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27 mai 2011 5 27 /05 /mai /2011 07:00

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Gudule
La Bibliothécaire, 1995
rééd. Le livre de poche jeunesse, 2007

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Gudule

De son vrai nom Anne Duguel, elle est née à Bruxelles le 1er août 1945. Elle écrit des livres pour les enfants et pour les adultes sous le nom de Gudule, Anne Guduel et Anne Carali. Anciennement journaliste au Moyen Orient, elle collabore depuis les années 70 à divers magazines et journaux comme Pomme d'Api, Charlie-Hebdo... Pour une biographie plus complète de l'auteur, cliquez sur ce lien : http://fr.wikipedia.org/wiki/Anne_Dugu%C3%ABl .

 

La bibliothécaire

Résumé

Guillaume est élève en classe de cinquième. Chaque nuit, il observe depuis sa fenêtre  une vieille dame qui écrit toute la nuit dans l'immeuble d'en face. Puis, lorsque la lumière de son appartement est éteinte, d'une façon étrange et répétitive, une jeune fille d'une quinzaine d'années sort de cet immeuble.

Une nuit, Guillaume décide de la suivre. Guidé par le claquement de ses talons sur le sol, il la suit et se retrouve alors dans la bibliothèque de la ville en pleine nuit à ses côtés. Pour fuir le gardien de la bibliothèque tous deux courent se réfugier dans un parc voisin. Guillaume et la jeune fille, Ida, engagent une conversation.

« Je vais vous décrire Ida, car elle était très belle. Elle avait de longs cheveux bruns qui tombaient sur ses épaules, et un joli visage. Sous sa cape noire, elle portait un jupon qu'elle avait échangé contre Alice au Pays des Merveilles, et des petits souliers qui faisaient chanter le pavé. »

 Très vite la jeune fille se confie et Guillaume comprend que c'est elle la vieille dame qu'il voit écrire chaque nuit et qui est aussi l'ancienne bibliothécaire. Elle a donc 84 ans et rédige ses mémoires. Quand Guillaume la rencontre, elle en est arrivée à la jeune fille qu'elle était en 1926. Ida demande au jeune garçon de l'aider à trouver le grimoire qu'il faut avoir pour devenir écrivain, elle embrasse Guillaume et disparaît. Le lendemain Guillaume attend, les yeux rivés sur l'immeuble d'en face, mais la vieille dame comme la jeune fille n'apparaîtront pas ce soir-là. L'ancienne bibliothécaire est décédée. Guillaume décide d'aller chez elle récupérer le cahier sur lequel elle écrivait sa vie, il veut ressusciter Ida en lisant ses mémoires. Il va alors recevoir l'aide de son meilleur ami, Doudou qui, lui, pense qu'il faut écrire pour retrouver Ida. Car c'est en écrivant qu'elle prenait vie.

Seulement tout n'est pas si simple pour Guillaume ; il a de grandes difficultés en français et ne parvient pas à écrire convenablement. Ainsi la jeune fille qui lui apparaît s'appelle « Idda », elle louche et ses membres sont inversés ! Doudou décide d'aider Guillaume ; il écrit à son tour un rap, et c'est une « Adi » qui apparaît, une jeune fille noire qui ne cesse de bouger ! Il n'y a plus de doute, pour que Guillaume retrouve Ida, il doit savoir écrire et pour cela, retrouver le grimoire à la bibliothèque. C'est ainsi que va débuter leur parcours captivant dans une multitude d'ouvrages. Les jeunes garçons entrent avec Ida au pays d'une reine qui souhaite faire couper la tête d'Idda. Alice les guide, ils doivent suivre un cochon ! Les enfants vont ensuite rencontrer Madame Lepic punissant Poil de Carotte qui est couvert de poux. Pour le sauver ils décident de l'emmener dans le poème de Rimbaud, Les chercheuses de poux. Guillaume, Doudou et Ida plongent ensuite dans Les Misérables et assistent à la mort de Gavroche. Puis une rencontre émouvante a lieu dans le désert entre Guillaume et le Petit Prince. Au cours de cette immersion dans les livres, les enfants ont pu recueillir un certain nombre d'indices qui vont leur permettre de comprendre que le grimoire de l'écrivain est un livre aux pages blanches... Pour bien l'écrire Guillaume doit se perfectionner en français. Le jeune homme va agir pour enfin écrire le bon texte qui va lui permettre de retrouver Ida, celle qu'il aime.



Un livre fantastique, une immersion dans la littérature

La quatrième de couverture indique :« Pourquoi la vieille dame qui habite en face de chez Guillaume écrit-elle tard la nuit ? Pour résoudre ces mystères, Guillaume se lance dans un fantastique voyage au pays des livres et de l'écriture...».

Ce fantastique voyage commence avec l'immersion dans l'histoire de Poil de Carotte avec « ses cheveux roux en désordre » ; « de sa culotte trop grande émergent des jambes maigres ». Doudou et Guillaume sont plongés dans l'histoire du jeune garçon allant même jusqu'à lui parler : « Salut mon pote, dit Doudou, t'as des ennuis ? ». La situation est fantastique, le voyage que l'on peut faire intellectuellement lorsqu'on lit un livre se fait ici physiquement par l'insertion des personnages dans la littérature et ce d'une manière assez comique. Dans un langage tout à fait naturel et spontané, les jeunes enfants interviennent dans des oeuvres de la littérature française connues de tous. De cette façon, les personnages que nous connaissons sous un angle précis nous sont ici peints avec une certaine originalité, leur propre histoire est détournée et leur récit original et parfois cité, mis en abyme. Cette rencontre avec Poil de Carotte a un aspect moralisateur : en effet, le jeune garçon tape son chien parce qu'il est lui même victime de la violence. La morale dans ce livre jeunesse est claire, la violence entraîne la violence.

Ensuite, c'est à partir des poux situés sur la tête de Poil de carotte que nous allons voyager dans un poème de Rimbaud intitulé Les Chercheuses de poux. On nous en cite quelque vers :

« Quand le front de l'enfant, plein de rouges tourmentes,
Implore l'essaim blanc des rêves indistincts,
Il vient près de son lit deux grandes soeurs charmantes
Avec de frêles doigts aux ongles argentins ».

Gudule choisit d'ajouter un texte poétique dans son récit afin de citer le livre dans lequel le lecteur, au même titre que Guillaume ou Doudou, est plongé. Doudou, Guillaume et Ida voyagent, le lecteur aussi. Gudule alterne dans son ouvrage quelques lignes de récit intercalées entre quelques vers de Rimbaud ; ainsi récit et poésie dialoguent.

Après ce voyage avec Rimbaud nous voici sur un « sol jonché de cadavres civils et militaires, indistinctement mélangés parmi les flaques de sang. » On cite Jean Valjean, Doudou et Guillaume spectateurs de la scène et plongés dans un nouveau bouquin s'interrogent : « Qu'est-ce qu'il y a eu comme révolution au XIXe siècle ?». Gudule insère un chant dans son récit : « On est laid à Nanterre, c'est la faute à Voltaire, et bête à Palaiseau c'est la faute à Rousseau ». Dans une scène de guerre on découvre un jeune homme révolté, nommé Gavroche ; sous les yeux de Doudou, il va perdre la vie. Gudule plonge ses personnages dans un récit préexistant que l'on peut facilement identifier, et leur fait vivre ici un moment d'émotion intense. Gavroche meurt, « une petite grande âme vient de s'envoler ». Guillaume plongé dans un immense chagrin pleure. Il entend la voix d'un garçon qui lui demande : « Bonjour, de quelle planète es-tu ? » et qui lui dit : « Je connais un renard, il sait beaucoup de choses, il pourra t'aider ». Gudule joue avec les personnages qu'elle crée ou qui existent déjà, en les faisant interagir. Ici encore la situation devient comique, ces deux jeunes garçons sont perdus et tentent l'un l'autre de se rassurer, le Petit Prince et ses enseignements prennent un nouveau sens. Cette aventure se poursuit par une plongée dans Les Misérables de Victor Hugo. Gudule recrée avec une grande justesse l'atmosphère d'un roman historique par des descriptions précises :

« La venelle où les a déposés le hasard est étroite et vétuste : façades misérables aux volets hermétiquement clos, gros pavés inégaux souillés de crottin de cheval, caniveaux charriant une eau croupie où flottent de malodorants détritus ».

Pour parvenir au but ultime, trouver le grimoire de l'écrivain, des personnages actuels voyagent dans la littérature, et cela ne semble pas absurde car il semble difficile de pouvoir bien écrire sans jamais avoir lu.

Ce livre est écrit avec justesse, le langage y est simple tout en étant poétique. L'écriture est très rythmée car les dialogues sont nombreux, bien insérés dans le récits et les extraits des ouvrages de référence choisis. Le personnage de Doudou dont les paroles comme du rap sonnent et sont souvent très saccadées, les vers de Rimbaud, les chants révolutionnaires font de ce livre un livre à lire mais aussi à écouter, à chanter, à jouer.

La bibliothécaire de Gudule est un livre de mon enfance que j'ai décidé de relire car le souvenir que j'en avais était plaisant. Ma relecture a été délicieuse ; comme lors de ma première lecture, je me suis laissé emporter dans ce voyage au coeur de l'écriture. Au début de son ouvrage, Gudule offre une dédicace en hommage aux bibliothécaires et aux documentalistes, pour leur remarquable travail auprès des jeunes dans l'approche du livre plaisir ». Cette notion de livre plaisir me semble fondamentale et selon moi dans cette oeuvre, quel que soit l'âge du lecteur, il est bon de se laisser porter das un voyage comique, poétique, envoûtant.

L'amour de Gudule pour l'écriture est transmis par l'ouvrage, cette métamorphose de Guillaume grâce au langage en est l'illustration, car ici, la langue française lorsqu'elle est mal maîtrisée ne permet pas de parvenir à ses fins...

Marine, 1ère année Bib.-Méd.

GUDULE sur LITTEXPRESS

 

gudule001.jpg

 

 

 

 

Article d'Aude sur Le Club des petites filles mortes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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21 mai 2011 6 21 /05 /mai /2011 07:00

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Jenny DOWNHAM
Je veux vivre
titre original Before I Die
traduit de l'anglais
par Aleth Paluel-Marmont
Plon Jeunesse, 2008

Pocket, 2011



 

 

 

 

 

 

Jenny-Downham.JPGBiographie de l'auteur

Jenny Downham est née en 1964. C'est un écrivain britannique et une ancienne actrice, qui a notamment joué dans des hôpitaux. Elle a publié un livre à ce jour : Je veux vivre, en 2007. Elle vit aujourd'hui à Londres avec ses deux fils.

