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12 avril 2011 2 12 /04 /avril /2011 07:00

Dennis-Lehane-Prieres-pour-la-pluie.gif

 

 

 

 

 

 

Dennis LEHANE
Prières pour la pluie
traduit de l'anglais

par Isabelle Maillet

Rivages, 2004
Rivages/ Noir, 2006

 

 

 

 

 

Et si toutes les personnes de votre entourage, ceux en qui vous croyez, qui ont votre entière confiance, n'étaient que traîtres et manipulateurs, lâches et dissimulateurs ?

Plongez dans le monde terrifiant édifié par Lehane …

 

 

 

Dennis Lehane

Auteur à succès, c'est le moins qu'on puisse dire. Nous ne chercherons pas ici le pourquoi du comment à ce phénomène international ; certains ont une plume, un style et des intrigues efficaces, Lehane fait partie de ces écrivains... Vous ne serez probablement pas sans savoir qu'il est l'auteur de Mystic River et de Shutter Island, tous deux adaptés avec réussite au cinéma. Cela dit, si Dennis Lehane est connu pour ces deux succès, il a par ailleurs écrit une série, elle aussi connue et reconnue, où il trace le parcours d'une équipe éclectique de détectives, six tomes durant. De Un dernier verre avant la guerre (1994) à Moonlight mile (2010), en passant par Prière pour la pluie, avant-dernier et sujet de notre présentation.

Lehane est américain, d'origine irlandaise, tout comme son protagoniste, Patrick Kenzie. Avant de pouvoir se consacrer entièrement à l'écriture, il a effectué divers petits boulots, l'un d'entre eux retenant notre attention : éducateur spécialisé pour enfants. Durant son activité, il exerçait avec des jeunes maltraités, aux histoires douloureuses et aux psychologies fragiles. Cette expérience semble l'avoir marqué, c'est en tout cas ce qui nous vient à l'esprit face à son écriture et à son récit. En effet il semble se plaire à inventer mille et une horreurs et autres fabuleux tourments terriblement sordides, tous plus effrayants les uns que les autres. Les péripéties, aux ressorts psychologiques finement recherchés, pourraient être vus comme une déformation professionnelle, une manie spécifique à Lehane.

 

 

 

Résumé

Dans le tome précédent, Patrick Kenzie s'est séparé de sa collègue et compagne, Angela Gennaro. Mais lorsqu'il sentira qu'il patauge et perd pied dans l'affaire qu'il traite durant ce tome, Angie n'hésitera pas à revenir pour lui prêter main forte. Quant à Bubba, l'ami de toujours de Kenzie, il reste fidèle à lui-même, bagarreur, pas très malin et clairement dérangé.

Prière pour la pluie est centré sur l'histoire d'une jeune femme, Karen ; c'est autour d'elle que tout se joue. Au début du polar, elle vient demander les services de Patrick pour une affaire à première vue plutôt simple : un homme la harcèle sexuellement depuis quelque temps à son club de gym ; elle souhaite qu'il soit intimidé afin qu'il les laisse en paix, son fiancé et elle. Tous deux sont follement amoureux et ont une vie agréable, bien rangée. Sans se poser trop de questions, Kenzie et le massif Bubba intimident efficacement l'homme en s'introduisant chez lui, ils l'effraient, le séquestrent un peu (rien d'inhabituel pour le détective et son colosse d'ami), et le tour semble joué...

Mais quelques mois plus tard, notre détective découvre avec effroi que Karen s'est jetée nue du haut d'un immeuble, après des semaines de prostitution et d'addiction aux drogues dures. Un monde entre la jeune femme parfaite qu'il avait rencontrée et le cadavre de junkie retrouvé en morceaux.

La véritable intrigue démarre ici pour Kenzie ; il décide de mener cette enquête à titre personnel, pour rendre justice à Karen et comprendre ce qui a bien pu se passer, s'en voulant terriblement de ne pas avoir su l'aider correctement auparavant.

Au fur et à mesure que le récit avance, nous démêlons péniblement la sinistre histoire familiale de la jeune femme. Le plus effrayant dans ce destin tragique c'est que, de fil en aiguille, nous découvrons que durant toute sa vie elle aura été victime de machinations. Elle n'aura jamais eu l'occasion de maîtriser son destin. Le détective, usant de toute sa puissance réflexive, et de ses poings pour des interrogatoires serrés, fera tout ce qui est en son pouvoir pour coincer le manipulateur à l'origine de tout. L'identité de ce dernier ne sera réellement dévoilée qu'à l'ultime chapitre. Jusqu'au bout Lehane nous tient en haleine, maintenant un cruel manque de certitude et un suspense infatigable.

Voici, dans un extrait raccourci, ce qui arrivera à l'un des sous-fifres du chef d'orchestre de cette monstrueuse manipulation, charmant spectacle mis en place pour intimider Kenzie, qui commence à cerner trop distinctement la situation... Âmes sensibles, s'abstenir :

« Le bâillon dans sa bouche était assombri par le sang qui jaillissait aux coins de ses lèvres et dégoulinait le long de son menton. Ses bras et ses jambes n'étaient pas entravés, et ses talons martelaient les lattes du plancher tandis qu'il se contorsionnait contre le bloc de métal. Ses bras cependant, demeuraient inertes, et il ne risquait pas de s'en servir pour se libérer, car Miles n'avait plus de mains. […] J'ai retiré le bâillon d'entre ses lèvres et fait un bond en arrière quand un flot de sang rouge foncé a coulé sur sa poitrine. […] Miles Lovell, en état de choc ou non, agonisant ou non, ne répondrait pas à mes questions. Il ne répondrait plus aux questions de personne pendant très, très longtemps. […] Miles Lovell avait non seulement perdu ses mains, mais aussi sa langue. »

Détails incisifs, on ne peut plus fournis, Lehane ne nous épargne rien. Pour le meilleur et pour le pire, nous faisons face à des descriptions précises et très imagées ; si parfois ce sont de beaux paysages, ce sont régulièrement des scènes barbares. Univers sans pitié aucune, glauque et violent, où pour tout dire les « méchants » sont franchement fous et névrosés, et les supposés « gentils »... eh bien, pas franchement sains d'esprit non plus. Ici pas de tout blanc ou tout noir, seulement des nuances plus ou moins sombres... C'est un véritable hard boiled, saignant et dérangeant.



Ce qu'on en retient

Certes, Lehane n'est pas toujours fin psychologue, mais simple auteur de polar, qui plus est appréciant peut-être un peu trop les drames très sombres. Il possède heureusement quelques atouts, un délicieux cynisme et un humour noir efficace. Des personnages plutôt intéressants, dont les personnalités, psychologies et histoires personnelles sont bien ficelées. Un renversement de situation plus ou moins inattendu, qui en tout les cas nous tient en haleine pendant quasiment 500 pages.

