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1 avril 2011 5 01 /04 /avril /2011 07:00

Ling-Mong-Tchou-L-amour-de-la-renarde.jpg




 

 

 

 

 

 

LING Mong-tch’ou
L’Amour de la renarde
traduit du chinois
préfacé et annoté
par André Lévy
Gallimard,
Connaissance de l’Orient, 1988

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il s’agit d’un recueil de douze contes chinois du XVIIe siècle, écrit par Ling Mong-tch’ou en 1632 et publié pour la première fois en France en 1970 avec l’aide de l’Unesco dans la collection Connaissance de l’Orient aux éditions Gallimard. Le titre original est P’ai-ngan king-k’i, ce qui signifie littéralement « taper du poing sur la table en s’écriant, étonné "incroyable !" ». En effet, nous verrons que, tout au long du recueil, l’auteur met en scène la rencontre du monde réel et de l’étrange.

Chaque conte est présenté sous la forme du houa-pen, une structure de l’écriture chinoise particulière. C’est une transcription en langue populaire des contes traditionnels écrits en langue plus riche par d’anciens mandarins. On observe une certaine oralité dans la forme par un jeu de dialogue entre l’auteur et le lecteur. L’auteur est mis en abyme à travers un narrateur omniscient qui relate à son public les histoires qu’il a pensées. Ce n’est pas sans rappeler les contes des Mille et une nuits où Shéhérazade raconte ses propres histoires. Ainsi, il n’est pas rare de voir des interventions du narrateur dans le texte même. Par exemple, on trouvera la formule suivante dans un paragraphe : « Conteur, à t’en croire… », faisant référence à une intervention de l’assemblée (ou de la pensée du lecteur), puis en réponse à cette première, on trouvera : « Vous avez raison de penser ainsi, mais… » Il est également possible de lire en marge de chaque conte quelques notes qui auraient été écrites par Ling Mong-tch’ou lui-même.

Tous les contes sont formés sur le même modèle. On introduit le thème général par un court poème, suivi d’une ou deux (parfois plus) anecdotes romancées, sûrement pour attester de la véracité de ces faits. Chaque anecdote est séparée d’une autre par quelques vers. Puis commence le récit central auquel le titre fait référence et clos par une morale en forme de poème. L’intérêt de cette forme est de montrer que d’autres ont écrit sur des thèmes similaires et que, de ce fait, quel que soit le contenu de chaque récit, le nombre de témoignages à ce sujet le rend réel et vrai. Or la base de tout le recueil est le surnaturel et surtout son acceptation lorsqu’il en vient à s’immiscer dans le quotidien. Le lecteur plonge alors dans un univers où le réalisme magique est très présent : il doit accepter pour vrai tout ce qu’on peut lui raconter.

Si les histoires n’ont pas le même thème, elles regroupent un certain nombre de morales concernant la justesse de l’esprit, la fidélité envers ses amis et sa famille, les vertus de la patience et de la vérité… Une morale en revanche peut être constatée à travers chaque récit. L’auteur insiste sur le destin qui rend chaque moment, chaque action, chaque rencontre inéluctable. Peu importe le caractère de chacun, si une situation a été écrite pour elle, cette personne en sera l’acteur. Il en va de même avec les choses surnaturelles. Si le destin a prévu un revirement de situation, cela peut se faire par l’action d’un immortel, d’un fantôme… Et c’est en cela qu’il faut accepter sa propre condition et les éléments étranges qui peuvent conditionner une vie.

Le titre a été repris pour le dernier conte du recueil : L’amour de la renarde. Il est probable que ce soit le titre qui résumerait, en effet, le mieux le fil conducteur de l’œuvre. Cette histoire met en scène le personnage bien connu de la renarde, dont les origines mythologiques datent du XIe siècle avant J.-C. Vénéré par certains, le renard reste un démon dans la majorité des œuvres littéraires. Associé au sexe féminin, il est une sorte de succube maline, rusée, manipulatrice qui se métamorphose en femme pour séduire un homme et lui voler sa substance vitale à travers l’acte sexuel afin d’atteindre l’immortalité. Or, dans L’amour de la renarde, celle-ci s’éprend de sa victime et le sauve avant qu’il ne succombe au supplice par des herbes médicinales, puis influe sur sa bonne fortune en lui assurant un mariage heureux et rentable, avant de disparaître à jamais.

Ling Mong-tch’ou attire notre attention sur le fait que même le pire des démons peut s’humaniser et entraîner la prospérité pour le restant d’une vie. Il faut noter qu’à partir du VIIe siècle, en littérature chinoise, les démons vulpins montrent un visage double en étant soit démoniaques, soit bénéfiques. Cette ambiguïté continuera d’ailleurs et s’accentuera jusqu’à notre époque et ce dans la plupart des littératures asiatiques. On en trouvera plusieurs exemples au Japon et notamment en manga avec XXX Holic (Clamp, Pika) ou encore Hoshin, l’investiture des dieux (Ryu Fujisaki, Glénat) entre autres…

Ce recueil est un plaisir à lire. L’écriture est fluide, dynamique avec les interventions du narrateur et divertissante. Les leçons apportées par les contes nous ramènent à une certaine humilité. Après chaque conte, si l’on ne frappe pas la table du poing, tout du moins il faut admettre que l’histoire est incroyable et nous étonne. N’eût été ce scepticisme moderne, je suis sûre que les contes auraient atteint leur but et nous auraient fait accepter toute impression dite « d’inquiétante étrangeté » provoquée par un quelconque démon ou immortel…


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Delphine, 2e Année Édition-Librairie

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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31 mars 2011 4 31 /03 /mars /2011 07:00

 

John-Dos-Passos-Manhattan-Transfer-01.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

John DOS PASSOS
Manhattan Transfer, 1925

Gallimard, 1929

Folio, 1973

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

dos_passos2.jpgJohn Dos Passos fut un peintre et un écrivain du XXe siècle, que l'on considère comme appartenant à la « Génération Perdue » des auteurs américains. C'est ainsi que Gertrude Stein, créatrice de cette expression, désignait le groupe qu’elle formait avec ses collègues écrivains partis pour l'Europe, notamment aux côtés des Républicains lors de la Guerre d'Espagne. Scott Fitzgerald en était le chef de file, et derrière lui venaient Steinbeck, Hemingway, Ezra Pound ou encore T.S. Eliot.

Mais Dos Passos connaissait déjà l'Europe : en 1907 il en fait le tour avec un tuteur et y étudie la peinture, l'architecture et la littérature durant six mois. De plus, il retourne encore une fois, après l'obtention de son diplôme en 1916, en Espagne où il continue d'étudier ce qui à l'époque était sa passion, la peinture. Il s’engage enfin, en 1917, dans les ambulanciers.

Cependant on peut dire qu'il s'est tout autant consacré à la recherche de son propre style en littérature : il est adepte d'une technique littéraire dite du « courant de conscience » : l'auteur écrit en suivant les pensées du personnage, il se révèle donc assez difficile de comprendre le tout car, on le sait, les pensées fonctionnent par analogie, association ou dissociation : on passe donc du coq à l'âne sans raison, la ponctuation se fait parfois désirer... Cela ressemble beaucoup à du Faulkner.

