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16 juin 2011 4 16 /06 /juin /2011 16:15

titre2011
L'association Permanences de la littérature
vous invite à sa deuxième édition
du festival Littérature en jardin
dans le cadre des Scènes d'été en Gironde
et Aquitaine en scène

Trois soirées originales autour de la littérature contemporaine
dans trois sites exceptionnels, les 23, 25 juin et 1er juillet.

 

 

 

 

 

wwwJardin-japonais-©Richard-Zeboulon-1

 

 
 Une phrase pour ma mère

Lecture / lamento-bouffe

de Christian Prigent
par Jean-Marc Bourg

 

 

 

 

  jeudi 23 juin

19 h


Bordeaux
jardin japonais
8 rue de marmande 

tramway ligne A / Arrêt Bergonié
 en lire plus
 

 

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wwwDomaine-de-Malagar-c-Gonzague-Conte1.jpg

 

 

 

 

 
 
À l’étroit
Duo littérature / danse
Avec Philippe Adam

et Radhouane El Meddeb
Musique de Fabrice Ravel-Chapuis


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

samedi 25 juin
21 h

 

Centre François Mauriac de Malagar
Domaine de Malagar,

17 route de Malagar

33490 Saint-Maixant
accès routiers :

par l’A62 ou par l’A 65 sortie Langon 

par la N113 / par la D10 «la route François Mauriac»
 en lire plus

 

 

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wwwPhoto-generique-cPermanences-de-la-litterature-e1307.jpg

 

 



Contre les bêtes
Monologue
de et par Jacques Rebotier

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

vendredi 1er juillet
21 h


Abzac
dans un jardin privé
25 Port du Mas

A89 sortie 11

Coutras,

route Saint Médard de Guizière
en lire plus

  

 

 

 

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16 juin 2011 4 16 /06 /juin /2011 07:15

Le Bookstore, mythique librairie indépendante de Biarritz, est menacé. Si vous voulez agir pour empêcher sa fermeture, signez la pétition en ligne ici.

Bookstore 

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16 juin 2011 4 16 /06 /juin /2011 07:00

Marjane-Satrapi-Poulet-aux-prunes-01.gif

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Marjane SATRAPI
Poulet aux prunes
L’Association, 2004

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Marjane-Satrapi-Poulet-aux-prunes-img2.jpg

 

 

 

 

1958, en Iran. Nasser Ali Khan, grand joueur de tar (luth iranien) n’a plus de goût à rien depuis qu’on a brisé son instrument et décide de se laisser mourir.

 

 

« Puisque plus aucun tar ne pouvait lui procurer le plaisir de jouer, Nasser Ali Khan décida de mourir. Il s’allongea dans son lit…Huit jours plus tard, le 22 novembre 1958, on l’enterrait aux côtés de sa mère dans le cimetière Zahiroldoleh de Chérimane. Tous ceux qui l’avaient connu étaient présents ce jour-là. »

 

Après la tétralogie de Persépolis, où l’auteur laissait une large place à l’autobiographie, Marjane Satrapi, dans Poulet aux prunes, explore à nouveau l’écriture de soi à travers une forme nouvelle ; ici, elle choisit de raconter l’histoire d’un de ses ascendants, son grand oncle Nasser Ali Khan. Tout comme dans Persépolis, elle puise dans sa culture iranienne et ses souvenirs familiaux pour nous livrer un roman graphique surprenant.

 



Marjane-Satrapi-Poulet-aux-prunes-img3.jpg  style graphique toujours identique mais également toujours aussi efficace, dans un équilibre subtil entre sobriété et arabesques persanes, nous transporte dans un récit très rythmé, avec de constants allers-retours entre le présent et le passé. Ces décrochages narratifs ainsi que les fantasmes et les rêves sont signalés par un code graphique précis ; ils sont représentés sur un fond noir, alors que le récit principal se fait sur fond blanc. D’autre part les personnages deviennent parfois de simples silhouettes noires ou blanches, ce qui est généralement l’indice d’une forte émotion. Enfin, les vignettes encadrées de noir sont là pour indiquer un rétrécissement de point de vue, en général une anecdote racontée par la narratrice.

 



Marjane-Satrapi-Poulet-aux-prunes-img4.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’oeuvre s’ouvre sur une étrange rencontre. Nasser Ali Khan interpelle une femme (Irâne) dans la rue mais celle-ci ne semble pas le reconnaître ; il repart alors déçu. C’est par la suite que, ne trouvant pas de tar à sa mesure, Nasser Ali Khan décide de mourir. Dès la première partie, la trame générale est annoncée, on sait que Nasser Ali Khan va mourir, les chapitres suivants ne seront qu’un grand retour en arrière qui fera le récit de ces huit jours à attendre la mort. Ainsi tout le roman graphique se construit de cette manière, sur des analepses et des projections dans le futur, digressions qui ne font qu’enrichir le récit. Cet ancrage dans le souvenir se traduit également par certaines évocations de la période et de la tension politique déjà présente à l’époque.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Marjane-Satrapi-Poulet-aux-prunes-img5.jpg

 

 

 

 

Pendant cette attente de la mort, beaucoup de proches de Nasser Ali Khan vont lui rendre visite, essayer de comprendre ce qui lui arrive. Vont donc alterner différentes rencontres et souvenirs du musicien, avec ses enfants, avec son frère, avec sa mère, avec sa femme et surtout avec Irâne, cette femme qu’il aimait dans sa jeunesse mais dont le père a refusé qu’elle l’épouse.Plusieurs prolepses vont également s’insérer dans le récit ; dans l’une d’elle, on voit même apparaître l’auteur elle-même rendant visite à la fille de Nasser Ali Khan en 1998.