Ses descriptions, l'une d'entre elles vue précédemment, sont très fournies. Parfois trop ? On nous soumet une dizaine de lignes précises sur la voiture de chaque nouveau personnage, en relation avec sa personnalité, de la même manière que seront peintes sans délicatesse aucune (et très longuement) les scènes de torture... Disons que c'est un roman noir, pas de place pour les lecteurs sensibles. Enfin, nous comprenons aisément que plusieurs de ses écrits aient été adaptés cinématographiquement ; outre leurs autres qualités, ces romans sont de véritables scénarios et notes d'intentions, tout étant raconté dans le moindre détail, chaque paysage, déplacement, chaque scène est méthodiquement décrite.

Pour les fans du genre, je pense que c'est une belle réussite.

 

 

Joanie, 1ère année Éd.-Lib.

 

 

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7 avril 2011 4 07 /04 /avril /2011 07:00

Raymond-Chandler-sur-un-air-de-navaja-1.PNG

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Raymond CHANDLER    

Sur un air de navaja               
The Long Good-Bye
Traduit de l’américain
par Janine Hérisson et Henri Robillot
Gallimard
Collection Folio policier, 2008
1ère édition 1954

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Biographie

 Raymond Thornton Chandler est un auteur américain de polars. Il est né à Chicago en 1888. Il a grandi à Londres, en Grande-Bretagne, dès 1895, après le divorce de ses parents. Il vit donc seul avec sa mère. Il a fait des études de littérature classique puis a été naturalisé anglais en 1907. C’est aussi un poète et scénariste qui a tout d’abord travaillé comme journaliste pour la Westminster Gazette et le Daily Express. Il retourne ensuite aux États-Unis en 1912. Il rencontre Cissy Pascal avec qui il se marie en 1924. Ses premières nouvelles sont publiées dans la revue Black Mask. Vient ensuite son premier roman qui est publié en 1939, il s’agit du livre Le Grand Sommeil, qui est un succès. Raymond Chandler sera alors engagé comme scénariste par la Paramount. Il a notamment réalisé Le Dahlia bleu. De plus, nombre de ses romans ont été adaptés au cinéma, dont deux adaptations célèbres du Grand Sommeil, une en 1946 avec Humphrey Bogart dans le rôle de Philip Marlowe, et une en 1978, avec Robert Mitchum dans ce même rôle. Philip Marlowe est le personnage récurrent de Raymond Chandler. Il s’agit d’un détective privé qui vit à Los Angeles. Arrivent ensuite les années 50, années noires de Chandler, où il sombre dans l’alcoolisme et ne publie qu’un seul livre qui est Sur un air de navaja en 1954. C’est cette même année que sa femme décède. Quant à lui, il meurt d’une pneumonie en 1959.

 
 
Résumé

Sur un air de navaja ou The Long Good-Bye nous raconte l’histoire de Philip Marlowe. À Los Angeles, chez lui, il rencontre Terry Lennox. Il s’agit des toutes premières pages du livre :

« La première fois que je vis Terry Lennox, il était fin soûl […]. Le gardien du parking avait sorti la Rolls et maintenait la portière ouverte car le pied gauche de Terry Lennox pendait à l’extérieur comme s’il en avait oublié l’existence. Lennox avait un visage jeune malgré des cheveux plus blancs que l’ivoire. On voyait à ses yeux qu’il était beurré jusqu’à la racine des cheveux […].

 Une fille était assise à côté de lui : chevelure d’un magnifique blond vénitien, sourire vague aux lèvres et, sur les épaules, un vison bleu si prestigieux que, près de lui, la Rolls n’avait plus l’air que d’un quelconque tacot de série. »

 La femme à côté de lui est sa femme, elle s’appelle Sylvia. Très vite, Lennox et Marlowe deviennent amis. Marlowe l’aide même à le sortir d’un faux pas quand il le retrouve ivre sur la voie publique. Lennox intrigue beaucoup Marlowe, car il a le visage plein de cicatrices et révèle peu son passé. Ils se retrouvent très souvent au même bar pour boire un verre, un gimlet plus précisément. Un jour pourtant, Marlowe reçoit un appel, il s’agit de Lennox qui a retrouvé sa femme morte et veut s’échapper. Marlowe, persuadé de son innocence, l’aide donc à quitter le pays en lui faisant traverser la frontière mexicaine. Il regarde Terry Lennox partir.

Cependant, une fois rentré chez lui, Marlowe se fait arrêter par deux policiers, car c’est le dernier à avoir vu le principal suspect, c’est-à-dire Lennox. Il se retrouve au commissariat, mais il est très vite relâché car Lennox a été retrouvé mort. Il s’est suicidé en laissant derrière lui une lettre d’aveux. Marlowe n’en revient pas. Pourtant, quelques jours plus tard, il reçoit une lettre de Lennox qui lui confirme qu’il a bien laissé « une lettre d’aveux ».

L’affaire étant close, Marlowe se retrouve ensuite engagé par l’éditeur Howard Spencer et sa femme Eileen Wade pour retrouver un écrivain qui s’appelle Roger Wade. C’est presque un jeu d’enfants pour le détective. Cependant, il trouve cet homme très mystérieux, car il boit beaucoup, et a donc souvent des trous de mémoire. L’histoire s’accélère quand Marlowe, toujours persuadé de l’innocence de Lennox malgré ses aveux, se rend compte que les Wade étaient voisins de Sylvia, et que la femme du médecin de Roger Wade, n’est autre que la sœur de la victime, Sylvia. Dans la maison des Wade, il rencontre aussi Candy, leur domestique qui est lui aussi très mystérieux.

 Pour Marlowe, tout le monde a l’étoffe du suspect, que ce soient Roger Wade et ses trous de mémoire, Candy, qui n’aime pas beaucoup Marlowe, le Docteur Loring ou même Eileen Wade, qui malgré sa beauté a un comportement plus qu’étrange.

Plusieurs intrigues se succèdent donc, jusqu’à la révélation finale, l’ultime pièce du puzzle qui permet de comprendre enfin le fin mot de l’histoire.

Deux histoires distinctes en apparence, mais qui se rejoignent pour former un tout.

 

Analyse

C’est donc une histoire plutôt sombre, avec des meurtres, racontée à la première personne. Les hommes, principalement Marlowe, sont caractérisés par leur goût pour l’alcool, les femmes, le tabac, ici la pipe, et la violence. En effet, Marlowe a quelques problèmes avec les autorités et ne supporte pas leur supériorité juridique. Il existe une sorte de jeu du chat et de la souris entre eux, mais la violence est bien là :

« En perte d’équilibre, j’étais en train de me lever quand [Dayton, le policier] m’expédia un crochet du gauche très sec. J’entendis des cloches sonner, mais pas celles de Pâques. »

On peut remarquer ici, le ton sarcastique, ou ironique, qu’emploie le narrateur. C’est aussi une des principales caractéristiques de Marlowe. Par ailleurs, on peut remarquer que les femmes, dans ce livre, ont peu d’importance, ce sont plutôt des femmes objets, qui ont peu de consistance, seraient presque transparentes. Nous sommes donc dans un univers très masculin.

 L’histoire se passe à Hollywood, et c’est un peu comme aujourd’hui avec des gens très riches, écrivains, médecins…, c’est un peu l’avant Hollywood que nous connaissons aujourd’hui.

Nous avons donc une rencontre entre deux mondes plutôt différents, un détective privé d’apparence modeste et des personnes aisées qui vivent dans le luxe.

