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24 mars 2011 4 24 /03 /mars /2011 07:00

Juliette-Benzoni-Le-Temps-des-poisons.gif




Juliette BENZONI
Le Temps des poisons
Tome 1 : On a tué la reine !
Tome 2 : La Chambre du roi
Perrin, 2008
Pocket, 2010

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Juliette-Benzoni.jpgL'auteure

Juliette Benzoni est née en 1920 dans un lieu béni pour les passionnés d'histoire, à St Germain des Prés. Elle grandit avec les livres d'Alexandre Dumas et dans la maison où vécurent Ampère et Mérimée, en face de celle où s'éteignit Oscar Wilde. Elle commença à publier en 1964 avec son premier succès, la série des Catherine qui va être traduite en plus de vingt langues et adaptée au cinéma. Aujourd'hui, elle a à son actif une soixantaine de romans.

Elle écrit donc des romans historiques qui peuvent se passer au Moyen-Âge comme en 1930. Ses personnages principaux sont tous des jeunes femmes de caractère, de petite ou de grande noblesse. On commence la lecture lorsque l'héroïne a environ seize ans, et on la voit évoluer au fil de l'histoire, lorsqu'elle est est confrontée aux règles, aux intrigues de la Cour. L'héroïne a du caractère, elle est ingénieuse, courageuse. Juliette Benzoni déclare dans une interview : « Je choisis mes héroïnes dans une époque donnée, mais je les fais réagir comme des femmes modernes pour que mes lectrices puissent se retrouver en elles ». Et les lectrices ne démentent pas ses propos, car aujourd'hui Juliette Benzoni est l'écrivain français le plus traduit au monde, et elle a su séduire cinquante millions de lecteurs.


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Le Temps des poisons

Dans ce roman en deux tomes, nous suivons les aventures de Charlotte de Fontenac. Avec cette jeune femme, nous nous faufilons dans les dédales des palais royaux pour découvrir les mystères qu'ils recèlent, et nous découvrons les trois plus grandes et influentes femmes du règne de Louis XIV :  la reine Marie-Thérèse, Madame de Montespan et Madame de Maintenon. Juliette Benzoni nous fait également découvrir un personnage moins connu, Monsieur de la Reynie, avec qui le lecteur peut suivre l'affaire des poisons.

Le roman commence lorsque Charlotte, 15 ans, s'enfuit du couvent et se met sous la protection de sa tante. Elle va alors faire ses premiers pas à la cour du roi Louis XIV malgré sa jeunesse et son inexpérience. Mais elle se retrouve en danger lorsqu'elle est témoin d'une messe noire, alors que l'affaire des poisons fait rage. Charlotte va donc devoir trouver Juliette-Benzoni-Le-Temps-des-poisons-2.gifsa place à la cour du roi de France où elle est aimée de la reine Marie-Thérèse, mais manipulée par Madame de Montespan et détestée par Madame de Maintenon.

Dans ce roman, le lecteur retrouve le plaisir de se plonger dans l'époque fastueuse et démesurée du Roi Soleil. L'auteure mêle les faits historiques avec le roman de cape et d'épée, et ajoute une pointe d'humour à ses personnages. L'histoire est divertissante, et, presque sans nous en rendre compte, nous révisons notre histoire en revivant d'une autre manière les événements historiques et en découvrant quels pouvaient être les caractères des grands de l'Histoire. Ce roman n'est donc pas écrit d'une façon quelconque. Juliette Benzoni s'est beaucoup documentée, et elle a travaillé sur les personnages, même secondaires. Elle a ainsi réussi à trouver le nom du principal favori du frère du roi Louis XIV et à en dessiner les traits.

Les inconditionnels de Juliette Benzoni, les amateurs de romans de cape et d'épée et de romans historiques seront comblés.


Pour plus d'informations sur l'auteure:  http://juliette.benzoni.free.fr/
(Site pour le moment en reconstruction.)


A.G, 1ère année Éd-Lib.

 


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23 mars 2011 3 23 /03 /mars /2011 07:00

Bernard-Quiriny-Contes-carnivores.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Bernard QUIRINY
Contes Carnivores
Éditions du Seuil, 2008

Points, 2010

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Le poison l'avait atrocement rongée de l'intérieur,

mais au moins sa peau avait-elle gardé sa pâleur et

sa pureté, comme celle d'une poupée de porcelaine. »
« Souvenirs d’un tueur à gages »

 

 

Bernard Quiriny est un jeune auteur né en 1978 en Belgique. Titulaire d’un doctorat en droit, il écrit dans plusieurs magazines, Cronic’Art, Le Magazine littéraire, Trois couleurs… L’Angoisse de la première phrase, son premier recueil de nouvelles, est publié en 2005. Contes carnivores, le deuxième, paraît en 2008 aux éditions du Seuil. Certains voient en lui un héritier d’Edgar Allan Poe à cause de l’humour noir qui imprègne ses récits.

Philosophe de formation, Quiriny traite tout au long du recueil des grands thèmes de la philosophie occidentale – la naissance, l’amour, la mort – mais il le fait sur le mode burlesque, se réappropriant les classiques de la littérature anglo-saxonne pour mieux renverser leur morale. Il se livre alors à une dissection en règle de deux thèmes en tension dans nos sociétés submergées par l’industrie pornographique : le fantasme et la transgression.

Ce recueil, composé de quatorze nouvelles le plus souvent enchâssées, est marqué par l’introduction du fantastique et de l’irrationnel dans le quotidien. Les protagonistes vont faire l’expérience d’événements surnaturels, insolites, voire absurdes et certaines nouvelles sont empreintes d’un humour noir cinglant.

 

Contes carnivores s’articule d’abord autour du fantasme que Quiriny met en scène sous différentes formes. Dans « Sanguine », la première nouvelle du recueil, le récit est marqué par une forte dimension érotique. Un homme rencontre une femme ; elle a une peau d’orange et lui demande de la peler. À la fois attiré et repoussé par sa demande, il s’exécute et l’épluche. Le lendemain, après leur accouplement, il la découvre pourrie, couverte de moisissures. Moribonde, elle lui demande de la boire. Il prend alors une paille, la plante dans son crâne et boit le jus dont elle est emplie. Le fantasme se manifeste ici par l’envie de l’homme de posséder la femme, au point de la vider de sa substance. Le fantasme est par nature irréalisable et soumis à des limites. Elles sont ici transgressées et cette transgression entraîne la mort de la femme-orange.

 

Cet aspect fantasmatique renvoie donc à une dimension morbide de la domination masculine que l’on peut retrouver dans la nouvelle « Qui habet aures », dans laquelle Renouvier, le protagoniste, est le moteur du suicide du personnage féminin. En effet, c’est le  récit d’un homme qui possède un don. Il a la capacité d’entendre tout ce que disent les autres sur son compte. Il s’en amuse mais il intercepte une conversation d’une femme qui déclare à une amie être amoureuse de lui. Complètement éperdu, il commence à fantasmer cette femme qu’il ne connaît pas et va essayer de la trouver ; sans résultat. Six mois après, elle se suicide d’un coup de revolver : « Par une ironie sinistre, le bruit l’avait rendu sourd ; sa belle avait repris son don à Renouvier avant de disparaître dans la nuit, et lui n’entendrait plus jamais rien ». Dans ces deux nouvelles, on remarque que le désir des hommes entraîne inconsciemment  la mort des femmes. Dans « Sanguine », le protagoniste prend conscience de son acte :

« J’avais cru jouer un jeu en la dépouillant de sa basane, persuadé qu’une nouvelle écorce lui repousserait bientôt ; en réalité, je l’avais tuée. J’étais donc son meurtrier – son meurtrier malgré moi, mais son meurtrier tout de même ».

Dans « Qui habet aures », le protagoniste va être responsable de la mort du personnage féminin, mais de façon inconsciente car il se laisse désirer, et se satisfait de cette relation à distance dans laquelle il est aimé.

Le fantasme se manifeste aussi dans « Mélanges amoureux » où les miroirs expriment le désir d’une autre vérité et réalité. De même, dans un des récits de « Souvenirs d’un tueur à gages », Quiriny explore un autre type de fantasme, celui de l’artiste. Un homme va transgresser ses propres limites jusqu’à se faire assassiner pour se fondre avec son art.

 

L’autre thème du recueil est la question de la transgression morale provoquée par la fascination. Le protagoniste de « Sanguine » est littéralement envoûté par cette créature étrange, repoussante mais aussi excitante. L’horrible devient alors désir quand la curiosité dépasse l’aversion et alimente une jouissance sensuelle. Quiriny utilise des éléments macabres et répugnants. Se manifeste un  désir pour l’étrange et le bizarre, particulièrement visible lorsque la femme-orange demande au protagoniste de la boire. Le doute s’empare de lui mais il finit par se laisser envoûter. Il cherchera par la suite à retrouver ce goût divin, un mélange entre l’orange et le sang. Dans la nouvelle «Marées noires» le protagoniste rencontre Pierre Gould, personnage récurrent qui va l’inciter à rejoindre sa société secrète dans laquelle les marées noires sont considérées comme des œuvres d’art. Le narrateur, au début sceptique, va ensuite être fasciné par ces catastrophes selon un schéma d’attraction et de répulsion.

« À mon grand émoi, je m’aperçus d’ailleurs que je me prenais au jeu : après chaque image j’en attendais une autre espérant qu’elle serait plus atroce, après chaque gros plan j’en voulais une encore plus rapprochée, à chaque flaque de pétrole je souhaitais que la suivante soit plus large, grasse et répugnante ».

