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3 juin 2009 3 03 /06 /juin /2009 09:34
POCHES PARTAGÉS 1.














Agatha Christie,
Poirot quitte la scène,
Librairie des Champs-Elysées
Collection Le Masque, 2005
Le Livre de poche, 2008












POCHES PARTAGÉS

   
« Poches partagés » est un nouveau concept de rencontres initié par Jean-Luc Furette, professeur de Librairie/Marketing à l’IUT Michel de Montaigne. Il s’agit de faire partager à chacun un livre qui nous a touché, en format poche et autour d’un thème défini. Ces rencontres se font avec la présence de M. Furette, d’un professionnel du livre, libraire ou éditeur, accompagné d’un auteur. Le but est donc de faire découvrir, voir redécouvrir, des auteurs, des titres ou encore des collections qui nous tiennent à cœur et de partager ce vécu littéraire avec d’autres personnes, connues ou inconnues. Cette manifestation permet de redorer quelque peu le blason du roman de poche, qui, bien que souvent dénigré par une certaine partie de la sphère littéraire, reste quand même très populaire.

Le vendredi 10 avril 2009, s’est donc tenue la première journée de partage à la médiathèque de Gradignan (33), marquant ainsi le début de ces rencontres trimestrielles.

Le thème choisi était le polar. Autour de monsieur Furette, médiateur, et Christophe Dupuis, de la librairie Entre Deux Noirs, spécialistes du genre, accompagné d’André Marois, auteur québécois de renom qui a notamment écrit Les effets secondaires ou Tête de pioche, les étudiants d’AS Edition/Librairie, des membres du personnel de la médiathèque ainsi que des visiteurs, ont pu discuter de romans noirs ou de romans policiers qui les ont touchés. Liberté totale dans le choix des romans pourvu qu’ils soient en poche. M. Furette est le créateur du salon « Lire en Poche » de Gradignan, c’est donc un format auquel il tient beaucoup.

De Dennis Lehanne à Fred Vargas en passant par Agatha Christie ou encore Peter Tremayne, une quinzaine de livres ont été présentés, soit en racontant brièvement l’intrigue soit en lisant un passage. Autant de titres, d’auteurs que de collections différentes. On confronte des mondes différents autour d’un même thème, quelques-uns se font écho, d’autres sont à l’opposé, mais tout le monde y trouve son compte. Certains choisissent le livre par rapport à la collection, à sa renommée, son catalogue, d’autres choisissent librement, ne faisant pas cas de l’éditeur.

En plus d’une présentation historique du polar exposée par Jean-Luc Furette et Christophe Dupuis, la rencontre a permis d’ouvrir un champ de connaissances large autour du thème, permettant ainsi d’avoir une vision globale de ce genre souvent vu comme un sous-genre de la littérature. La rencontre était sympathique et les échanges intéressants. Il y a fort à parier que cet événement trouvera rapidement sa place !

Nous avons choisi de rendre compte brièvement des trois titres que nous avions retenus, par hasard il s’agit du même auteur pour les deux premiers, Agatha Christie, un auteur « classique » du genre. Les livres choisis étaient Poirot quitte la scène et Mr Quinn en voyage.
 
Le sang du moine de Peter Tremayne, le troisième livre retenu, s’inscrit lui dans le polar historique.




1. Poirot quitte la scène

Ecrit en 1900 par la célèbre écrivain, ce texte ne connaît sa première publication qu’en 1975. Il clôt l’œuvre d’Agatha Christie qui donne la mort à son plus célèbre détective, Hercule Poirot, disparition qui fera la une du Times à l’époque. En effet, dès le titre tout est dit, cette enquête sera la dernière. Mais quelle enquête !

A peine réunis dans la résidence de Styles Court, maison emplie d’un lourd passé, puisqu’elle avait déjà suscité un livre intitulé La mystérieuse Affaire de Styles, Hercule Poirot apprend à son acolyte le colonel Hastings, à qui il demande de venir y séjourner, qu’un meurtre va encore avoir lieu dans cette maison maudite. Le détective refuse de dévoiler l’identité du convive meurtrier ; il ne fera que guider son ami pour qu’il le trouve lui-même. Un jeu d’énigmes et d’indices se met en place entre les deux protagonistes, Poirot, cloué dans un fauteuil roulant, déléguant son rôle d’enquêteur de terrain à Hastings.

