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25 juillet 2010 7 25 /07 /juillet /2010 07:00

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Edgar HILSENRATH

Fuck America
éditions Attila, 2009

Points, 2010

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Quelques mots sur l’auteur.

Né en 1926 dans une famille de juifs allemands, Edgar Hilsenrath voit sa vie vite bouleversée par la guerre ; obligé de fuir puis de se séparer de sa famille, il mène une vie de vagabond et n’a aucune attache ; il visite la Roumanie, la Palestine puis les États-Unis. Son premier roman, La Nuit, a du mal a être édité à cause de son écriture très controversée. C’est son deuxième roman qui le fait connaître, Le Nazi et le Barbier  ; en 1975, Edgar Hilsenrath retourne définitivement en Allemagne pour retrouver ses racines et sa langue maternelle.

 

L’œuvre

Juste avant la Seconde Guerre mondiale, Nathan Bronsky, un juif allemand, écrit au consul des Etats-Unis afin d’obtenir l’asile pour lui et sa famille. La réponse négative les condamnes tous à l’holocauste. Treize ans après, le fils Jacob Bronsky, obtient enfin son passeport pour l’Amérique. C’est avec un humour corrosif que l’auteur raconte son passage aux États-Unis ; le narrateur enchaîne les petits boulots pour avoir de quoi survivre en travaillant le moins possible car il est occupé à écrire la nuit dans une cantine mal famée ; il écrit chapitre après chapitre Le Branleur  pour chercher dans sa mémoire ce qui s’est passé en Europe, pour se souvenirs des 6 millions de morts. Les situations cocasses et déjantées se succèdent au point que le protagoniste se retrouve à pousser le fauteuil roulant du consul…

 


Analyse

Fuck America est un roman inspiré ouvertement de la vie de l’auteur mais qui reste très romancé. L’auteur a une écriture très crue qui choque et qui est qualifiée de « diabolique » par les éditeurs en 1980 (année d’écriture du texte). L’auteur, en manque de souvenirs de la Shoah, en manque de sexe, mais aussi en manque d’amour essaye de purger tout cela dans son livre qu’il écrit la nuit dans les quartiers les plus mal famés possibles. Une mise en abyme très subtile : le Branleur est en vérité le premier roman qu’a écrit Edgar Hilsenrath, (renommé La Nuit) qui raconte les camps de concentration. Le parallèle entre l’auteur et le narrateur est très troublant ; sans cesse le lecteur est confronté au doute sur ce qui s’est réellement passé et ce qui est romancé ; parfois l’absurde est poussé à ses limites, et c’est avec tant de cruauté qu’est racontée l’Amérique que le lecteur est dérangé.

Jacob Bronsky est un personnage très torturé, sans cesse dans le mouvement et la remise en question. Son seul point d’attache, c’est ce livre qu’il doit finir pour se libérer de l’holocauste. Comme une thérapie le narrateur va y mettre toutes ses émotions, la culpabilité du survivant et l’amnésie d’une personne qui a vécu l’enfer. Les méandres de son esprit vont lui jouer des tours jusqu’à qu’il se retrouve interrogé par lui-même à la façon des shows télévisés

L’auteur marginal n’hésite pas à employer des mots barbares pour définir la vie américaine et le désespoir total du narrateur.



Citations

« Très cher Monsieur le Consul Général,

Depuis hier, ils brûlent nos synagogues. Les nazis ont détruit mon magasin, pillé mon bureau, chassé mes enfants de l'école, mis le feu à mon appartement, violé ma femme, écrasé mes testicules, saisi ma fortune et clôturé mon compte bancaire. Nous devons émigrer. Il ne nous reste rien d'autre à faire. Les choses vont encore empirer. Le temps presse. Seriez-vous en mesure, très cher Monsieur le Consul Général, de me procurer sous trois jours des visas d'immigration pour les Etats-Unis ? »

  « Je voudrais toucher un mot au Consul Général, dit Nathan Bronsky.Mais je ne parle pas anglais.
Tu sais bien deux mots, dit sa femme.
Oui, très juste, dit Nathan Bronsky. Je sais deux mots.
 Deux mots d'anglais, dit sa femme. [...]
– Fuck America.»

« J'ai encore d'autres problèmes, des problèmes plus concrets et qui n'ont rien à voir avec ma peur originelle.
 Quels problèmes ?
 Les problèmes concrets d'un écrivain inconnu et crève-la-faim, mais surtout les problèmes d'un écrivain allemand d'origine juive dans un pays étranger, un pays que je ne comprends pas et qui ne me comprend pas. »


Laura, 1ère année Éd.-Lib.

 


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17 juillet 2010 6 17 /07 /juillet /2010 07:00

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John IRVING
Le monde selon Garp

Titre original 

 The World According to Garp

Traduction de

Maurice Rambaud

Seuil,1978
Collection Points

 

 

 

 

 

 

 

 

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Biographie de John Irving

John Irving est né à Exeter (New Hampshire) dans des circonstances qui ont depuis alimenté les thèmes et l'action de plusieurs de ses romans : sa mère Helen, une descendante des Winslow, l'une des plus anciennes et plus distinguées familles de Nouvelle-Angleterre, l'a mis au monde hors des liens du mariage, en refusant de dévoiler l'identité du père de l'enfant. Helen Winslow s'est plus tard mariée avec Colin F. Irving, professeur à la prestigieuse Phillips Exeter Academy. John Winslow devint alors John Irving, prenant le nom de son père adoptif. Jusqu'au milieu du XXe siècle, il ne chercha jamais à découvrir l'identité de son père biologique : "J'avais déjà un père", disait-il. Il apprit beaucoup plus tard, à 60 ans, le nom de son géniteur, John Blunt Sr., alors que celui-ci était déjà décédé. Le fait de n'avoir pas connu son père a été à l’origine de son dernier livre, Je te retrouverai, et a marqué beaucoup de ses œuvres, les femmes y élevant souvent leurs enfants seules. Étant né durant la Seconde Guerre mondiale, lil met souvent en scène des blessés de guerre dans ses livres comme en témoignent L'Œuvre de Dieu, la Part du Diable.

John Irving fit ses études à Exeter, où il fut un étudiant médiocre, à cause d'une dyslexie alors non diagnostiquée, mais un lutteur exceptionnel. L'émancipation de la femme, la lutte et la vie universitaire en Nouvelle-Angleterre occupent une place importante dans ses romans, en particulier dans Le Monde selon GarpUne Prière pour Owen. Le cadre principal de ces deux romans est celui de la Phillips Exeter Academy.



Le monde selon Garp

Ce roman raconte la vie de Garp. Le roman commence avant la naissance de Garp et se termine en ayant raconté l’existence de Garp et de ses proches jusqu'à leur mort.