Cette attitude qui suscite le dégoût séduit lorsque l’on fait abstraction de toute considération morale. On trouvait déjà une fascination semblable dans Un roi sans divertissement de Jean Giono, lorsque le protagoniste est ébloui par la beauté du sang de l’oie sur la neige. On retrouve cela chez Suzanne, une infirmière qui, dans la nouvelle « l’oiseau rare », boit la substance d’un œuf pondu par une jeune fille.

Qu’est-ce qui prévaut ? Son plaisir gourmand ou la vie en gestation dans cet œuf ? La fascination naît dans ces nouvelles d’une dialectique fondamentale : le côté repoussant mais aussi attirant de la marée noire, de la  femme-orange ou de l’œuf pondu par une femme. Bernard Quiriny semble exprimer à travers ses récits la recherche par l’humain d’une transcendance  qui lui permettrait d’échapper à l’ennui, ennui qui le renvoie à sa propre mort. Cette idée est particulièrement présente dans un des « Souvenirs du tueur à gages ». Un homme en proie à l’ennui demande à ce tueur de l’assassiner. La perspective de sa mort imminente illumine le restant de ses jours d’une intensité insoupçonnée. 

L’absurde, enfin, est un élément très présent qui se manifeste sous différentes formes. Quiriny joue sur le comique créé par les comportements et les expériences des protagonistes dans la plupart des nouvelles du recueil. Ainsi le botaniste, dans « Conte carnivore », qui tombe amoureux d’une plante – carnivore –, se fait mutiler par cette dernière avec laquelle il vivait un amour passionnel. Le caractère dramatique du récit est contrebalancé par le côté burlesque de la situation où le végétal, décrit comme une femme fatale parfum chlorophylle,  prend possession de l’homme. De même, l’évêque, dans la nouvelle « L’épiscopat d’Argentine », est décrit comme un homme torturé par sa capacité de transmigration, aux prises avec les contraintes logistiques de sa condition :

« – Songez aux difficultés que présente le moindre déplacement dans l’état qui est le mien [il navigue entre deux corps] ! Il me faut emmener mon corps dans mes bagages, sans quoi je risque de revenir là où je me suis laissé. Vous imaginez-vous découvrir chez vous le corps inerte de l’invité qui, la veille au soir, parlait et riait en votre compagnie, puis apprendre après avoir fait renvoyer le cadavre par avion qu’il se porte finalement à merveille et a repris ses affaires à l’évêché ? ». 

De plus, l’auteur crée un effet comique dans ses récits en détournant les codes de la littérature. Dans « Mélanges amoureux », le miroir ne reflète plus l’âme des personnes dans un écho au  Portrait de Dorian Gray mais renvoie le visage des quatre amantes du protagoniste. Juge de son infidélité, le miroir renvoie au personnage la part sociale de son Moi qui finit par corrompre son libre arbitre et le force à rentrer dans la norme. Dans « Sanguine » aussi, il joue sur les codes de la littérature macabre en utilisant notamment le motif du crâne. Ainsi l’insolite et l’absurde sont au cœur du recueil et s’incarnent aussi dans Pierre Gould, personnage décalé et récurrent qui endosse tour à tour des rôles aussi différents que variés tels que ceux de linguiste, d’esthète, d’écrivain… Par exemple, dans « Extraordinaire Pierre Gould », il écrit Histoire d’un dormeur, lipogramme exclusivement composé de la lettre Z – en référence à l’onomatopée du sommeil. Dans un autre récit, il choisit de ne plus dormir pour ne pas refaire un rêve terriblement ennuyeux. Le personnage par son côté décalé échappe à tout comportement logique, ce qui crée un effet burlesque. Pierre Gould est aussi celui qui collectionne les œuvres d’écrivains inconnus et excentriques tel Adolphe Morceau qui écrit ses romans sur des supports en rapport avec l’histoire racontée comme Mort d’un Piéton  écrit sur une chaussure en cuir. Personnage résolument hors normes, en qui on pourrait voir un avatar de l’auteur mais il constitue plutôt une clé pour la lecture des Contes carnivores : la volonté de ne pas se cantonner à un champ (l’humour noir) ou une intention (la critique sociale) ou même un exercice de style dans la tradition des contes philosophiques voltairiens, mais plutôt de donner à lire un livre dense et drôle qu’on ne peut résumer dans toute sa diversité.

 

M.D., A.S. Bib-Med.

 

 

 


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Published by Marie - dans Nouvelle
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22 mars 2011 2 22 /03 /mars /2011 13:00

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Martha GRAHAM
Mémoire de la danse
Titre original : Blood Memory
traduit de l’américain
par Christine Le Boeuf
Éditions Actes Sud
Collection Babel
1991 chez Doubleday, éditeur original
1992 pour la traduction française

 

 





 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Photographie de couverture : Martha Graham par Soichi Sunumi.

 

 
La danse contemporaine est un art quelque peu méconnu. Parfois qualifiée de « bizarre », elle peut soulever certaines réticences. Elle est pourtant digne du plus grand intérêt. J’ai choisi ce livre,afin de mieux faire connaître cet art, aujourd’hui majeur.

Martha Graham est une chorégraphe de danse contemporaine. Elle a contibué à libérer la danse de son corset classique. Loin des tutus, elle est pionnière du mouvement de la Modern dance.

Mémoire de la danse est un roman autobiographique. Martha y dévoile un parcours de vie à travers ses œuvres, ses choix et partis pris.

 

Son environnement familial

Martha est née le 11 mai 1894 dans l’environnement industriel de la Pennsylvanie. Elle évoque dans son livre des bribes et de nombreuses images de son enfance.

En premier lieu, la figure paternelle du docteur George Greenfield Graham, prépondérante dans son existence. Cet homme soignait les maladies nerveuses. Son métier s’apparenterait aujourd’hui à celui de psychanalyste. Le langage chorégraphique de Martha a de fait subi l’influence de la psychanalyse. Par ailleurs, il lui transmit son amour de l’Orient et la connaissance de la mythologie grecque. Il avait été élevé dans la religion catholique et il en fut de même pour Martha. Petite, elle se rendait à l’école du dimanche, où elle enseigna plus tard la religion, le chant et le piano. Elle ne s’affirme néanmoins pas croyante.

Sa mère, quant à elle, était une femme jeune et belle. Elle était sans expérience et ne savait pas tenir un foyer. Martha était l’aînée de ses deux sœurs, Mary et  Georgia. Elle a également eu un frère, William Henry Graham, mort très jeune d’une méningite.

L’enfance de la chorégraphe a également été habitée par la présence de Lizzie. Il s’agit d’une jeune femme un jour amenée à l’hôpital, atteinte de profondes morsures. Soignée par le père Graham, elle fut épargnée par la mort. Éternellement reconnaissante envers lui, elle lui promit de s’occuper fidèlement de ses enfants, ce qu’elle fit. Lizzie fut alors la « nounou » de la petite Martha et de ses sœurs. Martha grandit ainsi dans cet univers puritain, entre religion et bonnes mœurs, soumise également à l’éducation de sa grand-mère, qui avait pour ambition de faire de sa petite-fille une femme bien élevée et accomplie.

À l’âge de 14 ans, la famille Graham déménagea à Santa Barbara. Loin de Pittsburg, cette nouvelle ville offrit une vie plus exotique à l’adolescente. Durant cette période ensoleillée, elle noua des liens avec la famille Dreyfus, vivant à Santa Barbara, éloignée de France pour des raisons connues de tous.

La mort de son père fut une tragédie dans l’adolescence de la jeune fille. L’homme laissa derrière lui une maisonnée de filles où l’argent venait à manquer. Au sein de sa famille mais également plus tard dans sa compagnie, Martha fut soumise à une certaine précarité. Elle avait une seule robe correcte à se mettre et ses danseurs travaillaient le jour pour danser le soir. De plus, ils s’affairaient à coudre les costumes eux-mêmes.

C’est dans ce cadre familial, que Martha fit ses premiers pas. Sans être un public averti, ses parents ne l’ont pourtant jamais freinée dans sa vocation de danseuse puis de chorégraphe.

 

Parcours
 
Martha Graham n’a jamais dansé quand elle découvre Ruth Saint Denis en 1911. Elle rencontre cet artiste lors d’une de ses représentations, où elle danse ses solos réputés, les Cobras, Radka, la Bayadère et Egypta. Six ans plus tard, Martha intègre son école de danse, appelée Denishawn. Cette appellation est née de la contraction des noms de Ruth Saint Denis et de son époux, Ted Shawn. Martha est confiée au mari. Elle acquiert une formation très éclectique, sans aucun doute novatrice pour l'époque. Ted Shawn enseignait un art très exotique, inspiré de l’étude des cultes maya, aztèques et toltèques. La danse était avant tout expérimentale et non pas considérée en tant que chorégraphie, c’est-à-dire mouvement fini et figé.

C’est également dans cette école que Martha fit la connaissance de Louis Horst, avec qui elle  commença à enseigner au Neighborhood Playhouse, lorsqu’elle quitta Denishawn. Louis Horst était un musicien et compositeur talentueux, qui eut une grande influence sur le travail de Martha.

Plus tard, elle dansa également aux Freenwich Village Follies. En 1926, elle fonda sa propre compagnie, The Martha Graham Dance Company. Elle accèda au statut de chorégraphe et fut décorée de la médail of freedom par le président Ford. Durant toute sa carrière, elle refusa de danser dans l’Allemagne nazie et se trouvait sur la liste des gens à tuer si l’Allemagne venait à conquérir son pays.

