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17 août 2012 5 17 /08 /août /2012 07:00

Dashiell-Hammett-Le-grand-braquage.gif

 

 

 

 

 

Dashiell HAMMETT
Le Grand Braquage

Titre original
The Big Knockover (1924)
Initialement traduit sous le titre
Dollars de sang

Nouvelle traduction
Janine Hérisson
et
Henri Robillot
Gallimard
Collection Carré noir, 1980
Folio policier, 2004

 

 

 

 

 

 

 

Le Grand Braquage appartient au genre du roman noir qui naît véritablement aux États-Unis dans les années 1920 et tente de rendre compte de la réalité sociétale : crime organisé, affaires mafieuses, corruption politique et policière, violence et insécurité urbaines... Tout en étant un roman de détective, il se fixe ses propres frontières en s'opposant au roman d'énigme et se situe dans un univers moins conventionnel.



Biographie

Né dans une famille pauvre le 27 mai 1894 à Baltimore, Dashiell Hammett est le fils d'un politicien escroc. Il part de chez lui à 14 ans pour mener une vie de bohème où il sera initié à la loi de la rue. Détective privé pendant six ans au sein d’une célèbre agence, il découvre l'importance de la corruption au sein de la société américaine.

De ses expériences, il tire son inspiration pour le « Roman noir » dont il est considéré comme le fondateur. Des auteurs tels que Hemingway, Chandler ont chacun reconnu son influence sur leur propre travail.

Quand Hammett rencontre le succès dans son pays, on fait de lui l'inventeur de ce que l'on peut traduire par l'« école des durs à cuire », en référence aux personnages violents et dépourvus de sensibilité qui fourmillent dans ses histoires. Ses premières nouvelles paraissent en 1922 dans les collections de romans populaires mais sans grand succès. Il écrire six grands romans : Le Grand Braquage, La Moisson rouge, Sang maudit, Le Faucon de Malte, La Clé de verre, L'Introuvable.
 
Sa brève carrière d'écrivain se termine en 1934, après une période de succès de 1929 à 1934. Alcoolique et malade de la tuberculose, Dashiell Hammett meurt à New York en 1961.



Le Grand Braquage

Cet ouvrage contient une préface de Lillian Hellman, sa femme. Il est divisé en deux parties : « Le grand braquage » et « Le prix du sang ».



La couverture

La couverture de ce livre est surprenante car elle ne correspond en rien à l’histoire qu’elle contient. En effet, on y trouve un grand bâtiment jaune avec l’inscription « Soma vintage », un numéro en haut d’une porte : 885 et enfin une moto garée devant. On ne retrouve aucun de ces éléments dans le récit.



Le protagoniste et son agence

Le travail d’écriture fait sur le personnage du détective est très intéressant. Ce détective est le narrateur de l’histoire et on ignore tout de lui, même son nom. C’est un joli exercice de style parce qu’on se demande comment l’auteur va faire pour ne jamais le nommer.

L’emploi du « je » nous donne par ailleurs l’impression non pas d’être lui, mais d’être son partenaire fidèle et silencieux. Cela le rend aussi plus distant, plus rude.

La Condinental Detective Agency où il travaille est aussi l’agence de détective que Dashiell Hammett utilise dans Le Faucon de Malte.



Résumé

1ère partie : Le grand braquage

L’histoire se déroule à San Francisco. Le détective se rend dans son bar habituel où il peut observer les truands. Il en rencontre ce soir-là un avec sa copine pour discuter des nouvelles de la rue et il en repère plusieurs venus d’autres villes.

Le lendemain en fin de journée, son patron lui apprend qu’il y a eu un très gros braquage impliquant 150 truands de plusieurs grandes villes qui se sont associés pour dévaliser deux grandes banques. La chasse débute. Le détective fait les différentes boîtes de la ville pour retrouver des truands, les identifier et les prendre en filature.

Il repère un jeune Arménien qui va de bar en bar comme lui et qui passe des tuyaux aux chefs de bandes. Il appelle donc un de ses collègues, Jack, pour l’aider à le filer. Une fois sa mission remplie, l’Arménien rentre à l’hôtel, le détective y reste également pendant que Jack suit le garde du corps du « gamin ». Après quelques minutes, le détective va voir où est l’Arménien et le découvre mort dans sa chambre. C’est la première élimination ! En effet, Jack indique les endroits visités par le garde du corps et d’autres bandits à la police qui découvre dans chaque maison des truands assassinés.

Comme il a perdu son truand, le détective va essayer de retrouver des têtes pensantes vivantes, notamment Red O’Learny qu’il avait vu la veille au bar. Son but est de le suivre car il doit savoir qui est a la tête de l’opération. Le seul problème est que d’autres truands ont pensé la même chose lorsqu’ils ont vu leurs chefs se faire tuer. Malgré eux, le détective et Jack se retrouvent impliqués dans une bagarre de bar. Ils vont aider Red et sa copine à quitter les lieux et se cachent dans un immeuble. Les deux hommes se font alors passer pour des truands. Lorsqu’ils tombent nez à nez avec les autres truands, le protagoniste en profite pour blesser Red, l’obligeant ainsi à le conduire au chef des opérations.

La petite bande se retrouve donc chez la Grande Flora, chef présumé, où on retrouve également le garde du corps et un vieux monsieur qui se fait martyriser. La supercherie démasquée, le détective est assommé et enfermé à la cave. Le vieux monsieur lui propose alors de faire descendre u n par un les bandits afin qu’il les assomme et les attache. La police arrive et il laisse partir le vieillard et la copine de Red qui n’avait rien à voir dans l’histoire. C’est à ce moment seulement qu’ils apprennent l’identité du cerveau de l’affaire.



2ème partie : Le prix du sang

Une vingtaine de jours se sont écoulés et les assurances des banques proposent une récompense pour la capture du cerveau. Un truand qui veut toucher la récompense vient voir le détective pour passer un accord. Une nouvelle quête commence…



L’écriture

Presque toute l’histoire se passe le soir et la nuit, dans des lieux très sombres, inquiétants : caves, immeubles en destruction sans électricité, forêt… Les conditions atmosphériques sont semblables : boue, brouillard…

On a presque l’impression que l’auteur prend un malin plaisir à toujours laisser le lecteur dans l’inquiétude, contrairement au détective qui, lui, n’est pas du tout inquiet et nous oblige à avancer.

Il n’est jamais question de vie privée, il ne s’agit que d’une enquête dans le monde de la nuit. Dashiell Hammett nous fait parcourir tous les recoins sombres de la ville, nous confronte au mal.

Il y a également beaucoup de descriptions des bâtiments, très précises dans la localisation, avec beaucoup de noms de rues pour donner du réalisme et de l’épaisseur ; en revanche, on reste à la surface des personnages.

L’écriture est sèche, elle implique beaucoup d’éléments visuels, des descriptions toujours sombres, sans « chichis ».

Enfin, on perd les notions de Bien et de Mal qui n’ont plus cours dans cet univers.


Laurette, 1ère année bib.-méd.

 

 

Dashiell Hammett sur Littexpress

 

HAMMETT moisson rouge couv

 

 

 

 

 

 Article de Thomas sur Moisson rouge.

 

 

 

 

 

 

 

 

Dashiell Hammett Le Faucon de Malte

 

 

 

 

 

 

 

Article de Chloé sur Le Faucon de Malte.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dashiell-Hammett-la-cle-de-verre.gif






Article de Lucie sur La Clé de verre.

 

 

 

 

 

 

 

  Dashiell Hammett Meurtres a Chinatown

 

 

 

 

 

 Article de Loïk sur Meurtres à Chinatown.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Published by Laurette - dans polar - thriller
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16 août 2012 4 16 /08 /août /2012 07:00

Raymond Chandler Les ennuis c'est mon problème

 

 

 

 

 

Raymond CHANDLER
Les ennuis c'est mon problème
 

 

Pocket bilingue, 2011

Nouvelle traduction de
Jean Sendy et J.-F. Amsel
in
Les Ennuis, c’est mon problème
intégrale des nouvelles
de Raymond Chandler
Omnibus, 2009








Biographie

Voir liens en fin d’article : autres fiches sur Chandler.


Les ennuis c'est mon problème est la dix-huitième nouvelle de Chandler ; elle paraît en 1939, la même année que son premier roman Le grand sommeil.

