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18 octobre 2011 2 18 /10 /octobre /2011 07:00

En-inquietante-compagnie.gif

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Carlos FUENTES
En inquiétante compagnie
Titre original : Inquieta Compania
Traduit de l'espagnol (Mexique)
par Céline Zins
Éditions Gallimard, 2007

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Biobibliographie de Carlos Fuentes : http://www.centrenationaldulivre.fr/?Carlos-FUENTES

 


Carlos Fuentes : Inquiétante ou bonne compagnie ?

 

Il était une fois des histoires banales, sans rien de bien extraordinaire : un homme secrètement amoureux d'une jeune actrice, une fille qui ne supporte plus ni sa mère, ni la chatte de celle-ci, un jeune homme qui rend visite à ses deux vieilles tantes, deux étudiants qui tombent amoureux et se marient, un médecin qui rend visite à un malade et un nouveau voisin qui arrive dans le quartier.

En quelques nouvelles, Carlos Fuentes dépeint des paysages mexicains, des villes du Vieux Continent, et d'autres du Nouveau Monde. Il invite en effet le lecteur à un voyage, un périple dans son pays, le Mexique, et dans l'histoire de celui-ci. Les lieux sont reconnaissables : un quartier huppé de Londres ou le centre-ville de Mexico.

C'est après avoir entamé les premières pages du recueil que le lecteur commence à ressentir une gêne, un malaise. On ne se rend pas compte tout de suite que cet ouvrage nous a fait passer une porte, un portail vers un monde étrange, malveillant, effrayant, vers un univers peuplé de dangers visibles et invisibles.

En effet, les protagonistes vont tous vivre une expérience surprenante, voire terrifiante : la peur, la folie, l'impossible s'insinuent entre les lignes. Carlos Fuentes flirte avec la folie, le surnaturel, le fantastique.

Il s'est fortement inspiré des romans gothiques pour créer les décors, les personnages et les situations. À la lecture des nouvelles de ce recueil, on retrouve en effet tout un panel de stéréotypes issus de ce mouvement littéraire du XVIIIe et du XIXe siècle : château hanté, crypte et vampires dans « Vlad », maison décrépie baignant dans la folie, digne de la chute de la maison Usher de Poe dans « En bonne compagnie », personnages torturés, hantés par un lourd passé et revenants dans « La Belle au bois dormant ».

La Mort s'invite invariablement dans les différents récits, au point de devenir un personnage à part entière. Elle s'insinue dans la narration, entraînant dans son sillage une ribambelle de spectres, de morts qui ont bien du mal à rester dans leur monde : ils s'invitent sous forme d'hallucinations, de rêveries nocturnes et éveillées. Le lecteur est malmené, désorienté : les morts évoluent parmi les vivants, on ne les différencie plus les uns des autres, la frontière entre les deux est abolie.

Carlos Fuentes s'amuse à maintenir le doute dans ses nouvelles : folie ou surnaturel, surnaturel ou folie ? Celle-ci s'insinue dans la narration, on se met à douter du narrateur : est-il victime de visions, de fantasmes ? Sommes-nous les victimes d'une démence grandissante, les victimes d'un manipulateur ou les morts viennent-ils réellement chercher vengeance ?


Cette ambivalence, ce doute omniprésent, le lecteur les ressent énormément dans la troisième nouvelle du recueil, « En bonne compagnie » :

Le jeune Alejandro de la Guardia quitte Paris pour Mexico, où l'attendent ses deux vieilles tantes revêches qui cohabitent sans se parler ni se croiser dans une antique demeure délabrée à l'odeur de moisi. Elles le mettent en garde : personne à l'extérieur de la maison ne doit savoir si elles sont mortes ou vivantes.

Le passage entre le naturel et le surnaturel, le bon sens et la folie est symbolisé par la porte d'entrée, passage que le jeune homme a interdiction d'emprunter. Les deux vieilles tantes lui ont en effet chaudement recommandé de n'emprunter que celle de derrière, et ce sans lui donner plus d'explications. La maison, la porte, entités vivantes au même titre que les tantes, tissent une atmosphère pesante dans cette nouvelle, invitant le lecteur à plonger dans la folie en compagnie du héros.

En inquiétante compagnie est un recueil déroutant à l'ambiance noire, parfois glauque. Fuentes s'amuse à faire peur au lecteur, jouant avec les codes et les stéréotypes du mouvement littéraire gothique. Des histoires étranges qui pourraient rebuter certains lecteurs non adeptes du genre… Par contre, les autres devraient passer un bon moment.


Laure, A.S. Bib.-Méd. 2011-2012



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17 octobre 2011 1 17 /10 /octobre /2011 07:00

 Dimanche 2 octobre 2011

 

Présentation de son premier roman,  

Le vestibule des causes perdues,

paru aux éditions Delphine Montalant en février 2011.
Manon Moreau Le vestibule des causes perdues

 

 

Résumé éditeur

« C'est l'histoire de Mara, de Robert, de Sept Lieues, d'Henrique, de Bruce, de Clotilde, de cet homme qu'on appelle Le Breton, de Flora et d'Arpad. Un retraité, un joueur de guitare, un cow-boy, un exégète de Claude Simon, une brunette maigrichonne, un taiseux, une grande bourgeoise fatiguée, un gars que la vie un jour a pris pour un punching-ball... L'histoire de gens qui dans leurs existences urbaines n'avaient aucune chance de se croiser, mais qui tous, un jour, chaussent de grosses chaussures, enfilent un sac à dos, et mettent le cap vers les confins de l'Espagne, le bout du monde, la fin de l'Europe : Saint-Jacques-de-Compostelle.

 

Sans se douter que ce chemin vieux comme les contes emporte ceux qui l'arpentent bien plus loin que ce qu'ils pouvaient imaginer.

C'est un peu l'histoire de la tour de Babel, sauf que cette fois, ce sont les hommes qui auraient eu le dernier mot. »




En cette fin de dimanche après-midi radieuse, rien de tel que de s'arrêter au café littéraire pour « partir » : c'est Manon Moreau qui est à l'honneur pour clôturer ce Lire en Poche où l'on se plaît à venir flâner.

La salle est comble, essentiellement de pèlerins « amis de Saint Jacques » en activité ou retraités. Chacun veut en savoir plus sur cette jeune romancière qui fait fraîchement partie de la famille. Famille, oui, car cela ne fait aucun doute, quelque chose d'indicible et d'impalpable réunit toutes ces personnalités, indépendamment de leur âge ou de leur appartenance sociale.

C'est avec émotion et une certaine fierté que Monsieur Bernard Latour, vice-président de l'association des amis de Saint Jacques de Compostelle de Gradignan et conseiller municipal en charge de l'animation de la ville, a endossé le rôle de médiateur de cette rencontre. Même s'il s'efforce de vouvoyer Manon pour la forme, il s'attache à préciser qu'un « tu » risquera bien de lui échapper.


C'est dans cette atmosphère intimiste et conviviale propre au salon que la rayonnante Manon se dévoile à nous. À vingt-neuf ans, elle travaille comme pigiste et fait désormais partie d'une nouvelle famille, les pèlerins.