 

 

 

 

 

 

 

 

À chaque chapitre on en apprend un peu plus sur la vie gâchée de ce grand musicien, sur ses ambitions ratées et sur la routine qui le noie jour après jour. Le dénouement du livre est comme la fin d’un cycle, on revoit le passage de la rencontre fortuite entre la femme (il s’agissait bien d’Irâne) et Nasser Ali Khan au tout début du livre mais cette fois-ci du point de vue d’Irâne, et l’on comprend qu’elle  non plus ne l’avait pas oublié et qu’elle a comme le musicien passé sa vie à penser à lui !

Marjane Satrapi Poulet aux prunes img6

Marjane Satrapi Poulet aux prunes img4

 

 

Sur la dernière page, on revoit la scène de l’enterrement pour s’apercevoir qu’Irâne est bien présente, pleurant son amour perdu, elle-même surveillée par l’ange de la mort, Azraël.


 Marjane Satrapi Poulet aux prunes img2Marjane-Satrapi-Poulet-aux-prunes-img-7.jpg



Ce récit est donc celui d’une absence, d’une histoire d’amour brisé, d’une douleur reportée sur la musique. « L’amour que tu as pour cette femme se traduira dans ta musique. Elle sera dans chaque note que tu joueras. Me comprends-tu ? » À la fin de l’ouvrage, on comprend que c’est la pensée qu’Irâne l’a effacé de sa mémoire qui a motivé sa décision de se laisser mourir ; puisqu’elle l’a oublié, il ne voit plus l’intérêt de jouer de la musique et la douleur qu’il ressent est trop forte pour continuer à vivre. Le destin tragique de Nasser Ali Khan est ainsi entièrement lié à cette femme, Irâne, et à leurs amours ratées.

Bref Poulet aux prunes est un récit simple sur les secrets de famille, sur l’absence et sur l’Iran des années cinquante, marqué par le poids de la famille et des traditions.


Cet album a reçu le prix du meilleur album 2004 décerné par le Festival international de la bande dessinée d'Angoulême et devrait être adapté prochainement au cinéma.

 

 

 

Aude, A.S. Éd.-Lib.

 

 

Marjane SATRAPI sur LITTEXPRESS

 

Marjane Satrapi Persepolis

 

 

 

 

 

 

 

 

Articles d'Angélique et de Floriane sur Persépolis.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Marjane Satrapi Broderies

 

 

 Etats d'âme en Iran : Zoyâ Pirzâd et Marjane Satrapi, article de Claire.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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15 juin 2011 3 15 /06 /juin /2011 22:12


Vincent Monthiers & Rémi Checccchetto
 
Exposition / Livre d’artiste
du 14 au 25 juin 2011

 

Vernissage & Lecture de « Ça hésite encore »
par Rémi Checchetto


jeudi 16 juin à 18h30

 


Arrêt sur l’image galerie en
collaboration avec Script §
Hangar G2 - Bassin à flot n°1 - 33 300 Bordeaux
Ouverture du mardi au samedi de14h30 à 18h30
05 56 69 16 48 / Accès : Tram B, arrêt Bassins à flots

 

Bruissements.jpg

 

Bruissements (photographies par Vincent Monthiers, texte de Rémi Checchetto, éditions Script, Bègles) rassemble quinze photographies présentant des paysages mi-émergés mi-immergés. Le texte Ca hésite encore est une méditation sur le troisième jour de la Création selon le livre de la Genèse, alors que la terre est encore tohu-et-bohu et que le monde hésite entre l'humide et le sec qui ne sont pas encore séparés.

 

 

 


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15 juin 2011 3 15 /06 /juin /2011 07:00

JI-Di-My-Way.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

JI Di
My Way 1
traducteur Xavier Luce
Xiao Pan 2007


 

 

 

 

 

 

 

 

 

V, le bonhomme au chapeau, voyage. Pourquoi et vers où, nous ne le saurons pas. Mais nul besoin de connaître les causes ou la destination pour suivre son épopée. Savoir où l'on va n'est pas la chose la plus importante, c'est le voyage en lui-même qui est marquant. Aller de ville en ville, voilà ce que fait notre personnage. Au fil de son errance, V fait de belles rencontres avec des gens très différents, tous reliés par un fil de sentiments, l'amour, le bonheur, parfois la tristesse. Chacun racontera son histoire, pourquoi il est là, ici et maintenant. Le bonhomme au chapeau les écoutera, du début à la fin, essayant de les comprendre.