Dans Les ennuis c'est mon problème, il met en scène pour la cinquième fois la détective John Dalmas, narrateur de l'histoire. Ce personnage principal présente toutes les caractéristiques du héros chandlerien : coriace mais sentimental, homme solitaire, plus intéressé par la justice que par l'argent. Dans la présentation de la nouvelle, Jean-Pierre Bernam dit que

« c'est là un des traits – mainte fois imité par la suite – qui différencie Chandler des auteurs de littératures policières de son époque : plus qu'à la solution d'un énigme il s'attache – en utilisant son héros – à mettre en lumière la vérité, et tout particulièrement celle de ses personnages, principaux ou secondaires. »

Un père, M. Jeeter engage un détective, John Dalmas. Il soupçonne sa belle-fille, Harriett Huntress, d'en vouloir à son fils adoptif, Gérald, qui vient de toucher un héritage et de travailler pour Marty Estel, un joueur professionnel à qui Gérald doit de l'argent.

John Dalmas commence son enquête par une visite à Arbogast, un privé qui avait travaillé sur l'affaire, mais en arrivant à son bureau il le trouve assassiné. Il décide alors de partir pour l'hôtel où habite Harriett Huntress avec qui il ne discutera pas longtemps car Gérald va faire son apparition et interrompre la discussion.

En rentrant chez lui après ces deux échecs, il se trouve nez à nez avec deux hommes, Frisky et Waxnose Lavon, qui lui disent de « laisser tomber le môme Jeeter ». Dalmas commence à se poser des questions : qui a bien pu engager ces deux hommes ? Pour lui, ça ne peut pas être Marty Estel ; pourtant il ne voit pas qui cela pourrait être d'autre.

Selon les ordres reçus, il part chez M. Jeeter qui lui envoie son chauffeur. Les deux homme n'arrivent pas à destination, car ils sont attaqués par Frisky et Waxnose ; le chauffeur tue un des deux hommes pour se « défendre ». Dalmas fait demi-tour et rentre chez lui. C'est alors que M. Jeeter l'appelle pour lui dire de suivre ses ordres.

La Criminelle vient interroger Dalmas, soupçonné du meurtre de Frisky. Car

« quelqu'un a appelé en conseillant de dire à la criminelle que s'ils veulent savoir qui a descendu Frisky Lavon ils n'ont qu'à demander à un privé, John Dalmas ».

Il se rend une nouvelle fois à l'hôtel d'Harriett Huntress où il rencontre Marty Estel, seul dans la chambre en train d'attendre Gérald. Il veut le mettre sous protection pour être sûr qu'il ne lui arrive rien et être sûr de toucher son argent. Une fois Marty Estel parti, Dlamas se lance dans une inspection de la chambre et découvre dans un placard le cadavre de Gérald.

« Ainsi en fin de compte, il ne verrait pas la couleur de ses 50 millions de dollars, pas plus que qui que ce soit d'autre, et Marty ne récupérerait pas ses 50 000 dollars. Parce que le jeune Gérald était mort. »

Il trouve à côté du corps, le revolver de Harriett Huntress. Donc tous les soupçons convergent vers elle.

Il part pour annoncer la nouvelle à M. Jeeter, ainsi qu'à Harriett Huntress et au chauffeur qui sont également présents. Sachant qui est le meurtrier, il va exposer aux trois personnages les différents éléments de l'enquête pour arriver au véritable meurtrier.

Jusqu'au dernier moment Chandler va nous faire croire que Harriett Huntress est l'assassin, car si elle ne travaille pas pour Marty Estel, elle veut se venger de M. Jeeter qui a causé la ruine de son père. Mais comme dans la plupart de ses nouvelles, Chandler nous dévoile à la dernière page le vrai visage de l'assassin, en expliquant le mobile de façon logique.

La chute paraît tout à coup évidente, mais Chandler a l'art de nous faire douter de chaque personnage : Harriett Huntress, avec le revolver retrouvé à côté du corps de Gérald, ou encore Waxnose Lavon dont le rôle reste flou tout au long de l'histoire. On émet des doutes sur chacun sauf sur l'assassin véritable. Éclairé par les derniers éléments apportés par l'auteur, le lecteur voit toutes ses hypothèses voler en éclats.

Chandler, par la finesse de ses descriptions, arrive à nous faire visualiser non seulement le physique mais aussi la comportement des personnages, ainsi que l'environnement dans lequel ils évoluent.

Par ses descriptions, il arrive à donner à son récit l’atmosphère particulière des romans noirs. Comme le dit Jean-Pierre Bernam,

 « dès le départ le ton est donné, la silhouette des personnages même de second plan, brossé avec précision, vigueur, lucidité et humour, prend vie, l'espace – appartement, hall d'hôtel, officine de privé – s'anime. »


Lucie, 1ère année bib.-méd.

 

 

Raymond CHANDLER sur LITTEXPRESS

 

Chandler Un tueur sous la pluie

 

 

 

 

Articles de Lola et de Céline sur Un tueur sous la pluie.

 

 

 

 

 

 


 

 

Raymond Chandler sur un air de navaja 1

 

 

 

 

 

Article de Marion sur The Long Good-Bye (Sur un air de navaja).

 

 

 

 

 

 

 

 

Raymond Chandler Les ennuis c'est mon problème

 

 

 

 

 

 

 

 

Article de Lucie sur Les ennuis c'est mon problème.

 

 

 

 

 

 

 

 


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15 août 2012 3 15 /08 /août /2012 07:00

Chandler Un tueur sous la pluie

 

 

 

 

 

 

Raymond CHANDLER
Un tueur sous la pluie
Titres originaux :
« Killer in the rain »
(paru dans Black Mask en 1935)
« Bay City blues »
(paru dans Dime Detective Magazine en 1937)
et « Try the girl ! »
(paru dans Black Mask en 1937)
Traduction d’Henri Robillot
Gallimard
Série Noire, 1972
Carré Noir, 1980
Folio, 1988
Folio Policier, 2009




1. Fiche de Lola
 
Quelques mots à propos de Raymond Chandler (1888-1959)
 
 
Né à Chicago, il eChandler.jpegst l’un des maîtres du « hard-boiled », le roman policier américain noir par excellence, dont la période de gloire se situe autour des années 1930-1940. Il est souvent considéré comme l’héritier de Dashiell Hammett, de qui il tire probablement une partie de son inspiration grâce à la lecture de « pulps » dans lesquels étaient publiés de nombreux auteurs américains.
(image 3)
 Dime-detective.jpg
Il commence à écrire après avoir perdu son emploi dans une compagnie pétrolière. Il publie sa première nouvelle dans le magazine Black Mask en 1933. Son premier roman, The Big Sleep, paraît en 1939 aux États-Unis, avec pour héros le détective phare de son œuvre, Philip Marlowe, qui sera i ncarné au cinéma par Humphrey Bogart. The Big Sleep a été traduit en français par Boris Vian, et publié dans la Série noire de Gallimard sous le titre Le Grand Sommeil. Après l’adaptation cinématographique d’une partie de ses œuvres, Chandler devient scénariste pour des films policiers.
 
Pour plus d’informations :
 http://fr.wikipedia.org/wiki/Raymond_Chandler
 http://www.fantasticfiction.co.uk/c/raymond-chandler/



« Un Tueur sous la pluie »
  
Ce livre regroupe trois enquêtes appartenant à la série de nouvelles de Chandler qui lui inspireront le personnage de Philip Marlowe. Les deux premières (« Killer in the rain » et « Bay City Blues »), composées d’une dizaine de chapitres chacune, sont menées par le détective Johnny Dalmas et ont en commun le personnage du policier Violets M’Gee, qui doit son nom aux pastilles à la violette qu’il passe son temps à manger.

La troisième affaire est traitée par le détective Carmady. Embarqué dans une enquête sans rapport avec celle qu’il devait mener au départ, il se retrouve à la recherche de Beulah, une jeune femme rousse, pour le compte de Steve Skalla, un « grand malabar » qui « devait mesurer plus de deux mètres dix ». Bien que disposant de très peu d’informations au départ, il finit par découvrir que Beulah (de son vrai nom : Vivian Baring) travaillait pour une station de radio, la KLBL, sous les ordres de David Marineau. Lorsque Carmady interroge ce dernier sur l’adresse de Miss Baring, il donne sa propre adresse.

C’est ainsi que le détective tombe sur une madame Marineau persuadée que son mari la trompe avec Vivian. Carmady réussit ensuite à retrouver la chambre d’hôtel de Miss Baring, dans laquelle il trouve le cadavre de David Marineau et la femme de celui-ci, un pistolet à la main. Steve Skalla rentre alors par la fenêtre, laissant à Mme Marineau une occasion d’utiliser ses escarpins pour « assener une grêle de coups de talon » au détective qui l’envoie à terre. Pendant que les deux hommes discutent, Mme Marineau est allongée sur le canapé, ayant été au bord de l’évanouissement. Skalla s’accuse du meurtre perpétré dans la chambre.