On découvre aussi une ville peu rassurante, avec des individus ivres sur la voie publique, quelques voyous régnant sur la ville, des policiers qui aspirent à un maximum de tranquillité et qui veulent expédier au plus vite possible les affaires, un sentiment d’insécurité. Los Angeles paraît donc peu sûre.

 C’est un livre très intéressant qui nous emmène dans un univers un peu glauque. Une histoire passionnante, facile à lire grâce aux chapitres qui sont assez courts. Nous avons affaire à un vrai roman policier où on suit le détective dans son enquête, ses hauts, ses bas, ses bonnes comme ses mauvaises pistes. On cherche le tueur avec lui, cette immersion est sûrement facilitée par la narration à la première personne. Une histoire assez logique, sans coup de théâtre, même si on se doute quelque peu de la fin du livre, mais qui apparaît comme vraisemblable.

L’écriture est simple, avec pas ou peu de mots compliqués mis à part quelques termes d’argot.

Pour résumer, nous sommes bien tenus en haleine par l’auteur.

Pour finir, une remarque sur le titre français, qui est Sur un air de navaja. La navaja est un long couteau espagnol ; cependant, le mot n’est jamais écrit noir sur blanc dans le livre, même si un couteau de ce style apparaît dans l’histoire mais de façon très furtive, et il n’a quasiment pas d’importance pour l’histoire. Il y a donc, pour moi, une incohérence dans le choix de cette traduction de titre.
 

Marion, 1ère année Bib.-Méd.-Pat.

 

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18 mars 2011 5 18 /03 /mars /2011 07:00

Franck-Tilliez-L-anneau-de-moebius.jpeg












Franck THILLIEZ
L’anneau de Moebius
éditions Le Passage, 2009












 

 

 

franck_thilliez.jpgQuelques mots sur l’auteur

Franck Thilliez est né en 1973 à Annecy. En plus d’être écrivain, il est aussi ingénieur en nouvelles technologies et vit actuellement dans le Pas-de-Calais. Son premier roman, Train d’enfer pour Ange rouge, a été nommé au Prix SNCF du polar français 2004. Il est également l’auteur de La Chambre des morts, qui a reçu le prix des lecteurs du Quai du Polar en 2006 et le prix SNCF du polar français en 2007, de Deuils de miel, La Forêt des ombres, La Mémoire fantôme, L'Anneau de Moebius et Fractures. Le succès rencontré depuis La Chambre des morts lui a permis de cesser son travail d'informaticien à Sollac Dunkerque pour se consacrer exclusivement à son travail d'écriture. Son dernier roman, "Le syndrôme [E]" est sorti en octobre 2010. La Chambre des morts est adapté au cinéma en 2007 par Alfred Lot. La Forêt des ombres est en cours d’adaptation cinématographique par Julien Leclercq.


Pour plus d’informations voici son site officiel :  http://www.franckthilliez.com/53501.html



Résumé de l’œuvre

C’est la première enquête pour Victor Marchal et il commence avec une affaire bien glauque : une ex-star du porno a été retrouvée assassinée dans une mise en scène macabre après avoir été torturée pendant des heures. C’est le début d’une longue descente aux enfers dans le monde des déviants sexuels et des monstres que la nature a créés.

De l’autre côté nous avons Stéphane Kimset ; son métier : faire les moulages des créatures hantant nos pires cauchemars pour les films d’horreurs. Son problème : depuis tout petit il a des visions sur son avenir. En tentant de les faire échouer il finit immanquablement par entraîner la mort de la personne vue dans ses visions.

L’un cherche le meurtrier qui tue ces femmes ayant des penchants sexuels « bizarres », l’autre tente d’empêcher la mort d’une petite fille, une mort dont il est accusé. La trajectoire de ces deux hommes va se rejoindre.



Analyse

Dans cette œuvre, le temps tient une place considérable : l’affaire se déroule du jeudi 3 mai 2007 au mardi 15 mai 2007. A chaque début de chapitre, on trouve un cercle qui nous situe chaque vision de Stéphane dans le temps. En effet, chaque vision renvoie à un moment qui doit précisément se passer 6 jours et 20 heures après le moment de la vision. Le temps a une place prépondérante car les deux protagonistes, Stéphane en particulier, cherchent à changer le cours des choses. Rien qu’avec le titre, on peut voir que le temps tient une place centrale dans l’œuvre car un anneau de Moebius (voir l’anneau sur la couverture du livre) représente la course du destin ; une fois qu’on est pris dans cet anneau, même si on a des visions pour nous prévenir de ce qui va se passer, fatalement cette vision se réalisera. Les deux protagonistes de ce récit sont un peu comme les personnages du film « Destination finale » : en voulant échapper à sa mort, on finit fatalement par se faire rattraper par cette dernière.

Lorsque le lecteur arrive à la fin du fin de récit, il peut être un peu désarçonné car Franck Thilliez mélange réalité et songes pour montrer la course éperdue que mènent Victor et Stéphane contre le temps. On se retrouve à faire des retours en arrière car les personnages changent le cours des choses. On se croirait dans un monde fantastique.

Concernant les personnages, on reconnaît bien le goût de Franck Thilliez pour les personnages torturés à souhait, ayant un passé lourd à porter ou une maladie empoisonnant leur vie.  Comme dans toutes ses œuvres, il soulève un tabou de la société, ici le regard porté par la société sur les personnes victimes de malformations physiques (comme John Merrick cruellement surnommé « elephant man » à cause de sa difformité), la cruauté dont peuvent faire preuve les gens face à cette différence. Mais aussi l’intérêt morbide qu’ont certaines personnes pour ces malformations.



Mon avis

J’ai lu la plupart des œuvres de Franck Thilliez et je suis loin d’être déçue par L’anneau de Moebius. Comme dans chacune de ses œuvres, il met en évidence la noirceur des hommes sans aucune concession. A travers ses livres, le monstre ne semble pas toujours être le tueur mais la société qui met de côté les personnes qui sont un tant soit peu différentes de la majorité de la population. Dans ce livre, on pourrait presque éprouver de la compassion pour le meurtrier qui à travers ses crimes cherche à se venger du regard porté sur lui quand il était enfant. Le véritable monstre n’est pas celui qui a une difformité physique mais la personne qui en profite, l’utilise pour de l’argent.

Ce roman fait réfléchir sur le regard que la société porte sur la différence mais aussi sur le destin que l’on peut défier à ses risques et périls.

Marina B., 2e année Bib.-Méd.-Pat.








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29 décembre 2010 3 29 /12 /décembre /2010 07:00

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Andrea H. JAPP
La Petite Fille au chien jaune
Le Masque

Collection Le Masque jaune, 1997

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Biographie

Andrea H Japp est née à Paris en 1957. D’abord toxicologue, experte auprès de diverses entreprises, elle commence l’écriture de romans policiers en 1990 avec La Bostonienne qui remporte le prix du festival de Cognac en 1991. Elle s’essaie à la fois à la comédie policière et au suspense, notamment dans La Parabole du tueur, thriller qui met en scène Gloria Parker-Simmons.