Ainsi, tous les convives seront soupçonnés les uns après les autres d’un meurtre qui n’a pas été encore commis, mais qui le sera bientôt affirme Poirot. Comment peut-il en être aussi sûr ? Et qui pourrait bien être la victime ? Pourquoi voudrait-on faire du mal à l'un des résidents, pas si paisibles que cela, de Styles court ? Et pourquoi notre fameux détective ne fait-il rien pour que cela ne se produise pas ?

Autant de questions posées et élucidées à la fin si surprenante de ce roman. En effet, dernier de la série des Hercule Poirot, cet opus remet en cause bien des choses dans sa lignée. Authentique, passionnant, étonnant, même si le meurtre n’arrive que tard dans le livre (à la page 170 alors qu’il n’y en a que 250), le suspens est tenu et l’identité du meurtrier reste secrète jusqu’aux dernières pages dont les révélations ne sont que plus ahurissantes.

Une fois le livre refermé on n’a qu’une envie, le relire pour faire attention aux détails qui auraient pu nous échapper et nous permettre alors de comprendre pourquoi…


A suivre...

Marie, A.S. Ed.-Lib.                                                            

                                        

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9 avril 2009 4 09 /04 /avril /2009 07:57
ESCALE DU LIVRE 2009
Avant-première
En quête d’indices à Bordeaux
Le 1er avril au TnBA




Deux cadavres dont celui d’un policier, une équipe de la police judiciaire pour enquêter sur la scène de crime, un auteur de polar, tous les éléments étaient réunis pour passer une soirée riche en rebondissements…

En 2009, la SNCF renouvelle son partenariat avec l’Escale du Livre et propose une nouvelle manière de promouvoir le roman policier. Les acteurs en herbe, officiers de police judiciaire, procureur, médecin légiste, psycho-criminologue jouaient leur propre rôle sur une scène de crime librement inspirée du roman Les Morsures de l’ombre de la lauréate du prix Polar SNCF, Karine Giebel. Le capitaine Fracasse a mené son équipe de main de maître tandis que le commandant Cousteau traduisait pour un public captivé les gestes effectués et leur importance. Grâce aux indices scrupuleusement repérés et collectés, les enquêteurs ont pu remonter jusqu’à l’assassin.

À la suite de cette magistrale démonstration ponctuée de pointes d’humour, les professionnels présents se sont de bon cœur prêtés au jeu des questions-réponses, ce qui a permis de démythifier la profession et de lever des fantasmes profondément ancrés par le cinéma et les séries télévisuelles.

Une soirée pleine d’originalité, qui donne envie de se jeter sur le roman de Karine Giebel pour découvrir la totalité de l’intrigue et repérer les points communs avec la scène telle qu’elle a été jouée mais aussi les pièges laissés par les malicieux policiers.


Marie Bouvet, A.S. Ed.-Lib.

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1 avril 2009 3 01 /04 /avril /2009 08:40
ESCALE DU LIVRE 2009

ANDRÉ MAROIS ET LUC BARANGER
 







André MAROIS
La main dans le sac

éditions la Courte Échelle, 2006.














BIOGRAPHIE

Né en 1959 dans la banlieue parisienne, André Marois obtient un BTS en publicité puis un poste de dessinateur chez les pompiers de Paris, avant de commencer une carrière de concepteur rédacteur au début des années 80. A 33 ans, il décide de vivre au Québec, à Montréal où il vit encore. Il écrit des polars aussi bien pour les adultes que pour la jeunesse, ainsi que des nouvelles.

BIBLIOGRAPHIE

Jeunesse


Les allergiks
Papy ou t’as mis tes dents ?
Blanc comme la mort


Romans noirs

Accident de parcours
Tête de pioche
Les effets sont secondaires
Passeport pathogène


Nouvelles

Trente-Huit Morts dont Neufs Femmes
Parutions
Boucs Emissaires



La main dans le sac

Nounours travaille aux abattoirs Darfeuille & fils. Lorsqu’il arrive le soir, il croise des bouchers qui ont fini leur journée. On l’a embauché pour sa carrure et affecté au transport des poubelles remplies de déchets sanguinolents. Une nuit, au milieu des pattes de poulets et des boyaux à l’odeur infecte, Nounours découvre une main. C’est le début d’une aventure aussi sordide qu’échevelée.

