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22 février 2013 5 22 /02 /février /2013 07:00

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Akyama George
(ジョージ秋山 / 秋山勇二)
Anjin-San
(あんじんさん)
Big Comic Original, 1982-1983
Seirin Kougeisha, 2010 (VO)
Lézard Noir, 31 Mai 2012 (VF)
traduit par Miyako Slocombe

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les éditions Le Lézard Noir

À l’origine du nom de la maison d’édition du Lézard Noir, il y a un livre : Le Lézard noir d’Edogawa Ranpo. Cet auteur tient son nom de la transcription phonétique de celui d’Egard Allan Poe en japonais car il l’admirait tout particulièrement.

Pour plus s’informations sur ce livre :

http://littexpress.over-blog.net/article-edogawa-ranpo-le-lezard-noir-106187522.html

Cet éditeur a un catalogue des plus variés : mangas, comics, documentaires…

Vous pouvez le consulter  ici.

Leur site internet est accessible ici.



Akiyama, George (1943 - )

Vous pouvez trouver des informations sur l’auteur d’Anjin-San  ici, ou encore  sur sa page Wikipédia en anglais.



Anjin-San

Deuxième livre de George Akiyama traduit chez Le Lézard Noir, Anjin-San contient notamment un entretien avec l’auteur que je trouve très drôle à cause de la désinvolture du mangaka (il explique, par exemple, avoir écrit ce recueil de 23 nouvelles en une semaine et cela semble totalement normal !), et une postface de Rémi Boyer.

Cet ouvrage recense quelques-unes des histoires de la vie d’Anjin, un personnage à qui il est impossible de donner un âge. De plus, il se dit banal et petit-fils de Bouddha. Ce personnage zen va rester très mystérieux pour le lecteur ce qui crée une certaine aura autour de lui.

On ressent aussi un certain respect pour ce petit homme qui va, en effet, aider beaucoup de personnes… dont Kirihito, un voyageur solitaire, et Hinagiku qui est geisha. Ces deux personnages vont ainsi, s’intégrer à l’histoire jusqu’à la fin du recueil. Ils seront les témoins de nombreuses histoires où leçons de vie et histoires traditionnelles japonaises se mêlent de manière intelligente…
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Le graphisme est très simple pour les personnages alors que les paysages sont très travaillés. Le dessin est en noir et blanc et très intéressant. Anjin est dessiné de manière à ce que son âge reste incertain : il est petit et a des traits enfantins alors qu’il semble avoir l’expérience d’un vieillard.

Il ne faut pas s’attendre à des nouvelles entraînantes, avec de l’action mais à des morceaux de vie et des histoires philosophiques, bouddhistes et bucoliques.

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J’ai beaucoup aimé « La Visite des ombres chinoises » qui marque la fin des voyages d’Anjin, retourrnant dans son village d’origine. Sur la route du retour, il va voir une jeune fille malade avec laquelle il est ami et fera des ombres chinoises avec l’aide de Kirihito pour faire rire la jeune fille. Il lui laisse une enveloppe en lui disant qu’elle contient un bon médicament. En fait, dedans, il y a de l’argent et un mot : « Prenez-en quand le besoin s’en fait ressentir »…

Les 23 nouvelles de ce recueil ressemblent à cette dernière et contiennent une petite morale qui nous permet un voyage intérieur et une remise en question personnelle. Ce livre se lit rapidement malgré ses 464 pages, ne nous laisse pas indifférent et nous pousse à réfléchir sur les choses de la vie.

Une pure pause de bonheur et de simplicité.


Samuel, 1ère année bibliothèques-médiathèques-patrimoine.


À écouter :

 http://www.rts.ch/couleur3/programmes/weekly-manga/4368814-anjin-san-de-george-akiyama-lezard-noir-05-11-2012.html?f=player/popup

 

 

Pour approfondir :

 http://incoherism.owni.fr/2012/05/23/anjin-san-manga-poetique-et-philosophique/


 http://www.nrblog.fr/casedepart/2012/06/30/anjin-san-fables-zen-pour-lecteur-presse/


 http://www.bodoi.info/critiques/2012-07-30/anjin-san/59550

 


 

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11 février 2013 1 11 /02 /février /2013 07:00

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PARK Hee Jung
Fever
traduit du coréen par Kang Heeseok,
Choi Juhyun et Kette Amoruso
Seoul Cultural et Éditions Paquet
Tome 1, 2005
Tome 2, 2006
Tome 3, 2006
Tome 4, 2007











L'auteur
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Park Hee Jung est un auteur de manhwa né le 6 octobre 1970 en Corée. Comme tout mangaka ou manhwaga, elle fait ses débuts dans un magazine. C'est ainsi qu'en 1993, sa carrière démarre avec le manhwa Summer Time dans le magazine féminin Wink édité par Seoul Cultural. Il sera ensuite suivi par I can’t stop. Entre 1995 et 1997, elle dessineraFever-03.JPG Hotel Africa, l’une de ses séries les plus célèbres. Fever est également une de ses  réalisations pour Wink et c'est ainsi que le premier tome fut publié en 2000 par Seoul Cultural. Mais Park Hee Jung est également l’auteur de one-shots (publication dont la trame se résout en un seul volume) tels que The Stupid ou Secret. Et sa dernière série est une série de douze volumes appelée Martin and John

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Bien que, en Corée, le travail de Park Hee Jung soit très apprécié, en France les œuvres de cet auteur restent assez méconnues. De plus, les éditions Paquet ont arrêté la publication de Fever et également celle de Hotel Africa après le deuxième tome (la série en comporte cinq). Quant au manhwa Martin & John la publication s'est arrêtée au cinquième tome à cause de la fermeture de la maison Samji. Pourtant, le style de Park Hee Jung, bien qu'il soit particulier, est également séduisant notamment dans la narration où elle excelle grâce à de nombreux changements d’angles et un subtil découpage.



L'histoire

Fever est l'histoire d'une rencontre ; la rencontre de trois adolescents confrontés aux difficultés de la vie. Dans une société où la pression scolaire et les espérances des parents sont trop grandes, ces jeunes sont enfermés dans une spirale de mal-être, de souffrance et d'interrogations quant à leur avenir. Tout commence dans un simple bus. Un jour, alors qu' Heon In est dans le bus, elle rencontre par hasard un jeune garçon à l'étrange accent, Gangdae. Il va lui remettre un papier avec des indications géographiques et ces quelques phrases : « La vie c'est merdique, n'est ce pas ? Ainsi va le monde. Il faut vivre. ». Il va lui faire découvrir un nouveau genre d'école, l'institut Fever.

Fever, c’est une école de la vie, où ces adolescents oppressés par leur famille et par la société coréenne peuvent être eux-mêmes et, après un long parcours, se comprendre. Que ce soit par une prise de conscience immédiate ou une profonde remise en question, chacun emprunte le chemin du passage à l’âge adulte, dont Fever est l’allégorie. Tout au long de ce manhwa nous découvrons le passé, les blessures, les rêves, les liens qui se créent et les attentes de chacun.

Nous suivons leur quête avec beaucoup de poésie et d'humour. Les scènes de vie sont amenées par épisodes, et l’on suit les personnages dans un ordre chronologique bouleversé. Cependant, le récit n’est jamais précipité ou brouillon tant l’histoire de l’auteur peut se permettre de telles distorsions surtout que finalement les membres de Fever sont liés d’une façon ou d’une autre …



Les personnages

Dans Fever nous faisons la connaissance de nombreux personnages qui ont un lourd passé et dont  les caractères sont difficilement déchiffrables. Les trois protagonistes effectuent leur quête vers le bonheur accompagnés de ces personnes toutes différentes les unes des autres. Mais voici un portrait des trois personnages principaux :

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Heon In : C'est une lycéenne qui, après avoir été le souffre-douleur de sa classe en primaire, décide de se forger une carapace et de rejeter toute relation humaine. Puis elle apprend à connaître Bo-Ram, une camarade qui prend le même bus qu'elle. Cependant, cette dernière est persécutée par leurs camarades de classe. Ce n’est pas pour autant que Heon-In va prendre la défense de cette amie qu’elle ne considère comme telle que dans les trajets scolaires, et la jeune fille ne réagira que lorsque Bo-Ram changera d’école et lui enverra un « Sois heureuse » avant de se suicider. Elle choisit d'abord d'ignorer la douleur causée par la mort de son unique amie. Mais, sous ce poids, elle va finalement abandonner le système scolaire, devenu trop étouffant. Sa vie va prendre un nouveau tournant après sa rencontre avec Gangdae.


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Gangdae : Gangdae est le neveu de Peter, l'homme qui a créé l'institut Fever. C'est un jeune homme simple et très sensible à qui Heon-In se confiera facilement. Nous savons très peu de choses de son passé, seulement qu'il vient de la campagne et qu'il s'est toujours senti seul jusqu'au moment où il est arrivé à Fever. Au premier abord les gens le voient comme un garçon à l'air innocent et benêt mais il est bien plus que cela. C'est une personne toujours présente pour venir en aide aux pensionnaires de Fever et dont le rêve est de devenir auteur de manhwa.

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Jijunn : Jijunn est un jeune homme rebelle et coléreux qui semble souffrir de ne pas trouver sa place et se sent rejeté par tous. Son passé reste assez flou mais nous savons qu'il a été adopté par un moine et élevé dans un temple. La seule vraie relation qu'il a est avec son meilleur ami au caractère indéchiffrable, Ahine. Jijunn tombe très souvent amoureux mais il va finir par s'éprendre de la sœur d' Ahine avec qui ce dernier entretient une relation très compliquée. Ahine et sa sœur Ahlip sont de parfaits antagonistes mais ils possèdent tous deux une grande souffrance intérieure. Jijunn va se trouver déchiré entre ces deux personnes auxquelles il tient énormément. 


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Le graphisme

Le graphisme donne toute sa dimension à l'histoire. En effet, les dessins de Park Hee Jung retranscrivent parfaitement les sentiments éprouvés. La manhwaga insiste donc beaucoup sur ses personnages, sur l'expression de leur visage afin de permettre au lecteur de se plonger dans leur vie. Les trames sont d'ailleurs souvent utilisées pour mettre en valeur les sentiments éprouvés,  pour souligner le comportement ou la réaction d'un personnage. Pour leur part, les décors restent assez simples mais appréciables.

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Mon avis

La première chose qui m'ait séduite dans Fever ce sont les superbes dessins. Je trouve que le graphisme des manhwa est assez particulier mais ici il est différent de ce qu'on peut voir habituellement et cela le rend sûrement plus accessible à des personnes qui ne connaissent pas. Ce qui est prenant dans ce manhwa c'est la façon dont on s'attache aux personnages et l'impression d'entrer dans la vie des protagonistes sans pour autant tout connaître de leur personnalité.


À la fois passionnant et émouvant, Fever nous en apprend autant qu’aux adolescents mis en scène. De plus, la narration de la manhwaga est aussi drôle que poétique ; toutefois, elle s’inscrit dans une volonté de réalité et d’authenticité. Ce manhwa m'a vraiment marquée et pour ceux qui connaissent les manhwa et qui aiment sortir des sentiers battus, c'est une série parfaite.