Le titre, une fois qu'on a cherché sa signification la plus terre-à-terre possible, se révèle on ne peut plus pertinent. Manhattan Transfer était en effet à l'époque une gare dernier cri, devenue très populaire : on venait de creuser deux tunnels sous l'Hudson pour accéder à l'île, où se trouve encore le centre économique et culturel de la ville. La station n'était pas accessible à pied, elle servait aux passagers à changer de train pour emprunter le tunnel. De plus cette station faisait la jonction entre toutes les voies venant de l'extérieur de la ville pour y entrer. Le transfert vers Manhattan s'y faisait, et cette station était donc la porte d'entrée vers le cœur de la ville.



L'importance de la ville

Tout d'abord, on peut dire que Manhattan ou même New York canalisait à l'époque toutes les ambitions des gens.

Ainsi, le premier qu'on surprend à vouloir y gagner son pain est le pauvre Bud, un paysan américain qui a marché seul sur des miles et des miles pour échapper à sa campagne et trouver du travail : mais cela s'avérera plus difficile que prévu ; il est loin d'être le seul à croire que la ville lui apportera fortune et femme facilement. Il ne vivra tout au long du livre que de petits jobs, et restera ouvrier.

Mais il n'y a pas que les Américains qui s'y précipitent : deux de nos compatriotes, respectivement nommés Émile et Congo, voient en la belle expansion de New York l'occasion de trouver une vie nouvelle et aisée. Ils la croient pleine d'opportunités, de places libres où ils pourront installer leur petite affaire, pour prospérer sans gêner personne. Cependant c'est une profonde désillusion qui les attend : sans jamais trouver ce qu'ils cherchaient à atteindre, ils feront avec et se fraieront un chemin : pour Émile ce sera l'anonymat très vite, une vie transparente et sans goût ; Congo quant à lui va accepter les nouvelles « lois » des hors-la-loi, il se fabriquera une identité et gagnera trop bien sa vie grâce à la contrebande d'alcool sous la Prohibition.



Ensuite cette ville perverse et généreuse pour ceux qui l'acceptent est avant tout la trame de fond du roman, elle en est l'atmosphère qui pousse les personnages à agir de façon cupide et avide de pouvoir et de femmes, de célébrité et d'affection aussi (ce ne sont que des hommes après tout).

Dans sa grandeur, elle impose sa vision des choses : avoir toujours plus, croître et ronger la place des autres. Sa devise devient celle des hommes.

À chaque début de chapitre on trouve une description mêlant architecture et développement humain de la ville, comme une didascalie fixant le décor et l'ambiance dans lesquels évolueront Ellen Thatcher, Jimmy Herf, George Baldwin, Gus McNeil, John Oglethorpe ou encore Ruth Prynne...

Ces didascalies témoignent même de la transformation qu'ils subissent tout au long du livre : ainsi les titres des chapitres de la première partie sont mécaniques, ils portent le nom d'un élément physique et matériel de la ville tandis que dans la seconde, les noms s'humanisent, la ville perd le dessus car les personnages sont enfin lucides à propos de leurs souhaits et de leurs ambitions dans Manhattan.



Ce roman est celui d'une femme

Il l'est plus que celui de la ville ; c'est elle en effet qui prend le dessus quand l'autre la trahit : quand Dos Passos décrit la ville c'est la féminité d'Ellen Thatcher qu'il dépeint. Les couchers de soleil y sont « gorge de pigeon », les coassements des plus vilains batraciens sonnent comme des « clochettes de traîneaux », la lumière y est « rose », le ciel « bleu de flamme », le parquet a même droit à son heure de gloire poétique. « Les lueurs violettes de l'aube » nous surprennent, puis le « soleil doré » se lève sur une « houle dédaigneuse » de cheveux blonds, les chapeaux ne sont pas gris mais «  gris rosâtre » et même une pluie incessante passe pour une «  frange de perles sur les vitres »... Sans parler des descriptions des costumes de l'époque, qu'on aimerait bien reconstituer rien que pour en apprécier la couleur exacte. On constate donc qu'il y a une omniprésence de la poésie de la peinture, où tout est plus beau une fois représenté, recadré... Toutes les descriptions de l'auteur se rapportent à des couleurs aux dénominations lyriques, à des odeurs sucrées... C'est un roman très féminin, délicat et poétique alors qu'il se déroule dans une ville sordide et pourrie, où les gens sont corrompus !

Et Ellen ne serait-elle pas Manhattan ? Elle personnifie les deux aspects de la ville : d'un côté elle appâte les hommes, les attire et les rend fous et de l'autre ne leur offre rien de ce qu'ils attendaient. Pour gagner avec elle il faut vouloir de l'argent, de la gloire... Ce qu'elle désire elle-même d'ailleurs.

De plus l'héroïne est au centre de toutes les relations nouées dans le livre, elle fait le lien, elle en est le rouage central, qui explique la présence de tous les autres. Elle joue surtout avec les hommes, un peu avec les femmes pour mieux se moquer de ces derniers et surtout elle se cherche elle-même : à chaque période de sa vie correspond une orthographe différente de son prénom. Elle ne sait qui elle est (à peu de choses près) qu'à la fin...

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Manhattan Transfer raconte la ville et les instincts qu'elle réveille, la difficulté d'y vivre et de s'y retrouver soi-même avant qu'elle ait dévoré nos principes et nos envies d'honnêteté, de nature ou de vérité.

Et même si l'héroïne en est Ellen, tout est vu à travers l'œil d'un jeune homme naïf au début, très sensible, plein de questions existentielles, qui aimerait encore croire à l'amour qu'il lui porte : c'est Jimmy Herf et si on y réfléchit bien Dos Passos a mis beaucoup de lui dans ce personnage. À l'écart comme l'auteur, témoin de tout, ce sont ses pensées qu'on entend, et son expérience de la ville telle que l'a peut-être vécue John Dos Passos.


Anne, 1ère année Éd.-Lib.

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30 mars 2011 3 30 /03 /mars /2011 07:00

Céline Csse pipe 2

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Louis-Ferdinand CÉLINE
Casse-pipe
Gallimard, 1975
Frédéric Chambriand, 1949,
Gallimard, 1952

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

louis_ferdinand_celine_image.jpgEn 1894, naît un auteur incontournable de la littérature française : Louis-Ferdinand Auguste Destouches. Élevé dans une famille de petits bourgeois, il commence à apprendre le métier de bijoutier et effectue quelques voyages en Allemagne et en Angleterre, jusqu’en septembre 1912 lorsqu’il s’engage dans le 12e régiment de cuirassiers à Rambouillet. En 1914 sa carrière militaire s’arrête à cause de blessures de guerre qui lui valent une invalidité et une médaille militaire, et qui lui font adopter une attitude pacifiste. Il commence alors des études de médecine et obtient son doctorat. En 1932, il publie sous le nom de Louis-Ferdinand Céline, prénom de sa grand-mère, Voyage au bout de la nuit, roman pour lequel il obtient le prix Théophraste Renaudot. Cette œuvre, largement inspirée de sa propre expérience militaire, lui vaut la reconnaissance des membres du milieu littéraire. En 1936, il publie Mort à Crédit et Mea Culpa, un livre anticommuniste et antisémite.