Avec un style simple et un récit court (140 pages), l’auteur parvient à nous plonger dès les premières lignes dans un univers sombre et angoissant. Mêlant avec brio tendresse et barbarie, il nous emporte à la rencontre de Nounours, un géant au grand cœur, confronté à la plus ignoble des découvertes. Une main d’enfant. S’ensuit alors une histoire terrifiante dans d’étranges abattoirs où notre héros doit faire face aux préjugés et à une mafia aussi cruelle que mystérieuse. Pour tous les amateurs d’intrigues policières et de viande avariée ! A lire d’urgence !  




LUC BARANGER

BIOGRAPHIE


Luc Baranger est né au début des années 50 en Anjou, dans l’ouest de la France. Elevé  par une famille simple et engagée, Luc Baranger est passionné par  le blues, le rock and roll et les civilisations amérindiennes. Grand voyageur, notre écrivain globe-trotter a notamment travaillé en Angleterre, aux Etats-Unis et au Québec, où il vit encore. Il faut aussi noter qu’avant de se consacrer à l’écriture, Luc Baranger a exercé divers métiers  tels qu’enseignant, loueur de bicyclettes, éducateur spécialisé, cireur de parquets, animateur d’atelier d’écriture, conseiller ministériel ou encore exploitant d’un submersible dans plusieurs pays d’Europe, dans le Pacifique sud et au Québec. Edité dès 1996, Luc Baranger a publié plus d’une vingtaine de romans au sein de grandes maisons d’édition françaises, comme Gallimard, Flammarion ou Calmann-Lévy.

BIBLIOGRAPHIE

Quelques œuvres

Romans


Visas antérieurs (1996)
Eculé sans haine (1998)
Backstage (2001)
La Balade des épavistes (2006)
Out of Tout (2006)


Nouvelles

Le Coup de pied de l’âme (2002)
Memphis (2004)
Country blues (2004)
Dernière heure (2004)
Le Roi est mort (2005)
La Retraite aux flambeaux (2005)
A l’Est d’Eddy (2005) : prix Alibis


Traductions

Le Secret du chant des Baleines de Christopher Moore (2009)
Le Plus Sot des anges de Christopher Moore (2009)

Rencontre Sébastien Gendron, André Marois, Luc Baranger, Mercredi 1er avril, 18 heures, Les Mots bleus.


Valentin Delpeyroux, 1ère année Bib.-Méd. 


Quelques liens

La Gazette de l'Escale.

Programme complet sur le site de l'ESCALE du livre.

Site Web littéraire







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31 janvier 2009 6 31 /01 /janvier /2009 21:47












Stieg
LARSSON,
La fille qui rêvait d’un bidon d’essence et d’une allumette
,
traduit du suédois
par Lena Grumbach et Marc de Gouvenain

Arles, Actes Sud, 2006
collection Actes Noir










Biographie

Né en 1954,
Stieg Larsson est un journaliste à qui on doit des essais sur l’économie et des reportages en Afrique. Il est aussi rédacteur en chef d’Expo, une revue suédoise qui observe les manifestations ordinaires du fascisme. Il est décédé brutalement en 2004 d’une crise cardiaque, juste après avoir remis à son éditeur les trois tomes de la trilogie Millénium.

Après avoir lu avec délectation le premier tome de la trilogie Millénium, j’ai entrepris de lire la suite des aventures de « Super Blomkvist » et de Lisbeth Salander.

Dans ce volume, le récit est centré sur le personnage emblématique et mystérieux de la hackeuse « à ses heures », Lisbeth Salander. Après avoir aidé le journaliste Mikaël Blomkvist durant plusieurs mois, Lisbeth s’octroie des vacances bien méritées et fait le tour du monde. L’argent détourné lors d’une affaire précédente lui permet de faire ce qu’elle veut. Mais au cours de son séjour sur une île paradisiaque, elle sauve la vie d’une femme que le mari s’apprêtait à assassiner.

Pendant ce temps, le tuteur de Lisbeth, Nils Bjurman, cherche à se venger d’elle car un an auparavant, après qu’il l’eut violée, elle a tatoué sur son bas ventre des mots injurieux pour qu’il n’oublie jamais ce qu’il lui a fait. Grâce à une vidéo qui  contient les images du viol, Lisbeth  tient une preuve de sa culpabilité. Chaque mois, son tuteur est obligé de fournir un rapport
sur Lisbeth au juge des tutelles en suivant scrupuleusement les indications qu’elle lui a transmises.

