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28 décembre 2010 2 28 /12 /décembre /2010 07:00

Jean-Auel-Les-enfants-de-la-terre-1.gif




 

 

 

 

 

 

 

Jean M. AUEL                                
Les enfants de la Terre

1. Le clan de l’ours des cavernes
traduit par Philipe Rouard

Presses de la cité, 2002

Pocket,   2005




 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Imaginez-vous un monde où l’Homme n’est encore que Néandertal, où l’ère des machines et de l’industrie n’existe pas encore. Une petite homo sapiens nommée Ayla est recueillie par une tribu ancestrale de Néandertaliens. On la voit grandir et évoluer dans un univers préhistorique après l’ère glaciaire, il y a 35 000 ans. On découvre des Hommes proches de la nature mais devant malgré tout lutter pour vivre.

image-2.jpgAprès des études documentaires poussées, Jean Auel, l’auteur de cet ouvrage, en a fait une saga de sept volumes qui à ce jour n’est pas encore terminée. Un long métrage, tiré du roman, sera notamment réalisé en 1986 par Michael Chapman, Le Clan de la caverne des ours, avec Daryl Hannah dans le rôle d’Ayla. L’auteur nous dépeint un monde préhistorique très détaillé qui nous permet d’apprendre de façon divertissante. Des plantes médicinales à la fabrication d’outils, on va étudier les coutumes et les modes de vie de nos ancêtres.

Le personnage étant très humanisé, le lecteur s’identifie à lui et se plonge dans un contexte qui lui fait oublier le monde dans lequel il vit.

Ayla n’est pas comme cette tribu qui parle par signes et sons gutturaux. Elle pleure, rit et parle. Pourtant elle doit renoncer à être ce qu’elle est. Elle va devoir lutter pour se faire accepter, respecter des coutumes et des lois qu’elle ne comprend pas. Comment grandir parmi des gens qui nous rejettent chaque jour et analysent sans arrêt nos actes ?

« Il est défendu de regarder dans le foyer du voisin, lui signifia Creb sévèrement. C’est mal, et c’est mal aussi de répondre quand un homme parle. Très mal. C’est compris ?
[…] Ayla était effondrée. Jamais Creb n’avait fait preuve de dureté envers elle. Elle le croyait content de son application à apprendre leur langage et voilà qu’il lui interdisait de regarder les autres pour en apprendre davantage. Décontenancée, blessée, les larmes lui vinrent aux yeux et coulèrent doucement le long de ses joues.
Iza appela Creb, soudain inquiet. Viens vite ! Ayla a quelque chose aux yeux. Les membres du Clan ne pleuraient que lorsqu’ils avaient une poussière dans l’œil ou s’ils avaient pris froid. Mais ils n’avaient jamais vu des yeux se remplir de larmes de chagrin. »

Elle incarne la fougue, l’impétuosité, la rébellion, mais aussi la solitude et la tristesse. En elle, Auel met en scène une jeune féministe de l’ère préhistorique, ce qui témoigne de son originalité. Contre toute loi, elle apprend à chasser comme les Hommes et sera maudite par la communauté à deux reprises.

Dans la préface de l’ouvrage, Jean Philipe Rigaud, Conservateur général du patrimoine et directeur du Centre National de Préhistoire, évoque ses impressions de spécialiste après la lecture du roman.
 
« À l’évidence, Jean Auel était bien documentée sur la faune préhistorique, sur la technologie de l’Homme de Neandertal ou sur celle de l’homme de Cro-Magnon. Elle [a su] tirer parti judicieusement d’un débat de spécialistes qui divisait depuis peu les Préhistoriens : l’homme de Neandertal, que l’imagerie populaire assimilait à tort à un homme primitif poilu et brutal, avait rencontré en Europe, il y a 35 000 ans, les premiers hommes modernes, l’homo sapiens sapiens. »

Il est intéressant de voir cette transition dans l’évolution de l’Homme, cette idée de lutte au sein de la même espèce qui évolue. Les Néandertaliens ne veulent pas changer, sont très attachés aux coutumes et aux traditions. C’est pour cela qu’Ayla est mise à l’écart. Dévalorisée et rejetée, elle est en réalité enviée. Elle leur fait peur car elle les menace. C’est ce qu’elle représente qui met en péril l’extension de leur race.

On n’est pas face à des barbares comme ils peuvent être vus par le grand public ; ce sont des êtres civilisés, qui image-3-coffret-saga.jpgont des convictions, des valeurs, des peurs et des envies, et surtout des sentiments. Ils prennent vie sous la plume d’Auel, et le lecteur est touché par cette émotion qui est transmise.
 
Ce qui frappe dans cette œuvre, c’est ce lien de communauté que valorise Auel. Dans la société actuelle où le bonheur individuel est primordial, on est nostalgique d’un monde où la vie semblait plus simple.

Mais pour un lecteur averti, derrière cet aspect de divertissement se trouvent en filigrane des explications plus complexes, avec notamment des références sur l’apparition de religions, sur la présence précoce de principes politiques, ou encore sur la condition de la femme.

Ce premier tome est le plus violent ; on est confronté à la soumission des femmes, à la brutalité d’un système dictatorial. On aperçoit petit à petit à travers la saga, des civilisations différentes qui nous permettront de découvrir la démocratie, l’amour ou l’amitié.
   
Le roman du clan de l’ours des cavernes et les autres tomes de la saga visent un certain public. En effet, d’un point de vue historique, ils s’adressent à un public envieux de découverte, à des personnes qui aiment lire et n’ont pas peur des longues descriptions.

De même, on peut donner une limite d’âge étant donné que certaines scènes peuvent être violentes (notamment quand Ayla va être violée), ou que de nombreuses scènes érotiques seront présentes dans les différents tomes de la saga.

L’auteur nous plonge ainsi dans un univers archaïque et peu connu, et nous passionne autant pour le monde qu’elle nous décrit, se fondant sur des faits archéologiques et historiques, que sur l’histoire d’Ayla.

C’est en conjuguant le côté intellectuel d’une fresque historique et le côté divertissant du roman, que Jean Auel arrive à conquérir ses lecteurs.

 

 

Élodie Lapierre, 1ère année Éd.-Lib.



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23 décembre 2010 4 23 /12 /décembre /2010 07:00

Jim-Dodge-Stone-Junction-1.gif

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jim DODGE
Stone Junction
Publié aux Etats-Unis en 1990
par The Atlantic Monthly Press
Traduit de l’anglais
par Nicolas Richard

Préface de Thomas Pynchon

Le Cherche Midi,

Collection Lot 49, 2008

10-18, 2010

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Stone Junction est l’histoire de Daniel Pearse, mais c’est aussi celle d’Annalee Faro Pearse, de Jessal Voltrano ou Volta, ou encore de Jennifer Raine.

Stone Junction est un roman initiatique, mais aussi la quête d’un diamant, ou encore le récit d’une vengeance.

Enfin Stone Junction, c’est aussi de l’humour, de la noirceur, de la folie et enfin de l’amour.

Comme le dit l’auteur, Stone Junction est «une grande oeuvrette alchimique ».

« Daniel Pearse est né le 15 mars 1966, par un matin pluvieux. Il n’a pas eu droit à un deuxième prénom car sa mère, Annalee Faro Pearse, avait déjà eu toutes les peines du monde à lui trouver un prénom et un nom de famille — le nom de famille surtout. Elle avait beau se creuser la tête, le père de Daniel aurait pu être n’importe lequel parmi sept hommes ».

