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30 juillet 2013 2 30 /07 /juillet /2013 07:00

Cyril Pedrosa Portugal





 

 

 

 

 

Cyril PEDROSA
Portugal
coloriste : Ruby
Dupuis, 2011
Collection Aire libre






 

 

 

 

 

 

L’auteur

Cyril Pedrosa naît en 1972 en France. Il est dessinateur, coloriste et scénariste de bande dessinée. Après avoir passé son bac il intègre une classe prépa Maths Sup afin de devenir ingénieur. Il arrête très vite et part pour une mise à niveau à l’école d’art appliqués Olivier de Serres à Paris. Préférant le dessin animé à la communication visuelle il change d’orientation pour l’école des Gobelins à Paris.

Il travaillera deux ans pour les studios Disney comme animateur sur des personnages du Bossu de Notre-Dame ou de Hercule. À 26 ans, il se lance dans la bande dessinée avec la série Ring Circus. Il travaillera par la suite comme dessinateur sur deux autres séries : Les aventures spatio-temporelles de Shaolin Moussaka et Brigade Fantôme. Pedrosa travaille aussi pour Fluide Glacial et créé la série Autobio à propos de l’écologie. Il réalise par la suite trois albums « one-shot » en solo : Les coeurs solitaires en 2006, Trois ombres en 2007 qui remporte un vif succès et Portugal en 2011.

Cyril Pedrosa est un auteur multiple qui sait alterner les différents genres avec des séries d’aventure, d’humour et des albums beaucoup plus personnels voire autobiographiques. Pedrosa travaille essentiellement avec deux maisons majeures du secteur de la bande dessinée : Dupuis et Delcourt.



L’album

Portugal est sorti en septembre 2011. Il est édité chez Dupuis dans la collection Aire Libre. Aire libre est une collection particulière chez Dupuis qui permet à l’éditeur de publier des albums plus « matures » et adultes que la production grand public habituelle.

L’album est entièrement réalisé par Pedrosa (scénario et dessin). Le format est peu ordinaire car Portugal compte 264 pages  alors qu’un album classique en compte généralement 48. Ce qui a demandé plus de deux ans de travail. Pedrosa a eu besoin de tout son talent pour convaincre Dupuis de publier ce gros volume.

L’album, sorti en 2011, a reçu en janvier 2012 le prix Fnac au festival international de la bande dessinée à Angoulême. Moins prestigieux, le prix du magazine Le Point décerné au festival Quai des bulles à Saint-Malo en octobre 2011.



Le synopsis

 Simon Muchat, double de fiction de Cyril Pedrosa, est un jeune auteur de bande dessinée en manque d’inspiration, n’arrivant pas à écrire de nouvel album. Il donne des cours de dessin à des enfants et fait quelques interventions par-ci par-là. Sa vie s’essouffle peu à peu, Simon se lasse de tout, de son travail comme de sa femme.  Après une séparation avec sa compagne, sa dépression s’accentue. Il est plus tard invité au mariage de sa cousine, un véritable élément déclencheur, et commence à s’intéresser à ses racines portugaises. Intrigué par l’immigration de son grand-père en France, pour fuir le régime de Salazar, il décide de partir au Portugal sur la trace de sa famille afin de trouver un nouveau sens à sa vie et une nouvelle inspiration.

Sans être autobiographique, cet album comporte quelques moments de la vie de Pedrosa. L’auteur a choisi de faire d’éléments de sa vie une fiction afin de conserver des libertés d’écriture et de ne pas avoir de problèmes avec son entourage, ou bien de déformer des événements réels. Quelques exemples : Pedrosa a aussi été invité dans un salon de bande dessinée au Portugal où il a réfléchi sur ses origines, sa famille portugaise. Tout comme son personnage Simon, Pedrosa n’avait pas remis les pieds au Portugal depuis des années.

Les thèmes de l’album sont la quête de soi, la recherche d’une identité, le voyage, l’errance, la famille et la découverte d’une culture. Petite anecdote : les trois chapitres commencent dans une station-service ce qui reprend le thème du voyage et de la route (voyage pour aller au Portugal dans l’enfance de Simon, déplacement pour le mariage, puis voyage au Portugal de Simon à l’âge adulte).

 
 
Analyse

L’ouvrage est  découpé en trois parties bien distinctes, retraçant la généalogie familiale (le fils, le père et le grand-père). L’auteur fait du séquencement de son album un parallèle avec l’avancement dans la quête de son identité. Il s’agit du parcours de Simon et de son vécu par rapport à son père et son grand-père.

La première partie, appelée « Selon Simon », présente le personnage principal, Simon, en revenant sur quelques moments de sa vie et notamment sur sa vie de couple avec Claire et leur rupture. Ceci amènera Simon dans une phase de dépression. L’album commence avec des souvenirs d’enfance au Portugal où Simon écoute les conversations des adultes et de sa grand-mère. Après ces souvenirs plutôt heureux, simples et colorés, nous nous retrouvons dans les années 2000 où Simon est confronté au banquier afin d’obtenir un prêt immobilier (pas simple en étant auteur bd).

Ce chapitre nous présente le quotidien d’un jeune homme, auteur, qui peine à trouver sa place et un sens à sa vie. L’épisode se termine par un bref séjour au Portugal pour un salon de bande dessinée où Simon s’interroge sur ses racines et sur sa vie avec pour éternelle question : de quoi ai-je envie ?

Toute cette première partie réservée à Simon est en monochromie sauf l’arrivée au Portugal qui est remplie de couleurs. Pedrosa aime différencier les ambiances grâce à un jeu de couleurs. Les couleurs et le dessin marquent bien la différence entre la France et le Portugal.

La deuxième partie de l’album est appelée « Selon Jean » (le père de Simon) et se situe au mariage de la cousine de Simon, Agnès, en Bourgogne où une grande partie de la famille est réunie. Ce moment est l’occasion pour Simon de se rapprocher un peu de son père, avec qui il ne communique que très peu. Il en apprend plus sur ce dernier, son oncle et sa tante baba-cool Yvette. Cette réunion de famille contient beaucoup de moments qui peuvent appartenir à chacun d’entre nous comme des vadrouilles en voiture à la campagne, des baignades en rivière ou des discussions un peu trop alcoolisées lors d’un mariage…

Ce chapitre où Simon évolue dans cette réunion de famille fait énormément référence au personnage du père.


Cyril-Pedrosa-Portugal-pere.jpg
On peut rapidement analyser la planche où l’auteur change radicalement de dessin et de couleurs. La scène est plutôt sombre et Simon et Jean se retrouvent après une soirée mouvementée et émouvante (recherche dans la campagne d’une personnage âgée délirante). C’est un des seuls échanges où le père et le fils se retrouvent en tête à tête, Pedrosa a presque effacé les décors et le physique des personnages afin de ne laisser que les silhouettes et permettre au lecteur de se concentrer sur les dialogues. Dans  une interview que Pedrosa donne à Rue 89, l’auteur nous confie sa crainte par rapport à la lecture de Portugal par son père. Tout comme dans le livre, leur relation n’est pas simple et le Portugal est un sujet presque tabou que Pedrosa et son père n’abordent jamais.

C’est seulement dans la troisième partie que Simon partira pour le Portugal et se concentrera sur l’histoire de son grand-père Abel. Au début de son périple, Simon est méfiant. Il retrouve son cousin éloigné qu’il n’a pas vu depuis plus de vingt ans ainsi que la mère de ce dernier, Theresa. Theresa et Alessandro couvrent Simon de nourriture et d’attentions, ce qui rend ce dernier un peu moins farouche même si on sent qu’il essaie de garder ses distances. À Lisbonne, son cousin le conduit dans la ville où ont vécu ses ancêtres. Au début il reste enfermé dans la maison, passant son temps sur l’ordinateur et à croquer en intérieur. Puis au bout de quelques jours et au fil des rencontres avec de nouveaux personnages, Simon sort de sa bulle et s’ouvre au monde en délaissant peu à peu la maison.

On sent que le personnage se trouve une identité même si au final on ne saura pas ce qu’il devient ni s’il rentrera en France…

Dans l’album en général il ne se passe pas grand chose voir presque rien ; ce style peut nous faire penser à la série de Loisel Magasin général. Il n’y a pas non plus de suspens, on sait très bien que le personnage trouvera dans son voyage un retour aux sources et que cela lui permettra de reprendre sa vie d’un bon pied. Mais tout comme dans la série de Loisel, l’action se fait ressentir par l’ambiance et les impressions qui se dégagent du dessin et des personnages.

Quelques personnages des souvenirs d’enfance de Simon ou de ceux qu’il rencontre au Portugal s’expriment exclusivement en portugais. L’auteur réussit à intégrer totalement le lecteur dans ses planches car le texte n’est traduit nulle part. Cela donne un lien fort entre le personnage principal et le lecteur qui tous deux ne comprennent pas ce que veulent dire les Portugais. Simon précise à ce sujet : « On s’habitue aux conversations floues », ce qui s’applique très bien au lecteur. Il suffit d’un mot et toute la discussion prend sens.

On peut aussi noter l’importance des personnages secondaires dans ce récit. Ce sont eux qui aident Simon à évoluer et à faire des choix, qu’il s’agisse d’un dépanneur ou d’une vieille voisine jardinière… Tous ces personnages ont leur importance et leurs caractéristiques. Ils sont très travaillés et on sent que l’auteur a insisté afin de leur donner à tous une « gueule » et un rôle propres.



Le dessin

Les dessins sont très soignés, n’oublions pas qu’ils ont quand même demandé deux ans de travail. Les paysages sont réalisés avec une grande précision, qu’ils soient urbains ou ruraux. Les traits de Cyril Pedrosa sont très souples et les tons utilisés sont majoritairement des couleurs chaudes.  Ses dessins s’adaptent facilement au texte et à l’ambiance des textes. Les couleurs chaudes apparaissent pour la gaieté, des couleurs plus sombres et lourdes pour des moments pesants, plus tristes…

Cyril-Pedrosa-Portugal-jardin.jpg

Au premier abord j’ai cru que le récit allait se passer tout du long au Portugal mais comme je l’ai expliqué un peu avant le Portugal ne concerne que la dernière partie du récit, ce qui m’a un peu déçue mais en même temps m’a agréablement surprise.


Jessica, AS Édition-Librairie 2012-2013

 
Cyril PEDROSA sur LITTEXPRESS

 

 

PEDROSA Trois Ombres

 

 

 

 

Articles d'Adrien et de Claire sur Trois Ombres.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Published by Jessica - dans bande dessinée
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29 juillet 2013 1 29 /07 /juillet /2013 07:00

ED-McBAIN-Jouez-violons.jpg



 

 

 

 

 

 

Ed McBAIN
Jouez Violons
Fiddlers
traduit de l’anglais
par Jacques Martinache
Presses de la cité
Sang d’encre, 2006

 
 

 

 

 

 

 

 

 


L’auteur
 
Ed McBain est un écrivain, nouvelliste, et scénariste américain, né le 15 octobre 1926 à New York et mort le 6 juillet 2005. Ed McBain – son vrai nom est Salvatore Lombino – est un pseudonyme qu’il a utilisé pour écrire la plupart de ses romans. Il a utilisé également des pseudonymes comme Evan Hunter, Richard Marsten, Hunt Collins, Curt Cannon et Ezra Hannon. Il fut un scénariste remarqué, notamment celui des Oiseaux d'Alfred Hitchcock, et a participé à l'écriture de plusieurs séries TV comme Columbo. Quelques ouvrages littéraires et des textes de science-fiction ont été écrits par cet auteur, mais cela reste marginal. En effet, il est principalement connu pour le nombre ahurissant de romans noirs qu’il a publiés.



