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15 mai 2011 7 15 /05 /mai /2011 07:00

David-Eddings-La-Belgariade.gif


 

 

 

 

 

 

David EDDINGS
Le pion blanc des présages
(La Belgariade)
traduction de
Dominique Haas
Pocket
coll. « Science-Fiction »
1990 (tome 1)



 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’auteur

Né le 7 juillet 1931 non loin de Seattle, David Eddings est un auteur américain qui écrit principalement en collaboration avec sa femme, Leigh Eddings. Il a longtemps enchaîné plusieurs petits boulots malgré un doctorat de littérature anglaise : commercial, professeur de lycée, vendeur dans une supérette… Ses écrits ne se vendant pas très bien, il est prêt à renoncer lorsqu’il se procure un exemplaire du Seigneur des anneaux de Tolkien. Immédiatement fasciné, il suit le parcours de cet auteur avant de créer son propre univers de fantasy, dessine la carte de sa première trilogie, La Belgariade, et en publie le premier tome en 1982.

Pour des raisons éditoriales, chaque tome ne devait faire plus de 200 pages ; incapable de répondre à cet impératif et de se contenter des 600 pages pour son récit, David Eddings décide de transformer sa trilogie en une saga de cinq volumes. Le succès est immédiat, et La Belgariade va s’étoffer, jusqu’à devenir ce que l’on appelle la saga de La Grande Guerre des Dieux, la plus grande œuvre d’Eddings. Celle-ci rassemble 15 volumes, en quatre parties distinctes :

Les préquelles
        – Belgarath le Sorcier : les Années noires (Belgarath the Sorcerer), 1995
        – Belgarath le Sorcier : les Années d’espoir, 1995
        – Polgara la Sorcière : le Temps des souffrances (Polgara the Sorceress), 1997
        – Polgara la Sorcière : les Années d’enfance, 1997

La Belgariade (The Belgariad)
        – Le Pion blanc des présages (Pawn of Prophecy), 1982
        – La Reine des sortilèges (Queen of Sorcery), 1982
        – Le Gambit du magicien (Magician's Gambit), 1983
        – La Tour des maléfices (Castle of Wizardry), 1984
        – La fin de partie de l’enchanteur (Enchanters' end Game), 1984

La Mallorée (The Malloreon) :
        – Les Gardiens du Ponant (Guardians of the West), 1987
        – Le Roi des Murgos (King of the Murgos), 1988
        – Le Démon majeur de Karanda (Demon Lord of Karanda), 1988
        – La Sorcière de Darshiva (Sorceress of Darshiva), 1989
        – La Sibylle de Kell (The Seeress of Kell), 1991

Le Codex de Riva (The Rivan Codex), 1998, rassemble toutes les notes et les brouillons de l’auteur lors de la rédaction de cette saga.

Il est à savoir que l’ordre de lecture ne suit pas l’ordre chronologique du récit et qu’il est conseillé de lire les quatre volumes des préquelles après La Belgariade et La Mallorée, puisqu’ils dévoilent quelques-uns des éléments de l’intrigue.

Par la suite, David Eddings écrira deux autres sagas, La Tétralogie des rêveurs en 1992 et La Pierre sacrée perdue en 2003, ainsi que plusieurs romans indépendants. De nos jours, il est considéré comme l’un des auteurs incontournables de la fantasy. Il décède en juin 2009, deux ans après sa femme.


La Belgariade

À 17 ans, Garion a toujours vécu une vie paisible à la ferme avec sa tante Pol, partagé entre ses bêtises d’adolescence, le travail aux champs et la visite du vieux conteur qu’il appelle affectueusement « Sire Loup ». Comme tous les garçons de son âge, il pensait finir sa vie ainsi, marié à son amie d’enfance, et rêvait des aventures extraordinaires que l’on raconte au coin du feu… Jusqu’au jour où un marchand étranger débarque à la ferme un soir de fête.

Garion se trouve alors obligé de s’enfuir avec sa tante Pol et le conteur, pour retrouver deux hommes étranges dans une forêt. Vient alors le temps des révélations : Sire Loup, le vagabond éternellement en haillons, se trouve être Belgarath, le Sorcier Immortel, Premier disciple du dieu Aldur, et père de la sorcière Polgara… tante Pol. Quant à lui, il n’est pas un simple orphelin, fils d’un tailleur de pierre, mais le dernier descendant de la lignée des Rois de Riva, que l’on croyait disparu depuis plus de 1300 ans… et soumis à une Destinée. Il doit partir à la recherche de l’Orbe, pierre dotée d’un immense pouvoir et menace d’une guerre entre les Dieux, et regagner son royaume.

Contre son gré, le jeune homme va devoir voyager à travers tout le continent en compagnie de personnages tous plus farfelus les uns que les autres (un guerrier taillé comme un ours, un prince maître du vol et du mensonge, une princesse haute comme trois pommes mais au tempérament bien trempé, un cavalier taciturne, un archer un peu louffoque…). Et tous semblent avoir un rôle dans la Prophétie…

Un résumé classique, pour un scénario devenu classique. David Eddings, faisant partie des premiers auteurs de fantasy, nous livre ici une épopée aux ingrédients traditionnels : un jeune héros débordant de courage et de bonne volonté, en pleine auto-formation, un mentor aux pouvoirs immenses, un Destin tout tracé, quelques monstres à massacrer et bien entendu un trône à reconquérir après des siècles…

Cependant, Garion n’est pas – à mon humble avis – le personnage le plus intéressant. En y réfléchissant, il s’agit d’un jeune garçon qui suit les directives de la Prophétie, même s’il se plaint de manière assez régulière (sa phrase préférée ? « Pourquoi moi ? »), et il apparaît sympathique aux yeux du lecteur sans plus. Un héros classique. Je trouve au contraire les personnages secondaires extrêmement travaillés, et il est quasiment impossible de s’y perdre malgré leur grand nombre. Chacun possède son propre caractère et son propre vécu, ses propres réactions face à une situation donnée (on peut aussi bien trouver un guerrier des plus traditionnels à côté d’une sorcière des plus féministes et qui mène toute l’équipe à la baguette, sans mauvais jeu de mots). L’humour dont fait preuve David Eddings à chaque page renforce leur personnalité et permet d’autant plus de les identifier aisément, en plus de rendre la lecture très facile.

Somme toute, et pour moi, une saga agréable qui permet de découvrir sans trop de difficultés l’univers de la fantasy.


[La Mallorée raconte la suite des aventures de Garion et de ses compagnons avec l’enlèvement de son fils ; les préquelles, écrites elles à la première personne, décrivent la vie de Belgarath et de Polgara avant le début de La Belgariade]

 

 

Lory, 2e année Bib.-Méd.