JI-Di-My-way-02.jpg

 

 

 

La première histoire qu'il écoutera sera celle d'une jeune fille qui a longtemps cherché SA fleur. Se pensant destinée à une rose, ou autre lys, elle est déçue en découvrant que finalement, ce n'est qu'un simple cactus qui l'attend. Mais comment être sûre que c'est bien sa fleur ? Ne doit elle pas continuer à chercher ? Ou faut-il seulement qu'elle accepte la beauté et le bonheur que lui apporte cette fleur ?

« Le cactus est couvert d'épines, mais il recèle en son sein un liquide onctueux ».

 

 

 

 

 

 

Puis V arrive dans une ville où il n'y a pas d'étoiles dans le ciel. Elles se mettent cependant à briller, un soir, grâce à un magicien. Ce dernier a décidé d'apprendre la magie de ces astres, pour pouvoir illuminer ce ciel solitaire pour la femme qu'il aime. Pour y arriver, il a dû partir pendant dix ans de chez lui. Mais durant ce laps de temps, cette magie qu'il a obtenue, il ne pourra l'offrir à sa bien-aimée, celle-ci ayant refait sa vie, et n'habitant plus cette ville.

« Toutes les épreuves qu'il avait supportées en silence pendant ces dix ans, il les avait supportées pour l'idéal de la propriétaire de ce nom ».
Ji-Di-My-Way-03.jpg

 

 

 

 

 

 

Suivra l'histoire d'un jeune couple qui a décidé de quitter sa ville et ceux qu'ils aimaient pour trouver leur tour de lumière, l'endroit où ils pourront être heureux. Puis celle de deux amoureux qui ont préféré se quitter, leur amour devenant trop étouffant les privait de liberté.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ji-Di-My-Way-04.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il écoutera ensuite un aviateur qui a choisi sa passion, voler haut dans le ciel, et ne peut se résigner à l'abandonner par amour. Et, enfin, V découvrira l'histoire d'une jeune fille, partie de chez elle, voulant voir le monde, en pensant que son petit ami ne l'aimait pas, sans remarquer qu'il avait sa manière à lui de lui montrer son amour, autrement qu'en le lui disant.


 

 

 

 

 

 

 

C'est ainsi que nous suivons le personnage principal, V, dans son voyage et écoutons avec lui toutes ces histoires, racontées avec une vraie sensibilité, celle des personnages. Ils sont souvent tristes, mais acceptent leur choix et ce qui leur arrive, parfois d'une manière fataliste. Notre homme au chapeau, lui, est certes là pour les écouter, mais aussi pour se poser en juge, voire en moraliste. Il tente toujours de leur montrer la double face de leur situation, qu'ils ne voient pas parce qu’ils sont trop enfermés dans leur propre monde pour comprendre qu'ils n'ont pas forcément pris les bonnes décisions. Il leur fait entendre raison, ou du moins, il essaye.

 

 


Chaque saynète de ce mànhuà est caractérisée par une couleur qui reflète l'atmosphère et les sentiments du personnage. Cela nous donne le ton de l'histoire que nous allons découvrir, et nous comprenons donc mieux ce que vont nous raconter les personnage. Ces derniers n'ont pas de personnalité bien définie, mais sont plutôt les représentations d'un sentiment, d'une envie ou d'un état d'esprit. Cette impression est amplifiée par le style du dessin de Ji Di : rond, doux, avec des traits légers, presque flottants. Cette sensation de merveilleux, de fantastique, de flou que suscitent ces histoires plutôt tristes est recadrée par des cases parfaitement rectangulaires, très strictes. « C’est comme le yin et le yang », explique Ji Di. De plus, il y a toujours très peu de textes dans chaque case. L'essentiel tient en quelques mots. Les paroles des personnages sont dites d'une manière très poétique, presque « philosophique ». Ces discours sur les sentiments et la vie ne sont malgré tout ni niais ni mélodramatiques. On retrouve même parfois des épisodes de nos propres vies dans ces histoires, on a l'impression que l'on a déjà vécu la même chose.

Enfin, chaque saynète est complètée par un court texte, sur le même thème mais proposant une nouvelle histoire, qui permet de compléter la précédente et de mieux la comprendre.


Pour conclure, je dirai que ce mànhuà est vraiment très beau et que, même si parfois il peut être triste, il apporte une sorte de fraîcheur, une atmosphère calme et reposante. Et les tomes suivants sont d’une même qualité. Ils abordent cependant des thèmes plus sombres, comme la mort, la perte.

Je comprends très bien pourquoi Ji Di connaît un grand succès dans son pays d'origine, la Chine, et j'espère qu'elle connaîtra le même en France et en Europe.

 

Suzy L.,  1ère année Éd.-Lib.

 

 

 

 

 Liens

Éditions Xiaopan : http://www.xiaopan.com/francais/

 Entretien sur ActuaBD : http://www.actuabd.com/Ji-Di-La-serie-My-way-suit-mon-evolution-dans-ma-vie-de-maniere-totalement-imprevue

 

 

 

 

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14 juin 2011 2 14 /06 /juin /2011 07:00

Clement-Baloup-Eddy-Vaccaro-Le-Club-du-suicide.gif

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Clément BALOUP
Eddy VACCARO
Le Club du suicide
« Librement adapté
du roman de R.L. Stevenson »,
Soleil Productions

collection Noctambule, mai 2011








Les auteurs

 

dessine-moi-le-vietnam_A3-1--2-.jpg

 

 

 

Clément Baloup, ici scénariste et adaptateur, a fait des études d’art à Marseille, Angoulême et Hanoï. Dessinateur voyageur, il a notamment publié une BD reportage, Un automne à Hanoï, aux éditions La Boîte à bulles. Il a d'ailleurs été reçu à l'IUT métiers du livre de Bordeaux en 2009 pour parler de ses carnets de voyage au Vietnam.