 Cette année-là, il commence aussi à écrire Casse-pipe, roman contant son arrivée et son intégration au régiment de cuirassiers, censé devenir la suite de Mort à crédit. Suivent quelques écrits antisémites qui justifient les accusations de collaborationnisme portées contre lui après la Seconde Guerre mondiale. Il tente de fuir après la Libération et purge une peine d’un an en prison après son arrestation. Il s’exile alors jusqu’en 1951 et son roman Casse-pipe est publié pendant son absence bien qu’i inachevé. De retour en France, il s’installe en tant que médecin et auteur avec sa femme Lucette Almanzor à Meudon. Les quelques ouvrages qu’il fera paraître seront très peu remarqués jusqu’en 1957 où il sera de nouveau reconnu avec D’un château l’autre, premier volume d’une épopée fantastique se déroulant dans une Allemagne en flammes et complété dès 1960 par Nord. Il meurt un an plus tard à l’âge de 67 ans.

Ce véritable personnage de la littérature française attire encore beaucoup l’attention d’une part grâce à ses talents littéraires novateurs, d’autre part à cause de ses opinions politiques sombres. Ses lecteurs se trouvent donc dans une situation délicate lorsqu’il s’agit de lire ses textes puisque les deux facettes de sa personnalité ne sont pas aussi attirantes l’une que l’autre. Par exemple, la série de pamphlets antisémites qu’il a publiés, bien que choquants, sont très intéressants d’un point de vue littéraire. Lire Céline est donc aussi un choix : celui de privilégier la littérature par rapport à la politique.

Ces récits peuvent être aussi apporter un éclairage sur la complexité de leur auteur parce qu’ils sont très influencés par sa propre vie, et surtout par son expérience militaire. Dans le cas de Casse-pipe, il propose un regard critique sur la condition militaire à travers les yeux de Ferdinand, jeune engagé dans le 17e régiment des cuirassiers avant la Première Guerre mondiale. Les situations de l’auteur et du personnage sont clairement liées puisqu’ils portent le même prénom, s’engagent dans un régiment de cuirassiers (Céline faisait partie du 12e régiment) et ont tous deux un père assureur.

Grâce à Ferdinand, nous entrons dans le monde de la cavalerie lourde composé de Bretons brailleurs, grossiers et ignares dirigés par le colérique maréchal des logis Rancotte. L’arrivée du jeune homme au poste de garde du régiment se déroule en pleine nuit, sous une pluie battante alors que le maréchal des logis s’était assoupi. Celui-ci, furieux d’avoir été réveillé, humilie Ferdinand et envoie immédiatement la patrouille relever les hommes de garde sous les ordres du brigadier Le Meheu malgré l’heure et le temps.

Malheureusement, ce dernier a oublié le mot de passe et ne peut relever l’homme de garde. Il décide alors de cacher la troupe dans une écurie et de chercher seul ce mot de passe dans le dos du maréchal des logis. Les hommes, trempés jusqu’aux os, s’endorment presque aussitôt et sont bientôt réveillés par la soif. C’est alors qu’ils imposent à Ferdinand de fêter son arrivée par quelques litres de vin blanc. Mais la fête s’achève rapidement avec l’arrivée de leur supérieur qui les ramène au poste de garde en compagnie de Le Meheu qui avait aussi profité de leur absence pour boire de son côté.

Alors qu’ils parviennent à destination, un des engagés fait une crise d’épilepsie et se trouve confronté à l’indifférence et à l’ignorance de ses camarades. Petit à petit, le jour se lève et le calvaire de Ferdinand semble se terminer, mais il s’est engagé pour trois ans et Rancotte rend cette révélation encore plus douloureuse en lui ordonnant de lui cirer les bottes.



Ce court récit de ses premières mésaventures militaires est très représentatif du style de Louis-Ferdinand Céline. On y retrouve la langue orale et argotique dont il use dans ses écrits et qui font sa renommée. L’emploi, presque abusif, des phrases courtes et exclamatives ainsi que des jurons a pour effet de nous plonger dans l’univers d’un régiment d’avant la Première Guerre mondiale. Ce procédé, ajouté au rythme saccadé des discours des officiers, donne une impression d’excès de la part de l’auteur et de quasi-caricature. On pourrait presque parler de dimension comique malgré la violence des propos des protagonistes dont la fureur paraît fidèlement reproduite. Les nombreux dialogues et monologues des personnages produisent une telle impression d’authenticité que Casse-pipe semble facilement adaptable au théâtre. Nous nous sentons proches de Ferdinand lorsque nous lisons ce texte. Nous vivons avec lui les injustices qu’il subit et la crise d’épilepsie de l’engagé. Par les caricatures, la violence du rythme et les propos tenus par les personnages, Céline réussit alors à nous faire éprouver du dégoût pour ce régiment, dégoût qu’il a lui-même ressenti puisqu’il a adopté une attitude pacifiste peu après son engagement.


Sara, 2e année éd.-lib.

 

 

Louis-Ferdinand CÉLINE sur LITTEXPRESS

 


Céline Csse pipe 2

 

 

 

 

Article de Clément sur Casse-Pipe.

 

 

 

 

 

 

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Article de Florent sur D'un château l'autre.

 

 

 

 

 

 

 


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29 mars 2011 2 29 /03 /mars /2011 07:00

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Albert CAMUS
La Chute

Gallimard, 1956





 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

albert-camus1.jpgL’auteur

Albert Camus est né le 7 novembre 1913 en Algérie. Son père, ouvrier, meurt durant la Première Guerre mondiale et sa mère, presque illettrée, l’élève seule dans la pauvreté.

Très jeune, Albert Camus bénéficie de l’aide de son instituteur qui lui obtiendra une bourse pour ses études ; il entre en classe préparatoire de lettres à Alger, où il rencontre Jean Grenier qui aura une grande influence sur lui, puis prépare l’agrégation de philosophie.

En 1933, pendant l’ascension d’Hitler, Albert Camus milite dans des mouvements antifascistes et adhère au Parti Communiste Algérien. C’est en 1935 qu’il commence à écrire des pièces de théâtre, participe à des journaux de gauche voire d’extrême gauche. En 1937, ses problèmes de santé dus à la tuberculose l’empêchent de se présenter  à l’agrégation de philosophie.

En 1938, il commence la rédaction de son premier grand cycle de « l’absurde » avec Caligula puis le Mythe de Sisyphe et L’Étranger (il reçoit le prix Nobel en 1957).

En 1940, Albert Camus est bloqué en France et participe à des actes de résistance contre l’Occupation, en compagnie de Sartre, entre autres. Époque qui lui inspire La Peste mais également son deuxième grand cycle dit de  « La Révolte » (La Peste, L’homme révolté et Les Justes).

En 1956, il publie La Chute. Ce sera son dernier roman publié de son vivant. Il meurt dans un accident de voiture avec Michel Gallimard en janvier 1960.



L’œuvre

Le récit se déroule sur cinq journées où le narrateur, Jean-Baptiste Clamence, raconte son histoire à un interlocuteur silencieux. L’action se passe en Hollande, où le Parisien a élu domicile depuis quelques années et exerce le métier mystérieux de « juge-pénitent ». A la fin du récit, le lecteur découvre enfin la signification de ce métier : s’accuser soi-même, présenter son portrait le plus noir.  Car, effectivement, le narrateur livre à son interlocuteur et à son lecteur un récit de sa vie, de ce qui’il a fait, de sa propre lâcheté et de ses mauvaises actions.

« Quand le portrait est terminé, comme ce soir, je le montre, plein de désolation : "Voilà, hélas ! ce que je suis." Le réquisitoire est achevé. Mais, du même coup, le portrait que je tends à mes contemporains devient un miroir. » (pages 145-146).



