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8 juin 2008 7 08 /06 /juin /2008 16:03



Frank TALLIS,
Les Mensonges de l’esprit, 2008
Titre original : Fatal Lies
Traduction de Michèle Valencia
10/18 
Collection " Grands détectives ",
Sous collection " Polars historiques "
416 pages.  

 











     Les Mensonges de l’esprit s’inscrivent dans la série " Les Carnets de Max Liebermann " (10/18). Après Du sang sur Vienne (2007) et La Justice de l’inconscient (2007), l’écrivain anglais Frank Tallis nous offre, une fois encore, la compagnie du tandem original Max Liebermann (psychanalyste) et Oskar Rheinhardt (inspecteur de police).























     Pour cette nouvelle aventure, l’auteur emmène ses deux héros élucider la mort d’un jeune cadet dans une école militaire.

     L’Autriche du début du siècle sert de cadre à l’intrigue. Ce polar historique très documenté donne de précieux renseignements sur le fonctionnement des académies militaires (l’auteur avoue s’être inspiré de l’oeuvre Les Désarrois de l’Elève Törless, de Musil), et apporte un éclairage très intéressant sur l’évolution de la psychanalyse.

     Dans cette Vienne de 1903 où complots et rigueur militaire flirtent avec la musique et l’absinthe, le docteur Liebermann discute avec Freud sur les avancées en psychanalyse. Déroutant ? Certes, mais tellement captivant !

     En effet, Frank Tallis est lui-même docteur en psychanalyse et spécialiste des troubles obsessionnels. Dans Les Mensonges de l’esprit, il réussit le tour de force incroyable de mêler cette science complexe à l’enquête policière : ainsi, l’interprétation des rêves, l’analyse des taches d’encre et le comportement sont des éléments clés dans la résolution de l’enquête.

     Le lecteur se prend au jeu et se laisse surprendre à résoudre les énigmes : il revient en arrière, essaye d’analyser l’attitude des personnages au regard des explication de Max Liebermann… un véritable jeu de piste !

     L’enquête autour de la mort du jeune cadet se complexifie au fur et à mesure des pages, mêlant troubles politiques, histoires amoureuses et espionnage, le tout autour de personnages secondaires très riches.

     Amateurs d’Histoire, d’enquêtes, de réflexion et amoureux de gastronomie autrichienne…ne vous privez surtout pas de ce savoureux mélange!


Elisabeth, A.S. Bibliothèques-Médiathèques

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24 avril 2008 4 24 /04 /avril /2008 08:24


Auteur : Jérome CHARYN


Marilyn la Dingue
Éditeur : Gallimard
Date de publication : octobre 1998
Première publication : 1974
Collection : Folio Policier
Titre original : Marilyn the Wild
Traduit de l’anglais par Rosine Fitzgerald
Nombre de pages : 246 pages
ISBN : 2-07-040648-2







     Marilyn la Dingue
est le premier livre d’une trilogie composée de Zyeux-Bleus et Kermesse à Manhattan.

( Pour la biographie de Jerome Charyn, voir aussi l'article de Ségolène
et le site
http://fr.wikipedia.org/wiki/Jerome_Charyn )


     Dans ce livre, nous découvrons Marilyn, une jeune femme considérée comme " dingue " car elle a été mariée une multitude de fois. Le roman s’ouvre avec une scène d’amour entre elle et Coen, un flic. On apprend que Marylin n’est autre que la fille d’Isaac Sidel le " meilleur flic " de New York et que Coen est son adjoint. C’est un flic coriace, effrayant qui est une sorte d’antihéros que l’on apprend à connaître tout au long de ce roman policier. Sa femme, Kathleen l’a quitté, son père est parti en France pour peindre en France, à côté du Sacré-Cœur. Quant à son frère cadet, il est en prison pour cause de non paiement de pension alimentaire à sa femme. On remarque que la famille d’Issac n’est pas une famille comme les autres, il y règne un sentiment conflictuel à chaque instant. D’une part entre Isaac et son père, d’autre part entre Isaac et sa fille qu’il ne comprend pas.

 


     Le point de départ de l'intrigue est constitué par une série d'attaques perpétrées par un gang de jeunes adolescents surnommés le gang des Sucettes. La première agression est celle d’Hubert, un ami d’Isaac qui tient une charcuterie non loin du magasin qui appartient à la mère d’Isaac. Les suivantes sont celles de sa mère, Sophie, et d’Ida, sa compagne.


     On remarque donc que les agressions sont dirigées vers les proches d’Isaac. En effet, le gang des Sucettes, composé de Ruppert (fils d’un ami d’enfance d’Isaac, Philip), d’Esther Rose et de Stanley Chin s’attaque, par le biais de sa famille, à Isaac et à sa réussite. Ce gang est motivé par la jalousie que leur inspire l’ascension fulgurante d’Isaac, symbole du rêve américain (dans les livres suivants, il passe d’un commissariat de quartier à la mairie ) de l’immigré. Les familles des adolescents n’ont pas eu cette chance, ils vivent dans une certaine misère et par les agressions ils se vengent de leur malheur. Ruppert, lui, est d’autant plus motivé qu’il pense qu’Isaac a oublié son père et ne l’a pas aidé lorsqu’il en avait besoin.


     A travers ce livre, nous suivons Isaac dans son enquête qui nous emmène dans les quartiers pauvres de New York où les différentes cultures, différents peuples se côtoient. On peut passer du quartier chinois au quartier portoricain …


     Charyn ne nous présente pas New York par de longues descriptions mais plutôt à travers les communautés, les sentiments des personnages, l’ambiance qui en découle, les sensations, ce qui nous fait vraiment entrer dans ce monde bien particulier.


     Charyn nous fait découvrir le monde de la mafia. Pour lui, New York c’est la cité des pauvres mais aussi celle de la mafia et c’est ce qui ressort le plus de ce roman. Pour résoudre l’affaire du gang des Sucettes, Isaac va rencontrer des familles de mafieux, dont les Guzmann, une famille de truands confiseurs.


     Dans ce livre se mêlent différentes histoires, différents moments de vie qui ne concernent pas véritablement l’enquête sur le gang des Sucettes. Par exemple, Isaac est amené à devoir aider un de ses amis d’enfance, Mordecaï, dont la fille est devenue est une prostituée. On constate qu’Isaac est un homme influent et respecté de tous lorsqu’il " reprend " Honey Shapiro son mac’ ; Ralph n’oppose aucune résistance à la vue de l’insigne à dents bleues d’Isaac (" Ralph connaissait le B-A ba des commissariats de Manhattan : un inspecteur ordinaire n’avait pas droit à un insigne à dents bleues "). Le point commun entres ces histoires est bien sûr Isaac, c’est une sorte de lien entre tous les personnages.


     Par contre, à certains moments, la lecture de cette œuvre m’a paru déroutante. Par exemple, les surnoms sont multiples. Au début, il est très difficile de s’y retrouver mais ensuite, à force de rencontrer les personnages, on s’y habitue. Isaac est aussi Isaac le Pur, Isaac Sidel. Coen a pour surnom Zyeux-Bleus, Manfred.


     De plus, l’un des thèmes récurrents de ce récit est le ping-pong. On ne comprend pas véritablement pourquoi le ping-pong a une place aussi importante. On assiste à de très grandes parties entre Coen et l’un des adolescents du gang des Sucettes. En effet Charyn est un grand passionné de ping-pong et il nous fait découvrir sa passion à travers ce livre et les parties, racontées avec un réalisme impressionnant.


     Pour conclure, Isaac nous apparaît au début comme un flic sans véritable sentiment mais au fur et à mesure que l’on avance dans le roman, il devient très tendre envers tous les personnages même avec le gang des Sucettes.


     Charyn dépeint New York à travers ses yeux, ses sentiments, la manière dont il l’a perçu. C’est le New York ancien des communautés (juive surtout, car Isaac est d’origine juive tout comme Charyn), de la pauvreté.


     Pour finir, avec Charyn, il n’y a pas véritablement de barrière entre le bien et le mal. Chaque personnage a sa part d’ombre ; c'est le cas d'Isaac.

Elodie, 1ère année Ed/Lib

 

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17 mars 2008 1 17 /03 /mars /2008 16:36

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Jérôme CHARYN
Rue du Petit-Ange
Traduit de l'américain 
par Marc Chénetier
Premiere édition : 1992 (Mercure de France)
400 p.



   






       Isaac Sidel vient d'être élu maire de New York. Dans un mois, il devra prendre ses fonctions. Mais en attendant, il compte bien profiter d'une vie d'anonyme. Pour ce faire, il se cache sous le pseudo de Geronimo Jones, un SDF discret qui dort dans un des refuges de la ville. Jusque là, on ne peut pas dire que les choses soient normales, néanmoins, rien ne semble fondamentalement gênant. Le jour où un Geronimo Jones est retrouvé mort dans cette même auberge, alors qu'Isaac Sidel est lui, toujours bien en vie, le problème devient plus inquiétant. De plus, ce n'est pas seulement un, mais plusieurs Geronimo qui vont être retrouvés morts.


     Les meurtres sont revendiqués par les "Knickerbocker boys", une soi-disant bande d'anciens joueurs de baseball. Tout New York s'agite. L'enquête est menée par le peu loquace commissaire Sweets et son "gangster" de lieutenant La Perruque.


     L'affaire est en réalité bien plus complexe qu'elle ne semble. Au fur et à mesure qu'on les découvre, les personnages se révèlent tous plus ou moins impliqués dans l'affaire : un clan de trois investisseurs immobiliers, le patron de la la plus fameuse boîte de strip-tease du quartier, le légendaire gang des Violets, le grand amour d'Isaac... C'est notamment cette dernière qui ramène Isaac à la rue du Petit-Ange. Cette mystérieuse femme élevée en Roumanie, devenue une sorte d'agent secret, apparaît aussi rapidement qu'elle disparaît, semant le trouble dans l'esprit du futur maire toujours amoureux.