 

 

 

 

 

 

Eddy Vaccaro a lui aussi plusieurs cordes à son art : guitariste rock, il publie sa première b. d., Le Fantôme, en 2004 (La Boîte à bulles également) sur un scénario de G. Pervieux En 2010, il coréalise avec Aurélien Ducoudray Championzé, biographie du premier champion de boxe africain, prix RTL 2010.

 

 

 

Clément Baloup et Eddy Vaccaro sont tous deux membres de l’atelier d’artistes marseillais le  Zarmatelier.

 

 


Cromwell-Le-Dernier-des-Mohicans-1.gif

La collection

Noctambule est une remarquable collection des éditions Soleil née en 2007 et déjà riche de trois adaptations littéraires : Dostoieveski (Le Joueur, par Miquel et Godart), Pierre McOrlan (L’Étoile matutine, par Riff Rebs) et Fenimore Cooper (Le Dernier des Mohicans, par Catmalou et Cromwell), adaptations auxquelles est venu s’ajouter un récit intimiste de De Pins, La Marche du crabe. Stevenson après Cooper et McOrlan, voilà qui témoigne d'un vrai souci de cohérence littéraire ! Nul doute que Le Club du suicide de Baloup et Vaccaro recevra le même accueil enthousiaste que les autres albums de cette jeune mais déjà prestigieuse collection.


 

cBaloup-Vaccaro-Le-Club-du-suicide-pl-1.gif

 

Scénario : l’adaptation d’un recueil de Stevenson.
Stevenson Le Club du suicide
Dans les clubs enfumés de Londres, une poignée d’aventuriers désespérés jouent leurs vies aux cartes ; les uns gagnent le droit de mourir, d’autres la mission de tuer. Le prince Florizel de Bohême et le colonel Geraldine se laissent entraîner dans cet univers effrayant par un étrange distributeur de tartelettes. Se laisseront-ils convaincre de tuer ou d'être tués ?

 

 

Dans Le Club du suicide, comme dans ses plus grands romans, entre angoisse sourde et humour léger, Stevenson distillait la quintessence de l’aventure et, de ce point de vue, l’adaptation de Baloup est digne du recueil de nouvelles du maître. (Pour en savoir plus sur le  texte de Stevenson, lire  l’article de Mélissa.)

 

 

La particularité de l’œuvre de Stevenson est de se présenter d’abord comme un recueil de nouvelles pour finalement se révéler être un roman dont toutes les parties sont liées entre elles. Clément Baloup joue davantage sur l’unité du récit, opérant de petites modifications, ajoutant quelques éléments de son cru, adaptant les dialogues sans jamais trahir le chef-d’œuvre de Stevenson et sa tonalité : aventures débridées, extravagance, violence macabre et humour noir.

Baloup-Vaccaro-Le-Club-du-suicide-2.jpg


L’adaptation graphique

Si l’architecture des pages et le découpage en cases sont relativement classiques malgré l’absence de cadre, le travail d’Eddy Vaccaro tire toute son originalité de la technique employée ; l’album est intégralement réalisé à l’aquarelle. « Au moment de réaliser ce projet, je venais découvrir les albums de Gipi, d’Hippolyte, de Baru… […] Clément Baloup utilisait aussi cette technique pour ses albums personnels. » explique Eddy Vaccaro. Un trait fin et nerveux vient préciser personnages et surtout décors. Le véritable tour de force d’Eddy Vaccaro est d’avoir conservé au récit de Stevenson adapté par Baloup toute sa légèreté et son dynamisme sans céder à la tentation d’un esthétisme gratuit : pas de grands tableaux en pleine page, pas de recours abusif à la couleur. Certes, Vaccaro joue de l’unité chromatique pour créer des atmosphères changeantes mais la technique employée n’enlise jamais le mouvement narratif : les scènes de bagarres, de duels explosent ave un dynamisme digne des meilleurs mangas. Une combat de boxe dans un étrange club vient opportunément nous rappeler que le noble art était déjà au cœur d’un album antérieur.
Baloup-et-Vaccaro-Le-Club-du-suicide-01.jpg
Enfin, comme pour les publications précédentes de la collection, l’objet livre lui-même est soigné, servi par un format agréable (96 pages, 203 x 282 mm) et le choix d'un beau papier, épais et agréable au toucher. Une jolie découverte !



Léo, ex Éd.-Lib.

 

 

Liens

 

Le blog du Zarmatelier

 

Site de Noctambule.