Au début du roman, on rencontre Jenny Fields, infirmière au collège de Steering qui deviendra la mère de Garp en 1942, en profitant de l'érection du soldat S.T. Garp réduit à l'état de légume. Cette femme qu'on suit tout au long du roman est une femme à multiple combats. Elle qui n'a jamais voulu d'un homme pour gérer sa vie, va se battre pour la vie d'autres femmes et mener sa vie comme elle l'entend, notamment en écrivant un livre,
Sexuellement suspecte, qui deviendra célèbre et l'entraînera dans un mouvement féministe. Son fils, seulement nommé S.T Garp en souvenir du soldat, est un petit garçon qui découvrira une passion pour la lutte. Ilrencontrera ainsi Helen, la fille de son entraîneur, avec qui il se mariera bien des années plus tard et avec qui il aura deux enfants. C'est dès son plus jeune âge qu'il choisit de devenir écrivain, et qu'il arrive à courtiser Helen qui est une grande lectrice. Garp connaîtra en tant qu'auteur des déceptions ainsi que des succès.

Dans Le monde selon Garp s'entremêlent les vies de plusieurs personnages liés à Garp : ses enfants, sa femme, son éditeur ou bien « sa meilleure amie » Robert Muldoon devenu Roberta Muldoon. On rencontre aussi brièvement des personnages, qui sont tout aussi importants dans la vie de Garp. Des chapitres du livre sont aussi consacrés à quelques nouvelles écrites par Garp au cours de sa vie. Il est difficile de résumer ce roman car il raconte avec énormément de détails la vie de ces personnages hors du commun.

Ce roman raconte des angoisses, des bonheurs, les doutes que chacun peut avoir. C'est un livre où l"humour est extrêmement présent et cela a été un vrai bonheur de le lire.

J'ai beaucoup aimé l'écriture de John Irving et sa façon de concevoir la vie, car comme on peut le voir dans sa biographie beaucoup d'éléments sont tirés de sa propre vie. Il y a des choses qui sont tristes et graves dans ce roman comme les accidents ou la mort, mais l'auteur arrive à tourner cela en dérision, pour que l'on garde le sourire et même parfois que l'on ait le fou rire. Même s'il comporte parfois des passages un peu longs, c'est un roman qui ne m'a pas laissé indifférente et qui m'a marquée même plusieurs semaines après sa lecture. Bien sûr on se rend compte que cette histoire est imaginaire mais bien que ces vies soient complètement loufoques et parfois pathétiques, on veut y croire et John Irving s'y emploie parfaitement. Ce sont des brèves de vies passionnantes mais aussi par de nombreux aspects repoussantes. Que ce soit  parune écriture poétique, violente ou même parfois un peu pornographique, il arrive à nous emmener dans ce monde qu'il raconte avec énergie et dans les moindres détails. J'ai trouvé Le monde selon Garp profond, passionnant et inimitable !



« Dans le monde selon son père, comme le savait Jenny Garp, il faut avoir de l'énergie. Sa célèbre grand mère, Jenny Fiels, nous voyait naguère, comme appartenant à diverses catégories, les Externes, les Organes vitaux, les Absents et les Foutus. Mais, dans ce monde selon Garp, nous sommes tous des Incurables.»


Agathe Ducret. 1ère année Édition-Librairie

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3 juillet 2010 6 03 /07 /juillet /2010 08:00

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Vladimir NABOKOV
Lolita

traduit de l’américain
par Maurice Couturier
édition Folio, 2001


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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L'auteur

Vladimir Nabokov (1899-1977) est un romancier, poète et critique littéraire américain d’origine russe. Il a également écrit des essais et des recueils de nouvelles.

Son père était un homme politique libéral, élu à la première Douma russe, puis un ministre du gouvernement Kerensky après la chute du tsar. La Révolution russe poussa la famille Nabokov à s'exiler à Berlin où le jeune Vladimir publia ses premiers textes dans le journal émigré Roul. Il suivra des études de lettres et de langues slaves à Cambridge après l’assassinat de son père et y commencera son premier roman Machenka qui lui vaudra un début de célébrité parmi les émigrés russes d'Angleterre. Les premières œuvres de Nabokov sont toutes écrites en russe, l’auteur n'ayant jamais appris l'allemand. Avec La Défense Loujine, Nabokov devient un écrivain russophone de renom. Son œuvre russe s'achève sur Le Don, un roman majeur sur la création littéraire. Après un bref passage à Paris pendant lequel il écrit une nouvelle en français Nabokov émigre vers Londres et écrit pour la première fois en 1941 un roman en anglais, ce qui constitue un tournant majeur dans sa carrière d'écrivain : La Vraie Vie de Sebastian Knight.

Nabokov partira ensuite vivre aux USA et enseignera à l'Université Cornell où il donnera notamment des conférences sur « les grands maîtres européens du roman ». La publication de Autres Rivages – un récit autobiographique – lui vaudra une première reconnaissance littéraire.

Mais la véritable consécration viendra avec le succès de Lolita en 1955, un roman qui conte l'amour passionné et charnel d'un Européen quadragénaire pour une jeune « nymphette » américaine de douze ans. Nabokov publiera nabokov2-copie-1.gifensuite Feu pâle en 1961, un autre texte majeur dont la construction autour de trois histoires imbriquées constitue une phénoménale mise en abyme.

C’est au sommet de sa gloire qu’il mourra en 1977 en laissant derrière lui un roman inachevé : The original of Laura.

Nabokov se caractérise par la dextérité, l'ingéniosité de son style et par sa position d'auteur intermédiaire entre les littératures russe et américaine. L'usage de la parodie, de la satire, ainsi que des jeux de mots dans différentes langues contribuent à sa consécration.


 

L’ouvrage

Publié pour la première fois en 1955, Lolita fait scandale et est refusé par les éditeurs américains. L’ouvrage doit alors être publié à Paris, et malgré le scandale la critique reconnaît là un chef-d'œuvre littéraire. Émaillé de références à l'Annabel Lee d'Edgar Allan Poe, Lolita est aussi une description passionnée des États-Unis et qualifié par certain de chef-d’œuvre de poésie en prose.

Le personnage d’Humbert Humbert étant le narrateur, V. Nabokov a souvent souffert d’être assimilé à celui-ci. Ce livre a connu un succès international depuis sa parution et a été adapté au cinéma par Stanley Kubrick en 1962, puis de nouveau par Adrian Lyne en 1997. Bien qu’ayant collaboré avec Kubrick lors de l'adaptation de Lolita à l'écran, Nabokov trouva néanmoins le film très différent de son œuvre originelle.



L’histoire

« Humbert Humbert », victime d’un infarctus du myocarde en novembre 1952, meurt quelques jours avant l’ouverture de son procès. Avant de mourir, il rédige néanmoins une sorte de mémoire dont le double titre originel est Lolita, ou La confession d’un veuf de race blanche. L’étrange pseudonyme de l’auteur est de son invention.  En avant-propos, un docteur nous présente cet ouvrage comme un document clinique.