     Les passages consacrés au baseball et au ping-pong donnent une couleur particulière à ce roman policier. On sent la propre passion de Jérôme Charyn dans la description des parties effrénées de ping-pong ; il transmet cet "amour de la balle" qu'il faut avoir pour gagner. Le monde du baseball est, lui, évoqué avec nostalgie, comme si l'on se retrouvait au milieu de vieux joueurs évoquant leurs souvenirs sportifs.


     Rue du Petit-Ange
prend les allures d'un roman policier très gentillet. Les protagonistes jouent les gros durs tout en nous laissant caresser leur cœur tendre. On ne sait jamais tout d'eux, mais l'auteur nous donne toujours l'essentiel, le moment marquant d'une vie, souvent ce qui les a en quelque sorte blessés. Les descriptions ne sont jamais superficielles, ce qui donne aux personnages une véritable présence. De plus, aucun manichéisme ne s'impose, malgré les penchants malsains de certains. On ne peut désigner de "méchant en chef" puisque tout est justifié. L'auteur nous donne à comprendre ce qui motive les actions des personnages, aussi horribles soient-elles parfois. Et même si des intérêts économiques ou politiques entrent en jeu, c'est surtout la psychologie qui est mise en avant. Ici, le facteur humain est véritablement la clé de l'enquête.


     Les uns après les autres, on apprend à connaître les personnages (et leurs mille et un surnoms) comme on découvrirait les visages de ses nouveaux voisins, et de page en page, les liens se tissent. Comme dans un petit village, tout le monde semble se connaître, savoir ce que font les autres et à qui s'adresser en cas de besoin… Du plus petit voyou embauché pour conduire une ambulance au mac' qui gère un réseau de trafics quasi tentaculaire, il y a une place, connue ou non, pour chacun dans cette affaire.


     Le récit forme une grosse pelote dont on tire les ficelles au fil du récit : les solutions se dévoilent d'elles-mêmes, on les devine. La lecture de ce nécessite donc l'implication du lecteur lui-même. De simple spectateur, on peut devenir figurant, tellement les lieux et les personnages semblent familiers, voire enquêteur, en trouvant soi-même les réponses aux énigmes.


     On comprendra donc que Rue du Petit-Ange n'est pas seulement un roman policier. En sachant que Charyn l'a écrit comme une distraction alors qu'il travaillait sur un ouvrage historique et qu'il s'est fortement inspiré de son vécu avec son frère dans la brigade criminelle de Brooklyn, on pourrait presque dire que l'enquête n'est pour Charyn qu'un prétexte pour parler de lui, de ses passions et surtout, de Son New York. En effet, on ne peut que souligner le caractère très humain des personnages et de la ville. Rien n'est matériel, tout est vivant.


     J'ajouterai pour conclure, que c'est cet aspect là, qui a énormément motivé ma lecture. Tout comme Daniel Pennac, il parle des quartiers de la ville comme on ne le fait plus aujourd'hui, c'est-à-dire d'un point de vue véritablement humain et non social.


Karen, 1A Éd.-Lib.

 

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16 mars 2008 7 16 /03 /mars /2008 18:39

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Auteur : Jerome CHARYN 
Marilyn la dingue
Editeur : Gallimard
Date de publication : octobre 1998
Collection : folio policier
Première publication : 1974
Titre original : Marilyn the Wild
Traduit de l’anglais par Rosine Fitzgerald
Format et nombre de pages : 11cm*18cm ; 246 pages
ISBN : 2070406482




BIOGRAPHIE DE L’AUTEUR

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     Jerome Charyn est né en 1937, d’un père polonais et d’une mère russe émigrés à New York ; il a passé son enfance dans un quartier du Bronx, au sein d'une famille pauvre. Charyn est européen autant qu’américain. Depuis 1994, il vit à Paris et enseigne l'histoire du cinéma et les canons du roman policier à l'université américaine de Paris.


     Il a écrit près de 30 romans parmi lesquels la tétralogie de Isaac Sidel, ainsi que des récits, des essais, des contes pour enfants, des nouvelles et de nombreux scénarios de bandes dessinées.


     Il admire New York et a fait de cette ville le personnage central de son œuvre, que ce soit dans son cycle de romans policiers mettant en scène le commissaire Isaac Sidel ou dans ses textes documentaires sur l'histoire, la société et la culture new-yorkaises.


     Charyn admire Joyce et Faulkner, Flaubert (qui, à ses yeux, "commence le roman moderne") et Baudelaire.

     Pour son roman Darlin' Bill il a reçu le prix " Rosenthal " de l'Académie américaine des arts et des lettres. En 1996 il fut fait officier des Arts et des Lettres par le ministre français de la Culture.

     C’est Marcel Duhamel, célèbre fondateur de la série noire chez Gallimard, en 1945, qui a découvert Charyn et son irrésistible héros ; ce sera sa dernière trouvaille avant sa mort.


RÉSUMÉ ET ANALYSE DE MARILYN LA DINGUE

      C’est le premier volet d’une tétralogie. Il est rédigé après les autres mais relate des faits antérieurs. Cette série comprend également Zyeux bleus, Kermesse à Manhattan, et Isaac le mystérieux. Elle constitue le noyau d’une œuvre comprenant une quarantaine de livres.

     Sa série policière, mettant en scène le commissaire Isaac Sidel, brosse un portrait mythique de New York. C’est une saga irrésistible, à la fois cynique et drôle, un portrait de New York violent et pittoresque et un hommage à toute cette population d’immigrés Juifs.


     Nous suivons donc Isaac Sidel, le superinspecteur de New York, considéré par beaucoup comme le plus grand flic du monde ; appelé Isaac le Pur ou le Juste, Isaac Sidel est une grande figure de la police new-yorkaise.


     Dans ce roman il y a une foule grouillante de personnages ; on est face à un roman " choral ", plein de personnages secondaires qui gravitent autour des principaux, et qui ont chacun leur passé, leur histoire.


     L’intrigue de ce polar est fondée sur plusieurs histoires qui s’entrecroisent mais dans lesquelles Isaac est toujours central.


- D’un côté sa fille Marilyn, âgée de 25 ans, qui a des difficultés à rester fidèle à ses maris malgré le soin que prend son père de lui trouver des bons partis, toujours brillants et pleins aux as : dès le début du roman, on apprend qu’elle vient de fuir son troisième mari, et se réfugie chez Manfred Coen, dit Zyeux Bleus, l'assistant préféré d'Isaac, son nouvel amoureux. Ce qui ne va pas être du goût de son père, qui essaye toujours de la protéger. Ils se cachent tant qu’ils le peuvent et vivent cette histoire d’amour loin de tous. Quelle va être la réaction d’Isaac quand il l’apprendra ?


- De l’autre côté, un minigang de trois ados appelé " le gang des sucettes" terrorise les petits commerces. Ils attaquent une vingtaine de boutiques en une semaine, ils cognent sur les gens âgés, sont masqués et ne volent pas d’argent. Mais surtout ils s’en prennent aux proches d’Isaac, à sa fiancée, à son bistrot favori et à sa mère qui tient une boutique d’antiquité.

     
     Zyeux Bleus et Isaac Sidel traquent donc ce gang mystérieux des sucettes, en réelle compétition avec d’autres gars de la flicaille new-yorkaise et le FBI. Le but étant de découvrir qui ils sont et quelles sont leurs motivations.


     Pour le découvrir, Isaac va mener son enquête, va suspecter quelques familles de truands aussi terrifiantes que pittoresques, réputées dans la ville, dont les Garibaldi, mafieux siciliens qui contrôlent le quartier de Little Italy ; il va faire fausse route plusieurs fois.


     Mais grâce à son tact, à ses indics très bien renseignés et à son flair de superflic, il va découvrir ce qui se cache derrière les attaques des jeunes ados.


     Ces jeunes sont mus par la jalousie que leur inspire la réussite des autres, et c’est Isaac qui incarne le mieux l’ascension sociale d’un immigré. Il est le symbole du rêve américain, et les ados s’en prennent à lui et à ses proches pour exprimer l’injustice de leur condition difficile.

 

- J’ai constaté que Charyn n’avait pas choisi les prénoms de ses deux héros principaux au hasard, en effet le prénom de Isaac fait référence à Isaac Babel, écrivain que Charyn admire et à qui il a consacré une œuvre, Sténo sauvage, la vie et la mort d’Isaac Babel, paru au Mercure de France en 2007 .C’est également le cas pour le prénom de Marilyn qui est ici un hommage à Marilyn Monroe : Marilyn. La dernière déesse, livre paru chez Gallimard en 2007 ; Charyn retrace son destin à travers cet ouvrage.


RELATIONS PARENTS-ENFANTS : RAPPORT DIFFICILE ET CONFLICTUEL


     Dans ce roman, on constate que Charyn décrit les relations parents–enfants comme très difficiles, comme un éternel conflit, une incompréhension totale.


- Isaac et ses deux vieux amis d’école : Mordecai et Philip ont tous les trois des rapports conflictuels avec leurs enfants respectifs : Marilyn la dingue, Honey Shapiro la prostituée, et Ruppert (qui fait partie du clan des sucettes ; le fameux gang qui sévit dans les quartiers).


- Isaac lui-même est en conflit avec son père, qui a abandonné sa famille il y a longtemps pour s’adonner à sa passion : la peinture. Il va d’ailleurs le revoir au début du roman lors d’un déplacement professionnel à Paris, et va renouer le contact avec lui après plusieurs années d’éloignement. On sent que le temps efface parfois les malentendus et les oppositions ; ici Charyn évoque l’espoir que tout lien n’est pas perdu.