 

Résumé
 
La Petite Fille au chien jaune est une comédie sur fond d’enquête policière que l’on pourrait aussi qualifier de polar fictif. L’histoire commence avec la ravissante Ariane Saint Tolber qui attend sur les bancs de la police de pouvoir rencontrer un inspecteur qu’elle a choisi en fonction de la « couleur » qu’il dégage, c’est-à-dire son aura. En effet, la jeune femme est médium, et communique avec l’au-delà (il s’agit de trois entités aux caractères très différents qui viennent lui rendre visite de temps en temps comme elle le dit elle-même).

La raison de son déplacement au commissariat est qu’elle a eu une vision d’une jeune fille jouant avec un chien jaune et pleine de vitalité. Or elle a lu dans les journaux que ladite fille serait morte :

« – J’ai lu dans les journaux que vous pensiez que la petite Karin était morte, assassinée. […] elle n’est pas morte. Je veux dire que la petite fille que vous avez trouvée n’est pas Karin.
[…]
– Comment le savez-vous ?
– Parce que j’ai vu Karin jouer avec un gros chien beige, hier. Or, selon vous, elle serait morte depuis trois jours.
– Et où l’avez-vous vue ?
– Je ne sais pas. C’était une grande ferme, un peu vétuste, et il y avait quelque chose de rouge vif dans un arbre. »

Elle vient donc rétablir la vérité. Malheureusement, l’inspecteur, Jacques Belfand, l’accueille fraîchement, ne croyant pas un traître mot de ce qu’elle lui dit. En effet, en plus d’être misogyne, il a horreur de tout ce qui a trait au surnaturel. Grâce à ses relations, la jeune voyante réussit à devenir l’associée de l’inspecteur. Nous plongeons donc au cœur d’une histoire qui va porter sur le trafic de nouveau-nés. En parallèle avec cette enquête, l’inspecteur va voir ses sentiments envers la jeune femme évoluer au fil de l’histoire. Bien qu’il ait toujours un certain mal avec son don de médium, et  qu’il soit agacé par ses constantes sautes d’humeur et son caractère de petite fille « pourrie gâtée », il l’apprécie énormément. Jacques Belfand vit d’ailleurs seul avec son fils et son chat. Son enfant est très perspicace car il se rend vite compte que son père a un faible pour la jeune femme. Aidé, en plus, d’amis restaurateurs qui lui offrent un repas en amoureux, il fait tout pour la séduire. Malheureusement, ce repas se terminera par un échec, car la jeune femme est végétarienne. Heureusement, après moult rebondissements, l’histoire finit bien pour l’enquête ; quant à l’histoire entre Jacques Belfand et Ariane Saint Tolber, l’auteur nous laisse imaginer nous-mêmes la suite.

 

Analyse

 Pour commencer, il ne faut pas se fier au titre car la « petite fille au chien jaune » n’est citée qu’une fois. Cette intrigue devient vite secondaire au profit de découvertes plus sombres. Le chien jaune est complètement oublié et la petite file n’est que nommée. Peut-être est-ce dû à des coupures de texte ou tout bonnement à un effet d’annonce, ce titre étant peut-être jugé accrocheur.

 Néanmoins, ce livre, en plus de présenter une enquête policière sur fond de trafic de nouveau-nés, s’intéresse aussi et surtout à la relation entre Belfand et Ariane Saint Tolber. Deux mondes qui ont bien du mal à cohabiter et à se comprendre ; en effet, le premier est enfermé dans ses manières un peu rustiques et a bien du mal à s’exprimer tandis que la seconde est ancrée dans son savoir-vivre et son haut train de vie de femme du XVIe arrondissement de Paris. Cela donne lieu à des scènes plutôt comiques quand il s’agit de communiquer.

Le langage est plutôt vulgaire, mais le livre se lit facilement. C’est une lecture de loisir, de détente, qui ne demande pas trop de réflexion. Les péripéties s’enchaînent vite et ne nous laissent pas le temps de nous ennuyer.

Pour résumer, La Petite fille au chien jaune est un livre agréable qui nous entraîne facilement dans l’histoire, qui nous amène à réfléchir sur le commerce illégal d’enfants, mais aussi sur la difficulté d’adopter.

 

 

Marion, 1ère année Bib.-Méd.-Pat.

 


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21 décembre 2010 2 21 /12 /décembre /2010 07:00

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Harry CREWS
La Foire aux serpents
Titre original : A Feast of Snakes
Traduit de l'américain
par Nicolas Richard                                 
Éditions Gallimard
Collection Folio Policier
1994 pour la traduction française.



 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Il ne savait pas ce qu’était l’amour. Il ne savait pas à quoi ça servait. Mais il savait qu’il se le coltinait partout où il allait, c’était une scabreuse tache de pourriture, de contagion, qu’on ne pouvait pas guérir. Que la rage ne guérissait pas. Que l’indulgence ne faisait qu’empirer, attiser, se développer comme un cancer. Et ça avait fichu sa vie en l’air. »

Joe Lon Mackey est l’ancien quaterback vedette du lycée de Mystic, en Géorgie. Son incapacité à lire correctement l’a condamné à une vie médiocre dans son village où il a récupéré le magasin de whisky paternel. Cet analphabétisme l’a surtout empêché de suivre son amour de lycée, Bérénice Sweet, à l’université. Il épouse donc Elfie, une femme qu’il n’aime pas et a deux enfants pour lesquels il semble pas ne avoir le moindre intérêt.

Joe Lon vit au diapason de sa folie. Devenu violent, alcoolique et plein de frustration, il tabasse régulièrement sa femme, ravagée par ses deux grossesses consécutives qui lui ont laissé un corps flasque et qui n’est plus que l’ombre de la jeune fille qu’elle était.

« De derrière, elle ressemblait toujours à la femme qu’il avait épousée. Mais par-devant, c’était la catastrophe. […] Ces seins splendides et bandants qu’elle avait encore deux ans auparavant pendouillaient maintenant comme deux poches énormes. […] On aurait dit qu’elle dissimulait un ballon de basket sous sa robe ».

Son père, Joe Lon également, mais que l’on appelle Big Joe, est alcoolique et à moitié sourd. Il dresse des pitbulls et les entraîne pour les combats de chiens. Les combats sont décrits avec la violence primitive qu’on leur imagine et sont orchestrés par Big Joe avec une cruauté aveugle à tout ce qui pourrait empêcher ses cabots de ramasser le pactole. A tel point que le chien Tuffy, par exemple, se retrouve à affronter son vieux père souffrant, la veille d'un combat, pour se faire les dents :

« Tuffy brisa sa laisse et traversa la fosse pour se ruer sur son père en un mouvement aveugle de crocs acérés, de volutes de poussière et d’éclaboussures de bave scintillante. […] Il ne fallut pas plus de quarante-cinq secondes à Big Joe pour comprendre que c’était la mise à mort. Tuffy était accroché à sa gorge. Le bruit du sang se mêlait déjà à son souffle au fur et à mesure que Tuffy améliorait sa prise et secouait le vieux comme une peluche. Big Joe laissa Tuffy prendre tout son temps, le laissa mâcher à volonté jusqu’à ce qu’il se retire finalement en jetant un regard sombre et apaisé au corps lacéré et sanguinolent. »


La soeur de Joe Lon, Beeder, vit toujours chez Big Joe. Devenue zinzin suite à la mort de sa mère, elle regarde la télévision à haut volume toute la journée dans sa chambre. Dès que Joe Lon est en sa présence, il se remémore ses années glorieuses, sur lesquelles il repose depuis qu'il a quitté le lycée.