Jenny Downham était sur la liste des candidats sélectionnés pour le prix « Guardian Award » en 2007, le « Lancashire Children's Book of the Year » en 2008. Elle était nominée pour le « Carnegie Medal » en 2008 et le « Booktrust Teenage Prize ». Elle a gagné le « Branford Boase Award » en 2008.



L'histoire

« Tessa vient d'avoir seize ans et se sait condamnée. Dans quelques semaines, elle mourra d'une leucémie. Partagée entre la révolte et l'angoisse, l'injustice et les aspirations propres à son âge, Tessa décide de tout connaître de la vie avant de mourir, y compris les transgressions, la célébrité...

Aidée de sa meilleure amie, de ses parents qui acceptent tout, Tessa se lance alors dans une course contre la montre, contre la mort, pour vivre ! » Quatrième de couverture.

 Jenny-Downham-Je-veux-vivre-Pocket.jpg
C'est ce que nous annonce la quatrième de couverture. En réalité, il n'est pas dit aussi clairement dès le début que Tessa est mourante. Le lecteur sait d'abord qu'elle est malade et que cela l'affaiblit. Petit à petit, il comprend que c'est plus grave et qu'elle a peu de temps à vivre. Cela est énoncé clairement au chapitre 9 : elle a une leucémie et il n'y a plus grand-chose à faire pour elle. Le docteur lui conseille donc de faire tout ce qu'elle veut maintenant.

Ainsi, Tessa, qui est malade depuis quatre ans, établit une liste de choses à faire. Cette « liste est sa seule façon de survivre » (page 104). Elle est aidée par sa meilleure amie Zoey Walker et sa famille. Celle-ci se compose de sa mère et de son père séparés depuis qu'elle a 12 ans, et de son petit frère de 11 ans, Cal. Son voisin Adam, rencontré un peu plus tard dans l'histoire va aussi l'aider dans sa liste.

La liste commence avec le numéro 1 qui est le sexe. Tessa n'a jamais eu de relation ; elle donc veut l'expérimenter. Zoey et elle vont en boîte et trouvent deux garçons, Jake et Scott, avec qui elles passent respectivement la nuit ensemble. Par la suite, Zoey continue à voir Scott et à sortir avec lui.

Le numéro 2 est dire oui à tout : elle accepte ce que lui demande son frère (jouer avec lui, faire les magasins...), elle achète tout ce qu'on lui propose, fait ce que lui dit Zoey. Elle saute aussi dans la rivière ce qui la rend malade.

La drogue est le numéro 3. Adam procure à Tessa et Zoey des champignons hallucinogènes qui rendent Tessa très confiante ; elle se prend pour une aventurière.

La relation entre Adam et Tessa est houleuse, surtout au début, cette dernière étant attirée par lui mais ne voulant pas de pitié de sa part.

Le numéro 4 c'est transgresser la loi. Elle volera dans un magasin. Tessa est accompagnée par Zoey. Elles rencontrent deux anciennes camarades de classe (Tessa a quitté l'école en cinquième). Elles sont mises très mal à l'aise par Tessa qui dit qu'elle est en train de dresser la liste des invités à son enterrement. En même temps ces deux filles préviennent Zoey que Scott avec qui elle sort toujours, est un homme volage et qu’il a souvent plusieurs copines à la fois. Cette révélation que Zoey veut vérifier la fait pleurer alors que Tessa ne l'avait jamais vue aussi bouleversée. Tessa qui avait volé se fait emmener par les vigiles et doit tout rendre.

Apprendre à conduire est le numéro 5. Tessa a surtout appris toute seule et elle part avec Zoey au bord de la mer ; elles passent la nuit dans un hôtel où elle allait autrefois avec sa famille. Zoey révèle qu'elle est enceinte de Scott. Il est au courant et la déteste. Les deux filles avaient raison à son propos : il a d'autres copines. Zoey ne sait pas si elle avortera ou non.

Numéro 6 : devenir célèbre. Son père l'emmène dans un studio et elle passe à la radio. Ce n'est pas une réussite.

Le numéro 7 consisterait à rapprocher ses parents pour qu'ils revivent ensemble. Ce numéro de la liste se réalise sans que Tessa ait beaucoup à faire. Cela la rend heureuse ainsi que son frère. Zoey a annoncé à ses parents qu'elle était enceinte et a décidé de garder le bébé. Ils lui ont dit qu'ils la détestaient.

Le numéro 8 est tomber amoureuse. Tessa aime Adam et c'est réciproque. Peu de temps après qu'ils aient couché ensemble, Tessa doit aller à l'hôpital pour une transfusion. En revenant elle voit son nom écrit partout dans la ville. C'est Adam qui est derrière cela : il a pleinement réalisé le numéro 6 de sa liste.

Tessa se rend compte qu'elle veut faire encore plus de choses, augmenter sa liste. À la Saint-Valentin elle apprend qu'elle a franchi une nouvelle étape dans la maladie : elle est très vite anémiée, a du mal à respirer et a mal partout.

Le numéro 9 de sa liste est l'emménagement d'Adam chez elle. Au départ, ses parents refusent. Puis Adam finit par habiter avec elle car le temps qui lui reste est faible. En même temps Zoey va bientôt déménager et vivre dans son propre appartement.

Le numéro 10 est voir le bébé de Zoey, Lauren Tessa Walker, naître. Il reste environ huit semaines avant que le bébé naisse mais Tessa attrape une infection et elle doit rester à l'hôpital. Le docteur lui annonce qu'elle a franchi une nouvelle étape : elle serait chanceuse de tenir jusqu'à huit semaines. Les transfusions de sang ne font presque plus effet et au bout de 10 jours, Tessa rentre chez elle. L'infirmière lui explique ce qu'il va se passer : elle ne va plus beaucoup manger, elle va dormir souvent. Au bout de quelques jours, elle alternera entre des moments de conscience et d'inconscience. A ce moment-là, elle ne parlera plus même si elle sentira la présence de personnes et qu'elles les entendra. Puis elle « s'endormira pour toujours » (page 339). Tessa écrit des instructions sous forme de lettres à son père, sa mère, son frère, Zoey, Adam. Cela ressemble à un testament même si souvent elle leur demande d'être heureux sans elle, de continuer à vivre et à avancer. Elle ajoute aussi beaucoup de choses à sa liste comme simplement serrer son frère dans ses bras.

À partir du chapitre 40, le rythme du texte s'accélère et devient décousu. Les pensées de Tessa dérivent, elle raconte des choses sans rapports. Les paragraphes sont courts. Il y a des phrases où la ponctuation n'est pas respectée comme « il y a un moment que je voulais dire ça » (page 370) ou « j'ai passé ma vie à mourir » (page 379). Cela donne l'impression qu'il manque quelque chose. Ce genre de phrases, la forme du texte dans ces derniers chapitres montrent aussi l'état d'esprit de Tessa qui divague et alterne conscience et inconscience. On suit aussi les étapes : quand elle ne peut plus bouger, puis parler. Sur la fin elle se dit qu'elle doit « les laisser tous partir » (page 390). Le texte s’achève sur les phrases :

« Moments.


S'enchaînant tous vers celui-là. »

C'est ainsi que l'on comprend que Tessa s'est endormie pour toujours. L'auteur annonce la mort de Tessa de manière poétique et comme si c'était un moment très attendu. En même temps cela signifie la fin de la souffrance pour Tessa.



Au cours de l'histoire, Tessa est très dérangeante pour les autres dans ses propos. Par exemple lorsqu'une nouvelle infirmière vient pour la prise de sang, elle lui demande si elle croit en Dieu, au Paradis. L'infirmière répond que l'idée est « plaisante » ce à quoi Tessa réplique « Quand on est mort, on est mort. » (page 133). Cela se voit aussi lors de sa rencontre avec ses anciennes camarades de classe. Elle agit de même avec ses proches, surtout son père qui nourrit toujours l'espoir de trouver un traitement qui puisse la sauver. Elle est très cynique à propos d'elle-même et de sa mort prochaine. De plus, son caractère fait qu'elle est dure à vivre pour ses amis ou sa famille.

La liste de Tessa rend sa vie très intense mais aussi hétéroclite : elle commet des actions sans rapports, entraîne les gens à sa suite comme un tourbillon.

Tessa énonce beaucoup de chiffres, essentiellement les jours restants, jusqu'à Noël, Pâques, la naissance du bébé... Ils ont une grande importance pour elle.



Mon avis

C'est un livre très prenant et émouvant. On s'attache au personnage principal qui étant mourant vit intensément. Lorsque Tessa meurt à la fin, même si on savait depuis le début que cela allait arriver, on ne peut s'empêcher d'être ému. Il y avait toujours l'espoir qu'elle guérisse bien que le récit annonce le contraire.


Marine G., 1ère année Bib.-Méd.- Pat.

 

 

 


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17 mai 2011 2 17 /05 /mai /2011 07:00

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Lemony SNICKET
Les Désastreuses Aventures

des Orphelins Baudelaire
Tome 1 : Tout commence mal…
Titre original :
A Series of Unfortunate Events, The Bad Beginning
Traduit de l'anglais (Etats-Unis)
par Rose-Marie Vassalo.
Illustrations de Brett Helquist
Éditions Nathan Jeunesse
2002 pour la traduction française
Éditions HarperCollins,
1999 pour la version orginale.

 

 

 

 

 

 

 

Chers lecteurs,


Je regrette fort de devoir le dire, mais la fiche de lecture que voici ne contient rien de plaisant. En effet, elle va traiter du premier tome de la série Les Désastreuses Aventures des Orphelins Baudelaire, écrite par l’infortuné Lemony Snicket. Si j’étais à votre place, je cliquerais immédiatement sur l’icône « page précédente »,  ou alors j’irais plutôt lire la fiche de lecture consacrée au merveilleux livre Le Petit Lutin Rose, écrit par Monty Kensicle. Si malgré cet avertissement vous persistez dans votre pensée, soit, mais sachez qu’il n’est jamais trop tard pour arrêter cette funeste lecture et rejoindre le monde merveilleux du Petit Lutin Rose et de ses amis enchantés.

Les Désastreuses Aventures des Orphelins Baudelaire, A Series of Unfortunate Events en version originale, est une série de treize romans pour la jeunesse écrite par Lemony Snicket et illustrée par Brett Helquist.

Je vais ici vous présenter le premier volume de cette effroyable série.