 

 Le mouvement Graham

La chorégraphe s’inscrit dans une époque où la danse ne se veut plus jolie mais réelle. Il est question de se débarrasser des éléments décoratifs et fantaisistes pour ne laisser place qu’à l’essentiel. Martha fait part de sa réflexion sur le mouvement dans son livre. Elle y évoque ses amitiés, collaborations artistiques et philosophiques, et ses habitudes dans son studio de danse. C’est ainsi qu’elle décrit sa rencontre avec les œuvres de Kandinsky :Kandinsky Improvisations 26 avirons

« Pendant notre tournée aux États-Unis, l’une des étapes fut Chicago. Je me souviens d’être allée une après-midi à l’Art Institute. J’entr ai dans une salle où se trouvaient exposés les premiers tableaux modernes que j’eusse jamais vus – des Chagall, des Matisse – et je sentis en moi un écho à ces tableaux. De l’autre côté de la salle, j’aperçus une très belle toile, ce que l’on appelait alors de l’art abstrait, une idée étonnamment nouvelle. Je manquai de m’évanouir, car je découvrais que je n’étais pas folle, que d’autres voyaient le monde, voyaient l’art de la même façon que moi. C’était une toile de Wassily Kandinsky, parcourue d’un bord à l’autre par une traînée rouge. "Je ferai ça un jour, me dis-je. Je ferai une danse comme ça." »

 


Kandinsky, Improvisations 26

 

 

Les œuvres de Kandinsky sont en étroite correspondance avec sa pièce Diversion of Angel créée en 1948.

 Au-delà d’un point de vue philosophique, la danse est, de surcroît, la satisfaction de la maîtrise parfaite d’une technique, l’émerveillement ressenti grâce au travail, sublimé par l’écho de l’inspiration. Aussi, comment peut-on définir l’inspiration ? Merce Cunningham, danseur de la Martha Graham Dance Company disait que la danse est un mouvement net, précis, éloquent, témoin de l’assurance de la vie. Martha avait une amie aveugle et sourde qui était dotée d’une incroyable sensibilité. Elle lui fit découvrir la danse d’un tout autre point de vue :

« Je demandai à Merce Cunningham, qui faisait alors partie de ma compagnie, de se mettre à la barre et je plaçai les mains de Helen autour de sa taille. Merce sauta en l’air en première position avec les mains de Helen sur lui. Les mains de Helen montaient et retombaient en même temps  que Merce. Elle s’exclama en levant les deux bras au ciel : "C’est comme la pensée, c’est tout à fait comme la pensée !" ».

Sa réflexion sur le mouvement est également animée par ses rencontres. Les collaborations sont sources de richesse ; son travail avec Isamu lui a offert une nouvelle conception de l’espace, l’intimité du lien d’un artiste à un autre. La danse se conçoit dans un espace qu’il est nécessaire d’habiter. Par ailleurs, son rapport à la musique est des plus intéressants. Elle est un décor pour la danse. La musique ne doit en aucun cas dominer le mouvement de la danse, il n’est là que pour le sublimer. Martha a commandé un bon nombre de morceaux à Louis Horst. Il y surgissait une certaine préférence pour le piano, les percussions et les vents. En effet, le corps n’éprouve pas la même sensation au timbre d’un bois ou d’un instrument à cordes.

Il est nécessaire de danser tant que le propos de la chorégraphe connaît une résonance. Martha demande une réaction à son travail, quelle qu’elle soit, positive ou négative. Elle a su développer une technique propre:

 « Ma technique repose sur la respiration. J’ai fondé tout ce que j’ai fait sur la pulsation de la vie qui est, à mes yeux, celle de la respiration. Chaque fois qu’on inspire la vie ou qu’on expire, c’est un release ou une contraction. C’est aussi essentiel que ça pour le corps. Ce sont deux mouvements avec lesquels on naît et qu’on conserve jusqu’à la mort. Mais il faut apprendre à s’en servir consciemment de manière à enrichir la danse. Il faut animer cette énergie en soi-même. L’énergie est ce qui supporte l’univers et tout ce qu’il contient. J’ai reconnu très tôt dans ma vie l’existence de cette sorte d’énergie, l’étincelle créatrice, ou quel que soit le nom qu’on lui donne. Ce peut être Bouddha, ce peut être tout ou n’importe quoi. Cela commence avec la respiration. Je suis sûre que la lévitation est possible. Je ne parle pas d’un point de vue mystique, mais d’un point de vue pratique. Je suis sûre que je pourrai marcher dans les airs, sauf que mon cœur n’est pas entraîné à supporter la tension d’un tel vol, d’un tel mouvement, surgi du cœur et reposant sur lui. »

Les termes release et contraction sont propres à la technique Graham. Martha touche ici à une dimension fondamentale de la danse, il s’agit de la conscience de son corps. C’est ainsi qu’elle a appris le balancement du poids, aspect clé de la technique, jusqu’à obtenir une qualité animale du mouvement.

Son travail est de plus, un acte d’engagement. Elle décrit dans son ballet El Penintente en 1940, une réalité commune au sexe féminin : toute femme possède en elle la vierge, la catin tentatrice et la mère. Martha n’est pas féministe, bien qu’elle ait été présentée ainsi ; elle n’était pas une militante de ce mouvement.

 

Conclusion

Ce livre permet à un lecteur averti ou simplement curieux de pénétrer dans l’environnement familial d’une chorégraphe et de découvrir son parcours pour mieux assimiler le mouvement dans lequel s’inscrit Martha Graham. Une chorégraphe, qui par sa réflexion sur le mouvement a choqué : là où le public s’attendait à voir des pointes, ses danseurs avançaient sur scène pieds nus. Terminons cette découverte en goûtant  quelques images du ballet Hérétic créé en 1930.

 
Une autre biographie de Martha est disponible chez Bramddon house par Agnes de Mille The Life and Work of Martha Graham.

 

Roxane Boehm, 1ère année Bib.-Méd.

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21 mars 2011 1 21 /03 /mars /2011 19:00

julien-campredon-brulons_tous_ces_punks_pour_l_amour_des_el.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Julien CAMPREDON
Brûlons tous ces punks

pour l’amour des elfes
Collages de Philippe Lemaire
 Éditions Monsieur Toussaint Louverture, 2008

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Ce livre est une réédition corrigée, amendée, augmentée, bafouée, et enfin illustrée d’un recueil paru à la fin 2006 et rapidement épuisé. »


Avant de vous parler du contenu du livre, je voudrais vous présenter brièvement  la maison d’édition Monsieur Toussaint Louverture et Julien Campredon.

J’ai découvert cette maison d’édition grâce à un article que nous devions réaliser en groupe pour l’Escale du livre 2010 ; nous sommes tombées sous son charme en découvrant les différentes rubriques que nous offrait à lire le site, toutes plus humoristiques les unes que les autres.

Cette maison d’édition associative a été créée en 2004 à Toulouse et Dominique Bordes est LE nom à retenir (il a fait une partie de ses études à l’IUT !). Son idée de départ était de réaliser un magasine humoristique et original mais, faute de soutien, il a néanmoins créé « une revue littéraire mystérieuse et rafraîchissante, publiée sur papier et sur le web, puis […] une véritable petite maison d'édition indépendante » .

« Cette maison d’édition se consacre à la découverte de nouveaux auteurs qu’elle publie sous forme de livres très soignés. Suivi méticuleux et relation de confiance, les auteurs y trouvent leurs comptes. »

Et voilà ce qu’en dit Julien Campredon :

« […] je voudrais livrer au lecteur une véritable confidence. Plein de sa superbe, mon éditeur prétend en début de livre qu’il sait pour ceci et cela, qu’il connaît ma vie et ses moindres recoins … C’est pure vérité, hélas. […] Lorsque j’ai eu terminé mon recueil, j’en ai parlé à un ami dont le beau-frère avait fait du volley avec Dominique Bordes à Marmande en 1989 et ces deux-là avaient gardé quelques liens. C’est par ce biais qu’un beau jour cet éditeur a sonné à ma porte.
Il avait un sac à dos, deux énormes valises et il m’a annoncé qu’il allait m’éditer ; à cette fin, il venait s’installer chez moi. […] Depuis que mon éditeur vit chez moi, il fouille dans mon linge sale, il essaye de rentrer dans ma vie de couple et il a fait de mon intérieur le siège social de sa maison d’édition ! […] Ceci va tellement loin que j’ai été obligé de cacher mes enfants, de peur qu’il ne les adopte.
Maintenant que ce livre est publié, tout ceci n’a plus aucun sens, et c’est pourquoi, j’appelle toute personne ayant un travail de qualité à l’inviter chez elle, afin qu’il la publie. ».

Monsieur Toussaint Louverture cherche avant tout à publier des écrits de qualité et d’auteurs peu ou pas connus, à découvrir ou redécouvrir. Les livres qu’il publie sont toujours très soignés, très beaux et font rêver.

Sinon, en ce qui concerne le choix du nom, certains s’étonneront  :

« Drôle de nom ?  C'est voulu. Choisi après mûre réflexion, cet hommage à l'esclave affranchi qui fut à l'origine de l'indépendance d'Haïti correspond aux critères que s'était fixés Dominique : un nom à la fois propre et commun, fort, poétique, qui inspire une image sans en avoir vraiment une. » .

Lorsque je lui ai posé la question lors du salon Lire en poche à Gradignan, il a d’abord rigolé et puis m’a répondu : « J’aurais espéré que vous ne me posiez pas la question ! ». Mais il m’a dit que ce nom avait un sens particulier pour lui mais qu’il ne savait pas trop comment me l’expliquer.

julien_campredon_et_son_livre.jpgPassons maintenant à Julien Campredon, auteur du recueil de nouvelles Brûlons tous ces punks pour l’amour des elfes.