 

Blog d'Eddy Vaccaro

 

Blog de Clément Baloup

 

 

 


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13 juin 2011 1 13 /06 /juin /2011 07:00

Muriel-Barbery-Une-gourmandise.gif




 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Muriel BARBERY
Une gourmandise
Éditions Gallimard, 2000
Folio, 2008




 

 

 

 

 

 

 

 

Muriel Barbery, ancienne professeur de philosophie signe un véritable succès avec L'Elégance du hérisson, paru en 2006. Son premier roman, Une gourmandise, édité en 2000, reste moins connu mais a obtenu cependant le prix du meilleur livre de Littérature gourmande. Et en effet, ce livre se déguste.

L'histoire, en soi, reste simple : un grand maître de la critique culinaire, sur son lit de mort, cherche dans ses souvenirs une saveur lointaine qu'il n'identifie pas. Gravitent autour de lui des personnages secondaires, les membres de sa famille, principalement.

Mais la plume de Muriel Barbery, elle, nous plonge dans l'univers de la gastronomie !


Vingt-huit courts chapitres forment le livre. Un chapitre sur deux a pour narrateur le critique mourant. Puis ces chapitres alternent avec la mise en avant des autres personnages qui nous livrent un à un leurs pensées et souvenirs. On apprend ainsi la cruelle ignorance dont le personnage principal a fait preuve envers sa famille, la haine qu'il a pu semer autour de lui... Le lecteur verra qu’il est bien difficile de s'attacher à lui.

Et pourtant, chacun de ses souvenirs nous plonge dans des expériences gustatives : de la viande à la brioche, en passant par le pain ou le poisson cru, tous les mets sont mis à nus. Par une écriture élégante et une justesse dans les mots choisis, l'auteur sait nous faire revivre nos propres expériences à l’image, même modestement, de la madeleine de Proust.

Voici par exemple un petit extrait du souvenir du personnage principal sur le pain. Ou plutôt, les différentes étapes de la dégustation du pain :

« L'attaque, qui se heurte d'emblée aux murailles de la croûte, s'ébahit, sitôt ce barrage surmonté, du consentement que lui donne la mie fraîche. Il y a un tel fossé entre l'écorce craquelée, parfois dure comme de la pierre, parfois juste parure qui cède très vite à l'offensive, et la tendresse de la substance interne qui se love dans les joues avec une docilité câline, que c'en est presque déconcertant. Les fissures de l'enveloppe sont autant d'infiltrations champêtres : on dirait un labour, on se prend à songer au paysan, dans l'air du soir ; au clocher du village, sept heures viennent de sonner ; il essuie son front au revers de sa veste ; fin du labour. À l'intersection de la croûte et de la mie, en revanche, c'est un moulin qui prend forme sous notre regard intérieur ; la poussière de blé vole autour de la meule, l'air est infesté de poudre volatile ; et de nouveau changement de tableau, parce que le palais vient d'épouser la mousse alvéolée libérée de son carcan et que le travail des mâchoires peut commencer. C'est bien du pain et pourtant ça se mange comme du gâteau ; mais à la différence de la pâtisserie, ou même de la viennoiserie, mâcher le pain aboutit à un résultat surprenant, à un résultat... gluant. Il faut que la boule de mie mâchée et remâchée finisse par s'agglomérer en une masse gluante et sans espace par où l'air puisse s'infiltre r; le pain glue, oui, parfaitement, il glue ».

Cet extrait permet de souligner l'écriture recherchée de Muriel Barbery. Certes un peu déconcertante pour beaucoup, elle sait toutefois nous plonger dans un véritable tourbillon de saveurs.

L'auteur, philosophe, cherche aussi par ce thème culinaire léger, à toucher le lecteur et lui faire partager de petites réflexions. On a donc aussi ce regard philosophique à travers le passé du personnage principal. Ainsi, dans le chapitre 7 intitulé « Le poisson », le critique découvre toute une part de son humanité dans la dégustation du poisson :

« Il y a dans la chair du poisson grillé, du plus humble maquereau au plus raffiné des saumons, quelque chose qui échappe à la culture. C'est ainsi que les hommes, apprenant à cuire leur poisson, durent éprouver pour la première fois leur humanité, dans cette matière dont le feu révélait conjointement la pureté et la sauvagerie essentielles. [...] La viande est virile, puissante, le poisson est étrange et cruel. Il vient d'un autre monde, celui de la mer secrète qui jamais ne se livrera, il témoigne de l'absolue relativité de notre existence et pourtant, il se donne à nous dans le dévoilement éphémère d'une contrée inconnue. Lorsque je savourais ces sardines grillées, en autiste que rien, à cette heure, ne pouvait troubler, je savais que je me rendais humain par cette extraordinaire confrontation avec une sensation venue d'ailleurs et qui m'apprenait par contraste ma qualité d'homme ».

C'est un peu léger, certes, mais peu besoin de grandes vérités pour apprécier cet ouvrage. Je vous laisse donc sur votre « faim » avec je l’espère le plaisir d'ouvrir « Une gourmandise ».


Anne-Fleur, A.S. Éd.-Lib.