Le 87e District
 
Ed McBain est l'auteur d’une série qui s’intitule Le 87e District composée de cinquante-cinq romans et trois nouvelles écrits entre 1956 et 2005. Il a connu le succès grâce à cette série. Ce sont des romans noirs, de procédure criminelle, le lecteur suivant pas à pas le déroulement de l'enquête. Jouez violons est le dernier roman de cette longue série, laissé par l’auteur avant de mourir.

Le 87e District met en scène plusieurs inspecteurs, dont Steve Carella et Meyer que l’on retrouve aussi bien que dans le premier roman que dans le 44ème par exemple. L’auteur a introduit un élément nouveau avec cette série. En effet, nous suivons la vie privée des inspecteurs tout au long des romans et découvrons leur famille, leur travail et leur situation financière. Ainsi, l’approche des policiers dans leur globalité est une invention de cet auteur. Par ailleurs, ses romans se caractérisent par un travail remarquable sur le temps romanesque et l'imbrication des intrigues.
 


Le roman noir
 
Le roman noir peut être considéré comme un sous-genre appartenant au roman policier, qui naît véritablement aux États-Unis dans les années 1920 et connaît son essor après la Seconde Guerre mondiale. Le terme roman noir désigne aujourd'hui un roman policier inscrit dans une réalité sociale précise, porteur d'un discours critique. On peut relever certains éléments récurrents qui le caractérisent : un univers violent, un cadre très souvent urbain, un regard tragique et pessimiste sur la société, et un engagement politique ou social, ou encore l'usage de l'argot pour être au plus près du milieu social décrit. On constate cela dans Jouez violons :

 

« – Possession et vente. Il a passé un accord avec le proc, il s’en est tiré avec deux ans et une amende de cinq mille.

– Tu l’as rencontré, ce caïd ? »

Ou encore :

« Il avait envie de boucler ce petit chinetoque au crâne chauve pour hausse de prix illicite, ou quelque chose comme ça. »

« Tu crois qu’il la tringlait ? demanda Monroe à son coéquipier.

– Tu la tringlerais, toi ?

– Il tringlerait tout ce qui bouge, intervint Ollie.

– N’importe quoi, marmonna Monroe. »

 

Parmi les précurseurs français du genre, on peut citer Honoré de Balzac : Une ténébreuse affaire (1843). Dans les années 1920, une génération d'écrivains américains, notamment Dashiell Hammett, écrit des romans qui ont pour ambition de rendre compte de la réalité du pays : gangstérisme, corruption politique et policière, toute-puissance de l'argent, utilisation ostensible de la violence... Il  apparaît vraiment comme le représentant de cette littérature populaire naissante appelée « hard-boiled  », dont il créa l'école avec Carroll John Dally. Le roman noir connaît une multitude de formes.
 


L’éditeur
 
Les Presses de la Cité sont une maison d'édition française créée en 1944 par Sven Nielsen. Elle publie de la science-fiction, des romans historiques, d’aventures mais en majeure partie des romans policiers. Sang d’Encre est la collection qui représente le plus cette maison d’édition. On y trouve aussi bien des thrillers que des romans noirs : « Le noir se décline dans une infinité de nuances. Voilà pourquoi la collection Sang d’encre se fait le miroir de cette diversité avec des auteurs très différents les uns des autres ».
 
 

Jouez violons
 
La couverture de Jouez Violons représente une horloge sur laquelle est écrit « Fifth avenue Building » avec un gratte-ciel à l’arrière-plan. Cela représente, bien évidemment, le côté urbain du roman noir. L’histoire débute avec un meurtre, celui d’un violoniste, qui se prénomme Max Sobolov, d’où le titre « Jouez Violons » bien que tout le roman ne soit pas basé sur ce crime.

En effet, le meurtrier va assassiner cinq personnes au total :

 

Helen Reilly


Michael Hopwell


Christine Langdon


Max Sobolov


Alicia Hendricks

 

Il les a tous tués pour une raison précise. Le violoniste est celui qui a un rôle clé dans la vie du meurtrier, plus déterminant que les autres, même si les autres ont aussi joué un rôle relativement important. Les inspecteurs évoqués plus haut, Meyer et Carella et leurs collègues, Ollie, Parker, etc. vont enquêter sur ce crime.

La seconde victime sera la représentante en produits de beauté Alicia Hendricks. Ces deux assassinats ont un lien que vont exploiter les enquêteurs : les deux victimes se fournissaient toutes les deux en drogue chez la même personne. Puis, à partir du troisième meurtre, plus aucun lien ne peut être constaté. Toutes les recherches des policiers s’écroulent. En effet, le troisième meurtre est celui d’un professeur à la retraite et le quatrième, celui d’un un prêtre de 70 ans. Les inspecteurs sont persuadés qu’il s’agit d’un seul et unique assassin étant donné qu’est toujours utilisée la même arme, un Glock.

Une enquête délicate et ardue débute pour les enquêteurs qui se voient obligés de redoubler de stratégie et de subterfuges pour arriver à leurs fins. Dénonçant la drogue, la corruption et les inégalités, ce roman est un concentré d’action et d’énigmes.
 
Ed McBain Fiddlers
 
Mon avis

Je n’ai pas particulièrement apprécié ce roman du fait que l’on connaît le meurtrier dès la quarantième page, car l’on suit en parallèle la vie de ce dernier et la façon dont il tue ses victimes. De toute évidence, ce roman n’est pas un « whodunit », un roman dont le but est de nous faire deviner l’assassin. Ici l’accent est mis sur le pourquoi du crime. En effet, toutes les explications nous sont fournies à la toute fin du roman. Cela aurait pu être intéressant si nous n’avions pas deviné, à la moitié de Jouez Violons, le pourquoi de la moitié des crimes. Manque le suspens, donc, qui aurait pu nous tenir en haleine et rythmer les pages du roman.


Manon, 1ère année édition librairie

 

 

 

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28 juillet 2013 7 28 /07 /juillet /2013 07:00

SHIMADA-S-ji-Tokyo-Zodiac-Murders.jpg



 

 

 

 

 

 

 

SHIMADA Sōji
島田 荘司
Tokyo Zodiac Murders
占星術殺人事件
Senseijyutsu Satsujin Jiken
Kodansha Press, 1981
traduit du japonais
par Daniel Hadida
éditions Payot et Rivages, 2010


 

 

 

 

 

 

L'auteur
SHIMADA-S-ji.jpg
Il est né le 12 octobre 1948 à Fukuyama (Préfecture d'Hiroshima). Il est d'abord diplômé de l'université  secondaire Seishikan Fukuyama, préfecture d'Hiroshima, et plus tard de l'Université Musashino d' Art, en Commercial Arts.

Il se marie avec Kim Feishan en 1995, puis ils partent s'installer à Los Angeles. Ils ont deux enfants quelques années après. Ils divorcent ensuite, et Shimada repart au Japon.

En 2008, il est nominé pour le prix Edogawa Rampo grâce à son roman Tokyo Zodiac Murder.

En plus d'être écrivain à succès, il est aussi designer, musicien et astrologue.

 Shimada Sōji est l'auteur de nombreux romans à énigmes, dont deux séries consacrées aux détectives Mitarai et Yoshiki. Très apprécié et connu au Japon, il y est précurseur du roman policier. Il a aussi contribué à influencer de nombreux jeunes auteurs de ce genre.

À Taiwan, en 2009, le Soji Shimada Award est créé, qui récompense des auteurs de romans policiers.

Il  est engagé depuis une vingtaine d'années dans un mouvement pour la libération et la réhabilitation de suspects injustement accusés de meurtres. Il est surnommé The Godfather of Shinhonkaku, en français: « Dieu du mystère ».



La maison d'édition et la collection

Les éditions Payot et Rivages

Payot se fait connaître à partir de 1962 dans le domaine des sciences humaines (elle édite Freud) et est surtout connue pour ses collections Petite bibliothèque (collection de poche de sciences humaines) Voyageurs et Rivages (collection de poche en littérature étrangère, dont le catalogue est pour moitié traduit de l'anglais et plutôt à visée grand public.

 Les éditions Rivages sont fondées à Marseille en 1979 et proposent une collection sur le cinéma, ainsi que des romans policiers.

Payot rachète les éditions Rivages en 1991. La fusion donne les éditions Payot et Rivages. Depuis 2012, la maison d'édition Actes Sud détient à 100 % le capital de cette maison d'édition.

 
La collection

À ses débuts, la collection Thriller est surtout tournée vers les auteurs américains, mais d'autres aires sont représentées : latino-américaine avec Paco Ignacio Taibo II, italienne avec par exemple Giorgio Scerbanenco ; allemande avec Wolf Haas… Les auteurs français n’ont pas été oubliés par le créateur de la collection : Claude Amoz, Pascal Dessaint, Jean-Hugues Oppel, Hugues Pagan, Pierre Siniac et Marc Villard s'inscrivent très régulièrement au catalogue.

Cette collection se distingue de ses concurrents par plusieurs caractéristiques.

Un travail particulier sur les couvertures qui contrastent avec celles plus sombres de Fleuve noir (qui a publié notamment San Antonio, Harlan Coben…).

Le suivi d'un auteur durant toute sa carrière, afin de tendre vers une publication de la totalité de son œuvre. C'est le cas par exemple de Jim Thompson qui avait été délaissé par Série Noire, mais aussi de James Ellroy, David Goodis, John Harvey ou Tony Hillerman.

Cette collection se distingue aussi par son souci de traduction intégrale des textes originaux, reprenant parfois d’anciennes traductions, avec notamment un grand travail sur les titres des romans, parfois mal traduits par les précédentes éditions (Série Noire par exemple).

 À partir de 2008, les éditions Casterman éditent des adaptations en bande dessinée de certains titres de la collection, sous le label Rivages/Casterman/Noir.

Voir  ici le compte rendu d’une rencontre avec François Guérif, fondateur et directeur des collections Rivages/Noir et Rivages/Thriller.



Bibliographie

 

Detective Kiyoshi Mitarai Series (Série du détective Mitarai) : Tokyo Zodiac Murders est le premier tome de la série. Le dernier tome est paru en 2009.

Takeshi Yoshiki Series (Série du détective Yoshiki) : une partie de cette série a été adaptée à la télévision. Le premier tome est sorti en 1984, le dernier en 2002.

½ Woman : Account of the Takayama Murders (1985)

 

Shimada-sojo-Tokyo-Zodiac-murder-vo.jpg

 

L'histoire

À la veille de la Seconde Guerre mondiale, dans un Japon en pleine évolution, mais aussi impérial et étrange, une série de meurtres mobilise la police japonaise et donne lieu à toutes sortes d’hypothèses.

Le meurtre du peintre Heikichi, à moitié fou et reclus dans une chambre close, prend une dimension presque surnaturelle lorsque les cadavres des membres de sa famille sont progressivement retrouvés, chacun amputé d'une partie du corps selon des principes astrologiques et alchimiques, dans le but d'assembler Azoth, une déesse imaginée par le peintre Umezawa Heikichi.

De nombreuses questions font alors réfléchir le lecteur en même temps que le détective Mitarai : qui a assassiné Heikichi  et tué ses filles, sachant que le peintre a été assassiné avant elles ? Des notes retrouvées près du corps du peintre expliquent où chercher chacune des filles et pourquoi une partie du corps a été prélevée... Qui est ce docteur Frankenstein japonais ? Qui a laissé ces documents ? Heikichi pourrait-il être encore vivant afin d'accomplir son œuvre ultime ? Ou avait-il une personne prête à accomplir son projet fou ? Et... où est passé Azoth ?