« J'ai connu mon heure, se dit-il, chacun son tour. » 

« Tant que ça avait duré, il en avait tiré une énorme satisfaction, mais ses souvenirs subsistaient maintenant dans sa mémoire comme en rêve. Ils ne signifiaient plus rien, il regrettait que tout cela lui soit arrivé. »

Beeder fait ressortir l'humanité, la compassion et, au final, peut-être les seuls sentiments non physiques et primitifs de Joe Lon. Il tente vainement de lui ouvrir les yeux, de chercher les mots qui la ramèneront dans le monde réel, hors de sa chambre et du poste de télévision.

« "– Je veux dire, enfin, merde. Putain, on va pas te laisser devant la téloche jusqu'à la fin de tes jours. Tu crois, fit-il en montrant l'écran du doigt, qu'ils vont te laisser regarder ce branleur toute ta vie ?
– Je fais de mal à personne. […] Y vont me chasser d'ici, c'est ça ?
– Nom de Dieu de merde !" s'exclama-t-il. Il regrettait d'avoir laissé la bouteille dans le pick-up. […] Joe Lon avait le sentiment qu'il suffirait de la prendre par le paletot, de la secouer un bon coup et de lui demander d'arrêter de déconner, pour qu'elle redevienne normale. En fait, il avait déjà essayé plus d'une fois, lorsqu'il était soûl ou qu'il picolait : "Nom d'un chien, Beeder, lui disait-il, t'as intérêt à arrêter de faire l'idiote. Allez cesse ton petit jeu, arrête de faire l'imbécile." »


Cet extrait illustre assez bien l'incapacité de Joe Lon à rester calme, à ne pas se laisser dominer et posséder par l'attrait de la violence physique, même pour sauver sa sœur. Il craque face à la frustration et à l'incapacité de faire quelque chose pour l'aider.

Cette fascination pour l'échange physique définit d'ailleurs l'essence même du personnage :

« L'idée d'étudier, de rester assis et d'apprendre des trucs pour ensuite les recracher lui paraissait profondément répugnante. Toujours été comme ça. Sauf s'il était question de violence. Il aimait bien la violence. Il aimait bien le sang et les bleus, même quand c'était lui qui en faisait les frais. »

Tous les personnages sont d'ailleurs attirés par tout ce qu'il y a de plus terre-à-terre et de plus cru dans les contraintes physiques de l'homme.

Beeder, toujours, s'enduit de ses propres défécations sous les yeux de Joe Lon :

« Elle s'extirpa des couvertures, et vint s'asseoir à côté de lui.
" – Je le tuerais si je pouvais", dit-elle, et elle se pencha, saisit une merde et se l'écrasa dans les cheveux. »



Je voudrais présenter un dernier personnage qui traverse le roman en restant toujours au second plan, mais dont la profondeur et la fascination pour les serpents fait peut-être de lui le plus symbolique de l'œuvre.

Lottie Mae est noire, elle travaille pour Big Joe. Depuis que le shérif Matlow, vétéran du Viet-Nam à la jambe de bois, l'a violée dans la prison en présence d'un serpent, elle cultive une fascination destructrice pour ces reptiles.

« Il tenait un seau en métal. […] Il renversa le seau du bout de sa jambe de bois, et un crotale épais comme un poing d'homme et long d'un bon mètre roula sur le sol. […]
"– Un de nous deux va venir te rejoindre à l'intérieur, le serpent ou moi. C'est toi qui choises ? [...]
– J'aime encore mieux vous", dit-elle sans quitter le serpent des yeux. […]
Il fit vite et – pour le reste – fut silencieux. Juste son corps lourd se ruant par secousses sur elle. On ne voyait que ses mains et ses genoux relevés dépasser sous lui, ça et son visage détourné contre son torse, qui regardait, les yeux exorbités, le serpent qui la fixait sans cligner les siens. […]
Elle ne se souviendrait de rien, ni du poids écrasant de Buddy Matlow, ni de ses pieds nus sur la route caillouteuse. Le serpent avait chassé tout le reste. Elle n'avait plus en tête que les motifs en écailles et les yeux sans paupières. »

Depuis cet épisode donc, les serpents deviennent une obsession pour Lottie Mae. Elle a oublié le shérif et est donc traumatisée par le serpent comme si c'était lui qui l'avait violée.

Ce spectre la hante au milieu de ses nuits :

« Lottie Mae avait rêvé de serpents. Des serpents ballonnés par les rats. […] Elle essayait de s'en débarrasser, mais impossible, car le serpent faisait partie de son corps. Son bras était un serpent. Son autre bras était un serpent. Ses deux bras glissaient autour de son cou, son coup froid comme de la glace, luisant de bave de serpent. »

Inévitablement, Buddy Matlow revient voir Lottie Mae, à la fin du roman, pour se promener dans sa voiture de shérif. L'apogée de leur confrontation est imminente et la revanche de Lottie Mae sur le serpent, inévitable.

« "–Tiens, regarde ce que j'ai là. Regarde donc. Là. Tu vois. "
Sans même regarder, elle sut que c'était pour ça qu'il l'avait recherchée, qu'il n'y avait rien à faire, qu'il fallait qu'elle regarde. Elle tourna la tête et aperçut un serpent sur ses genoux. Exactement entre ses cuisses, un serpent se dressait raide comme un fil à plomb. Il n'était pas du tout enroulé mais dressé comme une flèche, le haut du corps étiré. Elle voyait les crochets aussi acérés que de minuscules épées. C'était le serpent qu'elle attendait, le serpent qu'elle avait attendu.[...]
" – Quesse t'en dis ? "
Elle ne répondit pas, mais, en un mouvement qu'elle avait mentalement répété toute la journée, elle se pencha en avant pour atteindre sa cheville où elle avait le coupe-chou fourré dans sa chaussure, et en un seul mouvement fluide lui en donna un coup entre les cuisses, se retrouvant avec le serpent dans la main, la tête flasque toujours avec ses crochets effilés dépassant de son pouce et de son index.[...] Elle leva les yeux sur Buddy Matlow. […]
De la main, il montrait ses cuisses d'où une fontaine de sang jaillissait en l'air, puis s'écoulait sur ses jambes et s'égouttait sur le plancher de la voiture.
"– Tu... tu... me l'as coupée", réussit-il finalement à articuler. »


Tous ces personnages interfèrent au cours du roman avec pour toile de fond la douzième édition de la Foire aux Crotales de Mystic, l'occasion pour les fadas de reptiles et les freaks dégénérés de se rassembler et de créer une atmosphère idéale pour stimuler les pulsions primaires de nos protagonistes.

