pour visiter Le Muz : www.lemuz.org.


Caroline, 1ère  année édition-librairie

 

 

 

Claude PONTI sur LITTEXPRESS

 

 

Claude Ponti Mille Secrets de poussins

 

 

 

Articles d'Aloïs et de Lucille sur Mille secrets de poussins.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Published by Caroline
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6 août 2013 2 06 /08 /août /2013 07:00

Fabrice-Colin-49-jours.gif










Fabrice COLIN
La Dernière Guerre
Tome 1 : 49 Jours
Robert Lafon, 2012








 

 

 

 

 

 

L'auteur

Fabrice Colin est un auteur français contemporain aux talents multiples. En effet, il est romancier, nouvelliste et scénariste de bande dessinée. Il s'adresse à un public jeunesse autant qu'à des adultes. Il écrit dans des genres divers comme le prouvent les quatre prix qu'il a déjà reçus lors du grand prix de l'Imaginaire :

En 2000 dans la catégorie nouvelle francophone pour Naufrage mode d'emploi.
En 2004 dans la catégorie roman francophone pour Dreamericana.
En 2004 dans la catégorie roman pour la jeunesse pour Cyberpan.
En 2011 dans la catégorie bande dessinée / comics pour  La Brigade chimérique.



49 jours

Ce livre raconte la vie après la mort de Floryan, un jeune homme de 17 ans, décédé dans un attentat dans le métro parisien. Il arrive dans un monde où une créature qui ressemble à un ange l'accueille et lui annonce qu'il a un maximum de 49 jours pour choisir entre aller au paradis et sauter dans un trou sans savoir ce qu'il trouvera... Nous allons donc suivre le personnage principal dans cet « Intermonde » qu'il va visiter. Il va  découvrir qu'il n'y a pas que ces deux simples choix. L'ange – l'Elohim – lui aurait donc menti puisqu'il rencontre une communauté de personnes qui vivent dans l'Intermonde depuis plus de 49 jours. Ce groupe, dirigé par Télémaque, va lui apprendre à voler sur les Altars – dragons habitant l'Intermonde – et à plonger dans les brumes du Nihil – le trou dans lequel l'Elohim avait proposé à Floryan de sauter – pour voyager dans le temps et dans l'espace du monde réel. Les mensonges ne sont pas pour autant finis... Mais dans quel but ? Saura-t-il s'habituer à ce monde étrange et à ses règles ?

L'auteur, grâce à son style épuré, va nous entraîner à la suite de ce jeune homme. En effet, grâce à de très courts chapitres (entre 1 et 5 pages) et à l'utilisation de parataxe et d'asyndètes, l'écrivain donne un rythme rapide et entraînant à son histoire. Par exemple, dans le paragraphe qui suit, on sent le désarroi et la peur du personnage : « Je prends de la hauteur. Maisons saccagées, carcasses de voitures, vitrines en miettes. Chamonix est désert. Abandonné. Partout, le chaos, la destruction. »

Au départ, le héros nous apparaît comme un égoïste et un arrogant fils de riche. Puis nous allons nous attacher à lui au fur et à mesure qu'il mûrit. De nombreuses personnes  vont se succéder dans ce récit, chacun servant de palier pour amener Floryan plus loin dans sa quête de vérité. Pourtant, j'aimerais signaler l'apparition de Rain, au milieu du livre, qui va marquer un tournant dans l'histoire. C'est un tournant dans la vie du personnage principal puisqu'il va tomber amoureux de cette dernière et c'est un des éléments principaux qui vont le rendre plus attachant et plus sage.

Enfin, nous pouvons dire que ce livre est des plus originaux puisqu'il mélange différents genres comme le fantastique, la science-fiction et plus précisément l'anticipation et la dystopie. On retrouve le fantastique avec le passage du monde normal à l'Intermonde lors de la mort de Floryan, avec l'arrivée de l'Elohim qui a des pouvoirs surnaturels et aussi dans l'Intermonde lui-même tel qu'il est décrit : de vastes plaines, de grandes montagnes, de quoi voyager et entraîner le héros dans de nombreuses aventures. Ce texte est pourtant beaucoup plus complexe qu'il n'y paraît au départ car l'auteur arrive toujours à surprendre les lecteurs et à leur faire croire des choses puis à les emmener loù il veut.

Ainsi, ce roman est bien plus une dystopie ayant lieu dans un futur assez proche plutôt qu’un roman d'héroic fantasy. En effet, grâce à la liberté que lui permet le fantastique, il va introduire beaucoup d'éléments décrivant un futur terrestre fortement compromis par la bêtise humaine (et pas seulement !). C'est au cours de ces voyages temporels que Floryan va rencontrer Rain et comprendre que le destin de l'humanité est déjà tracé et qu'il risque de ne pas y avoir de retour en arrière possible. De plus, l'exergue est un extrait d'Apocalypse Now de Muse, groupe aux textes dystopiques et assez tristes.


Ce sont cette ambiance, ces personnages et ces lieux des plus originaux et si spécifiques à ce roman qui vont nous attirer inexorablement vers une fin attendue au bout d'un certain temps mais qui laisse le lecteur avec beaucoup de questions sans réponses.


Samuel, 1ère année Bibliothèques 2012-2013


Pour d'autres avis, critiques et citations :

 http://www.babelio.com/livres/Colin-49-jours-Tome-1/430504
 http://www.lexpress.fr/culture/livre/la-derniere-guerre-i-49-jours_1197142.html
 http://www.elbakin.net/fantasy/news/Fabrice-Colin-nous-parle-de-49-jours

 

 

Fabrice COLIN sur LITTEXPRESS

 

La brigade chimérique

 

 

 

 

 

Article de Céline sur La Brigade chimérique

 

 

 

 

 

FABRICE COLIN LA MALEDICTION D OLD HAVEN

 

 

 

 

 

Article de Cécile sur La Malédiction d'Old Haven

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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5 août 2013 1 05 /08 /août /2013 07:00

Antonio-Munoz-Molina-Fenetres-de-Manhattan.gif


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Antonio MUÑOZ MOLINA
Fenêtres de Manhattan
traduit par Philippe Bataillon
Seuil, 2005
Points, 2008


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Antonio Muñoz Molina est un écrivain et journaliste espagnol, né en 1956 à Úbeda, Jaén, Andalousie. Auteur  de romans, et d’un recueil nouveau, il est membre de la Real Academia Española et directeur de l’Institut Cervantes de New York. Il vit actuellement entre Madrid et New York.