« La fille devait sans doute jouer la comédie depuis un bon moment. […] Juste avant de lui tirer dessus, elle se mit à rire. Elle lui expédia quatre balles d’affilée dans le bas-ventre, puis le chien cliqueta dans le vide. […] Il s’assit sur le premier siège qui se présenta et se plia en avant, les deux mains plaquées sur le bas-ventre. Le sang se mit à couler entre ses doigts, lentement, comme de l’eau débordant d’un bassin trop rempli. »

C’est ainsi que Skalla se retrouve à l’hôpital. Carmady, lui, attend Beulah, seul dans la chambre. Elle rentre, arme au poing pour se défendre, puis explique que ce meurtre était de la légitime défense. Carmady décide alors de l’aider à le prouver :

« Je lui déchirai son manteau, m’acharnai sur elle sans douceur, lui pétris, lui broyai les bras et la nuque sous les doigts et lui expédiai mes jointures sur la bouche. […]

— On va attendre que les meurtrissures apparaissent et commencent à noircir, et puis on descendra en ville. »

Après quoi il ajoute :

« Je ne l’avais même pas embrassée. J’aurais au moins pu m’offrir ça. Ça ne l’aurait pas plus dérangée que le reste du tabassage que je lui avais fait subir. »

Une fois le crime avoué à la police, la jeune femme se rend au chevet de Steve Skalla, dont le décès clôt la nouvelle.



Portrait-type d’un détective

Les deux enquêteurs de ces nouvelles étant des ébauches du futur Philip Marlowe, on peut constater qu’ils possèdent de nombreux points communs pouvant définir un détective-type. Dans une atmosphère sombre, où sang et « macchabées » se côtoient dans des espaces souvent clos (voiture, chambre d’hôtel…), le détective-type boit (du whisky, de préférence), fume (des cigarettes, ou mieux encore, un bon cigare), est toujours armé et prêt à dégainer. Autant intéressé par l’argent que par les femmes, il considère généralement la police comme gênante et tient des propos racistes (« négro »). En somme, un détective hard-boiled n’est pas le genre d’homme que vous aimeriez croiser.



Avis personnel
 
Idéal pour découvrir l’univers de Chandler, ce recueil de trois nouvelles n’est pas toujours évident à lire, à cause de son atmosphère pesante. Ce qui ne découragera pas les amateurs de polars bien noirs !
 
 
Lola, 1ère année Éd.-Lib.



2. Fiche de Céline.

C’est un recueil de trois nouvelles, écrites par Raymond Chandler et traduites par Henri Robillot.

Henri Robillot a traduit de nombreux romans noirs américains, des romans de Dashiell Hammett ou encore David Goodis…



Qu’est-ce que le roman noir ?

Le roman noir est un genre qui décrit la société américaine telle qu’elle était dans les années 1920-1930. On y trouve des crimes organisés, différentes mafias, de la corruption policière et politique, des violences urbaines.



Première nouvelle : « Un tueur sous la pluie »

Le lecteur est directement propulsé dans l’action. On comprend qu’il s’agit du bureau d’un détective privé qui a rendez-vous avec Dravec ; ce dernier veut l’engager afin de garder sa fille adoptive pour lui, et peut-être l’épouser par la suite.

Le détective a pour mission de surveiller Steiner, l’amant de Carmen Dravec. Or, pendant sa planque, Steiner se fait tuer alors que lui et Carmen sont en train de faire des photos osées. Lorsque le détective arrive à l’intérieur de l’appartement, il trouve Carmen dans un état second et décide de la ramener chez elle. Lorsqu’il revient sur les lieux du crime, le corps et les photos ont disparu.

Pendant ce temps-là, un corps est découvert dans le fleuve. Il s’agit de Carl Owen, chauffeur de Dravec et ancien petit ami de Carmen. Dravec reçoit une lettre anonyme où on lui fait du chantage. Le détective va devoir découvrir qui est le maître-chanteur et récupérer les photos.

Après enquête, le détective est sur la piste de Marty, à qui la mort de Steiner est profitable car il peut reprendre son « commerce ». Il découvre que Marty est en possession des photos. Dravec et Marty vont alors s’entretuer…


 La lecture de la nouvelle peut paraître assez fastidieuse car il y a en tout neuf personnages importants, mais si on la lit d’un trait, elle est assez agréable.



Deuxième nouvelle : « Bay City Blues »

Le lecteur apprend enfin le nom du détective : John Dalmas. Son ami et policier Violets M’Gee lui parle de l’affaire Austrian. Leland Austrian, femme du Dr. Austrian est retrouvée morte dans son garage. L’affaire est assez vite classée, la police considère que c’est un suicide.

Mais Matson, l’homme qui a découvert le corps de la victime ne pense pas que cela soit un suicide, il demande l’aide de John Dalmas car il se sent menacé. Arrivé au lieu de rendez-vous, John ne trouve personne. C’est alors que Matson arrive, tabassé, et meurt avant que John ait pu l’aider.

Le détective va alors prendre l’affaire en main car il comprend que Matson avait raison, la mort de Leland est mystérieuse. Il comprend également que son meurtre a été couvert par la police. Leland, le soir de son assassinat, se trouvait dans le club de son amant Conried. Elle y perdit beaucoup d’argent et fit un scandale. Afin de la calmer, Conried appelle son mari, le médecin, qui lui injecte un calmant. À son retour à la maison, c’est l’infirmière du docteur qui vient surveiller Leland. Mais l’infirmière n’est autre que la femme de Matson, Helen.

Lorsque le détective se rend au club, il se fait aborder par Helen. Il décide de la raccompagner chez elle car elle n’est plus vraiment en état de conduire. À la sortie du club, ils se font tous les deux agresser ; quand John reprend conscience, il trouve Helen morte à ses côtés et il tient l’arme du crime entre ses mains. Il s’est fait piéger. Quand la police arrive, De Spain, l’agent, comprend que c’est un piège et aide John à s’enfuir. Ils s’associent pour élucider les trois meurtres…

On trouve encore une fois dans cette nouvelle de nombreux personnages et peu de descriptions.



Troisième nouvelle : « Déniche la fille »

Alors que le détective est en train d’enquêter, il se trouve embarqué dans un club par Steve Skalla qui est à la recherche de Beulah, son ancienne petite amie. Dans ce club, Skalla va interroger de manière brutale les employés et il ira jusqu’à tuer le patron car il ne sait pas où elle se trouve.

Skalla s’enfuit et John décide de mener son enquête pour le retrouver. Pour cela, il comprend qu’il doit d’abord trouver Beulah. Il découvre que cette dernière travaille pour une radio sous un autre nom : Vivian Baring. Après avoir interrogé le patron, M. Marineau, il se rend à l’adresse que ce dernier lui a donnée. Or, ce n’est pas l’adresse de Beulah/Vivian mais celle de Mme et M. Marineau. Mme Marineau connaît l’adresse de Beulah car elle pense que son mari et elle sont amants.

Arrivé chez Beulah, John découvre M. Marineau mort, tué par balle, et Mme Marineau avec un revolver à la main mais aucune trace de Beulah ou de Skalla…


 

Analyse

 

À la fin de chaque nouvelle, lorsque l’on pense avoir enfin élucidé le meurtre, l’auteur réussit à nous surprendre avec une chute assez étonnante. En effet, le supposé meurtrier n’est jamais le véritable tueur. Le lecteur est d’autant plus surpris que les nouvelles sont écrites à la première personne et que c’est le détective qui à la fin de chaque nouvelle découvre le vrai meurtrier sans que le lecteur s’en doute.

Le narrateur reste assez mystérieux pour le lecteur, on ne connaît pas tous ses secrets. Son comportement peut surprendre le lecteur ; on a plutôt l’impression d’être le coéquipier du détective.

On trouve dans les nouvelles de Raymond Chandler un langage de voyous, le lecteur est complètement intégré au milieu de la mafia, de l’époque des années 1930. Certains personnages secondaires sont décrits de façon assez atypique, un ancien boxer aurait tout pris sur sa « gueule sauf le pont de Brooklyn ». Les morts de certains personnages paraissent assez violentes, décrites de façon abrupte, on ne cache rien au lecteur.