Le chemin, centre de toutes les attentions, de toutes les interrogations et fil rouge reliant chaque pèlerin, Manon l'a emprunté deux fois.

Quatre cent trente sont passés à Gradignan depuis le mois de janvier. L'an dernier, trente-sept mille à Saint Jean Pied de Port.
 
Mais que va-t-on donc chercher, sur ce chemin ? Il n'y a pas de réponse universelle, commune. On part.

« C'est, selon Manon, propre à chacun. Sur le chemin, certains ne disent pas pourquoi ils sont là car c'est trop secret, parce que c'est une petite blessure qui n'appartient qu'à eux. Certains le disent, ils sont là car ils sont à la retraite, ou parce qu'ils ont besoin de faire du sport. Mais les vraies raisons de départ sont souvent plus souterraines et très touchantes. »

Beaucoup sont récidivistes... Il faudrait énumérer tous les bonheurs du chemin pour comprendre. « C'est la liberté pour bien des choses, on est juste en charge de marcher et de se nourrir. Mais surtout, on est débarrassé de tous ses oripeaux sociaux, et c'est très important dans la comédie sociale que l'on vit quotidiennement. Reprendre le rythme de la vraie vie, ne plus avoir le soleil dans la figure le soir... C'est très violent. »

Ça prend du temps, de rentrer. Certains ne rentrent même jamais. Les pèlerins sont des récidivistes, tout le monde vous le dira, aucun n'est parti une seule fois. Il appartient à chacun d'y trouver ce qu'il veut.



Mais alors... « Encore un pèlerin qui a fait Saint-Jacques, qui a posé son sac, et qui va raconter, étape par étape, son pèlerinage. Il y en a des centaines, il y en a de très beaux », nous dit Bernard Latour.

Eh bien pas du tout, c'est un roman.

Ne nous y trompons pas, le vestibule ne risque pas de se noyer dans la production de récits de pèlerinage. Manon nous met en garde, « c'est une chose à laquelle je tiens beaucoup. Ce sont les rencontres de personnalités différentes, le mélange des langues, qui, quand j'étais pèlerine, me faisaient penser au mythe de la Tour de Babel. J'y ai vu une matière romanesque réelle qui méritait plus que d'écrire un récit supplémentaire. Ce n'est absolument pas le récit de mon chemin ».



« Les personnages, Manon, je m'y suis retrouvé, à l'intérieur... », nous confie Bernard Latour. Il n'est pas le seul. Une amie de l'auteure a même décidé de partir sur le chemin à la rencontre de l'un des personnages, une hospitalera, avec laquelle elle se sentait extrêmement liée. D'où son incroyable déception lorsque Manon lui a révélé que ce n'était que fiction !

« Ces personnages me préexistaient quelque part. Je ne les ai pas rencontrés, explique Manon, ce sont des personnages de fiction, des personnages de roman. »


Quant au titre, Manon l'a choisi car elle le trouvait phoniquement beau, il créait « une jolie musique de mots qui méritait d'être un titre ».



Au-delà de la présentation du roman, une idée revient, récurrente : sa relation avec son éditrice, « éditrice régionale », se risque à glisser Bernard Latour. Manon rectifie immédiatement : « Delphine est présente sur le Salon et elle anime en ce moment une rencontre, mais elle bondirait de sa chaise en disant : je suis une éditrice en région mais je ne suis pas une éditrice régionale ».

En effet, si elle tient tant à cette distinction, c'est parce que Delphine a créé sa maison d'édition aux alentours de Paris en 2002 et était donc déjà éditrice quand elle est venue s'installer dans le Médoc il y a sept ans de cela. Romans, nouvelles, jeunesse ou régionalisme, l'éditrice s'illustre dans un large panel de publications. Ce qui importe, c'est le coup de cœur, et elle en a eu un lorsqu'elle a reçu et lu le manuscrit du Vestibule.

« Même sa lettre de présentation m'a envoûtée et charmée », me confiera Delphine. La notion d'appartenance à une famille éditoriale a énormément d'importance pour l'éditrice, qui n'édite jamais un auteur s'il ne se sent pas rattaché à lui.

Manon connaissait déjà la maison d'édition pour en avoir lu quelques publications, c'est pourquoi elle s'est sentie « chez elle » avant même d'être éditée par Delphine.

« Je fais de l'édition pour faire des rencontres ; avec Manon, j'ai vraiment été gâtée. Depuis la sortie de son premier roman, les signatures et les rencontres se sont multipliées un peu partout en France, nous avons donc partagé bien plus que des relations professionnelles et avons vite été très proches. Ce sont les hasards heureux de la vie. ».


« C'est une éditrice merveilleuse. Éditer un livre, c'est une chose, mais l'éditer dans ces conditions, avec une éditrice qui vous accompagne, qui sait ce qu'elle veut tout en étant respectueuse de ce que vous, vous avez écrit, et qui fait un beau livre... c'est merveilleux. »

Ce sont de très belles conditions pour publier un premier roman, et ce n'est pas Karine Fougeray, également présente sur le Salon, publiée à plusieurs reprises par Delphine, qui pourra dire le contraire.



De salon en salon et de rencontres en rencontres, Manon fait désormais office de spécialiste pour ce qui est de remplir le sac à dos. Son roman fourmille de détails pratiques croustillants. Aujourd'hui, elle est prête à retourner sur le chemin : «  Je m'en veux beaucoup de prodiguer conseils et avis pratiques sur la légèreté du sac à dos partout où je passe car je l'ai fait, défait et refait maintes fois et je suis désespérée, mon sac est toujours trop lourd ! »



Belle veine pour un premier roman, il est prévu que le Vestibule paraisse prochainement en poche chez Pocket.



En plus de transmettre leur optimisme radieux, Manon et Delphine nous donnent irrésistiblement envie de faire notre sac et de partir sur le chemin, sans regarder derrière nous...

 

 

« S'enfuir, voir la vie de beaucoup plus loin, du haut d'une montagne ».

Delphine et Manon, février 2011, espace culturel Leclerc, Lesparre-Médoc.

 

 

 

Charlotte, AS Bibliothèques, octobre 2011.


Photographies personnelles excepté celle de Delphine et de Manon.

 

 

Lien

 

les éditions Delphine Montalant.

 

 


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16 octobre 2011 7 16 /10 /octobre /2011 12:00

Mardi 18 octobre
à 13 heures


rencontre avec le TnBA
dans le hall de l’IUT.

 

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Mardi 18 octobre
à 18 heures


Carlos FUENTES
à l’Institut Cervantes
Attention : nombre de places limité.

 

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Du mercredi 19 au vendredi 21 octobre, à Bordeaux, la librairie Mollat organise trois soirées exceptionnelles, trois rencontres exceptionnelles (ouvertes à tous) avec auteurs et éditeurs, pour rendre hommage aux éditions de l'Olivier qui fêtent leurs vingt années d'existence.