La Chute, narration et genre

La singularité de La Chute réside dans la narration. Le narrateur, Jean-Baptiste Clamence, parle, raconte son histoire à un interlocuteur qui n’intervient pas à proprement parler dans le récit. Le lecteur ne lit jamais clairement les réponses ou les interventions de l’interlocuteur, elles sont seulement sous-entendues dans le discours de Clamence.

D’où la question : monologue ou dialogue ?

Camus répond à cela en définissant La Chute comme un « dialogue implicite ».  Car, au cours de l’œuvre, un certain nombre de procédés donnent à penser que le narrateur s'adresse à quelqu'un : « Le cercle des… Ah ! Vous savez cela ? ». Ici pas le moindre doute pour le lecteur, Clamence parle à quelqu’un ; ce personnage intervient parfois dans le dialogue. Reste à savoir si cet interlocuteur est réel ou sorti de l’imaginaire du narrateur…

C’est ce doute que voulait provoquer Camus avec la Chute, pour que le lecteur perde pied.

La question du genre dans La Chute est importante : cette œuvre est un récit en même temps qu’un roman.  On a dit de ce récit  qu’il s’apparentait au Nouveau Roman, chose que Camus n’a pas voulue.

Il ne faut pas oublier qu’Albert Camus est aussi un dramaturge, il a écrit de nombreuse pièces ; on reconnaît donc dans la Chute une parenté avec le genre théâtral. Camus lui-même le signale : « J’y ai utilisé une technique de théâtre (le monologue dramatique et le dialogue implicite) pour décrire un comédien tragique. J’ai adapté la forme au fond, voilà tout. »



La Chute, signification d’un titre.

La chute de la femme

La signification du titre est intéressante car elle prend plusieurs dimensions dans le récit.

D’une part, c’est la chute de la femme d’un pont au-dessus de la Seine. Femme que Clamence n’a pas sauvée, malgré son appel à l’aide. Clamence ne se retourne pas, il n’a pas cherché à aider cette femme avant qu’elle saute ou qu’elle tombe du pont. C’est un épisode crucial dans la vie de Clamence ; après cela, il n’est plus le même et décide de quitter Paris pour Amsterdam.

 

 

La chute du personnage

C’est également le récit de la chute du personnage principal. Clamence sombre littéralement dans la culpabilité que lui inspirent l’immoralité de ses actions passées, son comportement avec les femmes, etc.

Tout le discours de Clamence est fondé sur sa chute morale, mais aussi physique. En effet, la Hollande est un pays situé au-dessous du niveau de la mer, associé pour Camus à l’Enfer, d’autant plus que le récit a lieu dans les bas-fonds d’Amsterdam, dans les quartiers louches. La chute de Clamence a aussi une répercussion dans les lieux.

 

 

La chute de Camus

A travers Clamence, c’est Albert Camus qui parle. On sait que Camus a traversé une crise, passage à vide où il n’écrit plus. D’une part, il souffre de ses désaccords philosophiques et politiques avec Jean-Paul Sartre, accusé par les communistes à cause de ses prises de position sur l’indépendance de l’Algérie : Camus était contre l’indépendance mais sans être d’accord avec les politiques de l’époque. De plus, sa femme tombe en dépression et Albert Camus se sent coupable de l’avoir trahie avec d’autres femmes à plusieurs reprises.

La Chute d’Albert Camus est une œuvre qui raconte la déchéance d’un personnage, d’une époque. Albert Camus s’autocritique à travers le personnage de Clamence pour mieux juger les autres, accuser son temps : « Plus je m’accuse et plus j’ai le droit de vous juger. Mieux, je vous provoque à vous juger vous-même, ce qui me soulage d’autant. » (Clamence, p.114)



La Chute dans l’œuvre d’Albert Camus

L’œuvre de Camus est vaste et diverse. Pièces de théâtre, essais philosophiques, nouvelles, romans. On peut cependant définir deux cycles dominants : celui de l’Absurde avec sa pièce de théâtre Caligula, son essai Le Mythe de Sisyphe et son roman L’Etranger et celui de la Révolte avec sa pièce Les Justes, son essai L’Homme révolté, son roman La Peste. La Chute intervient donc comme un récit transitoire car Albert Camus avait le projet d’un troisième cycle, celui de l’Amour, de l’Humanisme, avec comme projet le Premier homme (récit autobiographique posthume), Don Faust (récit mêlant Don Juan de Molière et le Faust de Goethe) et Le Mythe de Némésis. La Chute serait donc un préambule négatif à un nouveau cycle littéraire et philosophique dont le thème est tout de même plus positif.



Mon avis sur La Chute.

C’est sans aucun doute l’œuvre d’Albert Camus que je préfère: d’une part par sa structure et sa forme qui m’ont interpellée voire gênée, et d’autre part pour la relation autobiographique que Camus entretient avec La Chute : dernier roman publié de son vivant, dénonçant les agissements de ses contemporains et par là même ses propres actions. On est loin de ses précédents romans ou pièces de théâtre qui ont aussi une dimension autobiographique (particulièrement La Peste) mais La Chute est celle qui est la plus profonde et dérangeante.

 

Laure Liarçou, 2e année Éd.-Lib.

 

 

Albert CAMUS sur LITTEXPRESS

 

 

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 Article de Cécile sur Lettres à un ami allemand.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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28 mars 2011 1 28 /03 /mars /2011 07:00

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Saša STANIŠIĆ
Le Soldat et le gramophone

traduit de l'allemand

par Françoise Toraille

Stock, La Cosmopolite, 2008

Le Livre de poche, mars 2010

rééd. La Cosmopolite, novembre 2010

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Saša Stanišić est né en en Yougoslavie en 1987 d’un père serbe et d’une mère bosniaque. Il est obligé de quitter son pays en 1992 à cause de la guerre civile qui y sévit. Ses parents l’emmènent alors en Allemagne, pays qu’ils quitteront. Saša va, lui, rester et c’est en allemand qu’il écrit son premier roman, Le Soldat et le gramophone : « Disons que je suis un écrivain allemand… qui vient d’ailleurs. ».

En lisant sa biographie, on sent que le roman est largement autobiographique ; pourtant, l’auteur ne l’admet pas totalement.

« Oui, il y a beaucoup de moi dans le livre, mais il s'agit avant tout d'une oeuvre de fiction, imaginée et construite, et Alexandar et moi sommes des personnalités totalement différentes, nous avons grandi dans des conditions différentes. » (interview librairie Dialogue  www.librairiedialogues.fr/videos/333061/details/
 
Saša Stanišić nous raconte ce conflit qui n’est pas si lointain. Il nous parle aussi de la difficulté de l’exil, du retour, mais surtout il nous peint la Yougoslavie d’avant, un pays vivant avec des personnages hauts en couleur, telle la tante Typhon qui « vit quatre fois plus fort que les gens normaux, court huit fois plus vite et parle quatorze fois plus rapidement que tout le monde », des scènes cocasses comme l’installation et l’inauguration de toilettes. On a l’impression de se trouver dans un film de Kusturika tant l’écriture est virevoltante, multipliant les personnages et les scènes loufoques.