Morgane Boubault, 1ère année. éd/lib 2012-2013


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10 février 2013 7 10 /02 /février /2013 07:00

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Guillaume LAPEYRE (dessins)
Rémi GUÉRIN (scénario)
City Hall (tome 1)
éditions Ankama,
tome 1 réimprimé en novembre 2012



 

 

 

 

 

 


 

Biographies

Rémi Guérin

Il est né le 12/10/1979 et est scénariste de plusieurs séries de BD. Il a fait ses études à Paris, la Sorbonne, dans la filière Cinéma & Communication jusqu’en 1988. Il est originaire de Nogent-Sur-Marne, et habite actuellement à Montpellier. Il fait ses débuts à partir de 2007 aux éditions Dargaud, où il publie la série de bandes dessinées (toujours en cours) Les Véritables Légendes urbaines. En parallèle, il publie aux éditions Soleil Kookaburra Universe à partir de 2009, jusqu’en 2011, puis la série Explorers, pour laquelle il collabore avec Guillaume Lapeyre entre 2009 et 2011 (séries terminées). C'est à partir de cette première collaboration que les deux hommes deviennent amis.

En parallèle de ses diverses publications, il travaille à l’Apple store à partir de 2009 jusqu’en 2011. De plus, la même année, il quitte son poste chez Dargaud, pour entrer dans la maison d’édition de mangas française Ankama où il a présenté le projet commun avec Guillaume Lapeyre.


Guillaume Lapeyre

Né le 13/09/1978 et originaire de Sète, il est dessinateur de plusieurs séries de bande-dessinées, aux éditions Soleil (Lanfeust) puis chez Ankama, où il publie avec Rémi Guérin la série Explorers, l'occasion de commencer à faire intervenir Jules Verne.

À partir de 2011, il publie avec Rémi Guérin la série City Hall,  prévue en 3 volumes.

 

L’éditeur : Ankama a notamment révélé Wakfu et Dofus.



Résumé

Le tome 1 commence lorsque le ministre des Finances de Londres se fait assassiner dans le quartier des Affaires. L'inspecteur de la police de Londres fait alors irruption, et découvre sur le cadavre un bout de papier, avec une description que l'on entrevoit. Il semble bouleversé, et fait promettre aux deux hommes qui l'accompagnent de ne rien dire du papier. Il se rend ensuite à City Hall, la mairie de Londres, où il retrouve un personnage bien connu : Malcolm Little X. L'inspecteur arrive dans le bureau du maire et prononce une phrase qui résume bien ce premier tome : « Le monde tel que nous le connaissons a cessé d'exister !! »

Le maire appelle alors Jules Verne et Arthur Conan Doyle à la rescousse, et leur dévoile un secret qui nous emporte ensuite dans une enquête digne d'un film à suspense, sur un secret que Verne semble connaître. Seul Arthur semble bouleversé par la révélation. L'histoire qu'il connaît n'est que mensonge, développé par le gouvernement et tous ceux des autres pays.

S'enchaîne alors une série d'événements dans cet univers à tendance steampunk [c’est-à-dire dans une atmosphère de révolution industrielle. Il peut être traduit par « futur à vapeur ».

 

Les Personnages

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Jules Verne : écrivain numérique de génie et de renom, il consacre sa vie à l'écriture et à la science. Ses inventions seront utiles dans les situations les plus inattendues. Son père, Pierre Verne, lui avait offert pour ses huit ans un cahier de papier et des crayons ; il sait donc écrire et c'est ce qui fait qu'il est l'arme secrète dont parle Malcolm au début du tome.

Il est inspiré de l'auteur qui a vraiment existé.

 City-Hall-Image-3-city-hall-arthur-conan-doyle.jpg

Arthur Conan Doyle : écrivain, historien, médecin, ancien disciple de Joseph Bell (médecin, que l'on voit dans le tome 2).

Il accompagne Jules Verne dans sa quête et au moment où la série se déroule, il n'a pas encore inventé Sherlock Holmes. Lorsqu'il apprend la vérité sur le papier et l'histoire manipulée, il n'arrive pas à y croire, au début. Puis il s'y fait…

Sa capacité à déduire des choses sur une personnalité simplement en observant les personnes est étonnante dès le début début, puis l'on se souvient de qui il a créé et tout de suite, cela devient moins étonnant.

Il craque facilement pour les jolies femmes comme Amalia a pu en faire l'expérience.

Ce personnage est inspiré du vrai romancier homonyme.

 

 

 City-Hall-image-4-Black-Fowl.jpgLord Black Fowl : il est apparemment le responsable de toute l'agitation et on ne sait pas son nom. On ne sait pas grand-chose de lui, et la trame de l'histoire s'organise autour de ce personnage étrange et inconnu. On connaîtra enfin son identité dans le tome 3.

Toutefois les auteurs nous ont laissé quelques indices : il appartient à une classe sociale élevée, il est cultivé, et connait par cœur le poème d'Edgar Allan Poe Le Corbeau. Il sait écrire comme Jules Verne, au vu des deux combats entre les deux brillantes plumes. On suppose que c'est aussi une figure littéraire ou historique connue, de la même époque que les autres personnages.

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Amalia Earheart : la seule figure féminine du tome 1 (un autre personnage féminin apparaît dans le deuxième tome, Mary Shelley). Elle appartient à une organisation mondiale (Culper Ring) qui vise à lutter contre la contrebande de papier, et veut éviter la propagation du secret de l'histoire des pays « développés ». Elle est inspirée de l'aviatrice du même nom, qui a été la première femme à traverser l'Atlantique, et a fait bien d'autres choses marquantes dans l'Histoire.

 

 

 

 

 

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Grü : c'est un Papercut, créature décrite sur du papier qui prend vie quand son créateur l'anime par les mots sur du papier. Il doit pour l'animer décrire ses actions sur du papier, et le garder toujours à portée de vue.

 

 

 

 

 

Le graphisme

La couverture donne un bon aperçu du contenu du manga et laisse présager de l'action avec le pistolet que tient Arthur au second plan. Le papier semble jouer un rôle important, vu le personnage au premier plan qui tient un stylo et un carnet.  L'intrigue n'est pas dévoilée, mais la couverture donne plutôt envie de lire ce manga.
 
Les codes du manga sont d'ailleurs présents dans le dessin, mais aussi le style bd franco-belge qui ressort par moments. Pourquoi City Hall est-il un manga ? D'abord, le format le plus courant pour les mangas est celui qu'a emprunté la série. Ensuite, il respecte les règles qui font d'un manga d'action un succès : un apprenti, un mentor, une femme surentraînée au combat, des inventions délirantes, de l'action, une ambiance d'aventure, créée par le réalisme qui se dégage des dessins. De plus, les auteurs tiennent un rythme « à la japonaise », c'est-à-dire plusieurs planches par jour, à encrer ensuite, rythme assez rare en France et dans le milieu de la BD en général. Enfin, il y a la présentation (fiche ''technique'') des personnages à chaque fin de chapitre.

Les codes de la bd franco-belge sont aussi là : les visages sont clairement influencés par  ce style de dessins (oreilles), les détails sont nombreux et très présents. Les sentiments des personnages sont très marqués sur leur visage et par leurs paroles. On peut presque sentir l'intonation. Le sens de lecture est de gauche à droite, et non pas de droite à gauche comme dans les mangas. Il est plutôt logique qu'il y ait des traces de la bd franco-belge, les auteurs ayant fait leurs débuts avec ce format.

 

Influences principales

City Hall est une symbiose entre plusieurs styles comme dit précédemment. J'ai réussi à déterminer quelles sont les principales influences des auteurs.

Les deux auteurs réunis sont influencés par Takeshi Obata (Bakuman, Death Note) qui travaille lui aussi en collaboration avec un scénariste. De plus, Bakuman est l'histoire d'un jeune dessinateur qui veut devenir mangaka (dessinateur de mangas) pour conquérir la fille dont il est amoureux. Il travaille lui aussi en duo avec un scénariste talentueux…

Rémi et Guillaume sont donc influencés par les graphismes japonais. Ils ont grandi avec le Club Dorothée (émission de télévision dans laquelle étaient diffusés des dessins animés japonais tels que Astro le Petit Robot, Olive et Tom, Albator… mais aussi européens), et font donc partie de la génération qui a regardé les premiers dessins animés japonais à partir des années 80.

Enfin, je voudrais ajouter que la couverture, avec ses couleurs et son écriture dorée m'a rappelé celle des romans de Jules Verne avec la couverture rouge et les titres en couleur or.



 Avis personnel

J'ai adoré lire ce manga. Il m'a au début paru banal, comme la plupart de ceux que je lis d'habitude. Puis au fil de ma lecture, j'ai vraiment accroché à cet univers, ce monde où ce que l'on écrit prend vie. Les personnages sont charismatiques, et dégagent une aura qui fait qu'on l'on a envie de mieux les connaître, de les aider dans leur quête, que ce soit pour Lord Black Fowl (sa quête étant inconnue pour l'instant) ou le trio de Verne. L'histoire est peu banale et l'univers unique en son genre. C'est une série sérieuse qui ne se prend pourtant pas au sérieux (humour), et aux dessins réalistes irréels. Les chapitres débutent par une citation, souvent d'un personnage connu (Oscar Wilde, Einstein…).

L'idée que tout ce que l'on écrit prend vie m'a rappelé l'histoire de la trilogie de Cœur d'Encre, de Cornelia Funke où dès lors que l'héroïne et son père lisent à haute voix un texte bien écrit, il prend vie, que ce soient les personnages, les sentiments ou les actions.



Avis de blogs et sites de mangas

Bibliothèque de Glow : http://glowmoonlight.unblog.fr/2012/07/08/japan-expo-2012-les-petites-perles-a-decouvrir/

Le principe de City Hall est que tout ce que l’on écrit prend vie. Mais le jour où quelqu’un se sert de ce pouvoir à de mauvaises fins, la police de City Hall se voit dans l’obligation de demander à deux des meilleurs écrivains disponibles dans la ville : Jules Verne et Sir Arthur Conan Doyle. Une lutte sans merci s’engage alors entre les meilleures plumes, faisant couler beaucoup d’encre… le tout dans un Londres victorien très esthétique qui laisse rêveur…

Critique du blog Sud-Ouest : http://bd.blogs.sudouest.fr/archive/2012/06/18/city-hall-1-par-remi-guerin-et-guillaume-lapeyre-ankama.html

 

Sources

Les auteurs eux-mêmes qui m'ont accompagnée dans ce travail (infos biographiques)

 
Coline PAILLET, 1ère année Bib-Med-Pat



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15 octobre 2012 1 15 /10 /octobre /2012 07:00

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   AHN Soo-Gil
Tigre
Titre original :

아기호랑이
traduit du coréen
par Kette Amoruso
Clair de Lune, 2011 (tome 1)
et 2012 (tome 2)

 


 

 

 


L’auteur

 

ahn_soo-gil.jpgAhn Soo-Gil est né à Chilgok dans la province de Gyeongsangbuk-do en Corée du Sud en 1963. Il a fait ses débuts de dessinateur en 1988. Il a reçu plusieurs prix pour son travail : le prix du manhwa de l'année décerné par l'Ucjf de Séoul pour L'écho du mont Baekdu en 1993 et le prix d'auteur au concours de bande dessinée organisé par le ministère Coréen de la culture et du tourisme en 2000 pour Histoire de tigres.

