Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
22 février 2012 3 22 /02 /février /2012 07:00

Régis Jauffret Ce que c'est que l'amour



 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Régis JAUFFRET
Ce que c’est que l’amour et autres microfictions
Gallimard, 2007
Collection Folio, 2009



 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Je suis Rège de la Gaufrette, écrivain auxiliaire préposé à la postérité et promis au néant. […] se servant à l’occasion de Dieu comme il se sert des hommes, des enfants et des femmes, pour cuisiner sa prose, ses fictions, ses romans. »

 

 

 

Voici comment Régis Jauffret semble se présenter lui-même dans ce que l’on peut considérer comme une ʺautomicrofictionʺ : « Rège la Gaufrette », tirée de Microfictions.



Régis Jauffret est né le 5 juin 1955 à Marseille ; sa volonté d’écrire remonte à son adolescence. Inspirée par les textes de Virginia Woolf et de Marcel Proust, sa plume témoigne d’un certain cynisme et d’une envie de percer l’esprit des individus, des « gens » comme il préfère le dire. Avec Microfictions, publié en 2007, il rencontre un très grand succès, si bien que le recueil est très vite édité en poche et fait l’objet d’un travail de regroupement des fictions touchant à l’amour dans Ce que c’est que l’amour et autres microfictions, en 2009.

C’est un homme plein de souffrance qui n’a pas hésité à mettre en scène son propre vécu dans  Lacrimosa. À son image, les sujets de ses livres reflètent souvent ce que l’être humain doit endurer dans la vie et encore plus en amour.

Si ces histoires courtes ont autant de force c'est certainement que l'auteur s'efface derrière ses personnages. Ils sont anonymes mais nous parlent à la première personne ; ce sont eux qui racontent leur histoire belle, dure, tordue, cruelle. L’espace d’une page et demie, nous passons d’un vécu à l’autre, d’un milieu à l’autre, d’une souffrance à l’autre. Il trace les maux de la société qu’il décortique comme dans une perspective sociologique.



L’amour sous ses formes les plus diverses

Si son titre laisse rêver àun contenu doux et utopique, il n'en n'est rien. Régis Jauffret, comme à son habitude, procède à une analyse rigoureuse de la vie des gens. Il écrit d’ailleurs lui-même dans « Rège la Gaufrette » :

 « [les écrivains] vous sondent, ils carottent vos pensées, vos sentiments […] vous n’êtes pour eux qu’une histoire, des anecdotes coagulées qu’ils dissèquent comme un foie, comme le cadavre que vous serez demain. »

Et c’est exactement ce qu’il fait : la description tranchante de la vie et des sentiments d’inconnus par son écriture acérée.

Ce sont des histoires d'amour aussi belles que tordues qui sont proposées aux lecteurs. Elles sont dépeintes avec beaucoup de force. Pas besoin de fioritures ; en à peine deux pages, Régis Jauffret sait aller à l'essentiel, il manie les mots comme des armes. Ce n'est d'ailleurs pas par hasard que cette belle pomme rouge fait apparaître des tranches si fines qu'elles semblent être découpées au scalpel. C'est d'ailleurs cet instrument qui sert de comparaison à l'écriture de Jauffret en quatrième de couverture.

L’amour est un des thèmes que Régis Jauffret manie le plus depuis Histoire d’amour en 1998 et encore récemment avec Sévère.

Elles sont pour le moins cyniques, les histoires d’amour, pathétiques, elles finissent mal chez Jauffret. Elles sont aussi touchantes parfois mais elles sont sources de douleur. Son objet n’est effectivement pas de décrire des histoires idylliques, pleine de bons sentiments et de romantisme. Il préfère rendre compte des difficultés, des fantasmes assouvis ou non, des bassesses de l’être humain et surtout de l’oubli de soi que peut faire paraître le sentiment amoureux. Sentiment qui met souvent en lumière l’importance de la femme.



La femme un être aussi adorable que vil

 « Je pardonne à mon épouse d’être une femme d’ailleurs je ne lui en ai jamais voulu. » Voici comment est introduite la nouvelle « Relais et Châteaux ». Bien qu’il s’agisse des mots du personnage, il semble que dans une certaine mesure, l’auteur puisse adhérer à l’idée que la femme est un être à part, capable d’actes allant de la profonde sottise à la cruauté extrême.

En effet, la femme est le personnage central de ses œuvres, soit en tant que narratrice soit en tant qu’être de souffrance comme dans « Petite salope ». Elle n’est pas souvent décrite favorablement. Les personnages féminins dans Microfictions, et d’autant plus dans Ce que c’est que l’amour , sont souvent les objets des fantasmes les plus tordus. Ce sont les plus déséquilibrées. La plus choquante des fictions, « Des jeunes un peu timides », est d’ailleurs le fragment de vie d’une femme qui ne semble trouver son épanouissement que dans une sexualité débridée qui va à l’encontre du respect de son corps et de son intimité. À l’opposé, la femme peut aussi infliger à son mari la souffrance par une abstinence et un dégoût de la sexualité qui semble pathologique dans « Décolleté ». Et pourtant elle reste pour l’homme l’être sans qui le sentiment est impossible, quitte à devoir subir son absence ou son indifférence.



Le prix de l’Humour noir

Tous les thèmes que touche Régis Jauffret se transforment en des histoires aussi percutantes que glauques. Dans Ce qu’est c’est que l’amour et dans Microfictions, il nous livre des histoires dont les chutes nous laissent sans voix tant elles sont poétiques ou au contraire cyniques. Il n’est pas surprenant qu’il ait obtenu pour ce recueil de fictions plus que brèves le prix de l’Humour noir Xavier Forneret en 2007. Il manie l’art du trouble chez son lecteur, si bien que celui-ci peut en venir à analyser les gestes de son entourage et à se méfier des inconnus. Ces histoires sont celles de gens troublés, parfois si tragiques et si grotesques que nous nous surprenons à sourire devant le pathétique de certaines situations. Mais elles sont aussi si dures et si décalées que l’on peut tout autant vouloir fermer le livre. Il est facile de pénétrer dans un épisode de vie mais il est moins évident d’en sortir indemne. Le réalisme des situations et le cynisme de Jauffret nous confrontent au désespoir des personnages, au fantasme et à l’amour. Et c’est peut-être aussi pour nous préserver que Jauffret use de cet humour acide et caustique.



Ceux qui refusent de voir les troubles de notre temps n’ont pas intérêt à ouvrir un livre de Régis Jauffret sans un avertissement préalable. Régis Jauffret peut-être vu comme le légiste de nos obsessions, de nos actes les plus déséquilibrés. Il a souvent été décrit comme un manipulateur du réel, rien n’échappe à son regard et surtout à sa plume. Pour lui l’écrit est politique, « la littérature est un lieu de lucidité ». Il est le témoin des vices de ses contemporains qu’il décrit sans aucune retenue avec un style fort de limpidité. Ce que c’est que l’amour est un recueil empli de vie et de douleurs. C’est la vitrine de nos fantasmes. Il peut être lu comme un prescripteur, mais gare aux effets secondaires. Le livre se referme mais le trouble persiste.



Pour en savoir plus sur Régis Jauffret et ses œuvres

http://www.evene.fr/celebre/biographie/regis-jauffret-5075.php

http://www.telerama.fr/livres/16153-regis_jauffret_microfictions.php

http://www.lexpress.fr/culture/livre/regis-le-tenebreux_817376.html

http://www.lexpress.fr/culture/livre/jauffret-en-toutes-lettres_823022.html

http://www.lexpress.fr/culture/livre/regis-jauffret_811937.html


Ambre Nadaud, AS Bib

 


 

Régis JAUFFRET sur LITTEXPRESS

 

 

Couverture-jeux-de-plage.jpg

 

 

 

 

 

 

Article d'Adrien sur Les Jeux de plage

 

 

 

 

 

jauffret.jpg

 

 

 

 

Articles d' Emmanuelle et de  Lucie sur Lacrimosa

 

 

 

 

 

 

Régis Jauffret Tibere et Marjorie

 

 

 

Article de Marjolaine sur Tibère et Marjorie

 

 

 

 

 

 

 

Régis Jauffret Ce que c'est que l'amour

 

 

 

 

 

 Article d'Émilie sur Ce que c'est que l'amour.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Repost 0
Published by Ambre - dans Nouvelle
commenter cet article
17 février 2012 5 17 /02 /février /2012 07:00

Divakaruni-L-histoire-la-plus-incroyable-de-votre-vie.gif




 

 

 

 

 

 

 

Chitra Banerjee DIVAKARUNI
L'Histoire la plus incroyable de votre vie
Titre original :

One amazing thing, 2010
Traduit par Mélanie BASNEL
Philippe Picquier, 2011






 

 

 

 

 


Présentation de l'auteur

Chitra Banerjee Divakaruni est née à Calcutta en 1957. Elle quitte l'Inde à 19 ans, pour étudier l'anglais aux États-Unis. Véritable touche à tout, elle s'essaie à la poésie, aux romans, aux nouvelles et écrit aussi bien pour les adultes que la jeunesse. Elle reçoit de nombreuses récompenses, notamment l'American Book Award pour son recueil de nouvelles Mariage arrangé (Philippe Picquier, 2001).

Plusieurs thèmes de prédilection sont régulièrement évoqués dans son travail : les femmes, l'expérience d'immigrants, l'Asie du Sud, les mythes, la magie, la célébration de la diversité.

Depuis qu'elle est étudiante, elle est engagée auprès d'associations pour venir en aide aux femmes. Elle assure la présidence d'une association de défense des femmes du Sud-Est asiatique.