 

David EDDINGS sur LITTEXPRESS

 

eddings la redemption d'althalus

 

 

 

Article de Laureline sur La Rédemption d'Althalus de David et Leigh Eddings

 

 

 

 

 

 

 

 

David Eddings La Belgariade 1

 

 

 

 

 Article de Laureline sur La Belgariade.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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13 mai 2011 5 13 /05 /mai /2011 07:00

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Catherine DUFOUR
Blanche Neige et les lance-missiles
Nestiveqnen, 2001
Prix Merlin 2002
Livre de Poche, 2008

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Du haut de ses sept ans pleins d'innocence, Catherine Dufour se sentait l'âme poétesse. Puis elle apprit que tous les poètes finissaient trafiquants d'armes, décida de balancer ses feuillets, et se mit à l'écriture de nouvelles, genre moins risqué pour la santé mentale (ce n'est pas Maupassant qui dira le contraire). Les nouvelles devinrent plus grandes que prévu parfois, et elle découvrit avec moult cris d'enthousiasme Terry Pratchett : une histoire d'amour était née. Et voici comment l'on pourrait expliquer – en passant à l'évidence par un raccourci des plus grossiers qui n'évoque même pas l'influence des Monty Pythons dans la rédaction de cette oeuvre géniale –  la genèse du cycle de fantasy burlesque qui à ce jour reste objectivement (ou presque) le plus réussi qui soit. Car oui, Quand les dieux buvaient est un peu (mais seulement un peu) comme la pomme qui s'écrase sur le faciès de Newton et provoque un des grands bouleversements de notre compréhension du monde, en cela qu'il bouscule toutes les idées sur les littératures de l'imaginaire et au passage toutes les caractéristiques de ce genre (et ce, allons-y gaiement : d'une main de maître). Enfin, pour comprendre cette grande phrase, mieux vaut sans doute passer à l'étape « résumé du livre » ou, en l'occurrence, du premier tome du cycle terriblement bien nommé Blanche Neige et les lance-missiles.

Comme on l'aura compris, le maître mot ici est parodie, et ça vaut pour les deux parties du tome 1.  Dans la première intitulée « Les grands alcooliques divins », on suit les tribulations d'une multitude de personnages, élément suffisamment important pour être remarqué puisqu'en dictionnaire fantasy on trouve à la section « un seul personnage » le synonyme « intérêt limité ». Ainsi, on peut sans problème en faire mourir quelques-uns en route : il y a légion de remplaçants. D'ailleurs, la mort d'elfes, mages, nains et onions en tout genre est un peu un des thèmes récurrents du cycle, tout comme l'aptitude décuplée des fées à toujours foirer leurs missions mais ça c'est une autre histoire.

Ces personnages évoluent dans un espace qui s'étend sur plusieurs étages, et passent la majeure partie de leur temps à se mettre sur la tronche et à essayer de dominer (et si ça ne marche pas, d'exterminer) les autres, parce que c'est bien plus rigolo d'avoir des larbins à disposition pour faire tout le boulot.

– A l'étage du milieu, on trouve la crêpe terrestre. Les hommes y vivent en compagnie, et bien souvent malgré eux, d'un tas de créatures issues du Sub-Éther, soit tout un ramassis d'êtres suintant la magie par tous les poils. Elfes noirs, nymphes et sirènes, nains racistes et gragons qui crament deux-trois villages entre la sieste et le repas, peuvent parfois être dérangeants pour les humains mais en général  s'entendent plutôt bien. Sauf quand l'un d'entre eux décide d'emporter un ou deux villageois pour un pique-nique, ou qu'il viole une ou deux pucelles en route. Mais de manière générale, il n'y a pas trop de débordements.

– Au-dessus, c'est Son royaume, Purgatoire compris. Anges illuminés et béats, archanges qui tuent l'ennui en foutant en l'air (mais sans faire exprès, attention !) le destin de bon nombre d'innocents ayant eu le malheur de croiser leur vol, le tout sous les ordres de Sa volonté, bien que personne ne connaisse vraiment le but.

– Au-dessous... Facile à deviner. Sales et diaboliques, les démons ont en triple ce qui manque aux anges, et laissent d'ordinaire dans leur sillage une odeur de soufre et pléthore de morts stupides.
   
Et puis il y a Blanche-Neige, devenue impératrice autoproclamée d'Oberstrum après qu'elle a transformé sa belle-mère en diverses décorations bien pratiques, qui hait la magie et s'est promis de régner un jour sur la crêpe terrestre comme une vraie méchante (mais elle a une excuse, c'est la faute à sa généalogie).
   
Et puis il y a Peau d'Âne et Aurore de Bois Dormant, qui sont bien décidées à mettre une raclée à la prochaine fée marraine qui leur présente une cabane en bois comme nouveau départ dans la vie.
   
Et puis il y a Charles-Hubert, le mage au chapeau pointu qui est en fait le prince de Cendrillon, mais qui se retrouve privé de sa douce à cause d'une erreur de destinataire de pomme empoisonnée, et devient éleveur de gragons avant de partir à la recherche de sa princesse endormie dans un cercueil quelque part. Ou pas.

Et puis il y a Bille Guette, le méchant machiavéliquement démoniaque, ou inversement. Un mort qui n'a pas vécu une enfance facile. D'autant qu'il est mort à quinze ans et demi. Et qu'il avait des parents un peu trop religieux. D'où sa haine pour toute forme de religion et pour tout ce qui est Éthéré. D'où sa création du Purgatif soit le nouveau nectar préféré des Dieux, qui décident alors que l'alcoolisme est un bon remède à l'ennui et laissent à qui voudra le soin de s'occuper du monde. Et d'où sa tentative aboutie de détruire la vie sur la crêpe terrestre, pour en reconstruire une meilleure et purifiée. Forcément.

En clair, « un bon paquet d'emmerdres » à venir, et un beau pied-de-nez à tous les classiques de notre éducation. Le tout (car oui, au final, ça forme un tout) restant une excellente histoire bourrée de digressions à rallonges, de jeux de mots proprement scandaleux, de néologismes et anachronismes plus que délectables, et d'emprunts divers détournés et retournés dans tous les sens, et ce dans tous les sens du terme bien sûr.
   
Pour ce qui est de la seconde partie, « L'ivresse des providers », Catherine Dufour nous embarque dans un autre temps, un autre lieu : un peu notre monde et notre époque, mais plutôt dans le genre parallèle au nôtre. Dans ce monde, plus de contes, plus de Dieu ni démons, mais des non-vivants à foison. Les spectres ont un nouveau problème à régler en plus d'être morts : échapper à l'Ankou, faucheuse peu sympathique. Pour éviter de se retrouver découpés en tranches spectrales (peu pratique même pour vivre sa mort), les non-vivants se réfugient dans le web, mais doivent faire face aux hordes de Pacman qui sont, tout comme l'Ankou, à la solde de...Will Door (le retour). Eh oui, l'ignoble n'en avait pas fini dans le tome précédent, et là encore concocte une recette pour rien moins que l'Apocalypse. Donc, il vaut mieux avoir une fée ou deux sous la main pour organiser la rébellion, et accessoirement Cid (de son vrai nom Calmebloc Icibachudun Désastrobscur, mais Cid, ça va plus vite) a dégoté une conceptrice de jeux de rôles, Mismas, pour la seconder et pour retrouver les autres fées survivantes. D'où le départ pour le bois de Boulogne.
   