« Si vous aimez les histoires qui finissent bien, vous feriez beaucoup mieux de choisir un autre livre. Car non seulement celui-ci finit mal, mais encore il commence mal, et tout y va mal d’un bout à l’autre, ou peu s’en faut. »

Et ce n’est pas moi qui le dis, c’est l’auteur désespéré de cette saga, Lemony Snicket. Violette, Klaus et Prunille Baudelaire sont trois « enfants charmants […] intelligents, pleins de ressources et loin d’être laids. » Mais ils ont le malheur d’être accablés d’une malchance inimaginable, et tout ce qui leur arrive dans la vie est placé sous le signe de la guigne, de la déveine ou de l’infortune. Durant les 13 tomes qui composent cette désastreuse série, leurs aventures ne sont qu’une interminable suite de malheurs.

Alors, vous avez toujours envie de lire cette fiche ? Il est encore temps de rebrousser chemin vous savez.

Bien. Je vais donc répondre à vos questions. Mais ce sera à vos risques et périls, je vous aurai prévenus.



Qui est l’auteur ?

Lemony-Sticket-image1.jpgL’auteur de cette série effroyable n’est autre que Lemony Snicket. Qui est-il ? C’est une très bonne question. Pour tout vous dire, il est presque impossible de le rencontrer ou même de recueillir quelques informations sur lui. Il fuit sans cesse un groupe de personnes mal intentionnées, ce qui le force à se cacher et à demeurer anonyme. C’est une personne d’un âge déterminé, de sexe masculin, qui a pour devoir de relater les funestes tribulations du trio Baudelaire. Les rares photographies que nous avons de lui le montrent de dos, dans des lieux non identifiables. D’après « Le Petit Pointilleux », un journal assez renommé ou critiqué selon les points de vue, il serait grand et aurait les yeux marron. Mais qui sait, il ne faut pas croire tout ce qu’on lit. Si vous arrivez à le trouver et à le rencontrer, vérifiez par vous-même, vous êtes après tout, chers lecteurs, la meilleure source d’information.

Bravant mille périls, j'ai réussi à vous trouver une de très rares photographies existantes de Mr Snicket, que vous pouvez apercevoir ci-contre.
 



Qui sont les pauvres héros ?

Les pauvres héros, qui n’ont de héros que le nom, de ces tristes événements sont les trois enfants Baudelaire. Ce sont des enfants à peu près comme les autres, aimables, gentils, doux, qui aiment tendrement leurs parents.

Prunille, ou Sunny en anglais, est la plus petite. Sa passion dans la vie ? Mordre. Surtout les choses très dures.  Elle possède « quatre dents, aussi tranchantes que celles d’un castor ». Elle a l’âge où les enfants ne savent parler que par cris, borborygmes et autres gargouillements. Seuls Violette et Klaus sont capables de la comprendre. Par exemple, si elle se met à répéter avec insistance «  Gaack ! Gaack ! Gaack ! » sur les bords de la plage Malamer, cela signifie sûrement : « Vous avez vu la drôle de forme qui vient de sortir du brouillard ? .  Heureusement, le narrateur nous traduit chacun de ses gazouillis.

Son frère, Klaus, est le cadet de la famille. Il adore lire, et retient d’ailleurs tout ce qu’il lit, même si sa culture a quelques limites, notamment en matière de mécanique, domaine de prédilection de sa sœur, Violette. Il est quelqu’un de très méthodique, méticuleux, intelligent, possédant une très grande mémoire. Il déteste par-dessus tout qu’un adulte lui donne la définition d’un mot qu’il connaît déjà.

Sa sœur, Violette, est l’ainée du trio, comme vous avez dû le deviner. Quiconque la connaît un minimum, sait qu’elle est une inventrice hors pair, et que dès qu’elle noue ces longs cheveux à l’aide d’un ruban, c’est qu’elle est en train de réfléchir à une nouvelle invention. Au début du premier tome par exemple, elle cherche à créer un « robot récupérateur de cailloux après ricochets sur la mer. »
 
 Et qui est le méchant ? (Mot signifiant ici « Personne machiavélique cherchant  tout prix à faire du tort aux enfants tout en s’enrichissant. ») Comme dans chaque histoire, et en particulier dans cette série, qui je le rappelle, est une insupportable suite de malheurs tous plus épouvantables les uns que les autres, il y a un méchant. Quelqu’un qui veut faire le mal, qui aime mettre des bâtons dans les roues des gens et qui passe son temps à élaborer des plans tous plus machiavéliques les uns que les autres, plans que le ou les héros seront obligés de déjouer. Le méchant de notre histoire est le comte Olaf. Voici la description qu’en fait notre infortuné narrateur :

« Il était très grand, très maigre, et son costume gris rat était tout maculé de taches sombres. Son menton n’était pas rasé et, au lieu de deux sourcils comme le commun des mortels, il n’en avait qu’un, très long, sur toute la largeur de son front. Ses yeux étonnamment luisants lui donnaient l’air à la fois furieux et affamé. »

Triste personnage en somme. Et sinistre par-dessus cela. Bien sûr, comme tout méchant, il a un sombre dessein. Mais pour le comprendre, il me faut vous expliquer le début de cette malheureuse histoire. Si vous avez trésisté au lot de malheurs contenus dans cette fiche jusque-là, vous pouvez toujours cliquer sur « page précédente », il est encore temps.



Malgré tout, j’aimerais bien connaître l’histoire de ce livre, même si je suis conscient que c’est à mes risques et périls…

Violette, Klaus et Prunille étaient des enfants très heureux, jusqu’à un certain matin. Ce jour-là, un banquier quelque peu inutile, Mr Poe, vient les chercher sur la plage de Malamer et leur annonce sans préambule que leurs parents sont décédés lors d’un horrible incendie qui a ravagé le manoir familial. Néanmoins, il leur a trouvé un tuteur, un « cousin éloigné » des orphelins, un « petit-neveu d’un arrière-grand-oncle de [leur] arrière-arrière-grand-mère, ou arrière-arrière-grand-oncle d’un petit-neveu de [leur] arrière-arrière-grand-père. » qui n’est autre que le sinistre Comte Olaf. Ce n’est pas leur parent le plus proche généalogiquement comme vous pouvez vous en rendre compte, mais c’est le plus proche rapidement. Or, les enfants Baudelaire sont à la tête d’une immense fortune, que le comte convoite. Il va alors tout mettre en œuvre pour faire main basse dessus, et accessoirement faire disparaître nos trois héros. Je continuerais bien le résumé de l’histoire, mais je n’en ai pas la force, excusez-moi. Vous pouvez très bien imaginer que les enfants parviennent à contrecarrer les plans de l’odieux Olaf, et qu’ils vivront heureux. Vous pouvez également aller chez votre libraire ou votre bibliothécaire, et le supplier de vous fournir cet horrible récit.



Mais, comment un livre aussi horrible peut-il avoir autant de succès ?

Ma foi, cette série est vraiment singulière. Lemony Snicket est un narrateur très pessimiste, et fait régulièrement preuve d’humour noir. Il fait également souvent référence à la littérature, ou à la culture en général.

La plus grande particularité de roman et même de cette série est son style narratif. Lemony Snicket est quelqu’un de très pessimiste, et intervient régulièrement dans son récit. Il cherche toujours à dissuader son lecteur de lire son roman, que ce soit dans ses résumés ou dans son récit. Dès que l’histoire commence à devenir trop tragique, il rappelle à son lecteur qu’il est encore temps de changer de lecture, et au contraire, quand l’histoire semble devenir joyeuse, il lui conseille d’arrêter là sa lecture, et d’imaginer la suite des aventures des orphelins, où tout se passerait bien. Lemony Snicket intervient également en servant de traducteur pour Prunille, ou bien en donnant la définition d’un mot qu’il estime compliqué. Il y a donc une réelle interaction avec le lecteur, ce qui rend le roman plus intéressant.

De plus, le lecteur trouve à la fin de chaque volume une lettre de Lemony Snicket pour son éditeur. Il y fournit des informations sur son prochain livre ainsi que des informations sur la procédure à effectuer pour retrouver son manuscrit. On peut remarquer qu’au fil du temps, ces missives sont écrites sur des supports de plus en plus insolites, et sont de plus en plus difficiles à déchiffrer. Dans la même optique, la dernière illustration du roman fournit également un indice sur l’intrigue du tome suivant, tandis que l’illustration de la couverture fournit quand à elle des indications sur l’histoire du tome présent.

Orphelins Baudelaire movieLes romans sont également entourés de petites anecdotes assez mystérieuses. Par exemple, la série comporte treize tomes, de treize chapitres chacun. D’après certains fans, plusieurs chapitres comporteraient même treize pages chacun. Or, tout le monde sait que le nombre treize est censé porter malheur… D’ailleurs, le treizième tome de la saga est sorti un vendredi 13 aux États-Unis.

Il paraîtrait également que l’auteur véritable de ces romans ne serait pas Lemony Snicket, mais Daniel Handler, un écrivain américain qui se ferait passer pour l’assistant de Lemony Snicket. Il aurait même écrit la préface de l’autobiographie interdite de Snicket. Mais bien sûr, tout cela n’est que rumeur. Si toutefois vous souhaitez vous souhaitez vous documenter sur ce triste individu, n’hésitez pas à vous rendre sur sa page Wikipédia.

Chers lecteurs, si vous souhaitez continuer à sLemony Sticket Autobiographieuivre les douloureuses aventures de nos pauvres héros, sachez qu’une adaptation cinématographique des 3 premiers tomes est sortis au cinéma, avec Jude Law dans le rôle de Lemony Snicket,  Jim Carrey dans le rôle du Comte Olaf, Liam Aiken dans celui de Klaus, Emily Browning dans celui de Violette et Shelby et Kara Hoffman dans celui de Prunille.

Et si vous n’avez pas eu votre compte de malheur, sachez également qu’une autobiographie de Lemony Snicket est sortie en 2006 sous le titre Lemony Snicket : L’autobiographie non autorisée. (Lemony Snicket : The Unauthorized Autobiography en version originale). On y découvre de nombreux détails sur les intrigues et les malheurs des orphelins. Le lecteur est une fois de plus impliqué dans l’histoire, car on y trouve de nombreuses énigmes, codes secrets…
 
 

Voilà, je pense que cette douloureuse fiche de lecture s’arrête ici. Si vous l’avez lue jusqu’au bout, félicitations, je pense que vous pourrez peut-être résister aux désastreuses aventures de Violette, Klaus et Prunille. Peut-être.

Si vous souhaitez d’autres informations sur Les Désastreuses Aventures des Orphelins Baudelaire et que vous vous sentez le courage de les lire, voici une liste de liens qui pourraient vous intéresser. Ou peut-être pas.
 