C.C, 1ère année bib.-méd.

 

 

Raymond CHANDLER sur LITTEXPRESS

 

 

Raymond Chandler sur un air de navaja 1

 

 

 

 

 

Article de Marion sur The Long Good-Bye (Sur un air de navaja).

 

 

 

 

 

 

 

 

Raymond Chandler Les ennuis c'est mon problème

 

 

 

 

 

 

Article de Lucie sur Les ennuis c'est mon problème.

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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13 août 2012 1 13 /08 /août /2012 07:00

thierry-Jonquet-Mygale.gif

 

 

 

 

 

 

 

 

Thierry JONQUET
Mygale
Gallimard
Série Noire, 1984
Folio, 1995
Folio policier, 1999


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le livre est découpé en trois parties : « L'Araignée », « Le Venin », « La Proie ». Le premier chapitre s'ouvre sur le docteur Richard Lafargue et la description de son immense propriété près de Paris où est installée sa clinique de chirurgie esthétique. C'est la fin de l'après-midi et Richard Lafargue se promène dans le parc de son manoir, il semble mélancolique et calme. En revenant dans la maison, il s'approche d'un interphone et hurle, à l'attention d'une certaine Ève, de se dépêcher car ce soir, ils sortent. Richard Lafargue est devenu odieux et agressif.

Les relations entre cet homme et cette femme semblent compliquées, il est difficile de savoir ce qu'il se passe entre eux : sont-ils mari et femme ? Y a-t-il une once d'amour entre eux ?

Visiblement, non. Le couple n'est pas resté longtemps à la soirée et ils se sont retrouvés dans un appartement où arrive un homme venu pour faire d' Ève sa chose. On comprend alors que ce qu'il se passe entre eux n'a rien d'une relation de couple habituelle.

Peu après, Ève et Richard se retrouvent un dimanche dans une clinique en Normandie. C'est Ève qui rappelle à Richard qu'ils doivent s'y rendre. Ils rendent visite à une jeune malade qui vraisemblablement est dans un état de choc permanent. Richard est différent, la jeune fille qu'ils viennent voir semble lui être très chère. Ève, quant à elle, semble pressée de partir. À ce stade, il manque beaucoup d'informations sur les personnages et leur passé.

Dans le même temps, un narrateur externe s'adresse à un autre personnage en le tutoyant. Ces passages sont différents du reste du texte, ils sont en italique. Un narrateur externe s'adresse à un autre personnage, Vincent Moreau, il lui remémore ce qu'il lui est arrivé. Vincent est enfermé dans une cave, réduit à l'état d'animal. Il est retenu prisonnier par le maître, qu'il appelle la Mygale. Il est resté enfermé pendant plusieurs années : au début, Mygale lui a retiré toute dignité, lui donnant à peine de quoi se nourrir, le laissant sale après sa capture avec juste un seau pour faire ses besoins et ne lui adressant même pas la parole. Mais peu à peu, Mygale change de comportement : il apporte de la nourriture correcte, des vêtements. Une salle d'eau d'appoint fait son apparition dans la cave, au même titre qu'un piano et les deux hommes discutent souvent, comme dans une cordiale relation d'amitié. Vincent commence à s'habituer à cette vie, il a même confiance en Mygale. Ce qui va lui coûter sa virilité.

Alex est un braqueur de banque et un ami d'enfance de Vincent, qui vient d'être repéré suite à un braquage qui a mal tourné. Il se cache en banlieue parisienne et cherche une idée pour fuir. Il tombe alors sur un reportage sur la chirurgie esthétique dans lequel Richard Lafargue est interrogé et décide de l'obliger à modifier son visage pour passer les douanes dans un aéroport. Pour cela, il enlève Ève. Mais Alex n'est pas assez méfiant et sur la table d'opération, Lafargue lui administre une forte dose d'anesthésiant et l'enferme à son tour dans sa cave.

Toutefois, il y a un lien autre que l'amitié d'enfance entre Alex et Vincent : Richard Lafargue et sa fille Viviane participent à une soirée à laquelle Alex et Vincent sont présents aussi. Ils profitent du fait que Viviane soit seule pour la coincer à l'écart des autres invités et la violent. Quand Richard retrouve sa fille, elle est mutique, complètement choquée et ne supporte plus la proximité des hommes, même celle de son père. Voyant la vie de sa fille réduite à néant, Lafargue décide de se venger. Sa fille est envoyée dans un hôpital psychiatrique et il retrouve l'homme qui a détruit Viviane. Il parvient à lui mettre la main dessus ; dans son immense souffrance et le désir de vengeance qui l'aveuglent, il fait subir à Vincent Moreau le pire châtiment imaginable pour lui : un changement de sexe. Et comme si cela ne suffisait pas, Lafargue le garde avec lui, l'enfermant dans une sorte de cage dorée, une grande chambre avec tout le confort nécessaire et avec des hauts-parleurs dans lesquels il aboie des ordres et lui intime de s'habiller lorsqu'ils sortent. Ces sorties sont très particulières : elles ont lieu dans un petit studio avec une vitre teintée qui donne sur une autre chambre depuis laquelle Lafargue peut voir ce que les hommes les plus monstrueux infligent à Ève. Ce qui le fait infiniment jubiler.

Quand Alex est enfermé dans la cave, Ève révèle à Lafargue qu'ils étaient deux à agresser sa fille, ce qui pousse Lafargue à abattre Alex. Ève aurait l'occasion de s'enfuir, Lafargue lui laissant l'opportunité de partir mais, sachant sa vie brisée, elle ramasse Lafargue, recroquevillé par terre, comme une araignée ayant reçu de l'insecticide. Il est anéanti après tant de cruauté infligée, de vengeance et toutes ces vies brisées.



Le lecteur quant à lui, ne peut qu'être profondément choqué par l'extrême punition infligée par Lafargue, son intelligence reste inégalée pour infliger tant de souffrance mais, d'un autre côté, cette vengeance semble presque normale pour un père qui élève seul sa fille chérie. N'importe qui aurait basculé après une telle épreuve.

Thierry Jonquet parvient à nous tenir en haleine dans ce milieu bourgeois où rien n'est dit mais tout semble malsain. Et c'est le cas. Il conserve le mystère quant aux personnages de Vincent et d'Ève jusque tard dans le livre et cela rend l'action très excitante ; le lecteur veut comprendre et savoir à tout prix comment fonctionne Lafargue et quel est son but. C'est tout bonnement fascinant. Je ne peux que le conseiller. Bonne lecture.


E.A., 2ème année éd.-lib.

 

 

Thierry JONQUET sur LITTEXPRESS

 

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 Article d'Hélène sur La Bête et la Belle.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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31 juillet 2012 2 31 /07 /juillet /2012 07:00

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Jean-Claude IZZO
Solea
Gallimard
Série noire, 1998
Folio policier, 2001



 

 

 

 

 

 

 

 

 

Solea est le troisième volet de la trilogie marseillaise de Jean-Claude Izzo, qui met en scène le personnage de Fabio Montale.
 
Le prologue nous met tout de suite en situation : on se trouve dans la tête de Babette, qui nous introduit directement dans l'histoire, dans l'action. Elle est chez un vieil ami dans les Cévennes et on comprend vite que quelque chose cloche : elle est en danger. Elle est en effet poursuivie par la mafia, suite à un reportage sur le réseau ; elle en sait beaucoup plus qu'elle ne devrait à leur goût et ils ont déjà éliminé les proches qu'elle avait en Italie avant qu'elle ne s'enfuie en France. À la fin du prologue, elle écrit une lettre à un homme avec qui elle a eu une liaison, et qui semble lui manquer, le personnage principal : Fabio Montale.
 
Le récit va ensuite être pris en charge par ce dernier, un ancien policier marseillais qui a déjà été présenté dans les tomes précédents.

Son quotidien nous est un peu décrit au début du premier chapitre. Il semble assez nostalgique et pessimiste. Il est très malheureux que la femme dont il était amoureux l'ait quitté et soit partie ; elle se nomme Lole et lui a brisé le coeur. Il se rend dans un bar tenu par son ami Fonfon, et rencontre une femme, Sonia. Ils discutent, se séduisent, et très vite tout devient flou ; Fabio se réveille le lendemain matin avec un mal de tête abominable et un coup de téléphone du même goût. C'est en fait un appel d'un membre de la mafia qui le menace pour le pousser à retrouver Babette. Il ne prend pas tout de suite la chose trop au sérieux, et se demande juste dans quoi se retrouve Babette, ce qu'elle a fait. Dans la soirée, il essaie de téléphoner plusieurs fois à Sonia, il ne se souvient plus vraiment de leur nuit mais il a envie de la revoir. Elle ne décrochera pas, on apprend qu'elle a été égorgée sous la douche dans la matinée. Au début, le personnage n’établit pas de lien, c'est suite à un nouveau coup de fil de la mafia qu'il va comprendre : ils ont mis leurs menaces à exécution.
 