Julien Campredon est né le 15 juin 1978 à Montpellier ou, comme il l’écrit,  « Nascut lo 15 de junh de 1978, dins l’apartament de mos parents. » . Il a passé une grande partie de sa jeunesse à Toulouse et travaillerait actuellement « au service culturel de la mairie de Nailloux ». C’est en 1996 qu’il écrit sa première nouvelle et qu’il s’intéresse à ce genre littéraire.

« D'autres écrits suivront, qu'il publie à partir de 1999 sur Internet, dans la revue de création littéraire "Ragtime". Puis en 2002, Julien Campredon s'intéresse, tout en continuant à écrire, à la culture occitane et à la langue. ».

Cette culture, il va la faire apparaître dans ses écrits par les lieux, les noms des personnages, la langue, les expressions.

On le découvre un peu dans ce qu’il écrit parce qu’il laisse une partie de lui dans ses nouvelles. Sur le site des éditions voici ce que l’éditeur en dit :

« Julien Campredon écrit, fait du rhum arrangé […] qu’il boit avec ses amis (ce n'est pas à la vente). Il va publier sa célèbre nouvelle “Heureux comme un Samoyède” dans la revue Brèves n°72, sinon comme tout le monde il aime le sexe. ».

Il a reçu pour son œuvre le prix Flo Gourmets de Lettres.

Bon. Maintenant, vous voyez un peu comment sont les personnages. Il ne me reste plus qu’à parler de l’œuvre.

Brûlons tous ces punks pour l’amour des elfes est un recueil de treize nouvelles et le titre est d’ailleurs celui de l’une d’entre elles. Ce livre se lit du début jusqu’à la fin et c’est tout un univers dans lequel on entre et qui nous fait réfléchir.

Tout commence par la note de l’éditeur (qu’on peut lire ou pas) qui nous raconte un peu la vie de l’auteur et surtout les raisons pour lesquelles l’éditeur a choisi de publier ces nouvelles. Pour cela, il emploie un style humoristique, qui se veut familier dans la distance mais reste soutenu dans le langage, et publie la lettre que Julien lui a envoyée ; c’est comme ça qu’on découvre un peu le style de l’auteur et son univers. Dès ce début, un climat s’installe entre le lecteur et l’éditeur ainsi que l’auteur et peut-être même avec le livre !

Un collage de Philippe Lemaire sépare les nouvelles, ainsi qu’une petite citation de la nouvelle qui suit. Voici les treize titres :
– « Heureux comme un samoyède »
– « Les secrets de ma cuisine »
– « Tornar a l’ostal ou Les mémoires d’un revenant »
– « Brûlons tous ces punks pour l’amour des elfes »
– « Jean-François Cérious ne répond plus »
– « L’angoisse de la feuille de vigne »
– « La branleuse espagnole »
– « Avant Cuba ! »
– « De l’homme idéal de ma femme, d’elle et de ma maîtresse »
– « Six mois avec l’énigmatique étrangère triste »
– « Le lièvre, l’olivier et le représentant en ronds-points »
– « Où l’on voit naître le chevalier Malastre »

Chacune des nouvelles est unique et écrite dans un langage différent. En quelques mots je vais essayer de résumer une à une les nouvelles et je m’attarderai un peu plus sur certaines.

« Heureux comme un samoyède » raconte l’histoire d’un homme qui lit et vit sous les jupes des filles. Le langage est cru et parfois vulgaire (« Ce qu’il y avait sous les jupes des filles, je l’imaginais à peu près : non pas un bouquet de violettes, mais une vulve velue que l’on caressait comme une chatte. […] elle avait refoulé sa beauté au plus profond d’elle-même, et pour la capter, il me faudrait coller l’œil au judas de sa chatte, sorte de paupière fermée avec beaucoup plus de poils autour. »).

Ce qui contraste beaucoup avec la deuxième nouvelle, « Les secrets de ma cuisine » qui emploie un langage beaucoup plus soutenu, et nous parle de l’histoire d’un combat à mort entre un directeur d’art ermite et un jeune chêne, racontée par un « doctorant en biologie végétale à l’INRA » qui fait sa thèse sur le vieillissement des arbres.

La troisième nouvelle est une de mes préférées parce qu’elle est écrite en deux langues : l’occitan et le français. Le récit traite d’un jeune homme, Daniel Ardaillès, à moitié fada à cause de ses origines qui le hantent, et de comment en retournant à celles-ci il va devenir paysan dans le fin fond de sa campagne, ne parlera plus que patois et ne lira plus que la Bible et l’Encyclopédie de Diderot. Dans cette nouvelle,  l’auteur dévoile au lecteur son attachement et son amour pour l’Occitanie et c’est à partir de cette nouvelle que quelques mots d’occitan se glisseront par-ci par-là dans le reste de son œuvre. À sa description de Toulouse, j’ai reconnu les rues et les monuments dont il parlait et j’imaginais presque avoir rencontré le personnage du fou errant dans la ville ! Et ce que je trouve encore génial dans cette nouvelle c’est que les mots écrits en occitan dans le texte français sont traduits en français dans le texte en occitan et inversement. J’ai eu l’impression que le texte lui-même était « vivant ». Pourtant le langage est neutre mais le narrateur arrive à créer une ambiance avec le lecteur qui l’amène à se souvenir de ses origines.

La quatrième nouvelle, éponyme, parle d’un musée attaqué par des punks et défendu par des gardiens qui utilisent des armes. Je trouve que c’est la nouvelle qui est le plus ancrée dans notre réalité : un jeune qui fait un stage dans un service de direction de la Culture parce « faire ça, elfe, ça me plaisait ».

(« les gens qui vivent dans ces services sont ce que j’appelle des elfes : race supérieur ou élite sirupeuse qui boit du champagne et de la musique de chambre. »)

 et qui se retrouve à surveiller un musée de nuit.

« Bon, t’as un gilet pare-balles qui t’attend sur le guichet, et puis j’ai posé du matériel aussi, tu prends ce que tu veux, mais ne te charge pas trop, on t’a affecté à la mitrailleuse lourde en contrebas du hall, à la meurtrière. »

On nous explique que la direction tolère ce genre de bain de sang tant que les gardiens ne se font pas prendre. « Tu vois con, avec la direction c’est toujours pareil : pas vu pas pris con. Par contre, dès qu’il y a une merde, c’est tout pour ta pomme. »

Quand il commence à travailler, il a plein de rêves, d’espoirs, d’illusions. Puis en travaillant il se rend compte que toutes ses idées sont en fait fausses, que son rêve d’entrer parmi les elfes ne se réalisera peut-être jamais. Il se retrouve entre deux univers et doit protéger l’un face à l’autre : les elfes des punks, les élites du peuple, ceux qui disent savoir et avoir une culture contre ceux qui seraient ignorants et des soulards sans aucun mérite. Aujourd’hui la culture est-elle aussi à défendre ? Mais de quoi ou de qui ? Et dans quel but les punks agissent-ils comme ça ? Quel est ce musée qu’on ne voit que de nuit ? Est-ce que les punks ne chercheraient pas à s’approprier une culture qui leur est interdite ou qui les met à l’écart ?

La cinquième nouvelle, « Jean-François Cérious  ne répond plus » nous décrit la vie d’un homme qui fait plus attention à son image qu’à ce qu’il dit. Cela parle politique et on ressent beaucoup d’ironie dans la manière de parler et de décrire l’auteur. L’histoire de Jean-François (en référence au Jean de Jaurès et au François de Mitterrand) est tristement banale et son seul titre de gloire « c’est de se révéler tribun tellement détestable qu’il sait tuer d’ennui un mauvais auditoire ». Son rêve est de finir comme le buste de Jaurès mais à la place de celui-ci et d’être admiré par Imme.

« L’angoisse de la feuille de vigne » raconte des vendanges vues par des artistes, qui assistent littéralement à un spectacle de vendanges. L’angoisse de la feuille blanche se rapproche étrangement du titre …

« La branleuse espagnole » : « IL Y A DEUX ANS, j’avais le travail et la bécane. Aujourd’hui, regarde bien, sans ma gonzesse et sa moto, j’aurais l’air d’un con. C’est le monde à l’envers, putain ! ». Récit d’un homme qui se perd dans ses fantasmes (du moins c’est ce à quoi cette nouvelle m’a fait penser).

« Avant Cuba ! » Si cette nouvelle ne parle pas d’un sujet d’actualité c’est que je n’y ai rien compris ! 274-B attend son tour pour un rendez-vous à l’ANPE. Et face à l’agent qui le reçoit (après des heures d’attente), 274-B va s’endormir (en plus de lui raconter sa vie, que ce soir il s’en va en vacances à Cuba, l’agent perd son dossier … et il lui faudra plus de trois heures pour le refaire !). Dans son rêve, il y a un affrontement entre un vieux retraité qui embarque sa jolie secrétaire à forte poitrine et les jeunes qui cherchent du travail et qui tentent de délivrer la jeune employée.

«  […] il ne laissera rien. "Vous entendez ? Rien ! Je ne veux pas vieillir et je vous baiserai tous, oui, un par un ! Je vais commencer par la fille aux nichons et après ce sera toi, et puis toi. Oui, vous tous qui en avez après mon travail. Mon travail ! Fumiers, va !" […] Un tonnerre d’applaudissements jaillit des hauteurs, tandis qu’en bas la jeune assemblée tente de délivrer la belle de son ravissement et menace le nouveau retraité de ne pas lui payer sa rente. Il s’en fout, il a capitalisé, il vous emmerde et il a trois appartements en location : "Coupez ma retraite et j’augmente vos loyers." […] les anciens soixante-huitards hurlent à la dictature du jeunisme. ».