S'ensuit une aventure tenant résolument plus de la science-fiction pour le côté cybernétique, mais toujours aussi savoureusement frappadingue, où l'on picole allègrement, crée des sites de champs de Caulerpa pour se reposer entre deux poursuites par Pacmans de garde, et rencontre entre autres Arthur Rimbaud et le Père Noël. Un mélange qui tient à la fois de la fantasy commerciale détournée à nouveau, du folklore breton, et du cyberpunk parfois. Du grand art qui prouve que le clivage des genres peut être fort sympathique, surtout quand on en fait sauter les gonds.



Lucile, A.S. Éd.-Lib.

 

 

 

 


 


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25 mars 2011 5 25 /03 /mars /2011 07:00

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David EDDINGS
La Belgariade
Chant 1
Le pion blanc des présages
traduit de l’anglais
par Dominique Haas
Pocket, 1990
 


 

 

 







La Belgariade est une série en cinq chants (cinq tomes). Elle est éditée pour la première fois aux éditions Del Rey Books de 1982 à 1984 aux États-Unis. Ils ne seront traduits en France qu’en 1990 aux éditions Pocket.

 

Prologue

Un jour sept dieux, sept frères, créèrent la terre. Chaque dieu vivait en harmonie avec son peuple. Bélar était le dieu des Aloriens, Chaldan le dieu des Arendais, Issa celui des Nyissiens, Mara celui des Marags, Nedra celui des Tolnedrains et Torak celui des Angaraks.

Seul Aldur n’était le dieu d’aucun peuple . il prit cependant plusieurs personnes sous son aile comme disciples, à qui il apprit la maîtrise du vouloir et du verbe. Le premier fut Belgarath qui devint alors un sorcier sur qui le temps n’avait pas de prise. Un jour, Aldur prit une pierre ronde dans sa main et la dota d’un pouvoir qui lui était propre ; elle fut nommée par ses disciples « l’orbe d’Aldur ». Dès qu’il apprit son existence, Torak ne connut plus le repos et la déroba à son frère. Les autres dieux levèrent une armée et essayèrent de convaincre leur frère de rendre l’orbe à Aldur, mais Torak ne voulut rien entendre et l’utilisa pour séparer le royaume angarak des royaumes de ses frères ; une grande fissure déchira la terre, dans laquelle s’engouffra la mer.

Mais l’orbe se rebella contre son possesseur et brûla Torak sur tout le côté gauche. Il prit la fuite et enferma l’orbe dans une tour. Le roi des Aloriens, Cherek Garrot-d’Ours, accompagné de ses trois fils, Dras Cou-d’Aurochs, Algar Pied-Léger et Riva Poing-de-Fer, alla voir Belgarath et lui proposa un plan pour reprendre l’orbe volé. Après un long chemin, ils parvinrent à la tour dans laquelle était enfermé l’orbe. Cependant, seule une personne au cœur pur pouvait désormais en prendre possession ; ce fut le jeune Riva qui s’approcha et le prit dans ses mains. Une fois revenu en Alorie et après avoir échappé à Torak et son armée grâce à l’orbe, Cherek et ses trois fils, décidèrent de le protéger. L’Alorie fut séparée en quatre royaumes : Cherek, Algarie, Drasnie et Riva afin d’empêcher les troupes angarak de revenir dans les royaumes du Ponant. Quant aux Dieux, ils décidèrent de quitter la terre sans quoi elle risquait d’être détruite au prochain affrontement contre leur frère.
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Les personnages

Garion : C’est un jeune garçon élevé par sa tante depuis la mort de ses parents lorsqu’il n’était encore qu’un bébé. Il vit à la ferme de Faldor en Sendarie au côté de sa tante Pol. Très curieux et observateur, il comprend vite ce qui se passe lorsqu’il quitte la ferme, même s’il ne connaît pas les détails.

Tante Pol : Cuisinière à la ferme de Faldor, elle est la tante de Garion, du moins officiellement. En réalité elle est la fille de Belgarath, et bien qu’elle ne soit pas la tante de Garion à proprement parler elle est tout de même de sa famille : une arrière, arrière… arrière-grand-tante.

Sire Loup : Nommé ainsi par Garion, il est conteur et va de ville en ville échanger ses histoires contre un repas chaud et un endroit où dormir. Mais il est surtout le grand Belgarath le sorcier, vieux de plus de 4000 ans. Si Polgara est la tante de Garion, il est quant à lui son grand-père (à quelques générations près).

Durnik : Sendarien et forgeron à la ferme de Faldor, il connaît Garion depuis qu’il est tout petit. Secrètement amoureux de « dame Pol », il décide de les accompagner dans leur voyage afin de les protéger du danger, elle, Garion et Sire Loup.

Silk : Drasnien, il rejoint Polgara et Belgarath dans leur quête. Petit à tête de fouine, il est espion pour le compte de son pays ; il est également connu sous le nom de Kheldar, prince de son état.

Barak : Originaire de Cherek, il rejoint, tout comme Silk, l’équipée pour leur quête. Comme toutes les personnes de son peuple, il aime se battre, surtout contre les Angaraks. Il est le cousin du roi de Cherek et porte le titre de comte de Trellheim.



Résumé

Garion et sa tante vivent des jours simples et heureux à la ferme de Faldor. Sire Loup, le conteur, leur rend parfois visite. Cependant, l’année de ses quatorze ans, Sire Loup revient, mais plus lugubre que de coutume, et demande à parler rapidement à tante Pol. Au milieu de la nuit, Sire Loup, tante Pol, Garion et Durnik s’en vont afin d’échapper à un espion des Murgos. Ils retrouvent, plusieurs heures plus tard et plusieurs lieues plus loin, Silk et Barak sous le couvert des bois. Sous le déguisement de charretiers, ils vont à Darine, puis à Muros et à Camaar afin de rechercher les traces d’un objet volé, tout en essayant de semer leurs ennemis. Mais alors que leur quête nécessite de la discrétion, le roi de Sendarie, Fulrach, fait mander Sire Loup au palais. Ce dernier, furieux, s’y rend donc. C’est alors que Garion apprend la véritable identité de sa tante et de Sire Loup, ce qui pour lui est un grand choc, d’autant plus qu’il ne croit pas possible que Belgarath et Polgara puissent réellement exister puisqu’ils sont vieux de plusieurs milliers d’années. De Sendar, la capital où se trouve le palais du roi, ils prennent un bateau pour Cherek afin d’assister au conseil des rois d’Alorie.

À Cherek, Garion mettra fin à un complot visant à détrôner le roi, c’est à cette occasion qu’il apprendra le vrai motif de leur départ précipité de la ferme de Faldor.
Carte-Belgariade-Eddings.jpg


Mon avis

J’aime beaucoup la Belgariade, c’est une histoire complexe avec beaucoup d’éléments à retenir, mais les cinq tomes se lisent très bien (et très vite).