Bibliographie

La Maîtresse des épices, Éditions Philippe Picquier, 1999

Ma sœur, mon amour, Éditions Plon, 2000

Mariage arrangé, Éditions Philippe Picquier, 2001

Les Erreurs inconnues de nos vies, nouvelles, Éditions Philippe Picquier, 2002

La Liane du désir, Éditions Plon, 2002

La Reine des rêves, Éditions Philippe Picquier, 2006

Le Palais des illusions, Éditions Philippe Picquier, 2008

Jeunesse :

La Confrérie de la Conque, tome 1 : Le Porteur de conque, Éditions Philippe Picquier, 2004

La Confrérie de la Conque, tome 2 : Le Miroir du feu et des rêves, Éditions Philippe Picquier, 2006

La Confrérie de la Conque, tome 3 : Le Pays des ombre, Éditions Philippe Picquier, 2010



L'Histoire la plus incroyable de votre vie

Quelque part en Californie, neuf personnes se retrouvent prises au piège dans le sous-sol d'un consulat indien, à la suite d'un tremblement de terre. âge, origine culturelle, statut social, religion, tout semble séparer nos protagonistes, du moins c'est ce qu'ils pensent.

Confrontés à l'urgence vitale, ils vont devoir s'entraider, s'organiser pour mener une véritable lutte pour leur survie. À tour de rôle, chacun va raconter une histoire, l'histoire la plus incroyable de sa vie.



Multiculturalisme

La célébration de la diversité est un thème cher à l'auteur. Neuf récits enchâssés dans un récit-cadre nous permettent de découvrir une galerie de portraits :

– Uma, une jeune Indo-Américaine, étudiante en lettres, hantée par une question : qu'est-ce que l'amour ? ;

– Cameron, un ancien soldat afro-américain, à la recherche de la rédemption ;

– Lily, une adolescente sino-américaine, punk avant tout, avec un don incroyable pour la musique ;

– Jiang, la grand-mère de Lily, au passé secret ;

– M. et Mme Pritchett, un couple aisé de Caucasiens, dont la relation est en pleine désagrégation ;

– Tariq, un jeune musulman indo-américain confronté aux retombées du 11 septembre ;

- Mangalam et Malathi, deux employés du bureau sur le point de s'engager dans une relation adultérine.

Dans ce huis-clos inattendu, les masques tombent un à un et les personnalités se dévoilent.



Voyage et emprisonnement

Les personnages, tous différents les uns des autres, sont réunis autour d'un projet commun : se rendre en Inde.

« Quand le premier tremblement de terre secoua la salle d'attente du bureau de délivrance des visas, au sous-sol du consulat indien, personne n'eut la moindre réaction. Submergés par les regrets, l'espoir ou l'excitation (comme tous ceux qui se préparent à un grand voyage), la majorité des personnes présentes mirent ça sur le dos du métro aérien. »

Les personnages se préparent, effectivement, à partir en voyage, mais celui-ci va prendre une tout autre forme. Prisonniers dans le sous-sol du consulat, ils voient l'espace se réduire de plus en plus. La tension et la peur sont palpables : la mort rôde. Les esprits s'échauffent. L'individualisme doit laisser place à l'organisation collective pour la survie.

Le réel voyage débute au moment où Uma suggère, afin d'apaiser les esprits, de raconter à tour de rôle une histoire incroyable : « Tout le monde a une histoire à raconter ». On quitte alors ce huis-clos étouffant et angoissant pour voyager au gré des récits partagés. Ces histoires nous font découvrir des contrées aux us et coutumes inconnus pour nous autres Occidentaux.

Jiang, une femme sino-indienne, voit sa vie basculer en 1962, lorsque la guerre éclate entre la Chine et l’Inde. C'est grâce à un mariage arrangé qu'elle quitte l'Inde pour l'Amérique. Malathi défie ses parents et le système de castes, en obtenant un emploi dans le salon de beauté où elle avait été envoyée, initialement, pour recevoir des soins spécifiques aux futures mariées et ainsi attirer d'éventuels prétendants.

Par la parole partagée, des liens vont s'instaurer entre les personnages au-delà de leurs différences.

« En confrontant mon histoire avec celles des autres, je me suis rendu compte d'une chose, c'est que tout le monde souffre d'une manière ou d'une autre. Du coup, je me sens moins seul maintenant. »

Chacun est à sa manière prisonnier de sa propre vie. Ils apparaissent peu à peu comme des pèlerins en quête spirituelle.



Quête(s) et spiritualité

Spiritualité et intervention divine

De nombreuses références, directes ou indirectes, aux religions et à la spiritualité ponctuent le récit. Uma explique qu'elle porte le nom d'une déesse hindoue. D'après les théologiens, ce nom évoque la clarté intellectuelle et la connaissance métaphysique. Elle est une forme particulière de la déesse Parole. Un nom qui prend tout son sens et éclaire la nature du voyage, par les mots, entrepris par tous à l'initiative de la jeune fille.

Chacun va se dévoiler et livrer sa manière d'appréhender la vie et ses événements. Avec Tariq, la religion musulmane est très présente. Malathi et Mangalam font référence au karma :

« Ce n'était pas entièrement de la faute de Naima, continua Mangalam. C'est moi qui ai commencé. Je l'ai utilisée pour obtenir ce que je voulais. C'est normal que ce soit à cause d'elle que j'aie perdu ce qui comptait le plus pour moi. C'est le karma, c'est inéluctable. »

Jiang et son fiancé Mohit vivent un amour impossible aux yeux de leurs familles. Leur séparation relèverait ainsi de l'intervention divine :

« La grand-mère de Jiang et la mère de Mohit, convaincues de la ruine imminente de leurs familles respectives, firent appel à l'intervention divine. (…) Elle firent toutes les deux la même prière : Faites que la relation entre Jiang et Mohit prenne fin et qu'ils épousent une personne respectable de leur propre communauté.

Pendant des millénaires, les gens n'ont cessé de se plaindre – non sans raison – de la lenteur des dieux, mais dans ce cas précis, ils se mirent à l'œuvre immédiatement, même si ce n'était pas exactement ce que les suppliantes avaient imaginé. Trois jours après que leurs prières eurent été faites, une troupe de l'Armée populaire de libération chinoise attaqua une patrouille indienne dans la région d'Aksai Chin à l'ouest de l'Himalaya. L'événement déclencha la guerre sino-indienne de 1962. »



Quêtes et questionnements

Cameron parraine depuis plusieurs années une petite fille, prénommée Seva, qui vit dans un orphelinat en Inde. Il a désormais la possibilité de l'adopter, c'est la raison de son voyage. Seva est également le nom d'un élément essentiel dans la religion Sikh. C'est un service désintéressé et sans arrière-pensée. La philosophie sikh correspond à une manière d'être, de rendre service à l'humanité et d'engendrer la tolérance et la fraternité vis-à-vis de tous. L'illustration parfaite en est cet ancien soldat en quête de rédemption, qui quelques années auparavant a souhaité que sa petite-amie avorte. « C'était le trentième anniversaire – ou du moins ce devait être assez proche, d'après ses souvenirs – de la mort de son enfant, et à chaque année qui passait, l'événement lui pesait de plus en plus. »


Uma est plongée dans une réflexion tout au long de l'histoire : qu'est-ce que l'amour ? Mangalam est venu travailler aux États-Unis pour échapper à l'emprise de sa femme, restée en Inde. Cependant, il porte un intérêt sincère à Malathi.

M. et Mme Pritchett sont un couple fragilisé. Mme Pritchett souhaite échapper à sa situation en allant en Inde. Son mari ne l'aime pas comme elle le souhaiterait.

Jiang évoque son amour de jeunesse impossible. Par la suite, elle se retrouve mariée à un autre homme pour échapper à la guerre et fuir aux États-Unis. Un amour qui va naître au fil des années :

« On peut changer complétement sans même s'en rendre compte. On pense que les épreuves nous rendent aussi durs et froids que la pierre. Mais l'amour entre en nous discrètement, comme une aiguille, pour soudain se transformer en hache et nous mettre en pièces. »



Vers quelle issue ?

« Il y eut de nouveau du bruit au-dessus de leurs têtes, une succession de claquements, comme si un géant – un géant chaussé de souliers en métal – avait décidé d'aller se promener. Ce pouvaient être des sauveteurs, ou des parties du bâtiment en train de s'écouler. Personne ne se leva. C'était bien trop douloureux d'espérer à chaque fois. Mais tous gardaient les yeux grands ouverts. Ils jaugeaient les possibilités, prêts à les accepter.

Les claquements se firent plus proches. Le géant descendait vers eux. Tandis qu'ils attendaient de voir qui allait se passer, Uma commença à raconter la fin de son histoire. »


Uma initie le discours de ses compagnons d'infortune et c'est elle qui termine par le récit de son histoire. La boucle est bouclée, en somme, me direz-vous ? Pas nécessairement. Le lecteur n'en connaîtra pas la fin.

L'auteur n'en dira pas plus et nous laisse dans l'incertitude. La fin oscille entre le tragique – la mort qui rôde depuis le début est-elle finalement victorieuse ? – et l'espoir que les efforts des personnages, dans cette lutte pour la vie, ne soient pas vains.

Finalement, c'est face à la mort que les personnages se révèlent aux autres mais surtout à eux-mêmes. Ils trouvent enfin de nouvelles raisons, non plus de survivre, mais de vivre pleinement.


Mélanie, AS Éd.-Lib.