Le personnage d’Humbert Humbert, un homme d’une quarantaine d’années, nous expose dans cet ouvrage sa déviance sexuelle : Humbert Humbert aime les « nymphettes » : ces

 

« […] pucelles, âgées au minimum de neuf et au maximum de quatorze ans, qui révèlent à certains voyageurs ensorcelés, comptant le double de leur âge et même bien davantage, leur nature véritable, laquelle n’est pas humaine mais nymphique (c’est-à-dire démoniaque) […] »

Mais surtout, « H.H » nous parle ici de son amour passionnel et charnel pour la petite Dolores Haze, surnommée Lolita, Lo, Lola ou Dolly : « Le matin, elle était Lo, simplement Lo, avec son mètre quarante-six et son unique chaussette. Elle était Lola en pantalon. Elle était Dolly à l’école. Elle était Dolores sur les pointillés. Mais dans mes bras, elle était toujours Lolita. »

Bien qu’Humbert Humbert, pour cacher sa véritable attirance pour les petites filles prenne parfois une compagne, bien que, selon ses dires il ait maintes fois tenté de vaincre cette tendance, « H.H » ne peut rien faire contre cela. Il évoque une hypothèse : c’est peut être la mort si prématurée d’Annabel – son premier amour d’enfance – qui l’aurait marqué à vie : « je suis convaincu, cependant, que, d’une certaine manière, magie ou fatalité aidant, Lolita commença avec Annabel. »

Quand il rencontre Charlotte Haze, « H.H » souhaite simplement trouver une chambre à louer, sans autre intention. Pourtant, tout bascule quand il apprend que cette femme gentille et douce mais quelque peu écervelée est mère d’une jolie petite fillette de 12 ans. A la seconde où il la voit, il en est sûr : cette petite fille est une nymphette, et il tombe éperdument amoureux de celle-ci  dès la première seconde. Amour et obsession pour Lolita qui ne le quitteront jamais, qu’il gardera toujours, même lorsque l’enfant sera devenue adolescente et même adulte. Afin d’être au plus près de Lolita, il finira par épouser sa mère. Un jeu du chat et de la souris s’installera alors entre Humbert Humbert et la petite fille de 12 ans qui semble connaître l’impact qu’elle a sur son beau-père et qui en joue de manière diabolique. Lorsque la mère de Lolita meurt à la suite d’un accident – bien que le projet de l’assassiner ait déjà effleuré notre ami Humbert Humbert – « H.H » devient officiellement le père de Lo. S’ensuivra alors une longue escapade à travers les États-Unis avec la petite fille, de ville en ville, de motel en motel, où Lolita finira par devenir sa maîtresse, de manière consentie et volontaire. Mais la relation entre ces deux personnages est complexe. Lolita est maligne, changeante, provocante, mais elle a tout de même conscience que cette relation n’est pas normale. Elle finira alors par échapper à « H.H » à l’âge de 14 ans en s’enfuyant avec un autre homme. Humbert Humbert n’aura alors de cesse de la chercher et de se venger de cet homme…


Les personnages principaux

Le personnage d’Humbert-Humbert  est un homme cultivé et élégant qui manie très bien les mots. Malgré le caractère déviant et choquant de sa sexualité c’est un personnage qui nous apparaît malgré tout avec un côté assez sympathique : il joue de l’ironie avec brio et l’amour qu’il porte à Lolita le dévore un peu plus chaque jour, si bien que, parfois, on ressent de la compassion pour ce personnage qui accepte et reconnaît sa déviance tout en ayant parfaitement conscience de la nature profondément blâmable de celle-ci. Humbert Humbert est un homme vil et manipulateur, prêt à tout pour arriver à ses fins avec la petite fille, mais il reste malgré tout un être attachant et sympathique par certains côtés, un être qui traîne derrière lui aussi sa peine.

 Quant à Dolores Haze, dans cette histoire, c’est un personnage tout aussi dérangeant que « H.H » si ce n’est plus. La petite fille a toujours le dernier mot avec son amant quadragénaire, c’est elle qui au final mène le jeu. À la fois prude et catin, naïve et cynique, Lolita est provocante et insolente du haut de ses 12 ans. Quand elle se donne pour la première fois à Humbert Humbert la petite fille n’est déjà plus pucelle, et elle lui conte avec espièglerie ses expériences en camps de vacances l’été passé. Elle joue avec Humbert Humbert pour tenter d'obtenir de lui tout ce qu'elle veut.

Lolita reste au final un personnage bien plus difficile à cerner que celui d’Humbert Humbert.


Mon avis

Vladimir Nabokov manie subtilement l’ironie dans ce roman et les personnages principaux, aussi diaboliques soient-ils, me sont apparus assez attachants. Et qu’on ne s’y trompe pas, il n’y a pas un seul mot obscène dans Lolita, l’écriture est subtile et si certains passages peuvent s’avérer assez dérangeants et suggestifs, jamais Lolita ne sombre dans la vulgarité facile.

Néanmoins, il faut le dire : il ne se passe pas toujours grand-chose dans Lolita, comme tout au long de cette escapade fabuleuse à travers les États-Unis où s’enchaînent d’interminables descriptions de paysages américains vus au travers d’un pare-brise et dont on se lasse assez vite ; ou durant ces grands moments de solitude, loin de Lolita, où Humbert Humbert se retrouve seul avec lui-même et avec son obsession pour la petite fille.

La force de cet ouvrage réside probablement dans la construction des personnages avec la complexité des relations qui les unit, et dans l’art qu’a Nabokov de traiter d’un tel sujet, encore brûlant aujourd’hui.


Mathilde, 1ère année Éd.-Lib.

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30 juin 2010 3 30 /06 /juin /2010 07:00

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Hans Christian ANDERSEN
L’Elfe de la rose

et autres contes du jardin
Traduit du danois et annoté

par Régis BOYER
Contes extraits des Œuvres I

Bibliothèque de la Pléiade, 2005
Gallimard, Folio
2 €, 2005


 

 

 

 

 

 

 

 

BIOGRAPHIE

1805, naissance de Hans Christian Andersen. Issu d’une famille pauvre et démunie, ce jeune Danois désireux de fuir la misère de son enfance et de réussir, décida à la suite du décès de son père en 1816, de se rendre à Copenhague dans l’espoir d’y faire un jour fortune. Multipliant les petites expériences de chanteur, danseur ou encore acteur, il se tourna peu à peu vers l’écriture qui le fit connaître des grands écrivains tels que Victor Hugo ou encore Adelbert de Chamisso. Il se mit à écrire quelques pièces, romans et contes : La Petite Sirène, La Princesse au petit pois qui, traduits dans le monde entier, connurent un grand succès auprès du public. Ainsi,  abandonnant petit à petit ses écrits romanesques, dramatiques et poétiques, il se consacra aux recueils de contes qui lui valurent au fil des années célébrité et honneur. Cependant, atteint d’un cancer du foie, l’écrivain célèbre qu’était Andersen rendit l’âme le 4 août 1875, laissant derrière lui près de 168 contes qui enchantèrent et enchanteront toujours les petits comme les plus grands.

 


CONTEXTE

Tourbillon de magie, jardins enchantés, contes de fées, tel est le voyage qui nous est offert par les dix petites histoires de Hans Christian Andersen dans L’Elfe de la rose.


Une atmosphère féerique qui invite l’imaginaire des tout-petits comme des plus grands à s’évader au sein d’un univers enfantin et merveilleux. Des vergers envoûtants aux fleurs qui parlent, des animaux fantastiques aux allures d’enchanteurs, des lutins et elfes aux apparences idylliques, toute l’écriture d’Andersen est baignée par une sensation d’irréalité et de magie constante. Cependant, derrière ces rêveries où paix et bonheur semblent régner, l’auteur dénonce les travers d’une société qui comme le laisse supposer le livre se veut parfois cruelle envers les hommes. Une petite pointe de moralité et de réflexion est néanmoins à prendre en considération dans ce climat idéalisé et chaleureux.