 

 

Muriel BARBERY sur LITTEXPRESS

 

muriel-barbery-l-elegance-du-herisson.gif

 

 

 

 

Articles de Lena et d'Aurélie sur L'Élégance du hérisson.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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12 juin 2011 7 12 /06 /juin /2011 07:00

Jean-Louis-Fournier-Poete-et-paysan.gif

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jean-Louis FOURNIER
Poète et paysan
Stock, 2010

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Biographie

Jean-Louis Fournier est un écrivain, humoriste et réalisateur de télévision né à Arras le 19 décembre 1938. Fils d'un médecin et d'une rédactrice, il n'a que 16 ans lorsque son père décède. Créateur de La Noiraude et d'Antivol, l'oiseau qui avait le vertige, il a été le complice de Pierre Desproges en réalisant les épisodes de La Minute nécessaire de Monsieur Cyclopède et les adaptations de ses spectacles au Théâtre Grévin en 1984 et au Théâtre Fontaine en 1986. Il est également à l'origine de l'intitulé de la dépêche AFP annonçant le décès de Pierre Desproges : « Pierre Desproges est mort d'un cancer. Étonnant, non ? ». En 2008, Jean-Louis Fournier publie le roman Où on va, papa ? dans lequel il décrit sa relation avec ses deux fils handicapés. Le livre, qui reçoit le prix Femina, suscite un certain nombre de controverses et de vives réactions de lecteurs jugeant les propos tenus par Jean-Louis Fournier sur ses enfants très durs et cyniques, mais celle de la mère des garçons qui publie sur un blog son avis sur le livre.

 

Résumé

Poète et paysan est un roman de Jean-Louis Fournier publié en 2010 aux éditions Stock et raconté à la première personne du singulier. L'histoire se déroule dans le nord de la France vers 1960 et le narrateur est originaire d'Arras, ville natale de l'auteur. Le narrateur est un citadin qui tombe très amoureux d'une fille d'agriculteurs et décide de reprendre la ferme de ces derniers, bien que n'ayant  jamais exercé le métier et ne sachant pas ce qu'il l'attend. Il ne réfléchit donc pas et agit « sur un coup de tête », abandonnant son projet de devenir metteur en scène. Il explique ainsi cette subite décision : « Quant on est amoureux, on est un peu fou et, comme je l'étais déjà un peu avant, j'étais capable de tout. Son père aurait été poissonnier, je reprenais la poissonnerie ».

 

Il commence dès lors sa vie d'agriculteur mais réalise que le métier ne s'avère pas de tout repos et n'est pas conforme à la vieille image du « gai laboureur d'antan » qu'il avait. Il ne se montre alors pas très doué et commet plusieurs maladresses et étourderies, ce qui agace son futur beau-père. Malgré cela, sa futur belle famille l'apprécie et il est bien accepté parmi eux. Son amoureuse faisant des études à Paris, il ne la voit que les « week-ends » et attend chaque semaine son retour avec impatience. Il va même un jour la chercher à la gare en tenue de fermier.

 

Lorsqu'il ne travaille pas, il rêve, observe les animaux de la ferme, s'ennuie ou écoute de la musique classique et des chansons françaises. C'est quelqu'un de lunatique qui est tantôt de bonne humeur, tantôt d'humeur morose mais qui sait faire preuve d'autodérision. Il est cependant de nature pessimiste, a une faible estime de lui-même et se dévalorise souvent. Ainsi, il dit n'être qu'un simple paysan et se sent indigne de son amoureuse, considérant qu'il y a à Paris des jeunes hommes plus beaux, plus élégants, mieux habillés et qui ne sentent pas le fumier. La vie agricole commence peu à peu à le déprimer et il se met à broyer du noir, d'autant que son amoureuse l'a laissé tombé sans qu'on sache précisément pourquoi.

 

Le voilà donc qui quitte un jour la ferme pour retourner vivre chez sa mère. Il trouve alors un travail à la télévision de Lille, reprend confiance en lui et parvient à regagner le cœur de sa promise. Ils finissent par se marier mais le couple bat vite de l'aile et le narrateur en conclut que lui et sa femme n'étaient de toute évidence pas faits pour être ensemble.

 

Analyse

Le livre, écrit dans un style simple et composé de chapitres courts, se lit rapidement. Le choix de l'auteur de raconter l'histoire à la première personne, du point du vue du narrateur, incite le lecteur à tout partager avec ce dernier : ses sentiments, ses pensées, ses humeurs. On s'identifie donc facilement à lui et on a l'impression d'être dans sa peau, de vivre ce qu'il vit. À travers ce personnage à l'humeur très changeante, pouvant être presque euphorique certains jours et morose d'autres jours, le lecteur est amené à réfléchir sur l'existence humaine, sur les différents choix de vie qu'il est possible de faire mais surtout sur les conditions et la recherche du bonheur. Ainsi, arrivé à la fin de l'histoire, le narrateur ne semble toujours pas avoir trouvé ce dernier malgré quelques moments heureux.

On peut cependant remarquer que l'homme peut être directement responsable du fait qu'il soit heureux ou non, ce que suggère implicitement l'histoire. Ainsi, certains traits de caractère du narrateur font obstacle à son bonheur. Premièrement, il fait montre d'un enthousiasme et d'une précipitation exagérés lorsqu'il décide, subitement, de reprendre la ferme de ses futurs beaux-parents sans même savoir ce qui l'attend. Il constate alors par la suite que ce métier ne lui convient pas et ne le rend pas heureux. Deuxièmement, ils sait faire preuve d'une grande misogynie et de manque de respect vis-à-vis de sa femme, ce qui est sûrement la cause de l'échec final du couple. Par exemple, il s'emporte violemment et se montre odieux envers elle lorsqu'elle refuse de venir se baigner avec lui alors que la mer est très froide, arguant qu'« une femme doit suivre son mari en toutes circonstances » et la traitant de poule mouillée. Enfin, le caractère souvent pessimiste du narrateur a tendance à l'empêcher de voir les éventuels bons côtés de la vie.