Pour Tigre, Ahn Soo-Gil a réalisé le texte et les dessins. Ce manhwa a été prépublié dans Weekly Morning de Kodansha au Japon en 1998. Lors de sa sortie officielle en 2001 aux éditions Kodansha, des planches ont été rajoutées. Le dessinateur est un passionné des tigres auxquels il a consacré 18 années de sa vie et qui sont devenus l'unique sujet de son travail.

Les tigres sauvages étaient présents en Corée du Sud il y a encore une centaine d'années mais pour une raison inconnue, ils ont totalement disparu.



Tigre

Pour la publication française aux éditions Clair de lune, Tigre a été divisé en deux tomes pour un total de 19 chapitres.

Le livre a été réalisé à partir des archives personnelles d'Ahn Soo-Gil.

 Le manhwa raconte l'histoire d'une famille de tigres sauvages et plus particulièrement du fils. On suit son histoire depuis qu'il est petit avec les problèmes qu'il rencontre, ses ennemis, sa lutte pour survivre dans un lieu où règne la loi du plus fort. Il y a peu de texte et lorsqu'il y en a ce sont des dialogues entre les tigres, ou leurs pensées. Il y a beaucoup d'action, notamment des combats : contre un ours, entre tigres, contre un léopard.

Le thème de la survie est prédominant. Il faut défendre son territoire, trouver à manger et donc chasser, ne pas se faire tuer. Cela est d'ailleurs particulièrement difficile pour de jeunes tigres qui se retrouvent orphelins et doivent se débrouiller seuls. Le manhwa fait extrêmement bien ressortir cette lutte pour la survie et l'on se rend bien compte que c'est un monde hostile, surtout pour les plus faibles.
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Le dessin est très réaliste. Il y a énormément de détails. Les tigres sont très bien représentés et manifestent souvent des émotions comme la tristesse, la peur, la surprise. On voit aussi de la sueur qui coule sur leur tête ou des larmes.

Les tigres sont donc vraiment attachants, on est pris dans l'histoire. Quand l'un d'eux meurt on est triste ; quand le jeune tigre éprouve une émotion, on ressent la même. On suit les leçons de survie qu'apprend le jeune tigre en même temps que lui comme le fait « qu'une nourriture obtenue sans effort n'apport[e] que des ennuis ».

La lecture est fluide et rapide grâce à la rareté du texte. L'histoire est prenante et on veut savoir si le jeune tigre va s'en sortir et devenir le « roi ».


Marine G., 2e année Bibliothèques 2011-2012

 

 

 


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12 septembre 2012 3 12 /09 /septembre /2012 07:00

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JI' AN
Niumao

traduction

Ghislaine Yang

éditions Xiao Pan

t1 paru en 2006

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Publié par l'éditeur franco-chinois Xiao Pan en 2006, cet album est l'œuvre du studio Ji’ An, du nom de son fondateur, l’auteur Xia Ji An, scénariste dessinateur de manhua (bandes dessinées chinoises). Il a un style bien particulier et aborde des thèmes différents comme l'aventure, l'humour ou bien les contes traditionnels. Le titre : « Niumao » signifie chat-vache ; en effet, en chinois, « mao » veut dire chat et « niu » vache.
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« Gare au chat chinois ! »   

Voici donc, l'histoire d'un chat au pelage blanc tacheté de noir nommé Niumao.

Un jeune couple achète ce chaton. Mais ses maîtres s’aperçoivent rapidement que le nouveau venu prend « trop de place » et pour cause, il mange énormément et fait beaucoup de bêtises. Ils décident donc de le confier à une amie : Zuo Daodao. Elle l'accueille chez elle, il prend sa place de « bon gros matou » au sein de l'appartement. En bref, c'est un chat propre et sage, ou presque... Il dort, mais quand il s'agit de s'agiter, il détruit tout sur son passage...

C'est donc un personnage au caractère explosif mais attendrissant. Avis aux amateurs de chats !

Cettebande dessinée reprend des situations que tout propriétaire de chat a vécues. En effet, on pourrait s'attendre à l'histoire d'un chat chinois, typiquement asiatique, mais non, ce chat agit à la manière d'un chat occidental.

Niumao-t1-pl-2.jpg
Un livre pour les petits et les grands

Offrant un résultat qui fait plaisir à feuilleter pour la beauté générale de ses planches, cette bande dessinée vise, par son traitement des histoires présentées, un public plutôt jeune qu'adulte. Toutefois, les amoureux des chats ne seront pas insensibles à son humour.

L’album est plein d’attentions pour les lecteurs : à la fin du premier tome, « Gare au chat chinois ! », on peut en savoir plus sur Niumao. On y découvre des photos de l’animal qui a inspiré l'histoire, l’identité de la véritable propriétaire. On y apprend beaucoup de choses comme :

 

Son surnom : « Va t'faire voir. »
Son jouet préféré : un petit rhinocéros en flanelle
Sa couleur préférée : la couleur du soleil

 

Sans oublier :

 

Sa nourriture favorite : les plats cuisinés en sachet de Whiskas et les lamelles de poulet séché
Ce qu'il aime faire en priorité : semer la pagaille !

 

Enfin dans une postface illustrée, on trouve l’interview du chat, sa propriétaire et l'équipe du studio Ji An qui nous raconte toutes les péripéties vécues avec le chat pour réaliser cette bande dessinée.
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Point de vue personnel

C'est une bande dessinée que j'ai découverte lors du festival de la BD à Angoulême où j'ai pu avoir une dédicace de Ji An. C'est un album agréable à lire. Les illustrations sont douces et s'accordent très bien avec l'histoire.  Ces aventures palpitantes seront idéales pour les amoureux de chats et se déclinent sur plusieurs tomes.


Pauline, 1ère année bib.-méd. 2011-2012

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Tome 2 : Le chat chinois fait des siennes









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Tome 3 : Le chat chinois tombe amoureux

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sur la disparition des éditions Xiaopan, lire  ici l'article des éditions Kotoji.

 

 

 


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24 juin 2012 7 24 /06 /juin /2012 07:00

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TAKAYA Natsuki
高屋・奈月
Twinkle Stars
星は歌う
hoshi wa utau
(Le chant des étoiles)
Delcourt
13 mai 2009-30 novembre 2011.
11 tomes







 

 

Biographie

Natsuki Takaya est née à Shizuoka (sud de Tokyo) le 7 juillet 1973. Son manga le plus connu est Fruits Basket qui a eu un grand succès aussi bien au Japon (elle a reçu le prix Kodansha) qu’en France. Il a aussi été adapté en un anime de 26 épisodes qui reprend les 6 premiers tomes du manga, alors que celui-ci en compte 23, mais au moment de l’anime, le manga n’était pas encore terminé.

(Pour une biographie plus complète, cf. Wikipédia ou Nautiljon)



Résumé

Shiina Sakuya vit avec son cousin Kanadé dans une maison au bord de la mer. Un jour, elle rencontre Aoi Chihiro, qui l’intrigue. Ce dernier lui offre un cadeau le jour-même, qui est aussi le jour de son anniversaire, avant de disparaître. Sakuya alors n’aura de cesse de le chercher pour pouvoir le rencontrer à nouveau, intriguée par ce mystérieux personnage.

Elle le retrouve finalement dans son lycée où il a été transféré ; cependant, ce dernier fait comme si rien ne s’était passé, préférant rester froid et indifférent à ses tentatives pour engager la conversation ou pour lui montrer sa sympathie. Sakuya ne comprend pas ce revirement de situation ni la raison pour laquelle il la repousse.

Pourtant, touchée par le jeune homme, par sa mélancolie, et se souvenant toujours de cette soirée où ils ont discuté comme s’ils étaient de vieux amis, elle se rend finalement compte qu’elle est tombée amoureuse de lui.

Commence alors une histoire douce et tendre, comme Natsuki Takaya sait si bien les raconter. Les personnages se croisent, s’évitent, se comprennent mal mais se ressemblent pourtant : il faut néanmoins beaucoup de détours pour arriver enfin au point d’arrivée.



Personnages

 

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Shiina Sakuya : Le personnage principal est une jeune fille timide et profondément gentille. Elle aime plus que tout regarder les étoiles, et c’est la fondatrice du club d’astronomie. Elle vit chez son cousin Kanadé, et sa rencontre avec Chihiro l’a profondément marquée.

 

 

 

 

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Aoi Chihiro : Jeune homme calme et paisible, il garde au fond de lui des secrets enfouis qui le rendent solitaire et mélancolique. Il se sent coupable de quelque chose dont il n’est en fait pas responsable, mais cela ne l’empêche pas de maudire son impuissance. Si c’est lui qui fait le premier pas vers Sakuya, son attitude change du tout au tout lors de leur rencontre suivante.

 

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Honjō Hijiri dite « Sei » : Fille unique d’une famille très riche, c’est la meilleure amie de Sakuya. Elle a très mauvais caractère, mais elle est toujours gentille avec Sakuya qu’elle essaye d’aider par tous les moyens, quitte parfois à la bousculer un peu.

 

 

 

 

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Murakami Yuuri : C’est un garçon très sociable, il a beaucoup d’amis. Il aime passer du temps avec Sakuya qui le considère comme un véritable ami, même si lui est amoureux d’elle. Il est particulièrement maladroit pour exprimer ses sentiments.

 

 

 

 

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Miyako Kanadé : C’est le cousin de Sakuya : ils habitent tous deux ensemble dans une maison au bord de la mer. C’est un personnage froid et cynique au premier abord, qui a beaucoup de mal à se sociabiliser et à entrer dans le moule de la société, mais il veille néanmoins sur Sakuya.

 

 

 

Une patte graphique très « fruits basketienne »
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Quiconque connaît un tant soit peu l’oeuvre de Natsuki Takaya ne sera pas dépaysé au contact de ses dessins, qui affermit ce qui était amorcé par la deuxième moitié de son manga à succès Fruits Basket. Des personnages aux traits particulièrement fins, des doubles pages pleines de poésie, des alternances entre des cases de dessins et de purs moments de poésie transcrivant les pensées des protagonistes : telles sont les marques de fabrique de Natsuki Takaya, qui remplit ses cases et ses trames avec la même douceur et la même nostalgie que pour sa corbeille de fruits.

Les traits sont bien affirmés, moins brouillons que dans ses premières séries ou one-shots. Les personnages ne sont pas sans nous rappeler ceux de ses précédents mangas, tout en s’en distinguant par leurs personnalités différentes et une histoire qui reste ancrée dans un réalisme qui lui donne aussi plus de gravité qu’il n’y en avait dans Fruits Basket. L’humour est moins présent, les thèmes sont sensiblement les mêmes, mais traités avec une maturité qui rend le manga beaucoup plus adulte qu’on ne pourrait s’y attendre.