Ce que j’aime le plus, c’est le caractère de chaque personnage ; je n’arrive pas à ne pas en aimer un. Mon préféré est Silk, personnage retors qui aime bien jouer des tours à ses amis comme à ses ennemis ;  il est pour beaucoup dans l’humour de cette série.

Les livres sont très bien écrits avec beaucoup d’humour. De plus, j’apprécie les cartes dessinées au début de chaque tome et de chaque partie, carte du royaume en général puis celle de chaque pays traversé, ce qui permet de suivre les personnages et de mieux se représenter leur trajet.

Laureline, 2e année Éd.-Lib.

 

 

 

David EDDINGS sur LITTEXPRESS

 

eddings la redemption d'althalus

 

 

 

Article de Laureline sur La Rédemption d'Althalus de David et Leigh Eddings

 

 

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4 février 2011 5 04 /02 /février /2011 07:00

LIAN-Hearn-Otori-t1-copie-1.gifLian-Hearn-Le-clan-des-Otori-t2.gifLian Hearn Le clan des Otori

 

 

Lian HEARN
Le Clan des Otori
 traduction de Philippe Giraudon

Gallimard jeunesse, t1, 2002

 
Il est souvent dit que « les voyages forment la jeunesse ». Ce n’est pourtant qu’à l’âge de 51 ans que Gillian Rubinstein découvre le Japon pour la première fois en 1993. Passionnée par ce pays dans sa jeunesse, elle vécut cela comme une révélation. Elle est connue en Australie pour les nombreux titres jeunesse qu’elle a écrits mais c’est dans l’atmosphère et l’ambiance de ce voyage que vont naître les premiers personnages et un début d’intrigue pour une nouvelle aventure. Viennent alors la difficulté et le doute.

Il apparaît clairement qu’écrire un roman de fantasy dont l’action se déroule sur un territoire différent et dans une culture peu connue ne peut se faire sans des recherches préalables. Afin de mener à bien sa quête, Gillian va littéralement se plonger pendant des années dans des recherches historiques, géographiques, culturelles, linguistiques et littéraires. Dans cette frénésie de connaissances, elle comprend que les premières ne servent qu’à assurer un espace, un cadre cohérent avec la période de son récit, il faut éviter tout anachronisme. De plus, l’auteure souhaitait modifier sa façon d’écrire afin qu’elle aussi soit cohérente avec l’environnement imaginé et surtout qu’on ne puisse imaginer que ce fut d’abord écrit en anglais. À cet effet, elle va apprendre la langue japonaise et lire les classiques du pays dans la langue d’origine. Ainsi, elle se fait une idée de comment écrire. La plupart des expressions utilisées couramment ont dû être changées : certaines retranscrivent littéralement une expression japonaise, d’autres ne pouvaient être utilisées dans le contexte et ont alors été modifiées en une expression plus cohérente avec l’époque. De tout ce travail d’enquête ressort une matière suffisante pour commencer à écrire. Grâce à une bourse offerte par Asialink pour passer trois mois au Japon, en 1999, Gillian Rubinstein commence à écrire sa trilogie : Le Clan des Otori.

De 1999 à 2001, elle a passé son temps à écrire le premier tome : Le Silence du rossignol. Le titre original, Across the Nightingale Floor, a été choisi en fonction d’un poème japonais. Par la suite, chaque titre a été annoncé dans le livre précédent, par une phrase prononcée par un personnage, une pensée… L’auteure découvre que son écriture est complètement différente de ce dont elle a l’habitude. Elle se rapproche beaucoup plus de l’écriture japonaise. Le livre sera alors publié sous un pseudonyme : Lian Hearn est née. Par ce geste, elle souhaite que l’œuvre soit jugée en fonction de son contenu et non en fonction de l’auteure. En 2002 paraît donc en France Le Silence du rossignol, puis en 2003 Les Neiges de l’exil (Grass for his Pillow), et en 2005 La Clarté de la lune (Brillance of the Moon). Afin de ne parler que du travail central, nous ne parlerons pas ici des deux tomes qui ont précédé la trilogie, faisant office de prologue et d’épilogue : Le Vol du héron et Le Fil du destin.

Takeo Otori raconte son histoire. Né dans un petit village perdu dans les montagnes, élevé dans d’étranges croyances visant à l’égalité des êtres humains et à la non-violence, il voit son destin basculer quand son village se fait attaquer et détruire par le plus grand seigneur de guerre des Trois Pays : Iida Sadamu. Il est obligé de fuir et est alors pris en charge par Shigeru Otori, également seigneur de guerre mais d’un naturel pacifique. À treize ans, son destin lui échappe et ne lui appartiendra plus.

En contradiction avec ses croyances, proscrites dans tout le Japon, il sera éduqué comme un vrai fils de la classe des guerriers. À ce titre, Sire Shigeru lui enseigne qu’il œuvrera au rétablissement de la paix dans ce pays malmené par les guerres des seigneurs. En outre, Takeo découvre une nouvelle part de son être : il semble posséder d’étranges pouvoirs qu’il va devoir contrôler pour mener à bien sa mission et pour que la volonté du destin s’accomplisse…

 
La trilogie se passe sur quelques années pendant lesquelles le lecteur évolue dans un univers inconnu et apprend la situation du pays en même temps que Takeo. Il poursuit son apprentissage de la politique, des croyances et des traditions au sein de la classe guerrière du Japon médiéval. Bien que rien ne soit dit à ce propos, divers indices nous aident à situer le lieu et l’époque de ce monde hautement inspiré du Japon du XVIe siècle. L’auteure explique d’ailleurs que la littérature japonaise emploie souvent les non-dits. Il s’agit pour l’essentiel de capter l’invisible sans l’expliquer ouvertement. Cette notion est très présente dans les récits japonais et est réutilisée dans l’écriture du Clan des Otori. Outre les relations entre les personnages, il est possible de comprendre ce qui est tu. On peut faire des liens avec le monde réel et l’histoire. Le christianisme peut aisément être reconnu dans la religion des Invisibles, interdite au Japon. Il s’agit bien de croyances apportées par les missionnaires européens et cette religion a été hautement réprimée par les autorités japonaises de l’époque. Le contexte historique apparaît également avec l’idée de Takeo d’ouvrir un commerce avec le continent (La Clarté de la lune) et l’importation de nouvelles armes : les armes à feu. Le Japon s’est effectivement longtemps isolé du reste du monde.