 
Et n’oubliez pas, « The World is Quiet Here. »,  autrement dit, « Ici, le monde est paisible ».
 
 
 
En espérant que cette fiche ne tombera pas dans de mauvaises mains,

 

 

Clémence G., 1ère Année Bib/Med/Pat

Liens


La page Wikipédia de la série :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Les_D%C3%A9sastreuses_Aventures_des_orphelins_Baudelaire


Le site officiel de Lemony Snicket : http://www.lemonysnicket.com/index.html


L’autobiographie de Daniel Handler : http://fr.wikipedia.org/wiki/Daniel_Handler


Le site officiel de l’éditeur français : http://www.nathan.fr/orphelinsbaudelaire/index.html


Le site officiel de l’éditeur anglais : http://www.unfortunateevents.com/

 

 

 

 

 

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Published by Clémence - dans jeunesse
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2 janvier 2011 7 02 /01 /janvier /2011 07:00

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Lewis CARROLL
Alice au pays des merveilles
in Tout Alice
traduction d’Henri Parisot
GF Flammarion, 1979
Première édition : Lewis CARROLL
Alice’s Adventures in Wonderland
Macmillan, Londres, 1866
(mais publié en 1865)





 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Charles Lutwidge Dodgson (1832-1898) est le troisième d’une famille de onze enfants. Fils d’un pasteur anglican, il naît dans le comté du Cheshire. Il fait ses études dans une public school, à Rugby. Il y rédige de petites revues littéraires destinées à sa famille : la plus connue est Le Parapluie du Presbytère. S’y affirme déjà la veine du nonsense. Il poursuit ses études au collège de Christ Church à Oxford, où il apprend les mathématiques et la logique, qu’il enseignera à son tour dès l’année 1855.

Charles Dodgson est un passionné de théâtre, d’art et de poésie. En 1856, il prend un pseudonyme : Lewis Carroll (qui est un dérivé de son propre prénom et du nom de sa mère inversés), pour publier des recueils de poésie sans ternir le sérieux de son nom de professeur, sous lequel il publie des ouvrages de logique et de mathématiques. Cette même année, Charles Dodgson se lance dans la photographie, qui en est encore à ses balbutiements. Il est le premier photographe d’enfants à l’époque victorienne. Cette passion pour ses amies-enfants, ces jeunes filles dont il préférait la compagnie à celle des adultes, fit couler beaucoup d’encre. Dodgson vient d’une famille dans laquelle il avait l’habitude de divertir ses sept sœurs et la société victorienne véhiculait une vision romantique et mythique de l’enfance. Cela permet de relativiser ses intentions.

Lewis Carroll a publié plusieurs livres pour enfants (La Chasse au Snark, 1876, Sylvie et Bruno, 1889-1893), son chef d’œuvre étant Les Aventures d’Alice au pays des merveilles publié en 1865 et la suite de ces premières aventures : De l’autre côté du miroir et ce qu’Alice y trouva (1871).


A l’université d’Oxford, en 1855, arrive un nouveau doyen, Henry George Liddell. A cette même époque, Charles Dodgson est sous-bibliothécaire et de son poste il a une vue dans le jardin de la famille Liddell. Il ne tarde pas à faire la connaissance des trois jeunes filles du doyen et à se lier d’amitié avec elles : Lorina, Edith et Alice. Les Aventures d’Alice au pays des merveilles sont nées de la relation privilégiée que Charles Dodgson entretenait avec cette dernière.

Dans son Journal, il marque la journée du 17 juin 1862 d’« une pierre blanche ». Ce jour-là, avec les sœurs Liddell et le révérend Duckworth, ils entreprennent une excursion, vite écourtée par une pluie diluvienne, la journée se termine autour d’un thé chez Dodgson. Cette journée est transposée dans le chapitre « La mare de larmes » : Lorina prend l’apparence du Lori, Edith celle de l’Aiglon (eaglet en anglais), le révérend celle du Canard (duck) et Dodgson celle du Dodo (l’auteur était atteint de bégaiement et le mot Dodo est le redoublement de la première syllabe de son nom).

C’est le 4 juillet 1862, à l’occasion d’une promenade sur la rivière Isis, que Dodgson raconte pour la première fois les aventures d’Alice à ses jeunes amies. Il écrit dans son journal : « je leur ai raconté une histoire fantastique intitulée Les Aventures d’Alice sous terre que j’ai entrepris d’écrire pour Alice. » Sous l’incitation de celle-ci, il donne à son conte une forme écrite. L’histoire commence d’ailleurs par un poème qui retrace la genèse de l’œuvre. Le premier manuscrit final, illustré par l’auteur lui-même, est offert en cadeau de Noël à Alice Liddell le 26 novembre 1864 (images du fac-similé ci-dessous). Dodgson trouve un éditeur en 1864 en la personne de Macmillan. Le texte est retravaillé par rapport à la première version, certains passages sont amplifiés, et le texte trouve son titre définitif : Les Aventures d’Alice au pays des merveilles. Les illustrations de l’auteur sont supprimées, jugées inadéquates, et remplacées par celles de Sir John Tenniel. Lewis Carroll publie l’ouvrage à compte d’auteur, craignant de faire perdre de l’argent à son éditeur. L’ouvrage rencontre, à l’inverse de ses prévisions, un succès immédiat.



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Lewis CARROLL, Alice’s Adventures under Ground, FRMK, Paris, 2008.



Alice s’ennuie aux côtés de sa sœur studieuse et se questionne sur le sens d’« un livre sans images ni dialogues » ; elle voit alors passer un Lapin Blanc qui suscite sa curiosité et qui l’entraîne dans sa course. La fillette de sept ans se faufile dans le terrier du Lapin, s’ensuit une chute qui la fait atterrir dans un monde souterrain fantastique. Elle se retrouve enfermée dans une pièce qui mène à un jardin merveilleux mais dont elle n’a pas la clé. Pour accéder à ce jardin, Alice va être entraînée dans toutes sortes d’aventures et de rencontres. D’abord emportée par le flot de ses larmes dans une course « à la comitarde » elle retrouve le Lapin et le suit jusqu’à sa maison. Prise d’une énième transformation de taille, elle est bloquée dans la maisonnette du Lapin. Quand elle réussit à s’en sortir, elle poursuit son chemin et tombe nez à nez avec le Ver à soie. Suite à leur discussion sur la notion d’identité, elle se retrouve chez la Duchesse et assiste à la transformation d’un bébé en cochon, avec pour fond sonore maints hurlements et éternuements dus à une soupe bien trop poivrée. Autour d’un thé, elle fait ensuite la connaissance du Chapelier fou et du Lièvre de Mars. Agacée par leur folie, elle les quitte et se retrouve au château de la Reine Rouge, embarquée dans une partie de croquet. Elle assiste en tant que témoin à une audience au tribunal du château pour statuer sur celui qui a dérobé les tartelettes de la Reine Rouge. A l’instant où elle est appelée à la barre, elle se réveille. Tout cela n’était qu’un songe.

Décrire en quelques phrases les aventures d’Alice est réducteur devant la profusion et la richesse des péripéties et des personnages. Tout se juxtapose et il y a une réelle surabondance, un réel excès des paroles, des actions, etc.


Les Aventures d’Alice au pays des merveilles sont une révolution dans la littérature pour enfants de l’époque. Lewis Carroll désigne son texte comme « un conte de fées » ; pourtant l’on n’y trouve aucune visée didactique. Il n’y a pas à proprement parler de figure parentale, d’autorité respectable. Lewis Carroll s’adresse directement à ses jeunes lecteurs. Il se rattache à la tradition anglaise par l’utilisation des nursery rhymes, des comptines que les enfants apprenaient par cœur dès qu’il savaient parler. En détournant celles-ci, il fait un clin d’œil aux jeunes écoliers et se moque du système d’éducation victorien et des méthodes pédagogiques en vigueur. Il s’inspire aussi des limericks (poèmes absurdes de cinq vers dont le dernier reprend le premier). Il détourne également des expressions courantes, telles que « mad as a hatter » (fou comme un chapelier) ou « mad as a March Hare » (fou comme un Lièvre de Mars) pour en faire des personnages.

Pour la première fois, c’est une petite fille qui est le centre d’une histoire, la littérature jeunesse de cette époque mettant en général les fillettes au second plan. Cela rappelle les conditions d’éducation victoriennes. Le personnage d’Alice est une jeune bourgeoise guidée par sa curiosité. Elle est une exploratrice solitaire. La jeune fille est l’objet de frustrations et d’angoisses répétées par son inadaptation cruelle à chaque situation. Mais elle surmonte chaque obstacle par son courage et son envie d’aller plus loin. Alice maîtrise l’univers dans lequel elle évolue, elle conserve la liberté et la responsabilité de ses actes. Lewis Carroll écrit la victoire de l’enfant sur l’adulte.

L’univers des Aventures d’Alice au pays des merveilles ne fonctionne pas comme le monde réel, il est bâti sur de nombreuses incohérences.

« On y passe d’un lieu à un autre, d’une époque à une autre, sans se soucier ni des distances ni de l’ordre chronologique, et les personnages apparaissent et disparaissent, les situations changent sans qu’il faille y chercher de cohérence, de raison, ni de justification apparente. Ainsi, bien des événements se produisent qui sont le résultat d’un désir, même inconscient, d’Alice, tout comme dans les rêves. »1

Le monde d’Alice se présente comme un rêve ou comme le « refus du monde réel »2  qui correspond dans l’histoire au primat accordé à l’imaginaire et à la mise en question des catégories intellectuelles solides : le langage, la raison, le temps et l’espace. Lewis Carroll ne se contente pas d’écrire un monde inversé, il suscite un autre monde. Comme dans les rêves, le personnage, en l’occurrence Alice, a le pouvoir de changer son environnement. Le pays des merveilles prend régulièrement la forme de son désir : elle souhaite rétrécir, apparaît un flacon avec une potion qui présente cette propriété, elle souhaite grandir, apparaît un gâteau, etc. Ce nouveau monde pose la question de folie. Lewis Carroll écrit dans son Journal :

« Question : lorsque nous rêvons et que, comme c’est souvent le cas, nous en avons vaguement conscience et que nous essayons de nous réveiller, ne nous arrive-t-il pas de dire ou de faire des choses qui, dans la vie éveillée, seraient dignes d’un fou ? Ne pouvons-nous donc pas, dans certains cas, définir la folie comme une incapacité à distinguer la veille du sommeil ? »

Le Chat du Cheshire dit des personnages qui peuplent le pays des merveilles :  « Ici, tout le monde est fou. Je suis fou. Vous êtes folle. » Le chapitre « Un thé chez les fous » est celui qui pousse le plus loin dans la folie, même les devinettes n’y ont pas de réponse. La logique est déréglée et les apparences contredites, par exemple alors qu’il y a de nombreuses places libres autour de la table, Le Lièvre de Mars dit à Alice qu’elle ne peut s’asseoir par manque de chaise disponible.