Quarante ans après, l'astrologue, logicien et détective Mitarai, ainsi que son assistant Ishioka s'attaquent à ce mystère, sollicités par une femme dont le père récemment décédé semble avoir été mêlé à cette affaire. Réussiront-ils à la résoudre ?

 

Les personnages

Umezawa Heikichi : le peintre fou, qui a imaginé Azoth. Il est assassiné dans une chambre close au début de l'intrigue. C'est l'un des premiers mystères à résoudre dans le livre.

Azoth : déesse constituée des parties du corps des filles et nièces du peintre selon des principes alchimiques et astrologiques. Elle disparaît après la série de crimes et est un personnage clef de l'histoire. Existe-t-elle vraiment ? Est-elle seulement le fruit de l'imagination du peintre ?

Umezawa Tae : c'est la première femme d'Heikichi, ils se sont rencontrés en France, à Paris. Elle tenait un stand de cigarettes puis Heikichi l'a quittée, elle est tombée malade, et est morte peu après la série de meurtres.

Umezawa Masako : Heikichi a trompé Tae avec elle, c'est sa seconde femme.

Les deux femmes ont une fille du même père, la même année : Tokiko pour Tae, Yukiko pour Masako.

Les filles retrouvées mortes en différents lieux du Japon : Tokiko (fille de Tae et Heikichi), Yukiko (fille de Masako et Heikichi), Murakami Tomoko, Murakami Akiko (les filles de Masako, issues des précédents mariages), Reiko Heikichi et Nobuyo Heikichi (les nièces d'Heikichi).

Takegoshi Bunjirô : policier en 1936.
 
Kazumi Ishioka : détective en herbe, ami et assistant de l'astrologue et détective privé Mitarai. C'est le narrateur du roman, et l'illustrateur. Il prend soin de Mitarai.

Kiyoshi Mitarai : astrologue, détective, il a des passions qui changent souvent. Il possède un petit cabinet d'astrologie qui sert aussi de base pour sa deuxième « profession ». Il boit souvent et fume. Un sens de la déduction hors du commun, malgré son goût pour la tranquillité. Légèrement excentrique, il a un mode de vie original : moins il travaille, moins il est connu, plus il est content. Il déteste avoir des obligations, devoir se lever alors qu'il veut rester dormir. De plus, gagner de l'argent ne l’intéresse pas. Il préfère rester peu connu, dans l'ombre, et voudrait qu’on l'appelle à l'aide le moins possible.

 

La structure du roman

Les deux premières parties du roman sont consacrées à poser les bases de l'histoire principale : la confession du peintre, les multiples personnages impliqués et les raisons pour lesquelles Mitarai s’occupe de cette affaire. L'énigme est mise en place, et quelques hypothèses sont étouffées. Tout cela, alors que Mitarai est assis dans son canapé, et qu'Ishioka lui explique les faits à voix haute.

Après environ 200 pages, l'action du roman commence à arriver. Les deux acolytes reçoivent un document résolvant un problème majeur de l'énigme, mais elle demeure complexe. Ils décident alors de parcourir le Japon, afin tenter de résoudre l'énigme en une semaine (alors que le Japon entier ne l'a pas résolue en quarante ans), après avoir jeté un défi à une personne de l'histoire (pour plus de détails, lisez le livre !). Cette partie permet de découvrir Tokyo et Kyoto (l'ancienne capitale du Japon), le mode de vie des Japonais, de souligner les différences Occident/Orient. Le duo rencontre d'autres personnages, réfléchit vraiment… et le roman prend vie, alors que la première partie n'est que souvenirs et hypothèses.

 Ainsi, les deux parties s'opposent par leur contenu bien qu'elles se complètent aussi (on ne peut pas ne pas lire l'une des deux, sinon on manque des détails importants).

À ces deux parties viennent s'ajouter l'épilogue où une lettre arrive chez Mitarai, d'une personne inconnue (sauf dans le roman !), et deux défis de l'auteur adressés au lecteur.

 

Thèmes abordés

Le régime politique : dans la présentation du projet fou de Heikichi, ce dernier dit qu'il souhaiterait qu'Azoth gouverne le Japon, comme un empereur l'a fait durant les siècles précédents. On peut voir cela comme un rappel ou une critique du régime japonais : un empereur affaibli par la guerre (le roman a été écrit après la Seconde Guerre mondiale et la défaite cuisante du Japon) et un ministre.

Les différences entre Orient et Occident : astrologie occidentale et orientale se complètent (surtout dans le prologue) et Paris est le lieu de rencontre de Tae et Heikichi.

La paresse et l'alcool : les deux caractéristiques de Mitarai. Elles ne sont pas abordées sous un angle négatif ou critique mais plutôt neutre. Le thème de la paresse est plutôt étonnant, surtout lorsqu'on sait que l'un des préjugés que les Occidentaux peuvent avoir sur les Japonais est qu'ils travaillent sans interruption et que la société japonaise est fondée sur la hiérarchie, que les employés prennent rarement des vacances…

L'astrologie : thème omniprésent dans le roman. Le détective est astrologue, et l'auteur est amateur d'astrologie. Les meurtres ont été commis selon des principes astrologiques. Le titre fait aussi bien sûr penser à ce thème : Zodiac.

L'art : un des personnages principaux est peintre, la sculpture est très présente. La fabrique de mannequins présente un art artisanal et ancestral.

La féminité : c'est le thème principal du roman. L’essentiel de l'histoire tourne autour du meurtre des filles d'Heikichi, et de la supposée création d'Azoth la déesse qui représente la femme parfaite, imaginée par le peintre.

 

L’originalité d'un roman policier classique

L’œuvre s'inscrit dans la tradition du roman policier car on trouve des éléments tels qu'un détective brillant, son assistant narrateur, un meurtre en chambre fermée de l'intérieur, des déductions logiques, et un final avec une présentation de la solution devant les intéressés... L'auteur répond aux trois questions du whodunit : qui, comment, pourquoi ?

D'autres éléments font la modernité et l’originalité de ce roman policier : le lieu – l'histoire se passe au Japon – et l'astrologie. On trouve aussi un détective hors normes, qui se démarque de ceux que l'on connaît (moins il  travaille et moins il est connu, mieux il se porte), les défis lancés au lecteur (il y en a 2 : p. 282 et 299); la liberté de ton, surtout dans les dialogues, qui crée un contraste plaisant avec la thématique.

 

Les influences

On perçoit facilement la principale influence anglaise : Arthur Conan Doyle, dont le style d'écriture et les personnages décalés ont été améliorés. L'auteur critique le personnage principal de Doyle :

 

« Holmes nous est présenté comme le roi du déguisement. Une perruque et des sourcils blancs, une ombrelle et le voilà qui traverse la ville déguisé en vieille femme. Tu sais combien mesurait Holmes ? Plus de six pieds, soit quasiment un mètre quatre-vingt-dix ! Tu imagines des gens qui se disent : « Tiens, voilà une petite vieille d’un mètre quatre-vingt-dix » ? Un monstre, oui ! En fait les gens devaient se dire : « Tiens, voilà ce pitre de Holmes, encore déguisé en bonne femme ! » Seul Watson se laissait avoir. »

 

Les autres références sont françaises : Gaston Leroux  avec son Mystère de la chambre jaune qui a visiblement influencé l'auteur pour le meurtre d'Heikichi et La Dame dans l'auto avec des lunettes et un fusil  de Japrisot.



Avis personnel

J'ai vraiment aimé lire ce roman. La couverture et l'histoire donnent envie de connaître le fin mot de l'histoire. J'ai apprécié découvrir le Japon de cette manière, et les personnages décalés m'ont plu, particulièrement Ishioda.

Même si quelques explications sont peu claires, les illustrations facilitent la compréhension des solutions. Des notes du traducteur nous aident  à comprendre des astuces (des changements de noms par exemple).

C'est en vérité surtout un roman de logique, et assez mathématique, avec beaucoup de détails. Il faut aussi retenir que l'ordre des meurtres est important pour comprendre l'intrigue : d'abord meurt Heikichi, puis sa fille aînée Yokiko, puis les autres filles.

 L'auteur s'amuse à ridiculiser un peu le détective londonien auquel on identifie facilement le duo d’enquêteurs, mais il reste un des auteurs classiques japonais dans ce genre. On peut s'attendre à retrouver des traductions de sa série de Mitarai prochainement, peut-être dans la même collection.

 

 

 Coline Paillet, 1ère année Bibliothèques-Médiathèques 2012-2013

 

 

Quelques avis de blogueurs

 http://moisson-noire.over-blog.com/article-tokyo-zodiac-murders-soji-shimada-44156092.html

 http://mes-lectures.over-blog.fr/article-tokyo-zodiac-murders-par-soji-shimada-45115560.html

 

Sources

Wikipédia (page japonaise traduite en français) : page sur l'auteur.

http://www.booksfromjapan.jp/authors/item/125-soji-shimada : traduite en français.

Informations sur la maison d'édition et la collection : http://www.bibliomonde.com/editeur/payot-rivages-115.html

 

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Published by Coline - dans polar - thriller
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27 juillet 2013 6 27 /07 /juillet /2013 07:00

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ASHIHARA Hinako
芦原 妃名子
Piece

彼女の記憶

Piece – Kanojo no Kioku
Première parution
Shōgakukan (Japon) : 2008
Kana (France) : 2012
Série en cours








Biographie

Ashihara Hinako est une mangaka japonaise, née à Hyogo le 15 janvier d’une année inconnue. En 1994, elle entame sa carrière en publiant Sono Hanashi Okotowari dans le magazine Betsumico (diminutif de Bessatsu Shōjō Comics).

Elle est lauréate du Shogakukan Manga Award pour la série intitulée Le Sablier, parue au Japon en 2003 (version originale : Sunadokei) ; c’est une récompense importante dans ce domaine. On peut observer que son genre de prédilection est principalement le shōjō.

Parue en 2012, Piece est sa seconde série publiée chez Kana et compte à ce jour cinq tomes disponibles en France.

Remarque : Tendance habituelle chez les mangaka, le lecteur ne détient que peu d’informations sur la vie privée d’Ashihara Hinako. La discrétion coutumière des auteurs apparaît comme une manière de mettre en lumière l’œuvre, et uniquement celle-ci.

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L’histoire

Haruka, 19 ans, décède prématurément suite à un cancer. Les funérailles sont l'occasion pour ses anciens camarades de lycée de se retrouver. C’était une élève discrète, peu populaire et son enterrement ne suscite pas une intense émotion auprès de ses anciens condisciples. Parmi eux figure l'héroïne, Mizuho, qui garde de la défunte l'image d'une personne effacée et très peu entourée...  Mais ce souvenir reflète-t-il la réalité ?
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Durant la cérémonie, la mère de Haruka en profite pour partager un fait important avec Mizuho : sa fille a eu recours à un avortement, et l'identité du père reste inconnue. Cette révélation va amener Mizuho à lever le voile sur l'existence mystérieuse de son ancienne camarade, sans s'apercevoir que son passé est lié au sien, bien plus qu'elle ne le croit...

Pour raconter son histoire, l'auteure a fait le choix d'une construction narrative assez inhabituelle pour un shōjō, privilégiant le procédé du flash-back. Les personnages ne sont déjà plus au lycée, et deux histoires se font alors écho : le passé et le présent, avec comme noyau commun l'enquête sur Haruka, et le récit de la relation insaisissable entre Mizuho et Narumi, un garçon dont le comportement est aussi imprévisible qu'instable.