-     Léo, le frère d’Isaac qui est en prison pour défaut de paiement de pension alimentaire, est lui aussi en mauvais termes avec ses deux fils .Ils sont manipulés par leur mère et tiennent les mêmes propos haineux que cette dernière ; il n’a que des relations de rivalité avec eux. Lui-même n’a pas pardonné à son père de les avoir abandonnés, et ne comprend pas qu’Isaac ait pu reprendre contact avec lui.


L’AMBIANCE DE NEW YORK

Aquarelle de Fabrice Moireaucharynmoireau.jpg
Aquarelle de Fabrice Moireau

     Dans ce livre, Charyn ne fait pas vraiment une description de sa ville fétiche dans les détails, mais c’est plutôt une ambiance, une atmosphère qui en ressort.


     Ce n’est pas le New York chic, lumineux, luxueux et clinquant de Broadway qu’il nous décrit, mais plutôt le New York des " pauvres " et des bas-fonds, le New York des poivrots, des prostituées, des truands, des armes, des flics, et de la vie dure. Manhattan dans les mauvais quartiers chez les mauvais garçons.


     Toutes les origines d’immigrés s’y côtoient : les Portoricains, les Italiens, les Juifs, les Chinois, les Blacks…ce qui donne souvent lieu à des conflits . On est dans un New York des communautés qui s’affrontent.


     D’ailleurs dans le roman de Charyn on découvre les chefs de clans comme Amerigo Genussa, chef des Siciliens de Little Italy ou les Guzmann, Latino-Américains, bande de maquereaux qui sèment la terreur en embarquant des jeunes filles pour les faire travailler à leur compte.


LES RAPPORTS AVEC DES ŒUVRES CINÉMATOGRAPHIQUES


     L’univers de Charyn, son ambiance unique, ses personnages m’ont fait penser à certains films américains comme Il était une fois le Bronx, de et avec Robert De Niro ou Donnie Brasco de Mike Newell avec Al Pacino sur la mafia new-yorkaise des années 70 ou encore Il était une fois en Amérique le denier film de Sergio Leone qui traitent tous les trois des immigrés (juifs ou italiens) qui vivent à New York et plus particulièrement dans le Bronx.


     LE RYTHME


     C’est un roman au rythme très soutenu ; dès les premières pages, on entre dans la cadence effrénée de Charyn ; il n’y a pas de pause, et tous les événements s’enchaînent naturellement ; on se croit à certains moments face à un film au rythme endiablé.


     Dès les premières pages on entre dans le vif de l’action, on fait connaissance des personnages principaux, de plusieurs quartiers de la ville et on apprend très vite ce qui va être au centre des préoccupations de tous et surtout d’Isaac.


LES SURNOMS :


     Beaucoup de personnages ont des surnoms, c’est assez déstabilisant (au début), ils ne se contentent jamais de leur patronyme et tout le monde les affuble d'un surnom différent. C’est le cas pour Coen, appelé tour à tour Zyeux Bleus, Manfred, le bouffon d’Isaac.

    
      Ou encore pour Isaac, appelé Sidel, Isaac le pur ou Isaac le juste. Cela peut aussi parfois créer un effet poétique.


     Enfin j’ai remarqué, et ce n’est sûrement pas dû au hasard, mais à la volonté et au talent de Charyn, que le livre commence et termine par les mêmes mots, ou plutôt le même surnom prononcée par Marilyn, le nom de son amoureux : Zyeux Bleus.


     Ce qui laisse penser au lecteur que Charyn fonde son œuvre sur l’espoir, d’une manière poétique.


     Je conseille ce livre à tous ceux qui aiment les intrigues décalées, les personnages déjantés et une ambiance noire sur fond de mafieux, mais attention ce roman ne se prend jamais au sérieux, Charyn use toujours d’un ton drôle et cynique : très bon moment à passer en compagnie de notre cher Isaac et de tous ceux qui l’entourent.


Ségolène, 1ère année BIB-MED

 



    
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13 mars 2008 4 13 /03 /mars /2008 07:57

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Jérôme CHARYN 
Rue du Petit Ange, 1994
traduit de l'américain
par Marc Chénetier
Mercure de France, 2002
Rééd. Folio, 2003

 

 

 








Brève biographie de l’auteur :charyn03.jpg


     Il est né le 7 juillet 1937 dans le Bronx à New York. Ses parents sont originaires d’Europe de l’Est. Il passe son enfance dans le Bronx.

     
     Il commence par rédiger des nouvelles. En 1973, son frère aîné, qui est policier à Brooklyn, lui fait découvrir la face cachée de New York (les bas-fonds de la ville, les commissariats, la morgue). Par cette expérience, il trouve tous les ingrédients de ses futurs polars, et particulièrement ceux des Isaac Sidel. Ce dernier est le héros de huit romans de Charyn dont Rue du Petit Ange qui est le dernier paru en France.


     Il vit en France environ 9 mois sur 12 et enseigne à l’université américaine de Paris. Cependant, on peut remarquer que malgré son attachement à la France il publie d’abord ses livres aux Etats-Unis et les écrit en anglais.

 

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 Le livre, l’histoire...

    
      Ce livre est paru au Etats-Unis en 1994, puis en 2002 en France au Mercure de France. Et ensuite en poche chez Folio (mais pas en Folio Policier). Ce livre est divisé en 7 parties et 33 chapitres. Dans l’histoire apparaissent beaucoup de personnages qui s’entrecroisent tous plus ou moins. Cette histoire se déroule en décembre 1985 (l’histoire fut écrite une dizaine d’années avant sa parution).


Est-ce donc un roman policier ?


     Ici, Isaac Sidel n’est plus commissaire de police. En effet, il vient d’être élu maire de New York ; " le Roi Sidel ", pour cela a dû démissionner de son poste. Il ne prend ses fonctions de maire que le 1er janvier 1986 ; il reste donc un mois sans fonction mais que va-t-il faire ? Ce livre commence par la recherche de Sidel dans New York ; personne ne sait où il est. En fait, il se trouve dans un refuge à Harlem, déguisé en SDF sous le pseudonyme de Geronimo Jones. C’est sa " tenue d’hiver décontractée ".

     Puis, dans cette histoire, il y a bien un meurtre mais ce n’est pas vraiment cela qui va lancer l’enquête d’Isaac Sidel. Ce qui est louche dans ce meurtre puis les deux qui suivent, c’est que l’on retrouve un message adressé au commissaire Sidel. On ne sait pas qui sont ces cadavres et cela ne sera pas le but de l’enquête ; on saura d’eux juste leur origine. Les messages trouvés sont tous les trois identiques, et on les retrouve dans la bouche du cadavre : " Il y eut un deuxième cadavre. Egalement nommé Geronimo Jones. A l’Arsenal d’Atlantic Avenue, à Brooklyn. Puis un troisième. Sous une couverture à Grand Central Station. Pas de papiers d’identité. Rien qu’un bout de papier photocopié dans la bouche. Le labo dut pratiquer un test de salive avant de rendre la note à Sweets. C’était une espèce de manifeste bizarre. " Ce texte est signé des Knickerbockers. Dans ce livre l’enquête n’est pas menée pour résoudre un 
meurtre mais pour savoir qui sont les Knickerbockers ; sont-ils les vrais meurtriers ?...


Enfance


Ce récit est la huitième histoire d’Isaac Sidel : il fait ressurgir le grand amour du commissaire, Anastasia, alias Margaret Tolstoï. Il l’a rencontrée quand il était encore à l’école ; elle était orpheline en URSS, à Odessa, précisément, où elle a grandi. Puis elle se marie à 13 ans. On se replonge ainsi dans l’enfance d’Isaac : le titre rappelle ses souvenirs avec Anastasia (ils jouaient dans la rue du Petit Ange).

On remarque que les histoires s’entrecroisent toutes plus ou moins, elles sont toutes plus ou moins liées.


Thématiques.


Dans ce roman, plusieurs thématiques sont abordées :


- Un réseau d’adoption illégale d’enfants venant de l’Europe de l’est (URSS). C "est le cas d ‘Oskar.


- Le monde du ping-pong (Charyn est un accro, il en a même fait un livre) avec le " roi Carol ". C’est le sport de Sidel.


- le monde du baseball avec notamment le rôle joué par dix noms de joueurs de baseball que " les Knickerbockers boys " ont empruntés. " Knickerbockers " est le nom de la 1ère équipe de base-ball de New York (ce qui montre que Jérôme Charyn connaît bien sa ville).


- On retrouve des SDF tout au long de l’histoire. Ils permettent à Isaac de s’échapper, de penser à autre chose que ses responsabilités.


- Il n’y a pas vraiment d’alcoolisme ; les personnages sont en fait accros aux barres de Milky Way (principalement le second de Sidel, La Perruque).


- il y a aussi le monde des bas-fonds de New York.


- On note aussi la présence du FBI en la personne de Frédéric Lecomte, qui a sous son contrôle des personnes que l’on ne soupçonne pas dans cette histoire.


- De plus, pendant ce mois, Sidel doit informer la presse du personnel qui l’entourera à la mairie (ce qui équivaut au conseil municipal) et élaborer " un programme ". Il veut notamment fermer l’Ali Baba (une boite de strip-tease), et sauvegarder les immeubles construits par Emeric Gray (un grand architecte), donner à manger aux SDF.


- Durant cette histoire, Sidel va faire un tour un en Europe. Il va aller à Carcassonne puis à Paris. A Paris, il va renouer des liens avec son père qui est parti vivre sa vie d’artiste en laissant sa famille à New York grâce à Anastasia.

  
Sidel et New York


 Sidel est un personnage récurrent de Charyn, car Rue du Petit Ange est le huitième roman mettant en scène le commissaire Rose. Il est qualifié de " policier érudit errant ". C’est un personnage déchu, tout comme La Perruque, son bras droit (qui finira handicapé).