Le journaliste, Mikaël Blomkvist, n’a jamais cessé de vouloir reprendre contact avec la hackeuse mais elle ne lui a jamais répondu.

Un an plus tard, Lisbeth rentre en Suède : un couple d’amis et collègues du journaliste sont assassinés. Elle est accusée car on trouve ses empreintes sur l’arme du crime. De plus, le revolver appartenait à son tuteur qui s’est fait tuer le même soir. S’ensuit une course contre la montre, pour la police, la rédaction de Millénium où travaille Mikaël Blomkvist, l’équipe de Milton Security l’entreprise où travaillait auparavant Lisbeth. Le journaliste tué et sa compagne travaillaient sur un livre et une thèse sur le trafic de femmes, auquel sont mêlés des policiers, des journalistes et d’autres personnes influentes en Suède.
 
Dans ce roman policier, s’entremêlent plusieurs histoires. Dans ce volume, l’héroïne est sans conteste Lisbeth Salander.

Au fur et à mesure de la lecture le lecteur va apprendre à la connaître, on va enfin découvrir ce qu’elle définit comme « tout le mal » qui l’a amenée à douze ans à être internée dans un hôpital psychiatrique.

Mon opinion

Cette lecture m'a passionnée, divertie, éblouie ! Je l’ai dévoré en quelques jours. La qualité de l'écriture ainsi que celle de la traduction transcendent l'intrigue elle-même et le génie de l'auteur réussit à nous faire apprécier tous les éléments qui composent la trame de l'histoire, ce qui est sans précédent dans mes dernières lectures.

Ce roman policier m’a réconciliée avec le genre car ce style de roman, surtout les polars américains, comme ceux de Cornwell, me semblent simplistes. Les personnages sont stéréotypés, fades, et au fur et à mesure de la lecture la fin semble logique mais sans grand intérêt.

La série Millénium est l’un des grands succès littéraires de ces dernières années : la trilogie peut faire partie des best-sellers. Les personnages, surtout Lisbeth, sont atypiques, d’autres comme Mikaël Blomkvist sont plus stéréotypés car il est beau, malin et très perspicace. Le mélange des deux est détonnant. Lisbeth est une personne complexe, peu communicative, qui s’intéresse à peu de gens, elle a une rage de vaincre impressionnante, elle ne laisse personne indifférent. C’est peut-être elle et son duo avec Micaël Blomkvist qui sont la clé du succès.

Le nom de la trilogie, Millénium, serait dû au nom que porte le magazine dirigé par l’un des héros. Le titre de ce volume, La fille qui rêvait d’un bidon d’essence et d’une allumette, fait référence au fait que Lisbeth a blessé grièvement son père avec de l’essence et une allumette.

L’auteur met en scène la Suède et son histoire à travers cette trilogie. Les livres de Larsson ne sont pas que des livres que l’ont peut classer dans le genre littéraire du policier car il aborde aussi plusieurs thèmes : la mondialisation, les malversations financières, la menace fasciste, les services secrets, le trafic de femmes, la prostitution, l'espionnage, la psychiatrie, la politique, les hommes qui n'aiment toujours pas les femmes. L’auteur malgré un foisonnement de détails réussit le tour de force de ne pas en détourner le lecteur, il est piégé par la trame et les personnages qui se croisent. Le suspens est très bien construit.

Cette trilogie est un enchantement pour ceux qui aime les romans d’action, d’espionnage, d’investigation, les thématiques de la mondialisation, de l’économie,du trafic de femmes….. et la Suède.




Sandrine DUTERTRE,  2ème année Bib-Med

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26 décembre 2008 5 26 /12 /décembre /2008 22:30





Jean-François PAROT,
L'énigme des Blancs-Manteaux
,
Jean-Claude Lattès, 2000,
réédition 10/18,
collection Grands Détectives

















Biographie

Jean-François Parot est né en juin 1946 à Paris. Détenteur d'une licence de lettres et d'une maîtrise d'histoire, il se lance dans la diplomatie. Il est actuellement ambassadeur en Guinée-Bissau. Malgré le succès florissant de sa saga sur le commissaire Nicolas Le Floch, Jean-François Parot fait ses débuts dans l'écriture avec une étude de trois quartiers parisiens au XVIIIe siècle : Les Structures sociales des quartiers de Grève, Saint-Avoye et Saint-Antoine entre 1780 et 1785, dans les années 1970. Ce spécialiste du Paris du XVIIIe siècle ne commence l'écriture des aventures de Nicolas Le Floch que lors de son poste de conseiller d'ambassade à Sofia en Bulgarie (1994-1999). Le premier livre, L'énigme des Blancs-Manteaux, est publié en 2000 aux éditions Jean-Claude Lattès. Le succès de la série est tel que son sixième ouvrage a remporté le Prix de l'Académie de Bretagne 2006 et le Prix du Lion's club 2007. Ses romans font d'ailleurs l'objet de traductions en anglais, en espagnol, en italien et en russe, ainsi que d'une adaptation télévisée par Hugues Pagan.