Mercredi 19 octobre

à 18 heures


rencontre avec Olivier Cohen et Jean-Paul Dubois
autour du roman Le cas Sneijder

 

 

 

 

jeudi 20 octobre

à 18 heures


rencontre avec Véronique Ovaldé
autour de son roman Des vies d'oiseaux

 

 

 

 

vendredi 21 octobre

à 18 heures


rencontre avec Michel Gribinski et François Richard
autour de Penser rêver, n° 20 : Le temps du trouble

sous la direction de Michel Gribinski

et de  

L'actuel malaise dans la culture

de François Richard

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Jeudi 20 octobre

à 17h30
 

Bordeaux 3

amphi 700


Carlos Fuentes,

docteur Honoris Causa de l'université

 

 

L'université Bordeaux 3 remettra les insignes de docteur Honoris Causa à Carlos Fuentes, écrivain. L’éloge sera prononcé par Elvire Gomez-Vidal, professeure de littérature espagnole et hispano-américaine contemporaine.

Né en 1928 à Panamá où son père était alors Ambassadeur du Mexique, Carlos Fuentes est un des plus grands écrivains du XXe et du XXIe siècle. Sa pensée et son oeuvre romanesque ont largement influencé les écrivains et les intellectuels espagnols et latino-américains contemporains.


Il joue un rôle prépondérant dans cette explosion littéraire latino-américaine des années 60 et 70 appelée le Boom. Dès la publication de son recueil de nouvelles Los días enmascarados (Jours de carnaval) en 1954, il conquiert la célébrité et jette les bases de son écriture et de ses thématiques : le fantastique s’y marie avec la représentation du réel et le passé précolombien avec l’actualité.

Carlos Fuentes a été distingué par de nombreux prix littéraires, décoré de la Légion d’Honneur et a occupé diverses charges administratives et diplomatiques, notamment Ambassadeur du Mexique en France de 1975 à 1977.

En parallèle, une journée d'étude sur le thème « le Mexique et ses Frontières de cristal », organisée par le centre de recherche AMERIBER, lui sera consacrée jeudi 20 octobre de 10h00 à 16h00 en salle des Actes.

 Télécharger le programme de la journée d’étude ici.

 

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Vendredi 21 octobre
19 h

Frederic-Leal-Le-peigne-jaune.jpg

Frédéric Léal parlera de son dernier recueil, Peigne-jaune, publié aux  éditions de l’Attente.


« Accroche-toi. Le début de l’histoire, on l’a su par Chris. Si, rappelle-toi : c’est elle-même qui nous l’a raconté.
Bref.
non
Paul ? Génial !
tait gé nial.
non mais laisse-moi raconter
Il
couinait tout le temps
Il couinait tout le temps
tout-le-temps
toutletemps
des litanies sur ses patients – il les adorait – des litanies incessantes sur les « casse-berles » comme il les appelait, «tu peux pas savoir comme ils me pompent le mou.
peux plus
Paul tout craché
= se plaint sans arrêt. »


« Et voilà! Le bon docteur récidive avec son sixième opus aux éditions de l’Attente. Troisième dans la série des « peignes », toujours aussi décoiffant, le Peigne-jaune a du mordant dans les interstices fictionnels et frise le kidnapping déontologique. Où l’on assiste en trois volets aux faiblesses d’un médecin en milieu rural face à une brute épaisse et son chien Sarko. Préparez vos boules Quiès. » (présentation de l'éditeur).

 

 

La rencontre sera animée par Franck Prujat, son éditeur.

 

 La Machine à Lire
8, place du Parlement

Tram : ligne C. Arrêt Place de la Bourse.

 

 

Liens

 

Frédéric Léal sur le site des éditions de l'Attente.

 

Frédéric Léal sur le site de P.O.L.

 

 Fred Léal sur Littexpress (festival Ritournelles).

 

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16 octobre 2011 7 16 /10 /octobre /2011 07:00

Andres Neuman Le Bonheur ou pas

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Andrés NEUMAN
Le bonheur, ou pas
 Cataplum, 2010

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L'auteur en quelques mots

Andrés Neuman est né en 1977 à Buenos Aires, en Argentine. Diplômé en littérature espagnole à l'université de Grenade, en Espagne, il y enseigna par la suite. Il collabore aujourd'hui au supplément culturel ABCD las artes y las letras du quotidien espagnol ABC, à la Revista Ñ du quotidien argentin Clarín et à El País. Considéré comme un des auteurs les plus importants de ces dernières années grâce à la diversité de son œuvre, il publie à l'âge de vingt-deux ans son premier roman, Bariloche (Anagrama, 2009) qui connut un franc succès et grâce auquel il fut finaliste du « Premio Herralde ». Ce n'est que le début d'une longue suite de romans et de multiples récompenses. En tant que poète, il publia notamment Simulacros (Cuadernos del Vigía, 1998) et La canción del antílope (Pre-Textos, 2003). Il maîtrise aussi le conte avec El que éspera (Anagrama, 2000), El último minuto (Espasa, 2001) et Alumbramiento (Páginas de Espuma, 2006). Également connu pour ses microfictions, telles que Le bonheur, ou pas (Cataplum, 2010), ouvrage que nous allons découvrir ici, Andrés Neuman est définitivement un écrivain de renommée internationale.


Pour en savoir plus sur sa biographie, sa bibliographie détaillée, critiques, entretiens et bien d'autres choses encore, suivez ce lien.



Le bonheur, ou pas ?

Les personnages issus de ce recueil composé de vingt-quatre nouvelles et deux « dodécalogues » vont-ils réussir à trouver le bonheur, ou pas ? Un titre intrigant, mais pas moins que les histoires contées à l'intérieur, toutes extraites de trois de ses contes : El que éspera (Anagrama, 2000), El último minuto (Espasa, 2001) et Alumbramiento (Páginas de Espuma, 2006). Andrés Neuman et sa traductrice ont réuni les microfictions que chacun préférait, et après avoir mélangé le tout, c'est un recueil plein d'humour et de subtilité à savourer en une bouchée ! Et quel régal ! Une phrase pour les petits appétits, ou quelques pages pour les gros gourmands, chacun y trouvera son compte.

L'auteur hispano-argentin développe des thèmes de la vie quotidienne tels que la jalousie, la paternité, l'adultère, la sexualité, le handicap, la solidarité ou encore la rupture amoureuse. Ce sont des situations dans lesquelles le lecteur peut facilement se reconnaître, établissant ainsi une certaine proximité avec l'écrivain. Il revisite également des mythes tels que Narcisse ou Sisyphe. Dans cette série de microfictions où frisson, rire et émotion sont au rendez-vous, il rend aussi hommage à quelques-uns de ses auteurs de prédilection tels que Jorge Luis Borges et Raymond Queneau. Il explore également divers aspects du monde littéraire comme l'édition, la traduction et les relations lecteur-auteur.