« Les héros crewsiens portent tous un même fardeau, celui de vouloir donner un sens à leur vie minable et "merdique", une vie qu’ils ressentent comme obscène, intolérable. La surenchère fécale des romans est donc utilisée pour exprimer la dualité tragique des êtres, leur réalité animale et leur statut d’enveloppe charnelle destinée à mourir. » nous dit Maxime Lachaud, spécialiste français d'Harry Crews dans son essai Du corps abject à une métaphysique de l'obscène, l'œuvre de Harry Crews.

Ce même Maxime Lachaud, dans son essai Violence et carnavalesques, les motifs horrifiques de La Foire aux serpents, déclare :

« Si l’on considère, par exemple, l’horreur comme une confrontation au monstrueux, le monstrueux est bel et bien du côté de la normalité chez Crews tandis que ses "monstres" et phénomènes de foire apparaissent comme des sages dans un monde chaotique et décentré. La Foire aux Serpents est une étude quasiment anthropologique de ce monde des « normaux » où les personnages se livrent à une orgie de nourriture, de défécations, de sexualité, avec en plus les idées de compétition et toutes les valeurs inculquées par la société américaine. De ce fait, il s’agit d’un roman monstrueux, un roman qui donne à voir, qui montre l’horreur cachée au plus profond de l’être humain. L’horreur est intérieure pour Crews, elle est humaine, pour ainsi dire. Telle une célébration de la corporéité de l’homme et par là même une affirmation de son existence, le sang y exprime ce que les personnages ne peuvent exprimer avec des mots. »

En lisant cette oeuvre, le lecteur est toujours dans une position ambiguë. Dès qu'il parvient à s'identifier à Joe Lon par exemple, à le comprendre, ce dernier réagit de façon complètement déjantée ou monstrueuse qui relèque le lecteur à des années-lumières des personnages.

Le lecteur se rapproche sans cesse des personnages, pour que, dès qu'il pense enfin avoir ciblé ou fait le tour de tel ou tel protagoniste, Crews envoie tout valser et redéfinisse leur relation de façon complètement différente.

Rien n'est normal, les personnages « normaux » ne finiront pas l'histoire entiers. L'histoire est une apologie du primitif, du monstrueux, de l'irrationnel. De tout ce qui n'est pas réfléchi, mais ressenti et subi. C'est en ce sens que chacun de ces personnages est une victime. Victime de son enfermement à Mystic, dans cette micro-société qui cultive la violence pour la violence et dans laquelle se sont formés les piliers de sa façon de penser. L'extrême violence est la forme ultime de la décadence.

Je me suis promené sur quelques sites de vente en ligne pour voir quelle réactions je pouvais trouver concernant ce livre. A regarder les commentaires laissés, on réalise bien vite que cette œuvre a créé une véritable répulsion chez certains lecteurs. Harry Crews a été accusé de racisme, de haine envers le Sud des États-Unis, de violence gratuite. Au final, tous les commentaires laissés sont très engagés, que ce soit pour accuser ou pour encenser La Foire aux serpents. Ce qui prouve que cette œuvre soulève les passions et ne laisse pas indifférent.

Et il est vrai qu'il y a quelques scènes ou déclarations « chocs » dans cette œuvre, présentes pour révolter le lecteur bien pensant :

Joe Lon dit à Bérénice :

« – L'amour, c'est de te l'ôter de la bouche pour te la carrer dans le cul.
– Oui, oh, oui c'est...
– Mais l'amour véritable, ajouta-t-il, le vrai amour à la con, c'est de te la retirer du cul pour te la carrer dans le bec. »

Aucune de ces déclarations n'est gratuite. Toutes servent à souligner la dégradation de ces âmes condamnées qui vivent dans le cru, le brutal, l'instinctif, le sexuel. À créer une distanciation avec le lecteur. Tout ce qu'il y a de physique chez l'homme prime. Ce genre de phrases est là pour définir tous les préjugés que pourra avoir le lecteur sur le Sud tout en les confirmant. A partir du moment où Joe Lon dit ça, le lecteur bien pensant sait qu'il n'aura aucun intérêt à chercher à s'identifier à lui. Le but de l'œuvre n'est pas là. Il se contentera simplement de le suivre foncer tête baissée vers un climax inévitablement brutal, meurtrier et monstrueux.

« Non, y nous tuera pas. Si au moins il nous avait tous tués... Mais on peut pas demander ça à quelqu'un. »

 
Harry-Crews-3.jpg
L'auteur

Harry Crews est né le 7 Juin 1935 et a grandi en Géorgie. Il raconte son enfance dans son autobiographie Des Mules et des Hommes. La Foire aux Serpents est publié pour la première fois en 1976. Il est considéré comme l'un des auteurs majeurs du genre Redneck, mêlant à sa littérature le Roman Noir et la littérature gothique. Les paumés et les monstres qui peuplent ses romans forment une fresque grotesque de l'Amérique profonde.

Patrick Galmel déclare :

« Harry Crews, à travers ses romans, n'a de cesse de mettre en scène l'envers du décor du célèbre rêve américain où tout n'est que beauté et réussite. Harry Crews montre ces hommes des campagnes perdues, ces jeunes gens qui subissent ou s'inventent des subterfuges, des substituts, pour se croire les plus forts, les plus beaux, tentant d'oublier leur insignifiance. »


Pour conclure l'article,

cette vidéo, poignante et très représentative de ce que peut être Harry Crews :

 

 

 

Illustration de l'interview de Harry Crews par Maxime Lachaud sur Bibliosurf.

 

 



Loïk, 1ère année Éd.-Lib.

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9 novembre 2010 2 09 /11 /novembre /2010 07:00

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Shane STEVENS
Au-delà du Mal
Titre original :
By Reason of Insanity
Simon & Schuster, 1979
Roman traduit de l’anglais (Etats-Unis)
par Clément Baude
Sonatine, 2009

 

 

 
 

 

 

 


Chaque été, j’ai pour habitude de choisir un livre qui constituera ma principale lecture. Préférant me tourner vers les thrillers, je suis tombé assez rapidement sur ce roman. J’ai pensé au début que ce n’était qu’une énième histoire de serial-killer, mais cette impression a eu tôt fait de by_reason.jpgdisparaître lorsque j’ai découvert que c’était une réédition et que ce livre était paru pour la première fois en 1979 aux éditions Simon & Schuster. C’est alors que je me suis mis à lire les citations sur la jaquette du livre :

« L’un des plus grands romans jamais écrits sur le mal absolu. Je le recommande sans réserve ! »
Stephen King

« Après deux années de recherche, pour obtenir l’autorisation de le publier en français, l’éditeur a fini par retrouver l’agent gérant les droits de cet ouvrage oublié. Miracle car ce polar est exceptionnel un de ceux qui vous attachent pieds et poings liés, qui vous poursuivent, vous remuent. On l’a lu d’une traite et on a envie de recommencer. »
Luc Bronner, Le Monde

« Comment le livre fondateur du genre thriller, référence absolue pour King, Ellroy ou Harris, a-t-il pu rester dans l’ombre si longtemps ? Au-delà de l’événement d’une parution aux airs de résurrection, l’ouvrage st un bijou. »
Julie Malaure, Le Point

 On l’aura compris, Au-delà du Mal de Shane Stevens est l’un des romans fondateurs des serial-killer stories.