Tout au long de l’histoire, le lecteur découvre les aspects de cette société guerrière très proche des pratiques des samouraïs, bien qu’ils ne soient jamais cités… au même titre que les ninjas, d’ailleurs. En effet, la Tribu, ses méthodes et ses compétences ne peuvent renvoyer qu’au monde secret des ninjas. Si ces références sont tus, il s’agit pour l’auteure d’éviter tout stéréotype. À travers ces enseignements, Takeo apprend à changer son état d’esprit : ce que les gens prennent pour de l’héroïsme et de la bravoure n’est en fait que le résultat de l’enseignement dur et rigoureux des enfants de guerriers ; ce ne sont pas des qualités innées mais réfléchies. De même, ce qui fait office de magie pour tous n’est en réalité que capacités humaines possédées par tous mais ignorées et enfouies au plus profond de chacun jusqu’à disparaître complètement.

De nombreux thèmes sont abordés dans la trilogie et posent beaucoup de questionnements sur la nature humaine : entre guerre et paix, laquelle importe le plus à l’homme ? Ne peut-on obtenir l’une sans passer par l’autre ? La tragédie doit-elle entraîner la revanche quelle qu’ait pu être l’éducation d’origine ? En quoi peut-on croire ? Chaque tome apporte une nouvelle réflexion. Le premier sert à la découverte des différents milieux, des différentes croyances, le second apporte une certaine compréhension des états d’esprit, une réflexion plus poussée sur ce qui fait la nature de l’homme – il peut s’agir d’une sorte de désillusion –, le troisième renvoie à l’insignifiance de l’être humain face à la nature et au destin. Le Clan des Otori amène à une réflexion sur soi et sur l’effet qu’une personne peut avoir sur le destin des autres.

Le tout est abordé de façon plutôt métaphorique. Le signe du héron, par exemple, est très présent dans toute l’œuvre. L’attitude de Takeo et des autres personnages semble calquée sur celle du héron qui patiente, immobile, avant d’attaquer sa proie de façon fulgurante. Ce héron représente également, dans Les Neiges de l’exil, l’hiver qui oblige le monde à patienter avant de pouvoir agir. L’histoire possède un lien fort avec ces forces naturelles tout comme la plupart des récits japonais.

 

Il s’agit d’une œuvre pour adultes, selon l’auteure. Toutefois, il est facile de la lire dès douze-treize ans. Il est vrai que nous ne sommes pas habitués à cette écriture hautement inspirée de la littérature japonaise. Toutefois elle a une certaine qualité littéraire qui fait peut-être adhérer plus aisément le lecteur à ce monde fantastique. Bien que certains passages puissent paraître philosophiques, la lecture est très agréable et divertissante. L’esprit japonais de l’écriture assure un dépaysement, même pour les habitués de la fantasy. En effet, si l’histoire n’en reste pas moins épique, nous sommes loin du contexte tolkienien. À lire absolument !!!

Lian-Hearn-Le-clan-des-Orori-t3.gifLian-Hearn-Le-clan-des-Otori-t2-copie-1.gifLIAN Hearn Otori t1

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Delphine Cambra, 2e année Édition-Librairie

 


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6 septembre 2010 1 06 /09 /septembre /2010 07:00

FABRICE-COLIN-LA-MALEDICTION-D-OLD-HAVEN.gif



 

 

 

 

 

 

 

Fabrice COLIN
La Malédiction d’Old Haven
Éditions Albin Michel
Collection Wiz, 2007
Le Livre de poche, 2009

 

 

 

 

 

 

 

fabrice_colin.jpgL’auteur

Né en 1972, Fabrice Colin a vécu en Algérie quand il était petit. Il a d'abord écrit des jeux de rôle avant d’être pigiste puis collaborateur de la revue Casus Belli. En 1997, il écrit son premier roman.

C’est un auteur qui donne dans la diversité, bande dessinée (La Brigade chimérique), romans adultes (Kathleen) et jeunesse (Le Maître des dragons), romans graphiques (World Trade Angel), nouvelles (Comme des fantômes), etc.


Son talent a été récompensé par de nombreux prix (prix Ozone, 1999 : Le Cycle d‘Arcadia : Vestiges d‘Arcadia ; prix des Incorruptible, 2003-2004 : Projet Oxatan ; grand prix de l’imaginaire, catégorie roman français, 2004 : Dreamericana, et catégorie roman jeunesse, 2004 : CyberPan. La Malédiction d’Old Haven a été récompensé par les prix Imaginales et littérature jeunesse Auchan en 2008.



L’histoire

L’histoire se passe en Amérique du Nord ; elle débute à Gotham, en 1723, dans un orphelinat de la Sainte-Charité. Une des jeunes filles recueillies, Mary Wickford, s’apprête à quitter le couvent parce qu’elle a atteint la majorité. Dès le début du livre, de nombreuses références (Louis XIV, Charles II, John Milton, etc.) nous donnent l’impression d’un roman historique. Cependant, au bout de quarante pages, le lecteur se retrouve confronté à un dragon :


« D’un bond, Philip sauta de son perchoir. La main en paravent, il montrait un point au-dessus de la plaine. Je descendis à mon tour.
    Une forme dorée se contorsionnait dans le ciel. À cause du soleil, on ne voyait pas grand-chose. Mais la forme se rapprochait. Et elle était vivante.
    - Un dragon…, souffla Philip.
    - Quoi ? »
  

L’auteur nous fait donc brutalement entrer dans le genre fantasy. Par la suite, en même temps que Mary découvre le monde extérieur à son couvent, on découvre un continent gouverné par un empereur despotique qui abuse de la Sainte-Inquisition. L’héroïne cherche d’abord à découvrir ses origines, mais chaque mystère qu’elle élucide révèle des énigmes bien plus complexes que les précédentes. Après qu’elle a découvert qu’elle descend d’une grande lignée de sorcières, les événements s’enchaînent de plus en plus rapidement ; l’auteur entraîne le lecteur dans une situation de stress qui l’empêche de fermer le livre.

Prise en chasse par la Sainte-Inquisition, trahie, capturée, de nouveau en fuite, Mary rencontre des personnages hauts en couleurs, du petit pasteur d’Old Haven qui semble avoir beaucoup de choses à cacher, à l’empereur dont personne ne sait rien, en passant par Jack O’Lantern, personnage loufoque s’il en est, héros d’un conte traditionnel et emblême d’Halloween avec sa tête en forme de citrouille ; la plus grande difficulté de Mary est de deviner à qui elle peut accorder sa confiance. Il n’y a aucun moyen de savoir si elle a pris une bonne décision avant d’arriver à la fin du livre et d’en avoir constaté toutes  les conséquences.

Par ailleurs, bien que des créatures imaginaires soient de plus en plus présentes dans l’histoire, des références historiques continuent à ancrer le récit dans un contexte réaliste (Léonard de Vinci, la chasse aux sorcières avec notamment le bûcher de Salem, Michel Ange…)


Analyse

Le public visé est plus difficile à définir. Bien que l’héroïne soit jeune et le style assez facile à comprendre pour des 4ème/3ème, les personnages sont complexes et réalistes, nous ne sommes pas face au schéma classique de la littérature jeunesse avec les méchants d’un côté et les gentils de l’autre. Chaque personnage a sa part de noirceur inavouable et on a du mal à les cerner.