Décopuvrant d'abord une situation des plus banales, le lecteur va être surpris, en l'espace de quelques phrases seulement, par la suite de l'histoire, courte mais intense. Selon Andrés Neuman, qui maîtrise parfaitement le récit court, « humour et rigueur ne sont pas indissociables ». Il joue intelligemment avec une théorie littéraire différente, non pas celle de la lecture mais celle de l'écriture. Ainsi, quoique cela puisse sembler insolite, il est presque naturel de trouver à la suite de ces nouvelles deux « dodécalogues d'un nouvelliste ». L'auteur établit donc 24 conseils (12x2) sur les règles pour devenir un bon nouvelliste. Grâce à quelques mots percutants, il dévoile toutes ses cartes, le jardin secret de bon nombre d'écrivains, interdit d'accès aux lecteurs. Généreux, il met sa technique à notre disposition, ce qui rend cet ouvrage unique. Il conseille par exemple ceci : « La voix du narrateur a tant d'importance qu'il n'est pas opportun de l'entendre » ; « Raconter, c'est séduire : ne satisfais jamais totalement la curiosité du lecteur » ; « Raconter une histoire, c'est savoir garder un secret ». Cela est cohérent avec ses écrits puisqu'il y a bel et bien une part de mystère dans chaque nouvelle. Ces dodécalogues montrent que la maturité et la précision technique de l'auteur ne sont pas le fruit du hasard, mais le résultat d'une profonde réflexion sur son travail.

Du fait d’une ambiguïté volontaire ou non de la part d'Andrés Neuman, et d’une fantaisie confirmée, c'est au lecteur de se faire sa propre opinion, et de juger si le protagoniste de ces miniatures a trouvé le bonheur, ou pas.



Pourquoi ?

Andrés Neuman aime adopter un nouveau style d'écriture à chaque début de livre, et ce quelle que soit la forme littéraire que celui-ci va prendre. Écrire un poème, une nouvelle, un roman, un conte représente un défi pour lui. Il ne croit pas en l'expérience acquise grâce à l'écriture de précédents ouvrages pour un auteur, ou se refuse à y croire, car il souhaite retrouver la sensation de l'inconnu, de la non-connaissance, et de l'incertitude lorsque vient le moment de laisser parler sa plume. Il est toujours en quête d'un nouvel apprentissage. En changeant aussi facilement de genre littéraire, il ne se lasse jamais et écrire lui procure toujours le même plaisir. Selon lui, il y a deux éléments indispensables pour un écrivain : la maîtrise du style (il faut la perdre et ne jamais la gagner) et le style propre (il faut le chercher mais jamais le trouver).

Pour que le bonheur n'ait plus de secret pour vous : Andrés Neuman, ou pas ?


Clémence Mirat, 2e année Bib.-Méd.

 

Lien :

 

Rencontre avec Andrés Neuman dans le cadre de Lettres du monde.

 

 

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15 octobre 2011 6 15 /10 /octobre /2011 07:00

andres-neuman.jpgJeudi 06 octobre 2011 à 18h, Andrés Neuman, auteur argentin né en 1977 à Buenos Aires, était invité à l'Institut Cervantes de Bordeaux pour présenter son dernier ouvrage publié en français, Le voyageur du siècle (2011, éditions Fayard) et Le bonheur, ou pas (2010, éditions Cataplum). Pour la rentrée littéraire 2011, Lettres du Monde, dont le thème cette année est l'Argentine, organise de nombreuses rencontres avec des écrivains latino-américains. Ainsi, affectionnant particulièrement la langue et la culture hispaniques, je décide de m'y rendre et de transcrire cet échange, traduit par mes soins en français, entre Neuman et un professeur d'espagnol de l'IUT Michel de Montaigne Bordeaux 3.



Andres-Neuman-Le-voyageur-du-siecle.gifEl Viajero del siglo (Alfaguara, 2009) a reçu plusieurs prix littéraires et a été largement diffusé dans de nombreux pays. Il vient d'être traduit en France pour la première fois. On avait déjà publié un livre de vous en français aux éditions Cataplum (maison d'édition bordelaise), Le bonheur, ou pas, recueil de microfictions. Vous utilisez plusieurs genres littéraires, allant du conte ou de la nouvelle au roman en passant par la poésie. Quelles sont les raisons qui vous ont poussé à écrire ce roman, El viajero del siglo ?

Ce livre constitue un mélange de plusieurs livres. C'est un roman total, dans son intégralité : j'essaie d'y adopter plusieurs stratégies, on peut le voir sous différents angles. En fait, la raison principale pour laquelle je l'ai écrit tient au fait que, petit, j'écoutais beaucoup Schubert. Mes parents étaient musiciens, et j'ai toujours été sensible à la musique. Je voulais écrire quelque chose sur elle. Le roman commence quand finit autre chose : lorsque le personnage s'endort, débute alors son rêve, le commencement de son voyage. Ce livre est un jeu entre les différences d'âge, entre un jeune et une personne âgée, mais également un jeu sur les époques, le XIXe et le XXe siècle.



Selon vous, quelle place occupe l'auteur par rapport à la musique, la poésie, la littérature, puisque vous semblez si proche d'elles ?

Pour comprendre la musique, nous devons revenir à ses origines, lorsqu'elle ne se transmettait pas encore par écrit mais grâce à la mémoire de l'homme. La poésie est entre la musique et la littérature. Dans ce roman, le vent est un élément essentiel. Il est considéré comme un personnage, il transporte des sons. Les mots, c'est le vent qui les transporte. Quelle est la place de l'auteur ? Il se situe au milieu de tout cela. Cette métaphore nous sert pour pouvoir écrire, l'auteur doit écouter la musique pour pouvoir parler. C'est un roman avec beaucoup d'échanges et de liens entre les nombreux personnages (une vingtaine), et les choses s'arrêtent et recommencent toujours, c'est un mouvement cyclique tout au long du roman. Le rôle de l'écrivain est celui d'être un instrument, et non d'écouter ou d'écrire.



On ne sait pas vraiment où se passe l'histoire, c'est une sorte de ville mouvante, qu'en est-il ?

Il est important de faire remarquer que l'histoire se déroule dans une ville imaginaire, je dirais en Allemagne mais je n'en suis pas sûr. Elle pourrait se dérouler dans n'importe quel pays en Europe. Dans le passé, la carte du territoire se modifiait chaque jour de façon très lente, elle était en changement permanent. Il en est de même pour le lieu où se passe l'action dans mon livre : on se demande où elle se passe réellement, les personnages sont dans une ville dont ils ne reconnaissent pas les rues, où tout leur semble en perpétuel mouvement.



Pourquoi n'avez-vous pas écrit une histoire qui se passe en Amérique latine puisque vous êtes originaire de là-bas ?

Pour de nombreuses raisons. Je ne veux pas parler de l'histoire de l'Amérique latine, ou faire référence aux peuples qui y vivent ou y ont vécu. De plus, ils seraient les seuls à réellement comprendre l'histoire que nous avons vécue et toute la souffrance à laquelle nous avons fait face. J'ai déjà écrit un roman sur l'Argentine, Una vez Argentina (Anagrama, 2003), qui n'a malheureusement jamais été traduit en français. Mais je ne souhaite plus écrire sur ce sujet, sur les origines tellement diverses de ses habitants. Ils en viennent à se questionner sur leurs origines réelles car avec toute l'immigration, on ne sait plus. Entre un père allemand, une mère espagnole, et un nom de famille anglais, c'est difficile. On pourrait penser que le fait que l'histoire de mon roman se déroule dans un lieu imaginaire, sans cesse en mouvement, me référant comme je l'ai dit à l'Histoire, soit une « opération narrative » visant à rendre hommage au passé, mais non. Moi aussi je perds mes repères, je ne sais pas si je suis un écrivain espagnol car j'y ai grandi ou argentin car j'y suis né. La notion de frontière est très floue, on ne peut pas séparer les pays aussi facilement, les mettre dans une case.