Sidel évolue dans le Wild contemporain : la jungle urbaine, c'est-à-dire la ville et ici les bas-fonds de New York. La définition de Leslie Fiedler : " le détective est le cow-boy adapter à la vie urbaine " correspond bien à Isaac Sidel. Il aime la solitude et s’isole dans la ville pour réfléchir, faire le point sur sa vie. Il aime passer inaperçu dans l’immensité de la ville ; il aime la tranquillité et chercher à éviter tous les journalistes.


 On constate aussi que Charyn est un véritable New-Yorkais. Il nous décrit sa ville, quelques quartiers et des lieux précis comme Gracie Mansion (maison des maires depuis 1949). Il connaît aussi son histoire et sa vie (on le voit à travers l’histoire du base-ball).


 Le style de l’écriture est direct ; on entend les voix du New York profond (Bronx, Harlem, Brooklyn). On observe aussi le réalisme des lieux (si on prend un plan de la ville on est capable de suivre le parcours de personnages).


 Quand on ouvre le livre, on entre directement dans l’univers de Charyn. On est un peu perdu quand on ne connaît pas l’univers Sidel. Mais très vite ça va mieux.


 Charyn dit qu’Isaac Sidel est le symbole du rêve américain ; il gravit tous les échelons, du commissariat de quartier à, dans ce livre, la Mairie.


Quelques citations :


 " Je suis d’accord avec James Ellroy quand il dit que l’histoire américaine se confond avec l’histoire du crime. " Charyn.


 " Les gens lisent pour le plaisir, moi je lis comme un cannibale. Je mange les livres. " Charyn.


 " C’est un Pagnol juif de Brooklyn qui aurait eu Groucho Marx pour professeur à la Horsefeathers University, et pour condisciples Mel Brooks et Woody Allen. " Michel Lebrun.

 

Les sources :


http:// wikipedia.fr
   

http://livres.lexpress.fr/portrait.asp/idC=3607/idR=5/idTC=5/idG=0


 " Jerome Charyn héraut des paumés" par Marianne Payoté (Lire, octobre 1995)

 
Claire, A.S. Ed.-Lib.

 

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8 mars 2008 6 08 /03 /mars /2008 22:12

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Michael Connelly, 
Les Égouts de Los Angeles
Traduit de l’américain par Jean Esch
Titre original : The Black Echo
Folio, 1992









L’auteur :

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     Michael Connelly est né en 1957 à Philadelphie. A l’université de Floride, il entame tout d’abord des études d’entrepreneur en bâtiment, comme son père, puis se tourne vers la littérature après avoir découvert les œuvres de Raymond Chandler.


     A partir de 1980, son diplôme de journalisme en poche, il travaille comme reporter à Daytona Beach et à Fort Lauderdale où il est chargé des comptes rendus des procès et du suivi des affaires criminelles : ces expériences vont ainsi nourrir chacun de ses romans.


     A 30 ans, il quitte la Floride pour une ville qui le fascine, celle du crime : Los Angeles, où il travaille pour le Los Angeles Times.


     Son premier roman, Les Égouts de Los Angeles, paraît en 1992 et avec lui naît le personnage de Harry Bosch, auquel il a consacré jusqu’à aujourd’hui 9 de ses romans.


     Il mène de front sa carrière d’écrivain et celle de journaliste : il obtiendra d’ailleurs en 1992 le prix Pulitzer pour plusieurs articles consacrés aux émeutes de Los Angeles.


     Le succès de ses romans grandissant, il décide en 1994 de se consacrer exclusivement à l’écriture.


     A ce jour, Michael Connelly est l’auteur de 19 romans, les droits de certains ayant même été achetés afin d’être adaptés au cinéma comme l’a été Créance de Sang par Clint Eastwood en 2002.


L’histoire :


     Le roman commence par la découverte d’un cadavre dans les canalisations de Los Angeles. Alors que tout porte à croire qu’il s’agit d’un drogué s’étant injecté la dose fatale, le policier chargé de l’enquête, Harry Bosch, soupçonne autre chose et ses doutes se confirment d’autant plus qu’il reconnaît le corps : la victime est un ancien compagnon d’armes de la guerre du Vietnam. En effet, tous les deux étaient des rats de tunnels, c’est-à-dire qu’ils arpentaient les galeries souterraines creusées par les Vietcongs pour les " nettoyer ", le terme Black Echo (écho noire) désignant alors les ténèbres infernales des réseaux souterrains..


     Harry Bosch mène donc l’enquête et très vite il établit un lien entre la victime et le cambriolage d’une banque qui s‘est déroulé l‘année précédente et dont les auteurs n’ont toujours pas été arrêtés.


Les personnages :


     Le personnage principal est donc Harry Bosch, inspecteur de police : il présente les caractéristiques de la figure du privé des romans noirs : dur, solitaire, déterminé et désabusé. Fort d’une expérience de 15 ans qui l‘a conduit à résoudre de nombreuses affaires criminelles, Harry Bosch ne supporte pas l’autorité, ce qui lui vaut d’être filé par les Affaires Internes qui veulent à tout prix le faire tomber. Hanté par son passé, Harry Bosch a grandi, après le meurtre de sa mère, entre foyers de jeunes et familles adoptives . Flic rebelle et homme blessé, il possède donc de nombreuses zones d’ombre et n’hésite pas à franchir les limites pour mener à bien son enquête (écoutes illégales,filatures…).


     Comme dans tout bon polar, il y a une femme…mais peut-il lui faire confiance ? Le lecteur ne le découvre qu’à la toute fin du roman.


     Les personnages ne sont donc pas manichéens : les " bons " ont leurs côtés obscurs et les " méchants " ont une certaine humanité.


La Ville :


     Ville du crime par excellence, elle tient une grande place dans le roman à travers de nombreuses descriptions. L’enquête conduit le lecteur dans ses rues : Mulholland, Rodeo Drive, Hollywood, Sepulvuda…


     Harry Bosch est fasciné par la ville et ses nombreuses contemplations nous donnent la mesure de l’ambivalence de ses sentiments à son égard : " ville fantôme ",artificielle et polluée mais aussi ville sans cesse en mouvement ; la juxtaposition de ce caractère ultra urbain avec des paysages naturels parfois encore sauvages, parcourus par les coyotes, fait toute la richesse et la complexité de cette ville.


L’intrigue :


     Elle se met très vite, voire immédiatement, en place, servie d’ailleurs par la construction du roman en huit journées, jalonnées de flash-back dans les tunnels vietnamiens. Le rythme, rapide et soutenu, tient le lecteur en haleine jusqu’à la fin du roman.


     Par ailleurs, toutes les questions soulevées par Harry Bosch ne trouvent pas nécessairement de réponse, tout n’est pas résolu.


Mon opinion :


     Les égouts de Los Angeles


     Pour les adeptes de suspense et de thriller, Michael Connelly est aussi l’auteur du captivant Le Poète.


Pour en savoir plus :

est un excellent roman policier, notamment grâce au rythme de l’intrigue et au personnage de Harry Bosch, dont on retrouve avec plaisir la suite des aventures dans La glace noire, paru en 1993, où Harry Bosch enquête sur la mort d’un collègue et un trafic de drogue.

www.michaelconnelly.com

www.michaelconnelly.free.fr


Céline, 1ére année ED/LIB

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Published by Céline - dans polar - thriller
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8 mars 2008 6 08 /03 /mars /2008 21:33
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James Ellroy
Ma part d’ombre
Collection : Rivages/Noir, 1999
Traduit de l'américain par Freddy Michalski
608 pages










 

     Dans Ma part d’ombre, publié en 1996, James Ellroy signe une autobiographie relatant les différentes étapes de sa vie, marquée par l’assassinat de sa mère le 22 juin 1958 ; cet événement occupe en effet l’ensemble du livre, divisé en quatre parties.


I- La Rouquine

    
      Tout commence par la découverte du cadavre d’une femme, Jean Ellroy (dont la photographie se trouve en début de chapitre), décrit dans ses moindres détails : " Sa robe était en désordre. Des morsures d’insectes lui couvraient les bras. Son visage était meurtri et sa langue sortait de sa bouche. Son soutien-gorge était défait et remonté au-dessus des seins. "

    
      Cette première partie semble particulièrement déconcertante par sa froideur et la distance qui sépare l’auteur de son récit. En effet, elle est écrite à la troisième personne et marquée par une absence d’affectivité. Ellroy parle de lui-même comme d’un personnage d’arrière-plan, d’un étranger : " Elle vivait avec son fils de dix ans dans la petite maison en pierre, de plain-pied, dans l’arrière-cour des Krycki. "

     
     Par conséquent, il est davantage question ici de rapport d’enquête et de reportage sur le travail de la police criminelle que d’un récit personnel. On a donc un aperçu de ce que peuvent être les difficultés de la police pour enquêter dans des banlieues reculées voire isolées. Ce chapitre nous emmène au cœur d’une enquête qui piétine, tourne en rond, et dans laquelle le moindre témoignage paraît dérisoire
.


II- Le môme sur la photo


     C’est ce second chapitre qui fait véritablement plonger le lecteur dans l’intimité de James Ellroy puisque on y retrouve la structure caractéristique de l’autobiographie : une écriture à la première personne et un récit organisé de manière chronologique. L’histoire débute quelques années avant la mort de Jean Ellroy, permettant ainsi au lecteur d’en savoir plus sur les rapports mère-fils. On constate une certaine hostilité de l’enfant envers celle-ci. En effet, il reproche à sa mère d’avoir été la cause du divorce de ses parents. Le lecteur assiste donc à ce conflit jusqu’au meurtre de Jean Ellroy le 22 juin 1958. James Ellroy est alors âgé de 10 ans.