Petit à petit ces deux clans s’affrontent, chacun accusant l’autre de lui causer des problèmes, et en viennent aux mains. Ce n’est qu’après la fin de la bataille qu’on se rend compte que tout n’est fondé que sur l’incompréhension et le manque de volonté de chercher à comprendre ceux qui prendront la relève comme ceux qui les ont précédés.

Cette nouvelle illustre parfaitement le style de Campredon : un moment vécu qu’il remodèle à sa manière, qu’il se réapproprie. C’est juste le temps de quelques pages mais il nous fait réfléchir.

Je m’arrête ici dans la description des nouvelles parce que le mieux est de les lire. Il est difficile de faire plus court qu’un auteur qui écrit déjà dans un genre court.

Julien Campredon  a un style particulier et change constamment de langage, même si le discours familier ponctué d’expressions du sud (« putain con ! ») revient le plus souvent.

Il part d’instants vécus et par son écriture nous donne sa vision du monde. Sans partir dans de longs discours, il nous livre simplement sa pensée qui entraîne à la fois la forme courte et un certain décalage d’où naît un univers baroque (plein d’idées qui partent dans tous les sens et forment une réalité onirique) et souvent drôle.

Bien que la culture occitane soit omniprésente il ne veut pas en faire une littérature de terroir mais une littérature du sud parce que c’est quelque chose qui lui tient énormément à cœur con !

On se régale à lire cette œuvre qui nous entraîne dans les campagnes et les villes d’Occitanie, et même si la dernière nouvelle m’a un peu déçue, je recommande le livre, l’auteur, et toutes les publications de Monsieur Toussaint Louverture à tous ceux qui aiment l’originalité, les voyages dans le Sud et l’humour !


Lara S., 2e année BIB-MED.

 

 

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21 mars 2011 1 21 /03 /mars /2011 07:00

Développer un concept original de promotion de la culture

dans un environnement sportif

 

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Médiathèque + Athlètes = MÉDIATHLÈTES

Rassurez-vous, rien à voir avec les mathématiques !

Fondée par des personnels de bibliothèque, cette association, dont le collectif a été créé en 2007, a vu le jour en tant que telle en septembre 2010. L’alliance du sport, de la culture et de la citoyenneté en sont les maîtres mots. Courses à pied, vétathlons et triathlons, courses à vélo sont autant d’activités auxquelles nous participons, individuellement ou en équipe, avec comme emblème le Léopard…

carte-adhesion-face-gris2.jpg

Parmi nos objectifs :

— participer à des épreuves sportives dans le respect de l’autre, la solidarité et le goût à l’effort,

— montrer, par celles-ci, que le personnel d’une médiathèque peut également s’investir dans des compétitions sportives,

— proposer une autre image du métier de bibliothécaire par le biais de nos actions,

— soutenir des associations caritatives par notre participation sportive,

et bien d’autres encore…

 

La plupart de nos sorties sportives sont suivies par une photographe attitrée, elle aussi personnel d’une médiathèque : JocePics.
Joce-Pics-2011.jpg
 

Je ne vous en dis pas plus, et vous laisse le plaisir de découvrir via  notre site, nos nombreuses rubriques (calendrier des épreuves, participations, comptes-rendus, encyclopedia mediathlica, gazzetta, etc.)

 

Clémence M., 1ère année BIB-MED

 

 

 


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20 mars 2011 7 20 /03 /mars /2011 07:00

Taniguchi-Jiro-un-zoo-en-hiver-zoo-en-hiver-.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

TANIGUCHI Jirō
Un zoo en hiver
Traduction de
Corinne Quentin
Casterman
Coll. Écritures, 2009

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

taniguchi_jiro_autoprotrait.jpgJirô Taniguchi, de l’influence du gekiga à celle de la bande dessinée européenne

Fils d’un père coiffeur et d’une mère femme de ménage, Jirō Taniguchi est né le 14 août 1947 à Tottori, au Japon. A cause de la fragilité de sa santé, le jeune Taniguchi passe beaucoup de temps à lire, des mangas notamment. Il commence par de nombreux shōnen avant de s’intéresser au seinen et au gekiga à partir de la fin des années 60, sous l'influence d’auteurs comme Yoshihiro Tatsumi et du magazine Garo. Dessinant depuis son plus jeune âge, c‘est à 19 ans qu'il réalise sa première histoire, Samouraï. Mais il faut réellement attendre 1969 pour qu’il décide de devenir mangaka.

 

Il monte alors à Tokyo où il devient l'assistant de Kyūta Ishikawa. Il publie sa première bande dessinée en 1970, Karetaheya, avant de devenir l’assistant de Kazuo Kamimura. C'est durant cette période qu'il découvre la bande dessinée européenne, peu présente au Japon, et devient un fan inconditionnel de Moebius. Le style européen influencera fortement son trait qui acquerra avec le temps de nombreuses caractéristiques de la bande dessinée franco-belge : netteté et diversité du dessin, notion de ligne claire, etc. Dans les années 1980, Jirō Taniguchi prend son indépendance et s’installe avec les scénaristes Natsuo Sekikawa (également journaliste) et Caribu Marley, avec qui il publiera des mangas tantôt d’aventures, tantôt policiers, mais surtout un manga historique, Au temps de Botchan (1987), sur la littérature et la politique dans le Japon de l'ère Meiji. Il décide alors de limiter ses parutions éditoriales, malgré sa charge conséquente de travail.

A partir des années 1990, Taniguchi concentre son œuvre sur les choses simples de la vie quotidienne, sur les relations entre êtres humains, mais aussi entre les hommes et les animaux (L'Homme qui marche, en 1995 et Terre de rêves, en 2005). Suivront Le Journal de mon père (1999), Quartier lointain (2002), L'Orme du Caucase (2004) ou Un Zoo en hiver (2009), édités en France dans la collection Écritures de l'éditeur Casterman.Toujours dans son thème de la relation entre l'homme et la nature, il s'attache particulièrement à l'alpinisme, avec Le Sommet des dieux (2004 à 2005), Le Sauveteur (2007) et avec la nouvelle « La Terre de la promesse » (dans le recueil Terre de rêves, en 2005).

En 1997, il dessine Icare, d'après un scénario de Moebius. C’est en 2003 qu’il reçoit le prix du meilleur scénario au festival d'Angoulême pour Quartier Lointain.



Synopsis de l’œuvre

Hamaguchi est un jeune dessinateur frustré de ne pouvoir se consacrer à une passion reléguée au rang de simple loisir. Lui qui s’imaginait dessiner des modèles pour une entreprise de textile à Kyoto se retrouve à la réception des produits commandés aux ateliers de tissage et à la livraison auprès des détaillants. Alors, dès qu’il en a l’occasion, le jeune Hamaguchi se rend au zoo avec son carnet de croquis et se plaît à dessiner les animaux alentour. Lorsqu’il se retrouve à s’occuper de la fille de son patron, déshonorée pour avoir trompé son mari, il sent le vent tourner et décide de partir pour Tokyo pour travailler comme assistant d’un grand dessinateur de manga. Vient alors les temps de l’incertitude, des rêves, mêlés à la passion et à l’insouciance. Hamaguchi poursuit son chemin dans l’immense ville japonaise, son crayon à la main, tentant par tous les moyens de suivre la voie qu’il s’est choisie.

Taniguchi-Jiro-Un-zoo-en-hiver-image.jpg

 

Un Zoo en hiver, entre autobiographie et fiction

L’ouvrage commence par une promenade du héros, Hamaguchi, dans un zoo de Kyoto. On découvre alors un jeune homme au caractère doux, empreint d’une légère mélancolie. Muni de son carnet de croquis, il erre dans ce lieu qu’il affectionne particulièrement. Dès lors, il se rend compte que sa place dans une entreprise de textile n’est pas à la hauteur de ses attentes. Il saisit alors l’occasion de quitter son travail pour aller dessiner à Tokyo comme assistant d’un mangaka. Cette histoire, c’est également celle de l’auteur, Jirō Taniguchi, parti explorer à ses débuts de dessinateur la mégalopole japonaise, en quête d’une occasion qu’il savait proche. On ne peut s’empêcher d’ailleurs de remarquer l’étrange ressemblance entre les noms du personnage et de l’auteur, respectivement Hamaguchi et Taniguchi.

Clin d’œil de l’artiste ? Pas simplement. L’auteur se plaît à réinventer ses échecs, ses doutes, au travers de son timide héros. Les difficultés éprouvées par Hamaguchi au cours de son apprentissage ne sont pas simplement fictives mais résultent des embûches que l’auteur a pu surmonter au cours de sa longue carrière. Le sentiment de jalousie pour le collègue prêt à être publié, la gêne de montrer le travail fini, la peur de ne pas avoir fait comme il faut donnent au lecteur une nouvelle vision de la vie de mangaka, de ce qu’a pu vivre l’auteur. Bien que personnage et auteur soient différents, on ne peut s’empêcher de penser qu’il y a du Taniguchi derrière chaque émotion de Hamaguchi. Et que penser des croquis d’animaux que l’auteur comme le personnage affectionnent tant ? Les traits de l’auteur et du personnage se mêlent au papier, nous plongeant dans une mise en abyme où on ne sait plus qui, du mangaka ou du héros, a pris le crayon le premier.