Sources

 www.chitradivakaruni.com

http://www.editions-picquier.fr/auteurs/fiche.donut?id=12

http://en.wikipedia.org/wiki/Chitra_Banerjee_Divakaruni

http://www.universalis.fr/

 

 


 

 

 Chitra Banerjee DIVAKARUNI sur LITTEXPRESS

 

Divakaruni-Mariage-arrang-.gif

 

 

 

Article de Lara sur Mariage arrangé

 

 

 

 

 

 

 





Article d'Alice sur La Reine des rêves









Articles de Marion, Lucie et Alexis sur La Maîtresse des épices

 

 

 

 

 

 

Divakaruni le palais des illusions

 

 

 

 Article de Céline sur Le Palais des illusions.

 

 

 

 

 

 

 


Repost 0
Published by Mélanie - dans Nouvelle
commenter cet article
24 janvier 2012 2 24 /01 /janvier /2012 07:00

Carson-McCullers-La-Ballade.gif

 

 

 

 

 

 

 

 

Carson McCULLERS

La Ballade du café triste et autres nouvelles

Traduction

Jacques Tournier

Titre original

The Ballad of the sad cafe 

Stock, 1985

Le livre de poche

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La Ballade du café triste est une nouvelle de Carson McCullers dont le titre original est The Ballad Of The Sad Café. Elle a été publiée aux États-Unis en 1951 puis en France en 1974 chez Stock. Elle est incluse dans le recueil du même nom : La Ballade du café triste et autres nouvelles. C'est Jacques Tournier qui a traduit cette nouvelle en français et qui a d'ailleurs décrit son admiration pour l'auteur dans la préface du recueil.

 

 

 

Petit aperçu de la vie de l’auteur

 

Son vrai nom est Lula Carson Smith, elle est née en 1917 en Géorgie aux États-Unis dans une famille de la classe moyenne. Sa mère l'a appelée Carson parce qu'elle voulait un petit garçon qu'elle aurait appelé Caruso mais elle a eu une fille, elle l'a donc appelée Carson. C'est peut-être à cause de cela que Carson aura l'allure d'un garçon manqué durant sa jeunesse : « […] on dirait un garçon. Elle porte une chemise d'homme, à col ouvert et manches boutonnées. Au poignet, une grosse montre. » (la préface de La Ballade du café triste de J. Tournier).

 

Elle est passionnée par l'écriture et la musique depuis toute petite. Elle commence à écrire à l'âge de 16-17ans et elle suit des cours de création littéraire.

 

En 1937, elle a 20 ans lorsqu'elle épouse Reeves McCullers. Mais ce mariage ne durera pas car ils divorcent cinq ans plus tard. C'est après cette séparation qu'elle écrit La Ballade du café triste. Carson et Reeves se remettent ensemble mais leur relation se dégrade fortement tout comme la santé de Carson.

 

Elle décède en 1967 d'une hémorragie cérébrale à l'âge de 50 ans.

 

« L’écrivain de par la nature de sa profession est un rêveur et un rêveur conscient. Il doit imaginer, et l’imagination nécessite de l’humilité, de l’amour et un grand courage. »

 

Est-ce ainsi que l'on peut définir un écrivain comme Carson McCullers ?

 

Oui car c'est elle, une rêveuse, qui a imaginé une histoire dans la chaleur du sud des États-Unis avec des personnages plus étranges les uns que les autres.

 

 

 

La nouvelle

 

La scène se déroule dans une ville ennuyeuse du Sud des États-Unis sous une chaleur étouffante, palpable au fil des pages. L'ambiance est triste, voire glauque ; les maisons sont peintes à moitié.

 

Le lecteur découvre au fil des pages le personnage nommé Miss Amelia, une femme un peu masculine extrêmement énergique mais au passé trouble ; elle dirige d’une main de fer la plupart des activités de la ville, que ce soit son épicerie, une distillerie ou des plantations dans les champs. Elle possède un magasin au rez-de-chaussée de sa maison qu'elle va transformer en café à la suite de l’arrivée d’un étranger, le bossu Lymon Willis qui prétend être son cousin. Son café connaît un rapide succès après l'arrivée de ce nouveau personnage que l'on nomme cousin Lymon. Ensuite, il y a l'arrivée, ou plutôt le retour d'un autre personnage, l'ex-mari de Miss Amelia, Marvin Macy. Le narrateur va alors nous raconter l'histoire de Miss Amelia et de ce Marvin Macy, leur rencontre mais aussi leur mariage qui ne durera que dix jours. Marvin Macy peut être considéré comme un homme dangereux voire violent. Au fil de la lecture, le lecteur comprend que l'apparition de ce nouveau personnage bouleverse la situation. Suite à de nombreuses altercations au sein du couple, Miss Amelia en vient aux poings avec Marvin. L’issue de ce combat va complètement modifier son comportement et c'est là que se clôt la nouvelle.

 

 

 

Analyse

 

Il y a donc trois protagonistes dans cette nouvelle de Carson McCullers : Miss Amelia, son ex-mari Marvin Macy et un bossu nommé cousin Lymons.

 

Il y a aussi celles ou ceux qui sont aimés, celles ou ceux qui aiment et on peut dire que ce sont deux mondes complétement différents voire opposés. En effet ce n'est pas l'amour voire la passion qu'a Marvin pour Miss Amelia qui fera que la jeune femme lui répondra de la même manière. Certes, Miss Amelia n'est pas dénuée de charme mais il lui est insupportable d'être l'objet d'un amour dévorant, d'où la fin si rapide de son mariage. Marvin est un homme trop beau, peut-être trop imbu de lui-même. C'est d'ailleurs le rejet de Miss Amelia qui provoque chez lui une folle envie de vengeance. Il y a celui qui est aimé et celui-ci peut avoir n'importe quel visage et pour Amelia c'est celui, improbable, du bossu. Grâce à lui et avec lui, Miss Amelia transforme son établissement en café à succès en très peu de temps. On pourrait donc presque parler de triangle amoureux à travers ces trois personnages mais aussi à travers la temporalité.

 

Néanmoins, cette notion de temporalité n'est pas fortement présente ; en effet, au début, on nous signale seulement le temps qui passe à travers les années ou les saisons. Le temps de l'histoire n'est pas très rapide jusqu'à l'arrivée de Marvin Macy, où le temps s’accélère un peu mais cela reste secondaire.

 

Dans cette nouvelle, La Ballade du café triste, il y a aussi la voix du narrateur qui est assez présente et qui, parfois même, semble interpeller le lecteur : « Découvrez donc ces années à travers quelques images sans suite prises au hasard. ». Le narrateur semble prendre la parole au milieu du récit, ce changement de point de vue parfois brusque se répète alors plusieurs fois dans la nouvelle, ce qui peut montrer que l’auteur s'attache soit à un personnage, à un thème ou à un sujet particulier comme celui des relations par exemple.

 

On constate aussi que ce thème des relations est très présent dans cette nouvelle, il est souvent associé à celui de la solitude et de l'amour. Il y a l'amour non partagé entre Marvin Macy et Miss Amelia. Mais il y a aussi celui d’un certain isolement moral malgré la présence des personnages et les relations qu'ils entretiennent. En effet, on peut noter que même si le cousin Lymons est intégré par Miss Amélia, au départ les habitants de la ville ne semblent pas très accueillants vis-à-vis de ce nouveau venu. Cet isolement se fait d'autant plus sentir avec l'arrivée de Marvin Macy qui semble s’isoler. On pourrait d'ailleurs croire que c'est pour disparaître mais il semble qu'il soit d'autant plus présent dans le village. 

 

« Ma vie repose entièrement sur le travail et sur l'amour, et j'en remercie Dieu. Le travail n'a pas été toujours facile. L'amour non plus, dois-je ajouter. » disait Carson McCullers.

 

Pour moi cette phrase éclaire assez bien la nouvelle de Carson McCullers ; en effet, dans La Ballade du café triste, les relations entre les personnages occupent une place centrale, et c'est cela qui m'a le plus touchée dans ce livre. Car même avec un titre qui évoque la tristesse et la mélancolie on trouve un regard très intéressant sur les relations.

 

 

Pauline, 1ère année Bib. 

 

 

 

Carson McCULLERS sur LITTEXPRESS

 

 

Carson McCullers La Ballade

 

 

 

 

Article de Céline sur La Ballade du café triste

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Repost 0
Published by Pauline - dans Nouvelle
commenter cet article
23 janvier 2012 1 23 /01 /janvier /2012 07:00

Julio-Cortazar-les-armes-secretes.jpg


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Julio CORTÁZAR
Les armes secrètes
Titre original
Las armas secretas, 1951,
traduction
de Laure Guille-Bataillon.
Gallimard, 1973


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Julio Cortázar est un écrivain argentin né le 26 août 1914 à Ixelles et mort le 12 février 1984 à Paris. Il est auteur de romans et de nouvelles touchant souvent au fantastique et à l'imaginaire, bien que dans son recueuil de cinq nouvelles Les Armes secrètes, l'auteur fasse preuve d'un réalisme criant. C'est en partie la raison pour laquel cette œuvre échappe à l’analyse et a longtemps dérouté ses lecteurs. L'auteur, esthète, intellectuel pur étranger à tout militantisme, va consacrer sa vie à la révolution et à la défense de valeurs et d'idées.