INTERPRÉTATION

Pour cela, Andersen n’hésite pas à humaniser animaux, fleurs ou encore objets qui, dotés de la parole et du geste, incarnent les imperfections d’une société souvent bien mystérieuse aux yeux des hommes, tout en offrant aux lecteurs l'univers fantastique et merveilleux des contes lus aux enfants. De ce fait, hypocrisie, fierté, jalousie ou encore péché sont évoqués à travers les figures innocentes de marguerites, tulipes ou encore roses imitant plus que jamais la réalité. La tentation, la méchanceté ou encore la cruauté sont également représentées par des vents capricieux, mesquins et des êtres humains qui, commettant certains péchés, se voient punis à jamais.
   

Cependant, la dénonciation d’une société de roses infâmes et de tulipes prétentieuses n’est qu’une caractéristique de l’écriture de l’écrivain. La patience, la persévérance ou encore l’honnêteté sont mises en avant à l’aide d’animaux ou de petits êtres mythologiques tels que les fées ou les lutins qui, grâce à leur bonté et leurs manières d’être, incarnent les idéaux de ce que devrait être une société aux yeux d’Andersen.



JUGEMENT

 

Une lecture captivante et un texte débordant d’imagination qui n’a cessé de me faire rêver au fil des lignes englouties. Je me suis laissé emportée par cet élan de douceur et d’innocence que peuvent procurer les contes enfantins. Une écriture très simple permettant de mieux appréhender les sous-entendus de la narration qui cache, selon moi plus d’une moralité ! Un livre que je conseillerais très fortement à tous ceux qui ont envie de se laisser emporter par une lecture d’évasion.


Distrayant et enrichissant, ce recueil délivre, selon moi de belles leçons de vie !


Angélique, 1ère année Bib.-Méd.


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Published by Angélique - dans fiches de lecture 1A
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17 juin 2010 4 17 /06 /juin /2010 07:00

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Antoine de SAINT-EXUPÉRY
Lettre à un otage
, 1943
Editions Gallimard
, 1945






 

 

 

 

 

 

Voyager, au fond, c’est peut-être fuir.


Lyon, 1900 : Antoine de Saint-Exupéry naît, il est le troisième enfant d’une fratrie de six. Il grandit et fait ses études en France.

1921 : début de son service militaire. Passage de son brevet de pilote ; il devient alors pilote à la Compagnie aérienne française.

Il est embauché chez Latécoère et fait ses premiers longs courriers, parcourant le Maroc et d’autres pays. La découverte de ce paysage désertique l’intrigue, le fait réfléchir à la solitude, au silence, au contact.

1928 : Naissance de son premier roman, Courrier Sud.

Pendant toutes ces années, Saint-Exupéry ne cesse de voyager, de s’envoler, d’écrire car pour lui « voler ou écrire, c’est tout un. »

Il reçoit plusieurs prix :
    1931 : Prix Femina,
    1939 : Grand prix de l’Académie française.

1943 : Parution du livre le plus connu écrit par Saint-Ex, Le Petit Prince et d’un autre, Lettre à un otage.

1944 : Mort de ce voyageur écrivain, humaniste et engagé qu’était Saint-Ex.



Lettre à un otage, à l’origine,  est la préface de Trente-Trois jours de Léon Werth.
 
1943 : elle est publiée indépendamment.

Léon Werth : ami de Saint-Ex, il est avant tout un juif vivant sous l’occupation nazie. Cet homme aurait participé à la formation intellectuelle de Saint-Ex en le poussant à réfléchir, à philosopher.

Destinataire du livre : l’auteur du Petit Prince s’adresse à Léon Werth, il le tutoie, le nomme ‘otage’. Otage de la guerre.


Il n’est pas seul et c’est à travers cet otage si proche et si concret que Saint-Ex s’adresse à tous ces otages, ces compatriotes restés en France.


Il est parti aux Etats-Unis avec Trente-Trois jours et c’est en étant de l’autre côté de l’Atlantique qu’il pense à ceux qui étaient là, en France.

Lettre à un otage : Découpage en six parties courtes montrant chacune une étape, un souvenir, un lieu qu’il a connu.


Saint-exupery-avion.jpgProche de la biographie voire de l’autobiographie s’appuyant sur des moments réels de sa vie. Il y évoque la tristesse, l’ombre de la guerre, l’ombre de la nuit, les armes, ses angoisses, ses remords, l’essentiel…

Lui : il n’est pas fier de quitter son pays maternel pendant que d’autres connaissent l’occupation, la violence. Mais n’est-elle pas partout ?
Saint-Ex la ressent aussi, même s’il est loin.


Portugal : Partie 1. Une nation confiante, croyant en son bonheur et en sa beauté mais cette beauté, ne serait-elle pas plus morne, morte que celle des villes d’Europe noires et alourdies ?


Une vanité vaine… Aucun aboutissement sinon l’attente et l’irréel.

Questions : Il en a beaucoup. Il cherche des repères, il cherche l’autre, il cherche le sourire.

Etre voyageur ou être émigrant ? Fuir un malheur ?


Il se sent visé lorsqu’il voit les paquebots partir. Des paquebots pleins. Des paquebots remplis d’émigrants.


Des émigrants recherchant des semblables, recherchant une identité humaine comme s’ils étaient partis à la guerre, comme s’ils voulaient retrouver un visage familier, une reconnaissance.


« Vous savez, je suis celui-là, disaient-ils…je suis de telle ville…l’ami d’un tel… connaissez-vous un tel ? »

Ces bateaux sur lesquels grouillent des passagers rappellent à Saint-Ex le désert. Le désert du Sahara composé de plusieurs silences. « Un silence même n’y ressemble pas l’autre silence ».


Silence des amis perdus, morts. Silence étourdissant. L’autre n’est plus, pourtant il est si essentiel.

Léon Werth : Il est l’un de ces amis. Il est juif, il a 50 ans, il est malade et vit sous cette « terreur allemande ». Survivra-t-il ?


Toutes ces absences le hantent. Saint-Ex y survivra-t-il ?

Cette lettre est une grande lessive de sentiments, une étendue de nécessités : sourires, amis.

Espagne : Pendant son séjour sous la guerre civile, il remarque que le sourire est un signe précieux, un signe humain. Il se fait arrêter par des miliciens anarchistes. Durant sa ‘garde’ il ressent un certain ennui et une fatigue chez ces miliciens. Aucun ne lui adresse un regard, une parole, un sourire. Saint-Ex est frustré, il ne sait pas s’il y a hostilité ou non, s’ils vont le tuer…


Il demande une cigarette à l’un des hommes qui l’entoure. « Ce fut comme le lever du jour ». Il ressent alors une présence, un contact.


Ces miliciens le respectent, ce respect mis en péril par la guerre.


L’amitié : Dernière partie, il s’adresse à son ami, à Léon Werth.