 

Antonio Muñoz Molina est ici écrivain et personnage des rues de Manhattan. Il déambule dans les musées, s’installe dans les cafés va de marchés en théâtres, de quartiers en galeries d’art et en librairies. Cet auteur est convaincu que le monde est suffisamment riche, et en particulier le monde urbain, pour qu'il suffise à fournir la matière de toute une œuvre. Au cours de ses déambulations américaines, dans une ambiance de réflexion et de tranquillité qui le place dans une sorte d'extase ou de contemplation, il raconte, les cinq sens et l'âme en éveil, tout ce qu'il voit, sent, pressent ou ressent, entend et comprend.

Le récit du séjour de l’auteur débute avec le traumatisme des New-Yorkais lors de l’effondrement des tours jumelles. C’est Antonio Muñoz Molina qui nous relate le quotidien bouillonnant de la Grosse Pomme. Le récit se déroule sur un peu plus d’une année et débute le 11 septembre dans un climat de deuil et de destruction.

Par la suite, il raconte et décrit les lieux et ceux qu’il y rencontre, des anonymes et des professionnels qu’il côtoie à l’institut Cervantès où il enseigne la littérature.

 

Ce que l'Espagnol Antonio Muñoz Molina aime, à New York, ce sont d'abord les fenêtres. Du sommet des gratte-ciel de Midtown aux maisons basses mangées par les glycines du Village, quatre-vingt-sept chapitres, quatre-vingt-sept fenêtres ouvertes sur Manhattan. Les fenêtres sont le point de repère auquel il accroche son  imagination lorsque le prend le vertige, ce mal caravctéristique de New York où chaque centimètre carré semble voué au culte de la rapidité et où la verticalité des monuments vous donne le tournis.

Les « fenêtres de Manhattan », ce n'est pas seulement cette inflation des surfaces vitrées dans l'architecture contemporaine qu’on trouve à New-York grâce au développement des buildings. Elles offrent cette troublante originalité : elles ne possèdent ni volets ni rideaux. Parfois rectangles vides, elles dévoilent les vies intérieures en même temps qu'elles admettent le monde extérieur. Intérieur/extérieur, de ce côté et de l'autre, l'intime et le public, la richesse et la pauvreté, ces espaces antagonistes que la surface transparente de la fenêtre découpe sont cette ville pleine de contradictions où les destins individuels se croisent, ville considérable où chaque sentiment, chaque attitude, chaque jugement fournit la matière de croquis ingénieux. Elles reflètent tous les mondes possibles, tous les passés et tous les présents, toute la densité et diversité humaine de cette ville unique.

Antonio Muñoz Molina  regarde par la fenêtre et voit d’autres fenêtres, des tours de vitres qui séparent des êtres les uns des autres mais qui en même temps aspirent à être percées, regardées, comme dans les fameux tableaux de Hopper qui donnaient sur des scènes nettement découpées et voilées de mystère, complètes mais inaccessibles. L’art est intimement présent dans cette œuvre à travers les concerts de jazz ou la peinture d’Edward Hopper ; Molina décrit extrêmement bien avec ses mots la tristesse et la solitude des hommes cachés derrière ces fenêtres et ces vitrines.

 

Les déambulations ou promenades de l’auteur peuvent servir de guide touristique à l’instar d’un grand classique du genre Promenades dans Rome de Stendhal.

 
Constance, 1ère année Bibliothèques

 

 

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4 août 2013 7 04 /08 /août /2013 07:00

Bohumil-Hrabal-La-chevelure-sacrifiee.gif








Bohumil HRABAL
La Chevelure sacrifiée
Postřižiny
édition samizdat, 1974
traduction Claudia Ancelot
Gallimard
L'Imaginaire, 1987 et 2003
Adaptation en film
par Jiří Menzel en 1980

 

 

 

 

 

 

 

 

L'auteur

Bohumil Hrabal est né à Brno en 1914 et est mort à Prague en 1997. Il s'agit d'un des auteurs les plus importants de la littérature tchèque du XXème siècle. Il a exercé de nombreux métiers au cours de sa vie et a fini ses études de droit péniblement lors des diverses dictatures d'Europe centrale.

Il est marqué par les œuvres de Kafka, Sénèque, Camus et les contes oraux d'Europe de l'Est.

 

Son œuvre

Hrabal s'illustre notamment en décrivant de façon drôle et émouvante la vie simple des Tchèques du début du XXème siècle.

Dans Une trop bruyante solitude, Hanta est chargé de pilonner des livres interdits par la dictature communiste. Il tente alors de résumer le désespoir, la culture qui le sauve, une vie simple mais difficile qui l'attend dans un univers aussi répressif.

Dans Trains étroitement surveillés, on nous raconte la vie d'une petite gare, jusqu'à ce que le personnage principal se rende compte que les trains partent en réalité vers les camps de concentration.

Enfin, Moi qui ai servi le roi d'Angleterre est une œuvre qui évoque l'ascension sociale d'un jeune serveur au début du XXème siècle à Prague.

 

Les thèmes de l'auteur

Bohumil Hrabal met souvent en avant des personnages seuls, mais non dénués d'humour qui profitent dès qu'ils peuvent d'une vie simple autour d'une bière. À travers ses œuvres, il critique surtout les régimes totalitaires qui ont opprimé l'Europe centrale.

Hrabal évoque notamment la présence de samizdat, un système de diffusion clandestine des œuvres interdites par les pouvoirs en place. Il a lui-même publié la majorité de son œuvre de cette manière, avant d'être découvert et publié officiellement après la chute du bloc soviétique.