C'est une sorte d'engrenage qui s'enclenche et va s’ensuivre une série de meurtres des proches de Fabio. Les tueurs ne sont pas décidés à laisser Babette leur échapper, ils sont vraiment prêts à tout. C'est terrible pour le personnage principal, qui disait n'avoir déjà plus beaucoup de vrais amis ; les deux meilleurs sont morts des années auparavant et depuis il n'a plus vraiment confiance en la nature humaine ni en la société.

Cependant, un personnage va l'aider, Hélène Pessaire, commissaire de police chargée de l'enquête sur le meurtre de Sonia ; ils se séduisent l'un l'autre mais leur histoire reste platonique. Fabio a des relations assez compliquées avec les femmes. Dans cet ouvrage, il semble tomber amoureux assez facilement, notamment de Sonia, la jeune femme décédée ; il s'imagine douloureusement la belle histoire qu'ils auraient pu vivre tous les deux, alors qu'il ne la connaissait que depuis la veille. Il semble assez proche du commissaire aussi. Ils s'avouent leur désir l'un pour l'autre mais ne vont pas plus loin. Toutes les relations de Fabio avec les femmes semblent vouées à l'échec. Après tout, c'est un peu à cause d'une d'entre elles qu'il se retrouve dans cette situation : Babette.
 
L'intrigue est bien menée, même si on comprend assez vite le rôle de la mafia ; l'auteur nous tient en haleine pour ce qui est de savoir quel personnage va mourir ou non. On s'attache assez vite à eux, surtout au protagoniste. On attend avec lui qu'il trouve une solution quand il retrouve enfin Babette et qu'elle arrive à Marseille ; il pense pouvoir la cacher encore quelque temps avant que la police ou la mafia ne la retrouve, il veut surtout lui demander d'arrêter de les mettre tous en danger en voulant à tout prix réveler la vérité sur le réseau mafieux. Il aimerait trouver un compromis. On arrive à la fin du livre et rien ne semble indiquer une solution possible, qui épargnerait la vie de Babette et de Fabio. Et en effet, je ne vous révelerai pas la fin mais je dirai juste qu’elle est triste et aussi noire que le roman.



Solea est une œuvre à mon goût bien écrite, et l'auteur sait manier les mots de façon à nous donner envie de lire l'histoire jusqu'au bout, pour connaître le destin qui attend ses personnages ; il allie des mots simples et des phrases dans lesquelles sonne une certaine poésie, qui rend la nostalgie du personnage pleine de charme.


Chloé NICOL, 1ère année bib.

 

 

Jean-Claude IZZO sur LITTEXPRESS

 

Jean Claude Izzo Total Kheops

 

 

 

 

Article d'A.G. sur Total Chéops.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jean Claude Izzo Chourmo

 

 

 

 

 

Article de Soizic sur Chourmo + étude d'ensemble de la Trilogie marseillaise.

 

 

 

 

 

 

 


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27 juin 2012 3 27 /06 /juin /2012 07:00

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Iain LEVISON
Arrêtez-moi là !
Titre original 

The Cab driver
Traduction
de Fanchita Gonzalez Battle
Liana Lévi, 2011





 

 

 

 

 

 

 

 

 

Biographie

Né à Aberdeen en Écosse, en 1963, Iain Levison arrive aux États-Unis en 1971. S'ensuit alors une authentique vie de bourlingueur : service militaire sous le drapeau britannique en Afrique du Sud, longue période de chômage à Glasgow, création d’une société de cinéma rapidement déficitaire, « petits boulots » pendant dix ans à travers tous les États-Unis... Titulaire d'une licence de lettres, il finit ainsi par se mettre à l’écriture de romans, lesquels traverseront l'Atlantique et paraÏtront en France : Une canaille et demie, publié en 2003, suivi de Un petit boulot en 2006 et de Tribulations d'un précaire en 2007, récit autobiographique dans lequel il évoque les 42 « petits boulots » qu'il a exercés. Son dernier roman, qui date de 2011, aborde le thème de l'erreur judiciaire. Il vit aujourd’hui à Raleigh en Caroline du Nord.



Résumé et analyse

Arrêtez-moi là ! est l'histoire d'une erreur judiciaire racontée avec authenticité et sans concession. Ainsi, le livre est une occasion pour l'auteur de critiquer sévèrement le système judiciaire étasunien, qui cherche à tout prix un coupable et bâcle les enquêtes en inculpant la première personne venue. C'est ce qui arrive au personnage principal, Jeff Sutton, qui est accusé à tort d'avoir enlevé, séquestré et peut-être assassiné une fillette de 12 ans. Commence alors pour lui une descente aux enfers dont le point de départ est une arrestation policière sommaire. S'ensuit alors un long interrogatoire au commissariat qui s'achève par une incarcération, et tout cela en moins d'un jour, ce qui est révélateur et montre bien le caractère expéditif de la justice aux États-Unis.

Concernant les choix de narration, l'histoire est racontée à la première personne du singulier, du point de vue de Jeff Sutton. Cela permet ainsi au lecteur de se mettre plus facilement dans la peau de ce personnage principal et d'être en empathie totale avec ce qu'il ressent, comme ce sentiment de grande injustice accompagné du désir ardent d'être juste en train de faire un cauchemar et de bientôt pouvoir se réveiller. À la lecture de ce livre, il est difficile de ne pas songer au Procès de Kafka.




Mon avis

Au travers de cette œuvre, j'ai pu percevoir le talent de Iain Levison en matière de satire sociétale, caractéristique qui se retrouve dans d'autres ouvrages de l'auteur. Ce dernier dénonce ici, incisivement et efficacement, le système judiciaire des États-Unis avec toutes ses dérives. Un livre intéressant à découvrir.


Antoine, 2e année Bib.-Méd.


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9 juin 2012 6 09 /06 /juin /2012 07:00

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Edogawa RANPO

江戸川 乱歩
Le Lézard noir

黒蜥蜴
Kuro-tokage, 1929
traduit du japonais
par Rose-Marie Makino-Fayolle
Picquier, 1993
Picquier poche, 2000


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Edogawa Ranpo (1894 – 1965)
Voir biographie sur le site La Littérature japonaise.

 

 

 

Le Lézard noir

Monsieur Shōei Iwase est un riche bijoutier de Tōkyō. Il n’a qu’une fille, Sanae, qu’il souhaite voir épouser un fils de famille distinguée. Il reçoit un jour une lettre lui recommandant de faire attention à sa fille. N’y croyant pas d’abord, il commence à réfléchir ensuite quand il reçoit plusieurs lettres du même type. Il demande donc à Akeshi Kogorō, détective privé, d’assurer la protection de sa fille. Ainsi commence l’histoire du Lézard noir, cambrioleuse intelligente, maniant l’art du déguisement à la perfection et possédant une imagination débordante. Elle souhaite posséder l’ « Étoile égyptienne », diamant brillant de mille éclats et trésor national du Japon. Le Lézard noir va donc tenter d’enlever Sanae pour l’échanger ensuite contre la pierre précieuse qui est justement en la possession de monsieur Iwase. S’engage alors une course poursuite entre la belle voleuse et le détective privé.

Dans ce roman, Ranpo ne laisse aucune place à la description et à la compréhension de chaque personnage. C’est-à-dire que tout se passe rapidement. Il n’y a pas de temps mort. Cet aspect peut au départ dérouter car on peut donc moins s’attacher ou se retrouver dans un des personnages. Mais cette distance permet aussi de recentrer l’attention sur la succession d’énigmes.

Le personnage du Lézard noir, bien que certains aspects de sa personnalité et de son histoire restent flous, est très intéressant et mérite que l’on s’y attarde. C’est le personnage caricatural de « la méchante ». C’est-à-dire qu’elle possède toute la classe, la subtilité, la ruse et ce grain de folie attribué à tous les « méchants ». Elle est sans scrupules, manipulatrice et collectionneuse. Affreusement collectionneuse. C’est une pulsion irrépressible chez elle. Le Lézard noir adore berner de la police, joue « au chat et à la souris » très souvent avec Akeshi et n’hésite pas à se mettre en danger juste pour pouvoir continuer ce petit jeu. Ce personnage me rappelle beaucoup celui de Catwoman. Ce sentiment d’attirance entre le lézard noir et Akeshi ressemble à celui qui existe entre Batman et Catwoman, une voleuse elle aussi.