Daniel naît ainsi, sans père, mais avec une mère formidable qu’il aimera toute sa vie. Ils font ensemble la connaissance de l’AMO, ce qui signifie Alliance des Magiciens et Outlaws ou Alchimistes, Magiciens et Outlaws (selon ce qu’en dit chaque membre), société secrète qui protège les hors-la-loi. Cependant leur vie va être bousculée par l’apparition de Shamus Malloy : « Un contrebandier professionnel, un alchimiste métallurgique, un bandit révolutionnaire », de qui Annalee tombe amoureuse. Elle prend ainsi part à la quête improbable de Shamus : voler de l’uranium à l’État américain. Cependant, sans que l’on sache comment, Annalee est tuée par l’explosion d’une bombe.

 
Un apprentissage

À son réveil à l’hôpital (il était avec sa mère), Daniel fait la connaissance de Volta, un des membres les plus importants de l’AMO, qui lui propose de rejoindre son organisation et d’être éduqué par nombre de ses professeurs. Proposition à laquelle Daniel consent, sous réserve de pouvoir ensuite chercher qui a tué sa mère.

Daniel part ainsi dans un ranch où il fait la connaissance de Wild Bill. Durant un an, Daniel doit méditer matin, midi et soir. Il travaille avec Wild Bill sur ses problèmes psychiques, notamment son incapacité à rêver depuis la mort de sa mère. Il va être soumis à la vision de la mort de sa mère, épreuve à laquelle le contraint son professeur.

Ensuite, Daniel part dans une exploitation agricole et rencontre son nouveau professeur : Mott Stocker. Celui-ci l’initie aux drogues en tous genres.

Le troisième professeur est William Clinton, crocheteur de coffres, dont le but n’est pas d’obtenir ce qui est dans le coffre mais « simplement » de l’ouvrir.

Daniel rencontre ensuite Bad Bobby Sloane, joueur invétéré, qui va apprendre à Daniel à exceller dans tous les jeux possible.

Apparaît peu après Jean Bluer, maître du déguisement mais aussi des arts martiaux.

Enfin, après tous ces précepteurs, Daniel reçoit l’enseignement de Volta. Celui-ci a la capacité de devenir invisible, pratique dangereuse à laquelle il ne se soumet plus, de peur de ne plus pouvoir « revenir » dans le monde réel. Volta constitue l’achèvement du parcours initiatique de Daniel.

 
L’alchimie, une science qui s’attache aux quatre éléments de la nature

« L’air », « La terre », « L’eau » et « Le feu » sont les quatre chapitres du livre. Chaque chapitre arrive à un point culminant de l’histoire.

On passe au chapitre 2, « La terre », lorsque Daniel accepte d’entrer dans l’AMO. Puis on arrive dans le chapitre 3 quand Daniel réussit pour la première fois à disparaître. Enfin, le chapitre 4 commence quand Daniel doit rencontrer son alter ego : Jennifer Raine.

Cette division du livre montre la rigueur de l’auteur dans son raisonnement et l’attachement qu’il accorde à la logique de l’histoire.

 

Une quête

Lors de l’enseignement de Volta, nous apprenons que son but est de voler un diamant gros comme une balle de bowling, détenu par le gouvernement américain. Ce diamant apparaît à Volta dans ses rêves. Daniel va utiliser son pouvoir de disparaître pour voler le diamant. Ce vol est ce qui va causer sa perte. En effet, le pouvoir du diamant va être supérieur et il va obséder Daniel à tel point que celui-ci va le pousser à fuir sur les routes afin de continuer à posséder le diamant. Le dernier tiers du roman est dominé par le vol du diamant et l’obsession de Daniel.

Enfin, lors de sa déchéance, Daniel fait la rencontre de Jennifer Raine, jeune échappée d’un hôpital psychiatrique qui a une fille imaginaire. Ces deux personnages vont se correspondre totalement car dès le départ, sans que cela soit vraiment expliqué ou même explicable, Daniel voit sa fille, Mia. Le dernier chapitre raconte leur rencontre et l’amour immédiat qu’ils éprouvent l’un pour l’autre. Cependant Daniel est toujours obsédé par le diamant et va, à la fin, se retrouver happé par lui.

 
La noirceur des personnages

La folie et la malfaisance de certains personnages peut frapper.

Ce n’est qu’au milieu du livre que l’on prend conscience de la folie de Shamus Malloy. Celui-ci, dans des accès de violence rare, se révèle schizophrène. Il parle avec sa main gauche, brûlée par de l’argent lors d’une expérience. Sa main représente le mal qui est en lui.

L’auteur fait aussi la critique de notre société, par l’utilisation de personnages secondaires cruels et égoïstes. Comme ce patron de pizzeria qui insulte ses employés ou ce tueur professionnel cruel…

Enfin l’auteur critique le fonctionnement des institutions gouvernementales comme la CIA en utilisant des personnages incompétents.

 
Stone Junction est un livre très complet qui a pour vocation principale de détendre mais aussi de nous amener à une réflexion sur le fondement du mal et de la folie. Les dernières phrases du livre, qui sont extraits du journal intime de Jennifer Raine illustre l’état d’esprit du livre entier :

« Je sais que dalle. Ça doit vouloir dire que je suis saine d’esprit. Ce qui est un excellent point de départ pour redevenir dingue ».
 

Marine G., 1ère année Éd.-Lib.

 

 

 

 

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12 décembre 2010 7 12 /12 /décembre /2010 07:00

Kawami-Hiromi-les-annees-douces.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

KAWAKAMI Hiromi
Les Années douces
(Sensei no kaban)
traduit du japonais
par Elisabeth Setsugeru
Philippe Picquier, 2003
Picquier Poche, 2005






 

 

 

 

 

Kawami-Hiromi.jpgL'auteure

Kawakami Hiromi est née à Tōkyō le 1er avril 1958. Diplômée de l'école pour femmes Ochanomizu, elle a reçu plusieurs prix littéraires pour ses écrits dont le prix Akutagawa pour Hebi (w)o furu (Marcher sur un serpent) en 1996 et le prix Tanizaki pour Les Années douces (sensei no kaban ou La Sacoche du professeur) en 2001. Sa première nouvelle, Kamisama (Dieu) fut publiée en 1994 et lui a permis de lancer sa carrière d'auteure encore très en vogue aujourd'hui au Japon.
   

 

 

 

Sensei no kaban

On chercherait bien en vain dans ce livre de l'action palpitante ou des énigmes trépidantes. Les Années douces relatent l'histoire de Tsukiko, quadragénaire et célibataire endurcie, et sa relation ambiguë avec l'un de ses anciens professeurs au lycée, Matsumoto Harutsuna. La rencontre a lieu bien des années plus tard, dans un petit troquet près de la gare et Tsukiko a bien du mal à se souvenir de cet homme dont les cours de littérature ne l'intéressaient guère. Le passé remonte alors tranquillement dans leur conversation autour d'une bouteille de saké.

Par la suite, Tsukiko et « le maître », comme elle tend à l'appeler le plus souvent, se retrouvent régulièrement dans ce petit bar en compagnie du tenancier, puis au marché, puis s'instaure une relation amicale entre eux, un lien ténu qui pourtant ne cesse de grandir durant ces quelques échanges, ce temps passé ensemble.