« Pour l’inauguration des nouveaux cabinets, on a fait une fête. […] L’arrière-grand-père avait eu l’honneur d’être le premier. […] Nous avons été quelques-uns à l’accompagner en tapant des mains. Ambiance parfaite devant les cabinets d’intérieur, un public de seize spectateurs, un orchestre de cinq musiciens, un temps idéal pour la circonstance. »
 
Le récit débute avec la mort du grand-père du narrateur, Slavko, qui le matin même de sa mort lui avait fabriqué une baguette pour accompagner son chapeau de magicien.

« Le chapeau et la baguette possèdent un pouvoir magique. En portant le chapeau et en brandissant ta baguette, tu seras le plus puissant magicien du possible et de l’impossible dans l’ensemble des États non alignés. Ton pouvoir aura une portée révolutionnaire particulière tant qu’il s’exercera en conformité avec les idées de Tito et en accord avec les statuts du Parti communiste yougoslave. »

C’est également le jour de la mort de Slavko, le 25 septembre 1991, que son cœur fait la course avec le champion du monde d’athlétisme Carl Lewis.

« Grand-père Slavko est mort en 9 secondes 86, son cœur a couru au coude à coude avec Carl Lewis – le cœur s’est arrêté pendant que Carl fonçait comme un fou. Grand-père cherchait à reprendre son souffle, Carl levait les bras en l’air, avant de se jeter sur les épaules un drapeau américain. »
 
Nous sommes en Yougoslavie, un pays qui dix ans auparavant était sous le joug du dictateur Tito auquel le narrateur fait de nombreuses références, influencé par son grand-père. On retrouve cet arrière-plan politique tout au long du livre, tout d’abord le communisme puis la montée des nationalismes. On sent d’ailleurs rapidement poindre les tensions.

« Il y a eu une fête, il y a eu une bagarre, un coup a été tiré, c’est peut-être toujours comme ça quand quelqu’un part pour l’armée, on n’y est pas encore vraiment, et voilà que la guerre arrive déjà ici. Il y a le souci de voir Miki envoyé là où on ne tire pas seulement sur les tas de fumier, il y a des adieux douloureux, il y a des larmes pour Miki et une gifle aussi, insolent gamin ! La gifle, c’est parce que le soldat de demain a dit : Kamenko a quand même raison, nous ne devons pas accepter tout et n’importe quoi, il est temps pour nous de faire face aux Oustachis et aux Moudjahidin […] Il y a être avec les siens et ne pas l’être. D’un seul coup, la véranda ressemble à la cour de l’école, où Vukoje Ver-de-Terre m’avait demandé : T’es quoi, en fait, toi ? ».

Le politique est donc ressenti du point de vue de l’enfant ce qui permet à l’auteur de parler de la petite histoire sans avoir besoin d’expliquer l’Histoire. À nous lecteurs d’aller chercher les informations qui nous manquent car Saša Stanišić ne nous expliquera rien.

« Un enfant qui va engranger ce qu'il voit, va essayer de se l'approprier, souvent avec fantaisie, mais il ne va pas tenter d'enjoliver ou d'expliquer des choses qui dépassent son imagination enfantine. » (  interview avec la librairie Dialogue)

La guerre, d’abord loin de Višegrad, se rapproche, c’est donc le début de l’exil, tout d’abord à Belgrade puis l’Allemagne. Le héros devient alors nostalgique. Le texte est sous forme de lettres, celles qu’il écrit à Asija, l’orpheline au nom musulman qu’il essaie de retrouver par tous les moyens,  mais aussi les pensées de Nena Fatima, sa grand-mère et son livre qu’il dédicace à son grand-père Slavko et qui est préfacé par sa grand-mère Katarina. « L’intégration » se passe malgré tout plutôt bien, il se fait des amis, signe sa première lettre à Asija Alkßandar. Pourtant il évoque la difficulté d’être là-bas et surtout la honte que lui donnent ses parents qui ne comprennent pas l’allemand. On ne reste pas longtemps dans ce pays, ce livre est sur la Yougoslavie, celle qu’a connue le narrateur avant la guerre.
 
Puis Aleksandar retourne dans son pays pour retrouver Asija. Prétexte, car elle est un fantôme de son enfance. Son retour est donc surtout un moyen pour lui de retrouver son pays, ce que l’on remarque avec le dernier chapitre qui est une liste de ses souvenirs de jeunesse, avant la guerre, avec encore toute l’insouciance due à son jeune âge.

« La Yougoslavie avec la Slovénie et la Croatie. […] Carl Lewis sans médaille d’or. […] Une blessure qui ne saigne pas. […] Dix soldats sans armes. […] Le bon vieux temps. Un gramophone cassé plein de défis. Asija »
 
Saša Stanišić s’amuse tout au long du roman avec les codes. On trouve par exemple, au fil du récit,  des styles divers car le narrateur évolue, il grandit mais aussi parce que certains chapitres sont rédigés du point de vue d’autres personnages. Ils changent également car ce ne sont pas les mêmes formes, on peut lire des lettres, un livre (au sein même du livre avec sa propre préface, sa dédicace, son découpage en chapitres), des listes (« Tito en T-shirt. Tito pas coiffé. Tito sans impact de balle en guise d’œil », liste de ses souvenirs d’enfance)… L’auteur joue également avec les titres de chapitres qui sont souvent très longs ( « Où l’on voit un cœur faire la course avec le champion du monde du cent mètres, que pèse une vie d’araignée, pourquoi celui qui n’était que tristesse écrit au fleuve cruel, les compétences du camarade suprême de l’inachevé en matière de magie ») mais parfois réduits à de simples points de suspension. Il va jusqu’à compter de 1 à 192 sur plus de deux pages (« Un, deux, Kiko compte, trois, quatre […] cent quatre-vingt-douze. »). On a parfois l’impression de se perdre comme par exemple lorsqu’il donne soudainement la parole à la Drina, le fleuve qui traverse la ville et véritable personnage du roman, mais il faut savoir se laisser emporter et écouter sa musique. C’est un style fragmenté, reflet des bombardements, des attaques de cette guerre civile qui a morcelé les souvenirs d’enfance d’Aleksandar.
 
C’est donc avec une écriture parfaitement maîtrisée que Saša Stanišić nous entraîne en Yougoslavie. Il sait utiliser des images poétiques très justes. Il ne tombe pas dans le piège du pathétique en utilisant le regard d’un enfant ; au contraire, il sait décrire des scènes parfois très dures sans glisser dans le sensationnalisme. À la fin de la lecture, on a envie de relire de nombreux passages : le narrateur a bien tenu sa promesse à sa mère, il est devenu un conteur doué :

 « Nous nous étions fait une promesse d’histoires, maman, avait acquiescé le fils d’un air résolu en fermant les yeux comme pour faire de la magie sans baguette ni chapeau, une promesse toute simple : ne jamais arrêter de raconter. »

Selon Saša Stanišić, pour qu’un livre soit réussi, « [Il] doit pouvoir renverser son lecteur, il doit le bouleverser tellement que les expressions habituelles de sentiments ne suffisent plus. Il faut pouvoir rire fort, pleurer fort, tous nos sens doivent être touchés par l'émotion. ». Avec Le Soldat et le gramophone c’est chose faite.


Roxane, A.S. Bib.-Méd.