D‘un autre côté, l’histoire se passe dans une période sombre et l’auteur n’hésite pas à torturer ou faire mourir les adjuvants, auxquels le lecteur s’attache, de façon brutale et inattendue. Les sœurs du couvent où a grandi l’héroïne sont toutes capturées, torturées et brûlées vives les unes après les autres pour faire pression sur le protagoniste. La mère supérieure, quant à elle, est abattue  d’une balle dans la tête.

L’auteur, sans entrer dans un registre gore, n’épargne pas les détails des scènes violentes au lecteur. Il décrit avec précision les différents massacres de l’histoire.

On peut se demander si le destin de Mary est digne des plus grands héros ou, comme le dit l’auteur dans le résumé, une véritable malédiction.

Cécile, 1ère année Bib.-Méd.

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20 juillet 2010 2 20 /07 /juillet /2010 07:00

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David et Leigh EDDINGS
La Rédemption d’Althalus

Traduction

d'Isabelle Troin

Pocket, 2008











L’auteur

David Eddings est né en 1931 à Washington. Il a travaillé un temps chez Boeing, puis dans l’enseignement et ensuite il fut directeur d'un supermarché. Après plusieurs mésaventures dans son travail, il décide de rentrer chez lui à Spokane et se consacre à l’écriture. Son épouse, Leigh, a travaillé dans l’armée de l’air. Elle collaborait avec son mari pour l’écriture de ses romans. Très connus dans l’univers de la fantasy pour La Belgariade et sa suite La Mallorée, ils ont également écrit La Trilogie des joyaux suivie de La Trilogie des périls, ainsi que la série Les Rêveurs. Ils sont tous deux best-sellers depuis une vingtaine d’années aux Etats-Unis. Leigh Eddings est décédée en 2007 et son mari est mort deux ans plus tard.

 

 

Le livre

Althalus est un voleur de grande renommée, c’est aussi un menteur et un assassin à ses heures. Mais il est surtout connu pour sa chance. En effet, tout ce qu’il entreprend est voué au succès. Cependant, un jour, sa chance l’abandonne et à plusieurs reprises il échoue dans ses projets. C’est alors qu’une personne nommée Ghend lui propose un emploi, voler un grimoire dans une maison abandonnée. En règle générale, notre cher héros aurait posé plus de questions au sujet de cette mission, mais sans le sou et passablement éméché, Althalus accepte son marché et part pour la maison du bout du monde. Une fois arrivé sur place, Althalus pénètre dans la pièce où est posé le grimoire et se retrouve face à face avec … une chatte qui parle ! Croyant devenir fou, il cherche à s’enfuir et découvre avec horreur que la porte a disparu. De plus pour Émeraude, la chatte, il est hors de question qu’Althalus s’en aille sans avoir lu le grimoire et appris à l’utiliser. Une tâche compliquée à réaliser quand on ne sait pas lire. Il va ainsi passer des années à apprendre auprès d’Émeraude qui se révèle être une divinité, Dweia, déesse de la fertilité. Elle embarque donc, sans aucun ménagement, Althalus, dans une guerre qui oppose ses deux frères, Deiwos le Dieu créateur et Daeva qui veut détruire le monde. Althalus doit alors réunir un certain nombre de compagnons afin mettre en échec le Dieu maléfique.

 

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Analyse

Cette œuvre a été publiée en 2000 aux États-Unis mais elle n’est sortie que huit ans plus tard en France. David Eddings écrit avec une grande simplicité, les descriptions sont simples et brèves. C’est un livre à la portée de tous, plein d’humour et les personnages sont attachants. Comme toujours avec Eddings, on retrouve des histoires de mortels impliqués dans des querelles entre les Dieux. Même si à la base, les scénarios semblent similaires entres ses différents livres, on est toujours surpris par son inventivité et les retournements de situations

.
La particularité de David Eddings est qu’il écrit avec se femme Leigh. Ils se partagent le travail, si bien qu’elle s’occupe des personnages féminins et de la fin de l’histoire et son mari du reste. Tout comme pour son mari, on constate des similitudes dans les personnages féminins que Leigh crée. En effet, ce ne sont pas de faibles femmes qu’on découvre, mais plutôt des filles aux caractères bien trempés qui savent manipuler et obtenir ce qu’elles souhaitent de leurs compagnons. Lesdits compagnons étant des héros capables de faire face à une armée, mais incapables de refuser quoi que ce soit à la belle de leur cœur.


Le titre La Rédemption d’Althalus est intéressant, car on nous présente dès le début Althalus comme un voleur, un assassin et un menteur. Or, quelle rédemption peut espérer une personne telle que lui ? Cependant, on découvre peu à peu un personnage au grand cœur, qui se soucie du bien-être de ses compagnons et du sort de la Terre. Sa rédemption se fait par sa volonté de mettre fin aux actes de Daeva.

 

 

Mon avis

J’ai beaucoup aimé ce livre très amusant et plein de rebondissements. Ayant déjà lu ses œuvres précédentes, j’ai été surprise que l’histoire ne se développe qu’en deux tomes quand on sait que la plupart de ses œuvres sont des trilogies (au minimum). J’aime beaucoup les personnages qu’il a créés, et plus particulièrement les personnages féminins. J’apprécie également beaucoup ce livre parce que je trouve qu’on entre très facilement dans l’histoire, si bien que je ne voulais pas que le roman finisse.

Laureline, 1ère année Édition-Librairie

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17 février 2010 3 17 /02 /février /2010 19:00

Damasio la horde du contrevent













Alain DAMASIO
La Horde du Contrevent

La Volte, 2004
Folio SF, 2008




















Avec la Horde du Contrevent, Alain Damasio signe son deuxième roman. Récompensé en 2006 par le Grand Prix de l'Imaginaire, ce livre fait figure d'ovni dans la production littéraire fantastique. L'intrigue prend place dans un monde ravagé par des vents violents qui soufflent de l'Amont vers vers l'Aval. A chaque génération la civilisation de l'extrême Aval envoie une Horde à la recherche de l'origine du vent. Toutes ont jusque là échoué. Nous suivons donc le périple de la 34e Horde qui sera la dernière. Chaque Horde est composé de 24 membres et tous ont une fonction bien déterminée. Ainsi la Horde est menée par le Traceur chargé de choisir le chemin, il y a l'aéromaître, spécialiste des vent, le scribe en charge du journal de la Horde, le troubadour, le combattant protecteur etc. La Horde a une double mission, atteindre l'extrême Amont, et découvrir les neuf formes du vent.

L'auteur nous fait donc vivre cette quête à travers les yeux des différent membres de la Horde. Cela peut s'avérer déconcertant dans les premières pages car chaque changement de point de vue est signalé par un symbole représentant le personnage narrateur. Toutefois on s'y fait vite car d'une part chaque personnage a une façon bien différente de s'exprimer : par exemple le Golgoth ( le chef de la Horde) s'exprime dans un langage bourru, le scribe de manière très pondérée, le troubadour tout en allitérations ou en jeux de mots. D'autre part l'auteur ne s'attache vraiment qu'à quelques personnages, les autres n'apparaissant que de manière plus anecdotique.