Le temps s’arrête lors de la chute d’Alice dans le puits du Lapin Blanc : alors qu’elle est en train de tomber, la fillette fait part de ses réflexions au lecteur et elle s’assoupit. Le temps se dérègle, se suspend et ce pour le reste de l’œuvre. Il est symbolisé une première fois par la montre du Lapin Blanc qui est en retard. Symbole qui réapparaît au chapitre « Le lapin fait donner le petit Bill ». Dans le chapitre « Un thé chez les fous » la perte de notion du temps est clairement explicitée. « Le temps est une personne » qui peut faire faire aux pendules ce que l’on veut si l’on est « en bons termes avec lui ». Le Chapelier, lui, s’est querellé avec le Temps, et celui-ci s’est donc arrêté sur six heures pour lui. Ce qui a vraisemblablement rendu fou le Lièvre de Mars. Autour de la table du thé, les deux comparses se déplacent de chaise en chaise dans le sens des aiguilles d’une montre : la table devient un cadran. Ce dérèglement a de quoi rendre fou bien des personnages de l’histoire et rend Alice très mal à l’aise.

S’il n’y a aucune indication de temps, il n’y en a pas non plus de lieu. Tout se déroule sans connecteur logique. Au début, Alice se retrouve dans un « souterrain » nous dit le narrateur, pourtant la scène se déroule à l’air libre. Rien que dans cette première indication il y a contradiction. Il est à peu près impossible d’essayer de tracer un chemin cohérent des aventures d’Alice. Aucun indice ne renseigne sur les déplacements de la fillette. Les espaces apparaissent, disparaissent, se juxtaposent. Une discussion absurde entre Alice et le Chat du Cheshire traite de ce sujet :

« Voudriez-vous, je vous prie, me dire quel chemin je dois prendre pour m’en aller d’ici ?
– Cela dépend en grande partie du lieu où vous voulez vous rendre, répondit le Chat.
Je ne me soucie pas trop du lieu… dit Alice
En ce cas, peu importe quel chemin vous prendrez, déclara le Chat. »

Cette mutation des espaces va de pair avec les transformations physiques d’Alice et des objets. Jean-Jacques Mayoux écrit à ce propos :

« Voici sur cette table une bouteille. Elle n’y était pas tout à l’heure. Voici une grande salle. On y est encore, mais il n’y a plus de salle. Un arbre. Y paraît, sans chat, puis avec chat, puis s’éclipse la grimace hilare du chat du Cheshire. On a dit à Alice de tenir le bébé. Elle le tient. Mais sous ses yeux il se fait cochon. »

Trois personnages se métamorphosent : le Ver à soie qui est appelé à devenir papillon, et préfigure sans doute le passage à l’âge adulte d’Alice, le bébé qui se transforme en cochon dans les bras même d’Alice et le Chat du Cheshire qui a une matérialité incertaine, apparaissant, disparaissant et souvent uniquement par morceaux (la tête, le sourire). Alice est soumise à des changements de taille incessants. À chaque fois qu’elle rencontre un nouveau personnage, elle doit adapter sa taille à celui-ci. Cela déclenche chez-elle un questionnement sur son identité :

« étais-je identique à moi-même lorsque je me suis levée ce matin ? […] Mais si je ne suis pas la même, il faut se demander alors qui je peux bien être ? Ah, c’est là le grand problème ! »

Le Ver à soi l’interroge aussi : « À vous ! fit, d’un ton méprisant, le Bombyx. Mais vous, d’abord, qui êtes-vous ? » Alice est incapable de discerner ce qui la rend elle-même, elle se demande si elle n’est pas devenue une autre jeune fille de sa classe, un serpent ou un télescope. Tous ces phénomènes de taille passent par la nourriture qui rend le corps malléable à l’infini et d’une plasticité inédite.


Une place très importante est à accorder à la dimension orale de ce texte : tout passe par le dialogue. Et il faut aussi relever la richesse de la langue. Dans Les Aventures d’Alice au pays des merveilles, on est dans une situation « d’anti-dialogue » destinée non à instaurer un échange entre deux participants mais à en abolir les chances. Les personnages font preuve d’une certaine agressivité les uns envers les autres. Chacun est perdu en lui-même et incapable de rétablir un contact avec autrui. Les individualités ne parviennent jamais à s’entendre, encore moins à se comprendre. Les mots perdent leur sens. Alice ne sait plus réciter ses poèmes correctement, les mots se mélangent et créent de nouveaux poèmes extravagants. Le langage devient la principale voie d’accès à la fantaisie, Lewis Carroll se cale sur le parler enfantin et joue de ses déformations, ses fautes de syntaxe, la confusion des sens. Le texte est à la fois très poétique et plein d’humour. Henri Parisot relève plus de quatre-vingts facéties de langage3  : phrases à double sens, quiproquos, fautes volontaires, mots-valises, calembours, ainsi que des poèmes en vers rimés. La traduction devient donc un véritable travail d’orfèvre, qui aboutit au final plutôt à un texte parallèle qu’à une traduction littérale qui risquerait de dégrader le foisonnement du texte original. La première traduction française date de 1869, c’est un des premiers pays à traduire le texte. Aujourd’hui on compte une trentaine de traductions françaises. Henri Parisot le premier, et d’autres dans la même veine, cherchent à être au plus près du texte. D’autres, telles Isabelle et Anne Herbauts (auteure et illustratrice jeunesse) ont cherché à franciser complètement Les Aventures d’Alice au pays des merveilles. Les noms des personnages en sont modifiés mais le texte garde son abondance. Tout est question de parti pris.
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Pour conclure, Les Aventures d’Alice au pays des merveilles sont un ouvrage de littérature jeunesse, connu le plus souvent avec les illustrations de Sir John Tenniel.

 

 

 

 

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Mais beaucoup d’illustrateurs se sont emparés de la jeune fille, on compte plus de deux cents versions différentes, chiffre qui ne cesse d’augmenter, comme Alice ne cesse de fasciner.

J’ai choisi trois illustratrices pour étayer mon propos. La première, Lisbeth Zwerger4,  adopte une esthétique de la transition qui fonctionne bien avec les aventures d’Alice. Elle peint des instants éphémères : une action vient d’avoir lieu, une autre va se dérouler, mais entre les deux il y a un moment de flottement. C’est cela qu’elle saisit.

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Suzy Lee5  est une artiste coréenne qui propose une version d’Alice sous forme de petit théâtre de papier. Cela correspond à la passion de Lewis Carroll pour le théâtre et l’art en général. Cette Alice en noir et blanc, sur scène, disparaît peu à peu par un jeu de mise en abyme.

 

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Rébecca Dautremer6  nous livre une Alice moderne et courageuse, empreinte de poésie, dans des décors qui sortent des représentations les plus courantes.


Les Aventures d’Alice au pays des merveilles ne se résolvent pas par une morale. Nonobstant, le personnage de la Duchesse qui cherche à trouver un enseignement à tout prix dit « qu’on peut tirer une morale de tout : il suffit de la trouver. » Celle de Lewis Carroll est sans doute de garder une âme d’enfant et une imagination débordante.   

 

 

 

 

Bibliographie

- Lewis CARROLL, Tout Alice, traduction d’Henri PARISOT, GF Flammarion, Paris, 1979
- Lewis CARROLL, Alice au pays des merveilles suivi de La Traversée du Miroir, traduction de Laurent BURY, Le Livre de Poche, Paris, 2009
- Lewis CARROLL, Les Aventures d’Alice au pays des merveilles, traduction de Jacques PAPY, Folio Plus Classiques, Paris, 2009
- Lewis CARROLL, Œuvres, La Pléiade, Gallimard, Paris, 1990
- Lewis CARROLL, Alice’s Adventures under Ground, FRMK, Paris, 2008
- Stephanie Lovett STOFFEL, Lewis Carroll au pays des merveilles, Découvertes Gallimard, Paris, 1997
- Lewis CARROLL, Alice au pays des Merveilles, illustré par Lisbeth ZWERGER, Nord-Sud, Paris, 1999
- Suzy LEE, Alice in Wonderland, Maurizio Corraini, Mantova, 2002
- Lewis CARROLL, Alice au pays des merveilles, illustré par Rébecca DAUTREMER, Gauthier-Languereau, Paris, 2010


Joanna Thibout-Calais, 1ère année ÉD-LIB.

 

 

 

 

Notes

 

1. Jean-Marie SAPET, « L’écrivain à sa table de travail » in Les Aventures d’Alice au pays des merveilles, Folio Plus Classiques, Paris,  2009.
2. Jean GATTEGNO, L’Univers de Lewis Carroll, José Corti, Paris, 1990.
3. Henri PARISOT, « Pour franciser les jeux de langage d’Alice » in Lewis Carroll, Cahier de l’Herne, Paris, 1987
4. Lewis CARROLL, Alice au pays des Merveilles, illustré par Lisbeth ZWERGER, Nord-Sud, Paris, 1999.
5. Suzy LEE, Alice in Wonderland, Maurizio Corraini, Mantova, 2002.
6. Lewis CARROLL, Alice au pays des merveilles, illustré par Rébecca DAUTREMER, Gauthier-Languereau, Paris, 2010.


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9 décembre 2010 4 09 /12 /décembre /2010 07:00

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Murielle SZAC
Victor Hugo : « Non à la peine de mort »
Actes Sud Junior
Collection « Ceux qui ont dit NON »




 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 « Depuis toujours, il y a dans le monde des hommes et des femmes qui ont su dire NON à ce qui leur paraissait inacceptable.»                                                                                              

Actes Sud Junior

 






Livre commandé par Actes Sud Junior, pour la collection « Ceux qui ont dit NON », Victor Hugo : « Non à la peine de mort » a été écrit par Murielle Szac car ses écrits sont reconnus pour avoir une trame politique ou sociale. Elle mêle engagement et  écriture, et effectue un travail de recherche sans égal pour parler avec véracité de ses sujets. C’est à elle que revient la tâche de diriger la collection.

 Elle a également été choisie par la maison d’édition parce qu’elle est passionnée de Victor Hugo et de ses œuvres, à l’instar des autres auteurs de la collection qui vouent tous une admiration pour leurs écrivains/personnages. En effet, chaque livre met en scène les personnages sous forme romanesque, ainsi Victor Hugo, Rosa Parks, Victor Jara et bien d’autres deviennent les héros de cette collection hors norme.