D'ailleurs, pourriez-vous dire qu'il y a une frontière entre les genres littéraires ?

Non plus. Un livre ne peut pas être à 100% de la poésie ou à 100% un roman. Il ne peut l’être que partiellement. Il y a une relation entre les divers genres littéraires : ils nous aident à comprendre ce que nous lisons. Cette notion de frontière dans la vie courante me fait peur.



Après une lecture d'un extrait de El viajero del siglo, Andres Neuman ajoute :

Ce livre est surtout le début d'une histoire d'amour qui se déroule au XIXe siècle mais qui pourrait se dérouler à notre temps, au XXIe siècle. Encore une fois, il n'y a pas de frontière à travers le temps non plus.


Andres-Neuman-Le-Bonheur-ou-pas.jpg
Le bonheur, ou pas est un recueil de microfictions ; pouvez-vous nous expliquer ce que c'est ?

Tout n'est qu'une question de proportions. Vous savez, un roman ce n'est pas comme un vêtement. Il ne peut pas être à 100% roman, ou un poème ne peut pas être à 100% poésie. C'est un tissu fait d'un mélange de plusieurs genres. C'est aussi le cas pour la microfiction. Borges est un bon exemple pour avoir mélangé tous les genres littéraires. Le microfiction n'est pas qu'une narration, elle a quelque chose de poétique, ce sont des poèmes narratifs. Grâce à un genre littéraire, on va en comprendre un autre. Il n'y a qu'une chose qui change : le rapport avec le personnage. Dans le roman, ce rapport est grand : le personnage est ami avec le lecteur, il l'accompagne partout, tout au long du récit. Le lecteur lit son histoire partout, dans le salon, dans les transports, dans un parc, n'importe où. Il se souviendra d'un lieu comme étant l'endroit où il a lu telle histoire. C'est donc une lecture coupée. Alors que la microfiction, elle, n'est qu'un instant : il n'y a pas de pause dans la lecture.



Après une lecture par Neuman de la première microfiction de cet ouvrage, intitulée « Le bonheur », c'est le moment de l'échange avec le public. Ainsi, quelqu'un lui demande si il y a une certaine évolution dans son écriture et si lui aussi a grandi depuis qu'il a commencé à écrire.

Oui, bien sûr. Je veux changer de stratégie à chaque nouveau livre. Ils sont tous différents. Je ne veux pas que mes lecteurs s'habituent à un style d'écriture, je veux les surprendre. Je veux qu'ils s'interrogent sur mon style, et que quelquefois celui-ci leur fasse peur. Chaque livre est un défi et une nouvelle expérience.


Clémence Mirat, 2e année Bib.-Méd.

 

 

Lien

 

 Rencontre avec les éditions Cataplum.

 

 

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14 octobre 2011 5 14 /10 /octobre /2011 07:00

blue-cerises-l-ange-des-toits.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sigrid BAFFERT

Jean-Michel PAYET

Maryvonne RIPPERT

Cécile ROUMIGUIÈRE

Blue Cerises

Milan, collection Macadam,

depuis 2009

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les Blue Cerises, c’est Zik, Satya, Violette et Amos. Quatre amis, au début assez ordinaires, mais dont on apprend ensuite qu'ils sont liés par un secret. Voici leur pacte :

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Ce pacte, suivi de leurs signatures, tout méphistophélique qu’il soit, est vite oublié pendant la lecture de la première saison.

Tous quatre sont fans de vieux films. Il était donc logique que leur QG soit une vieille cinémathèque. Lieu de rendez-vous, de confession, de détente, de coup de gueule et de coup au cœur, ce lieu est l’un des grands incontournables de ce livre.

Mais revenons à des descriptions plus formelles, puisque ce n’est pas un livre ordinaire. Blue Cerises, c’est quatre petits livrets, d’environ cinquante pages chacun. Il y a un livret par personnage pour chaque mois (octobre, novembre et décembre pour l’instant), et chaque mois forme une saison. Il y a donc, pour le moment… douze livrets parus.

Autre originalité, et c’est toute la saveur de cette collection, chaque personnage s’esquisse sous la plume d’un auteur différent. Ainsi, non content de voir chaque mois sous le regard de chacun des quatre amis, le lecteur a aussi sous les yeux quatre écritures différentes !

Ce qui me plaît tant avec les Blue Cerises, c’est qu’on n’a pas toutes les informations d’un coup. L’omniscience du lecteur ne peut se faire que s’il lit les quatre livrets de la saison. Ce n’est qu’en ayant leurs points de vue à chacun qu’on peut reconstituer une histoire, leur histoire.

Quatre voix, quatre plumes, du mystère, un pacte, que demander de plus ? Une présentation peut-être. Soit. Donc présentons.
Blue Cerises Amos
Amos, c’est le Saint-Sébastien des temps modernes. Archer, martyr (dans ses relations amoureuses) et homosexuel, il est le malchanceux. Sa sœur jumelle, Chani, et lui, n’ont en commun « que le date et l’heure de naissance », à ses dires tout du moins. Tous deux sont élevés par leur père (leur mère ayant disparu quand ils avaient deux ans) qui est tout à la fois protecteur, peu bavard, et souvent absent. Sa grande confidente, c’est sa tante Elena, chauffeur de taxi. Mais ce qui le tracasse vraiment (outre le maniaque du téléphone et ses peines de cœur à cause du beau Lucas), c’est de devoir partir au Québec. Oui, son père a reçu une promotion qui ne se refuse pas, oui, ça ne dérange aucunement sa sœur de changer de vie. Mais lui a ses Cerises. Et le Québec, c’est le bout du monde ! Alors c’est décidé, il restera à Paris ! Par tous les moyens !

Un humour décapant, des jeux de mots insolites, voilà ce que prête, entre autres, Sigrid Baffert à Amos. Elle est auteur de littérature jeunesse au parcours assez chaotique. Le mieux, pour la (re-)découvrir, c’est  son site. Nul ne parle mieux d’elle qu’elle-même.

 

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Violette, la romantique, fleur bleue, se promenant le cœur en bandoulière (même si elle s’en défend) ; ce qui va lui causer quelques torts. Elle, elle doit passer dix jours aux Corbières, loin, très loin dans le sud, là où il n’y a même pas d’ordinateur, et où le téléphone ne capte pas. Le bagne, quoi ! Elle est petite-nièce d’un Républicain espagnol pas toujours très sérieux (sauf dans les souvenirs de guerre, et quand il s’inquiète pour elle au point de la faire suivre par un « ange gardien » noir, Henrique). Elle appelle les auteurs par leurs prénoms, surtout Marguerite (Duras), qu’elle préfère à Amélie (Nothomb). On comprend alors que ces paroles soient mâtinées d’espagnol, d’anglais (comme chez tout jeune Parisien), et d’expressions dignes d’une dissertation. Sa plaie au cœur à elle, c’est Constant. Un type beau comme Louis Garrel, mais un peu trop pressé en amour.