Ashihara Hinako Piece 03Narumi et Mizuho

 

Piece ne relève pas d'une simple histoire d'amour, comme on pourrait l'attendre d'un shōjō traditionnel, où la passion amoureuse est l'objet principal du récit. Au contraire, il n'est pas question ici d'effusion de sentiments de la part de l'héroïne : Mizuho détonne par sa maturité, son caractère froid et cette distance qu'elle met entre elle et les autres. L'auteur donne de la profondeur à son histoire et à ses personnages, en leur conférant une psychologie complexe, proche de la vie réelle.



Le dessin
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Au niveau du graphisme, on peut noter la sobriété du trait et des fonds. La mangaka concentre son travail sur le dessin des personnages, avec des arrières-plans et des paysages assez épurés. Les sentiments des personnages sont d'autant plus soulignés, dans la mesure où Ashihara Hinako privilégie les plans sur les visages.

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L'auteure adopte un style simple en apparence, mais où chaque élément a son importance. Piece s'inscrit dans le shōjō par son graphisme plutôt rond et doux, avec une tendance à agrandir les yeux des personnages.
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À propos de la couverture, on peut faire une mention spéciale : l'aspect épuré du fond noir, mettant en valeur un personnage par volume, contraste avec le reste de la production des shōjō existants, où souvent les couleurs foisonnent.


Ce fond noir, sans éléments complémentaires qui viendraient « alourdir » la couverture, reflète bien l'atmosphère mystérieuse et le caractère dramatique de l'histoire. Les morceaux de puzzle éparpillés ont une signification symbolique : rassembler un à un les indices pour reconstituer l'ensemble. Pour l'héroïne, cela signifie découvrir les mystères qui entourent Haruka, et pour le lecteur, il s'agit de retracer le passé de chacun des personnages, au travers des fragments de souvenirs.



Avis

L’œuvre d’Ashihara Hinako se démarque des shōjō traditionnels, dans lesquels l’histoire est classique et implique une héroïne naïve qui veut connaître le grand amour. Certes, le lecteur retrouve la notion de romance, caractéristique souvent liée au genre, mais la singularité réside dans le fait de valoriser et de faire primer l’aspect enquête et découverte de l’histoire.

La psychologie des différents héros est approfondie et il est difficile pour le lecteur de prévoir les réactions des personnages et la suite des événements, tant le récit est riche en rebondissements.

Le déroulement de l'histoire peut en revanche sembler compliqué à suivre, vu que les flash-backs sont récurrents. Toutefois, la construction originale du récit permet de reconstituer le puzzle, pièce par pièce.

Cette série fut un véritable coup de cœur, tant sur le plan graphique qu’au niveau de l’histoire, et je le recommande vivement à tous les amateurs (et non-amateurs) du genre, qui souhaitent être surpris par l’originalité dont le shōjō peut (encore) faire preuve !


Caroline, 2ème année édition-librairie


Sources

 http://en.wikipedia.org/wiki/Hinako_Ashihara
 http://en.wikipedia.org/wiki/Piece_-_Kanojo_no_Kioku
 http://www.nautiljon.com/people/ashihara+hinako.html
 Manga-News : http://www.manga-news.com/index.php/manga/Piece/vol-5
 Baka-Update Manga : http://www.mangaupdates.com/series.html?id=24652

 

 

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26 juillet 2013 5 26 /07 /juillet /2013 07:00

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Matéi VISNIEC
Syndrome de panique dans la ville lumière
Titre original
Sindromul de panica in Orasul Luminilor
Cartea Romaneasca (Roumanie), 2008
Traduit par Nicolas Cavaillès
Non Lieu, 2012
Collection à la marge



 

 

 

 

 

 

Matéi Visniec

Matéi  Visniec est né en Roumanie, à l’époque du communisme, en 1956. Amoureux de la littérature, il découvre des auteurs tels que Camus, Beckett ou Ionesco (dont on retrouvera les fantômes dans le roman). Il part ensuite pour Bucarest étudier la philosophie. À cette époque, il devient très actif au sein de la génération 80 qui bouleverse le paysage poétique et littéraire roumain. Il croit en la résistance culturelle et en la capacité de la littérature de pouvoir lutter contre le totalitarisme. Il croit au pouvoir de dénonciation de la littérature, du théâtre ou encore de la poésie. C’est à cette période qu’il s’affirme dans son pays avec une poésie épurée, qui se veut dénonciatrice. Il écrit notamment Le Navire qui sera régulièrement évoqué dans le roman. C’est également à ce moment qu’il commence à écrire des pièces de théâtre qui connaissent un certain succès dans le milieu littéraire ; elles sont toutefois interdites de création. En 1987, il devient auteur interdit et décide de quitter la Roumanie pour la France où il demande l’asile politique. Il commence à écrire des pièces de théâtre en français et également à travailler pour la radio. À ce jour, nombre de ses pièces écrites en français ont été éditées et il fut à l’affiche dans le monde entier. Depuis la chute du communisme en Roumanie, il est devenu le dramaturge vivant le plus joué.

Il est aussi l’auteur de quatre romans écrits en roumain.



Syndrome de panique dans la ville lumière

Syndrome de panique dans la ville lumière est le deuxième roman écrit par Matéi Visniec.

C’est une autofiction ; la frontière entre réalité et fiction est continuellement ténue. Le roman oscille constamment entre des éléments qui semblent réels et d’autres qui sont du domaine de l’imaginaire. Il y a parfois un aspect onirique dans son récit, notamment de nombreuses personnifications, que ce soit d’objets, de parties du corps humain ou encore d’animaux dont on lit les pensées ; la fin du Printemps de Prague est tout d’abord décrite du point de vue des chaussures : les troupes du Pacte de Varsovie sont représentées par des bottes militaires, le peuple tchécoslovaque par des chaussures ordinaires ; dans une autre scène l’on apprend que ce sont les animaux d’un appartement (tous, du chat aux acariens) qui décident d’éjecter le propriétaire et ce en jetant toutes ses affaires par la fenêtre. De plus, tout au long du roman nous rencontrons les fantômes de nombreux écrivains appréciés par l’auteur (tels que Ionesco, Becket ou Hemingway). Enfin, le récit est parsemé d’événements surréalistes voire absurdes (notamment une attaque de mots dans une librairie où ils décident de reprendre le contrôle, le fait d’entendre les livres crier de souffrance ou encore de voir les mots qui sont parlés au lieu d’être entendus).

Cette absurdité peut néanmoins servir d’explication à des événements qui se sont passés précédemment (par exemple lorsque les animaux décident de s’emparer de l’appartement : au début nous ne savions pas qui étaient les « coupables »).



Ce récit est également une galerie de portraits où s’intègre Matéi Visniec au même titre que les autres personnages. Il y a Jaroslava, l’expatriée de Tchécoslovaquie qui après un premier succès littéraire se trouve désormais oubliée, Hung Fao, qui a fui la Chine communiste de Mao Tsé-Tung, Pantelis Vassilikisti, pour qui le fait d’être polyglotte est une vraie malédiction car il est incapable d’écrire une livre dans une seule langue, François Comte qui s’est retrouvé jeté de son appartement par ses animaux, Georges avec son chien Madox, tous deux accros aux informations, à qui il arrive également des mésaventures, Faviola, la libraire qui soigne les livres qu’elle entend crier en en lisant quelques pages ou en les déplaçant. Tous ont un lien plus ou moins marqué avec le monde de la littérature et plus précisément celui de l’écriture. Les destins de chacun sont liés ; on retrouve par exemple certains personnages dans l’histoire d’un autre.

Il y a enfin M. Cambreleng, un éditeur mystérieux autour duquel tous ces personnages gravitent. Cet homme peut être considéré comme un mentor, voire un guide spirituel. Il montre un nouveau visage de l’écrivain et surtout une nouvelle manière d’écrire où le livre prime sur l’auteur. À tous ces écrivains ratés, oubliés, il fait écrire des histoires qu’ils échangent ensuite entre eux pour remanier ou continuer le récit, il veut ôter l’individualisme de l’écriture.

Ce rôle de mentor et guide s’exerce notamment sur l’auteur à qui cet enseignement permet de dépasser ses limites, les frontières entre réalité et fiction. Grâce à M. Cambreleng, Matéi Visniec  peut voir les fantômes des grands écrivains ayant séjourné à Paris, il peut leur parler, il peut également voir les mots « oraux » et cela ne l’interroge plus, il a accepté ce flou entre réel et imaginaire.

Nous apprenons au fil du roman que cette histoire est une retranscription de l’observation de l’auteur sur son entourage. Cela pose la question de la réalité des personnages. Existent-ils dans la vraie vie, quand s’arrête le récit d’événements réels et quand commence à s’exprimer l’imagination de Matéi Visniec ? Certains personnages dans le roman demandent à apparaître dans l’histoire. Il y a donc un enchâssement, une histoire dans l’histoire. 

Ce roman se caractérise également comme une autofiction. Au fil de son récit, l’auteur intègre des éléments autobiographiques, notamment sa vie en Roumanie avant de partir vivre à Paris. Il explique par exemple la manière dont il a obtenu son passeport, évoque quelques moments de sa vie passée avec ses amis, voire la personnalité de certains d’entre eux et il décrit le lieu de son enfance.

Il fait également référence à ses professions. Tout d’abord, dans le livre comme dans la vraie vie, il est écrivain et poète. Il parle notamment d’un poème qui a eu un impact important en Roumanie, Le Navire. De plus, au travers des personnages de François Comte et de Georges, nous nous doutons qu’il a un lien avec le monde de la radio et de l’information (il y a par exemple une visite de la Maison de la radio ou tout simplement le fait que Georges soit accro aux informations).

Au travers de son récit, il se livre à de nombreuses dénonciations. Tout d’abord sur les régimes politiques de certains pays, tels que la Roumanie, la Chine et la Tchécoslovaquie à l’époque du communisme. Également sur la radio : il sous-entend que les informations communiquées aux auditeurs sont fabriquées de toutes pièces, et ce depuis de nombreuses années. Enfin sur Paris et sur sa « déchéance artistique ». Au travers de M. Cambreleng, il déplore ce qu’est devenue cette ville : un lieu purement touristique, un cimetière des artistes où il n’est plus possible de percer mais où pourtant tout le monde continue d’aller. Il dénonce aussi le statut des écrivains actuels.

Enfin, en ce qui concerne le décor du roman, c’est-à-dire Paris, Matéi Visniec nous offre une balade singulière. Mr. Cambreleng le fait aller dans les cafés fréquentés par les grands écrivains ayant séjourné dans le Ville Lumière, ce sont donc des lieux empreints d’une histoire littéraire forte pour l’auteur. Il y a également une visite de la Maison de la radio, une description du jardin du Luxembourg ou encore du cimetière des Chiens (où il met surtout en avant la poésie des lieux). Pour finir, il y a la rue Mouffetard avec le café St-Médard, endroit où ce groupe d’écrivains passe la majorité de son temps à élaborer de nouvelles manières d’écrire. C’est le lieu central de ce roman.


Marine, 1ère année Bibliothèques 2012-2013

 

 

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25 juillet 2013 4 25 /07 /juillet /2013 07:00

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MURAKAMI Ryū
村上 龍
1969
シクスティナイン
Shikusuti Nain (1987)
Picquier, 1995
Picquier poche, 2004




 

 

 

 

 

 

 

 

Ryû Murakami est né en 1952 dans la préfecture de Nagasaki. En plus d'être écrivain, il est réalisateur et scénariste. Il est souvent qualifié d'auteur prolifique puisqu’en 37 ans il a déjà écrit 22 romans. Le plus célèbre est incontestablement  Bleu presque transparent, son premier roman, paru en 1976. À titre indicatif, ce livre a été vendu à 1 million d'exemplaires en six mois et a obtenu le prix Akutagawa, l'équivalent du Goncourt au Japon.