L’auteur ne déroge pas à ses habitudes en mettant une nouvelle fois en avant ses thèmes favoris. Les animaux sont très présents, que ce soit au zoo ou dans les planches du manga du héros. L’influence de romans animaliers, comme ceux d'Ernest Thompson Seton (dont il s’est inspiré pour Blanca et à qui il rendra hommage dans Seton), reste très présente, tout comme l’attachement aux valeurs simples de la famille, des amis et du travail. Taniguchi s’attache aux choses simples de la vie, et son ouvrage est à l’image du déroulement de l’existence. Il n’y a pas de construction spécifique, chaque élément venant s’imbriquer à la suite du précédent comme un jour après un autre. Le héros se laisse alors emporter, tentant de changer le cours des choses avec les moyens dont il dispose, chaque choix faisant pencher la balance d’un côté ou de l’autre. Faut-il voir « une sorte de destinée derrière les choix que nous faisons dans la vie ? » À cela, Taniguchi répond, dans une interview accordée à Jean-Philippe Toussaint pour le site www.sakka.info  :

« On se pose souvent la question : si j’avais fait ceci plutôt que cela, que se serait-il passé ?  […] Je n’ai jamais pensé que ma vie était le résultat d’une destinée, mais je crois que ce qui se passe dans le monde en général n’est pas dû au hasard. »

Les thèmes de Taniguchi permettent de mettre en avant la simplicité de l’existence. Au travers de dessins accessibles à tous, même aux non-initiés, l’auteur touche le lecteur. Les relations qui existent entre les personnages sont celles d’êtres humains, aucun trait n’est exacerbé. La culture japonaise reste très présente, mais l’influence occidentale reste, notamment dans les dessins épurés et la ligne claire issue de la bande dessinée européenne. Et lorsque Philippe Toussaint interroge le mangaka sur ce qu’il y a de « spécifiquement asiatique » dans ses mangas, il déclare :

« Je pense que les hommes et les animaux sont essentiellement des êtres tranquilles pour lesquels une certaine réserve, une certaine discrétion, sont des moyens de survivre. Dans la vie quotidienne, on ne voit pas souvent des gens hurler ou pleurer en se roulant par terre. Si mes mangas ont quelque chose d’asiatique, c’est peut-être parce que je m’attache à rendre au plus près la réalité quotidienne des sentiments des personnages. Si on y pénètre en profondeur, une histoire peut apparaître même dans les plus petits et les plus banals événements du quotidien. C’est à partir de ces moments infimes que je crée mes mangas. »

Taniguchi se plaît à décrire simplement des événements qui auraient pu arriver à n’importe qui, puisant un peu dans son expérience pour donner de l’humanité à l’œuvre, nous offrir quelques instants de sa vie et de celle du héros.

Taniguchi-Jiro-Un-zoo-en-hiver-pl.jpg

Avis du lecteur

Un Zoo en hiver est une vraie bouffée d’air frais dans le monde du manga, tout comme toutes les œuvres de Taniguchi. A une heure où shōnen et shōjo envahissent les tables des libraires pour présenter toujours plus de coups d’estoc, de poitrines disproportionnées et de ninjas bourrés de magie, l’ouvrage de Taniguchi devient une petite perle dans un monde de brutes. Simple, pure et éclatante. Loin de tous les clichés des mangas habituels, Un Zoo en hiver reste une œuvre entière où héros et auteur se mêlent pour offrir au lecteur un instant de sérénité. Taniguchi nous présente une tranche de vie comme lui seul sait le faire, et c’est un réel plaisir de se plonger dans cette histoire qui, bien que banale, n’en reste pas moins tout simplement humaine. Les dessins permettent une immersion directe dans l’ouvrage, tout comme les dialogue sans fioritures. Ici, pas d’onomatopées outrancières ni de débordements hachés, juste des cases qui se succèdent les unes aux autres dans un ordre clair et précis. Car Taniguchi possède ce don précieux d’insuffler un peu de vie dans ses dessins, dans ses histoires qui brillent sous nos yeux comme brillent ceux des visiteurs dans un zoo en hiver.

 

 

Pierre-Yann, 2e année Éd.-Lib.

 

 

 

 

TANIGUCHI Jirō sur LITTEXPRESS

 

 

Taniguchi Jiro Un ciel radieux

 

 

 Article de Mathilde sur Un ciel radieux

 

 

 

 


 

 

 

Taniguchi Le Journal de mon pere couv

 

 

 

 

 Article d'Elsa sur Le Journal de mon père

 

 

 

 


 

taniguchi L HOMME QUI MARCHE

 

 

 

 

  Article de Delphine sur L'Homme qui marche.

 

 

 

 

 

Taniguchi le gourmet solitaire

 

 

 

 Article d'Anaïs, Morgane et Samantha sur Le Gourmet solitaire

(in La cuisine japonaise dans la littérature et les mangas).

 

 

 

 

 

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  les articles de Nathalie et de  Marion sur l'Orme du Caucase     

 

 

de Fanny et de BenoÎt sur Japon (Collectif).


Une librairie de référence pour la littérature japonaise : SHOTEN.

 

 


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19 mars 2011 6 19 /03 /mars /2011 07:00

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YUKIMURA Makoto
Planètes
traduit du japonais
par Xavière Daumarie
Panini comics
4 tomes parus
entre 2003 et 2005
(pour la version française)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Planètes est un manga de science-fiction loin des stéréotypes de guerre des étoiles et d’extraordinaires poursuites en vaisseaux spatiaux. C’est plus une sorte de « bilan prévisionnel » ou de mise en garde sur ce que sera notre monde, notre planète et l’espace qui l’entoure au vu de la pollution qu’engendrent actuellement les hommes.

À partir du quotidien d’une équipe de récupérateurs de débris spatiaux (l’équipage du Toy Box) l’auteur arrive à nous plonger dans un récit d’anticipation très réaliste. Ces éboueurs de l’espace ont pour mission de ramasser les déchets que les humains laissent dans l’espace : vieux satellites hors d’usage, débris de vaisseaux, déchets laissés pas les hommes vivant dans l’espaces, mines… C’est le métier le plus bas de la hiérarchie ; pourtant les éboueurs de l’espace sont indispensables. Les vestiges de vaisseaux laissés à l’abandon prennent de la vitesse et provoquent de graves accidents lorsqu’ils entrent en collision avec d’autres vaisseaux ; ces accidents engendrent encore plus de débris et par conséquent plus de risques… C’est un cercle vicieux.

Yukimura-Makoto-Panetes-vaisseau.jpg

La conquête de l’espace est vue à l’échelle humaine, les vastes questions politiques d’appropriation de territoires et de richesse restent secondaires. Les problèmes politiques ne sont abordés qu’au travers des répercussions qu’ils ont sur la vie quotidienne des citoyens.
Yukimura-Makoto-couleur.jpg
Plusieurs histoires individuelles s’entrecroisent pour dépeindre le quotidien des astronautes, leurs désillusions, le manque d’intimité dans les petites navettes (par opposition à l’immensité de l’espace), leurs rapports avec la terre (et leurs familles qui y vivent) et avec l’espace (où se déroulent leurs rêves). Ces récits, qui ne semblent être que ceux de destins individuels, reflètent au final les tracas de la majeure partie de la population de cette époque futuriste.

Bien que les personnages aient en commun un lien particulier avec l’espace ils ne partagent pas tous les mêmes ambitions ni le même caractère, Chacun a un passé propre qui l’a amené à travailler dans l’espace. Il y a peu d’action, mais le contraste des différentes personnalités permet une dynamique qui donne vie au récit et captive le lecteur.

Le réalisme est renforcé par les nombreux faits cités qui renvoient à des recherches et des constats réellement faits par des chercheurs et astronautes. Le futur, un peu pessimiste, que nous montre l’auteur est toutefois parfaitement plausible selon les études actuelles.

Yukimura Makoto planeteplanche


Les dessins sont très précis, les petits détails contrastent avec l’immensité des décors. Les hommes apparaissent ainsi d’autant plus petits et isolés. Yukimura Makoto arrive à multiplier les détails tout en préservant la lisibilité de l’image.

Noémie P., 2e année Bib.-Méd.

 

 

 

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18 mars 2011 5 18 /03 /mars /2011 07:00

Franck-Tilliez-L-anneau-de-moebius.jpeg












Franck THILLIEZ
L’anneau de Moebius
éditions Le Passage, 2009












 

 

 

franck_thilliez.jpgQuelques mots sur l’auteur

Franck Thilliez est né en 1973 à Annecy. En plus d’être écrivain, il est aussi ingénieur en nouvelles technologies et vit actuellement dans le Pas-de-Calais. Son premier roman, Train d’enfer pour Ange rouge, a été nommé au Prix SNCF du polar français 2004. Il est également l’auteur de La Chambre des morts, qui a reçu le prix des lecteurs du Quai du Polar en 2006 et le prix SNCF du polar français en 2007, de Deuils de miel, La Forêt des ombres, La Mémoire fantôme, L'Anneau de Moebius et Fractures. Le succès rencontré depuis La Chambre des morts lui a permis de cesser son travail d'informaticien à Sollac Dunkerque pour se consacrer exclusivement à son travail d'écriture. Son dernier roman, "Le syndrôme [E]" est sorti en octobre 2010. La Chambre des morts est adapté au cinéma en 2007 par Alfred Lot. La Forêt des ombres est en cours d’adaptation cinématographique par Julien Leclercq.


Pour plus d’informations voici son site officiel :  http://www.franckthilliez.com/53501.html



Résumé de l’œuvre

C’est la première enquête pour Victor Marchal et il commence avec une affaire bien glauque : une ex-star du porno a été retrouvée assassinée dans une mise en scène macabre après avoir été torturée pendant des heures. C’est le début d’une longue descente aux enfers dans le monde des déviants sexuels et des monstres que la nature a créés.

De l’autre côté nous avons Stéphane Kimset ; son métier : faire les moulages des créatures hantant nos pires cauchemars pour les films d’horreurs. Son problème : depuis tout petit il a des visions sur son avenir. En tentant de les faire échouer il finit immanquablement par entraîner la mort de la personne vue dans ses visions.