     Durant la procédure d’enquête qui s’ensuit, certaines scènes déjà évoquées dans la première partie sont cette fois racontées d’un point de vue particulièrement personnel. Le décès brutal de sa mère va littéralement bouleverser la vie de James Ellroy puisque derrière la haine se cache en réalité un fort sentiment de désir.


     Ce complexe d’Œdipe avait en fait débuté avant le décès de Jean Ellroy, d’abord caractérisé par une forme de curiosité malsaine : " Je passais des heures dans la salle de bains, feignant de l’intérêt pour un petit sous-marin. J’ai vu ma mère à moitié nue, nue, ou simplement vêtue de sa combinaison ". C’est le début d’une obsession qui le suivra tout au long de sa vie.


     C’est par ailleurs dans ce chapitre que James Ellroy traite de la rencontre qui va être capitale dans sa vie d’homme et dans sa vie d’auteur. C’est au début de son adolescence qu’il va rencontrer le personnage du " Dahlia Noir ". C’est dans un livre que son père lui a offert qu’il se prend de passion pour cette sombre affaire de meurtre qui le fascinera tout au long de sa vie. Il la présente comme une sorte d’apparition divine : " Elle est venue à moi…. ". C’est à travers ce personnage qu’il va reporter le désir qu’il éprouve pour sa mère et faire du Dahlia Noir un substitut de cette dernière. De ces deux affaires de meurtres non élucidés va naître en lui une obsession pour la figure symbolique de la femme morte, associant le crime à une forme d’érotisme.


     C’est dans les bas-fonds de Los Angeles qu’Ellroy connaît les moments les plus noirs de sa vie, partagés entre l’alcool, la drogue et la prison. Son style d’écriture assez cru, parfois violent, s’avère particulièrement poignant dans l’évocation de cette misère extérieure qui contraste pourtant avec la richesse des fantasmes et du monde intérieur d’Ellroy.


     Cet univers marque un premier pas vers une démarche créatrice et une vocation d’auteur qui commence dès ses premières lectures avec des auteurs de polar tels Raymond Chandler ou encore Dashiell Hammett.

 

III- Stoner


     Dans cette partie, Ellroy retrace la vie et le parcours de Bill Stoner, l’inspecteur qui l’a aidé à reprendre l’enquête du meurtre de sa mère vingt ans plus tard.

 

IV- Geneva Hilliker (véritable nom de Jean Ellroy)


     Dans cette partie finale, nous retrouvons James Ellroy, âgé de 46 ans, qui part rejoindre l’inspecteur Stoner pour reprendre l’enquête. C’est un sentiment de culpabilité qui règne dans ce chapitre. Il ne considère plus sa mère comme l’objet d’un désir malsain mais comme une incarnation de la féminité qu’il s’est permis d’offenser.


     En reprenant l’enquête et en voulant lui rendre justice, James Ellroy pousse ici et à travers ce roman un ultime cri d’amour. Volontairement, Ellroy refuse d’achever ce livre en refusant d’abandonner sa mère, de la faire mourir une seconde fois.


Julie, Ed.-Lib. 1A

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2 mars 2008 7 02 /03 /mars /2008 07:10

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Thomas KELLY
Le Ventre de New York
Traduit de l’anglais (américain)
par Danièle et Pierre Bondil,
Payot & Rivages, 1998.
ISBN 2-7436-0789-0

 

    

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Thomas Kelly est né en 1961 de parents américains d’origine irlandaise. Il a grandi dans le Bronx. Afin de financer ses six années d’études supérieures, il enchaîne les emplois, notamment sur les chantiers de New York, manœuvre de nuit dans les tunnels entre autres, et à cette occasion comme pour le reste de sa vie, il s’investit dans les syndicats. Ces quelques éléments biographiques pourraient résumer Le Ventre de New York. En effet ce roman est l’occasion pour l’auteur de parler de son vécu et de dépeindre le Bronx et la ville dans laquelle il a passé la plus grande partie de sa vie, sans enjolivement, sans fausse nostalgie, mais dans la dureté et le labeur des ouvriers, dans la violence et les trafics des gangs. 

 

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Le roman n’est pas composé de chapitres mais de la succession des points de vue d’une multitude de personnages de milieux et statuts différents dont les vies s’entrecroisent dans les rues de New York. Le fil d’Ariane dans ce dédale d’expériences : la vie des deux frères Adare. Fils d’immigrés Irlandais et vivant dans le Bronx, ils évoluent pourtant dans deux sphères différentes. Le premier, Paddy, est un ancien boxeur, homme de main d’un chef de gang Irlandais, le second, Billy, travaille comme ouvrier, afin de financer ses études à l’université, au creusement des tunnels qui alimenteront New York en eau.


En effet le cadre général du récit est l’Amérique de Reagan de la fin des années 80. A cette époque, New York est en reconstruction, son visage moderne de hauts gratte-ciel émerge des chantiers. Le roman en évoque la face cachée, car, sources de profits, ils attirent les convoitises et génèrent divers trafics de la part de riches industriels et des mafias locales. L’autre aspect de la ville qui sert de contexte au récit, concerne les difficultés de cohabitation des différentes communautés ethniques issues des vagues d’immigration successives. Chaque groupe, les Italiens, les Irlandais, ont une mafia, ou un gang, qui lutte contre les autres ou forme des alliances pour asseoir sa domination sur un secteur géographique.


Le personnage principal, Billy, est presque un autoportrait de l’auteur. Au travers de ses vacances universitaires, où il travaille au milieu des ouvriers, Thomas Kelly décrit avec force détails la vie de ces gens, le danger omniprésent dans les tunnels, l’atmosphère particulière du fond de la terre, la pénibilité des tâches qui usent les hommes. Et pourtant, l’apaisement que l’on peut trouver loin sous terre, le bien-être qui suit l’épuisement physique sont aussi évoqués. Tout au long du roman, Billy est déchiré entre son milieu social, ses amis, son frère, et la vie à laquelle il aspire, l’université, le désir de s’échapper. Il ne se sent plus tout à fait à sa place dans le Bronx et ses tunnels. Lorsque le syndicat qui se bat pour garantir un dernier espace de sécurité aux ouvriers déclare la grève, il se sent comme un observateur presque extérieur, a du mal à s’impliquer dans la lutte. A l’inverse, l’université l’accueille, mais il ne trouve pas sa place auprès des étudiants qui ne le reconnaissent pas comme un des leurs. Billy montre la difficulté d’échapper à son milieu social d’origine, malgré les principes d’égalité des chances véhiculés par l’école.


Paddy représente plutôt le côté violent du Bronx. Presque tous les aspects de sa vie sont entachés par ces pressions physiques et verbales qu’il exerce et reçoit. Son frère et sa femme semblent les deux seuls îlots de paix dans sa vie. Dans les retours sur son enfance, la violence est conjugale, maculée d’alcool. Par la suite, la boxe, puis le monde des mafias les accueillent, lui et cette rage qui semble ne pas pouvoir s’exprimer autrement que par les coups. Au début il espérait effectuer quelques travaux pour le gang irlandais, puis tirer un trait sur ces activités et reprendre une vie normale. Le Ventre de New York dépeint avec Paddy l’impossibilité de quitter ce milieu autrement que les pieds devant. Chantages et passages à tabac se succèdent mais l’auteur propose une explication à cette folie meurtrière qui s’empare des hommes : pour le chef du gang irlandais par exemple, la guerre du Viêtnam est un élément de compréhension, comme si les hommes en revenaient transformés en machines à tuer.


Tous les personnages ont une profondeur, une part d’ombre et, toujours, on entrevoit pour eux une échappatoire, une porte vers une sorte de rédemption. Très loin de toute forme de manichéisme, Thomas Kelly partage les fautes et, peut-être, le seul personnage qui en semble exempt, Mary More, le policier qui essaie de démanteler les réseaux des gangs, ne sera pas épargnée par la culpabilité lorsque son indic se fera abattre pas la mafia italienne. Ce personnage est aussi la femme qui a le plus d’importance dans le roman. Elle est elle-même en lutte au sein de la police pour faire reconnaître ses capacités dans une profession où machisme et misogynie sont ancrés dans les mentalités.


Pour résumer, Le Ventre de New York fait découvrir la ville du dessous, celle des tunnels, des minorités, des grèves, des gangs et la violence du Bronx des années 80, au travers de portraits, de tranches de vies, formant une mosaïque pleine de tolérance. La précision des descriptions pose des ambiances pleines du réalisme du vécu, et si l’auteur parle de la ville, on peut dire qu’il parle aussi de lui. Le titre anglais,  Payback, tourne autour de notions de vengeance, de remboursement. Le titre français choisit met davantage l’accent sur l’aspect dénonciateur et engagé, soulevant les problèmes des minorités, en écho au Ventre de Paris, de Zola.


Le livre se lit facilement, descriptions et actions m’ont semblé assez équilibrées pour dresser de beaux décors sans pour autant rester dans la peinture figée d’une ville dont le mouvement, le bruit et les hommes font partie intégrante.


Manon, 1A Ed-Lib.

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24 février 2008 7 24 /02 /février /2008 10:18
James Ellroy
Le Dahlia noir et Ma part d’ombre
Fiches de Margaux, Marion, Sandrine

1. Le Dahlia noir

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ELLROY James
Le Dahlia Noir ( The Black Dahlia)
Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Freddy Michalski pour Rivages,
Editeur : Editions Payot & Rivages
Collection : Rivages/noir dirigée par François Guérif
Date de parution : 1987
504 pages
ISBN 978-2-86930-391-1
  • Fiche de Margaux

    Biographie :
     
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    L’écrivain américain Lee Earl Ellroy est né en 1948 à Los Angeles. Le meurtre de sa mère en 1958, alors qu’il n’a que 10 ans, va profondément influencer ses écrits. 