Vous avez pu peut-être constater que l’œuvre de Murakami était très sombre et pessimiste. Il dépeint souvent les Japonais de manière négative et confirme les préjugés que nous nous faisons d'eux ; ce seraient des êtres isolés. Par ses romans, Murakami analyse l'histoire du Japon. Le pays est décrit très négativement : le Japon serait un pays de surconsommation, de violence, d'abandon, de destruction des liens collectifs, d'omniprésence d'internet qui isole les individus.

La contestation de 1969 au Japon n'a pas de cause unique, elle s'explique par trois facteurs. Les Japonais veulent la démocratisation du système éducatif. De plus, ils critiquent l'impérialisme américain qui possède des bases militaires sur le territoire et est en guerre contre le Vietnam. Enfin, ils dénoncent les méfaits de l'explosion démographique sur l'environnement et sur la population elle-même.


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En 1969, à l'âge de 17 ans, Murakami assiste à une manifestation d'étudiants et à des émeutes dans une université qui se terminent par un échange de tirs entre la police et des étudiants. Ces émeutes ont fortement impressionné l’écrivain qui s’en servira pour son roman. 1969 raconte le vécu personnel de Murakami Ryû en 1969. L'auteur se met en scène à travers Kensuke Yazaki, que tout le monde appelle Ken. Il est en terminale et rêve de révolution, de rock et de filles. Le vent de révolte et de liberté engendré par mai 1968 arrive au Japon et donne à Ken l'idée de poser des barricades dans son lycée et d'organiser le premier festival japonais de musique et de cinéma occidentaux. 1969 raconte donc les aventures adolescentes de l'auteur : l'organisation de la révolte dans son lycée, d’un festival ainsi que ses aventures amoureuses avec la belle Kazuko Matsui. Dans ce roman, d'inspiration largement autobiographique, Murakami Ryû dresse le portrait d'une jeunesse japonaise provinciale qui va exprimer sa révolte contre le système (parents-enseignants-police...) L'auteur s'inspire à la fois de la vague de contestation hippie américaine et du mouvement français de mai 68. Ken habite dans une petite ville de Ky
ûshû connue pour sa base militaire américaine. Au Japon, une vague de contestation politique fait son apparition, animée par certains élèves du lycée Nord où étudie Ken, de plus en plus intéressé par ce mouvement qui veut notamment faire cesser la guerre au Vietnam. Ken est accompagné d’un petit groupe d’amis qui vont peu à peu se lancer dans des opérations contre le système politique en place.

Ken a selon moi toutes les caractéristiques de l'anti-héros. Il est assez détestable. C'est un adolescent désagréable à vivre, égoïste, vulgaire, mauvais élève, qui se moque de tout le monde à part des personnes qui l'intéressent le plus comme Kazuko Matsui. Ken ne souhaite qu'attirer l'attention sur lui tout le temps ; cela se ressent dans les conversations avec ses amis. Il essaye toujours de se mettre en avant en évoquant la culture occidentale : Rimbaud, Godard, Shakespeare, etc. alors même que le lecteur n'est pas persuadé qu'il ait lu l'ensemble des auteurs qu'il évoque. Notre héros cherche à tout prix à profiter de la vie, à connaître l'amour et à perdre son pucelage. Un de ses amis ose lui dire ses quatre vérités vers la fin du roman : « Tu es une vraie crapule ! Je n'ai jamais vu un égoïste pareil ! » ; il lui dit aussi que c'est un menteur et trouve d'autres éléments pour illustrer son égoïsme : « Menteur ! Tu avais l'intention d'utiliser l'argent des billets pour dîner en tête-à-tête avec Matsui dans le meilleur restaurant de grillades de la ville ! » Ken avoue son propre égoïsme quelques lignes plus tard : « Il avait raison. Mon propre égoïsme me faisait horreur et des larmes de honte se mirent à gonfler mes paupières, poil au derrière. » La fin de la phrase montre à quel point Ken n'a finalement aucun remords et culpabilise seulement quelques secondes pour le principe. De plus, il semble parfois oublier ses idéaux et ses convictions. Il n’est capable de dire et de montrer ce qu'il pense réellement qu'en présence de personnes qu’il pense dominer et diriger.

Sa mère semble désespérée lorsqu'il se fait arrêter à la suite de la pose des barricades dans son lycée. Au contraire le père paraît plutôt fier de son fils et lui donne même des conseils sur le comportement à adopter une fois arrivé au commissariat. Nous pouvons voir ce que Ken pense de l'éducation dans le roman : « Pas beaucoup de bien. L’éducation au Japon aujourd’hui n'a pas pour but de former des individus, mais des rouages de l’État capitaliste.» ; « être lycéen était la première étape de la DOMESTICATION de l'homme. »

L'influence occidentale est très marquée tout au long du roman et plus généralement l'influence américaine. Dès le début, pour présenter l'année 1969, l'auteur propose de nombreux repères :

 

« 1969. Annulation des examens d'entrée à l'université de Tokyo. Les Beatles sortent l'album blanc, Yellow Submarine et Abbey Road. Du côté des Rolling Stones, c'est l'année de Honky Tonk Women, leur meilleur quarante-cinq tours. Des jeunes aux cheveux longs, les hippies, réclament de l'amour et de la paix. À Paris, de Gaulle démissionne ; au Vietnam, la guerre continue. Auprès des lycéennes, le Tampax n'a pas encore remplacé les serviettes hygiéniques. »

 

Ken énumère énormément de références culturelles tout au long du roman, elles sont toutes occidentales et musicales dans la plupart des cas. Le narrateur cite aussi bien Nietzsche que Rimbaud, Sartre, Genet, Céline, Camus, Bataille, Anatole France, Alain Delon, Janis Joplin, Bach, Jimi Hendrix ou Shakespeare.

Comme dit précédemment, ce livre est très éloigné de l'univers sombre et pessimiste auquel Murakami nous a habitué. Ce livre est très frais et propose le point de vue inhabituel d'un adolescent à la fin des années 60 au Japon. Murakami brosse un portrait de la jeunesse japonaise partagée entre nationalisme et socialisme. Elle cherche à bousculer les contraintes de la société à travers les arts : le rock, le cinéma. L'auteur nous raconte par le biais de Ken son adolescence de manière drôle et légère. Il alterne des passages et des réflexions drôles avec des passages plus calmes et émouvants comme sa sortie à la plage, en tête à tête avec Kazuko Matsui.

Le langage de Ken est extrêmement familier. Nous pouvons trouver des mots et des expressions comme « chatte », « un clochard crois moi ça pue », « péquenots », « mon trou du cul me démangeait » tout au long du livre. J'ai pu parfois très facilement imaginer telle ou telle scène si le roman était adapté au cinéma. Très souvent, le roman me faisait penser à un scénario de film et j'imaginais une voix off disant ce que je lisais pendant qu'une scène du livre se déroulait. La manière dont sont écrits certains passages me fait penser au scénario d'une comédie. L'extrait serait alors l'équivalent d'un passage en voix-off qui servirait à poser la situation d'un début de comédie.

 

« C'est ainsi que commença pour moi l'année 1969, l'une des plus intéressantes parmi les trente-deux que j'ai vécues jusqu'à ce jour. Nous avions dix-sept ans. »

 

Le début, comme la fin du roman, est une description des personnages où aucune action ne se déroule :

 

« L'un de nos camarades se rappelait avoir pris des leçons particulières d'orgue en même temps qu'elle à la maternelle. Ce bienheureux s'appelait Tadashi Yamada, nom qui présentait la particularité de s'écrire avec trois caractères chinois très simples que l'on apprend dès le cours préparatoire : « droit », « montagne », « rizière ». Excellent élève, il visait la faculté de médecine d'une université nationale tandis que la pureté de ses traits lui valait une flatteuse réputation jusque dans les écoles voisines. »

 

La fin du roman évoque chaque personnage et raconte ce qu’il est devenu :

 

« Yuji Shirokushi est devenu médecin. Je l'ai rencontré une fois seulement, alors qu'il était encore étudiant. Il m'a raconté qu'à deux exceptions près, toutes les filles de bar et de cabaret à qui il l'avait demandé avaient accepté de coucher avec lui quand il leur avait montré sa carte d'étudiant à la faculté de médecine. »

 

Murakami nous propose, parfois, des situations très ridicules et sordides mais aussi plus dangereuses que ne le laisse supposer le récit :

 

« Nakamura me regarda, bouche bée, tandis que je lui désignais le bureau du proviseur.

– Je ne peux pas faire ça...

– Et pourquoi pas ? Tu as été capable de nous faire rire au risque de nous faire prendre, non ? C'est ta punition... Si nous étions de vrais guérilleros, nous t'aurions abattu sur place comme un chien.

Nakaruma était au bord des larmes. Voyant que ni Adama, ni moi n'étions disposés à céder, il se résigna à grimper sur l'imposant bureau que baignait le clair de lune.

Ne regardez pas, dit-il d'une voix blanche en baissant son pantalon.

– Si tu sens que ça va faire du bruit, arrête-toi, murmura Adama en se pinçant le nez.

– Tu crois que c'est facile ? Si ça commence, je ne pourrai pas m'arrêter !

– Tu préfères que nous soyons tous renvoyés de l'école ?

– Laissez-moi aller aux toilettes, alors...

– Pas question.

Son petit cul blanc brillait sous les reflets de la lune.

– Je suis trop nerveux, ça ne vient pas.

– Pousse !

Adama lui prodiguait des conseils quand tout à coup... Avec un petit cri douloureux, Nakamura lâcha un énorme pet foireux. Un vrai bruit de pompe à eau qui se débloque ! Adama le saisit au collet et lui ordonna à l'oreille :

– Arrête-toi, putain ! Bouche-toi le trou du cul avec ce que tu veux, mais arrête-toi !

– Trop tard, gémit Nakamura.

Jamais je n'aurais cru qu'un cul qui chie puisse faire autant de bruit. Je jetai un coup d’œil dans le couloir en direction de la loge des concierges. J'avais la chair de poule. Si nous étions renvoyés à cause d'un pet trop bruyant, nous n'avions pas fini d'être la risée du toute l'école ! Les concierges ne semblaient pas s'être réveillés. Nakamura se torcha avec la Lettre mensuelle de l'Association des proviseurs de lycée de la préfecture de Nagasaki et sourit, embarrassé. »

 

J’ai beaucoup apprécié de plonger dans le passé de l’auteur. Je ne n’avais jamais lu un livre, ni vu de film traitant de cette période au Japon et j’ai trouvé cela à la fois intéressant et amusant de découvrir ce qui avait découlé du mouvement hippie de l’autre côté du Pacifique. J'ignorais même qu'il avait pu se passer un phénomène similaire à notre mai 68.


Morgane, 2ème année édition-librairie

 

 

MURAKAMI Ryū sur LITTEXPRESS

 

Murakami Ryu Bleu presque transparent

 

 

 

 

 

Article d'Océane sur Bleu presque transparent.

 

 

 

 


 

Murakami Ryu Raffles Hotel  

 

 

 

 

Article de Noémie sur Raffles Hotel.

 

 

 

 

murakami ryu parasites

 

 

 

Article de Laure sur Parasites.