Le « chant des étoiles »

Le « chant des étoiles » est le sous-titre donné à Twinkle Stars, qu’on peut traduire par ailleurs comme « les étoiles scintillent ». Le titre vient du fait que l’héroïne, Sakuya voue une passion particulière à ces astres. Fondatrice du club d’astronomie qui ne compte que trois membres (Sei, Yuuri, et Sakuya) puis quatre avec l’arrivée de Chihiro, elle a toujours considéré les étoiles comme des astres bienveillants. L’étoile est d’ailleurs le fil conducteur de l’histoire ; Sakuya considère par exemple Chihiro comme une « étoile solitaire » qu’elle aimerait en fait atteindre (« Cette étoile ne se rend pas compte de sa solitude » tome 5). À chaque moment de faiblesse ou de tristesse, elle s’en remet toujours aux étoiles. Dans le flash-back où Kanadé se remémore leur rencontre, le premier contact qu’il a avec elle se fait par un livre d’astronomie. Elle lui raconte ainsi que les étoiles « chantent », ce dont il se moque ouvertement. Par la suite, forcés de cohabiter ensemble, ils finissent par se rapprocher au moment où Kanadé se sent le plus désemparé. Alors elle lui montre les étoiles en lui souriant. Certes les étoiles ne peuvent pas chanter, mais c’est le fait d’y croire et de trouver un réconfort qui compte alors.



Une réalité aigre-douce

La particularité de Natsuki Takaya réside dans toute la poésie qu’elle parvient à mettre dans ses histoires. Remplis d’humanité, de sentiments, de tristesse, ses chapitres laissent une empreinte particulièrement forte dans l’esprit du lecteur.

Les thèmes abordés traitent à la fois de la différence, de la tolérance, de la solitude, du désir d’être soi, et de la peur d’être repoussé et donc de la difficulté à faire confiance à autrui. De même les conflits familiaux, la maltraitance des enfants, le harcèlement moral, le mal qu’on peut s’infliger à soi-même sont autant de thèmes que l’auteur traite avec la délicatesse qui est la sienne.

S’il y a bien une chose que la mangaka dénonce dans ses histoires, c’est bien l’injustice, surtout celle subie par les enfants. Celle-ci vient surtout de la famille des personnages qui évoluent rarement dans un milieu paisible et sans problème. Un membre de la famille est toujours responsable de l’exclusion de ces personnages, qui finissent par ne plus pouvoir compter que sur eux-mêmes, ou trouver hors du cercle de famille une manière de compenser ce manque.

Sakuya a été abandonnée par sa mère quand elle était toute petite ; son père ne fait pas grand cas d’elle et la traite comme un fardeau ; sa belle-mère lui fait clairement comprendre qu’elle ne la traitera jamais comme sa fille. Et dieu sait pourtant que Sakuya fait des efforts pour parvenir à se faire aimer par cette femme qui l’humilie sans cesse, la rabaisse sans raison et lui fait comprendre, alors que ce n’est encore qu’une gamine, qu’elle ne vaut « rien ».

Son cousin Kanadé, jeune homme aux résultats scolaires brillants, subit la pression de ses parents qui refusent de le voir échouer. Cependant, le jeune homme qui n’est encore qu’un adolescent au final, finit par craquer et s’enferme dans sa chambre une année durant sans communication aucune avec l’extérieur.

Chihiro, qui a peu connu son père, pour sa part, fut obligé de grandir vite auprès d’une mère volage évoluant au gré de ses petits amis, se souvenant de la présence de son fils qu’après chaque rupture.

Si chacun d’eux vit différemment ce rejet familial, ce sont néanmoins trois personnages « blessés par la vie ». S’ils se ressemblent et se reconnaissent, c’est parce qu’ils sentent au plus profond d’eux-mêmes qu’ils ont éprouvé des sentiments similaires, des pensées communes (« Chihiro, tu es tout seul ? Comme moi. On est pareils. » tome 6). Néanmoins, si chacun d’eux trouve une personne qui leur tend la main pour les sortir de leur situation (Sei, Yuuri et Kanamé pour Sakuya alors que Chihiro et Kanamé ont en commun d’avoir été touchés par la gentillesse naturelle de Sakuya), Natsuki Takaya montre aussi à quelles extrémités les êtres humains peuvent arriver lorsqu’ils se sentent désespérés et seuls au point de vouloir en finir définitivement. Lorsque Chihiro raconte l’histoire de sa petite amie Sakura, qui a tenté de se suicider en se pendant à un cerisier (« Sakura » en japonais signifie « fleur de cerisier ») pour échapper à la brutalité et au rabaissement moral de son père, sans doute le lecteur sentira-t-il une pointe au coeur devant tant de faiblesse et d’impuissance. La réalité nous saute aux yeux alors que des passages d’une douce cruauté défilent devant nous.



Une dualité symbolique : Sakuya/ Sakura

Twinkle Stars est construit à partir d’une dualité fondamentale entre l’héroïne, Sakuya, et en quelque sorte son « double » Sakura. Chacune d’elles représente des sentiments différents, deux chemins de vie aussi différents, qui convergent malgré tout par la rencontre d’Aoi Chihiro. Si on entend juste parler de Sakura tout le long du manga jusqu’aux derniers tomes, on sent son ombre planer dans les pensées de Chihiro et dans la tête de Sakuya, qui voit en elle sa rivale. Elle sait qu’elle ne pourra jamais avoir la place de son double, elle se résigne d’ailleurs à cet état des choses. De plus, on remarque que toutes deux s’opposent, aussi bien dans leurs caractères que dans leurs rôles dans l’histoire : « C’est vrai qu’il m’est arrivé de voir Sakura à travers elle, bien qu’elle n’ait pas tout à fait le même caractère. » Ainsi, Sakuya représente en quelque sorte l’ « espoir ». Chihiro le dit lui-même :

« Quand j’y pense, Sakuya m’a toujours tiré vers le haut. » (tome 6)

« (…) Pourquoi ce monde est-il aussi sombre, glacial et sans espoir ? Je m’enfonce simplement dans les ténèbres. Pourtant tu as toujours été là, souriante… Alors que toi aussi, tu as connu la tourmente. Crois-tu qu’un monde meilleur existe vraiment ? Si moi aussi j’arrivais à le croire… Si j’arrive à le croire… je pourrais peut-être m’en sortir ? » (tome 6)

Elle représente tout le contraire de Sakura, qui a baissé les bras après avoir trop subi de violence, et de mépris de la part d’autrui. Quand Chihiro hésite à propos de Sakuya, il se rappelle les mots et les paroles de Sakuya qui a partagé avec lui sa solitude lorsqu’ils étaient plus jeunes. Ils ont vécu et traversé ensemble des épreuves, et il n’arrive pas à se détacher de son souvenir, toujours rattaché à elle par la souffrance. Sakura est dans le coma après sa tentative de suicide et Chihiro se sent coupable de s’en être éloigné, il a l’impression d’être bloqué encore à l’époque où il était avec elle, et où il n’a pas bougé. Sans cesse alors, au moment où il arrive un peu à penser qu’il peut changer de vie, Sakura se rappelle à lui :

Il pense ainsi au sujet de Sakuya : « Quand [elle] souri[t], quand [elle] es[t] à mes côtés, j’ai l’impression que je pourrais m’en sortir et que le monde est en fait un peu plus doux que ce que je croyais. » Pourtant l’image de Sakura se superpose immédiatement et lui fait comprendre que tout cet « espoir » ne serait en fait qu’illusion : « Ce n’est qu’un rêve. Un monde pareil n’existe pas. » (tome 6)

Par ailleurs, on peut aussi retrouver cette dualité dans ce que Sakura et Sakuya représentent aussi : Sakura « fleur de cerisier », symbole d’une beauté éphémère, alors que Sakuya, aspire à un ailleurs dans lequel elle parvient non sans mal à se réaliser : membre du club d’astronomie, elle écoute les étoiles chanter, celles qu’elle montre à Kanadé lors de leur cohabitation, celle qu’elle offre à Chihiro pour lui montrer qu’il n’est pas seul.

De même, à la différence de Sakura, qui est celle qui reçoit de la part de Chihiro, lorsqu’elle est avec lui, Sakuya lui donne surtout ce qu’il a pu donner à la première. Même si Sakura l’a empêché d’être profondément seul parce qu’ils partageaient leur fardeau, il était celui qui devait la protéger. L’héroïne est ce qu’il a été pour Sakura, comme Sei, Yuuri et Kanadé l’ont été pour Sakuya, et inversement. Dans toutes ces relations, des échanges équivalents se nouent, chacun est en quelque sorte la bouée de secours d’autrui. Comme pour le manga Fruits Basket, on assiste ici à une histoire qui se déroule au gré de personnes qui interagissent, avec pour point d’ancrage l’héroïne, Sakuya. Et comme point commun avec Tohru, l’héroïne du shōjo à succès de Natsuki Takaya, Sakuya est aussi une jeune fille particulièrement chaleureuse, qui renferme ses faiblesses et ses souffrances au fond d’elle, quitte à s’oublier pour aider les autres.



Conclusion

Twinkle Stars est donc un shōjo manga d’une subtilité extrême et d’une grande douceur. Les thèmes abordés sont graves, mais traités avec finesse. Les personnages peuvent paraître moins attachants que pour Fruits Basket mais les onze tomes parviennent quand même à poser l’histoire de sorte qu’on puisse entrer dedans et se laisser emporter dans un concentré doux-amer de sensibilité et de mélancolie. L’un des autres points forts du manga, c’est aussi que comme pour son succès précédent, la mangaka donne une vraie fin à son histoire, ce qui n’est pas toujours courant.

Enfin, plus mature et plus sombre que les autres oeuvres de Natsuki Takaya, Twinkle Stars n’en est pas moins une histoire à conseiller à tous ceux qui cherchent un manga original et rafraîchissant.

 
Marion, AS éd.-lib.

 

 


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23 juin 2012 6 23 /06 /juin /2012 07:00

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MINEKURA Kazuya
峰倉 かずや
(Gensômaden) Saiyuki
幻想魔伝最遊記 
Prépublié dans le magazine japonais G-Fantasy
puis Zero-sum
Première parution en format relié
chez Square Enix en 1997
Réédition chez Issaisha en 2002
Édition française chez Panini Manga en 2002

Traduction de Xavière Daumarie





L'auteure

C'est une auteur très secrète nommée Hitomi, mais qui préfère publier sous son pseudonyme de Kazuya Minekura. Née en 1975, elle a commencé à travailler sur le manga au travers de revue de dōjinshis (fanzines amateurs). Elle publie au Japon de nombreuses œuvres, mais qui ne sont pas encore parvenues en France. Elle est connue dans l'Hexagone pour sa série Saiyuki, qui a connu un très large succès mondial. Une série anime a été adaptée à partir du manga. Kazuya Minekura est aujourd'hui l'un des auteurs phares au Japon.