Concernant Shane Stevens (probable pseudonyme), on n’a que très peu d’informations. On sait seulement qu’il serait né en 1941 à New-York, et qu’il a écrit cinq romans avant de disparaître dans l’anonymat le plus total.

Toute l’histoire tourne autour de Thomas Bishop, serial-killer incroyablement intelligent, méticuleux et amoral, qui va traverser l’Amérique entière en semant sur sa route une multitude de cadavres atrocement mutilés.

L’histoire débute par la mise à mort, dans une prison d’État de Californie, d’un violeur, Caryl Chessman, personne ayant réellement existé, surnommée « le braqueur à la torche rouge ». Ensuite, nous assistons à la rencontre du père et de la mère de Thomas Bishop, des années auparavant. Sara Bishop, la mère, se fera violer par Caryl Chessman. Souffrant déjà d’un passé d’abus, elle assouvira toute sa haine des hommes sur le fils qu’elle pense avoir eu de ce viol, tout en essayant de subvenir à ses besoins après la mort de son mari Henri Owens, disparition qui la laisse pour le moins indifférente. C’est en 1960 que Thomas Bishop, âgé de 10 ans, torturé par des années de violence acharnée, poussera sa mère dans le poêle, ce qui entraînera son placement dans un hôpital psychiatrique.

Quinze ans plus tard, il s’en échappe en mettant au point un plan démoniaque pour échapper à ses poursuivants. La chasse à l’homme s’amplifie tout au long du périple meurtrier de Thomas Bishop à travers l’Amérique, jusqu’à ce que la police, la presse et la mafia soient à ces trousses.

Avec en toile de fond le débat sur la peine de mort, on va assister aux croisements des destins de tous les personnages de cette histoire, du sénateur ambitieux en quête de gloire, aux policiers essayant vainement mais obstinément de coincer le tueur, en passant par le journaliste qui mettra tous les moyens de son côté pour stopper le serial-killer, aidé par sa faculté d’entrer dans la tête du meurtrier, ce qui provoque un certain trouble chez le lecteur.

 Cette multitude de personnages sert très bien l’intrigue et donne une dimension réaliste à l’histoire qui s’inscrit d’ailleurs très bien dans le climat de l’époque. Cela est renforcé par le fait que, durant tout le roman, l’ombre de Caryl Chessman est toujours présente ; l’impression de réalité s’en trouve accentuée.

En ce qui concerne Thomas Bishop, le portrait que l’auteur fait de lui est très riche, car il nous raconte sa vie de A à Z. Au début, il narre son enfance extrêmement difficile, source du mal qui l’habitera. Par la suite, il nous fait entrer dans sa tête, ce qui nous permet de connaître les pensées sinistres du tueur et les desseins morbides que ce monstre nourrit à l’égard des femmes qui croisent sa route. Tout cela fait que le lecteur est partagé entre la compassion pour l’enfant martyr, et une certaine répulsion face à la monstruosité de ce que Thomas Bishop fait aux femmes.

 
Ce livre m’a beaucoup plu, car j’apprécie en général les romans de serial-killers, encore plus lorsque le portrait du serial-killer en question est si fouillé que l’on éprouve au final un sentiment de crainte, mêlé d’admiration pour leur génie. Le style journalistique ne m’a absolument pas dérangé ; l’auteur n’a voulu, je pense, que donner une vision encore plus réaliste de la traque, mais aussi montrer aux lecteurs les répercussions des actes de Thomas Bishop sur la vie d’autres personnes, insignifiantes au départ, mais qui ébranlent finalement les plus hautes sphères politiques et médiatiques du pays.
 

Guillaume G., 2ème année Bib-Méd-Pat

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12 septembre 2010 7 12 /09 /septembre /2010 07:00

Burke-Jolie-Blon-s-bounce.gif

 

 

 

 

 

 

 

 

James Lee BURKE,
Jolie blon's bounce
traduit de l'anglais (américain)
par Freddy MICHALSKI
Rivages/Noir, 2009

 

 

 

 

 

 « Jolie blonde, mourir, ça serait pas rien
C'est de rester dans la terre aussi longtemps
Moi j'vois pas quoi faire si tu reviens pas, be'be'
T'en revenir avec moi dans la Louisiane. »

Jolie Blonde, chanson traditionnel Cajun



La force de ce polar est de nous faire voyager en Louisiane. James Lee Burke nous fait découvrir cette culture au travers des investigations de Dave Robicheaux, policier à New Iberia. Dave Robichaux enquête sur deux affaires qui semblent avoir un lien : le viol plus l'assassinat d'une adolescente et la mort dans les mêmes conditions d'une prostituée. Il va remuer le passé et faire ressortir de vieilles histoires. Nous découvrons ainsi la Louisiane actuelle et celle du siècle dernier, avec ses bayous, sa misère, ses pluies torrentielles, sa culture cajun, ses séquelles de l'exploitation des Noirs...

Dave Robicheaux, vétéran du Vietnam, habitué des réunions d'Alcooliques Anonymes, en proie à ses vieux fantômes, va voir des gens, écoute des histoires, tabasse, se fait tabasser, regarde le monde tourner en essayant d'y comprendre quelque chose. On est baladé tout au long de l'histoire à l'image de Dave jusqu'au dénouement, le tout avec une touche de mysticisme.

Tous les ingrédients d'un bon polar sont là ;  seul le décor, qui rend l'ambiance du roman si particulière, est différent. Cette ambiance donne tout son attrait à ce polar même pour un non-lecteur de roman policier comme moi.

burke-dans-la-brume-electrique.gifC'est le onzième roman qui suit les enquêtes de Dave Robicheaux. J'ai eu envie de lire un James Lee Burke après avoir vu Dans la brume électrique, de Bertrand Tavernier, adapté du roman du même nom. On constate que les personnages principaux vieillissent et qu'il y a une structure commune. Au début, deux crimes ; Dave Robicheaux enquête et se trouve confronté au passé ; là, il ne comprend plus rien et commence à partir à la dérive ; ça marque aussi le début de visions/fixations mystiques : c'est réel ou non ? Il s'en remet et la scène finale arrive : le « méchant » fait une action désespérée à force de se sentir en danger ; forcément, ça rate. Puis l'épilogue aisse planer le doute sur les moments de superstition.

J'admets que c'est un peu bancal de généraliser avec seulement deux œuvres qui n'ont même pas le même support. Donc je le conseille si vous voulez lire un roman policier où l'ambiance prime autant que l'enquête mais, surtout, regardez Dans la brume électrique qui retranscrit parfaitement l'atmosphère du (et je suppose des) roman(s) de Jame Lee Burke.

 

 


Romain, 1ère année Bib.-Méd.-Pat.

 


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30 juillet 2010 5 30 /07 /juillet /2010 07:07

abu-jaber-Oigine.gif

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Diana ABU-JABER
Origine

 traduit de l'anglais

par Edith Ochs

  Sonatine, 2007

 

 

 

 

 

 

 

Origine est le premier roman de Diana Abu-Jaber, traduit en France, chez Sonatine.