Son ouvrage se divise en cinq nouvelles, avoisinant les quarante pages (excepté pour « l'Homme à l'affût », qui en compte plus de quatre-vingts) :

— « Lettres de Maman », une nouvelle bouleversante évoquant un échange de lettres entre une mère et son fils cadet, lequel s'est marié avec sa belle-soeur suite à la mort de son frère. Après un mutisme long de deux ans au sein de la famille à propos de ce sujet, tout s'engrène quand le héros se rend compte que sa mère s'enfonce peu à peu dans une réalité qu'elle s'est créée, où son fils n'est pas mort et où sa belle-fille vient toujours lui rendre visite.

— « Bons et loyaux services », sur un ton plus léger, évoque les déboires d'une pauvre femme de ménage devant garder les chiens d'une riche bourgeoise durant la soirée qu'organise celle-ci. Elle y fait de nombreuses rencontres hautes en couleur, avant de se faire entraîner dans un complot très compliqué organisé par une poignée d'amis de la haute sphère. Ici, Cortázar esquisse une critique de la bourgeoisie, jouant de clichés à la manière de Chabrol, le tout sous un air de Comédie humaine rudement bien menée.

— « Les fils de la vierge » commence dans la plus pure tradition du thriller, mettant en scène un photographe chevronné prenant en photo un jeune adolescent et une femme mûre qui se rencontrent sur les quais de la Seine. Le garçon s'enfuit en courant, la femme désire prendre la photo, ce que le héros refuse. Ce dernier part faire développer le cliché, et le fait agrandir sur tout un pan de mur de son appartement miteux. La nouvelle prend alors une tournure radicalement différente, se focalisant sur l'imaginaire du photographe qui se perd dans un labyrinthe de pensées terrifiantes. Le récit a inspiré le film Blow-Up, d'Antonioni.

- « L'homme à l'affût », sûrement le pilier de ce recueil ; est une nouvelle de plus de quatre-vingts pages, retraçant la fin de vie d'un musicien de jazz, dépendant à l'alcool, aux drogues et aux femmes. Un portrait sublime qui nous renvoie dans un vieux Paris des années 50, où l'on assiste à la déchéance humaine, au doute des protagonistes, à la prison intangible du vieux musicien, à ses rêves brisés, à la douleur. Sûrement la nouvelle la plus poignante, la plus aboutie ?

— « Les armes secrètes » reviennent à un style plus classique, prenant plus en compte les codes de la nouvelle. Les personnages sont plus effacés par rapport à la situation donnée, une histoire d'amour entre un homme et une femme qui cache un terrible secret, qui ne désire pas être touchée. La fin est troublante, dérangeante. L'auteur se laisse même le luxe d'offrir une fin que le lecteur a toute la liberté d'interpréter à sa façon.



Les histoires racontées sont toutes très différentes dans Les Armes secrètes. Cortázar passe par plusieurs genres de la littérature, ses inspirations semblent nombreuses. On sent inévitablement la plume de Borges planer au-dessus de cette oeuvre, non seulement à cause de la brièveté des récits, mais aussi de leur intensité et de leurs univers si singuliers. Cette intrusion de l'insolite dans la réalité est énoncée dans un style concis, sobre, par des dialogues simples et réalistes. Une histoire de tous les jours qui peut tourner au drame va faire basculer l'ordre du quotidien dans un univers d'angoisse. Les armes secrètes, un univers décalé. Un monde situé entre le fantastique et le réel ; le recueil aborde différents thèmes qui sont la mort, la maladie mentale, le dédoublement de personnalité…

Chaque récit est un moyen de s’évader. Un moment pour oublier le réel parfois trop difficile. Dans ce recueil, mélange de pataphysique et de magie verbale, l’auteur expose ses armes secrètes, ses moyens de défense face à l’insupportable réalité.


Estéban, 1ère année Éd.-lib.

 

 

Julio CORTAZAR sur LITTEXPRESS

 

Julio Cortazar Cronopes et fameux

 

 

 

 

 

 

 

Article de Simon sur Cronopes et fameux.

 

 

 

 

 

 

julio cortazar fin d'un jeu

 

 

 

 

 

Article de Kevin sur « Les Ménades » in Fin d'un jeu.

 

 

 

 

 

 

 


Repost 0
Published by Estéban - dans Nouvelle
commenter cet article
15 janvier 2012 7 15 /01 /janvier /2012 07:00

Marcel-Ayme-Le-passe-muraille.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Marcel AYMÉ
Le Passe-muraille,1943
Gallimard
Folio, 1973


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Marcel Aymé est un auteur français du XXe siècle (1902-1967). Il est écrivain aussi bien de romans, de nouvelles, que de théâtre et d'essais. Il est l'auteur de nombreux ouvrages : deux essais, dix-sept romans, plusieurs dizaines de nouvelles, une dizaine de pièces de théâtre, plus de cent soixante articles et des contes. À travers ses œuvres, Marcel Aymé dépeint l'homme et la société dans laquelle il vit : hypocrisie, avidité, violence, injustice, mépris, mais aussi camaraderie, amitié, bonté, indulgence et dévouement. Il décrit les structures sociales de façon très réaliste. L'auteur français a été plusieurs fois récompensé au cours de sa carrière (prix du roman populiste, prix renaudot en 1929). (cf.  wikipédia pour plus d'informations)



Le Passe-muraille est le cinquième recueil de nouvelles de l'auteur, écrit en 1943. L'ouvrage contient dix nouvelles trèss différentes les unes des autres : « Le passe-muraille », « Les Sabines », « La Carte », « Le Décret », « Le Proverbe », « Légende poldève », « Le percepteur d'épouses », « Les bottes de sept lieues », « L'huissier » et « En attendant ». La date d'écriture est significative dans le recueil puisque plusieurs nouvelles évoque la Seconde Guerre mondiale et ses conséquences. La structure des nouvelles du recueil est plutôt classique (situation initiale, péripétie et dénouement). Enfin, le recueil a donné lieu à plusieurs adaptations cinématographiques, dont une du « Passe-muraille » avec Bourvil ; cette même nouvelle a inspiré Jean Marais dans la création d'une statue à Montmartre, place Marcel Aymé, représentant un homme traversant un mur.


le_passe_muraille.jpg


Résumé des nouvelles

 « Le passe-muraille » : un homme parvient à passer à travers les murs.

 « Les Sabines » : une femme se multiplie autant de fois qu'elle le souhaite et a autant d'amants que de multiplications d'elle-même.

 « La carte » : le gouvernement crée des cartes de temps et tickets de vie. Les personnes inutiles n'ont pas le droit de vivre plus que quinze jours par mois ; à la fin du quinzième jour, elles disparaissent du monde pour ne réapparaître que le premier jour du mois suivant. Un marché noir s'installe, les riches achètent des tickets de vie aux pauvres, certains vivent jusqu'à soixante jours par mois.

 « Le décret » : un saut dans le temps est décrété pour en finir avec la guerre, le temps avance donc de dix-sept années.

 « Le proverbe » : un père tyrannique en a assez que son fils soit dernier de la classe et que son collègue se moque de lui parce que son propre fils est premier de la classe ; le père aide donc son fils à faire son devoir.

 « Légende poldève » : une femme ayant dévouée sa vie à la religion et à l'aide de son prochain meurt mais se retrouve quand même sur liste d'attente au paradis.

 « Le percepteur d'épouses » : des maris doivent payer leurs impôts avec leur femme.

 « Les bottes de sept lieues » : une paire de bottes magiques permet à un écolier de sortir de la misère.

 « L'huissier » : un huissier doit retourner sur terre pour accomplir de bonnes actions auprès des pauvres afin d'accéder au paradis.

 « En attendant » : devant une épicerie, quatorze personnes évoquent chacune leur vie difficile pendant la guerre.

Il y a deux sortes de nouvelles dans le recueil Le passe-muraille : les nouvelles réelles et plausibles (« Le proverbe », « En attendant ») et les nouvelles irréelles et fantastiques. Avec les thèmes récurrents du recueil, nous assistons à un véritable mélange des genres. Tout d'abord, le fantastique est très présent dans le recueil. Il se manifeste dans la nouvelle « Le passe-muraille » avec l'homme qui passe à travers les murs, dans « Les Sabines » avec la femme qui peut se multiplier autant de fois qu'elle le souhaite, dans « Le Décret » qui fait avancer le temps de dix-sept années et dans « La Carte » avec les tickets de rationnement sur la vie des gens « inutiles ». Marcel Aymé réussit à faire entrer le fantastique dans la réalité avec tellement de simplicité que cela n'a presque rien de surprenant qu'un homme puisse passer à travers les murs ou que l'on avance le temps de dix-sept ans. Entre fantastique et merveilleux, il y a la dure réalité de l'occupation et ses conséquences (misère, rationnement, marché noir, les riches s'en tirent mieux que les pauvres avec les cartes de vie qu'ils rachètent aux pauvres). L'humour est également présent dans le recueil, spécialement dans la nouvelle « Légende poldève » et son dénouement. Enfin, la réalité quotidienne de l'époque fait partie intégrante du recueil. Ainsi, Marcel Aymé introduit du fantastique dans une vie des plus banales. Le fantastique devient donc réaliste.

De plus, il y a différents niveaux de fantastique dans le recueil, celui-ci se manifeste de différentes façons. Tout d'abord, nous trouvons des nouvelles entièrement fantastiques et irréalistes, c'est le cas de « Le passe-muraille », « Les Sabines », « La Carte », « Le Décret » et « L'huissier ». Mais on trouve également des nouvelles comiques et peu communes comme « Légende poldève » et « Le percepteur d'épouses ». Il y a aussi du merveilleux, à la manière des contes : « Les bottes de sept lieues » et des nouvelles fantastiques faisant référence à la guerre et à l'occupation, c'est le cas de « La Carte » et « Le Décret ». Enfin, il y a le fantastique d'anticipation avec la nouvelle « Le Décret ».