Les amis doivent accepter les erreurs que nous faisons, même si cette erreur a été celle d’abandonner et de partir, loin.


En amitié, nous n’avons pas besoin de nous déguiser, de respecter de règles mais il est nécessaire de respecter son ami.


Il ne faut pas le juger, le forcer à se justifier de quoi que ce soit.

Saint-Exupéry a voulu, dans cette lettre, rendre hommage à son ami, montrer le respect qu’il avait pour lui et pour tous les otages de la guerre, de la nation.


Le sourire, comme dirait l’Abbé Pierre « coûte moins cher que l’électricité, mais donne autant de lumière ». Cette lumière n’a cessé de tourmenter Antoine de Saint-Exupéry car rien de cela n’était irréel.



Fragments :

« Il est un silence de la paix quand les tribus sont conciliées, quand le soir ramène sa fraîcheur et qu’il semble que l’on fasse halte, voiles repliées, dans un port tranquille. Il est un silence de midi quand le soleil suspend les pensées et les mouvements. Il est un faux silence, quand le vent du nord a fléchi et que l’apparition d’insectes, arrachés comme du pollen aux oasis de l’intérieur, annonce la tempête d’est porteuse de sable. Il est un silence de complot, quand on connaît, d’une tribu lointaine, qu’elle fermente. Il est un silence du mystère, quand se nouent entre les Arabes leurs indéchiffrables conciliabules. Il est un silence tendu quand le messager tarde à revenir. Un silence aigu quand, la nuit, on retient son souffle pour entendre. Un silence mélancolique, si l’on se souvient de qui l’on aime. »

« L’essentiel, le plus souvent, n’a point de poids. L’essentiel ici, en apparence, n’a été qu’un sourire. Un sourire est souvent l’essentiel. On est payé par un sourire. On est récompensé par un sourire. On est animé par un sourire. Et la qualité d’un sourire peut faire que l’on meure. »

« Je suis si las des polémiques, des exclusives, des fanatismes ! je puis entrer chez toi sans m’habiller d’un uniforme, sans me soumettre à la récitation d’un Coran, sans renoncer à quoi que ce soit de ma partie intérieure. Auprès de toi je n’ai pas à me disculper, je n’ai pas à plaider, je n’ai pas à prouver ; je trouve la paix […]. »


Adèle POISAY, 1ère Année Bib-Med-Pat.

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19 mai 2010 3 19 /05 /mai /2010 07:00

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Susan ABULHAWA
Les matins de Jénine

Traduit de l’américain

par Michèle Valencia
Editions Buchet/Chastel, 2008

Editions Pocket, 2009

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Susan Abulhawa est née en 1967 dans un camp de réfugiés palestiniens, alors que ses parents venaient d’être expulsés et dépossédés de leurs terres par Israël à la suite de la Guerre des Six Jours. Elle a grandi dans divers pays (le Koweït, la Jordanie, Jérusalem-Est occupée...) avant de venir vivre aux Etats-Unis, où elle a suivi des études de sciences biomédicales à l’Université de Caroline du Sud et a effectué depuis une brillante carrière de biologiste médicale.


Les Matins de Jénine est son premier roman. Il a remporté le Best Book Award 2007 dans la catégorie Fiction historique.


Allons tout droit vers le Sud, là où l’air libère un chant de résistance, un chant d’humanité malgré les pressions et les bombes de l’occupant…

Extrait du roman. C’est en 1947. Hassan, palestinien, discute avec son ami israélien juif, Ari.


« La situation est grave, Hassan, dit Ari. Les sionistes sont très bien armés. Ils ont recruté des soldats parmi les Juifs qui arrivent tous les jours par bateaux entiers. Il y a des choses que tu ignores, Hassan. Ils disposent de véhicules blindés, et même d’avions.
[…]
Hassan, ils vont prendre la terre. Ils ont lancé une campagne à travers le monde intitulée “la Palestine, une terre sans peuple”. Ils vont en faire un pays juif.
[…]
Ce n’est pas facile, Hassan. Je suis juif. En fait, je trouve que ce n’est pas juste. Mais tu ne peux pas savoir par quoi nous sommes passés. Ça nous a tués, même si nous en avons réchappé. Tu n’as jamais remarqué le regard vide de ma mère ? À l’intérieur, elle est morte. Mon père aussi. Hassan, tu n’imagines pas comment c’était. Et maintenant, nous ne sommes plus certains d’être à l’abri. Papa affirme que ce qu’ils font est injuste et il ne veut pas y participer. Mais nous ne sommes plus à l’abri. Il paraît que les Britanniques vont se retirer. Et alors, l’inévitable se produira. Ils sont bien décidés à faire de ce pays un Etat juif. Mais je crois que si les Arabes acceptent, tout se passera bien, nous pourrons vivre ensemble. »


Hassan s’assit par terre à côté de son ami. « Tu viens pourtant de dire qu’ils voulaient un Etat juif.


–  Oui, mais je pense qu’ils permettront aux Arabes d’y rester. » Les mots étaient sortis de sa bouche avant qu’Ari puisse les arrêter.


« Alors comme ça, ces immigrants vont me permettre de rester dans mon propre pays ?
»
riposta Hassan en haussant le ton.
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Pour essayer de faire simple, cette fiction historique retrace la vie des membres de la famille Abulheja sur trois générations. Tout commence en 1941, à Ein Hod, un village palestinien où la majeure partie des habitants vivent de la culture des olives. Puis en 1948, année de la création de l’Etat d’Israël sur les terres historiques de la Palestine, Ein Hod est détruit, occupé par la population nouvelle. Ainsi, les habitants du village et notamment la famille Abulheja sont amenés à se réfugier dans le camp de Jénine. Tout au long du roman nous les suivons de très près, nous vivons presque avec cette famille. Au fil de l’histoire et toujours dans un contexte colonialiste, Susan Abulhawa consacre le récit à la dernière fille de la famille, Amal, nom qui signifie « espoir » en arabe. Dès son plus jeune âge, la jeune fille voit tout, entend tout, comprend tout. Entre malheurs, séparations, souvenirs, Amal vit. Plus tard, elle partira pour les États-Unis chercher une vie meilleure. Cependant, elle ne se remettra jamais de cette ultime séparation. Entre sa nouvelle vie et la Palestine meurtrie, elle tentera de réunir à nouveau les siens.


Bien sûr, en lisant ce résumé, on ne peut que se demander si ce roman a un aspect autobiographique ou non. Libre à nous de supposer ce que l’on veut. Sur ce point, nous pouvons néanmoins relever quelques lignes de la préface de l’auteur :
« Bien que les personnages de ce roman soient imaginaires, la Palestine, elle, ne l’est pas. Pas plus que les événements et personnages historiques qui apparaissent au fil du récit. […] J’ai essayé de restituer aussi honnêtement que possible le cadre et le déroulement des faits en me fiant à ma mémoire et à des documents d’archives. »

Les enfants naissent tandis que les bombes éclatent. Mais tous, hommes, femmes, enfants, vieillards, tous vivent. Dans des conditions humainement déplorables, mais sans plainte aucune. Simplement en savourant des moments de tendresse, de plaisir, de souvenir, de projet, de sourire… Ils vivent simplement de la chance consciente qu’ils ont d’être en vie, ensemble, entourés de générosité, de solidarité, de révoltes, d’amour, de rêves et d’espoirs. Parce que c’est à l’intérieur de leur peuple qu’ils trouvent les valeurs et les promesses que les pays arabes voisins et l’Occident ne leur accordent pas.