Bibliographie

-L'énigme des Blancs-Manteaux
-L'homme au ventre de plomb
-Le fantôme de la rue Royale
-L'affaire Nicolas Le Floch
-Le crime de l'hôtel Saint-Florentin
-Le sang des farines
-Le cadavre anglais


Résumé

Le jeune Breton Nicolas Le Floch est envoyé auprès de Monsieur de Sartine, lieutenant général de police de Louis XV, par son parrain, le marquis de Ranreuil. Le lieutenant général de police lui confie la mission d'enquêter sur un autre policier, le commissaire Lardin. Pour cela, il bénéfice de l'aide de l'inspecteur Bourdeau qui lui apprend son métier, ainsi que de celle du bourreau Sanson. A eux trois ils ne seront pas de trop pour démêler l'écheveau de cette affaire plus complexe que ce qu'elle laissait entrevoir au premier abord.

On assiste ici à la naissance d'un « nouveau Maigret » comme le dit si bien Evelyne Lever dans Madame Figaro.


Jean-François Parot plonge le lecteur dans le Paris de Louis XV avec tout le brio que lui permet sa formation d'historien. Son souci du détail pourrait presque nous faire oublier qu'il s'agit de fiction.   En arrière-fond de l'intrigue policière, l'auteur fait apparaître un Paris aujourd'hui éteint et cependant si vivant sous sa plume. La fiction est complètement imbriquée dans l'actualité du XVIIIe siècle. On découvre non seulement l'organisation de la société de Louis XV, le fonctionnement de la police et des procédures judiciaires, mais encore des détails plus infimes sur lesquels peu de gens se posent de questions. Comme le fonctionnement de la « poste ». Ou encore des recettes de cuisine, qui contiennent tant de détails que certains gourmets n'auront sans doute pas pu résister à la tentation d'en essayer quelques-unes.



Astrid Clément-Bollée, A.S. Ed-Lib.

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15 décembre 2008 1 15 /12 /décembre /2008 21:13









Douglas KENNEDY,
Piège nuptial

Editions Belfond,
2008

























Quatorze ans après sa parution initiale chez Gallimard, le premier roman de Douglas Kennedy se voit offrir une seconde chance avec une nouvelle traduction et un nouveau titre : Piège nuptial, paru chez Belfond en 2008.

Tout est là de nouveau, l’envie pressante d’un voyage pour nulle part, le soleil étouffant du bush australien, et puis Angie égale à elle-même, sortie d’on-ne-sait-où. Attiré par cette fille mystérieuse, une soif d’inconnu à assouvir, Nick se retrouve embarqué malgré lui dans une histoire rocambolesque, où l’inimaginable devient bel et bien réel. Un périple cauchemardesque auquel il ne s’attendait pas, perdu au fin fond d’un désert dans un village non répertorié, où le moindre patelin est à plus de 500 kilomètres. Comment résister physiquement et psychologiquement lorsque l’on est sous la contrainte, retenu à l’autre bout de la terre ? Une once d’espoir.

Mais entre la famille d’Angie, et les habitants de Wollanup, Nick est pris au piège, pas moyen de s’enfuir, pas de contact avec le monde extérieur, mais pas possible non plus d’admettre qu’il passera le reste de sa vie ici, entouré de cinglés. Un petit goût d’enfer !


Voilà un livre qui tient en haleine, sur un ton plutôt cru et spontané, c’est une aventure sordide qui se déroule devant nos yeux impuissants, et même si on pense avoir découvert la fin, elle n’est pas celle qu’on imagine. Douglas Kennedy fait ses preuves avec un roman à suspens, dont l’atmosphère devient de plus en plus pesante  au fil du texte, et où le lecteur ne peut que compatir avec la détresse du protagoniste.