Impressions de lecture

Le plus surprenant et agréable dans le recueil est la manière dont Marcel Aymé intègre avec simplicité le fantastique dans une vie quotidienne marquée par la guerre et la collaboration. L'auteur parvient à nous dépeindre la société et la vie de l'époque par segments dans les différentes nouvelles du recueil. La vie quotidienne est ainsi rendue fantastique, elle paraît donc moins misérable et difficile à surmonter. Certaines situations prêtent à rire alors même qu'elles sont vécues par les personnages comme un véritable obstacle dans leur vie. C'est le cas du dénouement de « Légende poldève » ou encore des hommes qui en viennent à payer leur impôt en donnant leur femme au gouvernement dans « Le percepteur d'épouses ».


Morgane R., 1ère année Éd.-Lib.

 

Marcel AYMÉ sur LITTEXPRESS

 

Marcel AYME La Bonne Peinture

 

 

 

 

 

Article de Romain sur La Bonne Peinture

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

Repost 0
Published by Morgane - dans Nouvelle
commenter cet article
9 janvier 2012 1 09 /01 /janvier /2012 07:00

Balzac-La-maison-du-chat-qui-pelote.gif

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Honoré de Balzac
La Vendetta (1830)
in
La Maison du Chat-qui-pelote
et autres Scènes d la vie privée
 Folio Classique, 1983

 

 

 

 

 

 

 

 

 
L’auteur

Honoré de Balzac est un romancier et dramaturge français né en 1799 à Tours et décédé en 1850 à Paris. Il a laissé derrière lui plusieurs œuvres de genres variés, pour la plupart regroupées dans la Comédie humaine , qui devient en quelque sorte le reflet de l’auteur. Excès, amour, argent, bien qu’artiste de la plume et non pas du pinceau, Balzac pourrait en effet être lui-même le personnage d’un de ces livres.

 

Pour plus d’informations sur la biographie de l’auteur, rendez-vous sur le site suivant :  http://www.alalettre.com/balzac-bio.php
 

Balzac-La-Vendetta1.gif
L’histoire

La  nouvelle « La Vendetta » retrace l’histoire de Ginevra Di Piombo, magnifique jeune fille corse qui s’éprend de Luigi Porta, qui se révèle être le dernier survivant de la famille ennemie de la sienne, décimée par la vendetta.

Ginevra suit des cours dans l’atelier du peintre Servin. C’est là que Luigi, avec la complicité de l’artiste, se cache, statut de proscrit oblige, ayant soutenu Napoléon dans sa chute. La jeune fille le découvre et s’ensuit une histoire d’amour, très vite entachée par l’ultimatum du père, loin d’accepter la situation.

Choisissant d’être reniée par les siens plutôt que de refouler son amour, Ginevra décide de s’enfuir et de se marier. Malgré la pureté et la sincérité de leurs sentiments, le couple ne pourra échapper à une fin tragique, où seuls le malheur et la misère les attendent...


Balzac-La-Vendetta-3.gif
Analyse

La rareté des dialogues contraste avec une description très riche. En effet, l’écrivain a le sens du détail et de la précision dans sa manière de peindre le récit, le cadre, l’ambiance, les personnages. On obtient un effet réaliste : les scènes finissent par ressembler à de véritables tableaux aux yeux du lecteur.

Concernant la structure de la nouvelle, celle-ci est à mon sens comparable à la tragédie classique en cinq actes. En premier lieu, le lecteur assiste à une exposition de la situation des personnages : on apprend l’identité et l’origine de la famille di Piombo, ainsi que le conflit les opposant aux Porta.

S’ensuit alors ce qu’on pourrait considérer comme le deuxième acte, avec l’apparition de l’élément perturbateur qui n’est autre que la découverte de Luigi par Ginevra et, par la suite, l’annonce de leur mariage.

Dans le troisième acte, point culminant de la nouvelle, est révélé le nom de Luigi, fils de la famille ennemie. Un dilemme va alors s’imposer pour la jeune fille, qui doit choisir entre les siens et son bien-aimé. Sa décision prise, ne trahissant aucune hésitation, elle scelle son destin en se liant à Luigi.

Dans le quatrième acte, l’action se noue définitivement, il n’y plus possibilité de faire machine arrière. Après une vie d’abord agréable, les mariés connaissent des difficultés financières dont ils ne pourront plus se défaire : c’est le début d’une vie misérable et malheureuse, malgré l’amour qui les unit.

Enfin, arrive ce qu’on pourrait considérer comme le dernier acte : l’action se dénoue, entraînant au passage la mort de plusieurs personnages. Pour découvrir lesquels, je vous invite à lire cette nouvelle !



Mon avis
 
Bien que la structure soit classique, je trouve la nouvelle intéressante, dans le sens où même si l’on se doute de la fin de l’histoire, on reste admiratif de la manière balzacienne d’écrire, de peindre son œuvre. L’auteur arrive à imiter ses personnages d’artistes, en rendant le récit semblable à des tableaux. Le lecteur est le témoin d’un incroyable jeu de lumières imprégnant les descriptions. La nouvelle révèle un aspect très esthétique, remarquable dans l’ensemble des ouvrages de Balzac, ce qui peut expliquer que ses œuvres aient été souvent portées à l’écran. En effet, cette précision dans les décors, le physique des personnages, est digne d’un script cinématographique.
 
La nouvelle de « La Vendetta » est riche en elle-même, du point de vue des thèmes abordés ainsi que du style, mais elle l’est d’autant plus si on la recoupe avec les autres œuvres de la Comédie Humaine. C’est là qu’elle prend tout son sens.


Caroline, 1ère année Éd.-Lib.

 

 

 

Balzac novelliste sur Littexpress

 

 

 

Balzac Le Chef d oeuvre inconnu

 

 

 

 

 

Articles de Léna, d'Anne-Fleur, d'Hélène et d'Émilie sur Le Chef-d'oeuvre inconnu.

 

 

 

 

Balzac-Adieu.gif


 

 

 

Article de Laura sur Adieu

 

 

 

 

 

 

 

La-Maison-du-chat-qui-pelote.jpg

 

 

 

 Article d'Ana sur La Maison du Chat-qui-pelote.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Repost 0
Published by Caroline - dans Nouvelle
commenter cet article
6 janvier 2012 5 06 /01 /janvier /2012 07:00

Rabindranath-Tagore-Aux-bords-du-Gange.gif


 

 

 

 

 

 

 

 

Rabindranath TAGORE

Aux bords du Gange

traduction

Hélène du Pasquier

Gallimard,
Folio 2€, 2010

Nouvelles tirées de

Mashi

Gallimard, 1925

Nouvelle édition

Connaissance de l'Orient, 2002

 

 

 

 

 

 

 

Biographie

Voir  Wikipédia.
 


Le recueil

 

Aux bords du Gange rassemble des nouvelles extraites du recueil de Tagore Mashi, paru chez Gallimard en 1925. Elles sont traduites de l'anglais par Hélène du Pasquier. Les nouvelles de Tagore nous plongent dans un pays oriental bien éloigné de nos mœurs occidentales. C’est avec un talent indescriptible, au travers des nouvelles vives et colorées, que Tagore s’attache à décrire les us et coutumes d’Indiens ordinaires. Tandis que lui vivait aisément, il parvient à pénétrer très justement la vie des plus basses castes indiennes ; ce qui lui donne un style singulier dans la littérature indienne de son époque.

Ses petites nouvelles, aussi anodines qu’elles puisent paraître, sont toujours prétexte à des réflexions sur la société indienne. Rien n’est laissé au hasard ; dans « La sœur ainée », par exemple, Tagore montre une femme blessée prisonnière du pouvoir de son mari. Elle essaye tant bien que mal de protéger son petit frère orphelin victime de la jalousie de son mari.

Ces petites nouvelles sont toujours empreintes d’un grand sens de la moralité profondément ancrée dans la culture indienne ainsi que d’un sens aigu du sacré. « Aux bords du Gange » raconte l’histoire d’une jeune veuve qui avoue son amour à un sanyasi (un prêtre hindouiste) qui ressemble étrangement à son défunt mari ; cet homme, quand il l’apprend, décide de quitter le village afin de pouvoir accomplir son devoir religieux. De même la pudeur envers les hommes, marque de grandeur d’âme pour une femme indienne, est marquantes dans ses nouvelles. A cet effet, la thématique du voile est récurrente. Les femmes sont toujours toutes dévouées à leurs maris et leur sens du devoir passe avant tout même au prix d’un sacrifice.

Tagore nous mène également du côté de la légende indienne avec une plume onirique et poétique. Dans « Le gardien de l’héritage », un avare perfide, Jaganath Kundu, suivant une vieille superstition, ensevelit un enfant (qu’il ne sait pas être son propre petit-fils) dans les profondeurs de la terre, le transformant ainsi en yak, gardien de son trésor. Cette nouvelle entraîne chez le lecteur un sentiment de haine envers cet homme au cœur de pierre, et c’est la mort qui rapidement terrasse cet avare.

La hiérarchie se révèle omniprésente dans ses histoires, en raison du système de castes certes mais aussi dans les rapports familiaux. Dans « La clé de l’énigme », un homme décide de reprendre le bénéfice des terres que son père a inconsidérément octroyées à des nécessiteux. Les conflits de castes sont notoires ; en effet, le fils engage un procès contre un jeune fermier refusant de payer son dû après avoir joui longtemps des bontés du père. Le père avant la sentence donne les clés de l’énigme : ce jeune fermier est le frère de son riche fils. En le priant de l’acquitter, le riche fils exauce la volonté de son père. Dans « La sœur aînée », une femme se soumet entièrement à son mari qu’elle sait cruel et mauvais ; il finira même par la faire disparaître on ne sait comment.