 

 

 


 

Murakami ryu les bebes

 

 

 

 

Articles de Morgane, de Marie-Aurélie  et de Gaëlle sur Les Bébés de la consigne automatique

 

 

 

 


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Article de Charlotte sur Ecstasy, Melancholia, Thanatos

 

 

 

 






article de Lucille sur Ecstasy

 

 

 

 


 

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24 juillet 2013 3 24 /07 /juillet /2013 07:00

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MURAKAMI Ryū
村上 龍
Les bébés de la consigne automatique, 1980
コインロッカー・ベイビーズ
Koinrokkā Beibīzu
Traduit du japonais
par Corinne Atlan
Picquier poche, 1998








Murakami Ryū
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 Murakami Ryū — son vrai prénom est Ryūnosuke — est né le 19 février 1952 à Sasebo (préfecture de Nagasaki). Cette petite ville abritait une base navale de l'armée américaine. Murakami Ryū a donc été très tôt influencé par la culture occidentale. Il est aujourd'hui écrivain, scénariste et réalisateur. Il a d'abord étudié le design à l’université des Beaux-Arts de Tokyo  avant d'écrire son premier roman en 1976,  Bleu presque transparent. Ce livre se vendra à plus d'un million d'exemplaires en six mois au Japon et lui vaudra le prix Akutagawa.  Murakami Ryū obtiendra également le Prix Gunzō (1976), le Prix Yomiuri (1998) ainsi que le Prix Tanizaki en 2000.



L'histoire

Hashi et Kiku sont deux enfants liés par l’abandon de leurs mères respectives lors de l’été 1972.  Neuf enfants ont été abandonnés dans les mêmes conditions mais ce sont les seuls à avoir survécu. Ils se retrouvent dans le même orphelinat et ne se quitteront plus jusqu'à la fugue de Hashi des années plus tard. Tandis que Hashi est un enfant très timide et enfermé dans son monde, Kiku a tendance à défendre son frère en jouant des poings mais ces enfants sont tous deux diagnostiqués autistes. Un psychothérapeute va leur faire suivre une thérapie avant-gardiste qui consiste à les mettre sous somnifères et à leur faire écouter le bruit des battements de cœur de la mère qu'entend un fœtus. Les enfants ne se rendent absolument pas compte de ce qu'ils font lors de ces séances et leur autisme disparaîtra pour un temps.

Hashi sera à la recherche de ce son toute sa vie.  Le jour où il commence à s'en souvenir, il entreprend d’enregistrer tous les bruits de la rue, de la télévision, de la radio, etc. dans le but de retrouver ce fameux son qu'il n'arrive pas à définir. Et à force d’écouter et de mémoriser tous ces sons existants il deviendra un chanteur capable de contrôler, par sa seule voix, les émotions des gens. Quant à Kiku c'est sa rencontre avec Gazelle qui va être primordiale pour lui. Gazelle est un homme mystérieux et solitaire dont on ne sait pas beaucoup de choses. Il parle à Kiku, pour la première fois, de la datura. La datura est une sorte de drogue qui peut plonger une personne dans une véritable psychose destructrice. La victime se transforme en « machine à tuer ». Kiku n'a plus qu'une idée en tête trouver la datura et semer la destruction.

L’année de ses quinze ans, Hashi fugue à Tokyo dans le but de retrouver sa mère. Quelques mois plus tard,  Kiku part à sa recherche. Il retrouve Hashi qui se prostitue dans  « l’îlot de la drogue », un quartier au centre de Tokyo interdit car contaminé par un produit chimique. Après s’être retrouvés, les deux frères vont vivre chacun de leur côté à Tokyo. Kiku rencontre Anémone, une jeune mannequin qui vit avec son crocodile de compagnie. Tandis que Hashi parvient à devenir chanteur et connaît grâce à son manager un immense succès. Pour accroître encore ce succès, son manager tente de retrouver la mère biologique du chanteur afin d’organiser une émission consacrée à ces retrouvailles.



Une atmosphère dérangeante 

L'atmosphère générale, lourde et étouffante, est créée dès le début du livre par la répétition des mots « chaleur », « sueur », « étouffant », etc. Les deux premières pages sont très représentatives de ce que nous réserve la suite du récit. Les thèmes récurrents sont le sexe, la violence, la maladie mentale et physique, la cruauté dont l'Homme est capable. Malgré ces thèmes très sombres l'auteur parvient à utiliser l'humour mais un humour grotesque qui, dans le contexte, semble déplacé et rend l'atmosphère encore plus malsaine.

Les lieux sont un élément important de cette atmosphère dérangeante et malsaine. Il y a par exemple l'existence, au centre de Tokyo d'un quartier interdit à cause d'une contamination due à un produit chimique. Comme personne ne veut y aller, il est devenu le refuge de clochards, prostitués, criminels et drogués. Il y a également la mine désaffectée où jouent les garçons lorsqu'ils sont enfants, également lieu interdit habité par des mendiants.

Les personnages sont un autre élément important de cette atmosphère. Ils sont tous plus fous et marginaux les uns que les autres. Nous avons par exemple Anémone, la jeune mannequin que rencontre Kiku, qui vit avec un crocodile et qui partage les mêmes envies de destruction que Kiku :

 

« J’irai le brûler au soleil, il deviendra un énorme ballon d’air chaud qui se transforme en énorme nuage et quand ce nuage crèvera une pluie se mettra à tomber sans s’arrêter jusqu’à ce que tes poumons en pourrissent d’humidité, les trottoirs mouillés finiront par se fendre, les flaques s’élargiront en petites rivières coulant entre les buildings, le niveau de l’eau montera tous les jours jusqu’à ce que l’humidité empêche tout le monde de respirer et que les palétuviers poussent entre les fentes du béton, la villes les arbres s’écrouleront, pourriront dans l’eau et deviendront des nids d’insectes venimeux comme tu n’en as jamais vu, les insectes pondront des œufs d’où des larves sortiront en rampant et c’est alors que tes cauchemars d’alcoolique et d’overdose de sperme commenceront à se réaliser. » (page 177, édition Picquier poche).

 

Il y a également Mister D, le manager de Hashi, un homosexuel mégalomane qui, lorsqu'il mange beaucoup de gras de viande, peut coucher avec des femmes et ne plus avoir envie de coucher avec des hommes. Les relations entre les personnes sont aussi assez malsaines. En effet, c'est Mister D qui pousse Hashi à se prostituer avant d'en faire un chanteur.

Il y a aussi Hashi, homosexuel qui, finalement, l'année de ses dix-neuf ans, se marie avec Niva, une femme de 38 ans ; après un cancer du sein, elle a subi une ablation de la poitrine. Hashi retrouve donc un peu sa mère dans cette femme de 38 ans et, étant homosexuel, il choisit une femme sans poitrine. Nous avons donc là des relations très bizarres, troublantes et assez malsaines qui participe à cette atmosphère dérangeante.



Le style et le discours de l'auteur

Le procédé narratif de Murakami est vite repérable. On peut le qualifier de narration à tiroirs. Il consiste à faire rencontrer à son héros un personnage dont il raconte l'histoire. Nous trouvons également des extraits de livres ou un article à l'intérieur du récit. Les descriptions sont extrêmement visuelles, faisant surgir des images incongrues d'une précision qui ne fait qu'ajouter à notre malaise. L'auteur parvient ici, à mêler violence, humour mais aussi poésie, ce qui rend ce récit si particulier et inhabituel mais également très plaisant.

Murakami Ryū tient un discours des plus fatalistes. Il faut savoir que ce livre a été écrit en 1980 ; or, l'action se passe essentiellement en 1987 et c'est ainsi que l'auteur donne une vision prémonitoire de l'importante place des médias, de la pub et de la mode dans notre monde. L’univers décrit dans ce livre est proche de notre société de consommation d'aujourd'hui. Nous trouvons également au centre de ce récit l'idée de destruction de la ville en faveur d'un retour à la nature sauvage. Ce thème de la nature est très présent dans la culture japonaise mais ici, elle est défendue avec beaucoup de violence. À cela s'ajoute une critique d’une société japonaise très individualiste. Un passage du livre résume très bien toutes ces idées :

 

« Rien n’a changé depuis l’époque où on hurlait enfermés dans nos casiers de consigne, maintenant c’est une consigne de luxe, avec piscine, plantes vertes, animaux de compagnie, beautés nues, musique, et même musées, cinémas et hôpitaux psychiatriques, mais c’est toujours une boîte même si elle est énorme, et on finit toujours par se heurter à un mur, même en écartant les obstacles et en suivant ses propres désirs, et si on essaie de grimper ce mur pour sauter de l’autre côté, il y a des types en train de ricaner tout en haut qui nous renvoient en bas à coups de pied. […] il n'y a qu'une solution : foncer dans le tas, pulvériser tout ce qui se présente, retourner à zéro, réduire tout ça en cendres ! » (pages 416-417).

 

 

 

Avis

Un livre très prenant au début mais il arrive un seuil où une lassitude s'installe. Nous ne sommes plus vraiment sûr que tous les actes de violence soient justifiés, nous sommes dans la surenchère. Malgré cela c'est un livre à lire ne serait-ce que pour le style de Murakami. En effet, j'ai vraiment apprécié ce mélange de violence, d'humour et de poésie. Un livre qui ne nous laisse pas indifférent mais âmes sensibles s'abstenir.


Morgane Boubault, 1ère année Éd/Lib 2012-2013.

 

 

 

MURAKAMI Ryū sur LITTEXPRESS

 

Murakami Ryu Bleu presque transparent

 

 

 

Article d'Océane sur Bleu presque transparent.

 

 

 

 


 

Murakami Ryu Raffles Hotel  

 

 

 

 

Article de Noémie sur Raffles Hotel.

 

 

 

 

murakami ryu parasites

 

 

 

Article de Laure sur Parasites.

 

 

 


 

Murakami ryu les bebes

 

 

 

 

Articles de Marie-Aurélie  et de Gaëlle sur Les Bébés de la consigne automatique

 

 

 

 


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Article de Charlotte sur Ecstasy, Melancholia, Thanatos

 

 

 

 






article de Lucille sur Ecstasy

 

 

 

 


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23 juillet 2013 2 23 /07 /juillet /2013 07:00

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Olivier ADAM
Les Lisières
Flammarion, 2012

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’auteur : http://fr.wikipedia.org/wiki/Olivier_Adam_(%C3%A9crivain)

 

 

L’histoire

Paul Steiner, un écrivain, vient d’avoir quarante ans. Alors qu’il pensait enfin avoir trouvé un équilibre en Bretagne avec sa femme et ses enfants, sa femme le quitte, ne le supportant plus. La vie de Paul se trouve alors bouleversée et sa « Maladie », une sorte de dépression, le rattrape. De plus, sa mère est à l’hôpital et souffre de pertes de mémoire. Il doit retourner dans sa ville d’enfance, « V. », en banlieue parisienne, où son père l’accueille avec un grande indifférence. Ce voyage va lui permettre de faire un bilan de sa vie actuelle mais également de la situation d’une France en déclin.

 

Le personnage principal : Paul Steiner

Paul Steiner n’a aucun souvenir de son enfance antérieur à sa tentative de suicide à l’âge de dix ans. Il a été anorexique durant son adolescence, jusqu’à ce qu’il rencontre sa femme, Sarah, qui va l’aider à s’en sortir. Ils vont alors tous les deux fuir, d’abord de « V. » vers Paris. Puis, quand la Maladie rattrapera Paul, ils fuiront de nouveau vers la Bretagne. Cependant, depuis quelque temps, la Maladie touche à nouveau Paul. Il se laisse aller, ne parle plus et pèse plus de cent kilos. Il devient impossible à vivre et Sarah le quitte. Du fait de l’hospitalisation de sa mère, il revient chez lui après vingt ans sans avoir jamais vraiment donné de nouvelles.