 « Le mal du pays est le plus cruel des tourments, si vous vous êtes exilé de votre propre chef. Ou si vous échouez dans un endroit qui dépasse votre entendement. Dans un contexte qui défie toute logique, du moins la vôtre, et de très loin. » page 92.

Eva Nonclercq, As Ed-Lib
   

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10 décembre 2008 3 10 /12 /décembre /2008 21:41
 





Dennis LEHANE
Ténèbres, prenez-moi la main
traduction : Isabelle Maillet
Rivages, 2002


























Pulsion meurtrière au service d'un polar.



Dennis Lehane, avec ce huitième polar, signe une profonde analyse sur le meurtre et la perversion. Patrick Kenzie, détective et personnage central de l'histoire, s'engage dans une affaire lugubre : il se met au service de la psychanalyste Diandra Warren qui, ayant reçu une photo de son fils Jason, sans expéditeur, en déduit qu'il est en danger. Après plusieurs jours de surveillance de Jason, Kenzie et son associée Angie lâchent le fil, décident que c'était une fausse alerte... Jusqu'au moment où : « Je lui ai pris le téléphone des mains et me déplaçai de façon à tourner le dos à Mme Warren alors que d'autres lumières s'éteignaient dans l'immeuble voisin, répandant l'ombre comme un liquide sur le parquet, et qu'Oscar m'annonçait qu'on venait de retrouver Jason Warren. En pièces détachées. »

S'ensuit une course folle après le tueur en série, celui qui crucifie, qui récupère les organes de ses victimes par pur sadisme, celui qui finalement a un lien plus que proche avec Patrick Kenzie, le narrateur.

Au delà d'une description lugubre et noire des victimes, Dennis Lehane vient chercher une part de notre inconscient, celle qui nous fait parfois nous demander ce qu'est un meurtre, ce que ressent le coupable. Mieux encore : les meurtriers sont-ils au départ des gens comme tout le monde ? Avec cette dernière question, Denis Lehane place le lecteur au cœur d'une vérité qui dérange, particulièrement avec cette lettre anonyme de la part du tueur adressée à Patrick : « ce qui compte, c'est la souffrance, il faut que tu le comprennes. Au début, j'ai tué quelqu'un presque par hasard, j'ai ressenti remords, répulsion, dégoût de moi. Et très vite, plus par curiosité qu'autre chose, j'ai tué de nouveau, et cette fois, j'ai éprouvé des sensations, disons, agréables, apaisantes, un peu comme celles procurées par une bière bien fraîche à un alcoolique après une période de sevrage, ou par la première nuit d'amour à des amants séparés depuis longtemps. »

Lu sur un week end, parce qu'il est clair que dès que l'on a commencé « Ténèbres, prenez-moi la main », on  ne se sent mieux que lorsque l'on a fini, comme si on pouvait continuer notre vie sans y penser:  au fond, ce livre laisse une empreinte de malaise indélébile, qui transforme notre vision de l'Homme, il nous fait plonger dans les fin fonds d'une limite indicible entre bien et mal.

L'incroyable dénouement nous laisse bouche bée, à tel point que l'on ferme le livre épuisé, comme si l'on s'était retrouvé face au  tueur, à essayer de le comprendre et à se mettre à sa place.

Une expérience insolite, surtout si l'on se lance dans le genre polar.

Emma Foucher
, A.S. Ed.-Lib.
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30 novembre 2008 7 30 /11 /novembre /2008 21:34









Andrea G. PINKETTS,

Le sens de la formule,

traduit de l’italien par Gérard Lecas,

éditions Payot & Rivages, 1998.




















La trilogie de Lazare Santandrea est en réalité composée de cinq romans traduits en français: Le sens de la formule, La Madone assassine, Le Vice de l’agneau, L’Absence de l'absinthe et Turquoise fugace. L’action se déroule à Milan, au début des années 90.

Lazare Santandrea est un ivrogne et un coureur de jupons. Il est arrogant. À 30 ans, il vit toujours chez sa mère, touchante par tant de tolérance envers son fils exaspérant. Tous ces défauts, Lazare en est tout à fait conscient, il les assume, il les exacerbe. Cela l’amuse et nous aussi. Car pour sa défense, il brandit son incroyable générosité, son sens aigu de la formule, et son art de la séduction.