« Mais, madame, en quoi cette affaire vous passionne-t-elle ? lui demandait alors le détective en la regardant droit dans les yeux.

– J’adore les romans policiers. J’ai été absolument fascinée par l’histoire que m’a racontée la fille de M. Iwase, c’est tellement romanesque ! Et puis, quand je pense qu’un célèbre détective comme vous y est mêlé, j’ai l’impression d’être devenue moi-même un personnage de roman, si vous voyez ce que je veux dire », répondit la femme en noir.

Notre lézard noir, qui connaissait M. Iwase, s’était progressivement rapproché de lui et de sa fille et, avec son sens étonnant des relations sociales, n’avait pas mis longtemps à nouer des relations d’amitié avec Sanae au point de devenir sa confidente. »



Akeshi recourt autant aux déguisements que le Lézard noir. Cet aspect renvoie d’abord au changement de costumes dans une pièce de théâtre mais aussi à bien plus que cela. Quand un des personnages principaux se déguise, ce n’est pas seulement pour changer de vêtements et échapper à la police ou approcher de plus près son ennemi mais c’est avant tout pour changer totalement. Lorsque le Lézard noir se transforme, elle devient le personnage dont elle revêt l’apparence.

« Le Lézard noir descendit l’escalier à toute vitesse mais, au lieu de se diriger vers la sortie, entra dans sa chambre.

Trois minutes, il ne lui fallut pas plus de trois minutes.

Quand la porte s’ouvrit, ce fut pour laisser passer un jeune dandy. En chapeau mou et veston, des lorgnons prétentieux au nez, avec une épaisse moustache, il portait dans la main droite une canne en bois de couleuvre et sur le bras gauche un pardessus.

La transformation n’avait pas duré plus de trois minutes. Un véritable tour d’adresse, au même titre que la danse des sept transformations d’O-Some. »



Dans ce roman, on peut aussi déceler une tonalité fantastique. C’est un peu la « signature » d’Edogawa Ranpo. Toujours mélanger le réalisme et un sentiment d’incongruité, d’absurde qui peut mettre mal à l’aise, qui crée une certaine tension, la volonté de savoir ce qui se passe et donc de « dévorer » au plus vite l’histoire.

« Regardez comme ils sont bien faits… C’est presque trop, non ? Approchez-vous donc un peu plus de la vitre. Tenez, voyez-vous le fin duvet sur leur corps ? On n’a jamais entendu dire que des mannequins de cette sorte possédaient un duvet.

Sanae, soudain piquée par la curiosité, se rapprocha de la vitre. Ces poupées avaient un charme tellement étrange… C’est qu’il y avait vraiment du duvet. Et puis, pouvait-il exister des mannequins de cire avec une telle couleur de peau et des ridules tellement fines qu’elles en étaient criantes de vérité ?

« Mademoiselle Sanae, croyez-vous vraiment que ce soient des mannequins de cire ? »



Avis personnel

J’ai bien aimé ce roman. Notamment pour le personnage du Lézard noir qui m’a surprise à chacune de ses actions, de ses paroles, par sa façon d’être. J’avoue que j’ai malgré tout eu un peu de mal en ce qui concerne les énigmes et les changements de costumes. On se perd un peu. Il m’a fallu relire trois ou quatre fois la fin car tout se précipite vraiment et à un moment on se perd totalement dans les personnages. J’ai aussi apprécié l’idée que le personnage d’Akeshi se mettait un peu à la place du Lézard noir pour contrer ses plans. Ces deux personnages, me semble-t-il, font vraiment la paire bien qu’ils soient ennemis.


Alice. L., 2e Année Bib-Méd-Pat.

 

 

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Le roman a été adapté au cinéma par Yukio Mishima ; le film a été réalisé par Kinji Fukusaku en 1969.

 

 

 

 

 

 

Edogawa Ranpo sur LITTEXPRESS

 

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Article d'Hélène sur L'île panorama

 

 

 

 

 

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Article de Valentin sur La Bête aveugle.


 

 

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27 avril 2012 5 27 /04 /avril /2012 07:00

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David GOODIS
Nightfall
Gallimard,1950,
Rivages/Noir 2009
nouvelle traduction
de Christophe Mercier


 

 

 

 

 

 

 

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David Goodis est né le 2 mars 1917 pour mourir le 7 janvier 1967 à Philadelphie, âgé de 49 ans, seul et dans l'indifférence générale. L'écrivain fut longtemps oublié aux États-Unis, son propre pays, mais reconnu en France comme un maître du polar, ayant participé à populariser le genre.

En 1938, il sort de l'université, un diplôme de journalisme en poche, et part s'installer à New York. Il débute alors sa carrière en écrivant pour les pulps (magazines américains très peu coûteux). Son premier roman, Retour à la vie, est publié en 1939 ; malgré un accueil plutôt positif par la critique, le succès commercial n'est pas au rendez-vous. Mais l'homme est décidé à vivre de sa plume, et ses efforts sont récompensés quand, en 1946, il publie son second roman, Cauchemar (en anglais Dark Passage). Et là tout s'enchaîne très vite : le livre est adapté au grand écran avec comme acteurs principaux les deux stars Humphrey Bogart et Lauren Bacall, sous le titre Les Passagers de la nuit en français, devenu aujourd'hui un classique du genre. La réussite du roman et du film lui vaut d'être embauché comme scénariste à la Warner Bros. Fort de ce succès, il publie l'année suivante Nightfall.
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Cependant, Goodis est un personnage très particulier, puisqu'il décide soudainement d'abandonner sa vie de scénariste hollywoodien et de retourner vivre chez ses parents à Philadelphie. C'est le début d'une longue descente aux enfers ; il sombre dans l'alcool, la solitude. Le mystère autour de sa vie est toujours présent, car encore aujourd'hui demeurent de nombreux trous dans sa biographie. Beaucoup ont d'ailleurs pu remarquer les similitudes que l'on peut retrouver entre la personnalité triste et perturbée de ses personnages principaux et la sienne ; peut-être a-t-il eu le désir de projeter sur le papier ses propres démons. Pour plus d'informations, vous pouvez consulter le site  www.davidgoodis.com (en anglais), très complet, qui réunit les nombreuses recherches effectuées sur l'auteur.

Certes, ses romans se vendent très bien aux Etats-Unis, mais c'est particulièrement en France que l'écrivain accède à une véritable reconnaissance littéraire, à travers la publication de ses œuvres dans la toute nouvelle collection de Gallimard, « Série Blême », puis « Série Noire » (Nightfall est publié pour la première fois en France en 1950). Goodis est là encore popularisé grâce aux adaptations cinématographiques telles que Tirez sur le pianiste par François Truffaud en 1960 ou un peu plus tard La lune dans le caniveau par Jean-Jacques Beinex en 1983.



L'histoire

Comme la plupart des autres héros de Goodis, James Vanning est un homme ordinaire, seul et triste, sans grande ambition, qui aspire à une meilleure vie. Mais un jour, tout bascule. C'est ce qui s'appelle se retrouver au mauvais endroit au mauvais moment. Alors qu’il s’arrête pour porter secours à une voiture accidentée sur une route déserte, il s'avère que les blessés sont des gangsters en fuite venant tout juste de braquer une banque à Denver. Il se retrouve donc pris en otage et embarqué dans cette histoire. Puis, pour une raison qu'il ne comprend absolument pas, les malfaiteurs le laissent seul dans une chambre d'hôtel, avec pour seule compagnie la mallette du braquage contenant 300 000 dollars et un revolver chargé. Complètement paniqué, il s'enfuit avec les deux objets, mais se fait stopper dans sa course par un associé des gangsters, qu'il tue en situation de légitime défense. Le voilà en plus devenu un meurtrier. Alors il continue de courir encore et encore, jusqu'à bout de souffle, et surtout jusqu'à ce qu'il se rende compte qu'il n'a plus la mallette à la main. Convaincu, et à raison, que la police ne le croira jamais s'il leur raconte qu'il ne sait plus ce qu'il a fait des 300 000 dollars, il se réfugie à New York, se transformant en fugitif, tentant d'échapper à la fois aux forces de l'ordre mais aussi aux malfrats qui le poursuivent. À tout cela, vient s'ajouter une histoire d'amour qui n'est pas moins compliquée : sa bien-aimée Martha est-elle réellement sincère dans ses sentiments ou veut-elle le piéger pour le livrer à ses agresseurs.