Ce livre m'a beaucoup plu pour deux raisons. Tout d'abord, l'intrigue est fascinante, on est emporté en même temps que les personnages dans une quête qui paraît tantôt magnifique, tantôt absurde. Nous sommes directement plongé au cœur de l'action dès le début, l'auteur utilisant la technique de l'« incipit in medias res ». Ensuite l'histoire est dilatée dans le temps, il peut s'écouler plusieurs mois entre deux chapitres, l'histoire reprenant à des moments clés du voyage. Mais ce qui est remarquable, c'est la manière dont l'auteur a allié la forme du texte à l'intrigue. Ainsi les vents sont représentés par des signes de ponctuation exprimant leur force. L'auteur s'exprime énormément en allitérations et les jeux de mots et de langue sont légion. Il y a un vrai travail de recherche sur la langue française. Par exemple à un certain passage de l'histoire les personnages se livrent à une joute verbale contenant entre autres un palindrome dialogué, un duel de poésie en monosyllabes, etc. Ce livre fourmille d'astuces d'écriture qui renforcent l'immersion dans ce monde étrange, comme par exemple la numérotation des pages qui est inversée pour donner au lecteur l'impression de « contrer » le livre, de même que les hordiers contrent le vent. On peut également noter une forte dimension poétique de ce texte, qui transparaît aussi bien à travers l'histoire elle-même que dans le ton, les dialogues, et la philosophie qui se dégage du roman. En effet l'auteur fait du vent pur, autrement dit le mouvement, la source de toute vie. Ainsi la force motrice qui nous anime ne serait que vent et souffle, une forme spirituelle du vent en quelque sorte.

A travers ce livre l'auteur nous dresse le portrait d'un monde singulier et d'une galerie de personnages attachants chacun à sa manière. A bout du compte chacun d'eux trouvera la signification et le sens de sa vie a travers les épreuves traversées jusqu'à l'ultime pirouette finale.



Jérémie, 1ère année Ed.-Lib.




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31 décembre 2009 4 31 /12 /décembre /2009 07:00
Pierre Bottero Le Pacte des Marchombres









Pierre BOTTERO
Le Pacte des Marchombres
, T.1, Ellana
Rageot Éditeur
Collection Les Mondes Imaginaires, octobre 2006













Ipiutiminelle, jeune orpheline humaine élevée chez les Petits à l’écart de sa race, est une enfant indépendante et pleine d’énergie. Frondeuse, insolente et joyeuse, elle cherche toujours de nouveaux défis à relever et de nouveaux dangers à affronter – comme embêter Humph le trodd dans sa mare.

Après une mauvaise rencontre avec des humains, elle décide de quitter les Petits pour partir à la recherche de ses origines. Arrivée dans le monde des hommes, elle va être confrontée à la violence et à la mort. Rapidement, Ipiutiminelle va devenir Ellana.

Au fil des ses pérégrinations, elle va rencontrer son destin grâce à un homme.

Marchombre. C’est désormais le mot qui guidera sa vie.


Plus qu’un concept, c’est une véritable philosophie de vie qu’invente Pierre Bottero dans son Pacte des Marchombres. Sans être moralisatrice, cette trilogie dévoile une mentalité inimitable fondée sur la liberté et le respect de l’autre. Ellana, incarnation parfaite du Marchombre guidé par sa seule conscience, est un courant d’air insaisissable, parfois meurtier, parfois caressant.

Oui, Ellana tue, et elle n’en éprouve pas de remords, mais elle n’y prend aucun plaisir et n’abuse pas de son pouvoir. Si tant est que cela soit possible, elle ôte la vie en reconnaissant la dignité humaine et seulement en dernier recours.

Merveilleuse ode à la liberté, cette fresque poétique dépeint un univers sain, plein de maturité et de tendresse.

Une vraie bouffée d’air frais destinée aux adultes autant qu’aux enfants. Pour trouver – ou retrouver – certaines valeurs et arrêter les lectures torturées. Positivons, malgré les douleurs, nous sommes en vie !

pierre Bottero

Décédé le 8 novembre dernier à l’âge de 45 ans, Pierre Bottero est l’un des auteurs phares de la fantasy française pour la jeunesse. Ancien instituteur à l’imagination débordante, il a écrit entre autres trois trilogies autour de l’univers de Gwendalavir : La Quête d’Ewilan, Les Mondes d’Ewilan et Le Pacte des Marchombres. Si l’histoire d’Ellana a été publiée en dernier, on peut très bien la lire indépendamment des deux autres séries, moins matures.



Avec une brève discussion au Salon du Livre de Paris 2009, j’ai rencontré un homme simple et ouvert, à l’écoute de ses lecteurs. Lui ne souhaitait pas être strictement classé dans la case jeunesse et déplorait cet état de cause. C’est donc en hommage à Pierre Bottero que je conseille à tous cette histoire superbe et sa philosophie merveilleuse qui peut toucher petits et grands.

Le mot de la fin :


« — Que deviennent les rêves qui se brisent ?
   — Les rêves ne se brisent pas.
   — Que deviennent les rêves qui se brisent ?
   — Le terreau des rêves à venir. »

(Le Pacte des Marchombres : T. 3, Ellana, la prophétie.)

Flore, 2e année Ed.-Lib.



Pierre BOTTERO sur LITTEXPRESS

Lire aussi l'entretien réalisé par Sibylle et Chloé

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27 décembre 2009 7 27 /12 /décembre /2009 19:00
Robin Hobb Le soldat chamane 1








Robin HOBB,
Le Soldat chamane, t1, La déchirure

traduit de l'américain
par Arnaud Moussier-Lompré
Pygmalion, 2006
 J’ai Lu Fantasy, 2008




 











Imaginez-vous dans un univers médiéval et magique comme la fantasy sait si bien les créer,  art que Robin Hobb maîtrise parfaitement. Imaginez-vous face à un héros encore jeune mais tellement prometteur qu’il sauvera sûrement son pays. Imaginez des tensions politiques légèrement plus que sous-jacentes et une guerre de conquêtes qui risque de s’éterniser. Imaginez la maladie qui rôde. Imaginez les nomades et leurs cultes païens qui résistent face à la société qui veut les civiliser. Vous vous croyez dans un univers de fantasy classique ? Bien sûr ! À quoi vous attendiez-vous ?

Maintenant, essayez de passer outre l’histoire, outre la magie et les querelles de pouvoir. Essayez, et vous percevrez un message à la fois écologique et anti-colonialiste.