Le sens du devoir est quelque chose de sacré dans ces nouvelles. Dans « La nuit suprême », un homme et une femme, amis d'enfance, se retrouvent ensemble lors d'une épouvantable nuit de tempête. Mariée à un autre, cette femme, pourtant éprise de son ami d’enfance, accomplit son devoir d’épouse et ne posera jamais les yeux sur son ami qu’à travers son voile.

La première nouvelle du recueil, « Le squelette », se détache un peu des autres, elle semble plus ironique et fantastique. Le fantôme d'une jeune femme vient raconter son histoire à un insomniaque, situation plutôt cocasse et qui porte à sourire. Mais ce côté amusant fait vite place à l’ironie. En effet, l’histoire que raconte le squelette est celle d’une jeune fille indienne qui n’a pas pu épouser le jeune homme qu’elle aimait promis à une autre jeune fille plus riche. De manière touchante, Tagore montre du doigt un système social qu’il voudrait voir changer.

L’Inde des castes et les nombreux rituels sont fort bien dépeints par la plume lyrique et vivace de Tagore. Le sens du devoir et le sens du sacré se dévoilent petit à petit nous laissant découvrir une culture orientale bien particulière. Entre rêves et légendes indiennes, Tagore plonge son lecteur dans un voyage enchanté au gré des tintements de bracelets et des saris colorés. 


Quitterie, AS Éd.-Lib.



Repost 0
Published by Quitterie - dans Nouvelle
commenter cet article
5 janvier 2012 4 05 /01 /janvier /2012 07:00

Tennessee-Williams-Le-poulet-tueur-et-la-folle-honteuse.gif

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tennessee WILLIAMS
Le poulet tueur et la folle honteuse
Titre original
The killer chicken and the closet queen
Traduit de l'américain
par Jean Lambert
Robert Laffont, Pavillons poche, 2008.





 

 

 

 

 

 

 

 

Ce recueil rassemble les neuf dernières nouvelles écrites par Tennessee Williams vers la fin de sa vie. Le livre est introduit par une préface signée de l'auteur et datée de 1960. Le titre du recueil reprend celui de la dernière nouvelle, « Le poulet tueur et la folle honteuse », écrite par Tennessee Williams en 1971, à l'âge de soixante ans.



Les thèmes majeurs qui traversent ce recueil sont l'amour, le désir et la sexualité ainsi que la mort, la maladie et la dépression. On peut rapprocher ces thématiques du mythe d'Éros et Thanatos. Éros, dieu de l'amour dans la mythologie grecque, est souvent utilisé comme figure allégorique représentant le désir ou le plaisir sexuel, ou plus généralement la pulsion de vie. Il est très souvent opposé à Thanatos, dieu de la mort. Dans ce recueil, Tennessee Williams associe souvent les pulsions érotiques de ses personnages à des pulsions de mort. En voici quelques exemples :

Dans « L'inventaire à Fontana Bella », la principessa meurt en se frappant le vagin et en criant le prénom de son dernier amant.

Dans « Miss Coynte de Greene », Miss Coynte a son premier rêve érotique immédiatement après la mort de sa grand-mère. C'est la mort de sa grand-mère qui permet la libération sexuelle de Miss Coynte.

La nouvelle « Sabbatha et la solitude » se termine sur une situation très érotique où les amants sont réunis sur des coussins près d'un feu de bois. La dernière ligne est une réplique de Sabbatha demandant à son amant dénudé de lui apporter un aspic (une vipère) en référence au suicide de Cléopatre.

Plus symboliquement dans « Le poulet tueur et la folle honteuse » lorsque Stephen fait l'expérience de ses premières relations homosexuelles, il boit de grandes quantités de Bloody Mary, cocktail rouge-sang dont le nom fait référence à Marie Tudor, reine d'Angleterre connue pour sa politique répressive sanguinaire.

 

 

 

Il est facile de faire un parallèle entre cette thématique de l'amour et de la mort et le décès, en 1963, de l'amant le plus important de la vie de l'auteur, Frank Merlo. Il ne semble pas non plus anodin que de nombreuses nouvelles se déroulent en Italie, le pays d'origine de Frank Merlo. Il est donc assez évident que la vie de Tennessee Williams a eu une forte influence sur son œuvre.

 Tennessee-wILLIAMS.jpg

La littérature de Tennessee Williams, fiction « émotionnellement autobiographique »


On retrouve tout au long de ces nouvelles des éléments renvoyant plus ou moins directement à la vie de l'auteur. Cependant l'emploi de ces éléments se fait au travers des émotions des personnages. Comme Tennessee Williams l'explique lui même, « [son] travail est émotionnellement autobiographique. Il n'a pas de relation avec les faits réels de [sa] vie mais il en reflète les courants émotionnels »1. Ainsi, dans « Sabbatha et la solitude », on retrouve une poétesse déchue, déprimée, en exil dans son domaine de campagne, ce qui rappelle la situation de Tennessee Williams qui se retirait très souvent à Key West, dans sa maison de campagne, où il noyait le souvenir de sa gloire passée dans l'alcool et les barbituriques. Ce sentiment d'exclusion se retrouve dans « Un reclus et son hôte », qui met en scène une voyageuse trouvant l'hospitalité chez un reclus qui finalement la rejette et la pousse au suicide. C'est également l'élément central de « Das wasser ist kalt », qui met en scène une enseignante exclue de son école par ses collègues qui lui offrent un aller-simple pour l'Italie. De nouveau, dans « La mère au pian », la mère de famille est rejetée par son entourage et par tout le village à cause d'une maladie qui peut être soignée facilement depuis 1910. Cette exclusion la renvoie à l'état animal puisqu'elle finit par vivre dans la forêt entourée d'animaux.

Un autre sentiment prégnant dans les pages de cet ouvrage est l'aversion de l'auteur pour les valeurs traditionalistes sudistes. La nouvelle qui met en scène cette aversion est « Heureux 10 août », dans laquelle on suit deux personnages incarnant des valeurs et cultures opposées : d'un côté les valeurs traditionnelles sudistes personnifiées par Elphinstone, de l'autre les valeurs progressistes et humanistes de Horne. L'emploi de ces noms en dit long puisque Elphinstone est un nom traditionnel de la noblesse écossaise alors que Horne est le nom de nombreux artistes américains. Ces deux personnages vivent ensemble et semblent incompatibles, mais Tennessee Williams finit sa nouvelle en faisant triompher les valeurs progressistes de Horne puisque c'est Elphinstone qui apporte de la souplesse dans sa vision du monde afin de permettre la cohabitation. Ici on peut voir que l'auteur exprime le souhait de voir tomber les carcans de cette tradition sudiste. Cette opinion renvoie à l'homosexualité longtemps cachée de Tennessee Williams, à une époque où les valeurs puritaines pesaient de tout leur poids sur la société américaine.

Cette stigmatisation de l'homosexualité est ouvertement exprimée dans « Le poulet tueur et la folle honteuse ». Il dénonce ici la pression sociale exercée sur les homosexuels qui ne peuvent vivre leur sexualité librement dans cette société puritaine. Encore une fois, Williams nourrit sa fiction de sentiments qu'il a pu percevoir dans sa vie. Stephen, le personnage principal, se voit dans l'obligation de refouler ses pulsions homosexuelles afin de ne pas être renvoyé de son entreprise. On comprend tout à fait l'aspect « émotionnellement autobiographique » de cette nouvelle même si elle n'a pas de « relation avec les faits réels » de la vie de Tennessee Williams.

Finalement, Tennessee Williams nous offre ici un recueil de nouvelles très variées, tant par leurs tailles, leurs rythmes que leurs thèmes, mais qui permettent d'entrevoir la vision personnelle de leur auteur sur des thèmes centraux de son œuvre — l'amour, la mort, la solitude et la sexualité. Les nouvelles abordent des thèmes assez graves de manière très humoristique, un humour caustique qui nous fait rire jaune parfois mais souvent aux éclats. Une lecture fort agréable en somme.


Baptiste, A.S. Ed-Lib

1. A. DEVLIN, Conversations with Tennessee William, Jackson : University Press of Mississippi, 1986, p.342.

 

 

Tennessee WILLIAMS sur LITTEXPRESS

 

Tennessee Williams Sucre d'orge

 

 

 

 

Article d'Annaïck sur Sucre d'orge.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Repost 0
Published by Baptiste - dans Nouvelle
commenter cet article
4 janvier 2012 3 04 /01 /janvier /2012 07:00

Vladimir Nabokov, La Vénitienne 

 

 

 

 

 

 

 

 

Vmadimir NABOKOV
La Vénitienne et autres nouvelles,
précédé de Le rire et les rêves
et de Bois laqué,
Traduction du russe
 de Bernard Kreise
et Laure Troubetzkoy
Traduction de l'anglais,
établissement du texte et avant-propos
de Gilles Barbedette.




 

 

 

 

 

 

 

Vladimir Nabokov est né le 23 avril 1899 à Saint-Pétersbourg. Son éducation cosmopolite va déterminer toute la problématique de sa vie et son œuvre profondément ambivalente : « Je suis un écrivain américain, né en Russie et formé en Angleterre, où j'ai étudié la littérature française avant de passer quinze ans en Allemagne. Je suis venu en Amérique en 1940 et j'ai décidé de devenir citoyen américain et de faire de ce pays mon foyer ». Cependant, il se sent résolument russe, et tous ses écrits sont une sorte d'hommage à la Russie.