« À force de fuir de lieu en lieu, de lisière en lisière, est-ce qu'on ne finit pas par vivre aux lisières de sa propre existence ? »

On peut voir de nombreuses similitudes entre la vie de Paul Steiner et celle d’Olivier Adam. Tout comme Olivier Adam, Paul Steiner a grandi en banlieue parisienne. L’auteur et son personnage habitent tous les deux en Bretagne. Ils sont écrivains et participent à l’écriture de scénarios de films. Ainsi, dans le fond, les vies de Paul Steiner et d’Olivier Adam sont similaires. On peut donc se demander quand l’auteur ne retrace plus sa vie et entre dans la fiction, où se situe la frontière entre l’autobiographie et la fiction ?


 
La mère de Paul montre de plus en plus les signes de la maladie d’Alzheimer. Son père, un ancien ouvrier communiste, s’apprête à voter pour le Front National. Son frère, François, qui est vétérinaire, vit dans un quartier aisé et a des idées politiques conservatrices, opposées aux siennes. Le narrateur n’est pas proche de sa famille, il ne s’entend pas bien avec son frère et son père et n’a jamais vraiment été proche de sa mère. Ce roman, et principalement la situation du narrateur, nous permettent d’ouvrir les yeux sur l’éclatement de la cellule familiale et les difficultés à communiquer aujourd’hui.

 

« D'où venait qu'après tant d'années une mère et son fils se connaissaient si mal, se parlaient si peu, se témoignaient si peu de tendresse ? D'elle ou de moi ? Était-ce là un symptôme de plus de mon incapacité à entrer réellement en contact avec les autres, de cette manie que j'avais de les fuir, de ce paradoxe qui me faisait me replier sur moi et refuser les marques d'affection, les démonstrations d'intimité, en même temps que je me plaignais intérieurement de ma solitude, de la froideur et de l'abstraction des liens qui m'unissaient aux autres : mes amis, mes parents, mon frère ? »

 

Durant son séjour, Paul découvrira l’existence d’un lourd secret de famille qui pourrait être la cause de son amnésie partielle et de ses rechutes permanentes dans la « Maladie ».

Ce séjour va également permettre à Paul de revoir les personnes qu’il a connues durant sa scolarité, des personnes à qui il n’a jamais donné de nouvelles après les avoir quittées. Certains vont avoir réussi mais beaucoup vont avoir échoué dans leurs objectifs. La majorité n’ont pas d’emploi stable, vivent dans des situations précaires et ont souvent du mal à boucler leurs fins de mois. Leurs utopies de l’adolescence se sont envolées. Sophie, son ancienne meilleure amie, est devenue une mère au foyer, à l’opposé de son projet d’avenir. Elle est très fragile et Paul va venir détruire cet équilibre.

 

Portrait de la France d’aujourd’hui

Les banlieues sont pour l’auteur à la lisière de la France. Elles sont mises à l’écart, stigmatisées, et personne ne s’en occupe. La situation de ses anciens camarades de classe en est la preuve formelle. L’inégalité des chances frappe de plein fouet ces banlieues.

 

« J'avais le sentiment d'avoir perdu le contact. Je ne pouvais pas m'empêcher de penser qu'en dépit des mots les choses s'étaient inversées : le centre était devenu la périphérie. La périphérie était devenue le centre du pays, le cœur de la société, son lieu commun, sa réalité moyenne. [...] Oui, cela ne faisait plus aucun doute, la périphérie était devenue le cœur. Un cœur muet, invisible, majoritaire mais oublié, délaissé, noyé dans sa propre masse dont j'étais issu et que je perdais de vue peu à peu. »

 

 L’auteur montre également l’ampleur de l’évolution des idées du Front National dans la population. Le père de Paul, ainsi que plusieurs de ses anciens amis, sont de plus en plus réceptifs aux discours de Marine le Pen, appelée « La Blonde », pourtant au départ à l’opposé de leurs convictions. Ils envisagent de voter pour elle aux prochaines élections.

Olivier Adam fait également une critique de la France mondaine, des écrivains de Saint-Germain-des-Prés. Il fait une critique du monde littéraire notamment à travers la vision de ses anciens camarades et de sa famille sur sa nouvelle vie, sur les livres qu’il écrit.

 

« Tu sais, tes livres, si je dois être sincère, je ne les aime pas trop. Tu es trop noir. Mais tu as toujours été comme ça. À tout voir en noir. À te plaindre. À te morfondre. Mais bon, vous êtes tous pareils les artistes. À vous torturer. À vous prendre la tête. On dirait des adolescents mal grandis. »

 

 

La structure du roman

Le livre est divisé en trois grandes parties :

 

–  Le retour du personnage principal chez ses parents

–  Le retour en Bretagne

–  Le nouveau départ de Paul au Japon.

Le rythme du roman est plutôt lent. Il y a beaucoup d’analepses durant lesquelles le narrateur rappelle ses souvenirs, cela nous permet de connaître son passé.

L’utilisation de l’imparfait montre bien l’importance des descriptions dans ce livre. Le narrateur est interne ce qui permet de suivre ses pensées.

 
 
Mon avis

Ce roman permet, à travers l’analyse que fait le narrateur de sa vie, de se remettre soi-même en question et de réfléchir à sa propre vie, notamment à la relation avec les parents.

À mon avis, ce livre dépeint bien la situation actuelle en France. Le fait qu’il soit en lien avec l’actualité (élections, Fukushima) est très intéressant. Olivier Adam a un regard très juste sur la société et les personnes qui la composent. Il est capable de décrire à la fois les pensées les plus profondes des personnages et l’environnement dans lequel ils évoluent.

Néanmoins, j’ai eu l’impression vers la fin que les arguments du narrateur tournaient en rond, les mêmes souvenirs et propos reviennent tout au long du livre. Paul Steiner semble reprocher au reste de la société de ne pas le comprendre.


Margot, 1ère année bibliothèques-médiathèques 2012-2013

 

 

Olivier ADAM sur LITTEXPRESS

 

Olivier Adam, Le coeur régulier

 

 

 

 

Article de Lucile sur Le Cœur régulier

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Le facebook d'Olivier Adam », par Patrice.

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22 juillet 2013 1 22 /07 /juillet /2013 07:00

Jacques Ferrandez Alger la noire

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jacques FERRANDEZ
et Maurice ATTIA
Alger la Noire
Casterman, mars 2012.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Quelques éléments biographiques
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Jacques Ferrandez est né à Alger en 1955, mais il a grandi à Nice, étudié à l’école des Arts Décoratifs. Il est issu de deux générations de Pieds-Noirs. En 1977, il rencontre le scénariste Rodolphe avec qui il va travailler, ce qui marque une étape dans sa vie professionnelle. Il est dessinateur et scénariste de bande dessinée et il a aussi fait plusieurs adaptations et travaillé à plusieurs reprises en collaboration.

Même s'il n'a pas vécu en Algérie, Jacques Ferrandez dans ses œuvres a beaucoup traité de son pays natal. En effet, il avait entamé les Carnets d'Orient, une série qui traitait de la colonisation française en Algérie. Après s'être consacré à d'autres projets, il est revenu à cette série en créant une seconde partie, qui traite de la Guerre d'Indépendance, de 1954 à 1960.

Il a aussi fait des Carnets de voyage, série de carnets  à l'aquarelle sur différents pays ou villes : l'Iran, Sarajevo …

Biographie
http://www.bedetheque.com/auteur-877-BD-Ferrandez-Jacques.html

 

 

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Maurice Attia est né en 1949 à Alger lui aussi. Après avoir été à l’école primaire en Algérie, il part avec ses parents pour Marseille, la ville où la plupart des Pieds-Noirs ont émigré, au moins dans un premier temps. Il a fait des études de médecine, de psychiatrie et de psychanalyse. Il viendra progressivement à l’écriture, en écrivant tout d’abord des livres compilant des récits cliniques. Mais à partir de 2000, il se lance dans l’écriture de romans et de nouvelles noires. Il recevra plusieurs prix pour ses différents livres.

 

 

 

Biographie et bibliographie
http://fichesauteurs.canalblog.com/archives/2007/12/26/7351283.html
      


Alger la noire

Le texte original est un roman policier de Maurice Attia ; on retrouve dans ce récit des éléments qu’il a connus ; en effet, l’histoire se déroule à Bab-El-Oued où il a été scolarisé, et Marseille, ville où il a émigré.

Jacques Ferrandez, quant à lui, a fait l’adaptation en créant le dessin à partir du livre et en transcrivant le texte en scénario.



Les personnages principaux
 

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Paco Martinez est un jeune inspecteur de Bab-El-Oued, il n’a pas vraiment de position politique, il n’est ni du côté du FLN, ni du côté de l’OAS ; il aime l’Algérie et voudrait que les problèmes s’arrêtent. Il essaie de faire son métier de policier.

 

 

 

 

 

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Maurice Choukroun est son collègue, d’origine juive. Lui aussi veut faire son métier de policier. Il est malade et veut quitter l’Algérie pour aller en France, comme beaucoup de Pieds-Noirs à l’époque.

 

 

 

 

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Irène est la compagne de Paco ; c’est une femme indépendante. Elle a perdu la moitié d’une jambe lors d’un attentat quand Paco n’était pas avec elle, car elle voulait lui signifier son indépendance. Elle est là pour Paco quand il en a besoin mais leur relation est compliquée.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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La grand-mère de Paco ; elle est âgée et atteinte de démence sénile. Elle porte le poids d’un lourd secret de famille qui expliquera son antipathie pour Irène. C’est elle qui a élevé Paco, et c’est lui qui a son tour s’occupe d’elle.

 

 

 

 


L’histoire

Elle se déroule à Alger et dans le quartier de Bab-El-Oued entre le 22 janvier et le mois de mai 1962.

L’histoire a donc lieu en plein cœur de la guerre d’Algérie qui opposait ceux qui voulaient que l’Algérie reste française et ceux qui voulaient que l’Algérie redevienne indépendante de la France. Le thème central de l’histoire est donc ce conflit qui bouleverse l’Algérie cette année-là et la violence omniprésente ainsi que l’état d’esprit de la population.

Deux garçons trouvent le corps d'un couple mixte sur la plage, nus comme s'ils faisaient l'amour ; le garçon, un jeune Algérien est sur la jeune femme blanche. Il a eu les testicules coupés, on les lui a mis dans la bouche ; dans son dos a été taillé au canif à même la peau « O.A.S ».

L'inspecteur Paco Martinez et son collègue Maurice Choukroun vont mener l'enquête sur ce meurtre qui a tout d'une mise en scène. Ils interrogent les familles respectives mais, en sortant du commissariat, le père de Mouloud Abbas est abattu.

La découverte du journal intime de la jeune femme oriente d'une manière différente les recherches des deux policiers. Un détective privé est mêlé à l'affaire car il avait été engagé par le père de la jeune femme pour la suivre. Les policiers au cours de leur enquête s'aperçoivent que  le père avait recours à des prostituées, une en particulier. Choukroun décide de partir pour la métropole avant que les choses ne tournent trop mal mais il en sera empêché. Paco perd les pédales et est dessaisi de l’affaire ; c’est par hasard qu’il va trouver un nouvel élément qui va les faire progresser dans l’enquête. Comme ils le pensent depuis le début, l’affaire est bien plus compliquée qu’il n’y paraît.

À côté de cette enquête, il y a deux histoires que l’on suit en parallèle.