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    Plusieurs années plus tard, il sombrera dans la drogue et l’alcool. A partir de 1975, Ellroy se met à écrire et connait son premier succès avec le Dahlia Noir en 1987. Ce roman sera d’ailleurs adapté au cinéma par Brian de Palma en 2006 et fera partie de la sélection officielle du festival de Venise en 2006 et du festival de Deauville, la même année.
    Le Dahlia noir est le premier tome de ce que James Ellroy appelle le quatuor de Los Angeles. Ce sont quatre romans où l’action se déroule dans cette ville américaine.
    Citation : ''Par nature, je suis un écrivain obsessionnel''

    Œuvres d’Ellroy :
     
    1981 : Brown's Requiem
     1982 : Clandestin (Clandestine)
     1984 : Lune sanglante (Blood on the Moon) [Trilogie Lloyd Hopkins, I]
     1984 : À cause de la nuit (Because the Night) [Trilogie Lloyd Hopkins, II]
     1986 : La Colline aux suicidés (Suicide Hill) [Trilogie Lloyd Hopkins, III]
     1986 : Un tueur sur la route (Killer on the Road ou Silent Terror)
     1987 : Le Dahlia noir (The Black Dahlia) [Quatuor de Los Angeles, I]
     1988 : Le Grand Nulle part (The Big Nowhere) [Quatuor de Los Angeles, II]
     1990 : L.A. Confidential [Quatuor de Los Angeles, III]
     1992 : White Jazz [Quatuor de Los Angeles, IV]
     1994 : Dick Contino's Blues (Hollywood Nocturnes) [nouvelles]
     1995 : American Tabloïd [Underworld U.S.A., I]
     1996 : Ma part d'ombre (My Dark Places)
     1999 : Crimes en série (Crime Wave) [articles et nouvelles]
     2001 : American Death Trip (The Cold Six Thousand) [Underworld U.S.A., II]
     2004 : Destination morgue (Destination: Morgue!) [articles et nouvelles]
     2007 : Tijuana mon amour [articles et nouvelles] (issus d'œuvres non publiées dans les versions françaises de Hollywood Nocturnes, Crime Wave et Destination: Morgue!)

    Résumé :
     
    Dans les années 40, deux ex-boxeurs sont amenés à travailler ensemble en tant que policiers sur une terrible affaire de meurtre. Sur un terrain vague de Los Angeles, une jeune femme d’une vingtaine d’années, Betty Short, est retrouvée coupée en deux au niveau du tronc, éviscérée, mutilée mais aussi, entièrement nettoyée. Elle sera appelée le Dahlia Noir par des journalistes à cause de ses cheveux noirs et des robes noires qu’elle portait. L’enquête mène Lee Blanchard et Bucky Bleichert de Boston à Tijuana, toujours dans des lieux pauvres et violents. L’identité du meurtrier surprend le lecteur, qui ne la découvre que dans les dernières pages du livre.

    Analyse :

    Les lieux :
    la majeure part du roman se déroule dans la ville de Los Angeles et ses quartiers défavorisés. A chaque instant, Ellroy nous dépeint les traits d’une ville anéantie par la corruption (le procureur Ellis Loew qui veut cacher des preuves dans le but d’accéder à un poste plus élevé), la drogue (même un des personnages principaux, Lee Blanchard, en use), l’alcool (les personnages se rendent dans des bars à la première occasion). La confrontation entre ce monde et celui des plus riches (avec la maîtresse de Bleichert, Madeleine Sprague) est frappante. Lorsque l’action se déplace à Tijuana, au Mexique, c’est toujours dans ce contexte de quartiers populaires, où l’on retrouve des prostitués et des clochards. Dans l’ensemble, l’action se passe dans les rues glauques de Los Angeles.

     Les personnages principaux : 
    ils ont tous un problème psychologique.

    Bucky Bleichert : ex champion de boxe, il est appelé par les journalistes Mr Glace. C’est le narrateur. Dès le début, on découvre que ce personnage a un père qui perd la raison, ce qui le place dans une situation de victime pour nous lecteurs. Ce personnage est humain, il commet des fautes, a des pulsions et un sens de l’amitié certain. Au fur et à mesure que l’on avance dans le livre, on s’aperçoit qu’il sombre dans la folie, puisqu’il tombe amoureux du Dahlia et est obsédé par celle-ci.
    "Pour moi, elle était le centre de l’enquête criminelle la plus énigmatique que le service ait jamais connue. C’était elle qui avait brisé la plupart des vies qui m’étaient proches, c’était elle cette énigme faite femme dont je voulais tout découvrir. C’était là mon but ultime, enfoui si profond que je le sentais ancré dans ma chair."

    Lee Blanchard :
    lui aussi ex champion de boxe, il est appelé Mr Feu. Il est le collègue de Bleichert et aussi son ami. Impulsif et raciste (il quitte une réunion sur un coup de tête ; il abat deux noirs au cours d’une interpellation), c’est également un cambrioleur et maître chanteur. Sa vraie personnalité apparaît au lecteur petit à petit. Sa sœur a été kidnappée quand il était petit et il s’en est toujours voulu.
    Kay Lake : elle vit avec Blanchard depuis plusieurs années, mais leur relation est platonique. Lorsque Bleichert vient s’installer chez eux, elle tombe amoureuse de lui. Leur relation sera complexe jusqu’à la mort de Lee. C’est elle qui révèle à Bleichert la face cachée de la personnalité de Lee. Auparavant, elle vivait avec un gangster qui la maltraitait.

    Madeleine Sprague :
    fille d’Emmet Sprague, un des grands magnats immobiliers de Los Angeles, elle ressemble fortement au Dahlia Noir. Elle rencontre Bleichert au cours de l’enquête et couche avec lui. Une relation malsaine s’installe entre eux, puisque Madeleine accepte de faire l’amour avec Bleichert sous les traits d’Elizabeth Short.

    Elizabeth Short :
    elle est rapidement surnommée le Dahlia Noir par la presse. Avant de mourir, elle est connu pour être une fille facile, attirée par les hommes en uniforme et rêvant de faire carrière à Hollywood.
     
     Les liens avec le réel : deux éléments abondent dans ce sens :

    1- Tout d’abord, la mort de la mère de James Ellroy a fortement influencé ce récit. Il le dédicace à cette dernière qui, comme Elizabeth Short, est retrouvée morte, abandonnée dans un buisson. Le meurtre de Jean Ellroy reste par ailleurs à ce jour non élucidé. Plus qu'une affaire, Le Dahlia Noir est, dans le cas présent, un prétexte. Le but de James Ellroy n’est finalement pas de percer le mystère du meurtre de la jeune femme, même s’il prend un malin plaisir à brouiller les pistes et à livrer au voyeurisme du lecteur un coupable inattendu. Cet ouvrage constitue avant tout pour lui une manière d’exorciser le souvenir du meurtre de sa propre mère, alors qu’il était encore enfant. Ellroy y dévoile des sentiments à l’égard de sa génitrice qui flirtent avec le fétichisme et les désirs incestueux (voir Ma part d’ombre).

    2- Ensuite, cette histoire du Dahlia Noir a réellement existé. En effet, le 15 Janvier 1947, dans un terrain vague de Los Angeles, est découvert le corps nu et mutilé, sectionné en deux au niveau de la taille, d'une jeune fille de vingt-deux ans : Betty Short, surnommée le Dahlia Noir. Jusqu’à une date récente, on n’avait aucun indice quant à l’identité du meurtrier.
    Le Dahlia Noir n'avait cependant pas fini de faire parler de lui. En 2001, un dénommé Steve Hodel, détective privé et ancien policier du LAPD, propose un dénouement pour le moins pimenté à l'affaire : l'assassin ne serait personne d'autre que son père, le Docteur George Hodel.

    Avis personnel :

    Il s’agit d’un livre où le suspense nous tient en haleine, mais de façon inégale. En effet, certaines scènes restent très longues. Par ailleurs, il y a beaucoup trop de personnages, et il est donc impossible de se rappeler " qui est qui ". Heureusement, la fin vaut largement ces petits désagréments, car particulièrement inattendue.

    Margaux, Ed-Lib 1A

     
    • Fiche de Marion
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      Il est des romans qui se dévorent fiévreusement puis s’oublient et d’autres dont on se débarrasse puis qui vous hantent… Le Dahlia noir est de ceux-là : 500 pages marécageuses dont on ne ressort pourtant pas sans questions. Il n’est pas étonnant que l’œuvre d’Ellroy ait provoqué un tel foisonnement littéraire. Beaucoup d’écrits, d’interviews, d’articles, quelques thèses… et toujours autant de mystère. Car James Ellroy ne laisse voir de son histoire que ce qu’il désire. Ne l’appelle-t-on pas le " pape du roman noir " ? Mais une personnalité ne se forme qu’autour d’une mythologie première. Et Lee Earle Ellroy, le gamin voyeur et voyou, est arrivé à faire de sa propre histoire une vraie construction littéraire…

      Sa propre créature

      Jugeons-en plutôt : natif d’El Monte près de Los Angeles, le petit James vit un drame familial alors qu’il n’a que 10 ans. Sa mère meurt assassinée dans de troubles circonstances. Elevé par un père laxiste, il traîne dans la rue et goûte à la drogue, l’alcool et les filles. Orphelin à 19 ans, il vit en SDF jusqu’en 1978, date à laquelle il rédige son premier roman, Requiem Blues. Itinéraire personnel agité, personnalité complexe… Ellroy aurait pu rester toute sa vie un marginal. Mais…
      La clé du Dahlia noir ne résiderait-elle justement pas dans ce " mais "... Malgré ce lourd passé, la rédemption a été possible car l’auteur est arrivé à canaliser le " wild " qui était en lui. Son récit est d’ailleurs quasi cathartique. Ainsi dit-il lui-même qu’il s’est passionné pour le meurtre d’Elisabeth Short, alias le Dahlia noir, pour ses ressemblances avec le propre assassinat de sa mère : " A l’époque de sa mort, je haïssais ma mère. Je la haïssais et je la désirais violemment. Très tôt, j’ai appris et transformé la mort de ma mère en quelque chose d’utile et d’utilisable ". (Petite mécanique de James Ellroy, collectif).
      La trame primaire du Dahlia Noir est relativement simple : deux policiers, Lee Blanchard et Dwight " Bucky " Bleichert, boxeurs à leurs heures, vont être amenés à faire équipe à l’issue d’un match de boxe. Duo de choc du service des Mandats et Enquêtes de la division de Central de Los Angeles, ils vont enquêter sur le meurtre d’Elisabeth Short, alias le Dahlia noir, retrouvée morte dans un terrain vague. L’atrocité du crime va entraîner Blanchard et Bleichert dans une descente aux enfers, sondant les bas-fonds de Los Angeles comme les noirceurs de l’âme humaine. A première vue, l’intrigue semble classique ; mais Ellroy, l’écrivain autodidacte, a réellement renouvelé le roman policier grâce à son écriture de la perversion.