Le recueil est composé de deux essais sur l'art et la littérature écrits en anglais suivis de treize nouvelles russes, organisés chronologiquement.

Certaines nouvelles sont restées complètement inédites comme « Bruits », « Ici on parle russe », « le dragon » et « la Vénitienne ».



Du fait de son caractère réducteur et péjoratif, le terme de « texte de jeunesse » appliqué à ce recueil est tout à fait inadéquat. Au contraire, les textes sont pleins de force et de beauté et annoncent toute l'esthétique de son œuvre future. Toute la palette des registres utilisés par Nabokov dans son œuvre romanesque ultérieure est ici présente : satire du totalitarisme, intrigue policière, errance bucolique, fantaisie en forme de fable morale, inquiétante et définitive nostalgie d'une Russie disparue, grotesque, humour ainsi que goût pour l'étrange et refus du réalisme. D'ailleurs, Nabokov le dit lui même, ses instincts le portent vers le rêve, la fantaisie. Il ne voit pas dans la littérature un langage de raison mais une manière de sorcellerie. « Les grands romans, dira-t-il, sont des contes de fées ».

Au cœur de son œuvre palpite une trame, tissée au fil de ses exils : la perte de la Russie. L'amertume de l'exil, manifeste, est compensé par une poésie de la mémoire et la sensualité des descriptions. Un romantisme élégiaque émane des situations tendues mises en scène par l'auteur, où surgissent inévitablement les rêves des forêts de l'enfance.

Son écriture fait coexister la raison, les formes savantes, au sensible, qui bouscule l'ordre imposé par la raison. Élégiaque, lyrique, tendre et triste à la fois, mélancolique et enflammée, elle fait émerger une énergie positive des textes, incroyablement variés tant au niveau du fond que de la forme. Ils induisent tantôt une atmosphère douce et agréable grâce à une observation passionnée, minutieuse et presque parfois bucolique de la nature, tantôt un suspense latent. Des anges, soudain, font vaciller la conscience des personnages. Un portrait de dame réussit à capter sur la surface de la toile le rêve d'un jeune homme trop amoureux et, peut-être, trop curieux. Puis, d'un coup de chiffon, tout rentre dans l'ordre.

Parallèles entre la vie et l'art, regret obsédant du pays natal et jeu sur les perceptions auditives de ses personnages, Nabokov est un formidable illusionniste jouant avec les mots, les langues et les continents.

Il préfère introduire un anachronisme, voire un trompe-l'œil, plutôt que de rester collé sur la vitre des événements. « L'exactitude est toujours morose et nos calendriers, où la vie du monde est calculée à l'avance, rappellent des programmes d'examens incontournables », écrit-il dans « la Vénitienne ». Il échappe à ça grâce à la fiction.

Lors de ses cours universitaires sur Proust et Flaubert, il ne dit jamais rien des mœurs, de la bourgeoisie normande car pour lui, « la structure et le style sont tout », « style et structure sont l'essence d'un livre, les grandes idées ne sont que foutaises ».

En plus d'être un grand maître du roman, Vladimir Nabokov est un extraordinaire nouvelliste.



« Et la vie, qu'est-elle donc, sinon un autre cabaret où les sourires et les larmes s'entrecroisent dans la trame d'un merveilleux tissu bariolé? »


Charlotte, AS Bibliothèques

 

 

Vladimir NABOKOV sur LITTEXPRESS

 

Vladimir Nabokov, La Vénitienne

 

 

 

 

 

Article de Yaël sur la nouvelle « La Vénitienne ».

 

 


 

 

 

 

 

nabokov 1

 

 

 

 

 

Article de Mathilde sur Lolita.

 

 

 

 

 

 

Repost 0
Published by Charlotte - dans Nouvelle
commenter cet article
2 janvier 2012 1 02 /01 /janvier /2012 07:00

Stig-Dagerman-Tuer-un-enfant.jpg 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Stig DAGERMAN
Tuer un enfant
Nouvelles traduites du suédois
par Elisabeth BACKLUND
Première publication en français
aux éditions Denoël, 1976
Agone, 2007
Collection Marginales



 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les raisons de la profondeur et de la puissance de l'oeuvre de Stig Dagerman résident dans les méandres de son existence et de ses expériences vécues. La fiction littéraire rejoint une réalité biographique avec laquelle elle se conjugue, définissant un style littéraire marqué par une certaine « sensibilité pudique au monde ». En comète littéraire maudite, Dagerman traduit l'équation verbale d'un monde qui lui échappe, logé en chacun de nous, irrémédiablement.



Des fragments biographiques, donnés ici et là, seront utiles pour cerner le recueil Tuer un enfant mais aussi le reste de ses écrits prolifiques.

 

L'engagement de Stig Dagerman, militant anarcho-syndicaliste, réside principalement dans l'acte d'écriture en lui-même telle une insurrection vive et grave contre les bassesses humaines, les injustices, la culpabilité, la dureté de la vie. Né en 1923 à Acklareby et décédé en 1954 à Danderyd en Suède, l'homme se suicide à l'âge de 31 ans. Élevé par ses grand-parents dans une misère avancée et abandonné par sa mère (deux postulats qui vont thématiser Tuer un enfant), Stig Dagerman va devenir journaliste en 1941. En 1946, il est envoyé en Allemagne et publie son reportage sous le titre Automne allemand ( Actes Sud, 1980), décrivant un pays éventré par la guerre, détruit par les bombes, un peuple démuni et livré à lui-même, dans un style glacé et lucide. À son retour, il se consacre à la littérature et rencontre un certain succès avec notamment L'île des condamnés (Denoël, 1972). Puis, sans raison apparente (pour autrui, pour la médecine), Dagerman se plonge dans le silence. On lui détecte une schizophrénie. Le 4 novembre 1954, l'écrivain se suicide par asphyxie en s'enfermant dans sa voiture, moteur allumé et conduit d'échappement dirigé dans l'habitacle (méthode utilisée par les nazis pour tuer les juifs avant les chambres à gaz).

Stig Dagerman laissera un dernier texte, Notre besoin de consolation est impossible à rassasier (Actes Sud, 1981), qui explique d'un point de vue métaphysique les raisons de son geste.



On peut aborder le titre du recueil Tuer un enfant sous plusieurs angles. D'abord, on songe au « Tuer le père » de Freud puisque ce recueil est pour Dagerman une narration de ses traumatismes que l'écriture veut faire surgir. On peut dire que l'auteur va alors se réapproprier le scientisme du complexe d'Œdipe pour expliquer ses propres sentiments et sous-entendre que ce n'est pas l'enfant qui tue le père mais le père qui tue l'enfant par sa seule absence.

La thématique de l'enfance présente chez Dagerman peut être entendue avec une partie de la thèse de Georges Bataille dans La littérature et le Mal (Gallimard, 1958) à propos de l'enfance de Kafka. Dagerman et Kafka vont voir dans la littérature des fuites possibles pour les enfants et les hommes qu'ils sont, véritables actions souveraines contre la mort. Ainsi entendue, la littérature permet tout, y compris agir contre la réalité, la traduire ou être un possible remède. Mais en même temps elle ne peut rien car Dagerman ne dissocie pas le « mal faire » d'un enfant du « mal agir » d'un adulte, donnant au malheur des hommes un caractère universel finissant dans l'échec d'un questionnement par l'écriture qui emmènera l'écrivain jusqu'à son suicide.

Stig-Dagerman.jpg

1. « Les jeux de la nuit »

Acke est une petit garçon, qui, le soir venu, s'amuse à imaginer qu'il devient invisible et qu'il peut ainsi déambuler dans la maison familiale à son aise. Il s'invente une journée idéale dans l'opacité de la nuit et dans l'obscurité totale dans laquelle il se déplace. Ce jeu n'est pourtant pas pour l'enfant une pure activité de distraction (le désenchantement est constamment présent chez Dagerman) mais une échappatoire au bruit des pleurs de sa mère. Acke s'imagine suivre son père absent de la maison, il idéalise une bienveillance paternelle qu'il ne connaît pas mais, malgré le champ des possibles que l'acte de rêverie pourrait contenir ; les faits et gestes du père échouent et peinent à se terminer normalement, en actes d'homme « responsable ». Le petit garçon va se recoucher et entendre son père arriver. Surgit alors la sensation pesante et troublante du silence : « De nouveau, c'est le silence, le même silence terrifiant. Le silence que seul le réveil grignote, comme un rat. Le réveil-rongeur de l'homme ivre ». Justement, son père est ivre, comme dans son jeu, et ici, la fiction de Acke rejoint la réalité sous la fiction souveraine de l'auteur créant un mouvement bio-fictif qui saisit le lecteur ; son père échoue à rentrer, à se coucher, brisant un silence annonciateur de l'orage malheureux et inévitable au sein de la famille. Dans le lit familial, on entend des grognements humains terrifiant littéralement Acke qui trouve l'apaisement dans le sommeil et le rêve, dans les jeux de la nuit : « […] et le sommeil le prend tandis qu'il joue au dernier jeu de la nuit, celui qui lui apporte l'apaisement final ».