On voit l’histoire d’amour entre Paco et Irène. Celle-ci est compliquée, elle est fondée en partie sur la culpabilité de Paco motivée par l’attentat qui a fait perdre une jambe à Irène. On trouve une tendresse, une complicité mais aussi une certaine forme de brutalité dans leurs rapports sexuels. Il y a un certain fatalisme mélangé à une envie de vivre et de profiter de l’autre en même temps qui rend leur relation complexe.

La grand-mère de Paco porte avec elle le chagrin de la perte de son fils, et le poids de l’histoire de son fils. Tout au long de l’histoire, on sent qu’elle porte le poids d’un lourd secret. Mais elle est aussi animée par une certaine haine pendant ses  crises de démence sénile.

Dans le texte, il y a à plusieurs reprises des termes arabes qui sont utilisés et on trouve aussi des termes crus. L’auteur fait un portrait de la mentalité des personnes de l’époque.

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Technique

La ligne claire n'est ici pas du tout utilisée, au contraire. Jacques Ferrandez travaille à l’aquarelle et au stylo-feutre fin.

Il y a une différence de traitement entre les personnages en fonction de leur âge. Les jeunes sont très peu dessinés au niveau des visages, quelques traits suffisent et les expressions sont données principalement par les ombres et les lumières grâce à l'aquarelle. Pour les personnages plus âgés, les visages étant plus marqués de manière naturelle, on retrouve dans le dessin un plus grand détail ; en complément, l'aquarelle est toujours utilisée. Mais le traitement des visages dépend aussi de la position du personnage et de la prise de vue.

Il y a différents rapports entre le texte et l'image. Il soutient l'image quand par exemple elle est l'illustration du texte de la bulle. L'image présente les personnages lors d'un dialogue, ou alors explique des scènes qui sont racontées dans le souvenir par un personnage. Mais il y a aussi certaines cases où il n’y a que du dessin.



Critique

 

« Là où le romancier a besoin de décrire, de raconter, le dessinateur en une image embrasse le paysage. Mais Jacques  Ferrandez, habituellement si gourmand de dessins pleines pages, de panoramiques qui vous emportent, a pour l'occasion raccourci ses cases, les a multipliées. Le récit est tendu, tordu, dit-il. Et le dessinateur, pour la première fois, franchit le pas des scènes explicites pour montrer la mort qui frappe jour et nuit, et à laquelle répond l’amour passionnel, charnel, entre Paco, le flic, et Irène, la modiste. »
[Jean Christophe Ogier, France Info]

 

 


Mon avis

J'ai beaucoup aimé cette BD ; je connaissais déjà Jacques Ferrandez, il a un dessin bien à lui et l'aquarelle a un très bon rendu. Il sait comment donner vie à chacun de ses personnages avec un stylo et un pinceau, de manière succincte parfois.

Le sujet qu'il traite est dur et encore très obscur, mais il est traité de manière juste en montrant la réalité sans en rajouter.

Je le conseille vivement sauf peut-être aux âmes sensibles car il y a des scènes d'amour parfois crues ou montrées et non pas suggérées comme souvent.


Léa, 1ère année édition-librairie

 

 

Maurice Attia Alger la noire

 

 

 

 

 

 

Article de Julie sur Alger la Noire de Maurice Attia.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jacques FERRANDEZ sur LITTEXPRESS

 

Ferrandez Cuba 1

 

 

 

 

 

Article de Séphora sur Cuba père et fils.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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21 juillet 2013 7 21 /07 /juillet /2013 07:00

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Maurice ATTIA
Alger la Noire
Actes Sud
Collection Actes Noirs, 2006

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Maurice Attia est un écrivain français né à Alger en 1949. Il est également psychanalyste, psychiatre, scénariste et cinéaste. Il a été à l’école primaire à Alger, dans  le quartier de Bâb-el-Oued où se situe le roman. Sa famille, comme beaucoup d'autres à la fin de la guerre d’Algérie, émigre vers la France et s’établit à Marseille. Il garde de bons souvenirs de Marseille où il a vécu et qui l’a accueilli après l’exil d’Algérie. Aujourd’hui il dit qu'elle reste « le symbole de l'exil et de l'accueil... des magouilles et des combines... ». Il y a fait des études de médecine, s’est spécialisé dans la psychiatrie, puis dans la psychanalyse. De cet auteur sont d’abord parues des publications médicales puis des nouvelles noires et enfin plusieurs romans noirs. En 2006, la publication d’Alger la Noire est saluée par le public et par la critique ; il reçoit entre autres les prix Michel Lebrun et Jean Amila-Mecker, ainsi que le prix du polar méditerranéen. Alger la Noire deviendra une série avec le même héros, ce sera une trilogie avec le second livre Pointe rouge en 2007 et enfin Paris blues en 2009. En 2012, Alger la Noire est adaptée en BD par Jacques Ferrandez.

 

L’histoire d’Alger la Noire se déroule à Alger, dans le quartier de Bâb-el-Oued, pendant la guerre d’Algérie, de janvier à juin 1962. C’est bientôt l’indépendance octroyée par le général de Gaulle mais les combats font encore rage entre l’OAS (l’Organisation de l’Armée secrète) qui se bat pour que l’Algérie reste sous la dépendance française et le FLN (Front de Libération Nationale) dont les partisans se battent pour l’indépendance. C’est un contexte violent, de vengeance, qui conduit au sentiment d’insécurité totale pour les Algérois ; ils voient à longueur de journée des bombes qui explosent, des attaques et des attentats très fréquents, ou même des meurtres gratuits entre les opposants des deux groupes. Le climat est celui de la peur générale et de l’envie de fuir vers la métropole pour les habitants, et au milieu de ces événements l’auteur s'attache à décrire les maux des petites gens, dans une Algérie déchirée.

 L’action se déroule dans le quartier de Bâb-el-Oued, à Alger, en 1962. La guerre fait rage entre les militants du FLN et de l’OAS quand, sur la plage, un couple franco-arabe est retrouvé assassiné et positionné de manière obscène. Elle, une jeune fille blanche, s’appelle Estelle Thévenot. Lui, un jeune Arabe, Mouloud Abbas, a le sexe coupé et enfoncé dans sa bouche. Ils sont retrouvés tous deux morts en position du missionnaire. Mais personne ne se soucie de ce meurtre qui semble banal en cette période et qui pourrait très bien n’être qu’un vulgaire règlement de comptes de la part des militants de l’OAS qui ne supportent pas de voir des couples franco-arabes. Paco Martinez est inspecteur de quartier à Bâb-el-Oued et décide de mener l’enquête sur ce double meurtre qui lui paraît hautement suspect. S’ensuit une série d’assassinats tous liés avec ce premier meurtre qui pourtant paraissait un banal crime de l’OAS, comme il y en avait tous les jours en ces années-là. Entre assassinats continuels et tous liés, corruption, sexe et tentative d’homicide sur sa personne, Paco Martinez va dénouer petit à petit, entre Marseille et Alger, les mystères profonds qui entourent l’assassinat des deux jeunes gens.



Paco Martinez est le héros de l’histoire. C’est un inspecteur de police consciencieux et torturé par les événements d’Algérie. Il aime Alger, sa ville et ne veut pas la quitter. Il est l’un des seuls policiers du commissariat où il travaille à encore vouloir enquêter malgré le nombre de meurtres et d’attentats à déplorer par jour. Il ne prend pas de parti, ni pour le FLN ni pour l’OAS, ce qui lui vaut une réputation de traître auprès de ses collègues au commissariat. Il n’a connu ni son père ni sa mère et vit avec sa grand-mère.

 

 

Irène, la compagne de Paco, tient une boutique d’accessoires de mode à Bâb-el-Oued. Elle a perdu une jambe dans un attentat contre le FLN. C’est une femme très indépendante, le couple ne vit d’ailleurs pas ensemble. Elle agit de manière totalement indépendante et ne veut surtout pas qu’on la plaigne pour la perte de sa jambe.

 

 

La grand-mère paternelle de Paco est une vieille femme secrète qui devient sénile mais garde  de lourds secrets de famille. C’est une Espagnole en fuite en Algérie à cause de la guerre civile de son pays d’origine, et elle a élevé Paco dès son plus jeune âge. Elle est très jalouse d’Irène, car Paco partage ses soirées entre sa compagne et sa grand-mère.

 

 

L’inspecteur Maurice Choukroun est le seul inspecteur qui veuille seconder Paco sur l’enquête et continuer à travailler malgré les événements. Comme Paco, il ne prend pas parti pour le FLN ou l’OAS, et est donc aussi considéré comme traître au commissariat. C’est le seul véritable ami de Paco. Il meurt à la fin de la première partie du roman, tué par l’OAS pour avoir voulu fuir les événements à la métropole. Malgré sa mort il reste un personnage central dans le roman puisque, lorsque Paco va jusqu’à Marseille pour enquêter, il logera chez la veuve de ce dernier qui est finalement partie à Marseille.


Estelle Thévenot et sa famille. Il s’agit de la jeune fille que l’on retrouve assassinée au début du roman, c’est de cet assassinat que part l’histoire. La famille Thévenot est une étrange famille, pleine de secrets et de non-dits. Un père handicapé qui ne vient pas à l’enterrement de sa fille et qui fréquente les bordels d’Alger, un frère très hautain qui semble détester au plus haut point sa famille, surprotégeant Estelle et passant pour un malade aux yeux des autres jeunes, et une mère habitant en France avec un autre homme, jamais présente pour ses enfants et qui semble ne pas souffrir de la mort de sa fille.


Mouloud Abbas, le petit ami d’Estelle Thévenot, un jeune homme d’origine arabe mais dont la place dans le roman est moins déterminante que celle d’Estelle et des siens.

 

Ce roman polyphonique alterne les voix des quatre personnages centraux du récit : Paco, Irène, la grand-mère de Paco et l’inspecteur Maurice Choukroun. L’auteur prête à chacun une manière de s’exprimer bien déterminée et différenciée ; la diversité de leurs voix donne du vivant au roman. En effet, on a par exemple pour l’inspecteur un langage plutôt oral, parlé, qui reflète la manière de s’exprimer à Alger à cette période, avec les expressions quotidiennes ainsi que les jurons arabes glissés dans les conversations en français, tandis qu’Irène, la compagne de Paco, s’exprime dans une langue presque soutenue et réfléchie, avec des références culturelles plus légitimes.

Les thèmes abordés sont les suivants : la prostitution et le sexe trouvent une place importante ; il y a en effet beaucoup de scènes d’enquêtes dans un bordel d’Alger et des prostituées sont impliquées volontairement ou non dans les assassinats de l’histoire. On retrouve aussi des scènes d’amour charnel entre Irène et Paco, ces passages ne relèvent pas de descriptions très crues mais ne sont pour autant ni feutrées ni atténuées ; cependant il y a aussi la présence du sexe plus obscène voire malsain avec une situation d’inceste par exemple. Le thème de la corruption par les milices secrètes est aussi abordé ; par exemple, au commissariat, ceux qui ne prennent pas le parti de l’OAS sont considérés comme des traîtres mais surtout les enquêtes et leurs résultats sont parfois très influencés ou mêmes neutralisés à cause de ces groupes qui font pression. On sent également au fil du roman une peur grandissante de l’humain, une angoisse vis-à-vis de l’autre, le narrateur n’a plus confiance en l’homme à cause des événements auxquels il assiste mais cela va plus loin, comme par exemple quand on voit la réticence du héros à engager une vraie relation stable avec sa compagne Irène. L’auteur aborde aussi la question des secrets de famille, car il y en a autant dans la famille Thévenot que dans celle de Paco, secrets que sa grand-mère lui cache soigneusement.

 
Julie, 1ère année édition-librairie.


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