      Los Angeles, jungle urbaine

      Si on est ici bien loin des vertes pelouses anglaises et des tea-time d’Agatha Christie, Ellroy ne peut nier un certain héritage. En effet quoi de plus séduisant que de jouer du contraste pour révéler le wild ? Ce n’est donc pas seulement pour retrouver le Los Angeles de son enfance que l’auteur situe l’action au cœur des années 50, mais plutôt pour convoquer une certaine Amérique. 1950, âge d’or de la mythologie des Etats-Unis, où tout paraissait plus simple et moins dangereux… Mais soulevez le coin du rideau et apparaissent les coulisses… Au fur et à mesure de l’avancée de l’enquête, nos deux policiers, Lee Blanchard et Dwight / Bucky Bleichert, emmènent le lecteur vers les bas-fonds de Los Angeles. Los Angeles… Ville du cinéma, ville lumière où des actrices-papillons viennent se brûler les ailes ; le choix de Los Angeles n’est donc pas anodin mais résulte d’une volonté délibérée de l’auteur : " Le territoire cinématographique du film noir c’est Los Angeles, parce qu’en raison de l’importance des studios cinématographiques le prix de revient des films noirs était le plus bas " (Petite mécanique de James Ellroy,collectif).

      La destruction du mythe américain : Hollywood et le cinéma

      Los Angeles, c’est aussi et avant tout Hollywood, le rêve américain personnifié. Mythe qu’Ellroy s’amuse à tourner en dérision : le seul film que le Dahlia tournera jamais sera un mauvais film pornographique. L’écriture d’Ellroy est également très cinématographique ; les descriptions sont ciselées, les effets de focus, de ralentis, de cadres sont privilégiés. Cet esthéthisme de la violence est servie par une écriture hyper-réaliste. Ellroy utilise beaucoup d’expressions argotiques, de nombreux dialogues, de phrases nominales courtes dont l’impact est plus violent qu’un uppercut et laisse le lecteur K.O., le souffle court… Peut-être peut-on y voir des réminiscences de son passé trouble ? Toujours est-il que cette violence, rendue supportable, policée par les mots, est réellement mise en scène.

      Pulsions et maîtrise : le part de sauvage chez l’homme

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      Film de Brian de Palma

      En effet, la scène de boxe Blanchard / Bleichert qui ouvre le roman peut être perçue comme une métaphore du combat contre soi. Au fond, on peut se demander pourquoi le match de boxe entre les deux policiers occupe tant de place. Il ne semble pas que ce soit un moyen de démontrer la virilité des personnages (on verra plus tard qu’Ellroy n’établit pas de frontières nettes dans la sexualité de ses personnages) ; on peut prêter à cet épisode une signification plus profonde : le combat le plus dur n’est pas contre l’Autre mais contre soi-même pour maîtriser son wild. D’ailleurs on peut remarquer que les personnages ont des passés difficiles : Bleichert a un père qui a été nazi, Blanchard a perdu sa sœur, Elisabeth Short est en rupture avec sa famille… L’histoire personnelle de chacun des personnages conditionne sa part sauvage. Ainsi, Blanchard est en lutte permanente contre lui-même, contre ses instincts, ses obsessions tout au long du texte.
      Mais plus généralement, l’expression de l’instinct chez les personnages d’Ellroyl passe par la sexualité. En effet en 500 pages, l’auteur aborde tous les types de sexualités, des plus banales aux plus pathologiques : inceste, pédophilie, pornographie, prostitution, homosexualité, bisexualité, nymphomanie, triolisme, abstinence complète, mariage… Peut-être ce motif est-il choisi parce que la sexualité est par excellence le lieu de l’animalité, de l’absence de contrôle. Les personnages qui évoluent dans le Dahlia noir sont d’ailleurs tous borderline ; il n’y a pas d’archétype du bien et du mal ; au contraire les frontières sont très floues, flottantes, relatives même (Ellroy réaffirme ici son lignage avec Hammett et Chandler) ; ainsi Blanchard s’avérera être bien loin de ce qu’il représente.
      Mais s’ils sont ambivalents, en revanche les personnages du Dahlia noir n’ont que deux issues offertes : soit la chute, soit la rédemption. Cette thématique du salut parcours l’œuvre. Ainsi, d’abord simple corps désarticulé, Elisabeth Short est ensuite dématérialisée, élevée en sainte patronne des policiers.

      La femme dans l’œuvre d’Ellroy : l’ange noir
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      Scarlet Johansson dans le film de Brian de Palma

      Cette derrière image illustre tout à fait la question qui subsiste après 500 pages : au fond, qui est le Dahlia noir ? Toute l’enquête tourne autour d’elle mais elle reste impalpable, irréelle, image se pliant aux fantasmes. D’ailleurs la confession de Bucky Bleichert s’ouvre par ces phrases : " Vivante je ne l’ai pas connue, des choses de sa vie je n’ai rien partagé. Elle n’existe pour moi qu’au travers des autres, tant sa mort suscita de réactions transparaissant dans le moindre de leurs actes. En remontant dans le passé, ne cherchant que les faits, je l’ai reconstruite, petite fille triste et putain, au mieux quelqu’un qui aurait pu être " (Le Dahlia noir, James Ellroy). Fille mystérieuse, drapée de noir, prostituée à ses heures, actrice dans ses vœux, mignonne petite chose écervelée, Elisabeth semble être le réceptacle des fantasmes de chacun. Peut-être est-ce cette capacité à se fondre qui la rend si obsédante… 

      Stérile, elle incarne également l’échec de la société, l’impossibilité de perpétuer la vie.
      Tout comme Elisabeth Short est retrouvée coupée en deux, Marguerite Sprague est duelle. En effet, sa tendance schizophrénique se manifeste par son identification au Dahlia. Bisexuelle, elle incarne la femme vénéneuse et castratrice. A l’opposé, Kay Lake, la fiancée platonique des deux policiers, fait office sinon de mère, du moins de femme forte, qui fait de l’homme UN homme. Tailladée par son ancien petit ami, elle garde elle aussi des stigmates de la violence masculine. Mais elle est aussi celle par qui arrive la rédemption puisque elle portera la vie.
       
      Mouvement d’une partition jazzy intitulée " le Quatuor de Los Angeles ", Le Dahlia noir est, pour Ellroy, son dernier livre de jeunesse, celui avec lequel il entérine un épisode de sa vie personnelle. Pourtant, ce récit ne cesse d’inspirer de nouvelles réflexions, et a même été adapté au cinéma par Brian de Palma en 2006 (avec dans les rôles principaux Josh Harnett dans le rôle de Bleichert, Scarlett Johansson dans le rôle de Kay Lake, Hilary Swank dans le rôle de Margueritte Sprague et Aaron Eckart dans le rôle de Lee Blanchard). En fait d’adaptation il vaudrait mieux parler d’un film " inspiré de " ; en effet, comment rendre en à peine deux heures la profondeur d’un roman aussi dense ? Néanmoins cela peut constituer une entrée en matière à un livre complexe, parfois difficile, tellement ambivalent qu’il m’est même impossible de dire si je l’ai aimé ou non. Ce qui est sûr c’est qu’il ne m’a pas laissée indifférente, tantôt captivée, tantôt ennuyée, voire agacée. Un livre à lire comme un plongeon dans un univers, une véritable expérience…
       
      Marion, BIB 1ère année
       
      Bibliographie :EllroyrevuePolar-JPEG.jpg
      - L’encyclopédie universalis, articles roman policier et James Ellroy
      - Revue POLAR spécial James Ellroy, collectif, rivages/noir, 1992
      - Petite mécanique de James Ellroy, collectif, l’œil d’or, 2006
      - James Ellroy : La corruption du roman noirEssai sur le quatuor de Los Angeles, Natacha Lallemand, L’Harmattan, 2006
      - Sur l’affaire Elisabeth Short : http://www.dahlianoir.fr/
      2. Ma part d’ombre  

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    •  
      • Fiche de Sandrine
         
      C'est une oeuvre autobiographique. Cet auteur est obsédé par Los Angeles et ses crimes, surtout ceux ayant eu lieu dans les années 50, dont l'assassinat du Dahlia Noir et plus particulièrement, le meurtre de sa mère. Ma part d'ombre s'inscrit dans la mthématique de la modernité urbaine parce que le récit se situe à Los Angeles. L'auteur ne décrit pas physiquement la ville mais donne quelques bribes d'informations sur l'un des quartiers où il a vécu, El Monte. Ce livre s'inscrit dans la quête du " wild " et de la sauvagerie urbaine. Les meurtres ont eu lieu en ville, le corps du Dahlia Noir a été retrouvé dans un terrain vague à Los Angeles. Ce meurtre a été d'une telle violence qu'il a marqué les esprits mais on peut se poser la question de savoir si cette brutalité ne vient pas de la ville elle-même. Cet auteur n'écrit, pour l'instant, que sur cette ville, celle de son enfance, de son adolescence difficile. Ce récit policier reprend tous les ingrédients du genre, un meurtre, une enquête, des indices, des suspects ; pourtant ce n'est pas un roman ; James Ellroy a écrit une autobiographie sur l'événement qui a bouleversé sa vie et c'est peut-être ce qui l'a dirigé vers des lectures de romans policiers et l’a amené plus tard à en écrire. Rédiger ce livre a été un exutoire pour lui.
      Cet auteur n'est pas commun, la mort dramatique et tragique de sa mère a conditionné sa vie ; ce livre était peut-être une façon d'exorciser le mal, la douleur de perdre ses repères, ses souvenirs d'une mère " rêvée " et fantasmée.
       