Un livre bouleversant, dont on ne veut pas se détacher une fois qu’on l’a commencé, qui fera verser des larmes aux plus sensibles et aux plus révoltés. Mais un livre empli d’humanité, d’espoir en l’homme, tant nous le voyons dans toute sa splendeur : avec ses contradictions mais surtout, avec tout l’amour qu’il porte en lui.


On ne voudrait pas que ce livre se termine car on aimerait voir grandir tous ces enfants, sur un sol libre, qui leur appartient, sans occupation. On voudrait qu’à l’instant où on achève la lecture, la Palestine renaisse dans la réalité, qu’elle puisse s’épanouir à son gré.

Extrait du discours de Mahmoud Darwich, poète palestinien, prononcé à Ramallah en 2002.


« Nous souffrons d'un mal incurable qui s'appelle l'Espoir.


Espoir de libération et d'indépendance. Espoir d'une vie normale où nous ne serons ni héros, ni victimes. Espoir de voir nos enfants aller sans danger à l'école. Espoir pour une femme enceinte de donner naissance à un bébé vivant, dans un hôpital, et pas à un enfant mort devant un poste de contrôle militaire. Espoir que nos poètes verront la beauté de la couleur rouge dans les roses plutôt que dans le sang. Espoir que cette terre retrouvera son nom original : terre d'amour et de paix.


Merci de porter avec nous le fardeau de cet espoir. »


 
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Emeline K., 1ère année Bib

 

 

 

 

 

 

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17 avril 2010 6 17 /04 /avril /2010 07:00

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Nathaniel HAWTHORNE

La Lettre écarlate

GF 1997

Edition Folio classique, 2009

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Quelques mots sur l’auteur

 

John Hathorn, son père, était le fils d'un des juges qui avaient participé aux procès des sorcières de Salem ; c'est pourquoi Nathaniel changea son nom en Hawthorne. Il fut élevé par sa mère loin du monde. La Lettre écarlate est le premier de ses romans qui eut du succès et cela lui permit de vivre de sa plume dès 1850. Le jeune Hawthorne rencontra alors Herman Melville plus jeune que lui de quelques années. Ils échangèrent beaucoup de lettres et Melville lui a d’ailleurs dédié Moby Dick.

 


Résumé de l’œuvre

 
La Lettre écarlate relate l’histoire de Hester Prynne, une jeune femme qui vit dans une communauté puritaine. Le roman s’étend sur sept années de 1842 à 1849. Cette femme est condamnée à porter la lettre A, qui signifie adultère, sur sa poitrine. Elle est accusée d’avoir péché avec un homme de son village et d’avoir gardé leur enfant. Hester Prynne taira le nom de cet homme. Le jour où sa honte est exposée au grand jour devant toute la communauté, elle croise les yeux de son mari dans la foule. Cet homme l’avait abandonnée depuis quelques années afin d’aller vivre avec les Indiens au nom de la science. Il va donc décider de se venger de sa femme. Il se fera appeler Roger Chillingworth et se mettra en quête du père de cet enfant illégitime. Il va découvrir par intuition et observation que le pécheur n’est autre que le jeune révérend Arthur Dimmesdale. Le mari de Hester va donc emménager
en tant que médecin chez le pasteur, dont la santé est fragile. Roger Chillingworth va le torturer en l’empoisonnant afin qu’il paye lui aussi pour le péché qu’il à commis.

 

 

Description des personnages principaux

 

Hester Prynne est une jeune femme courageuse ; le narrateur évoque souvent « son incroyable énergie combative » qui lui a permis de transformer son châtiment en triomphe. Elle n’attend plus rien et ne veut plus rien de l’être humain.


 Néanmoins son dévouement pour les pauvres et les personnes seules va lui permettre de se racheter aux yeux de sa communauté. A la fin du roman, ils finiront par dire que le A sur sa poitrine signifie « ange ». Elle est également très bonne couturière ; elle exercera son talent pour les habitants.


Pearl est la fille de Hester ; son prénom évoque bien sa beauté  dont il est question dans le roman. Sa mère l’habille avec soin et extravagance, ce qui accentue sa beauté. Elle est également qualifiée d’enfant lutin ou enfant démon car elle est capricieuse, dénuée de sentiments et ne montre aucune marque d’affection. En contre-partie Pearl est plus intelligente que les enfants de son âge.
Souvent être vêtue de rouge, elle va devenir la matérialisation de la lettre écarlate ; en effet, elle est aussi belle.


Arthur Dimmesdale est un jeune pasteur adulé de tous, autant de ses pairs que de ses paroissiens. Il est décrit comme le plus saint des hommes. Les mots qui sortent de sa bouche lors de ses sermons descendraient de Dieu lui-même. Il a également la particularité d’attirer la sympathie des jeunes pucelles de sa paroisse qui lui vouent une adoration sans nom.


Roger Chillingworth est le mari de Hester ; c’est un homme savant qui connaît aussi bien la médecine traditionnelle que celle des Indiens. Seulement, son exil chez les Indiens a fait surgir en lui un instinct presque animal. Il est devenu sauvage et cruel.

 

 

Thèmes du roman


Le puritanisme est abordé sous l'angle de la satire sociale. Il entrave toutes les libertés individuelles. Il constitue, dans cette société, une toile d’araignée qui étouffe ses habitants mais s’étend également hors de la colonie chez les Indiens. De plus, la description des dirigeants de la colonie est évocatrice de leur hypocrisie. En effet, ils se placent au dessus des hommes et à aucun moment ne se remettent en question. Ils veulent simplement garder une hiérarchie et un équilibre dans la colonie. Le seul péché de Hester est d’avoir gardé cette enfant, car sans une preuve de sa faute elle n’aurait jamais porté la lettre écarlate.

Le Wild est présent à chaque moment du roman. Pearl est d’ailleurs souvent évoquée comme la personnification de la nature. Cette nature est une protection et une échappatoire, par exemple lorsque le pasteur, Hester et Pearl organisent leur fuite et laissent tomber le masque qu’ils arborent en public. Mais cette nature est aussi lieu de transgression et mère de tous les secrets comme lorsque les sorcières se réunissent dans la forêt.


L’adultère est montré comme la faute la plus grave, celle de la femme faible. Cependant nous comprenons bien dans le roman que, lors des confessions, des choses plus graves que le péché de Hester sont évoquées. Hester va donner l’exemple aux femmes de la colonie de ce qu'il ne faut pas faire.


La couleur rouge est très présente. Elle se trouve sur la lettre de Hester mais également sur les robes de Pearl ainsi que sur la poitrine du pasteur. Cette couleur qui évoque le sang et le mal est aussi assimilée à la beauté.


La Lettre écarlate est aussi un roman historique car il montre l’organisation d’une colonie. Il évoque les prémices de la chasse aux sorcières et l’évangélisation des Indiens.