Il met en avant des Tziganes dans ses œuvres, peuple auquel il rend hommage et dont il dénonce la persécution permanente. Il décrit par ailleurs une histoire d'amour avec une jeune Tzigane qu'il ne reverra jamais après le passage des nazis dans Une trop bruyante solitude. Ayant exercé plusieurs petits métiers, Bohumil Hrabal sait ce qui anime les foules d'Europe Centrale.

 

L'histoire

La Chevelure sacrifiée raconte la vie de Maryska et Francin, un couple qui mène une existence simple en Tchéquie. Maryska est la narratrice de l'histoire, qui met en avant son couple dans des situations assez cocasses. Elle avoue elle-même aimer Francin, mais aussi beaucoup la charcuterie, la bière et les travaux manuels. Maryska décide ensuite de se laisser pousser les cheveux et cela va amener à des situations particulièrement étranges, à la création d'un monde onirique...

Une partie du livre explique les petits rituels de la vie et les grandes étapes initiatiques comme le mariage, et fait l'éloge des plaisir simples de la vie comme la danse ou un verre de bière.

Ce livre se base beaucoup sur les contes oraux tchèques, notamment avec la présence d'une chevelure aux pouvoirs extraordinaires.

Moins engagé politiquement que la plupart de ses œuvres, La Chevelure sacrifiée reste cependant une œuvre importante qui montre tout le complexité de l'univers de l'auteur mais également le goût pour un amusement sans cesse, pour montrer ce qui fait le véritable monde. L'auteur met en avant des personnages plutôt hors du commun, fantasques et parfois marginaux, qui deviennent à la lecture extrêmement attachants par leur vécu et leurs paroles.



Le conte populaire

La chevelure a une importance dans l'imaginaire collectif de nombreux pays, elle est symbole de féminité, d'érotisme mais également de pouvoirs surnaturels supposés.

L'auteur, au fil du texte, personnifie les objets et apporte une dimension fantastique aux situations triviales. Ainsi, l'oncle cordonnier de Francin se bat contre des monstres qui sont en réalité des souliers à réparer. Puis, à son tour, la chevelure de Maryska devient l'objet de situations étranges, ses cheveux deviennent source de problème. Les cheveux peuvent être comparés à du lierre, cette plante rampante, qui devient peu à peu envahissante.

Ce conte populaire permet de mettre en lumière les contes et superstitions de Moravie. La chevelure féminine est donc objet de controverse, accusée souvent de procurer des pouvoirs surnaturels à celles qui les laissent pousser.

La magie de cette œuvre repose sur les croyances populaires et les sentiments forts qui animent les êtres humains. L'auteur aime donner vie à des personnages hauts en couleur, fantasques, qui vivent pleinement leur vie avec fantaisie, à l'instar de Maryska, qui manie plus volontiers la hache que la machine à coudre. C'est donc le récit d'une antihéroïne qui fait appel à ses souvenirs d'enfance et mène ainsi sa vie avec force et détermination.

 

Le style de l'auteur

Les phrases sont longues, rythmées, ponctuées, foisonnantes, exprimant ainsi le rythme effréné de la vie des personnages. Hrabal revient sur le moyen d'expression qui lui est cher : la palabre. Les phrases sont ainsi de longs monologues de personnages qui semblent dialoguer avec eux-mêmes, ils se comprennent et font état de leurs pensées intérieures. La palabre peut être vue comme une discussion sans fin, émanant des pensées directes d'une personne. Cet art oral est ainsi ici retranscrit à l'écrit par Hrabal.

La Chevelure sacrifiée est une œuvre lyrique, basée sur la mémoire et la croyance populaire, qui est racontée de façon très originale par Hrabal, teinté de surréalisme. J'ai beaucoup aimé le foisonnement qui découle du texte, sa poésie naturelle et son histoire décalée qui confère une vision déjà novatrice de l'héroïne féminine, aux antipodes des contes traditionnels.

 

Citations

 

« Il faut que je vous dise que tant que mes cheveux étaient mouillés, jamais ils ne promettaient ce qui allait advenir en séchant ; dès le début du séchage on aurait cru voir naître dans leurs flots des milliers d'abeilles d'or, des milliers de vers luisants, des milliers de minuscules cristaux d'ambre étincelants. » p. 37.

[…] « il faut que je vous dise que c'était pareil le jour de notre mariage, en me mettant la bague au doigt ses mains tremblaient si fort que l'alliance est tombée par terre et a roulé je ne sais où, tant et si bien que d'abord Francin, puis les témoins ensuite les invités se sont mis à la chercher oui, même le prêtre a rampé dans l'église jusqu'à ce que l'enfant de chœur trouve l'anneau sous la chaire, cette alliance ronde qui avait roulé tout à l'opposé de là où tout la noce l'avait cherchée. » p. 41.

« Je lançais un sourire dans ces jumelles et le vent se leva des profondeurs et mes cheveux s'ouvrirent comme un éventail de plumes d'autruche, je vis des flots de cheveux se refermer autour de mes yeux, tout autour de ma personne assise il y avait un halo comme celui de la Vierge Marie aux sept douleurs de la colonne de la peste sur la place... » p. 80-81.

 

Maëlle S., AS Bibliothèques 2012/2013

 

 


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3 août 2013 6 03 /08 /août /2013 07:00

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Carmen LAFORET
Nada
traduction
Marie-Madeleine Peignot
& Mathilde Pomès
éd. Bartillat, 2004
LGF / Livre de poche, 2006
Bartillat Omnia, 2010


 

 

 

 

 

 

 

 

Carmen Laforet est née à Barcelone. Elle part à l’âge de deux ans pour les îles Canaries avec sa famille. Elle revient à Barcelone à l’âge de 18 ans. Nada, son premier roman¸ est publié en 1944 puis il remporte le prix Nadal en 1945. Aujourd’hui encore, il fait partie des livres espagnols les plus lus au monde. Carmen Laforet marque le renouveau du roman espagnol d’après-guerre. Elle meurt en 2004.