Le livre est bâti sur une succession de petites vignettes, des instants de vie sans réelle importance, si ce n'est le souvenir. Ils forment la porte qui nous permet de comprendre comment, au bout de tant de temps, une relation plus sérieuse a pu s'installee entre Tsukiko et « le maître ». Le ton du texte est léger, détendu, presque nostalgique pendant que l'on observe en silence les errances des deux protagonistes. On en vient même à trouver naturel de les voir si liés, ensemble, presque par hasard.

De plus, ces pages de vie nous permettent également d'avoir un aperçu de la culture japonaise, et des différence entre les générations, notamment avec les manières de servir le thé, les petits rites du voyage ou même les habitudes de vie.

Ce n'est pas l'un des meilleur livres que j'aie lus jusque là, mais il y avait dans l'écriture un sentiment de paix sereine et tranquille qui semblait dire : « ce n'est pas grave si tu ne me li pas vite, prends ton temps et découvre ». Cette impression, je l'ai retrouvée dans un ou deux autres livres d'auteurs asiatiques avec cette manière de laisser les choses se faire, s'installer, et de décrire les plus petites scènes, parfois d'une banalité affligeante. Mais c'est cette banalité qui en fait tout la richesse, car la puissance de la vie ne s'exprime pas par ce qu'elle est en tout exceptionnelle et mouvementée, mais dans la manière dont on se souvient de ces petits instants de bonheur perdus dans le temps. L'instant éphémère est très présent dans les cultures asiatiques qui ont appris à le chérir, en particulier lors des si célèbres Ō-hanami (grande vision des fleurs), fêtes, ou tout simplement retrouvailles, dans des parcs pour admirer des cerisiers en fleurs, puisque cette floraison ne dure en général que très peu de temps.


Bibliographie

 

Site Picquier

 

Shunkin.net

 

 Wikipedia

 

 

Marine, 1ère année Éd.-Lib.

 

 

 

Une librairie de référence pour la littérature japonaise : SHOTEN.

 

Shoten

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22 novembre 2010 1 22 /11 /novembre /2010 07:00

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Kenneth COOK

Le Koala tueur

et autres histoires du bush

Éditions autrement

Collection Littératures, 2009

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Biographie

Kenneth Cook est un écrivain d'origine australienne qui a vécu de 1929 à 1987. C'est à trente-deux ans qu'il publie son premier roman, Wake in Fright (Cinq matins de trop), adapté au cinéma en 1971 sous le titre Outback et considéré comme un classique dans son pays.

 

 

Bibliographie

  • Wake in Fright, 1961. Trad. Cinq matins de trop, éd. Autrement, 2006.
  • The Judas Fish, 1983.
  • Vantage to the Gale, 1963 (sous le pseudonyme de Alan Hale).
  • Chain of Darkness, 1962.
  • Stormalong, 1963.
  • Wanted Dead, 1963.
  • Bloodhouse, 1963. Trad. À coups redoublés, éd. Autrement, 2008.
  • Take this Hammer, 1963.
  • Tuna, 1967. Trad. Par-dessus bord, éd. Autrement, 2007.
  • Eliza Fraser, 1976.
  • Play Little Victims, 1978.
  • Pig, 1980.
  • Killer Koala, 1986. Trad. Le Koala tueur et autres histoires du bush, éd. Autrement, 2009.
  • Wombat Revenge, 1987. Trad. La vengeance du wombat et autres histoires du bush, éd. Autrement, 2010.
  • Frill-necked Frenzy, 1987.

 

 

Le livre

C'est un recueil de quinze nouvelles sur les animaux d'Australie et les habitants du pays. Kenneth Cook aime parler des hommes ayant un penchant pour l'alcool ; les personnages sont généralement dans une situation compliquée mais fort heureusement trouvent toujours une solution.

 

Résumé de deux nouvelles


« Alcool et serpents »
 

 

Un homme passionné par les serpents tombe ivre mort dans son vivarium, les serpents sont sur lui en train de faire la sieste et son ami ne sait comment faire pour se débarrasser des serpents sans que son ami se réveille brusquement.
 

 

L'histoire qui ouvre le recueil nous annonce la couleur de ce qu'on trouve chez Kenneth Cook, des hommes ivres avec des animaux dangereux, ici le serpent, le King brown, qui prend une place importante dans l'histoire. Contrairement au reste des serpents lui décide de ne pas se laisser faire, il ne veut pas partir du dos douillet de son maître et ose attaquer le narrateur.


"Je le taquinai une nouvelle fois avec le râteau et il frappa. Le choc des crochets contre les dents de métal carillonna faiblement. Blackie m'avait averti que ce n'était pas bon pour leurs crochets. Je m'en fichais bien. Comme je le poussais encore, il se mit à ramper en direction de Blackie, lui grimpa sur le dos et s'y lova en me jetant un regard menaçant. Il semblait bien plus énervé qu'avant ; j'attribuai cela à son mal de dents."

 

 

« Le koala tueur »


Mary Anne et le narrateur vont sauver les koalas qui n'ont pas les bonnes feuilles d'eucalyptus à portée de main. Les choses semblent simples au départ mais rapidement le délogement va se compliquer.
 

 

« Pour attraper un koala il suffit de le prendre par surprise, de le faire sursauter : il chute de sa branche et vous l'emprisonnez dans un filet. C'est en tout cas ce que Mary Anne m'avait raconté. Elle avait oublié de préciser que ça ne marche qu'avec les koalas coopératifs. »


Kenneth Cook arrive encore à faire passer cette scène qui semble durer des heures et des heures pour le pauvre personnage principal, il vit une véritable scène tragique mais il faut bien avouer qu'elle est plutôt comique.

 


« Je fis un effort considérable pour me hisser sur la branche du koala. Je n'étais à guère plus que ma hauteur du sol et, en tendant le bras, j'aurais pu toucher l'animal. Il n'était pas loin de ma tête ; je la tins prudemment hors de sa portée.


– Hou ! beuglai-je.


Le koala ne broncha pas. Je m'approchais donc de lui en glissant sur la branche. Qui céda. Branche, koala et moi-même tombâmes abruptement dans un épais tapis de fougère.

 


Le koala s'affala sur le dos. Je chutai et m'étalai sur lui de tout mon long. Je n'arrivais plus à voir la bête sous la masse de mon corps, mais je savais qu'elle y était car elle grognait, s'ébrouait et essayait de creuser un passage à l'air libre dans ma tendre chair.»

 

 

Mon avis


Les histoires ne sont pas amusantes en soi mais l'auteur a une façon d'écrire qui vous fait rire :  il fait passer des événements dramatiques pour un gag de dessin animé. Le style d'écriture est simple, les mots coulent d'eux-mêmes et donnent un confort de lecture et une rapidité due notamment au fait que les histoires sont assez courtes.

 

Mon avis sur les deux nouvelles.


Tout au long de la première nouvelle on suit la bataille acharnée entre les deux personnages, le narrateur et le serpent, la situation telle qu'on se l'imagine fait vraiment penser à une scène tirée d'un dessin animé.


On voit dans la deuxième nouvelle choisie le côté sombre du koala, différent de l'image qu'en donnent les reportages à la télévision où ils passent pour d'adorables nounours en peluche grandeur nature. Les koalas sont en fait comme la plupart des chats ; essayez de déloger un chat qui fait sa sieste et il sortira les griffes. Tout cela rend la scène plus drôle qu'elle n'est réellement et place le koala au centre de l'histoire.