      Son récit commence par la découverte du corps de sa mère, le 22 juin 1958 ; cela ne l'a pas particulièrement ému mais plutôt soulagé, pourquoi? Peut-être son père, qui en faisait une description peu élogieuse, lui a-t-il transmis sa haine contre sa mère ? Les êtres sont complexes, on ne trouve pas toujours de réponses à nos questions. Dans cette partie, l'enquête sur cet assassinat va évoluer en interrogatoires multiples, concernant des suspects éventuels mais pas de coupable. Après plusieurs recoupements les inspecteurs trouveront des suspects qui seraient un " basané "  et une " blonde " mais qu'ils ne réussissent pas à identifier ni à retrouver. En 1958 James avait 10 ans et cet événement va bouleverser sa vie.
      Par la suite l'auteur se raconte, il traite de la vie de ses parents, de sa garde attribuée à sa mère malgré son témoignage face au juge pour rester avec son père. Après le décès de sa mère, James va vivre avec son père. Il décrit sa vie, son adolescence, entre drogues et cambriolages. Il trouve une justification à ses cambriolages, celle de subtiliser de la lingerie aux jeunes filles qui occupaient ses pensées et d'assouvir ses fantasmes. Il n'a jamais volé d'autres objets, il voulait se procurer des sensations fortes sans pour autant se faire prendre.
      Sa jeunesse ne sera que déchéance ; il va se droguer, se fera réformer de l'armée et après le décès de son père, à 17ans, il deviendra SDF. Il ne vivra que de petits boulots occasionnels et encaissera, pendant un temps la pension de sécurité sociale de son père. Cette vie dissolue durera une dizaine d'années, jusqu'à ce qu'un abcès au poumon le fasse renoncer aux abus de toxiques en 1975. Ensuite il travaillera comme caddy. Pendant toutes ces années James Ellroy sera obsédé sexuellement par sa mère et le Dalhia Noir.
      Ensuite nous découvrons le parcours professionnel et personnel de Bill Stoner qui intervient dans la dernière partie du livre consacrée à l'enquête que mènent James Ellroy et Bill Stoner sur le meurtre de la mère du premier. Enfin, 35 ans après la perte de sa mère, James décide de reprendre l'enquête ; pour cela, il rencontre les anciens collègues de travail et les voisins de sa mère. Des appels à témoins sont lancés dans différents journaux mais toujours pas d'indices concernant le " basané " et la " blonde " .

      A la suite de l'enquête et des différents témoignages récoltés, James Ellroy va apprendre à connaître sa mère, son obsession pour elle ne cessera pas. Dans un court extrait, il tente de comprendre sa mère, pourquoi elle a fui Los Angeles pour un quartier populaire (El Monte) :
      " Je l'ai surprise au lit avec un homme. J'ai vu une bouteille et un cendrier sur la table de nuit. Elle nous a fait partir pour El Monte. J'ai vu une pute en cavale. Elle s'est peut-être enfuie pour créer un espace entre ces deux mondes. Elle a dit que nous partions pour mon bien et ma sécurité. Elle a couru trop vite et s'est trompée dans sa lecture d'El Monte. Elle l'avait vu comme une zone tampon. Un bon endroit pour faire la fête le week-end. Un bon endroit pour élever un petit garçon. "
      Puis l'auteur se dévoile, il imagine ce que sa mère lui a enseigné, ce qu'il n'avait peut-être pas réalisé avant cette enquête :
      " Elle a essayé de m'enseigner des choses. Je les ai apprises, tardivement. Je suis devenu discipliné, diligent, déterminé, bien plus qu'elle ne l'aurait espéré. J'ai dépassé tous ses rêves de succès. Je n'ai pas pu lui offrir une maison et une Cadillac et lui exprimer ma gratitude à la manière d'un nouveau riche. "

      Avis personnel : 
    • Ce livre présente sa mère avec une description qui est spontanée : sa vie, ses amours, quelques moments avant son décès et sa fuite vers El Monte. Mais fuir qui et pourquoi? L'auteur échafaude une théorie : sa mère voulait une autre vie pour elle et son fils. Ellroy l'a très peu connue, il ne connaissait que la description peu élogieuse qu'en faisait son père. L'enquête va permettre à l'auteur de découvrir sa mère avec les différents témoignages recueillis auprès de personnes qui la côtoyaient comme ses anciens collèges de travail, le témoignage de sa cousine au travers des souvenirs racontés par sa mère (soeur de Jean Ellroy) et des amis de sa mère. Ce roman est une quête de soi, de son identité, une recherche d'amour qu'il n'a pas pu ou su offrir à sa mère. James Ellroy se raconte et se révèle avec une impudeur extrême, dévoilant tout ce qu'il y a de plus trouble en lui. Je conseille cette lecture à toute personne qui aime les histoires pas comme les autres; vous serez peut-être choqué par certaines périodes de la vie de l'auteur mais ne soyez pas effrayé par ses 488 pages car cet ouvrage se lit très facilement. Ce roman vous permettra de comprendre le parcours de l'auteur, et comment celui-ci, par l'écriture, a réussi à exorciser sa part d'ombre.

      Sandrine D., 1ère année Bib.


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Published by Margaux, Marion, Sandrine - dans polar - thriller
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18 février 2008 1 18 /02 /février /2008 08:43

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Dashiell HAMMETT
La Clé de verre,
  Édition Gallimard, 1949
Rééd. collection Folio policier
Titre original: The glass key
Éditions Alfred A. Knopf, Inc., 1931
Traduit de l’anglais par P.J. Herr, 
Renée Vavasseur et Marcel Duhamel
283 pages.



Biographie auteur :

hammett01.jpeg

Voir Wikipedia



Paradoxe du titre :cl-deverre1.jpg
Clé : solution, avenir visant la vérité.
Verre : fragile, qui peut céder à tout moment.
Manifestation dans le livre : avenir brisé. Janet et Ned sont perdus dans les bois et ils voient une cabane, ils trouvent la clef (en verre). La clé casse dans la serrure, ils enfoncent la porte et les serpents les engloutissent...

cl-deverre3.jpeg.jpg

Thèmes principaux et environnement général du livre :
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C’est un livre fondé essentiellement sur le thème de la corruption politique donc les mensonges et la recherche de vérité ainsi que sur l’imaginaire. Il présente beaucoup de personnages très détaillés. On peut presque décrire le physique de chacun (50 personnages). 
Cependant, beaucoup de ces personnages n’apparaissent qu’une fois et ne sont pas très importants.
   

  Pour une liste complète des personnages :
site roman populaire

   
Ce livre est un roman policier à l’envers : on soupçonne quelqu’un que tout le monde croit coupable, à l’exception de lui-même, de sa mère et de Ned Beaumont. Le but de ce dernier est surtout d’innocenter son ami, c’est-à-dire qu’il serait même prêt à faire condamner un innocent. Ned est le personnage principal. On suit toutes ses actions. Il est inconscient. Fataliste ? Il vit en tout cas au présent, ne se soucie pas des dangers qui le guettent quand il se rend quelque part. Par exemple, il va chercher son argent dans un bar où Despain est connu et respecté. Son domaine. Il va chez O’Rory sans avertir personne en sachant que c'est son ennemi. 


Le sujet :
     cl-deverre5.jpeg.jpg
  Taylor Henry, fils du sénateur Ralph Henry, est assassiné. Il avait une liaison avec Opal Madvig, fille de l’associé du sénateur. C'est Ned Beaumont, un joueur, qui va mener l'enquête.
     Paul Madvig (politicien, chef de Ned Beaumont) est lui-même amoureux de Janet, la sœur de Taylor Henry. Mais Janet est un appât : c'est le moyen pour le sénateur Taylor de garder Paul avec lui jusqu’aux élections. Paul a un ami très proche : Ned Beaumont. 
     La f
in est énigmatique et laisse le lecteur libre de son interprétation.





cl-deverre6.jpeg.jpg

Avis sur le livre : 
     C’est un livre très bien écrit où vérité et mensonge se côtoient. Il est très difficile de dire lequel est le plus présent. Les personnages, bien campés, interviennent au bon moment. Le seul inconvénient, selon moi, est la recherche des preuves pour le meurtre de Taylor Henry, trop longue. On s'intéresse plus aux personnages. Ned est très sûr de lui et très fragile à la fois : c’est un enquêteur assez maladroit en comparaison de Jack, le détective privé par excellence. Il est, lui aussi, plein d'assurance : 
"- Vous ne vous êtes jamais trompé ? 
- Bien sûr que si. Je me souviens de m’être trompé une fois en 1912… je ne sais plus à propos de quoi."

Un livre à lire pour la richesse des descriptions, le caractère des personnages.

Lucie H. 1ère année Bib

 

 

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