Nada : l’histoire

Le roman Nada se passe en Espagne dans les années d’après-guerre. Il est raconté à la première personne par le personnage principal : Andréa, une jeune fille de 18 ans. Andréa n’a ni père, ni mère. Elle va à Barcelone dans la famille du côté de sa mère pour faire des études de Lettres. Aller à Barcelone est son rêve mais elle est vite rattrapée par la dure réalité de la vie. Sa famille est pauvre. Elle vit dans un appartement de la rue Aribau avec sa grand-mère, une tante (Angustias), un oncle, sa femme (Juan et Gloria) et leur enfant, ainsi qu'une femme de ménage. Un autre oncle, Roman, habite dans le même immeuble, dans un appartement au-dessus. Les liens de famille sont très particuliers, ils se méprisent les uns les autres. Andrea déteste cet univers et souhaite en sortir. Elle rencontre alors Ena, une jeune fille qui fréquente la même université qu’elle et qui lui inspire beaucoup de bonheur. Naît entre les deux jeunes filles une amitié très forte. Tellement forte qu’Andréa dépense l’argent de sa bourse dans l’achat de fleurs pour la mère d’Ena même si cela la prive de repas pendant plusieurs jours. Mais Ena va commencer à passer beaucoup de temps avec Roman, ce qui ne plaira pas à Andréa. Elles vont commencer à s’éloigner l’une de l’autre. 



Les personnages

Andréa : elle n’a ni père, ni mère. Elle a honte de la famille dans laquelle elle vit. Elle n’a pas l’existence dont elle rêvait en arrivant. Elle aimerait avoir une famille comme celle d’Ena. Cette dernière devient une personne très importante pour elle. Elle lui apporte la joie qu’elle perd petit à petit dans sa famille. Elle ne veut pas qu’Ena vienne chez elle car elle a honte.

Ena : Elle se moque d’Andréa au début. Par la suite, elle va avouer ceci à Andréa : « la véritable amitié me paraissait un mythe, jusqu’à ce jour où je t’ai connue ». Elle va commencer à fréquenter Roman car c’est une personne qui l’intrigue. Sa mère avait été amoureuse de lui dans sa jeunesse. Elle se considère comme une « enfant terrible et cynique » et estime que grâce à Andréa et Jaime, son petit ami, elle peut devenir meilleure.

Angustias : Elle a un caractère très fort. Elle ne veut pas qu’Andréa reste toute seule. Elle essaye de la contrôler. Elle ne supporte pas Gloria. Elle est persuadée qu’elle a épousé Juan pour l’argent qu’il avait et qu’elle le trompe. C’est une religieuse et elle repart dans un couvent à cause d’une histoire avec son patron avec qui elle a sûrement eu une relation.

Juan : C’est un peintre qui n’a pas réussi. Il est violent, frappe souvent sa femme lorsqu’il est en colère.

Gloria : femme de Juan. Elle est mal aimée par toute la famille sauf par la grand-mère. Elle sort tard le soir pour aller gagner de l’argent ce qui lui vaut les réprimandes d’Angustias qui pense qu’elle sort pour tromper son mari. Elle dit être la seule à essayer de trouver des solutions pour gagner de l’argent. Elle est nostalgique des premières années d’amour avec Juan mais continue de l’aimer et ne souhaite pas le quitter.

Roman : Il méprise tout le monde, se sent supérieur. Il souhaite tous les contrôler. C’est un musicien. Il a un perroquet et un chien. Parfois, il disparaît pendant plusieurs jours sans dire où il va.

La grand-mère : elle est naïve. Elle ne veut pas voir que tout le monde se déteste. Elle n’aime pas quand les membres de sa famille se mettent en colère les uns contre les autres.

 

Les thèmes

 

– La pauvreté

– La famille

– L’amitié

 

Tous ces thèmes se rejoignent autour de la déception d’une jeune fille lorsqu’elle est confrontée à la réalité. Ils sont soit responsables de cette déception (elle a une famille qui lui fait honte, elle voudrait mieux) soit porteurs d’espoir (l’amitié avec Ena lui permet de changer d’air, de découvrir un autre style de vie).  La ville est décrite  de manière assez péjorative ; Andréa la perçoit d’abord comme « la grande ville adorée en rêve », puis une fois qu’elle y habite, elle est déçue. Elle se rend compte que la réalité n’est pas du tout comme ce qu’elle souhaitait. Au final, elle est contente d’en partir. Elle va vers un nouvel espoir. Même si le ton roman est plutôt triste, à la fin l’espoir revient.



Avis personnel

J’ai beaucoup aimé ce roman que j’ai découvert par hasard. Les sentiments d’Andréa envers sa famille et ses amis, tout particulièrement pour Ena sont très bien décrits. On voit aussi bien à quel point les liens de famille sont instables. Ce roman a une part de réalité.


Emmanuelle, 2e année Bibliothèques

 

 

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2 août 2013 5 02 /08 /août /2013 07:00

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Kathrine KRESSMANN TAYLOR
Inconnu à cette adresse
Address Unknown
Traduction Michèle Lévy-Bruhl
Éditions Autrement, 2002 et 2009
LGF/Le livre de poche jeunesse, 2002
J’ai lu, 2012
Flammarion, Étonnants classiques, 2012
Flammarion jeunesse, 2012

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Résumé de la 4ème de couverture

 

Mon cher Max… Mon cher Martin

Du 12 novembre 1932 au 18 mars 1934, entre l’Allemagne et les États-Unis, deux amis s’écrivent. Max, l’Américain, parle de sa solitude depuis le départ de son ami ; Martin, l’Allemand, lui raconte sa nouvelle vie dans une Allemagne qu’il peine à reconnaitre tant elle est défigurée par la misère. Au fil des lettres, inexorablement, Martin et Max s’éloignent l’un de l’autre. D’autant que Max est juif…

 

 

L’auteure et l ‘œuvre 

Kathrine Kressmann Taylor est née a Portland en 1903 et morte en 1986. Elle a fait des études de littérature et de journalisme à l’université et commence à écrire et à publier dans des journaux littéraires. À son mariage avec Elliott Taylor elle devient femme au foyer.