Bibliographie

 

Just !! (1995)
Brother (1996)
Saiyuki (1997)
Shiritsu Araiso Kōtōgakkō Seitokai Shikkōbu (1999)
Saiyuki Gaiden (2000)
Stigma (2000)
Wild Adapter (2001)
Bus Gamer (2001)
Honey Comb (2003)
Saiyuki Reload (2003)
Saiyuki Reload Blast (~2009)

 

 

L'histoire

Saiyuki est une reprise du très célèbre roman chinois Voyage en Occident, aussi appelé Le Roi des singes. Elle se décompose en plusieurs séries avec la préquelle, Saiyuki Gaiden, et l'histoire, divisée entre Saiyuki, Saiyuki Reload, et Saiyuki Reload Blast. Chacune fait le récit d'une partie de l'aventure.

Dans le texte original, le bonze Xuanzang (602-664) doit se rendre en Inde afin de trouver les sutras sacrés du Bouddhisme. Cet homme, à la fois d'une naïveté effrayante et d'une sagesse remarquable, rencontre au cours de son périple le singe Sun Wukong (traduit par Son Goku en japonais, notamment dans l’adaptation d’Osamu Tezuka), une créature très rusée ; le cochon Zhu Bajie et Shaseng (ou Sha Wujing), le bonze des sables. Au cours de ce long périple à travers la Chine, les trois serviteurs de Xuanzang doivent apprendre soit à utiliser son intelligence pour Son Goku, soit à expier leur fautes passées. Xuanzang chevauche un prince dragon enfermé sous l'apparence d'un cheval. Ce récit décrivait avec force détails les nombreux combats et monstres rencontrés par le petit groupe, tout en offrant un large panorama de la Chine sous la Dynastie Ming.

Dans le manga, en revanche, Kazuya Minekura s'est permis beaucoup de variations, notamment autour des personnages principaux. Le pieux bonze Xuanzang est devenu Genjo Sanzo, un jeune homme de vingt-deux ans désabusé et surtout un haut-bonze très peu religieux. Il boit, fume, porte un revolver anti-monstres et frappe ses coéquipiers à volonté dès que sa patience atteint ses limites (il faut dire qu'il n'en a pas beaucoup). Mais sous ce caractère peu abordable se cache une personnalité très tourmentée et paradoxale. On apprend, au cours de la série, qu'il a été recueilli par le haut-moine Komyo Sanzo qui l'a élevé comme son propre fils. Hélas, Komyo fut assassiné par un groupe de monstres (appelés yokais, des démons) qui voulaient récupérer les deux sutras Son.Goku-jpgbouddhiques que le maître avait en sa possession. Par chance, un seul fut dérobé, mais le maître y laissa la vie. Le second sutra fut remis au jeune Sanzo, alors âgé d'à peine treize ans, qui devint par la suite le nouveau haut-moine. Il cherche depuis à récupérer le deuxième sutra.

En compagnie de cet étrange personnage voyage le jeune Son Goku, âgé de dix-huit ans. Leur relation est assez particulière. Goku est une aberration née de l'aura de la terre concentrée dans un rocher, ce qui lui donna ses yeux dorés et sa force démentielle. En effet, sans son contrôleur de pouvoir (une couronne dorée), il devient un yokai très puissant, mais incapable de distinguer le bien du mal. Il tuera tous ceux qui se dressent sur son passage. Mais sous sa forme humaine, c'est un gamin joueur et naïf, qui passe son temps à manger. Sanzo l'a découvert au sommet d'une montagne, enfermé par les dieux dans une prison depuis 500 ans, pour un crime dont le jeune garçon ne se souvient pas. Sans repères dans le monde réel, il suit Sanzo depuis lors et lui voue une confiance aveugle et une fidélité sans borne, malgré ses bouderies.

Avec eux se trouve Cho Hakkai (Zhu Bajie dans la mythologie chinoise), un jeune homme de vingt-deux ans très flegmatique et toujours souriant. Il tempère les caractères explosifs de ses trois compagnons et est sans doute celui qui ressemble le plus à un moine. Malgré l'impression de calme qu'il donne, il est très perturbé par son passé qui le ronge depuis des années. Il vivait orphelin avec sa sœur aînée dans un petit village, avant qu'ils ne se marient. Devenu professeur pour subvenir à leurs besoins, Hakkai rentre un jour trop tard, pour découvrir que celle qu'il aime a été livrée comme maîtresse à un monstre qui terrorise la région. Fou de rage, il se rend au château et massacre tous ses habitants jusqu'à retrouver sa sœur. Malheureusement, elle décide de se suicider sous ses yeux car elle porte l'enfant de son violeur. Hakkai fut ensuite condamné à expier son crime en changeant de nom. De Cho Gono, il devient Cho Hakkai. Mais on peut remarquer qu'il possède lui aussi un contrôleur de pouvoir car, selon la légende, qui tue mille yokai devient un yokai lui-même.

Le dernier membre de la troupe est Sha Gojyo, qui n'a pour le coup plus rien du moine qui l'a inspiré. Il aime les femmes, boit, fume et joue très régulièrement. C'est un bad boy qui a pourtant le cœur sur la main, malgré son côté dragueur invétéré. Il a lui aussi un passé très lourd. Fils hybride d'une humaine et d'un monstre, il est élevé par sa belle-mère et son demi-frère. Cette femme le hait car il est le symbole de l'infidélité de son mari, qui lui est sans cesse rappelée par la couleur rouge sombre des cheveux et des yeux du garçon. Son frère tente de le protéger de son mieux, mais leur mère finit par craquer et manque de tuer Gojyo. Par chance, Jien, le grand frère, la tua avant qu'elle ait pu terminer son acte, mais il disparut par la suite. De cet incident, il ne reste à Gojyo que deux cicatrices sur la pommette et un traumatisme brûlant.

Cette fine équipe compte un dernier membre, le dragon Jeep (Hakuryu). C'est un petit animal blanc, capable de se transformer, comme son nom français l'indique, en Jeep. C'est le compagnon fidèle de Hakkai, et non plus de Sanzo, qui a déjà fort à  faire avec Goku.
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L'histoire, en elle-même, varie. Les sutras sont déjà en possession de moines chinois, les Sanzo, mais les monstres cherchent à s'en emparer pour, à l'aide d'une technique interdite qui mélange science et magie, ressusciter Gyumao, le démon Taureau vaincu par le dieu guerrier Nataku. Le groupe doit alors se rendre en Inde pour mettre fin à ce fléau car, à mesure que la résurrection avance, un voile maléfique recouvre le monde. Si, auparavant, humains et yokais vivaient en relative harmonie, ces derniers deviennent soudain fous et se retrouvent prisonniers de leurs instincts meurtriers à l'égard de la race humaine. La « bande à Sanzo » va ainsi rencontrer de véritables hordes de yokais enragés, et d'autres, plus nobles, qui ont encore toute leur tête, en particulier le Prince Kogaiji, fils de Gyumao qui participe malgré lui aux préparatifs de résurrection pour trouver un moyen de libérer sa mère ensorcelée. L'univers même n’est plus celui de la Chine médiévale mais une sorte d'univers parallèle très inspiré de la culture chinoise, dans un mélange de modernité (une jeep, par exemple, ou encore les laboratoires des savants fous qui œuvrent à la résurrection de Gyumao) et d’un esprit médiéval fantastique.

Comme on peut le voir, l'histoire et les personnages prennent une tournure très complexe à mesure que l'histoire progresse. Par ces adaptations, Kazuya Minekura se détache de l'oeuvre originale pour en donner une autre lecture, plus actuelle et populaire, tout en gardant la trame sous-jacente.

J'ai choisi pour une analyse plus particulière de me consacrer au premier tome de la série. Il se compose de cinq chapitres et d’un prologue, sans trop de liens entre eux, en raison de la nature même du manga. En effet, lors d'une prépublication, l'auteur ignore si son histoire se poursuivra. Pour cette raison, les premiers chapitres de manga, et surtout le premier tome, sont assez peu suivis et servent essentiellement à présenter le contexte.

Ici, le prologue introduit le récit principal, après une courte scène rétrospective de l'instant où Sanzo libère Goku de sa prison dans la montagne. Le duo  doit alors des années plus tard, sur l'ordre de la trinité bouddhique, se rendre vers l'ouest avec les deux autres membres de la troupe, encore absents, afin de faire cesser l'expérience autour de Gyumao. Les retrouvailles se font dans la violence au cours d'un combat où le trio démoniaque (Goku, Hakkai et Gojyo) indikanzeon-bosatsu.jpgque à ses « congénères » son intention de suivre Sanzo. On découvre ensuite Kogaiji qui s'apprête à marcher vers l'est pour les arrêter. Ce prologue est essentiel, car il explique les tenants et les aboutissants de la mission, mais aussi les bases des relations entre les protagonistes, qui seront le deuxième fil rouge du récit.

La religion bouddhique est très présente, malgré le peu d'importance que lui donnent les personnages. La déesse Kanzeon Bosatsu, aussi appelée déesse Kwannon, la Bodhisattva miséricordieuse, surveille leur trajet, tout en se moquant bien de leur détour. C'est aussi un hermaphrodite particulièrement narcissique, qui aime commenter le long voyage de ses envoyés tout en traitant de concepts philosophiques. C'est un personnage ambigu, qui semble s'ennuyer en permanence, mais qui détient surtout les clés de l'aventure, sans intervenir pour autant. La deuxième histoire de ce premier tome (chapitre 4 et 5) se déroule dans un monastère où les étrangers et les non-croyants ne sont pas admis. Un jeune novice fera par ailleurs la démonstration de l'austérité de la vie monastique en confisquant alcool, cigarettes et jeu de Mah-jong aux quatre héros. Ce garçon représente l'application stricte des concepts du bouddhisme, comme l'austérité, donc, mais aussi l'interdiction de tuer tout être vivant. Autant dire qu'il va très vite se retrouver confronté à la réalité de la violence du monde lorsque des assassins à la recherche du groupe de Sanzo s'introduiront dans le temple sans rencontrer la moindre résistance. Le manga propose ainsi, au travers de Sanzo, une adaptation des préceptes afin de mener une vie qui, si elle ne mène pas à l'illumination, permet au moins de survivre.

La première histoire voit la petite troupe arriver dans un village où les yokais sont devenus fous et sont partis, non sans faire des victimes. Arrivés dans une auberge, ils sont attaqués à la nuit tombée et l'un des monstres prend une jeune fille en otage. Cette même demoiselle voue une haine terrifiée aux yokais depuis la mort de son meilleur ami. Pourtant, l'attitude des trois yokais lui permettra de se remettre en question. Ces mêmes yokais, et Goku en particulier vont aussi comprendre le sérieux de la situation dans laquelle ils sont plongés. On peut voir au travers de cette histoire un appel à la tolérance entre les différents peuples, mais aussi une manière de souligner la solitude des quatre protagonistes, qui sont des parias dans la plupart des lieux où ils se rendent. Leurs relations deviennent donc à peu près les seuls liens solides dont ils disposent dans ce monde voué au chaos.

   
Marine, 2e année Éd.-Lib.