C’est également un roman sur l’art car Hester est une artiste et toutes ses créations sont des œuvres d’art. Les robes de Pearl sont décrites comme magnifiques et la lettre écarlate de Hester est évoquée comme une œuvre à part entière faite avec minutie et ornée de fil d’or.

 

 

Conclusion

La Lettre écarlate se prête à plusieurs lectures : c'est une satire de la société puritaine mais il ne faut pas confondre la voix du narrateur et celle de Hawthorne car il est lui-même issu d’une éducation puritaine. Ce texte est toujours d’actualité car de nos jours, l'adultère  est plus souvent évoqué comme une trahison quand c'est une femme qui le commet que quand c'est un homme. C’est un roman assez difficile à lire car les faits ne sont pas clairement énoncés par le narrateur ; toute la trame est mise en place par suggestion et fait appel à l'intuition ; néanmoins il comporte tous les thèmes des premiers romans américains.

 

Cynthia, 1ère année Ed.-Lib.

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2 avril 2010 5 02 /04 /avril /2010 07:00

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Gil ADAMSON 
La veuve

Titre original : the Outlander

Christian Bourgeois, 2009

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Gil Adamson signe là son premier roman. La Veuve est le fruit de dix années  de fouilles imaginaires intenses et de méticuleuses recherches.  Originaire de Toronto,  née en 1961, elle a écrit plusieurs  nouvelles parues dans des revues littéraires. Deux recueils de poésie, Primitive et Ashland  (1991) ont été publiés ainsi qu’un recueil de nouvelles sous le titre Help me, Jacques Cousteau en 1995.


Parmi les auteurs  qui l’ont influencée elle cite Michael Ondaatje, Raymond Carver, Richard Ford, et Mark Richard.


Même si le titre d’origine de son œuvre, The Outlander, est intraduisible, la qualité et la force de l’écriture ont sans aucun doute été retranscrites. A n’en pas douter, le roman de Gil Adamson connaîtra un succès en France semblable à celui connu du Canada.

 

 

L’histoire


A l’aube du XXe siècle, Mary Boulton est devenue veuve, « veuve par sa faute ». Elle court dans la neige, en habit de deuil, au travers d’une forêt canadienne  pour échapper aux deux jumeaux impressionnants, sombres silhouettes prédatrices qui la pourchassent pour venger leur frère.


 Poussée par la peur, elle fuit à jamais le monde où elle a toujours vécu, elle fuit la violence de celui qui partageait ses nuits, elle fuit son infidélité ainsi que le douloureux souvenir de la perte d‘un bébé malade.


Gil Adamson laisse le lecteur se faire sa propre opinion de cette femme étrange et intrigante qui vient de tuer son mari. Elle décrit au fur et à mesure de la fuite, les souvenirs enfouis dans le plus profond de son âme : la mort de sa mère, son père dépressif, son mariage,  la vie d’une enfant qui manquait de
tout et de rien à la fois.


L’auteur n’impose donc pas de « parti pris » au lecteur. Pourtant, en avançant dans le texte, elle n’appelle plus Mary Boulton la veuve mais Mary, comme si nous avions tissé un lien avec le personnage et créé une intimité durant son voyage.


Ce livre, c’est l’histoire de la fuite d’une meurtrière que l’on admire pourtant pour la force qu’elle dégage. C’est aussi une histoire d’amour, une histoire de rencontres, une histoire d’humanité, une résilience tout simplement.
Des personnages hors du commun :


Mary est un être fondamentalement seul qui se bat pour survivre, trouvant refuge dans la nature, sauvage et bienveillante pour la fugitive. Malgré la rudesse de sa vie parmi les champs, cet univers représente la liberté qu’elle n’a jamais eue.


Mary  est une femme, qui dès le début inquiète, elle a tué son mari et elle fuit. Droit devant elle. Une course effrénée débute. Le lecteur prend conscience que la veuve est peut être folle, car sa fuite éperdue est parfois entrecoupée d’hallucinations.


« Comme les illusions paraissaient vivantes ! Il y a de l’art dans la folie, dans sa désastreuse immédiateté ».


Petit à petit, notre fugitive va rencontrer divers personnages qui lui  permettront de se reposer l’esprit autant que le corps. Elle trouvera donc une vieille femme riche et veuve qui  a l’habitude de « recueillir les  oiseaux égarés », elle y restera un moment, juste le temps de rassembler quelques objets utiles pour sa fuite puis, poussée par la peur de ses poursuivants, elle repartira.


Puis William Moreland nommé le Coureur des crêtes qui
« […] maîtrisait mieux que quiconque la subtile physiologie des forêts, des rivières et de la neige », découvre Mary au milieu d’une forêt dense, affaiblie par la faim. Cet ermite va la soigner, lui donner les clés pour survivre dans une nature hostile et des montagnes dangereuses.


Au cours de sa route, Mary va rencontrer Henry, un indien très méfiant qui va tout de même la guider jusqu’à une ville minière, Franck, en Alberta. Elle vivra sous la protection du révérend Bonnycastel qui enseigne la Bible d’une manière bien étrange.


Ces personnages vont contribuer à panser les plaies les plus profondes de la jeune femme, ils sont remarquablement attachants dans leur manière d’empêcher Mary de sombrer totalement dans la folie.

 


Une épopée  dans la nature


Nous aurions pu citer précédemment un dernier personnage omniprésent, mais indirect : la nature. Elle constitue une sorte de protection pour Mary, malgré toute sa rudesse.


Ce roman époustouflant de beauté nous propulse dans une sorte de tableau  pointilliste, chaque détail nous emmène dans cette nature qui regorge de vie, mais toujours avec le rappel de la mort qui la guette ou qu’elle rencontre dans son chemin. L’œuvre respire l’espace, la forêt, la liberté.


« Elle vit les empreintes de chevaux non ferrés, de sentiers tracés par des cavaliers au milieu des hautes herbes, et enfin la carcasse à demi rongée d’un écureuil jeté dans la poussière par quelque chien et aussitôt oubliée. »


La force de la réalité décrite en devient presque surnaturelle ce qui ajoute une nouvelle dimension au niveau littéral. Puisque Mary a des visions nées de son angoisse ou de son isolement, Gil joue sur la paranoïa donnant un certain décalage entre réalité et perception.

 


Mon avis

 

Lorsque j’ai ouvert le livre je n’ai cessé d’être essoufflée du début à la fin. On se croirait réellement dans les bottes de la veuve. Gil Adamson m’a réconciliée avec les descriptions longues de l’environnement, car sans cela, l’histoire aurait perdu toute cette dimension grandiose et belle.


Grâce à une écriture sobre empreinte de poésie, à l’intrigue captivante, je vous garantis un des plus beaux voyages littéraires contemporains !


 

Agnès, 1ère année Bib-Méd.