 

 


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27 mars 2011 7 27 /03 /mars /2011 07:00

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Wajdi MOUAWAD
Littoral
(Théâtre)
Actes Sud papiers, 1997
Actes Sud Babel, 1999




 

 

 

 

 

 

 

 

 

Wajdi MouawadBiographie

Wajdi Mouawad est né au Liban le 16 octobre 1968. La guerre civile faisant rage dans ce pays, sa famille décide de partir en France. En 1975, l’Etat lui refusant les papiers nécessaires pour continuer à y séjourner, ils continuent leur exil outre-Atlantique, au Québec. Wajdi Mouwad y étudiera et obtiendra le diplôme d’interprétation de l’école nationale de théâtre du Canada à Montréal en 1991. C’est alors une grande carrière qui s’annonce.

Elle débutera avec la rencontre d’Isabelle Leblanc et leur co-création de la compagnie Théâtre Ô Parleur. Il dirigera ensuite le théâtre de Quat’sous à Montréal pendant quatre ans. Depuis 2007 il est directeur artistique du Théâtre français du Centre national des Arts d’Ottawa et parallèlement s’associe avec sa compagnie française en janvier 2008 à l'Espace Malraux, scène nationale de Chambéry et de la Savoie. En 2009, il est l’artiste associé du Festival d’Avignon où il avait présenté la pièce Littoral dix ans auparavant. Comédien de formation, il ne cessera d’être sur scène durant sa carrière, sous la direction de plusieurs metteurs en scène ainsi que dans ses propres pièces.

C’est avec la création de sa première compagnie que débutera en parallèle sa carrière de metteur en scène. Il s’attaquera aux classiques, puis à des pièces contemporaines pour ensuite diriger les siennes. Wajdi Mouawad est aujourd’hui un homme de théâtre complet, connu et reconnu par la critique. Il a aussi participé à plusieurs publications autour du Liban et on peut trouver un bon nombre de ses entretiens aux éditions Leméac.

Littoral est monté en 1997 au théâtre d’Aujourd’hui (Montréal), une seconde version sera créée en 2009. Cette œuvre est la première d’un quatuor intitulé Le sang des promesses, qui contient Incendies, Forêts et Ciels. Wajdi Mouawad portera Littoral à l’écran en 2004.

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Résumé

Wilfrid est un jeune Québécois d’origine libanaise. En plein acte sexuel, il entend son téléphone sonner ; il répond : son père est mort. Bien qu’ayant très peu connu ce père froid et distant, il décide d’aller l’enterrer où il se doit, sur sa terre natale. Après une entrevue avec un juge qui lui accorde le droit de faire sortir le corps du pays et une longue dispute avec ses oncles et tantes qui veulent lui faire comprendre quel mauvais homme était son géniteur, Wilfrid part. À son arrivée en terre libanaise, une quête initiatique se met en place. De rencontre en rencontre, notre personnage se retrouve, se redécouvre et trouve un nouveau sens à sa vie. Chaque personne qu’il rencontrera détient sa propre histoire, la conte et en nourrit les autres. Aucun lieu n’est décent et sensé pour enterrer son père…D’un commun accord, le cortège que forment toutes ces âmes rencontrées par hasard décide de laisser voguer le corps dans la mer, près du littoral…

« Mon père est mort il y a trois jours. Je suis venu l’enterrer dans son village natal et le réconcilier avec la vie », p. 69.



Thèmes et spécificités

La mémoire et le conte sont au centre de l’œuvre. Lorsque Wilfrid arrive en terre orientale, il rencontre le sage aveugle Wazâân qui lui dit d’aller trouver Simone, une jeune femme qui hurle depuis la mort de son mari. Wazâân est le personnage type du sage conteur, qui énonce les histoires du pays et qui détient la mémoire du village. Il va orienter la quête de Wilfrid vers la vallée où Simone et lui rencontreront Amé, Sabbé, Massi et Joséphine. Chacun d’eux détient une histoire, un passé. Chacun est en marge de la société, en exclusion sociale suite à un événement marquant et cherche (consciemment ou non) un nouveau sens à donner à sa vie. C’est le personnage de Joséphine qui représente la mémoire : après avoir perdu sa famille durant la guerre, elle décida de récolter tous les annuaires et d’y inscrire le nom des personnes décédées. Comme si les noms étaient la seule chose qui pouvait maintenir leurs souvenirs.
 
« MASSI. – Joséphine, calme-nous, avec tous ces noms, apaise nos esprits, je t’en prie. Ta présence ici donne un sens à notre rencontre. Tu nous révèles puisque tu nous redonnes des noms ».



Le père, la mort

Pour écrire cette pièce, Mouawad s’est inspiré de trois personnages qui font référence dans l’histoire de la littérature : Hamlet de Shakespeare, L’Idiot de Dostoïevski et Oedipe. Chacun d’eux entretient une relation au père différente, comme l’explique l’auteur dans une interview :

« l’un a tué le sien, l’autre doit venger l’assassinat du sien et le troisième n’a jamais connu le sien […] lors de sa quête, il [Wilfrid] ferait la rencontre de trois garçons qui étaient pour moi chacun un reflet de ces trois géants ».

Ces trois figures sont donc ici représentées par Amé, Massi et Sabbé. Elles permettent à Wilfrid de comprendre l’importante du lien père-fils mais aussi la considération qu’il faut porter à la mort. S’ouvre une réflexion sur la mort, au centre des conversations, des interrogations : faut-il en avoir peur ? faut-il la respecter ? est-ce la fin de quelque chose ?

La figure du père est personnifiée par le père de Wilfrid lui-même, qui apparaît comme un véritable personnage alors qu’il vient de mourir. Ce fantôme n’apparaît dans un premier temps qu’aux yeux de son fils. Puis il se découvrira aux autres et deviendra le Père de tous. Sa présence rend la réflexion sur la mort et la paternité à la fois concrète et mystérieuse car il n’est plus censé être là… Serait-ce une création de l’esprit de Wilfrid ? La seconde présence énigmatique est celle du Chevalier. Ce second fantôme représente une partie de l’esprit de Wilfrid : c’est la moitié de son cerveau qui lui dit de ne jamais abandonner et de finir sa quête afin de retrouver une identité et un amour de soi. Le chevalier se considère comme « le meilleur ami » de notre héros.

« LE CHEVALIER. –- Je resterai ta force […] Wilfrid rien n’est plus fort que le rêve qui nous lie à jamais ».



Mise en abyme

Une des originalités de Littoral est la mise en abyme créée par l’auteur. En effet, dès la seconde scène, une équipe de tournage apparaît en chair et en os sur scène, et réapparaîtra trois fois dans la pièce. Ils filment l’action principale de l’histoire, c'est-à-dire l’histoire de Wilfrid que nous sommes en train de lire. C’est un second niveau de lecture qui accentue l’idée que la vie n’est que fiction : l’histoire de Wilfrid est fictive nous le savons, mais ce que nous avons sous les yeux (dans le livre ou sur le plateau) n’est-ce pas l’histoire d’un réalisateur qui tourne un film sur l’histoire de Wilfrid ? Alors, le comédien que nous avons sous les yeux ne jouerait pas le rôle de Wilfrid, mais plutôt le rôle d’un acteur qui joue lui-même le rôle de Wilfrid…On peut faire une seconde supposition : Wilfrid n’est qu’un personnage qui, pour soulager sa peine, préfère croire que sa vie est une fiction et crée donc le personnage du réalisateur. L’auteur nous laisse choisir et ainsi introduit la notion baroque de « theatrum mundi » qui a été utilisée, par exemple, par Corneille dans L’Illusion comique. L’auteur fait plusieurs fois référence à La vie est un songe de Calderón de la Barca, pièce qui utilise aussi la mise en abyme et l’idée que la vie ne serait qu’un rêve. Une ambiguïté propice à l’imagination plane donc sur la pièce…