 

 

Chloé, 1ère année Bib.-Méd.-Pat.

 

 


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31 octobre 2010 7 31 /10 /octobre /2010 09:50

Jim-Morrison-Ecrits.gif

 

 

 

 

 

Jim Morrison
 Écrits
traduit de l'américain
par Yves Buin et Richelle Dassin,
Christian Bourgois, 1993                 
réimpression novembre 2005
                                                                                                            


 

 

 

« C’était un enfant du siècle. Un chaman, un sorcier qui a captivé et captive encore les imaginations parce qu’il était possédé par tous les démons exaltés de l’Amérique et du monde moderne. Un demi-dieu maudit, un Icare électrique, mais si proche de nous, pourtant, de nos frustrations et nos espoirs… »
Hervé Muller

 

 

Le poète maudit

James Douglas Morrison, né le 8 décembre 1943 en Floride , était plus connu sous le nom de Jim Morrison ou encore celui du Roi Lézard pour les adorateurs de son œuvre musicale. Dès son enfance, Jim se passionna pour la littérature. Il écrivait des poèmes, des journaux intimes et enrichissait sa culture par de nombreuses lectures. Il fréquenta une école de théâtre et de cinéma (UCLA) et c’est lors de ses études qu’il rencontra les futurs membres de son célèbre groupe : The Doors. Cependant, pour pouvoir ouvrir les « portes de la perception » (expression qui a donné son nom au groupe), Jim n’hésita pas à se noyer dans la drogue et l’alcool. Il construisit peu à peu sa renommée par son charisme et ses excès lors de ses prestations musicales. Il fut souvent inculpé pour de nombreuses raisons : outrage à la pudeur, exhibitionnisme, outrage à agent... Au fil des années, Jim se bâtit une image de sex symbol, celle de l’homme aux boucles brunes, au regard perdu dans le vide, moulé dans son pantalon de cuir noir et déchaînant les foules en se donnant en spectacle de toutes les façons imaginables. Malgré cette représentation bien réelle que nous avons de Jim Morrison, nous ignorons beaucoup de son âme et de l’homme qu'il était réellement. Nous autres, humains, avons l'habitude de juger l’homme à ses actions mais ce qu’il nous reste de Jim est bien plus révélateur que tout le désordre qu’il a pu laisser derrière lui.  En effet  il nous reste du chanteur mais surtout du poète des recueils comme « Arden lointain », « La nuit américaine », « Prière américaine » ou encore « Seigneurs et nouvelles créatures » regroupés notamment dans Écrits.

Usé par une vie de débauche et de tourment perpétuel, Jim s’éteint le 3 juillet 1971 à Paris, à peine âgé de vingt-sept ans. Il est enterré au cimetière du Père Lachaise.


Un monde infini nous est laissé dans les nombreux écrits enfantés par son esprit tordu et mystérieux, dont le sens restera à jamais indécelable.

Il fait partie de ceux qui resteront à jamais gravés dans les mémoires pour être mort si jeune et avoir laissé derrière lui un univers tout entier autant dans ses écrits que dans sa musique.

 

Écrits

Avoir les Écrits entre les mains c’est se retrouver avec un ouvrage hors du commun autant par la forme que par le fond. En effet, l’ouvrage publié par Christian Bourgois possède une structure très particulière. Tout d’abord  Écrits est un volume imposant comptant en tout 1182 pages. Cela est dû à la particularité de cette édition qui présente les écrits de Jim Morrison en version bilingue : sur les pages de gauche les textes originaux en anglais et sur celles de droite, en parallèle, la traduction en français. Cette édition est imposante également parce qu’elle regroupe la totalité des écrits de Jim Morrison mais également les paroles de la majorité des chansons créées par le groupe The Doors (Trois « chapitres » en tout concernant les paroles de chansons : L.A Woman, Morrison Hotel, ainsi qu’un long « chapitre » intitulé simplement « The Doors »). On retrouve donc successivement les recueils : « Seigneurs et nouvelles créatures », « Une prière Américaine », « Arden Lointain », « Wilderness », « La nuit américaine ».

Pour ce qui est de la forme des textes, l'éditeur semble avoir voulu conserver les écrits tels qu'ils furent trouvés, sans doute afin de respecter l'idée que Jim Morrison se faisait de ses écrits ; Jim Morrison voulait susciter la critique, la réflexion et semer le désordre dans l'esprit des lecteurs. En effet la majorité des textes ne possèdent aucun titre et sont répertoriés dans le sommaire par les premiers mots qui les composent. Certains textes peuvent n'avoir ni ponctuation ni mise en forme, ils sont jetés sur le papier sans souci de beauté ou d'apparence.

Ce qu’il y a de particulier avec ces écrits c’est que l’on peut aisément dire qu’ils ne veulent pour la majorité rien dire, qu'ils n’ont aucun sens pour un lecteur et pour toute personne extérieure à l’esprit absurde de Jim Morrison. Aucun sens notamment car nous nous retrouvons souvent face à des phrases jetées au hasard sur une page blanche, sans début ni fin cohérente. Alors où est l’intérêt de lire des textes que l’on ne comprend même pas, me direz-vous ? Je vous répondrai simplement que le Génie ne peut pas être ignoré et jeté aux abysses. Lorsque nous le lisons, nous savons irrévocablement qu’il est là, nous ne pouvons pas passer à côté, il est imprégné dans chaque lettre, chaque mot, chaque brin de phrase, de vers ou de prose.

Certaines pages ne contiennent en tout et pour tout qu’une phrase perchée en haut du feuillet. Puis une page blanche s’ensuit. Nous pourrions imaginer que face au mystère de ces quelques mots mis bout à bout nous avons besoin d’un vide, d’un moment de réflexion pour nous permettre de mettre de l’ordre, de comprendre l’idée que le poète a voulu exprimer. Nous avons besoin de chercher un message dans tout ce que nous lisons, c’est pour cela que nous sommes déroutés face aux textes de Jim Morrison, car nous ne voyons au premier abord aucun message. Les textes sont dépourvus du  schéma classique auquel nous sommes habitués. C’est ainsi que j’ai pensé à une phrase dite par Kafka en 1904 : « Un livre doit être la hache qui fend la mer gelée en nous ». Et cette citation m’a semblé tout à fait adaptée à l’œuvre du poète maudit qui brise tous les codes, toutes les règles, qui parle si aisément de ce dont on ose parler et qui nous emmène loin, ailleurs, par-delà les banalités et l'ordinaire...


Lorsque l’on ouvre le livre et que sur la première page des Écrits nous lisons :

            « Regarde où nous vénérons »,

nous avons le droit de nous demander si nous ne nous sommes pas fait arnaquer ! Mais plus nous avançons dans l’œuvre, plus nous réalisons que l’univers dément dans lequel nous avons décidé de nous plonger va changer à tout jamais notre vision du monde. Et notre conception de la poésie, des sentiments, des hommes… Tout est remis en question par de simples phrases telles que « Tout jeu contient l’idée de mort ». Comment rester indifférent à une telle affirmation ? Et surtout comment ne pas lui donner raison ? Dès l'enfance, nous jouons à des jeux qui inconsciemment contiennent  l'idée de mort. On inculque en nous l'idée du Bien et du Mal mais surtout l'idée de mort.


En lisant tous ces textes, on comprend que Jim Morrison était totalement obsédé par la Mort, c’était devenu une fascination. C'est ce qui, certains le pensent, l'a mené a sa perte, c'est cette fascination de l'au-delà, ce désir de savoir ce qui nous attend après la mort.