Ce personnage haut en couleurs a la voix et l’humour de Cécile Roumiguière, qui retrace elle-même sa vie  sur la page suivante. Je vous laisse la découvrir par vous-même.

 

 

Blue Cerises L'Ange des toits

L’autre fille de la bande, c’est Zik. Soizic pour l’état-civil, mais elle se fâche si on le lui rappelle. Elle est métisse : fille d’un père réunionnais et d’une mère ardéchoise, elle porte un nom breton. Cherchez l’erreur ! Et, pour reprendre ces mots, ça lui va « comme une coiffe bigoudène à une Touareg ». Comme on le remarque d’emblée, elle n’a pas sa langue dans sa poche. Quand son esprit, toujours révolté et parfois torturé, la travaille trop, c’est sur les toits de Paris qu’elle va s’apaiser, de préférence avec un stock de fraises Tagada. C’est là-haut qu’elle rencontre Jim Morrison, l’ange des toits qui lui fait visiter les catacombes le temps d’un concert, et accessoirement l’homonyme du chanteur des Doors (ou peut-être est-ce le vrai ?).

Cet humour parfois noir, un peu décalé, mais toujours plaisant à lire est l’œuvre de Maryvonne Rippert, auteur également de Métal Mélodie (excellente lecture pour toutes les filles qui trouvent que leur mère est passée de mode et bien trop sérieuse pour comprendre la vie). Son blog,  le voici. A découvrir sans modération, même s’il n’y a pas de biographie ! Sachez seulement qu’elle est originaire de l’Ardèche (qui parle de coïncidences ?).

 

 

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Et pour finir, parce qu’il faut bien un dernier : Satya. Ce charmant jeune homme est orphelin, élevé par mamie-yin et mamie-yang (à savoir respectivement Solange et Madeleine), les propriétaires de la librairie jeunesse La Malle de l’ange. L’esprit (et le cœur aussi, mais chut…) en vrac à cause de la belle Indiana, il décrypte tant bien que mal les codes que lui envoie sa belle, toujours à coups de littérature. Après des citations d’ED (Emily Dickinson), elle lui offre un livre de Cormier s’intitulant La balle est dans ton camp, et l’invite, par des moyens détournés bien sûr, à assister à un attentat… poétique. Qui est-elle ? Pourquoi tant de mystères, tant d’énigmes autour de leurs rencontres ? Je ne vous en dirai pas plus. « L’eau s’apprend par la soif. » ED bien sûr, qui d’autre.

Satya est, à mon sens, le ciment des Cerises, au moins dans cette première saison. Il est le seul à ne pas rester bloqué dans sa bulle sous ce déluge de soucis. Il est aussi le seul des quatre à sortir de la plume d’un homme. Jean-Michel Payet, le grand, l’unique. Si vous voulez approfondir votre lecture de ce côté, la trilogie d’ Aerkaos devrait vous ravir. Et sa chère Mademoiselle Scaramouche ne manque pas de piquant. Lui aussi à la page, il signe  ce blog, où l’on peut voir ses romans et ses BD-romans. À savourer au coin du feu.

 

 

 

Voici pour la première saison. Par la suite, on en apprend un peu plus sur la mystérieuse Olivia, qui est juste évoquée, et aussi vite oubliée, dans cette saison. On comprend également de mieux en mieux les termes de leur pacte, à mesure que se dévoile le secret qui a scellé leur amitié de manière si incongrue. Amitié qui semble d’ailleurs s’effilocher alors que le secret n’en est plus un. Je me refuse à vous raconter la suite. Quel plaisir y aurait-il, sinon, à aller les lire ? Et je ne sais moi-même pas encore tout.

En effet, l’histoire n’est pas finie. La saison quatre (janvier, logiquement) est attendue pour février 2012. Et pour nous faire patienter, les Éditions Milan ont réédité la saison 1 en un tome ; ils s’apprêtent à faire de même avec les autres.

Si vous  voulez poursuivre l’aventure,  Amos,  Zik, Satya et Violette vous accueilleront volontiers sur leurs blogs.


Alicia,  AS Bib.-Méd. 2011-2012

 

 

 


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13 octobre 2011 4 13 /10 /octobre /2011 07:00

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Bret Easton ELLIS
Moins que zéro
Less than Zero, 1985
traduit de l’américain
Par Brice Matthieussent
Christian Bourgois, 1986
éditions 10/18
« Domaine étranger », 1988
Robert Laffont
« Pavillons », 2010













Bret Easton Ellis est né en 1964 à Los Angeles, au sein d’une famille de trois enfants. Il entame l'écriture de son premier roman, Moins Que Zéro (Less than Zero), pendant un cours d'écriture créative lors de ses études au Bennington College.

La publication de Moins que Zéro en 1985 lance la carrière de Bret Easton Ellis et attire l'attention des médias. Son second roman, Les Lois de l'attraction reçoit un accueil plus mitigé. En 1990, Easton Ellis se voit proposer par l'éditeur Simon & Schuster 300 000 $ d'avance pour son troisième roman, American Psycho. Mais un an plus tard, devant les protestations et les réprobations des ligues féministes, l'éditeur se retire. Rapidement, Vintage, un autre éditeur reprend le flambeau et publie American Psycho. Immédiatement, sa publication est controversée en raison de la violence de son texte, et l’auteur reçoit même plusieurs menaces de mort.

Il publie ensuite trois ans plus tard,  Zombies, un recueil de nouvelles sur le Los Angeles des années 80. En 1999 sort son cinquième livre, Glamorama, qui caracole rapidement en tête des ventes de livres. Viennent ensuite  Lunar Park en 2005, puis son dernier livre en date,  Suite(s) Impériale(s), (la suite de Moins que zéro) paru en 2010.

Ses personnages sont souvent jeunes, dépravés et vains, mais ils en sont conscients et l'assument. Il situe la plupart du temps ses romans dans les années 1980, faisant du mercantilisme et de l'industrie du divertissement de cette décennie un symbole.



Dans Moins que zéro, Bret Easton Ellis dépeint un mois de la vie de Clay, un jeune Américain de dix-huit ans qui rentre de sa fac dans le New Hampshire pour passer Noël en famille, à Los Angeles. Désabusé, Clay ne rentre certainement pas pour l'esprit de famille : ses parents sont séparés, ont de nouveaux compagnons respectifs, et ses deux jeunes sœurs vivent leur vie d'adolescente sans lui. En réalité, c'est surtout Blair et ses potes que retrouve Clay. Il erre de fête en fête, avec les filles et fils de riches producteurs, essaie diverses drogues, se demande ce qu’il éprouve pour sa petite amie, et couche avec celles et ceux qu’il croise, au hasard des rencontres.