« WILFRID. – Je ne sais pas d’où me vient cette manie d’avoir l’impression que je suis en train de jouer dans un film.
LE REALISATEUR. – Je n’existe pas, mais est-ce que tu sais de façon certaine si tu existes toi-même ? »
« WILFRID. – Moi je ne suis qu’un personnage. Quelqu’un qui vit dans le monde du rêve. Mais dernièrement il y a eu un étrange accident qui m’a précipité ici, dans la réalité. »



La structure et le style

Cette pièce n’a pas une forme classique : pas d’actes ou de scènes à proprement parler mais seulement un découpage numéroté. La première partie est nommée « ici », la seconde « hier », la troisième « là-bas », la quatrième « l’autre », la cinquième « chemin » et la dernière « littoral ».Seulement dans ces titres on peut ressentir le double sens de la quête : celui de la recherche d’un lieu et celui d’une quête identitaire. La pièce fait environ 150 pages ce qui préfigure une longue représentation, d’où l’importance pour l’auteur d’avoir redécoupé ces parties en petites scènes afin de rendre le spectacle aéré et énergique.

La langue à proprement parler est maniée à merveille. En effet, malgré la présence de thèmes mythiques, de fantômes et de terres lointaines, l’écriture de Mouawad ne met pas de distance entre nous et les personnages. Pas d’intellectualisation, pas de long monologue, pas de vers. Autrement dit, le style percutant de l’auteur dû à la grande utilisation de la stichomythie (succession de répliques brèves) et à l’absence de didascalies permet au lecteur de se sentir proche des personnages. On ne peut pas parler de texte cathartique mais cela peut s’en approcher : Mouawad nous conte l’histoire de Wilfrid afin que nous comprenions l’importance des origines, de la mémoire et que nous n’oublions jamais grâce à qui nous sommes devenus ce que nous sommes.



Mon avis

En s’emparant des thèmes de la mort, de la mémoire et du père à travers de grandes références culturelles, Mouawad crée ici une œuvre universelle. J’ai adoré cette œuvre pour son aspect très abordable au niveau de la langue qui peut être brutale pour décrire un événement des plus poétiques, ou très douce pour décrire un horrible souvenir. De plus, c’est l’humanité qui ressort de cette pièce qui m’a fait une très forte impression : l’histoire d’un fils, qui pourrait être n’importe lequel d’entre nous. Mais aussi d’un combat entre le monde et lui-même, qu’il mène jusqu’au bout sans que l’on puisse parler d’un happy end.

L’important, lorsque je lis du théâtre est qu’il puisse se lire comme se jouer. Littoral en est un magnifique exemple, car sa lecture est un réel plaisir, où tout (les mouvements, les intonations) se saisit du premier coup avec un peu d’imagination ; on peut imaginer Wilfrid et ses compagnons sur scène sans aucune difficulté et, le plus important, dans de nombreux univers différents. Le fait d’écrire une pièce laissant une liberté totale pour le metteur en scène et son esprit créatif est pour moi une qualité essentielle.


Laura, 2e année édition-librairie

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26 mars 2011 6 26 /03 /mars /2011 18:00

1, 2 et 3 avril

Escale-photo.jpg

 

Quartier Sainte-Croix

BORDEAUX

Tram ligne C - arrêt Sainte-Croix

 

Programme détaillé  ici.

 

Accès et plan général  .

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26 mars 2011 6 26 /03 /mars /2011 07:00

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Alexandre IKONNIKOV
Dernières Nouvelles du bourbier
Éditions de l'Olivier, 2003
Points, 2004



 

 

 

 

 

 

 

 

Alexandre Ikonnikov est né en 1974 dans la province de Kirov à l'est de la Russie. Il étudie l'allemand mais c'est l'anglais qu'il part enseigner pendant deux ans à Bystritsa.  Il revient  s'installer à Kirov en 2001 et participe à un journal local en tant que journaliste et interprète. Il décide par la suite de se consacrer essentiellement à l'écriture. Le recueil Dernières nouvelles du bourbier est publié en Allemagne en 2002 sous le titre Taïga Blues. Son second roman, Lizka et ses hommes, sort en 2005. Alexandre Ikonnikov écrit à la fois en russe et en allemand (certaines nouvelles du bourbier ont été écrites entièrement en allemand), mais il n'a jamais publié dans son propre pays.

Au travers de nouvelles qui dépassent rarement les trois pages, Alexandre Ikonnikov nous fait voyager dans la Russie profonde, loin de Moscou, où les routes ne connaissent pas l'asphalte et où la vodka réchauffe les corps et les cœurs d'une grande partie de la population.

Le recueil se compose d'une quarantaine de nouvelles dans des décors aussi divers que la campagne ou les grands ensembles urbains. On croise des miliciens qui ne savent que faire d'une jambe, un cuisinier de prison pour qui abondance de nourriture rime avec dirigeants chevelus ou des pêcheurs qui abusent de l'alcool maison. Le recueil est divisé en six grands chapitres qui illustrent chacun une caractéristique de la société russe.

« Russie, grande Russie » relate le retour mouvementé des ouvriers du pétrole, la création d'un jour férié, nouvelle occasion pour les citoyens de boire de la vodka ou encore une ville qui pratique une politique de grands travaux mais dans laquelle on ne peut trouver d'endroit pour uriner.

Dans « Voisins, Voisins » on plonge dans l'univers des immeubles collectifs et du « bonheur » de la promiscuité mais aussi de la solidarité entre voisins :

« Lorsque les fonctionnaires du Parti ont fait construire ces immeubles gris de cinq étages, tous identiques, ils ont veillé à ce que les citoyens russes puissent vivre âme contre âme. »

« Temps Modernes » dépeint la découverte de la machine à laver dans un foyer rural russe, le recyclage original des canettes de Coca-Cola  et le business des bas dans la province russe.

« Village éternel » nous rappelle que la Russie est une société à majorité rurale et où le travail agricole s'effectue encore, au cœur des kolkhozes, à grand renfort de vodka.

Dans « Histoires de vie » une étudiante en biologie compte sur son décolleté pour avoir son examen et un jeune couple se sépare car il ne trouve pas d'endroit pour s'aimer.

C'est donc toute la société russe post-communiste que l'on découvre, une société encore parfois archaïque mais qui fait ses premiers pas (maladroits) dans la société de consommation et le capitalisme. Grâce à ses nouvelles au ton satirique mais toujours tendre, je me suis laissé entraîner avec grand plaisir au cœur de la vie provinciale russe des années 2000. Le recueil forme comme un carnet de voyage où les rencontres ne se ressemblent jamais et sont à chaque fois une surprise. L'humour d'Alexandre Ikonnikov et son écriture incisive dédramatisent la situation des personnages qui s'essaient au bonheur dans la boue, la neige, le béton et la vodka.


Charlotte J. , 2e année Éd.-Lib.