L’un cherche le meurtrier qui tue ces femmes ayant des penchants sexuels « bizarres », l’autre tente d’empêcher la mort d’une petite fille, une mort dont il est accusé. La trajectoire de ces deux hommes va se rejoindre.



Analyse

Dans cette œuvre, le temps tient une place considérable : l’affaire se déroule du jeudi 3 mai 2007 au mardi 15 mai 2007. A chaque début de chapitre, on trouve un cercle qui nous situe chaque vision de Stéphane dans le temps. En effet, chaque vision renvoie à un moment qui doit précisément se passer 6 jours et 20 heures après le moment de la vision. Le temps a une place prépondérante car les deux protagonistes, Stéphane en particulier, cherchent à changer le cours des choses. Rien qu’avec le titre, on peut voir que le temps tient une place centrale dans l’œuvre car un anneau de Moebius (voir l’anneau sur la couverture du livre) représente la course du destin ; une fois qu’on est pris dans cet anneau, même si on a des visions pour nous prévenir de ce qui va se passer, fatalement cette vision se réalisera. Les deux protagonistes de ce récit sont un peu comme les personnages du film « Destination finale » : en voulant échapper à sa mort, on finit fatalement par se faire rattraper par cette dernière.

Lorsque le lecteur arrive à la fin du fin de récit, il peut être un peu désarçonné car Franck Thilliez mélange réalité et songes pour montrer la course éperdue que mènent Victor et Stéphane contre le temps. On se retrouve à faire des retours en arrière car les personnages changent le cours des choses. On se croirait dans un monde fantastique.

Concernant les personnages, on reconnaît bien le goût de Franck Thilliez pour les personnages torturés à souhait, ayant un passé lourd à porter ou une maladie empoisonnant leur vie.  Comme dans toutes ses œuvres, il soulève un tabou de la société, ici le regard porté par la société sur les personnes victimes de malformations physiques (comme John Merrick cruellement surnommé « elephant man » à cause de sa difformité), la cruauté dont peuvent faire preuve les gens face à cette différence. Mais aussi l’intérêt morbide qu’ont certaines personnes pour ces malformations.



Mon avis

J’ai lu la plupart des œuvres de Franck Thilliez et je suis loin d’être déçue par L’anneau de Moebius. Comme dans chacune de ses œuvres, il met en évidence la noirceur des hommes sans aucune concession. A travers ses livres, le monstre ne semble pas toujours être le tueur mais la société qui met de côté les personnes qui sont un tant soit peu différentes de la majorité de la population. Dans ce livre, on pourrait presque éprouver de la compassion pour le meurtrier qui à travers ses crimes cherche à se venger du regard porté sur lui quand il était enfant. Le véritable monstre n’est pas celui qui a une difformité physique mais la personne qui en profite, l’utilise pour de l’argent.

Ce roman fait réfléchir sur le regard que la société porte sur la différence mais aussi sur le destin que l’on peut défier à ses risques et périls.

Marina B., 2e année Bib.-Méd.-Pat.








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17 mars 2011 4 17 /03 /mars /2011 07:00

Barjavel-Les-Chemins-de-Katmandou.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

René BARJAVEL
Les Chemins de Katmandou
Presses de la Cité, 1969

Pocket, 2002

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Ceux qui se rendront à Katmandou ne reconnaîtront pas ce qui est écrit dans ce livre.
Ceux qui suivront les chemins qui y mènent ne reconnaîtront pas les chemins de ce livre.
Chacun suit son chemin, qui n'est pareil à aucun autre, et personne n'aboutit au même lieu, dans la vie ni dans la mort.
Ce livre ne cherche pas à donner une idée de la réalité, mais à s'approcher de la vérité.
Celle de Jane, et celle d'Olivier, dont il raconte l'histoire. »


Jane, jeune Londonienne paumée, déjà brisée par la vie, condamnée à errer jusqu'à sa rencontre avec Sven, Norvégien hippie, chantant l'amour, les fleurs et les oiseaux, intimement convaincu qu'il faut « enseigner le soleil » à cette femme. Jane et Sven se mettent en route pour Katmandou, paradis terrestre des hippies. Drogues, musique et ébats amoureux accompagnent leur long voyage.

Olivier, Parisien idéaliste, croit fermement aux manifestations ouvrières et estudiantines de mai 68 et en un renouveau de la société. En proie aux désillusions d'une révolution qui s'essouffle, il se lance alors à la recherche de son père, immigré au Katmandou, par simple intérêt financier ; réclamer sa pension alimentaire impayée depuis des années.

C'est aux pieds de l'Himalaya que les destins de Jane et Olivier se lieront le temps d'une nuit, une nuit d'amour.

Au petit matin, leurs routes se séparent. Olivier découvre son père et perd ses convictions premières. Jane, sans sa lumière, se réfugie plus encore dans la drogue et goûte à l'héroïne.

Quand leurs chemins se croisent à nouveau, Jane est à peine vivante, rongée par la drogue, Olivier n'aura qu'une seule volonté : la sauver...

Ce roman n'est pas à l'origine du film d'André Cayatte, porté sur les écrans de cinéma en 1969, il est lui même une adaptation du film, d'ailleurs co-écrit par René Barjavel (dont la biographie est lisible ici : http://www.pocket.fr/site/rene_barjavel_&181&5524.html)



Barjavel, un observateur de son époque.


Retour vers le passé.


Paris, mai 68.

C'est une France en ébullition que nous présente Barjavel. Flashbacks sur les événements qui ont ébranlé l'hexagone ; les manifestations de mai 68, où ouvriers et étudiants ne font qu'un pour s'élever contre l'autorité et s'indigner de la société existante. Révolution par ailleurs prédite dans un des précédents romans de l'auteur à savoir, La Nuit des temps :

 

« On espérait, on espérait beaucoup. La jeunesse bougeait un peu partout (…) Les étudiants, les jeunes ouvriers, les jeunes paysans, et les bandes de plus en plus nombreuses de jeunes qui n'étaient rien et ne voulaient rien être se réunissaient, se mélangeaient, envahissaient les rues des capitales, coupaient la circulation, chargeaient la police en criant. »

Parmi les étudiants agitateurs, Olivier, la vingtaine, écoeuré par une société qui a troqué ses valeurs premières de liberté, égalité et fraternité pour celles de « l'oppression, l'exploitation et le mépris », dégoûté par la bourgeoisie, responsable du mal social français, croit en la construction d'une société nouvelle sans inégalités ni injustices. Pour cela, rien de plus simple ; il faut tout détruire, tout détruire pour mieux rebâtir, « raser le vieux monde, et en reconstruire un neuf, dans une justice et une fraternité totales, sans classes, sans frontières, sans haine ». Cette volonté de tout refaire se noie cependant dans les discours, s'enlise dans une totale inertie. Reproche formulé par Patrick, ami d'Olivier, fort de l'expérience de ses parents congressistes à l'UNESCO qui se cantonnent à la rédaction de pompeux discours pour combattre la faim dans le monde. Patrick s'insurge donc :

« on fait des discours partout. Vous parlez, vous parlez, et les crevards crèvent. Ils n'ont pas même la consolation d'entendre qu'on se fait du souci pour eux et qu'on va un jour ou l'autre réinventer les bases de la société ».

Ou c'est encore la jeune bourgeoise Mathilde, partisane d'un communisme pur et dur, qui par son franc-parler ouvre les yeux d'Olivier.

« Oui, trop de mots, oui, trop de prétention intellectuelle. Oui, trop de petits bourgeois cons qui se payaient une petite récréation révolutionnaire sans danger. Taper sur les flics, casser les carreaux, flamber les bagnoles, hurler les slogans, c'était plus excitant qu'une surprise-partie. Si ça devenait tout à coup dangereux, on rentrerait vite chez papa-maman. Chaque fois qu'ils pouvaient attraper un micro, ils faisaient des laïus contre la société de consommation, mais ils avaient toujours bien consommé, depuis leur premier biberon. »

Un parallèle est possible avec Tourgueniev, qui, dans son Pères et Fils dépeint un conflit générationnel. Une jeunesse russe qui s'insurge, s'irrite du monde dans lequel elle vit, et qui plutôt que d'agir, se borne à tout critiquer et à tout nier. Le jeune Bazarov l'affirme lui-même :

«  – Que faites-vous alors?

    – Je vais vous le dire. Naguère, il n'y a pas si longtemps, nous parlions, nous disions que nos fonctionnaires se faisaient graisser la patte, que notre pays n'avait ni routes, ni commerce, ni tribunaux équitables... (...)

    – Je vois, je vois, l'interrompit Paul Pétrovitch : étant bien convaincus de tout cela, vous avez décidé de ne rien entreprendre de sérieux.

    – De ne rien entreprendre, en effet. »

Deux générations qui peinent à se comprendre et à cohabiter. Conflit de génération brillamment incarné chez Barjavel par la rebelle Mathilde qui crache au visage de son père milliardaire un « Je te hais, je te ferai fusiller ! ».

Notons que le chapitre 8 consacré au « lundi rouge », le fameux 6 mai 1968, se distingue des autres chapitres du roman par son soudain changement de focalisation. Après un récit à la troisième personne, un « je »  prend brusquement la parole. Un « je », observateur, d'un autre monde que celui de ces étudiants debout sur les barricades, un« je » qui voit « son » monde s'écrouler.

Les jours passent, le mouvement s'étiole, les espérances d'Olivier s'écroulent.

« Il savait que c'était fini. Il avait compris que le monde ouvrier, sans lequel aucune construction n'est possible, était un monde étranger qui ne les accepterait jamais. ».