Sources


 http://fr.wikipedia.org/wiki/Gens%C3%B4maden_Saiyuki
 http://www.manga-sanctuary.com/bdd/manga/581-saiyuki/
 http://fr.wikipedia.org/wiki/Kazuya_Minekura
http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Voyage_en_Occident


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30 janvier 2012 1 30 /01 /janvier /2012 07:00

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YUMI Kiiro
Library Wars : Love and War
d’après une œuvre
d’ARIKAWA Hiro (有川 浩)
Traduction du japonais
par Anne-Sophie THÉVENON
Édité pour la première fois au Japon
par Hakusensha en 2008
Première publication en français
aux éditions Glénat, 2010
Collection Shôjo



 

 

 

 

 

 

 

 

L’auteur du roman

Arikawa-Hiro.jpgArikawa Hiro est née le 9 juin 1972 dans la préfecture de Kochi au Japon. En 2003, elle a remportée malgré sa jeunesse le 10e grand Prix Dengeki.

En 2004 elle est en train d’écrire son troisième livre, Umi no Soko (海の底), lorsqu’elle prend connaissance de la Déclaration de la liberté des librairies (Toshokan no jiyû ni kansuru sengen (図書館の自由に関する宣言) écrite en 1954, que lui montre son mari alors qu’ils sont dans une bibliothèque. Cette déclaration est importante car elle interdit aux bibliothèques de communiquer les données personnelles de leurs usagers (par exemple la liste des livres qu’ils consultent) et laisse le choix aux bibliothèques des œuvres proposées, ce qui rend nulle la censure.

Ce texte va la laisser admirative par l’idéal de liberté d’expression qu’il dégage et lui donner la matière et l’idée d’une série de romans de poche : Library Wars ou Toshokan Sensō (図書館戦争) que l’on peut traduire par La guerre des bibliothèques en français. La série se découpe en quatre tomes. Le premier, Toshokan Sensou (図書館戦争, ou La guerre des bibliothèques en français), le deuxième Toshokan Nairan (図書館内乱, ou Troubles des bibliothèques en français), le troisième Toshokan Kiki (図書館危機, ou La crise des bibliothèques en français) et le dernier Toshokan Kakumei (図書館革命, ou La révolution des bibliothèques en français).

Le premier tome de la série a été traduit et publié en 2010 par Glénat en France et est encore en cours de publication à l’heure actuelle. Au Japon, l’œuvre a été vendue à presque 1,5 millions d’exemplaires et a reçu l’équivalent asiatique du Prix Hugo en 2008, le prix Seiun Award for a long fiction.

Le succès de la série fut tel qu’elle connu une adaptation en anime, réalisée par le prestigieux studio I.G. (Ghost in the Shell), comprenant 12 épisodes et un OAV qui ont été diffusés à partir d’avril 2008. De même, une adaptation manga est en cours au Japon et six tomes ont déjà été traduits et publiés en France depuis 2010 par Glénat. Le 7e tome sort d’ailleurs prochainement en février.



Le mangaka

kiiro yumiYumi Kiiro est une fan inconditionnelle de Library Wars qui serait née à Nagano. On sait peut de choses d’elle sinon qu’elle aurait été publiée dans le magazine Lala.

Les seules informations que l’on arrive à dénicher sur elle, sont celles qu’elle-même laisse dans les bonus du manga ainsi que dans les lettres publiées par Arikawa Hiro à chaque fin de tome de Library Wars et ce, qu’il s’agisse de la série roman ou manga. On sait ainsi qu’elle est passionnée par son métier et le cinéma depuis qu’elle est jeune.

Pour l’adaptation de Library Wars en manga, on apprend notamment à la fin du premier manga que c’est l’auteure Arikawa Hiro et son éditeur qui ont choisi Yumi Kiiro pour le faire. À ce sujet ? Arikawa Hiro explique que lorsqu’ils ont vu ses dessins avec son éditeur ça a tout de suite été le déclic, ils étaient sûrs d’avoir trouvé la bonne personne. L’auteure ajoute que Yumi Kiiro a su magnifiquement adapter le roman tout en apportant les modifications et ajouts nécessaires au manga. Elle-même s’est surprise à attendre la prochaine action comme si elle prenait connaissance pour la première fois de l’histoire. De même, Arikawa Hiro s’est déclarée surprise de voir à quel point Yumi Kiiro parvenait à prendre possession des personnages pour créer de nouvelles actions sans que cela choque.

Autre point important et déjà évoqué, les deux femmes partagent le même goût pour le cinéma et Arikawa Hiro avoue s’inspirer de la construction des « scènes cruciales » au cinéma pour son livre. Aussi, cette dernière était-elle heureuse de constater qu’il en était de même pour Yumi Kiiro qui décompose les vignettes comme des plans permettant un dynamisme des plus agréables à la lecture.

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Résumé

L’histoire se déroule dans un Japon futuriste sous une ère fictive, l’ère Seika. Dans ce Japon, le gouvernement a adopté une Loi d’Amélioration des Médias qui sous couvert de protéger la population des ouvrages susceptibles de troubler l’ordre, purge la culture japonaise. Dans ce sens, l’armée est chargée d’effectuer les censures et les autodafés des ouvrages licencieux.

Face à cela et dans le but de lutter pour la liberté d’expression, les bibliothèques s’organisent et créent d’après la Déclaration relative à la liberté des bibliothèques leurs propres unités armées pour assurer la défense des livres et de leurs lecteurs.

Iku Kasahara, jeune femme trop grande de 22 ans, est une recrue du corps de défense des bibliothèques en pleine instruction. Son rêve est de faire partie de la Force de Défense des bibliothèques, un groupe d’agent triés sur le volet, depuis que, lycéenne, elle fut sauvée par un membre de cette unité d’élite alors qu’elle tentait de protéger un livre de la censure dans une librairie. Mais l’entraînement conduit par son instructeur le lieutenant Dojo est particulièrement difficile et les deux ont du mal à s’entendre bien que du point de vue physique Iku soit la meilleure recrue femme de la promotion. Passionnée et d’un idéalisme confinant à la naïveté, elle ne cesse de se référer à l’homme qui l’a autrefois sauvée, ce « Prince » qui représente pour elle le modèle qu’elle veut atteindre. Mais dans cette lutte contre la censure, elle apprendra très vite que tout n’est pas blanc ou noir et que l’idéalisme et la bonne volonté ne font pas tout.



Analyse

Le style graphique

Contrairement aux autres Shōjo (mangas pour filles) j’ai trouvé que les personnages étaient dessinés avec des traits plutôt fins et sans cette exubérance, à la limite du kitsch, que l’on peut parfois trouver dans le shōjo et qui contribue à lui donner une image mièvre (personnages entourés de fleurs, d’étoiles ou de cœurs lorsqu’ils sont amoureux, cheveux qui volent dans le vent et qui donnent un certain style lors de passages clefs, etc.).
 
kiiro-yumi-library-wars-03.jpgDe plus, les sentiments des personnages passent souvent par l’expression du visage et des yeux ce qui est assez impressionnant et donne beaucoup de réalisme. De même, la mangaka parvient à dessiner tout aussi bien les personnages masculins et féminins ce qui, lorsque l’on sait que beaucoup de dessinateurs expliquent avoir parfois du mal à dessiner des personnages de sexe opposé, montre que Yumi Kiiro possède une grande maîtrise.

Il arrive souvent que dans le genre shōjo certains personnages masculins soient féminisés ou du moins que certains traits de leur virilité soient édulcorés pour qu’ils ressemblent à des éphèbes. Or ici, on trouve certains personnages hommes tout aussi musclés que dans des séries shōnen (mangas pour les garçons) comme Ken le survivant ce qui peut s’expliquer par le fait que la dessinatrice déclare aimer ce type de manga dans l’un de ses bonus.

Cela permet au manga de toucher un plus large public comprenant des lecteurs masculins qui auraient pu être rebutés par la profusion de « bons sentiments ». Bien sûr cela reste du shōjo, il y aura donc inévitablement une romance à la clef. Du moins le premier tome reste évasif sur le sujet et donne plus d’importance à l’intrigue et aux actions. Ces dernières sont par ailleurs extrêmement bien retranscrites dans le manga en particulier par le découpage des cases très proche des plans au cinéma. Cela donne du rythme et est particulièrement agréable à regarder.



Les thèmes

La liberté d’expression

« Déclaration relative à la liberté des bibliothèques :

1. Les bibliothèques ont le droit de collecter librement des documents.

2. Les bibliothèques ont le droit de proposer librement des documents.

3. Les bibliothèques protègent la confidentialité de leurs lecteurs.

4. Les bibliothèques s’opposent à toute forme de censure injustifiée.

Nous, bibliothécaires, unirons toutes nos forces pour défendre la liberté des bibliothèques chaque fois qu’elle sera violée. »

C’est par ce texte que débute le 1er tome de Library Wars nous plongeant ainsi directement dans le cœur du sujet : la bibliothèque et le rôle qu’elle joue dans la liberté d’expression.

Thèmes qui sont habituellement peu représentés dans le genre manga. Or, ici, on va s’intéresser au choix des livres mis à la disposition du public et aux moyens de défendre cet accès contre les censures quelle que soit leur forme.

Dans le manga, c’est à cause de la trop grande liberté d’expression prise par la presse dans sa manière de traiter la vie privée des citoyens que le Ministère de la Justice japonais a voté la Loi d’amélioration des médias. Lorsque l’on connaît les abus de certains titres de presse racoleurs, on peut se demander si cette fiction ne pourrait pas un jour faire place à la réalité dans un contexte de crise. L’œuvre sous ses aspects romancés et souvent humoristiques (caractéristique du manga pour jeunes), aborde donc une réelle question qui ne peut qu’amener à la réflexion.

En tant que bibliothécaires, serions-nous prêt à donner notre vie pour protéger le savoir ? « Là où on brûle les livres, on finit par brûler les hommes » disait l’écrivain allemand Heinrich Heine (1797 – 1856), prophétisant peut-être ce qui se passa dans son pays durant la Seconde Guerre mondiale. Alors que ferions-nous dans pareille situation ? Dans cette œuvre, les livres sont associés au savoir et le fait d’en jouir sans restriction à notre liberté. Serions-nous donc prêts à nous battre pour notre liberté comme nos ancêtres le firent en 1789 ?

Il est intéressant de constater qu’un manga puisse autant sensibiliser à ce type de questions. Qui sait s’il ne pourrait pas toucher des lecteurs de BD et les encourager à élargir leurs lectures aux autres livres ?



L’amour des livres en tant qu’objet et de la lecture en général

L’héroïne, Iku, personnifie cette idée. Elle a en effet un jour défié une rafle du Comité d’Amélioration des médias en tentant de cacher la suite du conte qu’elle attendait depuis dix ans sous sa veste. Prise en flagrant délit par un ASA (membre de ce comité), elle a préféré tenter de se faire accuser de vol afin de pouvoir être conduite au poste avec le livre et donc le sauver. Mais un bibliothécaire alors présent utilisa son « droit de préemption » à la collecte des ouvrages pour la sauver et lui permettre d’acheter son livre pour lequel elle était prête à se battre.

Ici, l’œuvre présente l’objet-livre comme sacré, comme quelque chose à protéger. Aujourd’hui, nous avons oublié que l’accès aux savoirs et aux livres n’a pas toujours été libre. Et comme souvent, lorsque c’est le cas, beaucoup ne prennent pas conscience de la chance que notre société a de pouvoir jouir d’institutions publiques offrant en libre accès ces connaissances, les bibliothèques. Library Wars est là pour nous le rappeler.