C’est en 1938 qu’elle écrit et publie Inconnu à cette adresse dans Story Magazine. Mais son éditeur et son mari considèrent que « cette histoire est trop forte pour avoir été écrite par une femme ». C’est pourquoi elle prendra le pseudonyme de Kressmann Taylor.

Le texte sera publié dans plusieurs magazines et en livre en 1939. Il sera interdit en Autriche et en Allemagne. Elle va écrire plusieurs ouvrages et deviendra la première femme professeur titulaire au collège de Gettysburg en Pennsylvanie.

C’est en 1995 que Story Press va rééditer Inconnu à cette adresse et c’est là que la nouvelle va connaître un succès retentissant. Elle sera traduite en vingt langues. Elle sort en France en 1999 et en Allemagne en 2001.

Kressmann Taylor va vivre sa dernière année sous les feux des projecteurs.

Depuis un an, le texte est joué au théâtre avec un particularité : les deux rôles sont tenus par des acteurs différents tous les mois.



Un roman épistolaire

Le roman tire sa première originalité de sa forme. Il est composé d’un échange d’une vingtaines de lettres écrites entre 1932 et 1934. Ces lettres mettent en évidence l’évolution de la relation entre les deux amis, qui va évoluer en même temps que l’Histoire. Une seule lettre a une forme différente car il s’agit d’un télégramme qui témoigne d’une rupture définitive entre les deux amis dont la relation va passer de l’amour à la haine.



Une amitié qui se brise au fil des lettres

Dans les premières lettres, on remarque une amitié sincère entre les deux hommes. Martin raconte sa vie dans une Allemagne en reconstruction après la Première Guerre mondiale. L’autre, Max, qui tient leur galerie d’art commune, parle de sa solitude. Nous sommes alors en 1932.

Mais dans la lettre du 21 janvier 1933 Max s’inquiète de l’ascension d’Adolf Hitler : « Qui est cet Adolf Hitler qui semble en voie d’accéder au pouvoir en Allemagne ? Ce que je lis sur son compte m’inquiète beaucoup ».

C’est à ce moment-là que la réponse de Martin donne un premier indice au lecteur sur ce qui va arriver : « je crois qu’à nombre d’égards Hitler est bon pour l’Allemagne mais je n’en suis par sûr ».

Un troisième personnage fait alors son apparition dans les lettres : Griselle, la sœur de Max. Martin va refuser de la protéger parce qu’elle est juive. Elle va mourir et la haine va apparaître à travers une vengeance épistolaire.

C’est en effet par ses lettres que Max va faire assassiner son « ami ». Il s’efforce de le compromettre aux yeux de la censure en faisant croire qu’il est juif : « que le Dieu de Moïse soit à ta droite ».

La dernière page représente une lettre avec la mention “ Inconnu à cette adresse ” et nous laisse pensée que Martin a été assassiné.



Une page de l’Histoire

Cette histoire est fondée sur une vraie relation épistolaire entre un Allemand et un Américain juif. Le reste est inventé. Mais la base historique est évidemment réelle et compte tenu de l’année où a été écrite la nouvelle, 1937, assez visionnaire par rapport à se que l’on savait à l’époque et à ce qui va se passer ensuite.

Cela prouve aussi que certains Américains en savaient plus que bien des Européens sur ce qui se passait en Allemagne, notamment les menaces qui pesaient sur tous ceux qui avaient des contacts avec les juifs. On remarque toutefois que l’auteure ne juge pas les Allemands ; elle cherche plutôt à comprendre comment ils ont pu se faire embrigader de cette manière.

En conclusion, Inconnu à cette adresse est un roman très fort, dont la forme épistolaire porte un texte intense riche d’une part historique importante et visionnaire pour l’époque.


Pauline, 2ème année Bibliothèques

 

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1 août 2013 4 01 /08 /août /2013 07:00

Henning-Mankell-Les-chaussures-italiennes.gif


 

 

 

 

 

 

Henning MANKELL
Les Chaussures italiennes
traduit du suédois
par Anna Gibson
Seuil, octobre 2009
Points, février 2011



 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ce roman de Henning Mankell relate l'histoire d'un homme, Fredrick Welin, âgé de soixante-six ans, qui vit reclus sur son île à l'abri de tout contact humain et avec pour seule compagnie une vieille chienne et une vieille chatte. On se trouve ainsi plongé en plein hiver dans le froid très nordique de la Baltique. Bien entendu, notre héros, que l'on devrait plutôt nommer antihéros, va voir sa retraite bouleversée par l'arrivée de la femme qu'il a abandonnée quarante ans auparavant.



Il est cependant nécessaire de s'intéresser à son auteur afin de mieux comprendre toute l'ampleur et l'influence de son œuvre.

Mankell est un auteur suédois né en 1948. Il a connu une enfance difficile, abandonné par sa mère et élevé par un père juriste. Son rêve était de devenir artiste et voyageur, c'est ainsi qu'il part pour Paris dès ses seize ans, ainsi que pour l'Afrique, où il continuera à se rendre régulièrement. En Afrique, il va d'abord en Guinée Bissau, puis en Zambie, dans les années 70, et enfin, dès 1985, au Mozambique où il va diriger l'unique troupe de théâtre professionnelle du pays. Il dit souvent qu'il partage sa vie entre la Suède et le Mozambique, un pied dans la neige et l'autre dans le sable. Il est devenu célèbre, non pas pour ses romans, mais pour ses polars avec notamment le célèbre inspecteur de police suédois, Kurt Wallander. Cet inspecteur est pour Mankell un moyen d'exprimer ses réflexions de dramaturge et de metteur en scène sur le devenir d’un modèle socio-économique proche de la disparition suite à la chute du mur de Berlin. Il veut toucher ses compagnons, faire partager ses doutes, ses désillusions ; c'est pourquoi il choisit le genre policier, miroir parfait de la société. En 2008, Mankell publie un livre, Profondeurs, où il médite sur le mensonge en mêlant différents genres comme le théâtre et le roman policier. Il parle des hommes, des femmes, de la solitude, de la peur, de l'amour et de la rédemption. Tous ces thèmes, nous les retrouverons dans Les Chaussures italiennes.