Deux points de vue

Le récit adopte deux points de vue : celui de Vanning, qui tente désespérément de se souvenir du moment où il a pu faire tomber la fameuse mallette, mais aussi celui de Fraser, l'enquêteur chargé de procéder à son arrestation ; il ne l'arrête cependant pas, son instinct lui disant que l'homme aurait effectivement gardé l'argent pour lui, mais qu'il n'aurait pas le profil d'un meurtrier. Le choix de ces deux points de vue est intéressant, car cela permet au lecteur de se sentir impliqué dans le récit. On suit les réflexions de Fraser en sachant ce qu'il ne sait pas, en connaissant la vérité. Cela engendre même presque un sentiment de frustration et l'envie naturelle de souffler au policier que rien de toute cette histoire n'est réellement la faute de Vanning.



L'écriture

L'écriture de David Goodis se distingue par sa simplicité, des phrases souvent courtes qui vont directement à l'essentiel. Cela donne un style assez particulier à l'ensemble, dépouillé de toute fioriture, qui on le voit a fortement inspiré les cinéastes, dans sa capacité à décrire des événements à la manière d'une scène, d'une séquence cinématographique.

Enfin, en plus de cette écriture caractéristique des romans noirs de l'époque, on retrouve une certaine ironie ressortant du caractère même de Vanning. Le peu, voire le manque total d'espoir de s'en sortir vivant ou libre lui procure un regard très cynique sur sa situation.




Séphora Villeronce, 1ère année Édition-Librairie

 

 

David GOODIS sur LITTEXPRESS

 

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Article d'Anaïs sur La Blonde au coin de la rue 

 

 

 

 

 

 

 

David Goodis rue barbare

 

 

 

 

Article de Blandine sur  Rue Barbare

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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26 avril 2012 4 26 /04 /avril /2012 07:00

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Raymond CHANDLER
Les ennuis c'est mon problème
Pocket bilingue, 2011
nouvelle traduction de
Jean Sendy et J.-F. Amsel
in
Les Ennuis, c’est mon problème

intégrale des nouvelles

de Raymond Chandler

Omnibus, 2009



 

 

 

 

 

 

 

Raymond Chandler est né en 1888 à Chicago et grandit en Grande-Bretagne. Après avoir été journaliste dans un magazine londonien, puis poète et essayiste il retourne aux États-Unis à 23 ans. Il n'écrira plus une ligne pendant vingt ans. Durant la crise des années 1930, multipliant les absences à son travail, il sera renvoyé. Et c'est ainsi qu'en 1945, il décide de gagner sa vie par l'écriture. Entre 1936 et 1938, il écrit seize nouvelles dont la plupart seront des matrices de ses sept roman et qui feront de lui un des pères fondateurs du roman noir américain. A 55 ans, il fait ses débuts dans le cinéma, d'abord pour la Paramount puis pour Universal ; le scénario Play-Back à défaut de devenir un film sera son dernier roman. Il décède en 1959 en Californie.

Les ennuis c'est mon problème est la dix-huitième nouvelle de Chandler ; elle paraît en 1939, la même année que son premier roman Le grand sommeil. Dans Les ennuis c'est mon problème il met en scène pour la cinquième fois la détective John Dalmas, narrateur de l'histoire. Ce personnage principal présente toutes les caractéristiques du héros chandlerien : coriace mais sentimental, homme solitaire, plus intéressé par la justice que par l'argent. Dans la présentation de la nouvelle, Jean-Pierre Bernam écrit :

« c'est là un des traits – mainte fois imité par la suite – qui différencie Chandler des auteurs de littératures policières de son époque : plus qu'à la solution d'un énigme il s'attache – en utilisant son héros – à mettre en lumière la vérité, et tout particulièrement celle de ses personnages, principaux ou secondaires. »



Un père, M. Jeeter engage un détective, John Dalmas. Il soupçonne sa belle-fille, Harriett Huntress, d'en vouloir à son fils adoptif, Gérald, qui vient de toucher un héritage et de travailler pour Marty Estel, un joueur professionnel à qui Gérald doit de l'argent.

John Dalmas commence son enquête par une visite à Arbogast, un privé qui a travaillé sur l'affaire, mais en arrivant à son bureau il le trouve assassiné. Il décide alors de partir pour l'hôtel où habite Harriett Huntress avec qui il ne discutera pas longtemps car Gérald va faire son apparition et coupera court à la discussion entre les deux protagonistes.

En rentrant chez lui après ces deux échecs, il se trouve nez à nez avec deux hommes, Frisky et Waxnose Lavon qui lui disent de « laisser tomber le môme Jeeter ». Dalmas commence à se poser des questions : qui a bien pu engager ces deux hommes ? Pour lui ça ne peut pas être Marty Estel ; pourtant il ne voit pas qui cela pourrait être d'autre.

Selon les ordres reçus, il part chez M. Jeeter qui lui envoie son chauffeur. Les deux homme n'arriveront pas à destination, car ils seront attaqués par Frisky et Waxnose ; le chauffeur tuera un des deux hommes pour se « défendre ». Dalmas fait demi-tour et rentre chez lui. C'est alors que M. Jeeter l'appelle pour lui dire de suivre ses ordres.

Soupçonné du meurtre de Frisky, Dalmas est interrogé par la Criminelle. Car « quelqu'un a appelé en conseillant de dire à la criminelle que s'ils veulent savoir qui a descendu Frisky Lavon ils n'ont qu'à demander à un privé, John Dalmas ».

Il se rend une nouvelle fois à l'hôtel d'Harriett Huntress où il rencontre Marty Estel, seul dans la chambre en train d'attendre Gérald. Il veut le mettre sous protection pour être sûr qu'il ne lui arrive rien et toucher son argent. Une fois Marty Estel parti, Dalmas se lance dans une inspection de la chambre et découvre dans un placard, le cadavre de Gérald.

« Ainsi en fin de compte il ne verrait pas la couleur de ses 50 millions de dollars, pas plus que qui que ce soit d'autre, et Marty ne récupérerait pas ses 50 000 dollars. Parce que le jeune Gérald était mort. ».

Il trouve à côté du corps, le revolver de Harriett Huntress. Donc tous les soupçons convergent vers elle. Il part chez M. Jeeter pour lui annoncer la nouvelle, ainsi qu'à Harriett Huntress et au chauffeur qui sont également présents. Sachant qui est le meurtrier ,il va exposer aux trois les différents éléments de l'enquête pour arriver aux véritable meurtrier.

Jusqu'au dernier moment Chandler va nous faire croire que Harriett Huntress est l'assassin, car si elle ne travaille pas pour Marty Estel, elle veut se venger de M. Jeeter qui a causé la ruine de son père. Mais comme dans la plupart de ses nouvelles, Chandler nous dévoile à la dernière page le vrai visage de l'assassin, en montrant de façon logique pourquoi il l'a fait.

La chute paraît tout à coup évidente, mais il a l'art de nous faire mettre le doute sur chaque personnage, Harriett Huntress avec le revolver retrouvé à côté du corps de Gérald ou encore Waxnose Lavon dont le rôle reste flou tout au long de l'histoire. On émet des doutes sur chacun sauf sur l'assassin en question. Éclairé par les derniers éléments apportés par l'auteur, le lecteur voit toutes ses hypothèses voler en éclats.

Chandler par la finesse de ses descriptions arrive à nous faire visualiser non seulement le physique mais aussi la comportement des personnages, ainsi que l'environnement dans lequel ils évoluent.

Par ces descriptions il arrive à transcrire l’atmosphère particulière des romans noirs. Comme le dit Jean-Pierre Bernam,

« Dès le départ le ton est donné, la silhouette des personnages même de second plan, brossée avec précision, vigueur, lucidité et humour, prend vie, l'espace – appartement, hall d'hôtel, officine de privé – s'anime. »


Lucie, 1ère année Bib.

 

 

Raymond CHANDLER sur LITTEXPRESS

 

 

Raymond Chandler sur un air de navaja 1

 

 

 

 

 

Article de Marion sur The Long Good-Bye (Sur un air de navaja).