 

Pour conclure, cette incitation à une réflexion sur l'existence et le bonheur confère au livre une dimension philosophique. On peut sans doute parler de roman philosophique.

 

Antoine Phénix, 1ère année Bib.-Méd.

 

 

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11 juin 2011 6 11 /06 /juin /2011 07:00

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Anthony PASTOR
Las Rosas
Actes Sud

Collection l'An 2, 2010

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Bienvenidos en la ciudad de las mujeres : Las Rosas !


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Ici est un lieu de sensations et d'odeurs, celles de l'essence sur le bitume, du chili con carne trop épicé, de la chaleur étouffante, des caravanes estropiées et des fleurs fanées.

Ici est un endroit perdu entre deux frontières, un no man's land à la sauce mexicaine, où règnent les femmes, beautés nostalgiques s'égarant dans les méandres illusoires d'une vie idéale.

Ici, il y a Yoli qui rêve d'une autre vie, des commères fidèles aux drames passionnels des telenovelas, Marisol, la patronne de la station d'essence, travesti au caractère battant, Elisabeth, la fumeuse de joints et puis la grand-mère errante, fantomatique, métaphore du passé mystérieux et insaisissable de Las Rosas... Ici, il y a les femmes heureuses de leur sort qui sont enracinées dans cette ville et les femmes parvenues dans cet endroit par accident.

Ici est un lieu que nous découvrons avec Rosa, une nouvelle arrivante amenée par le shérif Flécha, seul homme accepté dans le territoire des roses. Rosa est enceinte, paumée et dépressive. Las Rosas l'opprime par ses règles et ses secrets prêts a ressurgir. Elle cherche à fuir mais une force magnétique la ramène dans ce lieu qui lui ressemble.
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Ici, toutes les femmes attendent Angel, fils de cœur de Marisol, en réalité celui de sa soeur défunte. Angel sort de prison. Jimi, son père, un truand, figure du mal, trouble-fête, attend la vengeance de son fils détenu pendant toutes ces années par sa faute. Paradoxalement, les hommes, bannis de Las Rosas, sont omniprésents dans la vie et l'esprit de ces femmes.

Ici, Anthony Pastor nous offre un roman-graphique hybride où se mêlent l'enquête « policière » de Rosa sur le passé de Marisol et de sa famille, le western avec l'affrontement du père et du fils dans la Sierra Madre et une note rose doucereuse avec les histoires d'amour ravageuses comme celle de Yoli, naïve, qui s'éprend de Jimi. Avec Las Rosas, le lecteur est transporté dans un « western tortilla à l'eau de rose » où le dessin, non sans rappeler, les pulps est au service de l'intrigue qui reste captivante jusqu'à la fin.

Ici, Anthony Pastor, auteur dans l'air du temps, propose son troisième roman graphique après Ice Cream et Hotel Koral. Ces trois œuvres révèlent un graphisme recherché, subtil, dense mais Las Rosas détonne en proposant un découpage de bande dessinée traditionnelle opposé au texte off et aux deux images par case des deux œuvres précédentes. Le jeu avec les lumières crée une atmosphère sensitive. Anthony Pastor adopte une écriture à vif qui retranscrit les états d'âme de chaque personnage.
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Ici, à Las Rosas, je me suis sentie comme une habitante. Analogie tentante. Nous sommes dans le royaume des Amazones, ces guerrières grecques mythiques. La cité des Amazones comme celle des Roses est une cité où les femmes exercent leur autorité, dirigent et composent à elles seules l'armée. Elles sont de redoutables androctones (mangeuses de mâles), volent aux hommes leur semence et les tuent. Comme cette peuplade mythologique, Las Rosas représente le sentiment d'injustice qu’inspire une société trop masculine, la peur d'une soumission des femmes aux hommes. Telle une amazone, Marisol protège celui qu'elle considère comme son fils, Angel, et cherche à l'éloigner de l'homme de l'histoire, Jimi, incarnation du malheur et du désordre dans la cité des roses, qui finira assassiné.

Ici, l'intrigue est foisonnante, le graphisme réfléchi et inspiré, les personnages survoltés et épineux. Les fragments de vie présentés sont proches d'une certaine réalité de la société mexicaine ce qui donne à Las Rosas un côté fauché, authentique, qui n’enferme pas le lecteur dans une interprétation linéaire de l'histoire. Las Rosas est une perle que je vous engage à découvrir.

 

Clara Paris, 2e  année Bib.-Méd.