Il aborde principalement des sujets comme le désespoir, l’oppression, le sexe mais aussi la passion de vivre et l’amour. Il faut admettre que Jim Morrison était quelque peu dérangé dans sa façon de vivre comme dans ses écrits, mais était-ce seulement dû à la drogue ? Certains ne verront en ces phrases que des mots dépourvus de sens, ils ne vont alors pas chercher à comprendre. Pour certains hommes, lorsque notre écriture n'entre pas dans des codes déterminés, elle ne vaut pas la peine d'être lue, elle est simplement jugée mauvaise et sans fond. Il faut pouvoir aliéner son esprit comme Jim l’a fait, pouvoir se laisser glisser dans une folie passagère pour planer avec ses mots, ses idées, ses frustrations et ainsi réécrire le monde.

Par delà ses problèmes d’alcool et de drogue en tout genre, Jim était un homme marqué notamment par un événement de son enfance : il fut confronté dès son plus jeune âge à l’image d’un accident de la route où il vit des cadavres d’indiens gisant sur la route, du sang, des morts… Tout cela a laissé une empreinte au fer rouge dans l’esprit du jeune garçon. Cela donna plus tard la chanson « Riders on the Storm » des Doors. Mais le plus intrigant dans cette expérience c’est que Jim disait dans une interview au sujet de tous ces morts couchés sur la route, que toutes les âmes étaient sorties de leur corps d’origine et étaient venues s’installer dans son corps. Cela s’expliqua plus tard par sa fascination pour la mort mais également pour le chamanisme. Ce sujet est notamment abordé couramment dans ses écrits.

Il nous faut nous pencher plus en profondeur sur les sujets abordés par Jim dans ses nombreux écrits : la mort, l’oppression, la passion de vivre, la religion, l’humanité dans son intégralité, le sexe, le cinéma, la photographie et l'image en général, la ville/ l'urbanisme, le chamanisme mais aussi les reptiles et surtout les serpents qui le fascinaient. Il aimait d’ailleurs se faire appeler le Roi Lézard.

Dans différents écrits de Morrison, on rencontre l’idée que l’Homme est un être incontrôlable par les autres mais également par lui-même, qu’il est dominé par un pouvoir qui le dépasse et devient trop souvent victime de lui-même, de l’horreur qui le compose et le définit. On trouve souvent un vocabulaire riche en termes violents et sanglants.

Jim Morrison attache également beaucoup d’importance au détail, à la désignation des choses par des mots qui marquent, des mots qui donnent de la force à sa phrase. Il n’écrit pas pour la douceur ni pour que ses phrases soient limpides, il semble plutôt chercher à … fendre notre mer gelée. Ce qu’il y a de bénéfique avec un tel choix de mots, c’est que notre esprit est plus facilement marqué par la dureté que par la douceur, par la souffrance que par la joie…

 

Pour la couverture du livre, l’éditeur a choisi un cadre sobre avec au centre une photo de Jim Morrison, dont la couleur, rose, ne passe pas inaperçue. Ce qui touche, ce qui marque c’est cette profondeur du regard qui est en parfait accord avec les écrits de Morrison. Le poète veut, nous faire regarder, droit dans les yeux, des faits, des idées, des horreurs, des vérités… Il veut nous dire qu’il ne faut pas avoir peur de dire les choses telles que nous les voyons, qu’il ne faut pas nous préoccuper de la forme de notre message, mais simplement chercher à transcrire notre pensée sur le papier, à imprégner nos mots de notre joie, de notre souffrance, de notre vision du monde.

Lire les Écrits c’est se trouver face à des textes bruts, qui ne furent pas composés à l’origine pour la publication et qui, selon Jim, doivent susciter la critique avant tout. Il n’a pas cherché à toucher le lecteur par la beauté d’une mise en forme ou par la douceur de sa prose. Il a réussi à nous mettre mal à l’aise, à nous perdre au milieu de mots incompréhensibles. Il a simplement réussi à nous faire réfléchir. N’est-ce pas le but du livre ? Toucher son lecteur au point que celui-ci soit poussé à la réflexion, à l’introspection même, n’est-ce pas ce que recherche tout écrivain ?

 

 

«  Tout est vague et vertigineux. La peau enfle

Et il n’y a plus de distinction entre les parties du

Corps. On est gagné par le son de voix menaçantes,

Moqueuses, monotones. C’est la peur, c’est l’attirance

De la dévoration. »   (page 33).



Ce qu’Écrits m’a apporté, c’est la certitude que, quoi que la société puisse dire, ce que nous écrivons, ce que nous chantons, ce que nous créons est avant tout une vision du monde, la nôtre. Elle peut être critiquée, adorée ou brisée, elle reste mienne et vraie à mes yeux. Et si je l’écris sur le papier, si je décide de montrer au monde mes écrits, c’est que je considère qu’il y a quelque chose à dire, à dénoncer, à changer, à briser. C’est ce qu’a fait Jim Morrison ! Et par le biais de ses écrits mais aussi de ses chansons, il a ouvert en moi les portes de la perception.

 Jim-Morrison.jpg

« Je suis un être humain, sensible, intelligent, affligé de l’âme d’un clown qui me force toujours à tout gâcher aux moments les plus importants… »

Jim Morrison


Marion Ollivier, 1ére Année Édition-Librairie

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10 septembre 2010 5 10 /09 /septembre /2010 07:00

Gougaud-L-homme-qui-voulait-voir-Mahona.gif

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Henri GOUGAUD
L’homme qui voulait voir Mahona
Albin Michel
Points, 2009

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

henri-Gougaud.jpgHenri Gougaud est né tout près de Carcassonne en 1936. Sa jeunesse a été marquée par la guerre ;il fait sa scolarité en élève moyen et, après son baccalauréat, part pour Toulouse étudier les lettres modernes. Poète dans l’âme, il se passionne très vite pour une « littérature d’illettrés », l’univers du conte et de la langue occitane, des récits sans auteur qui ont voyagé grâce à la tradition orale.

Dans la même ville, il débute sa carrière de compositeur-interprète, continue jusqu’à Paris où il arrête la musique et devient parolier de chansons pour Jean Ferrat, Juliette Gréco et Serge Reggiani entre autres.

En 1969, après les « événements » de mai 68, il crée avec des amis une maison d’édition, Bélibaste, qui publie des textes de tendance anarchiste. Il est aussi homme de radio à France Inter.

Aujourd’hui, c’est une figure majeure dans le monde du conte et il consacre aussi une partie de son temps à l’écriture de romans. Il sait sans aucun doute nous transmettre son amour des mots.

La première question que l’on se pose quand on lit le titre est : qui est ce Mahona ? Bien avant d’ouvrir le livre, s’éveille en nous l’envie de découvrir qui se cache derrière ce nom.

Le récit est conduit du point de vue d’Alvaro Nuñez Cabeza, à la première personne ; celui-ci écrit son histoire à son fils : « À vous, mon fils, l’entière vérité. À vous mes fatigues, mes désespoirs, mes naufrages, mes renaissances, ma force et ma mémoire. ». Il raconte un peu ses origines et beaucoup sa rencontre avec sa mère indienne, Maïna. C’est une écriture plutôt proche de nous qui nous met à la place du fils et la facilité avec laquelle on entre dans le roman est sans nul doute due à l’oralité naturelle du conteur qu’est Henri Gougaud. Le point de vue interne entraîne inévitablement une position d’écoute, d’attente du lecteur qui sent que les personnages en savent plus que lui.