Bret Easton Ellis nous livre un aperçu de la vie de ces jeunes branchés qui passent leur temps à écumer les soirées branchées, s'enivrer au champagne ou avec divers cocktails, se droguer, et entretenir les rumeurs sur leurs connaissances.

Rapidement, on se rend compte que le roman ne possède pas de réelle intrigue, comme si l’absence de consistance de celle-ci collait inexorablement à celle des personnages du livre. On retrouve toutefois une scène récurrente dans ce livre : Clay, le personnage principal, passe sans arrêt devant un panneau publicitaire qui dit : « Disparaître ici ». On se rend compte alors que c’est ce qui fait peur à cette jeunesse abandonnée par leurs parents, dont ils suivent l’actualité sur des magazines, cette jeunesse dorée américaine qui se meurt d'ennui en ayant toutes les libertés et qui, très vite, trouve le sexe sans intérêt et la vie fade. Bret Easton Ellis livre un tableau sans concession d’une génération du paraître, de l'orgueil, d’une bande qui erre sans but, abrutie par une télévision omniprésente, qui vit son existence comme une suite de dépassements, tentant de ressentir quelque chose d’humain et d’oublier le vide qui la consume. Les grands absents du livre sont les parents qui, entre psychanalyse et adultères, sont trop occupés pour voir leur progéniture se détruire en masse.

Bret Easton Ellis excelle dans les références rock et musicales qu’il glisse dans la totalité de ses livres, et plus particulièrement ici où il retranscrit le mal-être adolescent avec virtuosité, par le biais de ces références rock de toute une génération (la génération « MTV »). Son écriture spontanée et dépouillée fait de Moins que zéro un livre qui se lit très facilement, même si parfois le texte devient énervant par sa linéarité qui provoque un peu l’ennui. Écrit à seulement 21 ans, ce livre a été encensé par la critique qui a décelé chez Bret Easton Ellis un véritable talent de narrateur de vies marquantes, souvent mémoire d’une génération.


Nawal Ainouche, 2e année éd.-lib. 2010-2011

 

 

Bret Easton ELLIS sur LITTEXPRESS

 

 

 

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Articles de Julie et de Marie-Aurélie sur Zombies.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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 Article de François sur American Psycho.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Bret Easton Ellis Suites imperiales

 

 

 

 

 

 

 

Article de Maureen sur Suites impériales.

 

 

 

 

 

 

 

bret easton ellis lunar park

 

 

 

 

 

 Article de E. A. sur Lunar Park.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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12 octobre 2011 3 12 /10 /octobre /2011 07:00

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Tatiana ARFEL
L’Attente du soir
éditions José Corti
Collection « merveilleux », 2009
 








 

 

 

 

 

 

 

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L’Attente du soir est le premier roman de Tatiana Arfel. Cette jeune psychologue de formation semble être une auteure prometteuse puisque ce roman a déjà reçu six prix littéraires ! Des Clous, fraîchement paru en janvier dernier, a lui aussi rencontré le succès auprès des lecteurs et de la presse.

 

L’Attente du soir est d’abord l’histoire de trois personnages : Mlle B., le môme et Giacomo.

Mlle B. est une jeune femme grise et triste. Elle n’a pas de nom. On ne la remarque pas. Entre une mère qui ne l’a jamais regardée dans les yeux et un père indifférent, son existence est vide d’amour et d’affection. Elle remplit sa vie froide et monotone en comptant les fissures au plafond, les lignes, les carrés et marmonne des tables de multiplication. Sa seule relation sexuelle a été accidentelle et a eu pour conséquence une grossesse et la naissance d’un enfant. Un espoir d’affection apparaît à la naissance du bébé, mais la mère de la jeune femme, qui a une emprise totale sur sa vie, lui retire son nouveau-né pour le donner à une famille, comme s’il n’avait jamais existé. Elle finit par perdre le goût de la vie et se soumet aux directives de sa mère.

Le môme est un enfant abandonné sur un terrain vague. Il survit avec l’aide d’un chien qui le nourrit et le protège. Il est seul et personne ne le voit. Alors que le chien meurt de ses blessures, le rouge du sang frappe la vue de l’enfant et il assimile cette couleur à la chaleur et à l’amour du chien. Le rouge devient sa couleur préférée. Il reste sur ce terrain vague et, en fouillant les poubelles pour manger, il trouve des couleurs. Il les goûte, les mélange, les étale. A chaque nuance, il associe un sentiment. Il les aime toutes, excepté le gris qui le hante et l’effraie. N’ayant pas de mots pour s’exprimer, il utilise les couleurs et il en cherche toujours plus pour satisfaire son besoin de communiquer.

À la recherche de nouveaux coloris, il entre par effraction chez une femme. Il est alors envoyé dans un centre pour jeunes en difficulté où une jeune éducatrice rousse lui apprend à s’exprimer par des mots, tout en respectant son amour des couleurs. Un fort lien affectif les unit mais il s’enfuit et retourne sur son terrain vague le jour où une famille vient pour l’adopter. Il a peur des humains.

Giacomo est né d’une mère trapéziste et d’un père clown. Directeur du Circo Giacomo à son tour, il est dresseur de caniches et compose des symphonies parfumées qui subjuguent le public. Les lumières brillantes du chapiteau rouge et jaune qu’il dirige de ville en ville constituent son univers quotidien. Une chose effraie Giacomo : le Sort noir qui apporte le trouble, la mort et la mélancolie. Bien qu’il entretienne des liens fraternels avec sa troupe, il s’isole régulièrement pour méditer et prendre du recul sur sa propre vie et sur celle des autres. Giacomo a beaucoup vécu. Après la mort de sa mère, puis de son père, il connaît la pauvreté, la faim, la solitude et le rejet de la femme qu’il aime. Malgré l’accumulation de malheurs dans sa vie, il apporte du rêve, de la joie et du divertissement aux spectateurs.

Ces trois personnages sont seuls, anonymes et vivent en marge de la société. La vie ne les a pas épargnés. Ils ont chacun leur lot de souffrance et de déception. En manque d’affection, Mlle B., le môme et Giacomo vont finalement être amenés à se rencontrer. Malgré leur peur des autres, vont-ils réussir à construire le foyer dont ils ont rêvé toute leur vie ?

 

Ce roman s’articule autour du chiffre trois : trois parties divisées en chapitres, eux-mêmes composés de trois temps de parole dans lesquels les trois personnages vont tour à tour raconter leur histoire. Dans la première partie, l’histoire de ces trois êtres est bien distincte. Dans la deuxième partie, Giacomo et le môme se rencontrent alors que Mlle B. reste enfermée dans sa solitude. Dans la troisième partie, la femme grise finit par rejoindre Giacomo et l’enfant.