Pinketts définit son héros comme un double de lui-même, «plus grotesque, plus séducteur, plus milanais». En bref, une version fantasmée de lui-même, en personnage de fiction. La narration est à la première personne. Pinketts se fait donc par procuration l’anti-héros de ses polars. La proximité, l’assimilation de l’auteur et du héros est flagrante. Elles se ressentent dès la première lecture. L’implication de l’auteur dans la narration en fait la qualité.
 
Le héros de Pinketts, ainsi que la plupart de ses personnages secondaires sont des marginaux (ses amis  : Caroli l’acteur raté, qui s’obstine à vouloir faire du cinéma à Milan, alors que le cinéma italien se fait à Rome ; Pogo le Juste, chauffeur de taxi surdiplômé et véritable encyclopédie vivante; Leone la sociologue nymphomane…et bien d’autres, plus décalés les uns que les autres). En général, l’action se déroule dans les bars de Milan, où notre héros passe bien entendu une bonne partie de son temps, ce qui en fait le témoin privilégié de son époque. Il assiste à un défilé de l’espèce humaine. Il l’aime avec ferveur, l’analyse et la critique avec passion. Parfois la désillusion le guette, il sombre alors dans un complet désabusement, et noie son chagrin dans l’alcool.

L’humour est extrêmement présent. Le style est très théâtral, on y retrouve d’ailleurs les cinq formes de comique distinguées au théâtre : le comique de caractère, le comique de mots, le comique de gestes, le comique de situation et le comique de mœurs. Pour moi, les personnages se rapprochent de ceux de la Commedia dell’arte : Lazare serait une sorte d'Arlequin, dont le côté Scaramouche prend quelquefois le dessus.

Mais ces romans sont avant tout des polars. Un polar sans policiers. On peut à la limite considérer Lazare Santandrea comme une sorte de détective privé. L’intrigue est toujours étrangement absurde, déroutante, et le lecteur se laisse prendre au jeu : ainsi on poursuit avec Lazare une mystérieuse madone tueuse de clochards et son armée d’anges vengeurs ; à moins que ce ne soit cette femme-enfant de 60 ans, ancienne lauréate du concours de bonté de 1939, restée bloquée à l’âge béni de ses 7 ans, qui  assassine allègrement les pigeons et les pauvres hères qui hantent les rues de  Milan ; ces rues sont également hantées par  un étrange petit chaperon rouge qui s’est approprié l’identité et les mensonges de Nicky la mythomane au physique ingrat qui a brutalement disparu ; et quel terrible secret cache donc le jeune Absinthe Orsoni, enfant précoce et dénué de tout sentiment ?
 
Cependant , on constate que l’intrigue est souvent longue à venir, ce qui oppose le style de Pinketts à celui des polars classiques.  Pour ma part, je ne considère  pas forcément les romans de Pinketts comme des thrillers. Ce n’est en tout cas pas la définition principale que j’en ferais. Je décrirais plutôt cette œuvre comme habitée d’un profond humanisme, sensible et baroque. La lecture de Pinketts m’a soulagée de mon habituel cynisme. Avec Lazare, on retrouve un peu d’innocence et de foi en l’humanité.


Marie Lambolez, 1ère année Ed.-Lib.

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16 novembre 2008 7 16 /11 /novembre /2008 01:00



Fredric Brown
La Nuit du Jabberwock

Traduit de l’anglais (Etats-Unis)
par France-Marie Watkins
Editions Rivages/Noir, 2007.



















La Nuit du Jabberwock m’a permis de pénétrer dans l’univers des polars qui jusque là ne me plaisait guère. Mais cette œuvre n’est pas juste un polar, c’est une intrigue quasi fantastique qui nous plonge dans l’univers complètement fou de Lewis Caroll, auteur d’Alice au pays des merveilles et d’ Alice à travers le miroir.          

                                                                                                                                                     


Comme Alice fut bouleversée l’espace d’un rêve par l’arrivée d’un lapin blanc, Doc Stoeger, personnage principal de l’histoire, est bouleversé durant toute une nuit par l’enchaînement de faits inhabituels dans la petite ville de Carmel City. Doc, journaliste au Carmel City Clarion, est sans cesse à la recherche de la moindre information qui fera scandale dans sa petite ville prospère trop peu originale où l’un des seuls événements marquants est « la vente d’œuvres caritatives à l’église ». Mais cette nuit-là va relever de l’univers du rêve dépassant même l’imagination du personnage et du lecteur.