Celui qui voulait voir Mahona raconte l’épopée de sept cents conquistadors espagnols partis aux Amériques, plus précisément en Floride, prêcher la bonne parole et trouver de l’or. Mais autant la cruauté de l’homme que la colère de la Nature feront que de ce voyage seuls deux hommes survivront : Alvaro et Esteban, ancien esclave.

Alvaro nous raconte sa vie en trois parties : la première relate son voyage en mer et l’arrivée sur les nouvelles terres. La deuxième commence en même temps que sa nouvelle vie indienne. Enfin, la troisième parle du dernier village où lui et ses compagnons ont vécu et son retour en Espagne. Parfois, certains chapitres écrits en italique sont les prises de « parole » de Maïna, l’épouse d’Alvaro.

Avant d’entrer un peu plus en détail dans l’histoire, il est important de souligner que même si le fil conducteur du roman est la vie du narrateur, sa construction insère en permanence contes, légendes, vies racontées et aventures vécues (contes païens, conte de « l’Esprit du Soleil », amour d’Illa pour Andrés, de Maïna et Alvaro, de Fahima et Esteban, histoire du trésor caché, mort d’Andrés, vie de feu Zio, frère de Fahima, vie royale de la princesse appelée maintenant La Mauvaise).

La première partie est en quelque sorte un très grand incipit, du moins elle en a la fonction. On découvre les mensonges racontés aux soldats pour justifier le traitement inhumain et injuste qu’ils infligent aux Indiens. Seul le frère Juan, torturé par les atrocités commises, semble prendre à cœur et en pitié le sort des autochtones et agit en leur faveur mais malheureusement il meurt assez vite, événement qui clôt la première partie.

Dans cet épisode, Esteban possède la particularité de ne s’adresser aux autres qu’en racontant de petites histoires. Il est l’esclave de Dorantes Andrés, un ami de jeunesse et frère d’armes d’Alvaro : « C’est un compagnon d’assez bon aloi. Il parle souvent de la vie, des étrangetés du monde par dictons, contes ou proverbes, ce que je trouve plaisant, quoique saugrenu. Ses silences sont quelquefois d’une remarquable insolence, ce que j’admire mais réprouve. […] – Il est vrai que les contes sont de très serviables compagnons, fils d’Adam, mais crois-en le nègre qui te parle, personne, pas même le roi d’Espagne, ne peut faire d’eux des esclaves. »

Les hommes de religion sont présentés comme des êtres sans cœur :

« il nous déclara que la totale extermination des infidèles était la condition première du très désiré retour du Christ sur la terre. Après quoi, cognant l’air du poing, il nous affirma que les peuples indiens étaient les descendants de Caïn le maudit, […] ce moine à la figure aiguë nous dit qu’ils étaient des sauvages cannibales peu distants des animaux, et qu’il convenait d’être avec eux de la plus impitoyable et constante cruauté afin de ne point leur laisser le moindre loisir de supposer qu’ils étaient des hommes. ».

Les soldats eux ne cherchent que l’or qu’on leur a promis. Ce sentiment de supériorité face à ces « sauvages » n’est finalement que l’expression du pouvoir qu’a la religion sur les hommes et puis aussi la peur de toutes ces nouvelles vies.
Mais finalement, il va y avoir un renversement de situation dans la deuxième et troisième partie : l’Espagnol fort et aveuglé va devenir un être impuissant et aveugle ; la leçon n’a pas été donnée par ceux qui venaient du « ciel d’en bas » (la mer) mais par ceux nommés sauvages. « Ici commence la périlleuse errance d’Alvaro Nuñez Cabeza de Vaca votre père qui s’en fut conquérant et revint désarmé. »

Les thèmes qui reviennent constamment sont la quête d’un trésor, la religion ou plutôt la croyance, la foi, qui tient une place quasi constante tout au long du récit, et la Vie, son essence et ses différentes formes. D’autres thèmes sont aussi présents et importants comme l’Amour, la modestie, l’ignorance, la générosité, la peur, l’espoir, beaucoup de sentiments humains qui sont revisités. Chaque fois, le thème est abordé sous différents points de vue et présenté de différentes manières afin que chacun puisse à sa manière se (re)trouver.

Dans ce roman il y a sans cesse une remise en question de la présence de l’être humain, de ses sentiments, de ses actes : qu’est-ce véritablement que la générosité ? La richesse ? Que lui faut-il pour sa survie ? A-t-on nécessairement besoin de chercher une réponse à tout ? Existe-t-il une seule et unique manière de croire au même Dieu ?

Toutes ces questions sont posées dans le roman et Alvaro nous donne les réponses que sa vie en Floride lui a apportées. De plus, il nous montre comment l’Espagnol aurait pensé et comment l’Indien agit. Une des premières choses qui lui ont sans doute fait comprendre la manière de vivre des Indiens est la question de la possession : l’Espagnol n’est riche que s’il possède beaucoup d’or, des esclaves, des terres, s’il fait partie de la cour du Roi. Un Indien n’est riche de presque rien : ce qu’il a, il le donne pour remercier ou simplement pour l’offrir.

Dans la deuxième partie du livre, Alvaro nous raconte qu’il est un guérisseur : par trois pater récités auprès du souffrant, la vie revient à celui qui la croyait partie. Pour le remercier de ce miracle accompli, les Indiens vont lui offrir tout ce qu’ils estiment de grande valeur : du maïs, des vêtements, de la viande …

« Je voulus acheter le mulet de Zio. Le chef de la tribu refusa de le vendre. Je lui offris ce que j’avais de peaux de cerfs et de colliers, rien à faire, il repoussa tout, offusqué de mon insistance. Comme je lui tournais le dos et m’éloignais sans autre mot, il me courut derrière, il m’agrippa la manche. J’en fus surpris. Tulque me dit : - Il te donne la grosse bête. Comprends donc, il était fâché de ne pas pouvoir te l’offrir. ».

La simplicité de l’homme, sa manière d’être à nu, d’être pauvre, ignorant le rend fort et c’est ce qui fait que les Indiens sont finalement des êtres intelligents, riches de ce qui leur est offert et qui savent rester modestes et humbles.

Pour revenir à une des premières questions posées (qui est Mahona ?), les Indiens répondront que c’est le créateur du monde et ils l’appellent aussi « l’Esprit du Soleil » . seules quelques rares personnes l’ont vu comme Tulque par exemple, le frère de Maïna et Alvaro.

Dans ce roman, il y a une leçon de morale derrière chaque histoire racontée, comme à la fin d’un conte.
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Petit extrait

« L’amour est un déconcertant mystère. Tant qu’on l’ignore, on vit sans lui, mais dès qu’il vient, il est la vie. Il m’envahit sans que j’y prenne garde, peu à peu, déguisé en petites choses. […] Le cœur du monde est lourd, il est long à s’ouvrir, mais viendra le jour où il s’ouvrira, aussi sûr qu’une goutte d’eau mille et mille fois répétée finit par trouer le caillou. […] Tu dois savoir qui tu es.»


Lara S., 1ère année Bib.-Méd.-Pat.

 

 

 

Voir aussi : site officiel d'Henri Gougaud

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8 septembre 2010 3 08 /09 /septembre /2010 07:00

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Richard David PRECHT
Qui suis-je et, si je suis, combien ?