Écologique car comment la terre et sa beauté  survivront-elles si l’homme s’acharne à détruire la nature pour construire des villes ? Comme le dit l’auteur, « ils avaient perdu le sens de la mesure ; l'homme ne pouvait plus réfréner l'homme : il faudrait la puissance d'un dieu pour le mettre en échec – mais il massacrait sans même s'en rendre compte leur seul dieu qui eût pu avoir la force nécessaire. »

Anti-colonialiste parce que, si vous remplacez les  nomades par les indiens d’Amérique et la classe dominante par les colons européens, je pense que la comparaison est flagrante. Difficile de ne pas aimer le nomade qui ne veut que sauver son peuple. Difficile de détester le père du héros, plein de bons sentiments et persuadé de rendre service aux « sauvages » en les civilisant. Difficile de ne pas comprendre les doutes et interrogations du personnage principal, tiraillé entre ces deux cultures. La rigidité contre le laisser-aller. La logique contre le rêve. Difficile de ne pas se sentir proche d’eux tous à la fois, personnages tellement humains aux questionnements si semblables aux nôtres.

Et si raconter l’histoire d’un autre monde ne servait qu’à mieux nous montrer le nôtre ?


Loriane B., 2e année Ed-Lib.

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25 décembre 2009 5 25 /12 /décembre /2009 19:00
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Lord DUNSANY
La Fille du Roi des Elfes

(The King of Elfland’s Daughter)
Traduit de l’anglais (Irlande) par Brigitte Mariot
Éditions Denoël 1976.
Collection Lunes d’encre, 2006.

 










Lord Dunsany (1878-1957)

 
Dix-huitième baron du nom, Edward John Moreton Drax Plunkett est né au château de Dunsany, dans le comté de Meath en Irlande en 1878. Il fit ses études à Eton et à Sandhurst, avant de servir comme officier des Coldstream Guards pendant la guerre des Boers, puis lors de la Première Guerre mondiale.

Lord Dunsany était un homme étonnant : écrivain et poète inspiré, chasseur passionné et voyageur infatigable. Lorsqu’il n’enseignait pas la littérature anglaise à Athènes, dont il s’échappa de justesse au moment de l’invasion nazie à la fin des années 30, il chassait le lion en Afrique, collaborait avec le poète et auteur dramatique William Butler Yeats au théâtre de Dublin, ou donnait des conférences en Amérique. Tout au long de sa vie aventureuse, il écrivit une soixantaine d’ouvrages : récits fantastiques, recueils de nouvelles, romans policiers, théâtre, poésie, autobiographie, essais et une traduction complète d’Horace.

 

L’histoire

 Sur la « Terre des Hommes », le peuple demande à son roi mourant d’être gouverné par un être surnaturel. Épris de loyauté envers son peuple, le roi demande donc à son fils, Alvéric, de partir pour la forêt féerique afin d’enlever la fille du roi des elfes, Lizarel. Après avoir combattu les gardes qui défendent son château, Alvéric parvient à conquérir Lizarel, et la ramène sur la « Terre des Hommes » où naît leur fils, Orion. Le Roi des Elfes, furieux, envoie un troll, porteur d’un message ensorcelé, qui lui ramène sa fille dans son monde. Alvéric entreprend alors, armé d’une épée forgée par la foudre, une quête insensée pour retourner dans le royaume des Elfes. Mais, protégé par la magie du Roi et défendu par toutes sortes de créatures improbables, celui-ci ne cesse de lui échapper au détour des prairies, sous-bois, et clairières. Pendant ce temps, Lizarel oublie peu à peu Alvéric, tandis que leur fils grandit et apprend à connaître les deux mondes différents de ses parents.

 

Le style et les personnages du roman

La Fille du Roi des Elfes est un conte de fée qui évite habilement tous les stéréotypes du genre, et s’adresse finalement à un public adulte. Il nous propose de découvrir ce qu’il advient après la fin de la plupart des contes qui se terminent par un mariage heureux. Ici, l’union est condamnée dès le début, de par la nature mortelle d’Alvéric et l’immortalité de Lizarel. L’histoire commence de manière assez conventionnelle puis décrit le parcours des trois personnages : Alvéric, Lizarel et Orion, qui évoluent tous au fil du récit. Alvéric prend conscience de la magie qui gouverne le royaume des Elfes, alors que Lizarel réalise qu’elle est d’une nature surhumaine, au milieu d’un monde rationnel. Leurs deux comportements trouvent un équilibre grâce l’existence de leur fils qui grandit loin d’eux, à la frontière, physique et psychologique, de leurs deux mondes. Ce dernier devient le seul à pouvoir comprendre leurs natures opposées.
sydney sime
 L’auteur réussit, au moyen d’une écriture très classique, à exploiter de nouvelles possibilités du fantastique pour décrire des territoires imaginaires peuplés de dieux, d’esprits, d’elfes et de magiciens. Il possède un sens très développé du surnaturel, qu’il utilise aussi bien  pour décrire des relations humaines, que pour peindre ses forêts imaginaires perdues dans la campagne anglaise du 19e siècle. Son style est visuel. Il rédigeait certains passages d’après les dessins de son illustrateur S.H. Sime. Ses descriptions sont ciselées dans les moindres détails et deviennent parfois de véritables exercices de style, comme le seront plus tard celles de Lovecraft. Ce dernier fut certainement l’un des auteurs les plus influencés par Dunsany, par son style, sa puissance onirique, et sa volonté de quitter le réel. Mais là où le maître de Providence explore toujours plus loin les ténèbres de ses mythologies antiques, Lord Dunsany les quitte pour emmener ses lecteurs vers des paysages lumineux aux couleurs chatoyantes et nuancées. La Fille du Roi des Elfes demande d’accepter le fantastique dans la littérature mais, en contrepartie, nous offre une histoire qui utilise de manière crédible les éléments du merveilleux épique sans jamais tomber dans la naïveté.

      Illustration de  Sydney Sime

Lord Dunsany était un traditionaliste qui méprisait les progrès mécaniques et écrivit l’intégralité de son œuvre à la plume d’oie. Son influence sur les écrivains de littérature fantastique de la première moitié du 20e siècle est immense. Howard Phillips Lovecraft, Robert E. Howard, Lyon Sprague de Camp, Clark Aston Smith et Fritz Leiber furent les premiers à subir cette influence. L’association de légendes pour créer ses propres mythes, les combats épiques, l’altérité entre un monde magique et notre réalité préfigurent les thèmes principaux de la fantasy actuelle. Sa filiation la plus récente est certainement le cycle de Lyonesse de Jack Vance, publié au début des années 80 et, plus récemment encore, Stardust et Neverwhere de Neil Gaiman.

Aujourd’hui La Fille du Roi des Elfes est considéré par beaucoup comme le chef-d’œuvre de Lord Dunsany. L’ouvrage disparut pendant plus de 40 ans après sa première édition en 1924. Il ne fut réédité qu’à la fin des années soixante en Angleterre et aux États-Unis. En France, Denoël le réédita à son tour en 1976, puis en 2006 dans la collection Lune d’encre, avec une nouvelle traduction.
 

François Giraud, 2e année édition/librairie.
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