Mais, cela met aussi en question l’image que les bibliothèques veulent aujourd’hui se donner. Car à force de placer le livre et la bibliothèque qui y donne accès sur un piédestal et de les vénérer, ne risque-t-on une certaine forme d’élitisme ? Autrefois, on reprochait aux bibliothèques d’être des lieux fermés où les collections étaient gardées jalousement par un garde-chiourme, le bibliothécaire, et dont la meilleure représentation reste certainement la toile du peintre et poète allemand Carl Spitzweg (1808 – 1885), Le rat de bibliothèque (Der Bücherwurm). Or, n’est-ce-pas quelque part revenir en arrière que de représenter dans un manga (bien que fictif) la bibliothèque comme gardant jalousement le savoir de peur qu’il ne soit détruit ou abîmé ? Quelque part, cela peut faire peur de se rendre compte que les livres peuvent avoir plus d’importance qu’on ne le pense mais il ne faut pas avoir peur d’endommager les livres, cela fait partie de leur vie et mieux vaut les abîmer en les lisant plutôt que de les conserver jalousement sans jamais les lire.

Cependant, les personnages sont là pour nuancer le propos car par leurs actions et leur ouverture d’esprit ils rajeunissent cette idée et donnent au métier de bibliothécaire un visage idéaliste qui nous fait rêver.


En conclusion, c’est une œuvre pleine de bons sentiments et qui fait la part belle aux métiers du livre et à l’objet lui-même. On ne peut qu’espérer qu’il fera boule de neige et peut être rappellera à certains l’importance des bibliothèques. Sa forme en elle-même (le manga) peut contribuer à la démocratisation du roman. En effet, la série des mangas étant inachevée, il ne serait pas étonnant que les plus impatients se mettent aux romans afin de connaître la fin de l’histoire.
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Opinion personnelle

Personnellement, j’ai eu un réel coup de foudre en lisant le premier tome de la série. Peut-être est-ce parce que je me sens concernée par la protection des livres du fait de mes études en Métiers du livre. Mais le fait est que la manière dont sont décrits les agents des bibliothèques est tout à fait innovante.

Souvent, la profession de bibliothécaire souffre de préjugés. On s’imagine les bibliothécaires comme vieux, accordant une importance quasi maniaque au silence et élitistes. Or là, le bibliothécaire devient un héros au grand cœur capable d’exercer son métier tout en ayant les capacités des meilleurs soldats d’élite. Le ringard bibliothécaire devient justicier et le livre objet sacré à protéger quitte à y laisser la vie.

Et, si déjà cette idée est séduisante que dire des dessins plein de vie de Yumi Kiiro ? Le style est magnifique, les personnages sont dessinés avec finesse et la manière dont sont montrées leurs expressions est superbe. Un shōjo qui n’est donc pas qu’un simple « manga pour fille » dégoulinant de mièvrerie mais bien une série originale mêlant habilement politique et fiction, sérieux et humour sur un fond qu’on espère ne pas voir devenir prophétique. C’est une vraie déclaration d’amour au livre et à la liberté d’expression et je le recommande à tous.

Pour ma part j’attends avec impatience de lire le prochain tome et après avoir vu l’anime, il me tarde de pouvoir lire la série de romans dont est inspiré le manga. C’est donc une série que je conseille à tous et qui devrait plaire à un large public.

 

 

Perrine, 2e année Bib

 

 

Webographie


 http://www.babelio.com/auteur/Hiro-Arikawa/100334
 http://www.babelio.com/auteur/Kiiro-Yumi/100333
 http://fr.wikipedia.org/wiki/Toshokan_Sens%C5%8D
 http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Rat_de_biblioth%C3%A8que
http://www.glenatmanga.com/library-wars-love-and-war-tome-1-9782723476270.htm
http://www.glenatmanga.com/library-wars-tome-1-9782723474337.htm

 

 

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15 décembre 2011 4 15 /12 /décembre /2011 07:00

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MIYAZAKI Hayao
Nausicaä de la vallée du Vent
Titre original
風の谷のナウシカ,
Kaze no tani no Naushika
1982-1994
Traduction Yann Leguin (tome 1 à 3)
et Olivier Huet (tome 4 à 7)
Glénat, 2000-2004

 

 

 

 

 

 

 

 

L'auteur

Hayao Miyazaki est né le 5 janvier 1941 à Tokyo, au Japon. Il est avant tout connu grâce à son travail dans l'animation (séries, films). En effet, après ses débuts dans les studios d'animation Tôei et jusqu'au studio Ghibli, il est devenu un des plus grands créateurs actuels de dessins animés au monde. Enfin, Miyazaki est un professionnel complet : il est réalisateur, scénariste et producteur de longs-métrages, de séries animées, de clips vidéos, dessinateur de mangas.



Le manga

C'est en décembre 1981 que Miyazaki annonce dans la magazine Animage qu'il travaille sur un nouveau projet de manga, Nausicaä de la vallée du Vent. Ce dernier est publié dans ce même magazine à partir de 1982, puis de façon très discontinue. En effet, entre les différentes publications de son oeuvre, il fait de longues pauses pour s'occuper de la réalisation de ses longs-métrages. C'est ainsi que les lecteurs de Nausicaä ont suivi ses aventures pendant 58 chapitres et environ douze ans. Le manga est publié en version brochée en sept volumes par les éditions Tokuma Shoten en 1982 peu de temps après la publication dans Animage. Cette version a été retravaillée par Miyazaki, certaines scènes sont dessinées différemment, mais l'histoire n'est en rien changée.

La version française voit le jour début septembre 2000 et s'achève en mars 2002. Les volumes reprennent le découpage de la réédition japonaise en sept tomes et se lisent dans le sens original japonais.



Résumé

Ce qui est l'origine de l'histoire et de la création de ce monde pollué est la fin de l'ère industrielle (dans la réalité, elle correspondrait à une période de mille ans après aujourd'hui). Durant cette période, la technologie était à son paroxysme avec la possibilité de « recréer des êtres vivants à sa guise ». Cependant, cette évolution technologique a mené l'humanité à sa perte durant les « Sept jours de feu », guerre qui a détruit presque entièrement la terre, les hommes et leur savoir pour transformer le monde en un immense désert pollué recouvert par la mer de Décomposition, une forêt toxique.

Environ mille ans plus tard, Nausicaä, princesse du petit royaume de la vallée du Vent, essaye de comprendre le fonctionnement de la mer de Décomposition. En effet celle-ci s'étend de plus en plus, réduisant le peu de terres fertiles encore existantes, et donc la population diminue inexorablement. La vallé du Vent, alors paisible, se retrouve au coeur d'un conflit provoqué par deux grands empires, les Tolmèques et les Dorks qui cherchent à s'agrandir et à accaparer les dernières ressources disponibles. Nausicaä est obligée de quitter son royaume et commence alors un long voyage où elle découvrira les différentes facettes des hommes, souvent négatives, ainsi que la vérité sur cette nature qui l'entoure. Elle finira par comprendre quel est son rôle dans l'avenir de son monde.

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L'omniprésence de la nature

Dans Nausicaä, on peut distinguer trois thèmes reliés à un quatrième qui est mis en avant tout au long de l'histoire : la technologie, la civilisation et la guerre ont un impact sur la nature. Ils ne peuvent être considérés indépendamment de ce thème central de la nature car ils influent tous sur elle.


Technologie et Nature

L'état du monde où évoluent les personnages de l'histoire est le résultat du développement de la science et de la technologie qui a mené à une guerre dévastratrice. En effet, il a suffi de sept jours pour tout anéantir et réduire l'humanité à seulement quelque hommes qui vivent maintenant dans un monde extrêmement pollué et inhospitalier. C'est leur sanction pour avoir oublié l'importance de la nature. Mais au lieu de choisir de détruire et d'oublier cette technologie dont il reste quelques traces mille ans plus tard, les hommes décident de la garder et de l'utiliser pour se défendre contre de possibles attaques ennemies et avoir plus de chances de rester en vie, sans penser que celle-ci peut encore les mener à leur perte. Cette idée est mise en avant avec le dieu-guerrier découvert puis gardé par le peuple de Pejite, peuple anéanti par l'armée tolmèque qui récupère cette technologie.


Civilisation et Nature

Les hommes ont réussi à s'adapter à ce nouveau monde ; des royaumes et des empires se sont bâtis et essayent de vivre avec la mer de Décomposition. Cependant les êtres vivants de cette forêt toxique, plantes et insectes, sont détestés par la majorité des peuples car ils sont synomynes de mort. Cette nature dégradée est la punition de la civilisation pour avoir voulu jouer avec la technologie, c'est donc à cause d'elle si la nature est dans cet état. Cependant, après mille ans, les hommes oublient d'une certaine façon cet aspect, oublient leur culpabilité, ils ne se sentent donc pas concernés par la situation de la mer de Décomposition. Elle n'est plus considérée comme une sanction qu'il faut accepter mais seulement comme une forêt qui nuit à leur existence et donc qu'il serait bon de détruire.


Guerre et Nature

Dans l'idée de survivre, les hommes oublient trop souvent pourquoi ils en sont là, pourquoi leur monde est dans cet état. Dans l'espoir de gagner une guerre, les hommes utilisent la nature à leur gré, sans penser aux répercussions de leurs actes. Les différentes guerres qui ont eu lieu n'ont fait qu'accroître la mer de Décomposition et augmenter la rancœur de la nature contre la civilisation. Par exemple, durant la guerre civile d'Eftar qui s'est déroulée sept cents ans après les « sept jours du feu », des hommes ont chassé les Ōmus (un insecte géant) pour leurs carapaces très résistantes. La réponse de la nature fut la charge d'Ōmu sur la cité, ce qui provoqua sa fin. Mais l'exemple le plus frappant est la création d'un fongus mutant par les savants dorks pour détruire l'armée tolmèque. Ils jouent aux apprentis-sorciers en créant un être artificiel sans se rendre compte des conséquences de leurs actes : la destruction d'une partie de leur pays et la formation d'une nouvelle forêt toxique. Les hommes n'apprennent pas des erreurs passées.

Les actions des hommes, souvent irresponsables, conduisent inévitablement à des catastrophes pour la nature, mais encore pour la civilisation. « Quand l'homme rompt l'équilibre du monde, la forêt fait d'énormes sacrifices pour rétablir cet équilibre. Voilà pourquoi dans ce millénaire, la forêt n'a cessé de croître et de s'étoffer. » Plus la forêt s'étend, plus la civilisation se réduit, et c'est l'homme qui est toujours à l'origine du développement de la mer de Décomposition.


La question centrale de l'histoire est alors de savoir si la civilisation doit être sauvée ou doit s'éteindre.

« Sommes-nous donc une race maudite destinée à être condamnée ? »



Le personnage central
Miyazaki-nausicaa.jpg
Nausicaä est une adolescente, fille du roi Jill de la vallée du Vent. Son père étant malade, elle a dû grandir plus vite pour pouvoir gouverner et assumer ses reponsabilités envers son peuple. Elle est attentive, diplomate, elle agit toujours avec une grande maturité. Elle est proche de son peuple et l'aime profondément, son peuple l'aimant et la respectant tout autant.