 « Ceux qui ont dit NON » est une collection destinée à éveiller et ouvrir l’esprit critique des jeunes adolescents en leur montrant des figures fortes de l’histoire qui ont su se battre pour leurs convictions. La forme originale du livre, écrit sous forme de récit simple, permet de rendre l’œuvre accessible à tout le monde. Chaque livre est composé du récit à proprement parler, d’un dossier documentaire et d’un support photo. Grâce au dossier documentaire, elle leur montre aussi que le combat n’est pas terminé et qu’eux aussi doivent se lever et dire NON.

Entre imaginaire et réalité, Murielle Szac raconte la vie de Victor Hugo et de ce qui l’a poussé à se lever et dire NON à la peine de mort. Aussi, au fil de la lecture, suivons-nous un Victor enfant, adolescent, adulte mais aussi mari, amant, père et grand-père.  Nous découvrons le combat et l’exil d’un homme qui s’est battu pour ses idéaux. L’auteur montre également les arguments que peuvent avoir les partisans de la peine de mort, notamment dans le discours d’un homme de lettres venu écouter les dernières lignes écrites par Victor Hugo :

« – Mon ami, vous jouez sur la corde sensible, vous cherchez à nous émouvoir. Et certes vous y parvenez assez bien. Mais cela masque le peu d’arguments de fond que vous pouvez opposer à la peine de mort. Tout de même, un assassin est un être nuisible et dangereux. La société a le devoir, d’une part de s’en préserver, afin d’éviter qu’il récidive, et d’autre part de le punir. J’ajouterais que ces exécutions publiques ont valeur d’exemple, et servent aussi à dissuader de futurs assassins de basculer dans le crime.

En entendant ces mots, Adèle ne put réprimer un petit sourire. Elle savait bien que son Victor n’attendait que cela. Les arguments de la peine de mort, il les connaissait par cœur, et pouvait tous les réfuter. »

 

 

Victor-Hugo-pendu.jpgPortrait de pendu peint par Victor Hugo

 

 

Le dossier documentaire met en scène les autres hommes ou femmes qui, à travers les âges, se sont battus dans le même but. Ainsi, de 1776 au XXIe siècle, des voix du monde entier se sont élevées contre la peine de mort. Parmi les plus célèbres, on trouve Jean Jaurès, Albert Camus, Arthur Koestler et bien sûr le ministre de la justice sous Mitterrand, Robert Badinter  qui fît voter la loi de l’abolition de la peine de mort le 17 septembre 1981. Cependant des voix inconnues se sont aussi fait entendre, comme celle de  Colette Berthès,  Sœur Hélène Préjean ou  Michel Taube qui fonda l’association « Ensemble contre la peine de mort ». Elles montrent qu’il n’est pas nécessaire d’être écrivain, journaliste ou même ministre pour lutter et faire respecter les droits inaliénables de chacun.

 « Se laver les mains est bien, empêcher le sang de couler serait mieux. »
Préface du Dernier jour d’un condamné.

 

 

Marlene Demen, 1ère année édition-librairie

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8 décembre 2010 3 08 /12 /décembre /2010 07:00

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Marie-Sabine ROGER
Attention, fragiles
Éditions du Seuil,
Collection Karactère(s), 2007

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Marie-Sabine-Roger.jpgL'auteur

Marie-Sabine Roger est née en 1957 à Bordeaux. Elle a écrit environ quatre-vingts ouvrages, romans adultes, romans jeunesse et albums chez différents éditeurs. Autrefois institutrice, elle se consacre aujourd'hui entièrement à sa passion, l'écriture.
   
Son premier métier, l'enseignement, explique peut-être sa justesse dans sa manière de s'adresser aux enfants et ados avec des histoires parfaitement narrées et adaptées à leur âge. Ou comment traiter des sujets délicats et douloureux avec humour, finesse et poésie, sans jamais toutefois sombrer dans la mièvrerie...

Nous allons le voir, cet écrivain prolifique s'intéresse régulièrement à différents thèmes rarement traités en jeunesse, points sensibles difficilement abordables. Dans sa bibliographie nous trouvons des sujets comme la mort, le racket, les situations familiales compliquées, les handicaps comme la mal-voyance ou encore les sans-abri.

Marie-Sabine Roger étonne et détonne, par ces sujets mais également par son écriture à la fois simple et fluide, maniant avec art la polyphonie. Chaque personnage  a ses récurrences linguistiques, ses expressions, son vocabulaire propre selon son âge, son histoire personnelle et son caractère.

   
L'histoire

C’est un récit à la première personne, un roman choral où les différents narrateurs, personnages principaux et secondaires, prennent la parole à tour de rôle. Nous les suivons pour certains quelques mois durant, pour d'autres seulement pour un moment de vie. Nous prenons ainsi connaissance de leurs espoirs, de leurs doutes et de leurs failles.

Nous faisons connaissance en premier lieu avec Nel, jeune adulte d'une vingtaine d'années, lycéen aux cheveux bleus et lunettes noires. Les lunettes noires c'est parce qu'il est aveugle. Les cheveux bleus, ...c'est une autre affaire ! À défaut de voir les autres, les autres ne peuvent que le voir. Ultime contestation contre un monde qu'il vomit. Nel ne supporte plus sa vie, ses proches, le comportement des gens face à son handicap qui gêne et met mal à l'aise. La « Grande Couveuse », sa mère, l'insupporte terriblement par ses attentions constantes, son trop-plein d'affection.

« Ma mère m'apporte mon blouson. Elle veut m'aider, mais si, mon grand, ça va plus vite. Je me dégage d'un geste un peu trop brusque, contre lequel elle n'ose protester. Je lui arrache au vol mes gants, c'est bon, je les mettrai moi-même ! C'est pénible, l'amour d'une mère, parfois. J'ai des envies d'indifférence. Tu le comprends ça ? J'ai vingt ans. »

Chacun est précautionneux avec lui, trop doux, trop prévenant, ce qui, à vingt ans, peut très rapidement se révéler agaçant. Il devient alors cinglant. Ses mots sont précis et affûtés. Son vocabulaire des sensations est on ne peut plus riche, il analyse constamment ce qu'il entend, entre le ton employé par les gens autour de lui, le son de leur démarche, les bruits alentour. Si les couleurs ne lui parlent pas, chaque son est précisément répertorié. On suit ainsi son ennuyeuse routine, lycée, café, copains. Et puis arrive Cécile, une nouvelle. Qui comme tout le monde commence par mettre les pieds dans le plat, le trouvant affecté avec ses cheveux azur et ses lunettes de soleil en plein hiver. Et puis, comme tout le monde, elle se mord les doigts quand elle se rend compte de sa bévue. Et puis, comme tout le monde.... Ah non. Contrairement aux autres elle n'est pas précautionneuse. Franche et directe seraient des termes plus appropriés. Après des débuts houleux, ces deux jeunes gens s'apprivoisent et se plaisent rapidement. Mais comment s'assurer de la réciprocité ? Pas par un regard, certes. Mais c'est faisable, avec une certaine dose de hardiesse...

Le récit de Nel est notamment entrecoupé par ceux de Laurence et Nono (et Baluchon !).

Au départ, leur vie était simple. Laurence était en couple avec François, beau-père du petit Bruno. Leur histoire fonctionnait plutôt bien. Seulement la vie fait que quelquefois tout ne tourne pas rond à l'infini, la machine vrille et pile. François perd son emploi, devient maussade, mauvais puis violent. Un soir, n'y tenant plus, Laurence part brutalement, Bruno sous le bras, sac rapidement bouclé, sans oublier Baluchon (un panda en peluche qui n'a pas sa langue dans la poche) et ils vont… Eh bien plus ou moins nulle part. Pas d'amis, pas de famille. Les papiers sont restés chez François, peu d'affaires et d'argent emmenés. Tout était au nom de monsieur. Alors quoi ? Alors la rue, la descente aux enfers. Insidieusement, l'hiver s'installe. La petite famille vivote dans un carton de réfrigérateur sur lequel est écrit « Attention fragile ». Bruno est déscolarisé, il passe la journée à discuter avec Baluchon aux alentours du carton, pendant que sa mère fait la manche à la gare, refusant que l'enfant assiste à ce triste spectacle. Si Laurence survit, c'est pour deux raisons, l'instinct maternel qui dans son cas est celui d'une louve, et la rage. Laurence était une femme plutôt cultivée, son récit est un mélange de mots d'amour pour son garçonnet et de colère contre la société.

Après que la pluie a détrempé leur abri en carton :

« Ma vie était sinistre, la voilà sinistrée. (…) Je me croyais tout en bas de l'échelle. Non : une trappe vient de s'ouvrir au ras du sol ! On peut tomber plus bas. Toujours, toujours plus bas. C'est un sale vertige. »

Nono, lui, n'est pas en colère. Il est trop petit pour tout comprendre. Il est lui aussi régulièrement narrateur, avec ses mots enfantins et ses discussions avec la peluche adorée. L'auteur saisit les incompréhensions, craintes et mots d'enfants avec tact.

Discussion entre le panda en peluche et l'enfant, sachant que la peluche est toujours celui des deux qui râle :

« – Moi, j'aimais mieux quand on était à l'autre maison, la grande, avec maman et François, et que je dormais dans le lit.
– Ben oui, mais c'est comme ça. C'est comme ça et pis c'est tout, et si tu nous embêtes, on te jette sur la voie ferrée, et le train te crabouille ! »

Les personnages secondaires qui prennent à leur tour la parole sont un vieux gardien de parc qui a remarqué l'étrange duo que sont Laurence et Bruno, et Cécile.


Leur point de vue est intéressant car extérieur. Celui de Cécile l'est d'autant plus que son interprétation des faits et moments passés avec Nel est quelquefois différente de celle du jeune homme.

 

 

On aime bien

La variété des personnages et des histoires. Le fait qu'à deux reprises, sur un pont, Nono et Nel se croisent. Point clé de l'histoire, car à la seconde rencontre Cécile révèle à son ami que l'enfant est en bien piteux état, ce que ne pouvait pas deviner le garçon.

Les différentes voix qui racontent chacune son histoire, morceau de vie.


On aime moins

Que tout finisse bien. Le livre a beau être à partir de 13 ans, les lecteurs ne sont pas si naïfs à cet âge-là... Tout ne finit pas toujours bien. Cela dit la fin n'est certes pas idyllique non plus, mais on ne s'attend pas à un revirement de situation heureux durant les deux derniers chapitres.