Dans ce roman, on découvre un personnage atypique, un vieillard que l'on pourrait qualifier d'invivable et d'asocial. Son unique lien avec le monde extérieur se fait par le biais du facteur de l'archipel, archipel où l'habitant le plus jeune a une cinquantaine d'années. Certains faits nous sont inconnus au début de l’œuvre mais l'auteur les dévoile au fur et à mesure que nous nous familiarisons avec le personnage principal. On sait par exemple que ce vieil homme s'est éloigné de toute civilisation à cause d'une faute qu'il a commise quand il était chirurgien ; c'est bien plus tard qu'on va en découvrir la raison, tout comme la mystérieuse présence d'une fourmilière dans le salon de ses grands-parents. C'est dans la solitude la plus profonde et la lenteur révélatrice de la monotonie de son quotidien que nous nous trouvons plongé. Fredrick Welin a laissé sa vie en suspens ; il apparaît comme un lâche, c'est pourquoi il est difficile de ressentir de la compassion face à sa situation ; il a toujours fui, ce dont il prend pleinement conscience lorsque sa vie va être chamboulée par l'arrivée de la femme qu'il a abandonnée.

Le roman commence par l'activité quotidienne très étrange à laquelle se livre cet ancien chirurgien : chaque matin, il creuse un trou dans la glace et s'y plonge pendant quelques instants. Il explique que, pour se sentir vivant, il soumet son corps à cette épreuve afin de rendre plus supportable le froid extérieur très vif mais également un froid pire encore, le froid intérieur de la solitude qui est semblable à une mort lente et amère. Il se met en retrait sur son île mais espère lâchement que quelqu'un viendra le chercher, il est incapable de prendre la moindre initiative à moins d'y être contraint.

 

« Au fond je l'espère peut-être, ce quelqu'un, ombre noire dans l'immensité blanche qui me verra un jour et se demandera s'il ne faut pas intervenir avant qu'il ne soit trop tard. Pour ce qui est de me sauver en tout cas, c'est inutile. Je n'ai pas de projets de suicide. »

 

C'est ainsi qu'arrive la femme qu'il a abandonnée quarante ans plus tôt ; elle apparaît comme un messie, traversant le lac gelé avec son déambulateur, trait caractéristique de l'humour noir présent tout au long du roman. Cette femme, on l'apprend rapidement, souffre d'un cancer et est déjà en phase terminale. Elle exige de Fredrick Welin qu'il tienne sa promesse, faite quand ils étaient encore ensemble, de lui montrer le lac forestier où il était allé avec son père. Les décors qui défilent pendant le voyage pour aller jusqu'au lac, les paysages enchantés que le froid revêt de magie expriment avec brio à la fois les sentiments des personnages, la tristesse, la solitude, la gêne,  interrompus par intermittence par les excès de fatigue dus à la maladie d'Harriet.

 

« – Tu as froid ?

Sa voix était calme quand elle m'a répondu :

– Toute ma vie, j'ai eu froid. J'ai recherché la chaleur partout, dans les désert et les pays tropicaux, mais j'ai toujours eu une petite stalactite accrochée au-dedans. Beaucoup de gens trimballent du chagrin, d'autres des inquiétudes. Moi, c'est une stalactite. Toi, c'est une fourmilière dans le salon d'une maison de pêcheur. »

 

La première partie se termine par l'accomplissement de la promesse et par un nouveau départ, cette fois, pour rencontrer la fille d'Harriet, Louise, qui se révélera être la fille cachée de Fredrick Welin.

La rencontre entre le père et la fille est froide, distante, presque anodine pour ces deux personnages. Même s'ils ne se sont jamais rencontrés auparavant ils sont dès le début liés puisqu'ils mènent tous les deux des vies marginales. Louise est une jeune femme habitant dans une caravane perdue dans la forêt, avec des amis bohèmes, un grand bottier italien, un violoniste, avec qui elle fait des combats de boxe quand le temps est clément. Sa principale activité est d'écrire à tous les grands dirigeants de ce monde pour protester contre les injustices, les éclairer sur des problèmes.

 

« – Je vais créer une entreprise. Mes amis boxeurs et moi, nous en serons les actionnaires. Nous allons commencer à vendre ces nuits scintillantes silencieuses. Un jour, nous serons milliardaires. »

 

Ici encore, le vieux chirurgien fait preuve de lâcheté puisque par un excès de colère, il abandonne les deux femmes. Mais ces rencontres sont pour lui un retour à la vie ; même s'il se terre à nouveau sur son île, il est maintenant incapable de vivre coupé du monde. C'est le dégel intérieur et extérieur, l'annonce du printemps, avec notamment un long processus de souvenirs oubliés qu'il tente de retrouver. Le vieil homme entreprend de corriger ses erreurs passées ; on apprend alors pourquoi il a arrêté d'exercer sa profession. Lors d'une intervention qui devait être simple et par un enchaînement fatal, une jeune femme, Agnès, se voit amputée du mauvais bras. Il reprend contact avec elle pour se faire pardonner d'avoir brisé sa vie. Agnès, pour cacher son mal-être, décide d'héberger des jeunes filles en marge de la société qui sont dans une situation et un désarroi pires que le sien, comme Sima qui se donnera la mort avec son épée de samouraï.