 

 

 


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25 mars 2011 5 25 /03 /mars /2011 19:00

Samedi 26 et dimanche 27 Mars 2011

de 10h à 19h

-bulles-en-hauts-de-garonne

 

Le Rocher de Palmer à Cenon.
Accès libre et gratuit

 

 

Renseignements : 05.47.50.02.85 / passage-a-lart@orange.fr
Tramway : Ligne A – Arrêt : Buttinière ou Palmer/ Floirac Dravemont(Terminus).

 

Programme détaillé ici.

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25 mars 2011 5 25 /03 /mars /2011 07:00

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David EDDINGS
La Belgariade
Chant 1
Le pion blanc des présages
traduit de l’anglais
par Dominique Haas
Pocket, 1990
 


 

 

 







La Belgariade est une série en cinq chants (cinq tomes). Elle est éditée pour la première fois aux éditions Del Rey Books de 1982 à 1984 aux États-Unis. Ils ne seront traduits en France qu’en 1990 aux éditions Pocket.

 

Prologue

Un jour sept dieux, sept frères, créèrent la terre. Chaque dieu vivait en harmonie avec son peuple. Bélar était le dieu des Aloriens, Chaldan le dieu des Arendais, Issa celui des Nyissiens, Mara celui des Marags, Nedra celui des Tolnedrains et Torak celui des Angaraks.

Seul Aldur n’était le dieu d’aucun peuple . il prit cependant plusieurs personnes sous son aile comme disciples, à qui il apprit la maîtrise du vouloir et du verbe. Le premier fut Belgarath qui devint alors un sorcier sur qui le temps n’avait pas de prise. Un jour, Aldur prit une pierre ronde dans sa main et la dota d’un pouvoir qui lui était propre ; elle fut nommée par ses disciples « l’orbe d’Aldur ». Dès qu’il apprit son existence, Torak ne connut plus le repos et la déroba à son frère. Les autres dieux levèrent une armée et essayèrent de convaincre leur frère de rendre l’orbe à Aldur, mais Torak ne voulut rien entendre et l’utilisa pour séparer le royaume angarak des royaumes de ses frères ; une grande fissure déchira la terre, dans laquelle s’engouffra la mer.

Mais l’orbe se rebella contre son possesseur et brûla Torak sur tout le côté gauche. Il prit la fuite et enferma l’orbe dans une tour. Le roi des Aloriens, Cherek Garrot-d’Ours, accompagné de ses trois fils, Dras Cou-d’Aurochs, Algar Pied-Léger et Riva Poing-de-Fer, alla voir Belgarath et lui proposa un plan pour reprendre l’orbe volé. Après un long chemin, ils parvinrent à la tour dans laquelle était enfermé l’orbe. Cependant, seule une personne au cœur pur pouvait désormais en prendre possession ; ce fut le jeune Riva qui s’approcha et le prit dans ses mains. Une fois revenu en Alorie et après avoir échappé à Torak et son armée grâce à l’orbe, Cherek et ses trois fils, décidèrent de le protéger. L’Alorie fut séparée en quatre royaumes : Cherek, Algarie, Drasnie et Riva afin d’empêcher les troupes angarak de revenir dans les royaumes du Ponant. Quant aux Dieux, ils décidèrent de quitter la terre sans quoi elle risquait d’être détruite au prochain affrontement contre leur frère.
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Les personnages

Garion : C’est un jeune garçon élevé par sa tante depuis la mort de ses parents lorsqu’il n’était encore qu’un bébé. Il vit à la ferme de Faldor en Sendarie au côté de sa tante Pol. Très curieux et observateur, il comprend vite ce qui se passe lorsqu’il quitte la ferme, même s’il ne connaît pas les détails.

Tante Pol : Cuisinière à la ferme de Faldor, elle est la tante de Garion, du moins officiellement. En réalité elle est la fille de Belgarath, et bien qu’elle ne soit pas la tante de Garion à proprement parler elle est tout de même de sa famille : une arrière, arrière… arrière-grand-tante.

Sire Loup : Nommé ainsi par Garion, il est conteur et va de ville en ville échanger ses histoires contre un repas chaud et un endroit où dormir. Mais il est surtout le grand Belgarath le sorcier, vieux de plus de 4000 ans. Si Polgara est la tante de Garion, il est quant à lui son grand-père (à quelques générations près).

Durnik : Sendarien et forgeron à la ferme de Faldor, il connaît Garion depuis qu’il est tout petit. Secrètement amoureux de « dame Pol », il décide de les accompagner dans leur voyage afin de les protéger du danger, elle, Garion et Sire Loup.

Silk : Drasnien, il rejoint Polgara et Belgarath dans leur quête. Petit à tête de fouine, il est espion pour le compte de son pays ; il est également connu sous le nom de Kheldar, prince de son état.

Barak : Originaire de Cherek, il rejoint, tout comme Silk, l’équipée pour leur quête. Comme toutes les personnes de son peuple, il aime se battre, surtout contre les Angaraks. Il est le cousin du roi de Cherek et porte le titre de comte de Trellheim.



Résumé

Garion et sa tante vivent des jours simples et heureux à la ferme de Faldor. Sire Loup, le conteur, leur rend parfois visite. Cependant, l’année de ses quatorze ans, Sire Loup revient, mais plus lugubre que de coutume, et demande à parler rapidement à tante Pol. Au milieu de la nuit, Sire Loup, tante Pol, Garion et Durnik s’en vont afin d’échapper à un espion des Murgos. Ils retrouvent, plusieurs heures plus tard et plusieurs lieues plus loin, Silk et Barak sous le couvert des bois. Sous le déguisement de charretiers, ils vont à Darine, puis à Muros et à Camaar afin de rechercher les traces d’un objet volé, tout en essayant de semer leurs ennemis. Mais alors que leur quête nécessite de la discrétion, le roi de Sendarie, Fulrach, fait mander Sire Loup au palais. Ce dernier, furieux, s’y rend donc. C’est alors que Garion apprend la véritable identité de sa tante et de Sire Loup, ce qui pour lui est un grand choc, d’autant plus qu’il ne croit pas possible que Belgarath et Polgara puissent réellement exister puisqu’ils sont vieux de plusieurs milliers d’années. De Sendar, la capital où se trouve le palais du roi, ils prennent un bateau pour Cherek afin d’assister au conseil des rois d’Alorie.

À Cherek, Garion mettra fin à un complot visant à détrôner le roi, c’est à cette occasion qu’il apprendra le vrai motif de leur départ précipité de la ferme de Faldor.
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Mon avis

J’aime beaucoup la Belgariade, c’est une histoire complexe avec beaucoup d’éléments à retenir, mais les cinq tomes se lisent très bien (et très vite).

Ce que j’aime le plus, c’est le caractère de chaque personnage ; je n’arrive pas à ne pas en aimer un. Mon préféré est Silk, personnage retors qui aime bien jouer des tours à ses amis comme à ses ennemis ;  il est pour beaucoup dans l’humour de cette série.

Les livres sont très bien écrits avec beaucoup d’humour. De plus, j’apprécie les cartes dessinées au début de chaque tome et de chaque partie, carte du royaume en général puis celle de chaque pays traversé, ce qui permet de suivre les personnages et de mieux se représenter leur trajet.

Laureline, 2e année Éd.-Lib.

 

 

 

David EDDINGS sur LITTEXPRESS

 

eddings la redemption d'althalus

 

 

 

Article de Laureline sur La Rédemption d'Althalus de David et Leigh Eddings

 

 

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