Le comportement de son père va avoir pour effet chez Acke de lui permettre de percevoir deux personnalités paternelles. L'une du jour, avec un père aimant, du moins qui essaie de l'être, auquel il peut difficilement échapper car Acke ne parvient pas à jouer au « jeu du jour ». L'autre de la nuit, associée à l'angoisse. Acke se retrouve face à un dilemme et ne sait plus qui haïr ; il préfère échapper à la réalité par une fugue finale. Fugue analogue aux jeux de la nuit qui constituent un refuge aux pleurs de sa mère et à l'ivresse de son père. Invisibilité par la fuite, laissant deviner la perception que Acke a de lui-même, comme rempart contre la culpabilité née la situation familiale et dessinant véritablement une fuite en avant.



2. « La surprise »

Acke et sa mère sont conviés à l'anniversaire du grand-père par un courrier qui va surprendre la mère jusqu'à un paroxysme pudique des émotions : « La mère regardait fixement devant elle. Ses mains étaient tout à fait seules, froissaient la lettre, la réduisant en une boule irrégulière ». Comme si la lettre était synonyme de souffrances et d'amertume antérieures, la mère met à bas un peu de l'amour familial qu'elle juge incongru, hypocrite ou trop lourd à vivre, à manipuler. Pourtant, tel un secret profondément enfoui en elle, la mère se culpabilise de laisser transparaître une souffrance intime devant son fils : « Lorsque Acke la regarda, elles eurent honte et défroissèrent la lettre, mais celle-ci resta ridée comme un visage de vieille femme ».

Toute la communication entre Acke et sa mère va se traduire par des échanges muets dans une atmosphère pesante d'incompréhension fomentée par la mère qui semble cependant disposée à préserver l'ambiance familiale en se rendant à la soirée d'anniversaire de son père. Le lendemain, Acke et sa mère se rendent dans un magasin pour choisir un cadeau et enregistrent une chansonnette d'amour imprimée sur un disque. Le soir de la réunion familiale, Acke, fier mais aussi intimidé par la puissance du cadeau qu' il lui a octroyé, fait écouter la comptine à son grand-père. Enivré de cognac et confiné dans la chaleur non pas de l'amour familial mais de l'alcool et du poêle, le grand-père n'a que faire du cadeau de son petit-fils : « Tu ne pourrais pas lui couper le caquet à ce sacré machin ! Deux piques ! ».

 
On songe ici à un mécanisme de défense du grand-père qui, dans un rapport supra-réaliste au monde, ne sait que faire d'une telle intention qu'il ne sait pas appréhender, ni comprendre, ni apprécier, non pas qu'il ne soit pas touché mais il n'a jamais appris à recevoir dans la dureté de son quotidien. Ainsi, il rejette ce cadeau pour ne pas endosser la responsabilité d'un signe d'amour et de reconnaissance familiale qu'il ne saurait maîtriser émotionellement. Seulement c'est Acke qui va en faire les frais et payer cette pudeur : « La douleur coula en lui, froide comme une anguille. Ses yeux s'embuèrent, et tous les visages rouges et ivres qui l'entouraient se mirent à briller comme de la tôle ». Ici, « tuer un enfant » prend tout son sens sur un plan symbolique, Acke est mort de ce rejet, blessé de ce refus... tout comme sa mère qui probablement revit cette situation et qui, à travers son fils, a essayé de témoigner de l'amour à son père, situation qu'elle avait plus ou moins prévue dans son silence à la réception de l'invitation. Dagerman fait ici l'hypothèse de la raison de son abandon par sa mère : un environnement familial dur et clos, amer et étroitement pudique. D'ailleurs tout réside dans la première phrase de la nouvelle : « Il est des gens qui ne font rien pour être aimés et qui le sont pourtant. On peut constater que les gens vraiment pauvres ont de la peine à se faire aimer ».



3. « Dans la maison de grand-mère »

 ( Il s'agit d'une nouvelle plus autobiographique.)

On retrouve dans cette nouvelle la thématique du silence chère à Stig Dagerman, doublée de la rêverie d'un enfant (il s'agit donc de l'auteur, enfant) qui échange avec une botte : « Dans un murmure, la botte répondit : "Nous allons jusqu'au silence." Tout à coup, devant eux, se dressa le mur noir d'une montagne, et la botte murmura : "C'est par ici qu'on rentre." » L'enfant matérialise le silence par un jeu d'image et l'associe symboliquement à la mer entendue dans un coquillage. Sa grand-mère lui montre alors l'inexistence du silence qu'elle compare, elle, à une plaine mais lui apprend aussi que le silence d'un territoire ou de l'immensité recèle des bruits existant dans l'usage et l'expérience d'un lieu. Pour la grand-mère, c'est dans le silence de la plaine que l'on peut entendre les souffrances humaines, c'est au sein de l'immensité et de la plénitude silencieuse d'un lieu que l'on peut percevoir réellement le véritable bruit des hommes et leur plainte. Il s'agit ici pour la grand-mère d'une référence directe à la guerre, aux bruits de l'invasion qui fragmente la province silencieuse d'Uppland et qui depuis, a gardé les souffrances des soldats et des habitants. Bruit silencieux du souvenir en corrélation avec le défilé des soldats déchirant la tranquillité de la plaine.

Le petit garçon et sa grand-mère sortent alors sur le perron face à la campagne silencieuse de l'Uppland lorsqu'un bruit éclate dans la nuit. Un homme apparaît et s'écroule tel un mort au bord de la route. Le texte va alors mettre en relief une juxtaposition d'ambiances et d'images puisque Dagerman enchevêtre le silence de l'homme mort dans le silence de la nuit et l'ombre du vivant dans une nature éteinte par le mutisme psychologique du petit garçon et de sa grand-mère qui s'interrogent sur l'état de l'homme gisant devant eux. Le lecteur se retrouve également prisonnier de ce huis-clos en saison morte. Or, il s'avère que l'homme « se repose », découverte provoquant le retour de la conscience du bruit environnant en signe de la vie de l'homme, de la nature : « De l'autre côté de la route coulait le ruisseau, qui tenait les pierres éveillées par ses chuchotements, et de la forêt des nuages, un bruissement calme et puissant descendit jusqu'à lui. ». Le retour des bruits est ici assimilé au retour de la vie alors que le silence emprisonne et construit la conscience de la mort, partout, dans toute chose. Dans une relative simplicité, Dagerman rétablit l'ordre des choses pour une fin heureuse, naïve et assez touchante mais le texte garde cependant un caractère grave puisque la nuit, le sommeil et le silence sont encore un soulagement et une transition vers le meilleur : « Puis ils se turent et continuèrent leur chemin vers la maison éclairée et silencieuse, vers une nouvelle bonne nuit. »



4. « Tuer un enfant... »

(Cette nouvelle fut commandée à Dagerman en 1948 par l'Association pour la sécurité routière et fait l'objet d'un court métrage réalisé par Gösta Werner en 1952.)

Courte, brève et intense, cette dernière nouvelle joue d'une dualité qui fait monter la tension chez le lecteur. Il s'agit du récit de la mort tragique de la petite fille que l'on voit sur la couverture du livre. Un homme inconnu, sans identité particulière hormis son bonheur amoureux (il emmène sa femme voir la mer) est au volant de sa voiture. Au même moment, une petite fille, tout aussi anonyme, joue au bord de la route. Les deux personnages ne se connaissent pas, ne vont pas se parler mais se rencontrer d'une façon tragique. En trois pages, l'auteur plante un décor onirique (se reporter à la couverture) mais qui vole en éclats lorsque la voiture percute et tue la petite fille. L'innocence et la légèreté se transforment aussi en cauchemar puisque Dagerman détruit les deux personnages d'une façon mécanique, froide et inévitable, comme si l'innocence et le bonheur vécus étaient des entreprises vouées à une chute évidente, allant de soi, tragique : « Après, tout est trop tard. Après, une voiture bleue est arrêtée en travers de la rue […] Après, un homme essaie de se tenir debout malgré l'abîme d'horreur qu'il sent en lui […] ». En clair, lorsque que l'on tue physiquement un enfant, on tue symboliquement un adulte et/ou l'enfant en lui.

Dans un pessimisme assez lucide, Dagerman écrit : « Le temps ne guérit pas les blessures d'un enfant mort […] et ne guérit guère mieux le remords de l'homme qui, jusqu'alors heureux, a tué cet enfant. » L'auteur ne dissocie pas le malheur de la mort d'un enfant du malheur de son tueur mais cherche à montrer le caractère universel de la tragédie, monstre froid qui frappe au hasard, sans distinction, mettant une évidence l'impossibilité de distinguer entre le êtres humains réunis sous le couperet de la mort. Parlant de lui-même et résumant le propos, Stig Dagerman dans avoue L'Île des condamnés : « Deux choses me remplissent d'horreur : le bourreau en moi et la hache au dessus de moi. »

C'est peut-être là que l'on peut entrevoir les raisons de suicide de l'auteur, dans ce nihilisme senti depuis l'enfance, vécu dans son inconscience qui, au fur et à mesure de la vie, va se faire de plus en plus clair et ainsi faire apparaître le suicide comme ultime liberté et comme réponse sincère face à l'impasse du questionnement dans laquelle sa vie d' écrivain l'a amené.

Les nouvelles de Tuer un enfant, avec l'omniprésence de l'enfance et du silence, sont les prémices anhistoriques d'une trajectoire d'écrivain existentialiste.


Julien Ladegaillerie, AS Éd.-Lib.


Stig DAGERMAN sur LITTEXPRESS

 

Stig Dagerman Notre besoin de consolation

 

 

 

 

 

 Article de Mathilde sur Notre besoin de consolation est impossible à rassasier.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Repost 0
Published by Julien - dans Nouvelle
commenter cet article

Recherche

Archives