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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18 février 2012 6 18 /02 /février /2012 07:00

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Donato CARRISI
Le Chuchoteur
éditions Calmann-Lévy, 2010






 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’auteur, Donato Carrisi, avant d’écrire ce livre, n’était pas écrivain. En effet, il était juriste de formation, spécialisé en criminologie et sciences du comportement. Il a également écrit une thèse sur un tueur en série italien : Luigi Chiatti surnommé par la presse le « monstre de Foligno ». Ce tueur en série a assassiné deux petits garçons  âgés de quatre et treize ans en 1992 et 1993.

Le Chuchoteur, c’est l’histoire de cinq petites filles disparues. Cinq petites fosses ont été creusées dans une clairière et au fond de chaque fosse se trouve un petit bras  gauche.



Entre réalité et fiction

Le livre parle d’un tueur en série qui ne s’en prend qu’aux petites filles alors que le « monstre de Foligno » a tué deux petits garçons. On remarque, par contre, que l’âge des victimes dans le livre et malheureusement dans la réalité est similaire (entre quatre et treize ans). Lorsque les deux garçons ont été retrouvés, leurs corps comportaient des ecchymoses mais il ne manquait pas de membres. L’auteur, pour bien ficeler son histoire, a ajouté un élément encore plus tragique : un bras coupé sur chaque corps des petites victimes.

On remarque également d’autres similarités entre le vrai tueur et celui du livre : ils ont tous les deux grandi dans un orphelinat. Le thème de l’homosexualité en est aussi un point commun entre réalité et fiction.

La réalité peut parfois être plus horrible que la fiction… Restons donc dans la fiction et continuons d’analyser ce thriller.



L’équipe d’enquêteurs

Elle est composée de cinq agents faisant partie de l’unité d’investigation des crimes violents et d’une enquêtrice supplémentaire, qui s’occupe des disparitions d’enfants. Les cinq agents composant l’équipe principale sont : Goran Gavila, le criminologue ; l’agent Stern, un vieil inspecteur ayant beaucoup d’expérience ; Sarah Rosa, spécialisée dans l’informatique ; Klaus Boris, qui s’occupe des interrogatoires et enfin l’inspecteur en chef Roche.

L’agent envoyé en renfort est Mila Vasquez : « Dans sa carrière, Mila Vasquez avait résolu 89 cas de disparitions ». Elle est envoyée en renfort pour essayer de  retrouver la sixième fille, inconnue, disparue.
 
 

L’histoire principale

Tout au long de l’histoire, le lecteur, par le biais de l’équipe d’enquêteurs, est mené de bout en bout par le tueur. En effet, à chaque fois que l’on pense enfin découvrir qui est l’auteur de ces atrocités, l’auteur ajoute un rebondissement, qui sans perdre le lecteur, le pousse vers une autre piste. Et le rebondissement n’est autre que la découverte d’un nouveau psychopathe, d’un nouveau tueur.

Le premier psychopathe suspecté d’être le tueur en série recherché est Alexander Bermann. Il est découvert dès le troisième chapitre du livre, ce qui pousse le lecteur à avoir des doutes : pourquoi découvrirait-on si tôt le vrai tueur ? On comprend assez rapidement que ce n’est pas le tueur malgré le fait que le corps de la première fillette enlevée soit découvert dans sa voiture.

Le second est le père Timothy. C’est bien un tueur, mais pas celui qui est recherché. Il essayera de tuer une des enquêtrices.

Le troisième est Feldher. Ce personnage avait déjà était interrogé car il était un des camarades du père Timothy à l’orphelinat où ils ont grandi ensemble. Il a tué une  femme et ses deux enfants après les avoir séquestrés dans leur propre maison pendant plus d’un mois. Dans cette maison, on découvre que Feldher n’est pas seul. Et le deuxième homme n’est autre que le véritable tueur.

Le dernier tueur que le lecteur « rencontre » est Joseph B. Rockford. C’est un homme extrêmement riche qui n’a jamais quitté son palais sauf une fois. Et cette fois lui suffira pour rencontrer le tueur qui va le pousser à tuer les hommes que sa mère faisait venir pour l’empêcher de tomber amoureux de sa sœur.
 
Avec ces quatre assassins, le tueur brouille réellement les pistes et c’est lui qui les pousse à tuer : le Chuchoteur. De plus, cette notion de chuchoteur donne du fil à retordre aux policiers mais également durant le procès où ils ont du mal à produire de véritables preuves.
 
Au total, le lecteur découvre six tueurs, les quatre cités précédemment, plus le complice du tueur que le lecteur découvre d’une façon assez surprenante et enfin le tueur lui-même. Et le lecteur est laissé sur sa faim car l’auteur ne va donner aucun détail sur la vie du tueur. On ne connaîtra rien de son histoire personnelle.

Certes, le lecteur est un peu déboussolé mais il n’est pas au bout de ses surprises. En effet, l’auteur a subtilement intégré plusieurs histoires parallèles.



Histoires parallèles

Le premier chapitre est une correspondance entre un directeur de prison et un procureur général. Dans cette correspondance, le directeur de prison parle du comportement étrange d’un de ses prisonniers qui fait méticuleusement attention à ne pas laisser de traces ADN derrière lui (il ramasse tous les cheveux qui tombent, essuie tout ce qu’il touche…). On apprend à la fin que ce prisonnier n’est autre que le tueur lui-même.
 
Certains chapitres sont écrits en italique, on comprend que c’est l’histoire d’une petite fille enlevée et blessée. Le lecteur pense donc tout de suite que c’est la sixième fillette. Mais le lecteur se trompe, c’est l’histoire de Mila Vasquez, l’enquêtrice, enlevée lorsqu’elle était plus jeune. On comprend mieux alors le comportement et la carrière de Mila.
 
Chaque agent va avoir un secret :
– Mila Vasquez et son enlèvement,
– Klaus Boris va être arrêté à propos d’une enquête antérieure et suspecté de meurtre,
Sarah Rosa n’est autre que la mère de la sixième fillette enlevée et le tueur l’obligeait à être sa complice,
– Goran Gavila cache un énorme secret concernant sa famille…



L’écriture de Donato Carrisi

À chaque fin de chapitre, on pense enfin comprendre l’intégralité du livre. Mais non. Le lecteur est à nouveau emmené dans un tourbillon d’actions. L’auteur s’est montré très habile dans la construction narrative car il a su mélanger toutes les histoires personnelles des personnages à une histoire complexe et assez terrible. Tout cela sans perdre le lecteur évidemment.

Pour que le lecteur ait le sentiment de participer à l’enquête, l’auteur a évité les termes trop techniques, comme par exemple durant les autopsies : les termes employés permettent au lecteur de comprendre tout de suite les causes du décès tout en lui épargnant les plus horribles détails.
 
De plus, l’écriture est tellement fluide que le lecteur oublierait presque qu’il est en train de lire. C’est comme si l’auteur nous plongeait dans un épisode de la série « Esprits Criminels ». Il décortique les scènes de crimes, essaye de comprendre le tueur et Gavila va même jusqu’à lui attribuer un nom, « Albert » :

« En effet, devant un mal aussi féroce et gratuit, on tend à oublier que l’auteur, tout comme la victime, est une personne, avec une existence souvent normale, un travail et parfois aussi une famille. »



Mon avis
 
Le roman est assez long : 432 pages mais cela ne m’a pas empêché de le lire presque sans interruption. Même si ce livre requiert beaucoup de concentration (pour ne pas se perdre entre les changements d’histoires selon les chapitres, les rebondissements, les petits détails sans lesquels on ne saisit pas complètement l’histoire), il est surtout extrêmement bien construit. L’auteur a réussi à mélanger enquête policière, atrocités des meurtres et vies personnelles des personnages. Il est assez rare que dans des thrillers parlant de tueurs en série, les personnages d’enquêteurs soient aussi développés.

Je crois que je n’ai jamais lu un livre avec autant de rebondissements. À chaque fois que je finissais un chapitre, que je pensais enfin comprendre ce qu’il se passait, j’étais tout de suite arrêtée dans « mon enquête personnelle » car l’auteur en avait décidé autrement.

En ce qui concerne les personnages, je n’aurais imaginé avant de commencer ma lecture que l’auteur puisse en faire des personnages aussi intenses et torturés. Mais cela ne me déplaît pas, bien au contraire car cela ajoute une certaine dimension, une certaine densité à l’histoire.
 
Pour conclure, je citerai une simple phrase du criminologue Goran Gavila qui, à mon avis, résume assez bien le livre : « Tout le monde a quelque chose à cacher, n’importe lequel d’entre nous ».
 
 http://www.le-chuchoteur-le-livre.fr/

Céline, 1ère année Bib.

 

 


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Published by Céline - dans polar - thriller
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