Le temps passe et les liens se reforment aussi car peu avant le solstice d'été, Harriet va réapparaître avec sa fille et sa caravane sur l'île du vieillard. Une autre demande est formulée ; Harriet souhaite assister à une grande fête pour le solstice, alors qu'elle est plus transparente que jamais. Cette fête demandera au vieil homme asocial de prendre contact avec le peu de personnes qu'il connaît. Toute cette période est propice au renforcement des relations humaines. Il apprend à connaître sa fille même s'ils sont tous les deux dans l'attente de la mort d'Harriet pour leur propre soulagement – les crises de douleur sont éreintantes – et aussi pour celui de la malade qui mérite de trouver le repos après tant de souffrances. À sa mort, ils vont organiser à leur manière les funérailles, un hommage, sans qu’aucune institution extérieure puisse les contraindre à faire quelque chose, dans une entière intimité.

Suite au décès de la femme qu'il avait abandonnée par peur de son amour chaque jour croissant pour elle, et du départ de sa fille pour une quelconque manifestation, l'ancien chirurgien se trouve à nouveau seul, sauf qu'il est incapable de vivre dans l'isolement après avoir côtoyé tant d'amour et d'amitié. Il prend alors conscience des douze années perdues pour toujours lorsqu’il s'est exclu sur son île ; il comprend l'arrogance de son enfermement et décide de redonner un sens à sa vie même s'il se rapproche à grand pas de la mort à laquelle il a assisté plusieurs fois au cours de l'année. En effet, la mort est très présente dans ce roman, elle apparaît sous plusieurs formes, par exemple quand il se rend au lac avec Harriet, ils découvrent en chemin un chien errant qui va les conduire jusqu'à sa maîtresse, morte de vieillesse dans le plus grand silence ; on assiste également au suicide d'une adolescente pour échapper à une souffrance qu’on ne peut dire ni jamais oublier ; bien évidemment on suit la mort d'Harriet, lente et douloureuse, ou encore la mort de la vieille chienne et de la chatte de Fredrick Welin.

Quand l'ancien chirurgien est sujet à des douleurs fulgurantes dans la poitrine, cela ne fait aucun doute pour lui, sa fin est également proche. Mais pour la première fois, il résiste, on sent en lui un désir de vivre, de profiter d'une vie qu'il a lui-même gâchée, c'est comme un moyen de se faire pardonner de sa non-existence. Au printemps, il reçoit de sa fille une paire de bottes faites par un grand bottier italien, signe matériel d'une grande importance dans le récit. Effectivement, les objets comme les chaussures, la caravane, la fourmilière, l'épée de samouraï et tant d'autres permettent aux personnages de s'accrocher à quelque chose de concret, qui les tient en vie, qui est leur symbole, qui les caractérise, les chaussures pour avancer, l'épée pour se protéger. La fourmilière est à part mais sa signification n'en est pas moins importante puisqu'elle représente une chose en mouvement, qui gagne du terrain, une force sombre qui grignote la maison et ronge le personnage. Le vieil homme fait quelque chose de très symbolique : en la déplaçant hors de la maison, sur une plage abandonnée, il prend la décision de ne plus se laisser ronger intérieurement mais de profiter pleinement du temps présent.

Autre élément symbolique, la place des femmes est essentielle car chacune est un nouveau tournant dans l'existence du vieil homme, qui pourtant ne peut s'empêcher en premier lieu d'agir comme un rustre à la limite de l'indécence et de l'immoralité.



Ce roman de Mankell à la fois sombre, plein d'espoir, de tendresse, de défaite et doté d'un humour noir très acide, montre la vie dans toute sa cacophonie avec des personnages à la dérive, en marge de la société, condamnés à la solitude, à l'incompréhension, la violence et la mort. On réalise que chacun est porteur d'une souffrance et qu'il livre un combat quotidien, pour Fredrick Welin par la recherche de soi. C'est un hymne à l'humanité où parfois la vie commence par la reconstruction.

 

« Il y a toujours quelque chose qui reste, au milieu du changement. Il y a toujours une petite vieille qui a froid sur un banc, sous un pommier. »

 

La traduction est pour moi le seul défaut de ce roman plein de vie. On sent tout au long de l'histoire que le récit n'est pas naturel ; on a comme une impression de malaise. Peut-être que le traducteur voulait être au plus près du texte original même si cela donnait un français peu fluide. Dans un sens cela nous permet de sentir directement le style de l'auteur.


Chloé, 1ère année Édition-Librairie

 

 

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31 juillet 2013 3 31 /07 /juillet /2013 07:00

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Terry GOODKIND
L’épée de vérité
t1, La première leçon du sorcier
Titre original : The Sword of Truth,

Wizard's First Rule (1994)
Traducteur
Jean-Claude Mallé
Bragelonne, 2003
J’ai Lu, 1998


 

 

 

 

 

 

L’épée de vérité est une série comprenant pour l’instant treize tomes plus une préquelle. La série s’arrête à la fin du onzième tome mais Terry Goodkind a repris ses personnages, comme il est courant de le faire maintenant, pour continuer l’histoire.

 

 

Dette d’os

1) La Première Leçon du sorcier

2) La Pierre des larmes

3) Le Sang de la déchirure

4) Le Temple des vents

5) L’Âme du feu

6) La Foi des réprouvées

7) Les Piliers de la création

8) L’Empire des vaincus

9) La Chaîne des flammes

10) Le Fantôme du souvenir

11) L’Ombre d’une inquisitrice

12) La Machine à présages

13) La loi des neuf

 

L’auteur

Terry Goodkind est né en 1948 à Omaha, dans le Nebraska. Il y a poursuivi des études d'art afin de se spécialiser dans la représentation de la faune et de la flore. Dyslexique, la lecture était pour lui une torture. Il fallut tout l'encouragement de ses professeurs pour qu'il y prenne goût et qu'il puisse transcrire ses mondes imaginaires. Cependant son parcours professionnel a été pour le moins particulier. Avant de devenir écrivain il a été tour à tour charpentier, luthier et restaurateur d'antiquités et d'objets précieux. En 1983, il part s'installer avec son épouse Jeri dans les montagnes boisées sur la côte du Maine, où il fait construire sa maison. C'est là que, dix ans plus tard, il rédigera face à la mer son premier roman, La Première Leçon du sorcier, dont l'immense succès lancera définitivement sa carrière d'écrivain.