Une chute un peu rapide peut-être.

 

 

 

Différents prix remportés par Attention Fragiles :

Prix France Télévisions du roman Jeunesse 2001 (11-14 ans)
Prix des lycées professionnels du Haut-Rhin 2001
Prix Ramdam du Roman ado 2002.


Joanie Soulié, 1ère Année Éd-Lib.

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16 novembre 2010 2 16 /11 /novembre /2010 07:00

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Gilles PARIS,
Autobiographie d’une Courgette
Plon, 2002
J’ai Lu, 2003
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il faut du temps pour mûrir. Mais pas seulement. L’environnement aussi est important. Icare, enfant de neuf ans surnommé Courgette, a été planté dans un bien mauvais terrain. Ce livre, c’est son histoire et il ne raconte pas de salades. Son père est parti avec une « poule » ; sa mère, elle, est un véritable légume, elle végète tous les jours devant la télévision, en absorbant des bières en quantités astronomiques. Difficile pour un enfant de pousser dans une tempête pareille. Et un jour c’est le drame. Involontairement, Courgette tire sur sa mère et renvoie cette fleur fanée sous terre. Après la pluie, le beau temps. Icare change de vie, il est littéralement déraciné et rempoté dans un tout autre potager : le foyer d’accueil. Sous la protection d’un gendarme nommé Raymond et des « z’éducateurs », Courgette va commencer une nouvelle vie, il va enfin pouvoir s’épanouir, loin des mauvaises herbes.

Rosy, chaleureuse bienfaitrice du foyer, veille sur les petites plantes fragiles que sont les orphelins. Elle est le rayon de soleil nécessaire à leur croissance, dont ils ont tous cruellement manqué. Courgette trouve même un deuxième soleil à sa vie et c’est une petite fille, prénommée Camille, qui ne manquera pas de le faire rougir... comme une tomate !

 L’écriture de Gilles Paris est dans ce roman d’un style particulier. Se mêlent à la narration enfantine du personnage, des mots et des histoires d’adultes. Mots peut-être parfois trop adultes pour sortir de la bouche d’un enfant. Mais qu’importe. Le lecteur dépasse cette écriture, il voit à la fois à travers les yeux de l’enfant, qui n’interprète pas tout, et les siens. C’est une lecture en deux temps, qui efface les lourdeurs d’une écriture un peu légère. On pardonne vite la répétition des « et » et les diverses maladresses dans les phrases, car elles sont justifiées, elles reflètent l’expression naïve d’un enfant de neuf ans. Et puis c’est aussi un peu à cause de ça qu’on l’aime, ce livre !

« Maman était couturière. Elle travaillait à la maison […]. Le soir, les gens continuaient à sonner à la porte, mais ceux-là, ils venaient les mains vides. Un soir, juste avant d’aller me coucher, j’ai demandé à maman ce qu’ils avaient à recoudre ces messieurs qui venaient les mains vides et elle ma répondu en souriant "leurs cœurs ma chérie". Je n’avais plus le droit de sortir de ma chambre quand j’entendais la sonnette, mais je le faisais quand même en cachette et maman ne m’a jamais vue la regarder recoudre le cœur des messieurs. Elle ne travaillait plus avec un dé, une aiguille, ou sa machine, juste avec sa langue.»

 Ce que l’on découvre aussi dans ce livre, c’est le monde pas toujours facile des orphelinats, où des enfants, parfois victimes de drames familiaux, sont recueillis. Mais l’auteur ne s’attache pas ici à certains clichés que l’on peut avoir sur ces établissements. Il n’y a pas de méchante gouvernante, qui tire les oreilles ou tape sur les doigts des enfants dès qu’ils font des bêtises, ni de vieille bâtisse sombre et poussiéreuse où sont recueillis des enfants condamnés au désespoir. C’est une vision rafraîchissante, pleine d’espoir qui s’offre à nous. On voit un foyer qui veut être le plus accueillant possible et des tuteurs qui souhaitent relever la tête des orphelins afin qu’ils accèdent enfin au bonheur. Dans ce livre, chaque enfant a son histoire bien à lui, chaque adulte a sa propre personnalité. L’écrivain nous offre un tableau tout en couleurs.

L’humour est très présent dans ce livre. L’auteur prend plaisir à jouer avec la naïveté de son petit personnage et de ses amis. Il tourne habilement en dérision leurs pensées, leurs propos ainsi que leurs comportements, pour le plus grand bonheur du lecteur qui garde le sourire aux lèvres.

 « […] la grand-mère de Victor vient nous voir pour une semaine. Elle est un peu sourde, tu sais, il faut lui parler fort à l’oreille.

— Et vous allez la piquer pour ça ?

— La piquer ? Ce n’est pas un chien, mon petit. Où as-tu entendu un truc pareil ?

— Simon dit que les grandes personnes oublient les anniversaires à cause des chiens et des grands-mères qu’ils vont piquer. »

 
Mais Gilles Paris décrit également avec talent les sentiments d’Icare et Camille. Les scènes « d’amour » sont particulièrement touchantes. Il peint toute la sensibilité de cette relation. C’est vrai, sincère, à la fois simple et poétique : l’amour se mêle à l’innocence des deux enfants.

 
« Camille s’est allongée sous un arbre et elle m’a dit « viens là, on va regarder les feuilles » et je me suis couché près d’elle et on a regardé les feuilles et le soleil qui jouait avec comme si des centaines de petites lampes s’allumaient et s’éteignaient sous le vert des feuilles et j’ai posé ma tête sur son épaule et puis je crois que toutes les lumières se sont éteintes et je me suis endormi. Quand j’ai ouvert les yeux, ceux de Camille ne l’étaient pas. Elle dormait sur le côté, les genoux remontés jusqu’au menton, dans son jean, et son gros pull gris qui lui mangeait le cou. J’ai touché ses longs cheveux bruns et ils étaient tellement fins qu’ils m’échappaient des doigts. J’ai regardé son petit nez en trompette et j’ai collé mon oreille dessus et je sais pas pourquoi j’ai posé ma bouche sur la sienne et Camille a ouvert ses yeux très verts et j’ai fait un bond en arrière comme si elle m’avait mordu.»

Autobiographie d’une Courgette est un livre captivant, attachant, drôle, mais qui peut-être s’essouffle quelque peu sur les dernières pages, ou l’on propose une happy-end un peu trop classique.

 

 

Bastien, 1ère année Éd.-Lib.

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13 novembre 2010 6 13 /11 /novembre /2010 08:00

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Claude PONTI
Mille secrets de poussins
 Éditeur : L'École des Loisirs, 2005
Collection Albums

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Claude Ponti est un inventeur d’histoires imaginaires qui bouillonnent dans un vaste chaudron d’idées jusqu’à arriver à maturation. Lorsqu’une idée devient suffisamment mûre, il la change de marmite. Ensuite, il la rajoute dans sa soupe à histoires extraordinaires qu’il saupoudre d’ingrédients mystérieusement loufoques. Et l’un de ces ingrédients incontournables est une pincée de poussins.

Qui n’a jamais entendu parler de Blaise le poussin masqué ?

Mille secrets de poussins s’avère être le guide incontournable des livres de Claude Ponti. Véritable encyclopédie, il nous dévoile la vie cachée des poussins, celle qu’on ne soupçonnait pas. Oubliez l’histoire du poussin né dans un poulailler et couvé par sa maman poule jusqu’à ce qu’il soit suffisamment autonome, tout cela est faux. « Les poussins naissent dans des œufs à poussins, pondus par Olga Ponlemonde sur son arbre, Atanarulfe Dumondpondu. S’ils naissaient dans des œufs à maisons, ils seraient des maisons… »

Ainsi, dans ce livre, nous saurons où vivent réellement les poussins, comment ils naissent, s’ils meurent, comment ils mangent, s’ils se lavent, s’ils ont un sport favori, ce qu’ils font de la journée. Nous recevrons des réponses à d’autres interrogations diverses dont la question cruciale : qui est Blaise ?

 

Cette envolée narrative libère agréablement les zygomatiques devant tant d’informations incongrues et cocasses comme : comment est fait un poussin. « C’est le squelette qui fait tenir le poussin debout ou couché et qui lui garde sa forme de poussin », nous dit sérieusement Claude Ponti ; en effet « sans lui, un poussin ressemblerait à une pile de crêpes, et il aurait une vie toute plate. », illustrations à l’appui.

L’art de Claude Ponti réside dans sa manière de faire pousser des phrases à l’aide de graines magiques, soufflées par les poussins qui explosent sur les pages, pleines de mots inventifs et festifs. Tout comme il sait écrire, il reste un professionnel du crayon à plume poilue spécial poussin. Il sait les attirer dans ses pages, et les laisser s’exprimer dans leur plus grande folie, nous dévoilant des scènes des plus incongrues de leur vie, qu’aucun autre n’aurait réussi à montrer.

Convaincus ? Maintenant il ne vous reste plus qu’à guetter le soir les poussins, qui, à l’improviste sortent d’entre les pages de vos livres…

Aloïs, 1ère année Éd.-Lib.

 

 

 

 

Une autre fiche de lecture sur Mille secrets de poussins.

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13 novembre 2010 6 13 /11 /novembre /2010 07:00

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Christian JOLIBOIS
Christian HEINRICH
Un poulailler dans les étoiles
Pocket Jeunesse Albums, 2005


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Christian Jolibois et Christian Heinrich sont tombés très petits dans un poulailler et n’en sont jamais ressortis depuis. Le premier gratte la terre pour trouver dans la richesse du sol de la matière à ses histoires. Le second a malicieusement dérobé à ses hôtes des plumes pour pouvoir dessiner avec les encres du ciel. Jour après jour, ils sont témoins de la vie d’adorables poussins se questionnant sur le monde.

Voici Carmélito né de l’union d’un coq rouge des Indes, Pitikok, et d’une poule blanche française aventureuse, Carméla. Ce petit coq rose n’a qu’un rêve, aller voir les étoiles. Mais que faire lorsqu’on est un petit poussin, quand les ailes que l’on a ne peuvent vous faire voler ? Quand vous êtes considéré comme un original et incompris ? Alors la moindre découverte touchant à son rêve devient fabuleuse…

Ainsi, lorsqu’il trouve une étoile gisant sur le sol, Carmélito est certain d’avoir entre les ailes une étoile du ciel.