Tatiana Arfel tient son lecteur en haleine en multipliant les difficultés stylistiques. D’abord, les trois personnages ne sont pas écrits à la même personne. Le « je » est utilisé pour Giacomo et Mlle B. et le « il » est attribué au môme. De plus, l’échelle de temps est différente pour chacun des protagonistes mais ils se retrouvent à la fin. On peut aussi ajouter que l’auteure décrit parfois les mêmes scènes au travers du regard de chacun d’eux. La psychologie de chaque personnage est décrite avec une telle finesse et tant de détails tout au long du texte, que le lecteur plonge au plus profond de leur âme. Il est porté par les trois personnages et transporté par les couleurs.

Effectivement, les couleurs sont omniprésentes dans le roman. Des couleurs chaudes et joyeuses pour le cirque, les nuances de gris pour Mlle B. et toutes les teintes pour exprimer les sentiments du môme. Le lecteur ressent lui aussi beaucoup de tristesse et de solitude suscitées par le gris dans le livre, mais l’espoir est bien là, grâce aux couleurs chaudes.

À travers cette histoire, les thèmes de la famille, la solitude, l’amour, la communication, la soumission, la vie tout simplement, sont abordés et nous touchent au plus profond de nous-même. Ce roman est exceptionnel par sa sensibilité et sa justesse.


Extrait

« Le tapis est rouge, le sac est bleu. Il ne dit pas bleu, mais il se fait son image du bleu. Le bleu est comme la langue du petit chien. Il lèche et caresse là où ça pique, dedans. Le bleu respire plus lentement que le rouge. Le bleu ne réveille pas comme le rouge. Au contraire, quand le môme le regarde, le bleu lui fait un peu fermer les yeux. »

 

 

Sara, 2e année Éd.-Lib. 2010-2011

 

 

 

 


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11 octobre 2011 2 11 /10 /octobre /2011 07:00

Mercredi 12 octobre
18h30

Jeanne-Benameur-Les-insurrections-singulieres.jpg

 

 

 

« Parcours de lutte et de rébellion, voyage au centre de l'héritage familial, aventure politique intime et histoire d'une rédemption amoureuse, Les Insurrections singulières emboite les pas d'abord incertains d'un fils d'ouvrier en délicatesse avec lui-même. Entre la France qu'on dit profonde et la terre nouvelle du Brésil, sur les traces d'un pionnier oublié de la sidérurgie du XIXe siècle, Jeanne Benameur signe le roman d’une mise au monde. » (présentation de l'éditeur).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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« Robert Walser, écrivain suisse d’expression allemande, reconnu de son vivant par les plus grands – Franz Kafka, Robert Musil,Walter Benjamin – est « un de ces “artistes de la langue” tels que les définira André Breton. ». Il se voue à incarner une sorte de poète moderne : « c’est pour moi une sorte d’écrivain pointilliste. Comme un kaléidoscope. Son univers est tout entier contenu dans chaque point. Cette fragmentation fait qu’il est à mes yeux l’un des écrivains majeurs du vingtième siècle, du moins pour la littérature allemande. »
Les parutions récentes Le territoire du crayon et l’écriture miniature nous ont donné accès à la lecture de 526 de ses « microgrammes », traduits par un jeune chercheur allemand Jochen Greven qui a découvert ces textes miniaturisés à l’extrême et qui a consacré 30 ans de sa vie à déchiffrer l’ensemble soit 4000 feuillets.
Philippe Lacadée fait le choix ici de ne pas tenter une « biographie » classique de cet homme si secret, si à l’écart du monde et des autres, mais de la déduire de ses écrits. Ce sont les héros de Walser qui le présentent au monde. Lui-même ne se représente pas dans une mise en scène pour un Autre toujours improbable, mais se donne tel quel, dans une foule de détails, si singuliers, dont foisonne cette écriture d’apparence tantôt naïve, honnête et simple, tantôt si déroutante. Robert Walser est dans son écriture, dans ce qu’il nomme son roman du réel, qui structure tous ses romans. C’est à partir du récit de ses héros que nous chercherons à déduire ce qu’a été sa vie.
Dans cet essai, Philippe Lacadée montre que le poète, tout en devançant la psychanalyse, nous éclaire : son écriture miniature radicalise en quelque sorte les deux modes de l’écrit, soit le signifiant et la lettre, elle marque la distinction entre l’écrit qui ne parle que pour lui et le dessin de l’écriture miniature. C’est un Walser avec Lacan qui nous est ici proposé et qui éclaire aussi bien le psychanalyste que le poète.
Philippe Lacadée, psychiatre, psychanalyste à Bordeaux, psychiatre attaché au Centre de jour pour adolescents de La demi-lune à Villenave d’Ornon (CHS de Cadillac), Membre de l’École de la cause freudienne et de l’Association Mondiale de psychanalyse, et vice-président du CIEN (Centre interdisciplinaire sur l’enfant)
Auteur de Le Malentendu de l’enfant aux éditions Payot Lausanne, Collection Psyché 2003 et de L’Eveil et l’exil aux éditions Cécile Defaut, 2007. » Présentation de l'éditeur).

 

 

 

Deux livres : Les insurrections singulières (éditions Actes Sud) et Robert Walser, le promeneur ironique (éditions Cécile Defaut) ; deux champs d’investigation : le roman et la psychanalyse ; WALSER deux auteurs, Jeanne Benameur et Philippe Lacadée qui présenteront chacun le livre de l’autre et qui tous les deux traitent de la solitude. Solitude d’Antoine qui « flotte dans sa peau et son identité, à la recherche d’une place dans le monde ». Solitude de Robert Walser qui cherche à réduire sa vie à n’être rien qu’un « ravissant zéro tout rond » (Institut Benjamenta).

 

 

 La Machine à Lire
8, place du Parlement

Tram : ligne C. Arrêt Place de la Bourse.

 

 

 

 

 

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10 octobre 2011 1 10 /10 /octobre /2011 07:00

Mardi 11 octobre
18 h 30
Montaigne-Les-annees-politiques.jpg

Anne-Marie Cocula présentera son dernier ouvrage, Montaigne, les années politiques, publié aux  éditions Confluences.

 

« Été 1581, Montaigne, en voyage en Italie, apprend qu’il vient d’être nommé maire de Bordeaux. Il exercera ainsi deux mandats, jusqu’en
1585, de plus en plus impliqué dans la chose publique, avec l’aggravatioon des conflits, la recrudescence de la guerre civile et la peste.
L’auteur des Essais, qui ne cesse de prôner une attitude de modération, et qui a suivi de près depuis les années 1560 l’évolution du pays, tente d’appliquer, au milieu d’une époque de trouble et de fanatisme, ses principes de conduite.
Intellectuel au coeur de la tourmente politique, cette période de la vie de Montaigne est une source de réflexion pour tous ceux qui s’intéressent à la difficile relation entre pensée et politique.
S’appuyant par ailleurs sur les lettres écrites par Montaigne durant cette période (et qui sont ici reproduites), Anne-Marie Cocula nous raconte ces années qui furent si importantes pour l’avenir de la France, à travers la figure emblématique d’un des plus grands écrivains français.» (Présentation de l'éditeur).

 

La rencontre sera animée par Jean-Marie Planes

 

 La Machine à Lire
8, place du Parlement

Tram : ligne C. Arrêt Place de la Bourse.

 


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