Depuis sa plus tendre enfance, Nausicaä essaye de comprendre la nature qui l'entoure. Elle l'aime de la même façon qu'elle aime les hommes. C'est sur ce point qu'elle se différencie de la plupart des hommes et surtout de son père qui dit : « Les insectes et les hommes ne sont pas faits pour vivre ensemble sur le même monde ». Régulièrement, elle se promène dans la mer de Décomposition pour observer les êtres vivants qui s'y trouvent. Elle cultive même certaines plantes dans son château, pour trouver un remède contre les spores mortels de la forêt.

«Et l'Élu, vêtu de bleu, viendra à nous descendant un champ d'or pour renouer le lien à la terre que nous avons perdue.»

Nausicaä, tout au long de l'histoire, cherchera à pacifier les relations avec les peuples, elle veut mettre fin à cette guerre qui fait des ravages partout où elle passe. « Nausicaä, elle est le lien qui nous réunit tous. [...] Si elle n'était pas là, aucune union n'aurait pu se faire. » De plus, elle voudrait que l'homme et la nature puissent vivre ensemble. En effet, lorsqu'elle découvre le rôle de la mer de Décomposition, elle comprend qu'ils font partie du même écosystème, que chacun appartient au même monde.

Alors qu'elle essaie de calmer des Ōmus chargeant pour se venger des hommes, ses vêtements sont recouverts par le sang de ces insectes. Ils changent de couleur et deviennent bleus, comme l'élu dont parle la prophétie. Le rôle de Nausicaä est révélé : réunir nature et hommes. Certains la voyant alors comme un obstacle à leur plan d'envahissement et de récupération des ressources essayeront de la tuer, d'autres voyant sa sincérité et l'importance de son rôle l'aideront et la suivront dans son voyage.

Très vite, on repère qu'il y a une finalité plus profonde et complexe dans ce rôle d'élue. Au fur et à mesure de son voyage, Nausicaä entrevoit les méfaits de la civilisation. Elle se rend compte de la tristesse de cette dernière. Différentes visions de l'avenir, de ce que peut devenir la terre sous ses pieds lui sont proposées. Elles lui permettent de mettre en place sa propre idée du futur possible de son monde car elle est celle qui prendra la décision du destin de l'homme et la nature.


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Le film

Voyant le succès du manga, la direction du magazine Animage propose à Miyazaki de réaliser un court-métrage sur Nausicaä. Il refuse d'abord, puis accepte à condition que Takahata soit le producteur exécutif du film et qu'il puisse en allonger la durée.

Cependant, l'adaptation lui pose un problème : comment faire pour réaliser un film original sans pour autant altérer l'hisoire de Nausicaä ? Il n'a lui-même écrit que 16 chapitres du manga (soit environ deux tomes), et doit réfléchir à la meilleure manière d'adapter Nausicaä pour que le film ait sa propre histoire. Il ne se concentre alors que sur l'invasion de la vallée du Vent par les troupes tolmèques, le voyage de Nausicaä et sa compréhension du rôle de la mer de Décomposition, appelée dans le film Fukaï.

Sa sortie dans les cinémas japonais fut un énorme succès avec plus de 900 000 entrées et l'obtention de nombreux prix . le film a donc permis une reconnaissance internationale de l'animation japonaise. De plus, ce succès lui permet en 1985 de fonder le Studio Ghibli en compagnie d’Isao Takahata.


Suzy L., EL2

 


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30 septembre 2011 5 30 /09 /septembre /2011 07:00

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MIZUKI Shigeru
水木 しげる
Moi, la mort et Kappa
Traduit du japonais par
Nathalie Bougon
et Victoria-Tomoko Okada
 éditions Cornelius, 2011




 

 

 

 

 

 

 

 

Une maison perdue au milieu d’une forêt japonaise, un chat qui parle et un messager de la Mort qui lit le journal des Enfers… Quoi de plus normal ? Lorsque je commence à lire Moi, la mort et Kappa, je plonge tout de suite dans un univers rocambolesque, absurde, mystérieux et fantastique. J’ai presque l’impression de voir une scène du quotidien lorsque, dès la dixième page, je rencontre un squelette à lunettes qui boit tranquillement son thé en face d’un chat volubile. Scène de ménage ? Dispute ? Ces deux-là attendent tout simplement Sampeï, le héros de notre histoire. L’un – le messager de la Mort – rêve de chaparder l’âme de ce gosse, tandis que l’autre espère ardemment voir déguerpir ce vil sac d’os.

Les premiers mots sont jetés et l’ambiance posée. Nous sommes entre le réel et l’irréel, et l’histoire s’annonce particulièrement absurde. Les cases défilent et je me retrouve rapidement en face de Sampei qui discute – comme si de rien n’était – avec un type étrange. Non content de s’appeler le Vieux Sans Odeur, ce gars affirme à notre héros qu’il cherche à atteindre la Voie du pet… Je reste quelques instants devant la case où le vieil homme confie cela à Sampei… « Mais qu’est-ce que c’est que ce bouquin ? Dans quoi je me suis lancé ? » Curieux de connaître la suite des événements, je laisse filer les cases, glisser les pages, et je ne peux plus m’arrêter. Concours de pets interracial – entre fantômes, humains et  Yōkaï –, vol d’anus – si, si –, explosion et feux d’artifice, quarante pages passent et je n’en reviens pas. Ce livre est complétement déjanté ! Tout au long du manga, Sampei enchaîne les aventures, rencontre le dieu des arbres, tombe amoureux d’un fantôme, découvre une étrange cité où les êtres humains se transforment petit à petit en chats… À chaque page, je plonge un peu plus profondément dans l’imaginaire japonais.

 

 

Complètement farfelu, cet ouvrage se fonde sur de nombreuses croyances nippones et nous permet de découvrir un univers merveilleux qui n’en finit pas de surprendre. Shigeru Mizuki, l’auteur, nous propose un voyage initiatique au sein des mythes japonais. Ce n’est plus Sampei qui rencontre tous ces Yokaï et monstres étranges, mais le lecteur, qui ne peut que s’identifier à ce petit héros naïf mais débrouillard.

Ainsi au détour d’une forêt, nous rencontrons Kappa, un être imaginaire vivant normalement dans les marécages japonais, réputé pour attirer des jeunes filles au fin fond d’une eau trouble dans le but de leur voler leur vertu.

 



 

De nombreuses créatures apparaissent sur le chemin de Sampei : des belettes anthropomorphes, des dieux, des démons de l’enfer, des chats civilisés. Nous retrouvons beaucoup de personnages de l’imaginaire japonais Le-voyage-de-chihiro.jpgmais aussi des situations qui font partie du légendaire nippon : Par exemple, la Mort se lance un jour dans un trafic de cochons qui s’avèrent être en réalité des êtres humains transformés en animaux. Ce type de situation se retrouve dans d’autres œuvres tels que le Le voyage de Chihiro, produit par les Studio Ghibli. Dans ce film, les parents de la jeune héroïne, Chihiro, sont transformés en cochons après avoir abusé d’une nourriture destinée à des Yokaïs. Sampeï rencontre de même une mère de famille, transformée en énorme araignée parce qu’elle avait tenté de pénétrer un univers sacré appartenant à des arachnides peu aimables. Nous retrouvons ici la relation étroite entre l’imaginaire et le quotidien : la peur de passer de l’autre côté, la nécessité de dissocier le monde des démons de celui des humains, tout en sachant que la frontière entre ces deux univers est perméable. Au fil des pages, nous réalisons un voyage d’autant plus divertissant qu’il est didactique : « Partez avec moi découvrir l’Autre Monde », nous propose Shigeru Mizuki.
Mizuki Shigeru Moi lamort-et-kappa-3
Si Sampeï reste le personnage principal de l’histoire et représente l’être auquel le lecteur pourrait s’identifier, une autre créature est très importante au sein de ce manga : le messager de la Mort. Tour à tour, il nous attendrit puis nous dégoûte : lui qui voulait tout d’abord tuer Sampei tente de lui redonner forme humaine lorsque notre héros se retrouve réduit à l’état d’insecte. Plus tard, ce bon vieux squelette se met en tête de cultiver un champ avec sa femme et de prendre sa retraite. Cela ne l’empêche pas de toujours jouer des tours ou de vouloir terrifier les passants qui le frôlent de trop près. Comique et terrible à la fois, ce personnage est un élément clé de ce manga. En effet, dès le début, il est annoncé que Sampei doit mourir, et cela suffirait presque à justifier la présence de ce démon : « Le messager de la Mort, déterminé à emmener le garçon au royaume de la Mort, attendait son retour. » Si nous voyageons avec Sampeï, la Mort n’est jamais très loin. Et pour cause ! Il est dangereux de se hasarder dans le monde des esprits, de vouloir devenir l’ami des Yokaï parfois peu scrupuleux. L’âme aventureuse de notre héros le conduira d’ailleurs à sa perte puisque, cent pages avant la fin du manga, Sampeï meurt en tombant d’une falaise, alors qu’il fuyait le royaume des chatsdans lequel il avait pénétré sans permission. Censées être dramatiques, même les conséquences de cette mort sont absurdes, comiques et touchantes. Pour éviter que la mère de Sampeï soit triste, son ami le Kappa se déguise et prend sa place… Il est difficile pour ce Yokaï de s’acclimater aux us et coutumes des êtres humains et le quotidien dérape rapidement…Mizuki Shigeru Moi lamort-et-kappa-2

 

 

 

Si vous aimez les légendes, l’absurde, les mythes en tout genre, il est fort probable que vous aimiez ce manga. Réelle initiation à l’imaginaire japonais, Moi la mort et Kappa vous entraînera au plus profond des marécages et forêts japonais, au plus profond des croyances de cette île montagneuse. Vous serez peut-être d’abord surpris par le trait simpliste de Shigeru Mizuki : Les têtes ne sont que des ovales hasardeux percés de grands yeux ronds et surmontés de cheveux en pics. L’aspect parfois brouillon ou enfantin de ce dessin n’empêche pas, pourtant, de se laisser emporter par l’histoire de ce manga. Au contraire, le trait quelquefois incertain de Shigeru Mizuki ajoute un peu de poésie et de magie et rappelle que nous nageons en plein délire, en plein rêve.


 
« Shigeru Mizuki est né le 8 mars 1922 à Sakai-minato, petite ville côtière du sud-ouest du Japon. Il connaît là une enfance libre et heureuse, période faste dont il s'inspirera à de nombreuses reprises dans ses mangas. »  Lire la suite de sa biographie sur  le site des éditions Cornelius, qui ont publié l’ensemble des traductions françaises de ses œuvres.
 
 
Adrien, 2e année Éd.-Lib. 2010-2011


Shigeru MIZUKI sur LITTEXPRESS

 

shigeru mizuki kitaro le repoussant

 

 

 

 

 

 

 Articles d'Aurélie et de Nathalie sur Kitaro le repoussant

 

 

 

 

 

 

SHIGERU MIZUKI YOKAI 1

 

 

 

 

 

Article de Karine sur le Dictionnaire des yokai

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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