Il est aussi l’auteur d’un autre livre qui n’est paru qu’aux États-Unis, The Hinges of Hell. L’épée de vérité a donné lieu à une série télévisée, Legend of the Seeker : L’Épée de vérité, qui est diffusée depuis octobre 2009 en France. Elle retrace les deux premiers romans de la série.

Source : Wikipedia

 

Résumé

Une seule terre est séparée en trois pays : D’Hara, Terre d’Ouest et les Contrées du Milieu. Une frontière empêche toute communication et passage entre ces pays, notamment grâce aux terrifiants animaux qui la gardent, mais elle s’est affaiblie et D’Hara déclare la guerre aux Contrées du Milieu. Kahlan, Mère Inquisitrice, détenant de grands pouvoirs (en touchant une personne elle peut lui faire tout avouer mais en le faisant son esprit se détruit), est crainte à cause de cela, passe en Terre d’Ouest par un passage méconnu pour aller chercher le Sorcier de Premier ordre qui pourrait aider dans cette guerre. Elle rencontre alors Richard et son grand-père, Zedd, qui l’aideront contre ses ennemis. Elle découvrira alors que Zedd est le Sorcier ; il nommera Richard Sourcier de Vérité et lui donnera une épée qui agit au seul nom de la vérité. Il aura pour mission d’arrêter Darken Rahl qui veut envahir les Contrées et donc sauver l’humanité, pour ne pas que le monde ne plonge pas dans le royaume du Gardien, celui des morts. Ils devront ensemble affronter de nombreux dangers et apprendre à se connaître.

 

« Un Sourcier est un homme – parfois une femme – qui n’a de comptes à rendre qu’à lui-même. Sa seule loi, c’est ce qu’il pense. L’Épée de Vérité lui revient et elle fera tout ce qu’il lui demande. Dans les limites de sa propre force, il peut contraindre n’importe qui à répondre à ses questions. »
 

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Les leçons du sorcier

 

1)      « Les gens ont tendance à tenir pour vrai ce qu'ils souhaitent être la vérité ou ce qu'ils redoutent être la vérité. »

2)      « Les pires maux découlent des meilleures intentions. »

3)      « La passion domine la raison. »

4)      « Absoudre, c'est donner aux autres. Mais aussi recevoir d'eux plus que ce qu'on leur a offert.»

5)      « Rappelle-toi ce que les gens font, et pas seulement ce qu'ils disent, car les actes trahiront un mensonge.»

6)      « Le seul souverain dont on doit accepter le joug est la raison.»

7)      « La vie est le futur, pas le passé.»

8)      « Mérite la victoire. »

9)      « Une contradiction ne peut exister, ni en partie, ni en entier. »

10)  « S'écarter volontairement de la vérité est une trahison envers soi-même. »

11)   La dernière règle n'est pas une règle écrite, elle n’est pas énoncée clairement dans le livre.

 

 

Les personnages

Les personnages principaux sont Richard, le sourcier, Kalhan la Mère Inquisitrice qui deviendra sa compagne et détient un pouvoir très fort qui fait peur aux gens. Il y a aussi Zedd, le grand-père de Richard, le Sorcier de Premier ordre. Dans le premier tome, l’ennemi est Darken Rahl puis, dans les autres tomes, ce sera Jagang. On retrouvera aussi, tout au long, des Mord Sith qui sont des femmes élevées pour faire souffrir les gens.

Je trouve que le problème des personnages est qu’ils sont trop « noirs » ou trop « blancs », ils ne sont pas assez travaillés. En effet, Richard, Kahlan, Zedd sont gentils et on a l’impression qu’ils n’ont pas de défauts. C’est pareil avec les méchants comme Darken Rahl ou Jagang ; on les déteste parce qu’ils font le mal, sont cruels, on ne peut même pas avoir de compassion pour eux. La seule personne qui semble plus réelle car elle paraît plus humaine puisqu’elle a des qualités et des défauts est Nicci. On est dans sa tête, on suit son raisonnement, on sait pourquoi elle en est arrivée là et on peut la prendre en pitié.

« Ne laisse jamais une fille choisir ton chemin à ta place quand il y a un homme dans son champ de vision. »

 

L’histoire et les thèmes

L’histoire passe par une quête de vérité tout au long des péripéties. Cette quête est associée à une recherche de liberté ainsi qu’à un pouvoir juste qui ne réduit pas les peuples en esclavage et ne les catégorise pas selon certaines caractéristiques. De longues réflexions sont menées à partir de détails que parfois on ne perçoit pas et qui nous obligent à relire le passage pour mieux comprendre les raisonnements qui peuvent être un peu tordus au premier abord.

Les thèmes abordés sont la vérité – ils sont toujours en quête de liberté ; qu’elle soit facile ou pas, c’est leur but ultime : que le monde soit libre et qu’il n’ait à subir aucun joug. Il y a les relations qui se tissent entre les personnages – elles peuvent être amoureuses ou juste amicales –, la confiance : une grande partie du livre est fondée sur la confiance qu’ils s’accordent les uns aux autres que ce soit pour quelque chose qui n’a presque pas d’importance ou pour leur vie.

« Parfois, un truc bien fait est plus efficace que la magie. J’irais même jusqu’à dire qu’un bon truc est de la magie ! »

 

 
Avis personnel
 
C’est un livre qui nous entraîne, après la lecture de plusieurs chapitres. On veut toujours savoir la suite. On est pris par les personnages et le tourbillon d’aventures qui les entraîne. Par contre, ce que je trouve dommage, c’est d’abord, comme je l’ai dit ci-dessus, que les personnages ne sont pas assez approfondis mais aussi qu’on se doute dès le début de comment cela va finir.

J’ai essayé de regarder la série pour la comparer aux livres, mais je n’ai pas du tout accroché. Je trouve qu’elle n’est pas fidèle, à part quelques personnages.

 
Alice S., 2ème année édition-librairie

 

 


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Published by Alice - dans fantasy
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