Tout part de la rencontre d’un personnage que l’on pourrait croire fou ou presque irréel, Yehudi Smith, et qui est tout autant passionné pour Lewis Caroll que Doc. Suite à leur dialogue vont s’enchaîner des intrigues sur l’univers parallèle, l’évasion d’une personne de l’asile, la capture de deux meurtriers recherchés, la découverte de deux corps dans la voiture de Doc. Cette histoire m’a semblé à un moment frôler la schizophrénie et la folie, d’autant plus qu’on a l’impression que seul le whisky permet au personnage de rester dans ce monde imaginaire, la diminution de l’ivresse le ramenant peu à peu à une conscience trop difficile à accepter.                                                                                                                             


Ce polar ne relate donc pas avec de simples enquêtes policières mais nous plonge dans un univers hors réalité dont le temps nous semble au ralenti et dans lequel nous nous retrouvons en perpétuel bouleversement grâce à l’enchaînement d’événements palpitants qui ne nous laissent aucun répit. Ainsi, tout comme Doc, nous nous laissons entraîner par cette nuit cauchemardesque ; elle détourne notre esprit de toute compréhension jusqu’à la fin qui, telle une illumination, révèle la solution de cette intrigue nocturne et paranormale.                                                                                                                                                           

Je conseille vivement cet auteur et surtout ce livre, particulièrement aux lecteurs qui cherchent un « coup de cœur » en polar afin de se réconcilier avec le genre.


Justine Barbe, Première année Edition-Librairie  
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15 novembre 2008 6 15 /11 /novembre /2008 22:30















Thierry JONQUET,
La Bête et la Belle

 
Edition originale : Gallimard / Série Noire - Avril 1985          
Edition poche : Folio Policier - Septembre 1999





















 
On est prévenu, le « il était une fois » est proscrit !   Pourtant, « une bête », « un palais », « une belle »… mais aussi une singulière histoire d’amour, des déchets que l'on empile et un congélateur.
 
On le dit policier… mais la question du genre de ce surprenant roman de Thierry Jonquet reste en suspens. La Bête et la Belle est sans nul doute le récit d’une enquête. Mais à son commencement, le criminel, on le connaît. Reste à plonger alors dans l’absurde huis-clos que nous décrit Jonquet à travers les pensées du brave ami Léon et l’écoute de drôles de cassettes.
 
Ce livre nous offre un monde dans lequel on nous jette. Un monde, et même un univers, la déviance d’un homme bien comme il faut, sa vengeance. Il décrit le piège de la folie mais il est lui-même un piège : pour nous.
 
 Les critiques reprocheront à l’auteur une enquête trop simpliste, un écrit trop lourd ou encore une histoire sans intérêt. Ils oublient la magie finale. Jonquet s’est donné une telle contrainte que l’écriture a pu en faire les frais parfois, ce que je n'ai jamais ressenti à la lecture.
 
 Il suffit d’adhérer au style de l'auteur, simple et authentique, tout en humour noir et en finesse, pour adopter ce court roman qui nous réserve une si grande surprise qu’on n'a qu’une envie: le relire ! Car Jonquet nous dupe et s'amuse jusqu'aux dernières pages. Voilà ce qui fait le talent de l’auteur: arriver à tromper un lectorat averti de l’irrationalité de l’œuvre. On finit le roman avec jubilation : la bouche grande ouverte, les yeux humides, la gorge sèche. Et personne n’y coupe. Jonquet est un génie.
 
 Pour vous donner une idée de ce conte moderne hors du commun (tiré d'un fait divers !), je vous en laisse découvrir la quatrième de couverture, qui à elle seule nous dit tout, et rien à la fois :

“Léon est vieux. Très vieux. Léon est moche. Très moche. Léon est sale. Vraiment très sale ! Léon se tient très mal à table. C'est dans sa nature... C'est triste ? Non : Léon a enfin trouvé un ami, un vrai de vrai ! Seulement voilà, le copain en question est un peu dérangé. Parfois dangereusement. Mais Léon est indulgent envers ses amis. Pas vous ?”
 
 Attention, ce roman va vous surprendre, Jonquet se jouer de vous et Léon risque d'un peu trop vous émouvoir... bonne lecture !
 
A découvrir aussi, du même auteur: La vie de ma mère ! (ainsi que l'intégralité de sa bibliographie)


Hélène Savian, 1ère année bibliothèques

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