Voyage en philosophie.
Belfond

Coll. L'esprit d'ouverture, 2010

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ou comment aborder la philosophie dans un récit de vulgarisation

 

 

 

Richard David Precht est la nouvelle coqueluche des Allemands en matière de philosophie. Ce philosophe contemporain, âgé de quarante-six ans, a étudié la philosophie, les lettres et l'histoire de l'art ; il enseigne aujourd'hui à l'université de Cologne.

Son texte connaît un franc succès en Allemagne, où il s'est vendu à plus d'un million d'exemplaires, est encore et toujours contesté par les critiques du fait d'une vulgarisation à outrance de la philosophie. L'auteur utilise en fait la philosophie comme un outil familier, qui s'adapte à tous, dans un texte épuré de toutes notions purement philosophiques. Les thèmes abordés sont des classiques de la philosophie : le langage, la mémoire, la Vérité et sa quête, la religion, etc. Or, l'auteur tente de mêler à cela l'actualité du XXème et du XXIème siècle, et démontre que philosophie et contemporain ne sont pas nécessairement dissociables. Son récit est en quelque sorte l'outil du penseur débutant, est-ce un mal ?

La vulgarisation est pour beaucoup le fruit de la matérialisation et de la simplification de la pensée. Ramener à l'essentiel est un projet difficile à mener à bien, car l'écueil de la dénaturalisation est trop souvent présent.

À mon sens, et dans le cas particulier de Precht, la vulgarisation semble être utilisée avec des pincettes. L'auteur ne fait pas s'évaporer l'essence de la philosophie et des penseurs : c'est un nouvel souffle de vie qui ranime la Pensée, qui la rend accessible à un grand nombre, qui la modernise.

Les nombreuses anecdotes, la vie romancée des philosophes, les différents points historiques et scientifiques abordés sont de vraies gourmandises pour les non-initiés et les amateurs de lecture tranquille. Les grands penseurs allemands et leur réputation sont conviés dans cet ouvrage à faire le point sur leur pensées, rendues le plus claires possible, illustrées par des exemples et appliquées à des thèmes contemporains tels que l'avortement, le clonage, la vague végétarienne, ou encore l'euthanasie.


Un texte à découvrir sur sa serviette, qui situe les notions fondamentales de notre société et des siècles passés, tout en prenant du plaisir en tant que lecteur-plagiste face à une lecture fluide et peu contraignante.

 

 

 

Chloé, 1ère année Éd.-Lib.

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2 septembre 2010 4 02 /09 /septembre /2010 07:00

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Damon GALGUT
L'Imposteur
traduit de l'anglais (Afrique du Sud)
 par Hélène Papot
 Éditions de l'Olivier, 2010.

 





 

 

 

 

Damon-Galgut.jpgNé en 1963 à Pretoria, Damon Galgut est un écrivain de l'Afrique du Sud contemporaine. En effet, après La Faille et Un docteur irréprochable, il continue, dans L'Imposteur, de situer son histoire dans ce pays en perpétuel mouvement.

L'imposteur pourrait être une allégorie de l'Afrique du Sud actuelle, celle d'après l'apartheid aboli en 1991 quand Nelson Mandela fut le premier président noir du pays, celle qui, cependant, ne parvient pas à se détacher d'un passé chargé de crimes, de corruption et de racisme. Adam, héros de L'imposteur, représente l'ambivalence de cette nouvelle Afrique du Sud, « comme si un progressiste et un réactionnaire cohabitaient en lui.»

 

Imposteur : [ impostūra, dérivé de impōnĕre « abuser, tromper »], celui qui cherche à tromper en se faisant passer pour un autre.

 

AVANT

 L'histoire présente Adam, un homme d'environ quarante ans qui vient de perdre sa maison et son travail . Son frère, Gavin, représentant des nouveaux riches d'Afrique du Sud, s'engraisse de sa réussite. Il propose à Adam de vivre dans une maison achetée des années auparavant, à Karoo. Adam accepte cette proposition en adéquation totale avec le but qu'il s'est fixé : écrire de la poésie comme dans sa jeunesse. Il part ainsi dans cette maison complètement abîmée avec pour seuls compagnons un jardin aux allures diaboliques et "l'homme en bleu", Blom, son voisin. Seulement, à cause de cet isolement nouveau, Adam ne produit aucun poème et vit en complète léthargie.

 

 

 

GONDWANA

Adam rencontre Kenneth Canning. Kenneth Canning se présente comme un ami de jeunesse d'Adam. Il l’admire et lui rappelle sans cesse la conversation qu'ils ont eue dans le passé et qui a changé la vision qi’il a de son propre vécu. Le nœud du problème est qu'Adam n'a aucun souvenir de Canning. Pourtant, quand Canning lui propose de venir les week-ends dans son domaine, un parc animalier, Gondwana, il accepte et ainsi, consent à conforter Canning dans cette identité passée qu’il a lui-même oubliée. Canning est un homme ambigu de caractère et lymphatique physiquement. Il veut prendre sa revanche sur un passé douloureux.

Baby, l'épouse de Canning, est une femme noire qui a fait table rase de son passé pour se consacrer à une vie de luxure. Adam trouve son inspiration dans le désir qu'il a pour cette femme mystérieuse et troublante qui le domine totalement. Elle peut être métaphoriquement associé au paon, un oiseau d'un rare beauté qui, pourtant, animé "par un appétit vorace tend son petit bec robuste et pique, pique, pique".

Au final, après de multiples péripéties, Adam contraint de constater la gravité de son imposture, quitte Karoo.

 

 

APRÈS

Adam  est l'imposteur de cette  histoire dans le sens où il a berné Canning et où il s'est berné lui-même sur l'homme qu'il pensait être. On assiste à une prétendue quête d'identité qui se révèle un reniement total de son essence. Au fond, l'homme n'est-il pas l'imposteur présent de son passé ? Dans le sens où « un jour, ce qui avait semblé d'une importance capitale se réduirait à un frisson, comme si c'était arrivé à un autre ».

 

 

Clara, 1e année Bib-Méd.

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27 août 2010 5 27 /08 /août /2010 07:04

Puig-le-baiser-de-la-femme-araignee.gif

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Manuel PUIG
Le Baiser de la femme-araignée
Seuil, 1979

Points, 1993

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

manuel-puig.jpgL’Argentin Manuel Puig (1932-1990) découvrit sa passion pour le cinéma avec sa mère avant de poursuivre ses études à Buenos Aires en lettres et philosophie. En 1956, une bourse lui permet de revenir à des études de cinéma à Rome. Là, il sera assistant-réalisateur et apprenti scénariste sous la direction de Zavattini. Il écrit en 1968 La trahison de Rita Hayworth, son premier livre, qui à l’origine devait être un scénario et c’est dans l’impossibilité de réaliser ce film qu’il publie son premier ouvrage. Manuel Puig devient alors romancier et développe les thèmes qui lui resteront chers : le cinéma et la culture populaire. Il s’installe au Mexique dans les années 70, poussé par la pression de la censure qu’il subit en Argentine en raison du thème de l’homosexualité qu’il aborde dans son plus fameux roman, Le Baiser de la femme araignée. Dans sa bibliographie, Tombe la nuit tropicale, par exemple, on peut observer que l’art du dialogue de Puig est sans comparaison. Il meurt au Mexique, en 1990, d’une crise cardiaque.