Olivier se résout à enfouir ses idées révolutionnaires et puisqu'il ne peut imposer sa vérité, qu'il refuse de devenir une victime de cette société mensongère et qu'il n'a d'autre choix que de cohabiter avec elle, très bien, il cohabitera, à la condition d'être du côté des « salauds », des dominants, et pour ce faire, il lui faut de l'argent, beaucoup d'argent.

« Je veux plus être le crétin et le cocu au milieux d'eux. »



Les années Flower Power.

Les années 60 voient se propager aux États-Unis d'abord un courant de contre culture – la jeunesse américaine rejette l' « american way of life » et le conformisme de sa société – avant de s'étendre à l'Europe occidentale. Durant ces années, des milliers de jeunes hippies sillonnent la Méditerranée et l'Asie. Des villes comme Katmandou deviennent des lieux emblématiques, opposés aux valeurs traditionnelles d'une culture bourgeoise occidentale. La route des Indes répond à une soif d'aventures, de quête spirituelle, de drogues, d'une vie pleine de liberté sexuelle, de musique et de fleurs.

Le départ pour Katmandou fait suite pour nos deux héros à une situation de choc ; Jane, violée, Olivier, désillusionné. Deux individus profondément blessés dans leur âme.

 

 

 

Être en chemin pour Katmandou, c'est se mettre en quête

...de soi, d'une identité.

Pour Olivier notamment. Il veut retrouver son père émigré à Katmandou, où il enseigne la chasse aux tigres aux plus riches de la planète, et lui extirper de l'argent ; sa pension alimentaire impayée depuis des années. Olivier est mû par une seule volonté : être du côté des dominants, atteindre les hauteurs de la société et ce par n'importe quel moyen, en faisant fi de toute morale.

Ainsi, en Inde, alors qu'il se trouve confronté à la misère et au dénuement le plus total, il ravale sa compassion et affirme son intransigeance : « Il ne voulait rien donner. Il avait décidé d'être désormais du côté de ceux qui prennent ». Il se refuse à tendre la main à son prochain, à venir à l'aide des déshérités, à épauler son ami Patrick dans cette lourde tâche. Olivier fait preuve d'une froideur écoeurante. Le narrateur se prive toutefois de tout commentaire pour laisser résonner les paroles dures et cinglantes du protagoniste. Procédé des plus efficaces, le lecteur est pris de nausées. Ce thème, l'indifférence à la souffrance de l'autre, est récurrent dans le roman.

La quête d'Olivier reste vaine ; l'homme qu'il découvre n'est pas celui qu'il pensait être ; Jacques ne vit que de son amour pour son travail et pour Yvonne, la femme de son associé Ted, crapule sans vergogne qui l'exploite.

« Il était venu de l'autre bout du monde avec un couteau, pour tailler une livre de chair dans le ventre d'un milliardaire immonde, et il avait trouvé un enfant inconscient et joyeux, aussi pauvre que lui. Les quelques billets que Jacques lui avait donnés, qu'il avait d'abord refusés, puis acceptés pour ne pas l'humilier, serrés dans son sac, le soulevaient comme une montgolfière parce qu'ils étaient le don de l'affection d'un père et de l'amitié d'un homme. Les millions qu'il était venu exiger d'un étranger, dont il était le fils, s'il les avait obtenus, il les aurait emportés sur lui comme un rocher. »

Et c'est sa rencontre avec Jane, au milieu du roman, qui va donner à Olivier un nouveau sens à sa vie. Car il comprend que c'est dans l'amour qu'il doit puiser pour enfin acquérir cette stabilité intérieure tant souhaitée.



...d'une liberté absolue.


Pour Sven et Jane.

«  la société qui oblige et qui interdit est mauvaise. Elle rend l'homme malheureux, car l'homme est fait pour être libre, comme un oiseau dans la forêt. Rien n'appartient à personne, tout est à chacun. L'argent qui permet d'accumuler des biens personnels est mauvais. Il faut quitter cette société, vivre en marge d'elle, ou ailleurs. La combattre est mauvais. La violence est mauvaise car elle crée des vainqueurs et des vaincus, elle remplace d'anciennes contraintes par des obligations nouvelles. Toutes les relations entre humains qui ne sont pas celles de l'amour sont mauvaises. Il faut quitter la société, s'en aller. »


Katmandou, c'est la Terre promise. Jane s'y sent

« heureuse, légère, portée, comme un navire qui a enfin quitté le port crasseux et flotte doucement sur un océan de fleurs, choisit ses escales, s'y pose s'il lui plaît, embarque ce qu'il veut et reprend le vent de la liberté ».

Là-bas, on mène une vie douce et sereine : vie en communauté, retour à la nature, liberté de moeurs ; relations amoureuses libres et multiplicité des partenaires sans oublier la liberté de fumer. Le haschich s'achète en toute légalité sur les marchés à côté du persil et à bas prix. Jane fume de la marihuana pour se trouver plongée dans un brouillard dans lequel elle se détache du poids du monde. La drogue apparaît bienfaisante, apaisante et libératrice. Une fois encore, le narrateur se contente de décrire sans émettre le moindre jugement. Seul Olivier blâme Jane pour ses choix allant jusqu'à la gifler lorsqu'elle s'offre à lui.

Cette liberté et cette fraternité ne sont que mirages, les hippies s'enfoncent dans la drogue et n'y trouvent que la mort.



...d'une vie spirituelle.

Katmandou, c'est la capitale du royaume du Népal, le pays des Dieux, enclavé entre l'Inde et le Tibet, le centre de tous les courants mystiques, « la ville la plus sainte du monde, où toutes les religions de l'Asie se côtoyaient et se confondaient », « l'endroit du monde où le visage de Dieu est le plus près de la Terre... ». Là où les temples voués aux nombreuses divinités hindoues abondent.

Pour ouvrir sa perception au monde, toucher à la spiritualité, les hippies s'aident de drogues, marihuana ou encore « brown sugar » (héroïne). Un usage des drogues préconisé par Aldous Huxley dans son ouvrage intitulé Les Portes de la Perception ( titre original : The Doors of Perception). Il y affirme en effet que la drogue permet d'atteindre une nouvelle perception du monde, un sentiment de plénitude et une communion avec le cosmos.


Katmandou déçoit les attentes, ne fournit pas les réponses cherchées.

« Dieu était partout, et les "voyageurs" venus le chercher de si loin ne le trouvaient nulle part, parce qu'ils oubliaient de le chercher en eux-mêmes ».

C'est aussi le point de non retour où beaucoup ne trouveront que la mort.

Le bonheur des hippies, intimement lié à la prise de drogues, n'est qu'un bonheur illusoire.



...de l'amour.

« Cette fille qu'il avait à peine connue, tenue dans ses bras une seule nuit, lui avait tout à coup, après son entrevue avec son père, semblé constituer la réponse à toutes ses questions, la solution à tous ses problèmes (...) Elle était assise dans l'herbe, près de lui, ou à quelques pas, et autour de lui et en lui tout était bien, en équilibre, et en paix. »

Par l'amour, Olivier accède enfin à une paix et tranquillité intérieures. L'errance des héros s'achève avec la découverte de l'amour, un amour profond, véritable et sincère, un amour fragile cependant. La perspective de nouveaux lendemains se profilent à l'horizon, d'un nouveau chemin à parcourir à deux.

« Jane et lui étaient arrivés au bout de leurs mauvais chemins, chacun de son côté et maintenant ils allaient, ensemble, s'engager sur une route peut être difficile mais claire comme ce jour qui se levait. »

Olivier fera tout pour sauver Jane. Sans succès. Rappelons que le roman est rythmé par le leitmotiv : « Personne n'aide personne ». Barjavel ne manque pas de dépeindre les noirceurs de l'humanité, incarnées par le personnage de Ted en particulier, personnage des plus horribles et abjects. Homme d'affaires corrompu, il est à la tête d'un trafic illégal d'objets de culte volés, il exploite son associé et menace sa femme. Il profite de la détresse d'Olivier et le trahit. Il drogue Jane pour la violer, elle en mourra.

Le roman s'achève sur une interrogation universelle : « à quoi sert-on ? ». Olivier s'en va chercher une nouvelle vérité, dans l'action concrète et immédiate, dans l'effort et l'aide à son prochain, en creusant des puits à Palnah aux côtés de son ami Patrick, espérant ainsi trouver une réponse auprès de ceux qui luttent pour continuer à vivre.

Pour les croqueurs de romans barjaveliens, Les Chemins de Katmandou peinent à s'imposer auprès de Ravage ou encore La Nuit des temps. Cette histoire de quelques garçons et de filles se laisse toutefois dévorer par la légèreté de l'écriture. Une histoire pour les nostalgiques d'une époque et tous ceux qui auraient voulu vivre de paix et d'amour au temps des hippies ou encore monter sur une barricade soixante-huitarde.

Les Chemins de Katmandou posent la question universelle : « A quoi on sert ?... ». La route de la vérité est propre à chacun et la réponse est au bout du chemin.



Marie C., A.S. Bib.




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16 mars 2011 3 16 /03 /mars /2011 10:30

Jeudi 17 mars à 18h30


Lecture collective et
inauguration de la saison
« Rendez-vous des Nuits »


 avec


Pierre Alferi
Éric Clémens
Emmanuel Hocquard
Christian Prigent
Pascal Quignard

 

 

 

 

à la Maison cantonale de Bordeaux Bastide
42 bis, rue de Nuits
tram B arrêt Jardin botanique

 

Entrée libre et gratuite

renseignements : 05 56 86 64 29
 http://permanencesdelalitterature.fr/printempsdespoetes/

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