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15 février 2010 1 15 /02 /février /2010 19:00





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Roberto BOLAÑO
Le Secret du mal

Titre original : El secreto del mal
traduction française : Roberto Amutio
Christian Bourgois, 2009













Roberto Bolano est aujourd'hui considéré comme l'un des écrivains contemporains le plus important en littérature espagnol et latino-américaine. Né à Santiago du Chili en 1953, il meurt à Barcelone en 2003, après 50 ans de vie chaotique. Fervent militant d'extrême-gauche, son engagement va rythmer et marquer sa vie. C'est encore jeune qu'il quitte le Chili pour Mexico ; il y reviendra pour soutenir le socialisme d'Allende, et assistera au coup d'êtat d'Augusto Pinochet. Il sera emprisonné mais pas torturé, et gardera un fort souvenir de cette expérience, qu'il résume par cette formule : « l'humour noir, l'amitié et le danger de la mort ». C'est en Europe qu'il choisira de fuir, vivant une vie de vagabond, de poète, jeune et libre. Fin des années 70, il s'installe en Espagne, se marie, vit de petits boulots tout en continuant d'écrire de la poésie, avant de passer aux romans. Il commence enfin à connaître le succès dans les années 90, une douzaine de romans, recueils, nouvelles, et s'impose comme un grand écrivain latino-américain, remportant même plusieurs prix dont le prestigieux prix Romulo Gallegos en 1999. On a retrouvé après sa mort plusieurs romans, comme 2666, et le recueil de nouvelles, fragments présenté ici : Le Secret du mal.

Ce recueil présente une vingtaine de fragments, dont deux textes de conférence, Dérives de la pesada, et Séville me tue.  Il s'agit de textes ou d'ébauches de textes retrouvés dans son ordinateur après sa mort, et l'éditeur nous explique dans une note préliminaire qu'il s'agit des derniers textes travaillés par l'auteur, probablement donc dans le but d'une publication, justifiant ainsi la sortie de l'ouvrage.

Ces textes ont une valeur assez différente les uns des autres, la seule unité de l'ouvrage étant le caractère inachevé de l'œuvre. Ainsi La Colonia lindavista, La Chambre d'à côté et Crimes sont les nouvelles qui ont l'air le plus travaillées, les plus abouties bien qu'inachevées. On y trouve une ambiance étrange, des personnages sortant assurément de l'ordinaire comme un prêtre nazi proche de l'Opus Déi, et un asile de fous. L'auteur raconte son histoire et intègre au récit une pièce renversant l'équilibre et la stabilité du quotidien. C'est à travers des faits anodins que le narrateur fait naître l'angoisse, renverse le réel mettant ainsi au jour sa fragilité.

Le Fils du colonel, Labyrinthe, et Muscles sont trois nouvelles assez abouties aussi ; on pense à des débuts de romans ; les personnages sont assez travaillés, et il est intéressant d'imaginer l'auteur au travail, faisant petit à petit naître ces personnages encore à l'êtat d'ébauches bien que prometteurs.

L'intérêt des autres textes semblent plus discutables, bien qu'on sente parfois que Bolaño reprend des personnages qui lui sont chers, et il est certain qu'un fervent lecteur de Bolaño aura plaisir à retrouver ces personnages. Certains textes, quelques pages, des portraits brefs, montrent clairement la genèse de ce qui aurait pu être de futurs héros de romans, ces textes sont d'ailleurs plus encore à l'êtat d'esquisse que d'ébauche.
Enfin on trouve dans ce recueil deux essais critiques, Dérives de la pesada et Séville me tue. L'auteur nous livre ici sa vision de la litterature latino-américaine, plus particulièrement argentine dans le premier. Bolaño, grand écrivain, est aussi un grand lecteur et nous le prouve ici en disséquant de façon assez acerbe ses contemporains et collègues auteurs.

L'intérêt éditorial de l'œuvre est donc assez discutable, car même si certains textes sont assez intéressants, même s'il est agréable de s'imaginer l'auteur au travail en train d'esquisser des débuts de romans, on reste frustré face à cette sensation d'inachevé qui n'était nullement le but de l'auteur.

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Florian, 1ère année Ed.-Lib.


Lire aussi cet article sur Bartleby les yeux ouverts.



Roberto BOLAÑO sur LITTEXPRESS



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Article d'Annabelle sur Des putains meurtrières
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20 janvier 2010 3 20 /01 /janvier /2010 07:00
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Agota KRISTOF
Le Grand Cahier

Seuil, 1991
Points, 2001








   







Allemagne, durant la Deuxième Guerre mondiale. “Nous arrivons de la Grande Ville. Nous avons voyagé toute la nuit. Notre Mère a les yeux rouges.” Le roman commence par une fuite ; quittant la ville où la famine règne, la mère laisse ses deux jumeaux aux soins d’une grand-mère qu’ils ne connaissent pas, et qui ne va pas leur mener une vie facile. Elle est avare, analphabète, acariâtre et cruelle. Claus et Lucas apprennent seuls les lois de la vie, se soutenant mutuellement. Ils sont abandonnés à eux-mêmes, forgeant leur propre éducation. Ils s’entraînent à s’endurcir, se livrant à d’étranges exercices.
   
Se réfugiant dans le grenier de la maison, ils inscrivent dans un grand cahier la liste des tâches effectuées et des lois auxquelles ils répondent, telles que :
« Il est interdit d'écrire : "la Petite Ville est belle", car la Petite Ville peut être belle pour nous et laide pour quelqu'un d'autre. » Ils apprennent à vivre en se fixant des règles et en listant leurs actions, dans le froid, la faim et la dureté de la guerre qui fait rage. Aussi cruels que le monde qui les entoure, ils apprennent à tuer sans remords, et à ne pas s’apitoyer sur la douleur des autres. Ils découvrent la jalousie, la faim, la misère, la mort, la méchanceté. Ils n’ont aucune trace de tristesse lorsque leur mère meurt sous leurs yeux un peu plus tard; aucun sentiment, seulement l’acceptation de la mort sans ciller.   
agota kristof
Premier roman d’une trilogie, Le Grand Cahier est publié en 1987, une trentaine d’années après que son auteur - Agota Kristof - s’installe en Suisse. Elle a émigré de Hongrie, son pays natal, sous occupation soviétique. Cette migration forcée va influencer son oeuvre. Elle reçoit pour ce livre le prix du livre européen.

Il est devenu très rapidement un succès et est inscrit au programme des lycées. Il est suivi en 1988 par La preuve, et en 1991 par Le troisième mensonge, livre qui clôt la trilogie. Ce livre nous transmet avec force les malheurs de la vie dans un pays totalitaire en guerre, les sentiments, les  inquiétudes et la cruauté de ces deux jumeaux qui réussissent à s’accommoder de la vie qu’on leur impose. Il nous emmène dans la réalité de cette guerre qui a tant détruit, autant le monde matériel que le monde psychologique. Nous évoluons et apprenons en même temps que ces deux frères, vivons leur quotidien, ressentons les mêmes sensations, les mêmes sentiments suscités par l’écriture vraie et crue de l’auteur, mêlée d’humour noir.

    Ce livre nous apporte autant sur le plan sentimental – car il nous fait découvrir une atmosphère que l’on n'a pas connue ou bien ravive des souvenirs qui restent à fleur de peau –, que sur la plan historique, car même si l’auteur ne prétend pas tendre vers l'objectivité, c’est voir la Seconde Guerre mondiale non d’un point de vue politique, mais humain.


Mélissa, 1ère année Ed.-Lib.

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