Seulement, les étoiles n’existent pas, lui explique son ami le cormoran après s’être moqué de son étoile qui s’avère être de mer. « La nuit, la Terre est recouverte d’une gigantesque passoire toute noire. Et les étoiles, c’est la lumière qui passe par les petits trous de la passoire. »

Déçu par sa critique et son attitude, c’est accompagné de son ami le bélier Bélino, que Carmélito sera témoin de la plus fabuleuse et cosmique des rencontres, dépassant tout ce qu’il avait pu imaginer..

Le récit allie poésie et légèreté de plume, plein de tendresse. Il n’y a qu’à regarder la manière dont Christian Jolibois et Christian Heinrich croquent la joie de Carmélito tenant entre ses ailes son étoile ramassée sur le sable.

« Son rêve est là, immobile sur le sable. C’est trop de bonheur pour un petit cœur de poulet ! « Pauvre étoile ! Elle semble épuisée par le voyage » se dit le poussin en la ramassant délicatement. Il s’écrie alors étonné :

—   Bizarre ! C’est tout mou et ça sent le poisson… »

Fin, drôle et intelligent, cet album montre que les vœux, même les plus fous peuvent être exaucés.
 
Toute la collection des p’tites poules (à retrouver  ici) regorge de trouvailles graphiques, petits clins d’œil pour les lecteurs. Chaque page est soignée, un beau travail à l’aquarelle coloré et doux sur lequel les poules et les autres animaux des bois et de la ferme s’ébattent gaiement. Dans cet album, ce sont les constellations très imagées qui attirent le regard, que ce soit celle du renard contre lequel mettent en garde les mères poules, ou bien celle de la poule de l’espace.
 
Tout est tourné en dérision  avec un souci du détail permettant une lecture à deux niveaux, autant pour les enfants que les parents. Chaque livre contient une référence historique en lien avec l’histoire ; ainsi Carmélito rencontre Galilée « regardant dans les étoiles dans un drôle de tuyau ».

 Ainsi, au fil des pages, guettez le poulailler œuf, le vaisseau de la même forme, E.T., Dark Vador, ou encore l’épée du roi du roi Arthur et vous saurez alors pourquoi les poules ont des dents.

Qui a dit que les parents ne pouvaient pas s’amuser en lisant ?

Aloïs, 1ère année Éd.-Lib.

 

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25 août 2010 3 25 /08 /août /2010 07:00

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Carrie  RYAN
La Forêt des damnés
Gallimard jeunesse, 11 février 2010.




 

 

 

 

 

Carrie-Ryan.jpegL'auteur

Carrie Ryan est une jeune Américaine née à Greenville en Caroline du Sud. Très sportive, c’est en fac de droit qu’elle rencontre son fiancé (écrivain lui-même et avocat.) C’est lui qui la pousse à écrire des romans de zombies. Carrie n’aimait pas les histoires d’horreur, mais il lui en fait regarder une et elle « adore ». Tous les soirs, il lui lit  The Zombie Survival Guide. Elle commence par de la chick lit mais il lui conseille d’écrire sur ce qu’elle aime. C’est ainsi qu’elle écrit The Forest Of Hands And Teeth (La Forêt des damnés, en français.) Carrie pense qu’elle continuera à écrire sur ce même sujet.

La forêt des damnés n’est pas le premier livre qu’elle ait écrit, mais le premier à être publié.  Référence : son site personnel (pour ceux qui veulent une biographie plus longue. Désolée, elle est en anglais) :

http://www.carrieryan.com/

 

 

 

Le roman

 

Inspirée du film Le Village, cette histoire se déroule dans un hameau coupé du reste du monde par un grillage. Cette clôture est à la fois une protection (puisque le monde extérieur est infesté de zombies) et une prison (surtout pour la jeune Mary.)

Les « Sœurs » (un groupe de religieuses) dirigent la petite communauté qui doit suivre des règles précises pour survivre : personne ne doit s’approcher du grillage au risque d’être contaminé ; à partir d’un certain âge, il faut trouver compagnon pour assurer la descendance des vivants (là encore le mariage est organisé avec des cérémonies obligatoires) ; des hommes patrouillent le jour comme la nuit…

Personne ne sait pourquoi les gens ont subi ce processus qu’ils appellent tous le « Retour ». Ils n’aiment pas beaucoup parler du passé, comme s’il n’avait jamais existé.

Mary, l’héroïne, a grandi avec les histoires de sa mère qui lui parlait d’océans, de buildings qui touchaient le ciel… Toutes ces histoires donnent naissance à la motivation de la jeune fille qui rêve de voir l’océan : cette grande étendue d’eau à perte de vue. Elle ne voit que la forêt derrière ces grillages. 

 

 

L’histoire commence par un accident qui va changer la vie de la jeune fille : elle n’est pas rentrée assez tôt pour s’occuper de sa mère qui s’est approchée du grillage et qui a été contaminée. Son frère, Jed, n’arrive pas à le lui pardonner. L’homme qu’elle aime, Travis, a demandé sa meilleure amie, Cassandra, en mariage. Harold (ou Harry) ne se décide pas à faire sa demande. N’ayant aucun prétendant, Mary est envoyée chez les « Sœurs ». Mais elle n’oublie pas ses rêves de jeunesse.


Sœur Tabatha lui fait peur. Elle la menace de la donner en chair à pâté aux habitants de la « forêt des Mains et des Dents » (nom attribué à ce qui se trouve de l’autre côté du grillage).

C’est alors que Travis est transféré dans l’église à cause d’une mauvaise blessure. Mary  passe son temps avec lui et découvre qu’il l’aime. Mais il est « fiancé » à Cassandra et Harry vient demander sa main.

Quelque chose d’incroyable va bouleverser sa vie : l’arrivée d’une fille extérieure à leur village. Depuis longtemps, les sœurs racontent à tout le monde que seul leur village a survécu, qu’il n’y a aucun être vivant ailleurs. Mais elles se trompent. Cette jeune fille s’appelle Gabrielle et elle est venue de très loin. Les sœurs la cachent mais Mary la découvre et parle avec elle. La jeune fille lui donne un code mystérieux, qu’elle ne percera qu’à la fin du livre.

Gabrielle disparaît et Mary la revoit, quelque temps après, de l’autre côté du grillage. Elle n’en revient pas : les sœurs l’ont-elles offerte à ceux qui ont subi  le « Retour » ? Malheureusement, c’est une grave erreur. Gabrielle est une « rapide », un être d’une force et d’une vitesse incroyables. Elle tente de déchirer le grillage, jusqu’à se blesser, sur plusieurs pages (peut-être même une bonne partie du livre.) Elle fait peur et il y a de quoi. C’est même elle qui brise la clôture et permet aux autres de rentrer avec elle pour tuer tout le monde…

Essayons de préserver le suspens. Bien sûr, quand on commence le livre, on ne peut s’arrêter. Dès que la situation se calme, quelque chose, un élément, vient tout chambouler. Elle a fui les sœurs et peut commencer une nouvelle vie avec son fiancé. Mais Gabrielle perce le grillage et les zombies envahissent le village. Puis certains s’en sortent, et à peine est-ce le cas qu’il leur arrive encore quelque chose, sans que tout cela devienne lourd.


On est tellement pris dans un tourbillon de peur, de suspens, d’attente de la suite, qu’on a le cœur à cent à l’heure et les yeux qui dévorent les mots.

Malheureusement, à la fin du livre, je ne pouvais plus supporter l’héroïne. Elle n’a que « l’océan » en tête. Elle se le reproche après la mort d’un personnage qui lui est cher. Mais peu de temps après, elle retourne dans son fantasme et d’autres personnages importants meurent à cause d’elle.

L’océan est le premier mot du livre, mais pas le dernier. En revanche, il ouvre et clôt le roman.

Cette œuvre ressemble étrangement à The Village, le film : des plates-formes dans les arbres, le grillage, la jeune fille qui va prendre le risque de sortir, le monstre au dehors qui les tue s’ils osent sortir (un jour il entre, tout comme les zombies), l’aide qu’elle trouve à l’extérieur… (Pardon pour ceux qui n’ont pas vu le film et donc à qui cela ne parle pas.)

Ce n’est pas vraiment un livre qui se prête à l’analyse, je voulais juste le faire découvrir (après il faut pouvoir aimer ce genre de livre, bien entendu.) Je vous laisse donc le percevoir à votre manière et l’apprécier par vous-mêmes.

carrie-ryan-the-forest.jpg

L’héroïne.

Mary. Un personnage qu’on peut facilement détester. Elle sait ce qu’elle veut, mais cela la rend égoïste. Elle n’est pas parfaite, loin des héroïnes habituelles. Au premier abord elle ressemble à toutes les jeunes filles de son âge. Elle aime, elle veut être aimée de l’homme qu’elle aime, elle trouve tout injuste (tout ce qui lui arrive), elle est curieuse, elle ne respecte pas l’autorité des adultes, elle n’en fait qu’à sa tête… Elle est beaucoup trop impulsive et ne pense jamais aux conséquences de ses actes. Et quand on pense qu’elle a enfin compris, elle recommence. Par exemple, quand Travis se sacrifie pour qu’ils puissent s’enfuir, elle pleure sa mort et on se dit : « Elle a enfin compris qu’il n’y a pas que sa petite personne et qu’elle met les autres en danger avec son océan qu’elle veut à tout prix trouver. » Mais non, elle continue et son frère, Jed, en meurt. Et quand elle trouve l’océan, enfin, elle oublie que ses amis l’attendent, qu’elle a tué les gens qu’elle aime (sa mère, son petit ami, son frère, et même tout le village . si elle n’avait pas été aussi curieuse, peut-être Gabrielle aurait-elle été épargnée.) Elle s’en moque totalement car elle a trouvé son océan.

Par son imperfection, ce personnage est assez intéressant. Malgré tous ses défauts, ses proches l’aiment. Seul le lecteur se lasse de son comportement « enfantin ». De plus, le livre se coupe d’un coup (eh oui, un deuxième tome est en prévision), nous laisse sur notre faim et l’image d’une fille qui ne pense qu’à elle est la dernière qui nous reste d’elle.

C’est la seule qui soit aussi peu « héroïne ». Travis n’hésite pas à se sacrifier pour sauver tout le monde. Jed protège sa femme contaminée jusqu’à la fin et se montre fort pour les autres. Quand sa sœur se met en danger pour retrouver l’océan, il ne veut pas la laisser seule et malgré les risques, la suit. Cassandra se prend d’affection pour un petit enfant sauvé par Harry et se sent prête à tout pour le protéger. Harry est comme son frère, il affronte le danger pour sauver ceux à qui il tient. Seule Mary n’est pas ainsi ; ce sont plutôt les autres qui se sacrifient pour elle.


Marion, 1ère année Bib.-Méd.-Pat.

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