 

 

 

 

 

 

 


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Published by Clara - dans bande dessinée
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10 juin 2011 5 10 /06 /juin /2011 07:00

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Virginie DESPENTES
Apocalypse bébé
Grasset, 2010

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Biographie de l’auteur

Virginie Despentes est née à Nancy en 1969. Romancière, elle est l’auteur de Baise-moi (1993), des Jolies Choses (prix de Flore, 1998), des Chiennes savantes (2001), de Teen Spirit (2002), de Bye bye Blondie (2004) et d’un essai, King Kong théorie (2006). Elle est publiée dans de nombreux pays, certains de ses romans ont été adaptés en films, souvent par elle-même, également réalisatrice.

 

 

Résumé

C’est entre Paris et Barcelone que l’histoire se déroule. Une première partie à Paris, une autre à Barcelone, pour enfin revenir aux racines, à Paris.

Lucie, la Hyène, Valentine Galtan, Jacqueline Galtan, François Galtan, Vanessa, Yacine, Kromag, Claire, Rafik, Zoska, sœur Elisabeth, Carlito, Magali…

Ce sont autant de personnages présents dans ce roman, et plus encore. Fille, grand-mère, cousine, père, amie, petite amie, collègue… Ils se croisent, s’entrecroisent, se cherchent, se trouvent, s’aiment ou se détestent.

Tout commence donc à Paris.

Lucie, une femme posée, au premier abord très froide, travaille dans une entreprise de détectives privés. Alors qu’elle est chargée de suivre Valentine, une adolescente de quinze ans, voilà que celle-ci disparaît. Comment se fait-il que Lucie, qui la surveille et la suit depuis quinze jours, n’ait pas senti que Valentine lui filait entre les mains ?

Aussitôt, la grand-mère de l’ado paye la détective pour la retrouver dans un délai de deux semaines. Bien incapable de réaliser une telle chose, Lucie se trouve une co-équipière qui se fait appeler « la Hyène » et prend immédiatement une place importante dans le roman. Très efficace dans son travail, elle est aussi, et peut-être avant tout lesbienne complètement assumée, violente et attachante. Et, toujours à la recherche de Valentine, elle embarque Lucie dans toutes ses aventures. De Paris à Barcelone, des quartiers chics aux squats d’extrême gauche en passant par les églises ou les mosquées, les deux associées vont s’apprendre et devoir supporter leurs manières, bien trop timides ou au contraire excentriques.

 

Avec Apocalypse bébé, Virginie Despentes nous offre un premier polar dans lequel elle mêle suspens et satire sociale. C’est avec une grande simplicité qu’elle utilise la double narration et qu’elle dresse, chapitre après chapitre, le portrait d’un personnage qui explique et/ou sème l’intrigue. Et c’est au travers de cette succession de portraits que l’on assiste à la description de toute une époque, qui s’avère être très contemporaine.

Une époque où la surveillance est omniprésente surtout par l’intermédiaire de l’informatique et des nouvelles technologies, où les personnes les plus riches ne sont pas les plus heureuses et les plus pauvres pas les moins lucides. Une époque où les jeunes gens sont en perte de repères, où les phénomènes de groupe leur font perdre une partie de leur identité. Où la sexualité se vit de plusieurs manières mais reste toujours dérangeante, tout comme la religion que l’on voit ici comme pervertie par les vices des humains, croyants ou non.

Dans ce roman sont présentes des personnes que nous pouvons croiser tous les jours, dont nous faisons peut-être même partie, toutes en quête d’une vie meilleure, d’un bonheur quelquefois bien trop éloigné.

 

Conclusion et avis personnel

En lisant ces pages peuplées d’une multitude de personnes, on ne peut que se demander : mais qui est le personnage principal, ce fameux héros qui nous émerveille en bravant toutes les situations insurmontables pour le commun des mortels ?

Ce pourrait être Lucie car le roman s’ouvre et se termine sur elle, d’autant plus que pour elle, la recherche de Valentine s’avère être un vrai parcours initiatique. Mais l’on se rend assez vite compte qu’elle n’est que secondaire.

Peut-être Valentine alors, cette adolescente perdue. C’est elle qui disparaît et que l’on cherche.

Ou bien la Hyène… Oui, peut-être bien la Hyène finalement. Aussi mystérieuse qu’imposante, c’est elle qui d’une certaine façon va lier tous les personnages entre eux.

Puis, au fur et à mesure, on sait non pas qui est le héros mais surtout que son existence n’a pas d’importance. Parce que ce roman retrace avant tout des vies et, comme dans la réalité, il n’y a pas de héros. Chacun est libre de s’en créer un, de s’en distancier ou de le suivre.

L’essentiel est que Virginie Despentes ait réussi à brasser diverses opinions et personnalités, et, en les rendant vivantes, porte un regard critique sur de nombreux sujets tels que l’argent, la religion, la sexualité, la politique, le mode de vie occidental…

Pour les amateurs de Despentes, dont je fais partie, on ne peut que souligner le fait que ce roman est en rupture (définitive ?) avec les précédents. En effet, le thème capital des autres tourne autour de la sexualité, des travailleuses du sexe, de filles perdues et droguées qui évoluent tant bien que mal dans une société qui les marginalise encore plus. Bien que le style d’écriture et les sujets abordés soient les mêmes, celui-ci détonne. Comme si Virginie Despentes s’était assagie, qu’elle avait calmé ses ardeurs tout en restant révoltée…

 

Émeline K., 2° année Bib.

 

 

 

 


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