Dans la prison de Villa Devoto à Buenos Aires, Molina l’homosexuel arrêté pour attentat à la pudeur, raconte, tandis que Valentin chef d’un groupe d’opposants au régime, écoute. On est emporté dans une double lecture, celle des films magistralement racontés et celle de cette fabuleuse et atypique amitié qui se construit entre les détenus. La richesse de l‘œuvre se trouve donc dans cette simultanéité, cette complémentarité.

Dans ce roman où tout est pourtant immobile (tout se passe dans le huis-clos qu’est la cellule), les choses bougent. En effet, Molina et Valentin redécouvrent ce qu’est le dialogue en s’ouvrant pour la première fois à quelqu’un d’autre. Tout est paroles, et celles-ci vont réussir à créer un nouveau monde et de nouveaux espoirs pour nos deux protagonistes. Le Baiser de la femme araignée est une véritable histoire humaine, dépassant les codes de la morale et s’attardant sur la place qu’a l’amitié dans la vie d’un homme. Le réalisateur  Hector Babenco  fera une adaptation cinématographique qui rendra l’œuvre célèbre. Dans sa note d’intention il explique très bien cet aspect humain de l’œuvre : 

« Le roman de Manuel Puig évoquait admirablement comment deux hommes, aux backgrounds sociaux, politiques et psychologiques complètement différents, pouvaient devenir amis, et de quelle manière cette amitié affectait leur vie. Le fait qu'un de ces prisonniers était homosexuel n'avait selon moi, aucune importance. Mon film vise à détruire les mythes de la masculinité. Un homme est digne de son nom dès lors qu'il se respecte lui-même et sait donner quelque chose aux autres. La notion d'amitié se perd aujourd'hui : j'ai voulu faire un film sur des gens qui n'ont rien d'autre qu'eux-mêmes à donner à autrui...Mais je pourrais aussi dire que j'ai fait Le Baiser de la femme-araignée à cause de ses nombreuses références aux anciennes séries B, et parce que c'était la voie la plus efficace pour faire un film politique sans parler de morale. C'était aussi la manière idéale de montrer comment deux hommes arrivent à s'influencer mutuellement, et une occasion pour moi, de parler d'homosexualité, de parler de sacrifice sans parler de religion, de montrer qu'on peut donner sa vie pour un fantasme et reconquérir sa dignité en mourant pour quelque chose qui n'existe déjà plus. »

Tous les amoureux du cinéma trouveront un grand plaisir à lire cette œuvre. Manuel Puig construit son livre d’une main de maître en alliant la littérature et le cinéma afin qu’ils se complètent et ne soient que plus beaux.

La construction peut être décomposée en trois parties. Premièrement, la cellule : Manuel Puig ne nous décrit pas cette relation, il nous la fait vivre en se servant presque uniquement de dialogues. Ce sont les personnages eux-mêmes qui nous donnent les éléments extérieurs, leurs positions, l’ambiance…Cela donne une véritable force au style de l’auteur et permet de rythmer le roman. Puis, nous avons les récits des films (par exemple celui de La Féline de Jaques Tourneur), qui nous plongent dans l’univers des séries B dont le kitsch fait tout le charme. Ce sont ces œuvres populaires, pas forcément saluées par la critique, qui permettent à nos héros de s’évader tous les soirs de leurs cellules, qui les font rêver, qui leur font garder espoir. Le lecteur est comme envoûté : il se retrouve, grâce au splendide style de scénariste de Puig, devant un écran, avec tous les détails dont il a besoin pour s’imaginer la scène. Enfin, vers la fin du roman, des passages en italique apparaissent, s’incrustant dans les dialogues. Cela semble une suite de mots sans signification, et pourtant, plus on avance, plus on comprend que ce sont les pensées de Molina. Cela nous permet d’apprécier d’une autre manière la scène. Au cinéma, on pourrait très bien imaginer une voix off.

Cette œuvre est à déguster. On y trouve une splendide mise en abyme du cinéma et de ses capacités à nous faire nous évader, qui nous rappelle que le roman est aussi doté de ce fabuleux pouvoir. On savoure les films comme si nous étions en train de les regarder, bien qu’à la fin du livre nous ayons l’impression d’avoir en plus visionné trois films. Et enfin, nous prenons une énorme leçon d’humanité, sur l’amitié et tous les sacrifices qui peuvent en découler.


Extrait

« -Tu vas me manquer Molinata…
-Au moins pour les films.
-Au moins pour les films.[…]Bon, en maniére d’adieu je voudrais te demander quelque chose…
-Quoi ?
-Un baiser.
-C’est vrai ?
-Demain avant de m’en aller.
-Comme tu voudras
-…
-…
-Je suis curieux de savoir, cela te répugnait beaucoup de me donner un baiser ?
-Hum… Ça doit venir de la peur que j’avais que tu te transformes en panthère, comme l’héroïne du premier film.
-Je ne suis pas la femme panthère.
-Toi, tu es la femme araignée, qui attrape les hommes dans sa toile.
-Que c’est joli…Ça me plaît ! »

Lien pour la bande annonce du film de Hector Babenco :
 http://www.youtube.com/watch?v=9AI5X5fV0Ak&feature=related


Laura, 1ère année Éd-Lib.




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5 août 2010 4 05 /08 /août /2010 07:00

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Natalia KLIOUTCHAREVA
Un train nommé Russie
Traduction Joelle Roche-Parfenov
Editions Actes Sud, 2009

 

 

 

 

 

 

 

 

Avant d’être employée dans un service de presse à Moscou, Natalia Klioutchareva a été longtemps journaliste pour la télévision. Cela explique sûrement en partie le côté critique envers la société russe qui ressort d’Un train nommé Russie. C’est grâce à un recueil de poésies, Belie Pionneri, que sa carrière d’auteure débute. Elle écrit par la suite de nombreuses nouvelles, ce qui lui fera remporter le prestigieux prix Youri Kazakov. Mais c’est la parution dans la revue Novi Mir d’Un train nommé Russie qui lui vaudra une forte reconnaissance.

Ce roman raconte l’histoire de Nikita, jeune héros d’un voyage initiatique à travers la Russie à la recherche de son histoire, de l’histoire de la Russie. Il fuit en train un amour perdu, il fuit sa vie passée, et finira par se lancer à corps perdu dans une révolution poétique et lyrique. Le récit est parsemé de portraits extravagants, tristes, et de souvenirs des moments que Nikita a pu passer avec sa belle lassia. C’est donc un livre empreint d’une forte mélancolie, mais dont le fil conducteur reste l’espoir, l’espoir d’un avenir meilleur pour la Russie, l’espoir pour Nikita de retrouver Iassia, et l’espoir à chacune de ses rencontres de profiter d’un avenir meilleur. Le portrait qui nous est d’ailleurs fait de la Russie est celui d’un peuple très uni et très fier, dont vous aurez l’impression de faire partie en lisant ce livre tant l’histoire est teintée des valeurs et de la fierté russes.

C’est dans un style simple, mais vif et très poétique, aux limites du fantastique, que Natalia Klioutchareva nous dépeint la Russie, ses errances et témoigne de sa colère face à l’immobilisme de certaines parties du grand peuple russe, ainsi que du poids énorme de l’histoire sur les mentalités.

Natalia Klioutchareva fait d’ores et déjà partie de la nouvelle génération d’auteurs russes capables de redonner à cette littérature toutes ses lettres de noblesse.

F. M., 1ère année Éd.-Lib.

 

 

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