Ce très bon roman policier mériterait un double classement : en roman noir mais aussi en littérature. En effet, l'écriture est tout à fait novatrice dans le policier et transcende les limites du genre : il s'agit d'un thriller littéraire.

Nous sommes à Syracuse, l'hiver est terrible et la ville transpercée de vents glacés.

Lena , jeune femme fragile à cause de la perte de mémoire concernant son enfance, travaille au service scientifique de la police : son métier consiste à expertiser les empreintes digitales. Un matin, elle est amenée à analyser les empreintes sur un berceau, suite au décès d'un nourrisson vraisemblablement assassiné. Le nombre de morts se multiplie alors et l'existence d'un meurtrier de nouveaux-nés est de plus en plus probable. C'est pour la jeune femme le début d'une enquête périlleuse et troublante qui la conduira jusqu’à ses sombres origines.

Ce roman psychologique analyse parfaitement la part d'ombre au sein de chacun et la petite faille qui peut nous faire basculer dans la folie et les délires. Il aborde également de manière totalement différente des thèmes aussi universels que l’adoption, la maternité, la mémoire et l'identité.

Le style neuf de l'auteur, rarement vu dans le noir, entretient un suspens mental considérable et l’écriture froide et minimaliste renforce l'angoisse omniprésente dans ce récit.

Origine est un thriller différent et tout à fait impressionnant.

Après une enfance passée entre les Etats-Unis et la Jordanie, Diana Abu-Jaber est aujourd'hui professeur à l'université de Portland.


Adeline, 2ème année Éd.-Lib.


Site officiel de l’auteur : http://www.dianaabujaber.com/

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4 mai 2010 2 04 /05 /mai /2010 07:00

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David GOODIS

Rue Barbare

traduit de l'anglais

par Michel Lebrun

Rivages Noir, 1989

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Considéré comme un des maîtres du polar, David Goodis (né en 1955 en Pennsylvanie) est l’auteur d’œuvres comme Epaves ou La Blonde au coin de la rue. Il aurait écrit Rue Barbare en 1958.


Il s’agit du réveil d’un homme qui, après des années passées dans une rue sordide qui semble tous les maîtriser et les emprisonner, décide enfin d’agir. « La Rue », c’est  Ruxton Street : sombre, encombrée par des bars, des bordels, des maisons de passe et des habitations délabrées. Il s’y produit bagarres, trafics,  viols et meurtres.  Chet Lawrence vit ici depuis qu’il est né. Il en est parti, mais y est revenu, s’occupant de sa mère et de sa sœur malade. Elles décèdent, et alors qu’il pouvait partir, il se « retrouve marié sans vraiment s’en rendre compte » à une femme qu’il n’aime pas, et doit subvenir aux besoins de son beau-père, de son beau-frère et de sa belle-sœur, trois alcooliques lui demandant incessamment de l’argent. Chet ne boit pas, il travaille, rentre chez lui, va manger « Chez Sam », et ferme les yeux sur ce qui se passe dans la rue, afin d’éviter les problèmes. Tout cela serait resté tel quel, s'il n’y avait pas eu la « petite Chinoise ».


En effet, une nuit où il rentre du travail, Chet voit une jeune fille allongée dans un caniveau. Elle a probablement été agressée et il s’apprête à passer, sans l’aider. Mais il traverse la rue, l’aide à se relever et part de son côté. Ce simple geste humain va tout changer : il se retrouve au cœur d’une sordide histoire montée par Hagen et Pancho, les plus gros truands de la ville. Habitués au silence de Chet, ces derniers vont aller s’assurer qu’il ne fera pas d’objections…


L’écriture de Goodis est directe, brutale, parfois cynique et au point final, il nous reste une marque, une sensation dérangeante. Rue Barbare est une de ces œuvres qu’on n’oublie pas.


Blandine, 1ère année Bib.-Méd.

 

 

 

David GOODIS sur LITTEXPRESS

 

  blonde_goodis.jpg

 

 

 

 

 

Article d'Anaïs sur La Blonde au coin de la rue 

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29 avril 2010 4 29 /04 /avril /2010 07:00

Hurley-les-qyais-de-la-blanche.gif

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Graham HURLEY
Les Quais de la blanche

Gallimard
Coll. « Folio policier », 2005

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’auteur

Graham Hurley est né en novembre 1946, à Clacton-on-sea, dans l’Essex. Il a eu une enfance assez mouvementée, partagée entre ses pèlerinages à la bibliothèque, ses démêlés avec la police et sa passion pour le cinéma. Il a fait des études de littérature anglaise à Londres puis à l’université de Cambridge. Il a déjà dans l’idée de vivre de sa plume et publie 5 romans inédits dès sa sortie de l’université, mais peu à peu le manque d’argent se fait sentir et il doit trouver un autre travail. Il devient scénariste, avant de monter dans la hiérarchie de la télévision et de devenir directeur. Durant 20 ans, il dirige la production de documentaires de la chaîne ITV. Quelques-uns remporteront des prix, mais Hurley souhaite repartir dans le monde de l’édition et de l’écriture. C’est le succès de sa série “Les règles d’engagement” adaptée en deux thrillers qui lui permet de repartir dans l’écriture. Actuellement, il est l'auteur de plus d’une vingtaine d’ouvrages dont 16 romans. Il se consacre principalement à sa série sur l’inspecteur Joe Faraday qui comporte à ce jour 10 tomes.

 

 

L’histoire

Dans la ville de Portsmouth (où l’auteur a vécu 20 ans avant de s’installer dans le Devon) règnent la corruption, la drogue, et la violence. Dans Les quais de la blanche, le 5e tome paru en 2007, alors que les manifestations contre la guerre en Irak se font de plus en plus nombreuses, un policier se fait renverser par une voiture. Faraday est donc affecté à l’opération “Tumbril” qui vise à faire tomber le  plus grand dealer de la ville, Bazza Mackenzie, un homme d’affaires très influent. Mais les choses ne se déroulent pas tout à fait comme prévu : le fils de Faraday, J-J, sourd et muet, est arrêté après la mort par overdose d’un adolescent sur lequel il réalisait un reportage avec une journaliste. La fille de Mackenzie, Trude, se retrouve mêlée à des rivalités entre les affaires de son père et les nouveaux dealers, ce qui amène deux autres policiers à s’intéresser un peu plus à l’homme d’affaires, dont l’inspecteur Winter, qui connaît bien Mackenzie…

 

 

Mon avis

Une intrigue intéressante, quoiqu’un peu ardue à suivre, un univers sombre et pourtant tellement réaliste… Hurley sait emmener son lecteur dans ce monde dominé par la violence et surtout par la solitude, dans une société qui part peu à peu à la dérive, sans aucun point d’attache… J’ai beaucoup aimé le fait qu’il n’y ait pas vraiment de distinction entre  le Gentil et le Méchant, pour parler un peu symboliquement, contrairement aux précédents policiers que j’avais lus, et qui étaient plutôt dans le style du “whodunit” de Agatha Christie. Un changement surprenant entre les deux genres, mais tout de même agréable à lire, et je le recommande aux amateurs !

Lory S., 1ère année Bib-Méd-Pat

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